Plus de 120 jours de présence sans capture complète
L’effort russe pour s’emparer de Pokrovsk reste prolongé et coûteux, les forces russes étant optimisées pour la guerre positionnelle et ne pouvant atteindre qu’un rythme d’avance lent. Les forces russes continuent de progresser lentement et n’ont pas réussi à s’emparer entièrement de Pokrovsk malgré l’occupation de positions dans la ville depuis plus de 120 jours. L’observateur militaire ukrainien Kostyantyn Mashovets a rapporté le 30 novembre que les forces ukrainiennes ont repoussé les forces russes vers les faubourgs sud de Rodynske lors de contre-attaques. Mashovets a ajouté que la guerre urbaine coûteuse à Pokrovsk a affaibli des éléments de la 51e Armée combinée russe (anciennement 1er Corps d’armée de la République populaire de Donetsk, District militaire sud), forçant le commandement militaire russe à engager des éléments de la relativement élite 336e Brigade d’infanterie navale (Flotte de la Baltique) et de la 155e Brigade d’infanterie navale (Flotte du Pacifique) dans la zone tactique voisine de Kostyantynivka-Druzhkivka aux efforts de la 51e CAA à l’ouest de la rivière Kazennyi Torets (au nord-est de Pokrovsk et au sud-est de Dobropillya) et dans la direction Novoekonomichne-Myrnohrad (à l’est et au nord de Pokrovsk).
Mashovets a noté que les forces russes sont incapables de transporter des véhicules blindés à travers la rivière Kazennyi Torets vers leur tête de pont à l’ouest de la rivière, forçant l’infanterie russe à opérer sans soutien dans la tête de pont — contraignant davantage le rythme de l’avance russe sur l’épaule nord-est de l’encerclement de Pokrovsk. Des images géolocalisées publiées les 29 et 30 novembre montrent les forces ukrainiennes frappant des véhicules russes de pose de ponts et des véhicules de combat blindés à l’est de Boikivka, au sud de Pankivka et à l’ouest de Novotoretske (tous au sud-est de Dobropillya) alors que les véhicules tentaient de traverser la rivière Kazennyi Torets. Le commandant adjoint d’un bataillon ukrainien opérant dans la direction de Pokrovsk a déclaré le 28 novembre que les forces russes n’exploitent pas pleinement leur supériorité numérique en drones et en effectifs et que la présence de forces russes à Pokrovsk n’est pas une raison pour que les forces ukrainiennes se retirent de la ville. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Pokrovsk a rapporté le 30 novembre que les forces russes ont envoyé du personnel mal formé et récemment recruté dans la première vague d’assauts, suivi de personnel relativement mieux formé.
Cent vingt jours. Quatre mois. Presque un tiers d’année. C’est le temps que les Russes passent à essayer de prendre Pokrovsk. Et ils n’y arrivent toujours pas. Pensez-y une seconde. Une armée qui se prétend la deuxième plus puissante du monde. Une armée qui a envahi l’Ukraine avec l’arrogance de celui qui pense gagner en trois jours. Cette même armée est coincée depuis quatre mois dans une ville de taille moyenne. Incapable d’avancer. Incapable de se retirer. Juste… coincée. Comme un animal pris au piège. Et pendant ce temps, les pertes s’accumulent. 400 soldats par jour, selon les rapports. Par jour. Faites le calcul. Sur 120 jours, ça fait… je ne veux même pas faire le calcul. C’est trop. C’est insoutenable. Et pour quoi ? Pour une ville à moitié détruite ? Pour pouvoir dire à Poutine « on l’a prise » ? Sauf qu’ils ne l’ont pas prise. Ils ne la prendront probablement jamais. Parce que les Ukrainiens ne lâchent pas. Ils tiennent. Mètre par mètre. Rue par rue. Bâtiment par bâtiment. C’est ça, la vraie histoire de Pokrovsk. Pas les mensonges de Gerasimov. La réalité brutale d’une guerre d’attrition que personne ne peut gagner.
La guerre urbaine : le cauchemar tactique russe
La situation dans la direction de Pokrovsk reste sérieuse. Mashovets a évalué que la présence russe dans la zone au sud de Chervonyi (Krasnyi) Lyman (au nord-est de Pokrovsk) et entre Pokrovsk et Myrnohrad forcera les forces ukrainiennes à Myrnohrad à effectuer un retrait combattant pour éviter l’encerclement. Le commandant adjoint d’un bataillon ukrainien opérant dans la direction de Pokrovsk a rapporté que les forces russes contrôlent au moins la moitié de Pokrovsk et que la supériorité numérique russe rendrait difficile pour les forces ukrainiennes de reprendre entièrement la ville. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Pokrovsk a rapporté que le brouillard épais continue de dégrader les capacités de reconnaissance par drones ukrainiens et que les forces russes utilisent des drones FPV, Molniya, à voilure fixe et dormants pour interdire les lignes de communication terrestres ukrainiennes. Cette situation illustre les défis auxquels font face les deux camps dans la guerre urbaine moderne, où chaque bâtiment devient une forteresse et chaque rue un champ de bataille.
Les forces russes ont tenté 46 fois de percer les défenses ukrainiennes près des localités de Lysivka, Dachenske, Novyi Trud, Zelene, Novoolenivka, Pishchane et Ukrainka le 16 décembre. À 22h00, huit affrontements étaient encore en cours. Les forces russes ont subi des pertes considérables : plus de 320 soldats neutralisés, dont 114 tués, ainsi que la destruction de deux véhicules et d’un système antiaérien. Le commandant en chef Oleksandr Syrskyi a déclaré que les forces russes perdent environ 400 soldats par jour dans ce secteur depuis le début du mois de décembre. Ces chiffres témoignent de l’intensité des combats et du coût humain astronomique de cette offensive. La tactique russe consistant à envoyer des vagues successives d’assauts contre des positions fortifiées s’est révélée extrêmement coûteuse. Les forces ukrainiennes ont développé des méthodes efficaces pour infliger un maximum de dommages à l’ennemi tout en minimisant leurs propres pertes, utilisant des drones, de l’artillerie de précision et des tactiques défensives bien rodées.
Kupiansk : six mois d'offensive pour rien
La ville que Gerasimov prétendait avoir capturée en octobre
La même dynamique se répète à Kupiansk, une ville que le chef d’état-major russe Valery Gerasimov prétendait avoir entièrement capturée en octobre 2025, malgré les cartes OSINT montrant de larges zones encore contestées. L’ancien officier russe et ultranationaliste emprisonné Igor Girkin a évalué dans une lettre publiée le 26 novembre que l’offensive russe de six mois sur Kupiansk n’a pas abouti à une « grande victoire » et que les efforts russes pour s’emparer des objectifs « secondaires » de Pokrovsk, Vovchansk, Siversk et Lyman ne sont que tactiques, ne seront pas rapides, ne dégraderont pas l’efficacité au combat de l’armée ukrainienne dans son ensemble et ne provoqueront pas l’effondrement des lignes de front. Girkin a laissé entendre que la Russie dispose de suffisamment de troupes pour soutenir des avancées tactiques mais manque des réserves et des ressources nécessaires pour atteindre ses objectifs stratégiques, tels que la prise des villes de Dnipro, Zaporizhzhia et Kharkiv. Cette évaluation d’un ultranationaliste russe est particulièrement révélatrice : même les partisans les plus fervents de la guerre commencent à reconnaître que les objectifs du Kremlin sont irréalistes.
Les forces ukrainiennes ont largement nettoyé Kupiansk des troupes russes, selon Zelensky. Des images géolocalisées montrent des combats de rue intenses, avec des forces ukrainiennes repoussant constamment les tentatives d’infiltration russes. Le pattern est toujours le même : les forces russes pénètrent dans un quartier, plantent un drapeau pour les caméras, puis sont repoussées par des contre-attaques ukrainiennes. Un milblogger russe affilié au Groupement de forces du Nord a rapporté que les forces ukrainiennes ont contre-attaqué près d’Andriivka, une localité au nord-est de la ville de Sumy. Le même milblogger a affirmé que des éléments du 51e Régiment aéroporté (106e Division aéroportée) rencontrent des difficultés avec les évacuations de victimes à Yunakivka. Ces rapports de milbloggers russes, qui contredisent souvent la propagande officielle du Kremlin, offrent un aperçu précieux de la réalité sur le terrain. Ils révèlent une armée russe qui lutte, qui souffre de pertes importantes et qui peine à maintenir ses positions, encore moins à avancer.
Six mois. Une demi-année d’offensive sur Kupiansk. Et qu’est-ce que les Russes ont à montrer ? Rien. Absolument rien. Gerasimov peut bien raconter à Poutine qu’ils ont pris la ville. La réalité, c’est que les Ukrainiens y sont toujours. Qu’ils se battent toujours. Qu’ils tiennent toujours. Et ça, ça doit rendre Poutine fou. Parce que c’était censé être facile. Kupiansk, c’est pas Kiev. C’est pas une capitale. C’est une ville de taille moyenne dans l’est de l’Ukraine. Les Russes l’avaient même occupée au début de la guerre. Puis les Ukrainiens l’ont reprise. Et maintenant, les Russes essaient de la reprendre. Depuis six mois. Sans succès. C’est… c’est pathétique, franchement. Pas pour les soldats russes qui meurent là-bas. Eux, ils sont juste des pions. Des victimes d’un système qui les envoie mourir pour rien. Non, c’est pathétique pour Poutine. Pour son régime. Pour toute cette machine de guerre qui se prétend invincible mais qui ne peut même pas prendre une ville qu’elle avait déjà occupée. Et pendant ce temps, Gerasimov ment. Il ment à son président. Il ment au monde. Il ment à lui-même, peut-être. Parce que reconnaître l’échec, ce serait reconnaître que toute cette guerre est une erreur monumentale.
Le pattern russe : déclarer, perdre, répéter
Les analystes de DeepState ont identifié un pattern qui se répète sur tout le front russe : après avoir nettoyé un pâté de maisons ou un quartier, les commandants russes le déclarent immédiatement « capturé », font tourner de nouvelles unités — et perdent ensuite des parties de ce territoire. Ce cycle se répète encore et encore, créant une situation où les gains territoriaux russes sont éphémères et constamment contestés. Un milblogger russe a reconnu que la situation tactique sur le champ de bataille favorise la Russie, particulièrement près de Hulyaipole, mais a déclaré que la couverture médiatique russe des progrès russes sur le champ de bataille ressemble une fois de plus à des « absurdités joyeusement idiotes, roses et complaisantes » qui ne soutiennent pas l’effort de guerre. Le milblogger a déclaré que de tels récits d’une victoire russe imminente créent la fausse perception au niveau national que la société russe n’a plus besoin de soutenir urgemment l’effort de guerre contre l’Ukraine, un adversaire compétent qui utilise l’équipement et le renseignement de l’OTAN.
Ce décalage entre la propagande et la réalité crée des problèmes pour le Kremlin. D’un côté, Poutine a besoin de victoires pour justifier la guerre auprès de la population russe et pour négocier en position de force avec l’Occident. De l’autre, les fausses déclarations de victoire sapent l’effort de guerre en créant un sentiment de complaisance. Le milblogger a également noté que la poursuite de l’effort de guerre en Ukraine coûtera à la Russie davantage de ressources étatiques dans un contexte de mécontentement sociétal croissant face à l’introduction de nouveaux frais et à la hausse des impôts en 2026. Il a ajouté que la Russie continue de faire face à des pénuries de main-d’œuvre et que la campagne de recrutement de volontaires en cours ne génère pas un nombre suffisant de forces pour démobiliser le personnel russe que le Kremlin a appelé involontairement en septembre 2022. Cette situation crée un cercle vicieux : la Russie a besoin de plus de soldats pour atteindre ses objectifs, mais ne peut pas les recruter sans mobilisation générale, ce qui serait politiquement coûteux pour Poutine.
Vovchansk : la ville à moitié ukrainienne que Moscou prétend contrôler
Plus de 50% sous contrôle ukrainien selon les cartes OSINT
À Vovchansk, dans la région de Kharkiv, la situation est encore plus embarrassante pour le Kremlin. Les forces ukrainiennes détiennent plus de la moitié de la ville, selon les évaluations de DeepState et de l’Institute for the Study of War. Pourtant, Gerasimov a annoncé à Poutine que la ville avait été capturée. Des images géolocalisées publiées le 30 novembre montrent des forces ukrainiennes frappant un soldat russe tenant un drapeau russe dans le sud-est de Vovchansk lors d’un événement d’infiltration qui n’a pas changé le contrôle du terrain. Un milblogger russe a admis que les forces russes ont planté un drapeau puis ont quitté la zone, notant qu’elles ne détiennent probablement pas de positions près du drapeau. Cette tactique de propagande est devenue une signature russe : des soldats risquent leur vie pour planter un drapeau devant les caméras, puis battent en retraite dès que les drones ukrainiens arrivent. Le résultat ? Des vidéos de propagande qui ne correspondent pas à la réalité du terrain, et des soldats morts pour rien.
Les forces russes ont attaqué au nord-est de la ville de Kharkiv près de Vovchansk, Vovchanski Khutory, Vilcha, Prylipka et Lyman les 29 et 30 novembre. Un milblogger russe a affirmé que les forces ukrainiennes contre-attaquent sur les faubourgs est de Vovchansk. Les combats dans cette ville illustrent la nature fragmentée de ce conflit, où le contrôle du terrain change constamment et où aucune des deux parties ne peut revendiquer une victoire décisive. Un tweet viral montre des soldats russes tentant de monter un drapeau russe sur Vovchansk — un outil propagandiste courant en Ukraine — pour que les porteurs de drapeau soient immédiatement frappés par des drones ukrainiens. Cette image résume parfaitement l’absurdité de la situation : des hommes meurent pour des symboles, pour des photos, pour des mensonges que personne ne croit vraiment. Les analystes militaires notent que Vovchansk est devenue un symbole de l’échec russe à traduire la supériorité numérique en gains territoriaux significatifs.
Vovchansk. Une ville coupée en deux. Littéralement. Les Ukrainiens d’un côté. Les Russes de l’autre. Et au milieu, une zone de mort où personne ne peut vraiment tenir. C’est ça, la « victoire » que Gerasimov a annoncée à Poutine. Une ville à moitié contrôlée. À moitié détruite. À moitié vivante. Et les soldats russes qui plantent des drapeaux pour les caméras, sachant très bien qu’ils vont devoir fuir dans les minutes qui suivent. C’est… c’est tragique. Vraiment. Pas tragique au sens dramatique. Tragique au sens littéral. Des vies gaspillées pour des mensonges. Des familles brisées pour de la propagande. Des hommes qui meurent pour que Poutine puisse prétendre qu’il gagne. Mais il ne gagne pas. Il ne peut pas gagner. Parce que même s’il prenait Vovchansk demain — ce qui n’arrivera pas — qu’est-ce que ça changerait ? Rien. Absolument rien. La guerre continuerait. Les Ukrainiens continueraient de résister. Et les Russes continueraient de mourir. Pour rien. Toujours pour rien.
Les drones ukrainiens : le cauchemar des opérations de propagande russes
Les drones ukrainiens sont devenus le cauchemar des opérations de propagande russes. Chaque fois que les forces russes tentent de planter un drapeau ou de filmer une « victoire », les drones ukrainiens arrivent et transforment la séance photo en massacre. Cette réalité a forcé les forces russes à adapter leurs tactiques, mais sans grand succès. Les forces ukrainiennes ont développé une capacité remarquable à utiliser les drones pour la reconnaissance, l’interdiction et les frappes de précision. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Pokrovsk a rapporté que les forces russes utilisent des drones FPV, Molniya, à voilure fixe et dormants pour interdire les lignes de communication terrestres ukrainiennes, mais que les Ukrainiens ont développé des contre-mesures efficaces. L’utilisation de drones intercepteurs comme le Sting, qui a récemment abattu plusieurs drones Geran-3 à propulsion par réacteur pour la première fois, montre l’innovation technologique ukrainienne face à la campagne russe de drones et de missiles à longue portée.
Cette guerre des drones a fondamentalement changé la nature du conflit. Les tactiques traditionnelles d’infanterie et de blindés sont devenues extrêmement risquées face à la surveillance constante des drones. Les forces russes ont tenté de s’adapter en utilisant le brouillard et les mauvaises conditions météorologiques pour lancer des attaques, mais même cela a ses limites. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne a rapporté que le brouillard épais continue de dégrader les capacités de reconnaissance par drones ukrainiens, mais que les forces ukrainiennes compensent en utilisant davantage l’artillerie. Cette adaptation constante des deux côtés crée une course aux armements technologiques où l’innovation est aussi importante que la puissance de feu. Les analystes militaires occidentaux considèrent que cette guerre des drones en Ukraine préfigure les conflits futurs, où la supériorité aérienne à basse altitude sera aussi cruciale que la supériorité aérienne traditionnelle. Pour l’instant, les Ukrainiens semblent avoir l’avantage dans ce domaine, ce qui explique en partie pourquoi les Russes peinent à réaliser leurs objectifs.
L'Institute for the Study of War : la voix de la raison face au délire du Kremlin
Les évaluations qui contredisent systématiquement Moscou
L’Institute for the Study of War (ISW) continue d’évaluer qu’une victoire russe sur le champ de bataille n’est ni imminente ni inévitable et que l’effort de guerre russe présente des vulnérabilités que l’Occident n’a pas exploitées. Le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov a déclaré lors d’une émission de télévision d’État russe diffusée le 30 novembre que les problèmes de l’Ukraine sur le champ de bataille et à l’intérieur s’aggravent chaque jour. Peskov a également accusé le gouvernement ukrainien de retarder le processus de négociations de paix, malgré le fait que les délégations ukrainiennes négociaient activement les termes du plan de paix proposé par les États-Unis avec leurs homologues américains depuis que les rapports sur la proposition ont émergé à la mi-novembre 2025, y compris le 30 novembre, et ont accepté des termes que la Russie n’a pas acceptés. Les dernières déclarations de Peskov font probablement partie de l’effort cognitif consolidé du Kremlin pour créer un faux sentiment d’urgence concernant la prétendue victoire inévitable de la Russie — et que l’Ukraine et l’Occident devraient donc immédiatement céder aux demandes russes avant que la situation ne s’aggrave pour l’Ukraine.
Les évaluations de l’ISW sont basées sur des sources ouvertes, des images satellites, des rapports de terrain et des analyses d’experts militaires. Elles contredisent systématiquement les affirmations du Kremlin sur l’état de la guerre. Par exemple, l’ISW note que bien que la situation dans certains secteurs spécifiques de la ligne de front soit sérieuse, particulièrement dans les directions de Pokrovsk et Hulyaipole, les efforts du Kremlin pour présenter la victoire de la Russie en Ukraine comme inévitable ne correspondent pas à la réalité du champ de bataille. L’ISW souligne que les forces russes continuent de progresser lentement et n’ont pas réussi à s’emparer entièrement de Pokrovsk malgré l’occupation de positions dans la ville depuis plus de 120 jours. Cette évaluation est corroborée par des milbloggers russes proéminents qui continuent de contredire les efforts du Kremlin pour présenter la victoire russe en Ukraine comme imminente ou inévitable. Il est notable que la fausse représentation de la situation sur le terrain par le Kremlin était si éloignée de la réalité que des milbloggers pro-guerre et des figures ultranationalistes proéminentes continuent de se sentir obligés de publier leurs propres déclarations correctives.
L’ISW. Trois lettres qui doivent faire grincer des dents au Kremlin. Parce que voilà une organisation qui fait ce que les médias russes ne peuvent pas faire : dire la vérité. Pas une vérité partisane. Pas une vérité idéologique. Juste… la vérité factuelle. Basée sur des preuves. Sur des images satellites. Sur des rapports vérifiés. Et cette vérité, elle est brutale pour Poutine. Elle dit que la Russie ne gagne pas. Qu’elle ne peut pas gagner. Pas de la manière dont Poutine l’imagine. Parce que gagner, ça voudrait dire quoi ? Prendre Pokrovsk ? Ils essaient depuis quatre mois. Prendre Kupiansk ? Six mois d’échec. Prendre Vovchansk ? La moitié de la ville reste ukrainienne. Alors c’est quoi, la victoire ? Détruire ces villes ? C’est déjà fait. Tuer des milliers de soldats ? C’est fait aussi. Des deux côtés. Mais une vraie victoire ? Une victoire qui mettrait fin à la guerre ? Ça, ça n’existe pas. Ça n’existera jamais. Parce que les Ukrainiens ne se rendront pas. Et les Russes ne peuvent pas les forcer. C’est ça, la vérité que l’ISW documente jour après jour. Une vérité que Poutine refuse d’accepter.
Igor Girkin : quand les ultranationalistes russes admettent l’échec
L’ancien officier russe et ultranationaliste emprisonné Igor Girkin a publié une lettre écrite le 25 novembre dans laquelle il conclut de manière similaire que le Kremlin ne signera aucun accord sur la base de la proposition de paix en 28 points, car le Kremlin considère cette proposition de paix comme préjudiciable à ses objectifs en Ukraine et dans le monde, et que la guerre se poursuivra en Ukraine. Girkin a soutenu que l’accord est inacceptable car il signifierait une perte de souveraineté russe en cédant le contrôle du mécanisme de négociations et d’imposition de sanctions pour violation du règlement de paix aux États-Unis. Girkin a soutenu que le Kremlin ne s’engagera dans aucun mécanisme qui pourrait formellement reconnaître la Russie comme un agresseur et permettre aux États-Unis d’imposer des sanctions contre la Russie en cas de violations de l’accord de paix. Girkin a affirmé que l’accord de paix est désavantageux pour la Russie car il forcerait la Russie à renoncer formellement à ses revendications sur les parties illégalement annexées de l’Ukraine ; à abandonner des positions offensives « stratégiquement vitales » dans les oblasts de Sumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk ; à accorder aux forces ukrainiennes le temps de se reposer et de se reconstituer ; à diminuer fortement la préparation au combat des forces russes ; et à conduire à une « rupture stratégique » entre la Russie et la République populaire de Chine.
Les observations de Girkin sont particulièrement significatives car elles viennent d’un ultranationaliste russe qui a joué un rôle clé dans le déclenchement de la guerre dans le Donbass en 2014. Si même Girkin reconnaît que les objectifs russes sont irréalistes et que la guerre ne peut pas être gagnée militairement, cela en dit long sur l’état réel de l’effort de guerre russe. Girkin a observé que l’offensive russe de six mois sur Kupiansk n’a pas abouti à une « grande victoire » et a évalué que les efforts russes pour s’emparer des objectifs « secondaires » de Pokrovsk, Vovchansk, Siversk et Lyman ne sont que tactiques, ne seront pas rapides, ne dégraderont pas l’efficacité au combat de l’armée ukrainienne dans son ensemble et ne provoqueront pas l’effondrement des lignes de front. Girkin a laissé entendre que la Russie dispose de suffisamment de troupes pour soutenir des avancées tactiques mais manque des réserves et des ressources nécessaires pour atteindre ses objectifs stratégiques. Cette évaluation contredit directement la propagande du Kremlin sur une victoire imminente et révèle les faiblesses structurelles de l’effort de guerre russe.
Les raisons de l'échec russe : une analyse tactique et stratégique
Des forces optimisées pour la guerre positionnelle, pas pour l’offensive rapide
L’effort russe pour s’emparer de Pokrovsk et d’autres villes reste prolongé et coûteux car les forces russes sont optimisées pour la guerre positionnelle et ne peuvent atteindre qu’un rythme d’avance lent. Cette réalité tactique explique en grande partie pourquoi les échéances de Poutine continuent d’être manquées. Les forces russes excellent dans la défense de positions fortifiées et dans les bombardements d’artillerie massifs, mais peinent à mener des opérations offensives rapides et coordonnées. La guerre urbaine à Pokrovsk a affaibli des éléments de la 51e Armée combinée russe, forçant le commandement militaire russe à engager des unités d’élite comme la 336e Brigade d’infanterie navale et la 155e Brigade d’infanterie navale. Cette rotation constante d’unités fraîches indique que les forces russes s’épuisent rapidement dans les combats urbains, où chaque bâtiment doit être pris et tenu contre des contre-attaques ukrainiennes. Les forces russes sont incapables de transporter des véhicules blindés à travers certaines rivières, forçant l’infanterie à opérer sans soutien — une situation tactiquement désastreuse qui ralentit encore davantage le rythme de l’avance.
Le commandant adjoint d’un bataillon ukrainien opérant dans la direction de Pokrovsk a déclaré que les forces russes n’exploitent pas pleinement leur supériorité numérique en drones et en effectifs. Cette observation suggère que les problèmes russes ne sont pas seulement une question de ressources, mais aussi de commandement et de coordination. Les forces russes semblent incapables de synchroniser leurs attaques de manière efficace, permettant aux forces ukrainiennes de concentrer leurs défenses sur les points d’attaque successifs plutôt que de faire face à des assauts simultanés sur plusieurs axes. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne a rapporté que les forces russes envoient du personnel mal formé et récemment recruté dans la première vague d’assauts, suivi de personnel relativement mieux formé. Cette tactique de « chair à canon » gaspille des vies humaines sans produire de résultats significatifs, car les premières vagues sont décimées avant que les unités mieux formées puissent exploiter les brèches. Les analystes militaires notent que cette approche reflète les pénuries de main-d’œuvre russes et l’incapacité du système de recrutement à fournir suffisamment de soldats bien formés.
Optimisées pour la guerre positionnelle. C’est un euphémisme pour dire « bonnes pour se terrer dans des tranchées et tirer de l’artillerie ». Pas pour avancer. Pas pour conquérir. Juste pour… tenir. Et c’est exactement le problème de l’armée russe. Elle est conçue pour la défense. Pour la guerre froide. Pour un conflit où l’ennemi vient à elle. Pas pour envahir un pays voisin. Pas pour mener des opérations offensives complexes. Et ça se voit. Ça se voit dans chaque échec. Dans chaque échéance manquée. Dans chaque ville qu’ils ne peuvent pas prendre. Pokrovsk. Kupiansk. Vovchansk. Des villes de taille moyenne. Pas des forteresses imprenables. Juste… des villes normales. Et l’armée russe ne peut pas les prendre. Malgré sa supériorité numérique. Malgré ses bombardements massifs. Malgré tout. Parce qu’elle n’est pas faite pour ça. Elle n’a jamais été faite pour ça. Et Poutine le sait. Il doit le savoir. Mais il ne peut pas l’admettre. Alors il continue. Il envoie plus de soldats. Il fixe de nouvelles échéances. Il ment à lui-même et au monde. Et les soldats continuent de mourir. Pour une guerre que leur armée ne peut pas gagner.
Le manque de réserves : le talon d’Achille stratégique
Le manque de réserves est peut-être le problème le plus critique auquel fait face l’armée russe. Girkin a observé que la Russie pourrait développer ses éventuelles futures prises de Hulyaipole et Orikhiv en succès opérationnels seulement si la Russie dispose de suffisamment de réserves pour exploiter ces avancées tactiques. Sans réserves, chaque gain territorial devient une position isolée et vulnérable qui doit être défendue avec les mêmes forces qui l’ont capturée. Cela crée un cycle où les forces russes s’épuisent en prenant un objectif, puis doivent le défendre contre des contre-attaques ukrainiennes sans avoir le temps de se reposer ou de se reconstituer. Un milblogger russe a noté que la Russie continue de faire face à des pénuries de main-d’œuvre et que la campagne de recrutement de volontaires en cours ne génère pas un nombre suffisant de forces pour démobiliser le personnel russe que le Kremlin a appelé involontairement en septembre 2022. Cette situation crée un dilemme pour Poutine : il a besoin de plus de soldats pour atteindre ses objectifs, mais une mobilisation générale serait politiquement coûteuse et pourrait déclencher des troubles sociaux.
Les implications stratégiques de ce manque de réserves sont profondes. Sans la capacité d’exploiter les percées tactiques, les forces russes sont condamnées à une guerre d’attrition qu’elles ne peuvent pas gagner à long terme. L’Ukraine, soutenue par l’Occident, peut maintenir ses forces sur le terrain indéfiniment, tandis que la Russie épuise ses ressources humaines et matérielles. Girkin a laissé entendre que la Russie dispose de suffisamment de troupes pour soutenir des avancées tactiques mais manque des réserves et des ressources nécessaires pour atteindre ses objectifs stratégiques, tels que la prise des villes de Dnipro, Zaporizhzhia et Kharkiv. Cette évaluation suggère que même si la Russie réussissait à prendre Pokrovsk et Kupiansk — ce qui semble de plus en plus improbable — elle serait incapable de capitaliser sur ces victoires pour réaliser ses objectifs de guerre plus larges. Le Kremlin se retrouve ainsi dans une impasse stratégique : il ne peut ni gagner militairement ni se retirer politiquement, condamnant la Russie à une guerre d’attrition coûteuse et sans issue.
La propagande russe face au mur de la réalité OSINT
DeepState et les cartes qui ne mentent pas
DeepState, la plateforme ukrainienne de cartographie OSINT, est devenue l’épine dans le pied de la propagande russe. Ses cartes, basées sur des images géolocalisées, des vidéos vérifiées et des rapports de terrain, montrent la réalité du conflit sans filtre idéologique. Contrairement aux déclarations du Kremlin, les cartes de DeepState révèlent que la Russie ne contrôle qu’une partie de Pokrovsk, que plus de la moitié de Vovchansk reste sous contrôle ukrainien, et que Huliaipole est largement hors de portée russe. Ces évaluations sont corroborées par d’autres plateformes OSINT comme AMK Mapping et par l’Institute for the Study of War. La force de ces analyses réside dans leur méthodologie transparente : chaque affirmation est soutenue par des preuves visuelles géolocalisées, rendant impossible pour le Kremlin de les réfuter de manière crédible. Les analystes OSINT ont documenté le pattern russe de déclarer des zones « capturées » puis de les perdre à nouveau, créant un enregistrement permanent des mensonges du Kremlin.
Cette guerre de l’information est devenue aussi importante que la guerre sur le terrain. Le Kremlin comprend que contrôler le récit est crucial pour maintenir le soutien domestique à la guerre et pour négocier en position de force avec l’Occident. Mais les outils OSINT ont fondamentalement changé la donne. Il n’est plus possible de mentir sur la situation sur le terrain sans être immédiatement contredit par des preuves visuelles. Les milbloggers russes, qui ont accès aux mêmes outils OSINT que tout le monde, se retrouvent dans une position inconfortable : ils peuvent soit répéter la propagande officielle et perdre toute crédibilité auprès de leur audience, soit dire la vérité et risquer des représailles du Kremlin. Beaucoup choisissent un compromis, reconnaissant subtilement les échecs russes tout en maintenant un ton généralement pro-guerre. Cette tension entre propagande et réalité crée des fissures dans le récit du Kremlin, des fissures que les analystes OSINT exploitent pour révéler la vérité. Le résultat est un Kremlin de plus en plus isolé dans ses mensonges, incapable de convaincre même ses propres partisans que la guerre se déroule comme prévu.
DeepState. Deux syllabes qui doivent hanter les rêves de Poutine. Parce que voilà une organisation qui fait quelque chose de révolutionnaire : elle dit la vérité. Avec des preuves. Des images. Des coordonnées GPS. Impossible de nier. Impossible de mentir. Impossible de prétendre que Pokrovsk est tombée quand les cartes montrent clairement que non. Et c’est ça qui doit rendre le Kremlin fou. Parce qu’avant, ils pouvaient mentir tranquillement. Ils pouvaient dire ce qu’ils voulaient et personne ne pouvait vraiment vérifier. Mais maintenant ? Maintenant, chaque mensonge est exposé en temps réel. Chaque fausse déclaration de victoire est contredite par des images satellites. Chaque drapeau planté pour les caméras est documenté comme ce qu’il est vraiment : une opération de propagande pathétique. Et le monde entier peut le voir. C’est… c’est magnifique, en fait. Pas magnifique au sens où la guerre est belle. Mais magnifique au sens où la vérité triomphe finalement. Où les mensonges sont exposés. Où la réalité refuse de se plier à la volonté d’un dictateur. DeepState ne gagnera pas la guerre. Mais elle gagne la bataille de la vérité. Et dans un monde saturé de désinformation, c’est déjà énorme.
Les milbloggers russes : entre propagande et réalité
Les milbloggers russes se retrouvent dans une position de plus en plus inconfortable. D’un côté, ils sont censés soutenir l’effort de guerre et promouvoir le récit du Kremlin. De l’autre, ils ont accès aux mêmes informations OSINT que tout le monde et peuvent voir que la propagande officielle ne correspond pas à la réalité. Certains milbloggers ont choisi de publier des corrections subtiles, reconnaissant que les affirmations du Kremlin sont exagérées. Un milblogger proéminent a déclaré que la couverture médiatique russe des progrès russes sur le champ de bataille ressemble une fois de plus à des « absurdités joyeusement idiotes, roses et complaisantes » qui ne soutiennent pas l’effort de guerre. Un autre a admis que les forces russes ont planté un drapeau à Vovchansk puis ont quitté la zone, notant qu’elles ne détiennent probablement pas de positions près du drapeau. Ces admissions, bien que prudentes et formulées de manière à ne pas critiquer directement le Kremlin, révèlent néanmoins un décalage croissant entre la propagande officielle et la réalité perçue par ceux qui suivent de près le conflit.
Ce décalage crée des problèmes pour le Kremlin. Si même les milbloggers pro-guerre commencent à remettre en question le récit officiel, cela suggère que la propagande perd de son efficacité. Les analystes notent qu’il est significatif que la fausse représentation de la situation sur le terrain par le Kremlin était si éloignée de la réalité que des milbloggers pro-guerre et des figures ultranationalistes proéminentes continuent de se sentir obligés de publier leurs propres déclarations correctives. Cette dynamique crée un cercle vicieux pour le Kremlin : plus il ment, plus il perd de crédibilité, même auprès de ses propres partisans. Et moins il a de crédibilité, plus il doit mentir pour maintenir l’illusion de succès. Le résultat est un système de propagande qui s’effondre sous le poids de ses propres mensonges, incapable de convaincre quiconque — y compris les Russes eux-mêmes — que la guerre se déroule comme prévu. Les milbloggers qui tentent de naviguer entre vérité et propagande deviennent involontairement des témoins de cet effondrement, documentant en temps réel la désintégration du récit du Kremlin.
Les implications pour les négociations de paix
Poutine négocie avec des cartes truquées
Le timing des fausses déclarations de victoire de Gerasimov est révélateur. Poutine se prépare à rencontrer Steve Witkoff, l’envoyé spécial américain, qui doit présenter un plan de paix discuté avec l’Ukraine. Le Kremlin a besoin de victoires — réelles ou imaginaires — pour négocier en position de force. Mais cette stratégie est vouée à l’échec car les Américains, comme tout le monde, ont accès aux mêmes évaluations OSINT qui contredisent les affirmations russes. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que le plan de paix proposé par les États-Unis vise à garantir l’indépendance, la souveraineté et le développement économique de l’Ukraine lors des pourparlers américano-ukrainiens à Hallandale Beach, en Floride, le 30 novembre. Rubio a déclaré que le plan de paix doit non seulement mettre fin à la guerre mais aussi assurer l’avenir et la « prospérité à long terme » de l’Ukraine. Cette position américaine suggère que Washington ne sera pas dupe des fausses déclarations de victoire russes et basera ses négociations sur la réalité du terrain, pas sur la propagande du Kremlin.
Les voix de l’espace informationnel russe continuent d’argumenter que le Kremlin rejettera probablement un cessez-le-feu ou toute itération du plan de paix proposé par les États-Unis parce que le Kremlin considère ces efforts comme sans conséquence et comme un obstacle aux objectifs de la Russie en Ukraine et dans le monde. Un chroniqueur de l’agence de presse d’État russe Rossiya Segodnya a déclaré dans une interview publiée le 27 novembre que la Russie ne prend pas au sérieux la proposition de paix américaine et ne s’attend pas à ce que le plan fonctionne dans quelque variation que ce soit, et a évalué que le Kremlin est « détendu » concernant les modifications du plan de paix original en 28 points car le Kremlin peut discuter de n’importe quel document. Le chroniqueur a soutenu que la Russie « prétend » être prête à accepter les États-Unis comme médiateur mais vise finalement à conclure un traité qui lui procure une victoire sur le champ de bataille, et que la Russie ne cherche pas une paix immédiate comme le font les États-Unis. Cette position suggère que Poutine négocie de mauvaise foi, utilisant les pourparlers de paix comme couverture pour continuer la guerre tout en prétendant être ouvert au dialogue.
Poutine négocie avec des cartes truquées. C’est exactement ça. Il s’assoit à la table avec Witkoff, prétendant avoir gagné des batailles qu’il n’a pas gagnées. Contrôlant des villes qu’il ne contrôle pas. Ayant atteint des objectifs qu’il n’a pas atteints. Et il pense que ça va marcher. Que les Américains vont gober ses mensonges. Que le monde va accepter sa version de la réalité. Mais voilà le problème : tout le monde a accès aux mêmes informations maintenant. Les Américains ont des satellites. Ils ont des analystes. Ils ont accès aux mêmes cartes OSINT que nous. Ils savent que Poutine ment. Ils savent que Pokrovsk n’est pas tombée. Que Kupiansk résiste toujours. Que Vovchansk est à moitié ukrainienne. Alors qu’est-ce qu’il espère accomplir ? Gagner du temps ? Peut-être. Sauver la face ? Probablement. Mais négocier une vraie paix ? Jamais. Parce qu’une vraie paix nécessiterait d’admettre la réalité. D’accepter que la Russie ne peut pas gagner militairement. Que toute cette guerre était une erreur monumentale. Et Poutine ne peut pas faire ça. Son ego ne le permet pas. Son régime ne survivrait pas. Alors il continue de mentir. De prétendre. De jouer avec des cartes truquées. En espérant que personne ne remarque. Mais tout le monde remarque. Le monde entier voit à travers ses mensonges.
Le Kremlin rejette déjà le plan de paix américain
Les déclarations publiques de responsables russes et d’ultranationalistes suggèrent que le Kremlin a déjà décidé de rejeter le plan de paix américain, quelle que soit sa forme finale. Igor Girkin a publié une lettre dans laquelle il conclut que le Kremlin ne signera aucun accord sur la base de la proposition de paix en 28 points car il considère cette proposition comme préjudiciable à ses objectifs en Ukraine et dans le monde. Girkin a soutenu que l’accord est inacceptable car il signifierait une perte de souveraineté russe en cédant le contrôle du mécanisme de négociations et d’imposition de sanctions aux États-Unis. Il a affirmé que le Kremlin ne s’engagera dans aucun mécanisme qui pourrait formellement reconnaître la Russie comme un agresseur. Un milblogger russe proéminent a soutenu que Vladimir Poutine a « clairement » indiqué qu’il est prêt à atteindre les objectifs de guerre de la Russie par des moyens militaires ; par conséquent, toutes les négociations de paix depuis les négociations d’Istanbul de 2022 ne sont « pas pratiques ». Le milblogger a ajouté que l’engagement de la Russie dans toute négociation de paix dépend « uniquement » des progrès russes sur le champ de bataille.
Cette position maximaliste du Kremlin rend toute négociation de paix significative pratiquement impossible. Poutine a déclaré que la guerre se poursuivra jusqu’à ce que la Russie capture l’ensemble de la région ou que l’Ukraine accepte de la céder à la table des négociations. Cette demande est constitutionnellement et politiquement impossible pour l’Ukraine, créant une impasse. Le chroniqueur de Rossiya Segodnya a souligné que la Russie ne peut signer aucun accord de paix avec l’Ukraine ou l’Europe ; que les objectifs de guerre de la Russie incluent le retrait de l’OTAN de toute l’Europe de l’Est ; et que les demandes russes pour un cessez-le-feu incluent également le retrait de l’Ukraine des parties non occupées des oblasts de Zaporizhzhia et Kherson — pas seulement des oblasts de Donetsk et Luhansk. Ces demandes sont si extrêmes qu’elles équivalent à un rejet de facto de toute négociation sérieuse. Le Kremlin semble utiliser les pourparlers de paix comme une tactique dilatoire, gagnant du temps pour continuer ses opérations militaires tout en prétendant être ouvert au dialogue. Cette approche cynique garantit que la guerre se poursuivra, avec toutes les souffrances humaines que cela implique.
Les coûts humains et matériels de l'échec russe
400 soldats par jour à Pokrovsk : l’arithmétique de l’horreur
Le commandant en chef Oleksandr Syrskyi a déclaré que les forces russes perdent environ 400 soldats par jour dans le secteur de Pokrovsk depuis le début du mois de décembre. Ce chiffre est stupéfiant. Sur 120 jours de présence à Pokrovsk, cela représenterait 48 000 soldats perdus pour une ville qu’ils n’ont toujours pas réussi à capturer entièrement. Ces pertes incluent les tués, les blessés et les disparus, mais même en tenant compte de ces catégories, le coût humain est astronomique. Pour mettre cela en perspective, c’est plus que l’ensemble des forces armées de nombreux pays européens. Et ce n’est que pour un seul secteur du front. Les pertes totales russes depuis le début de l’invasion en février 2022 sont estimées à environ 763 510 militaires selon les sources ukrainiennes, bien que ces chiffres soient contestés par la Russie. Même si les chiffres réels sont inférieurs, il est indéniable que la Russie subit des pertes massives pour des gains territoriaux minimes. Cette guerre d’attrition est insoutenable à long terme, même pour un pays de la taille de la Russie.
Les pertes matérielles sont également considérables. Le 16 décembre, les forces russes ont perdu 12 chars, 29 véhicules de combat blindés, 23 systèmes d’artillerie, 16 drones de niveau opérationnel-tactique, 82 véhicules et camions-citernes, et 2 équipements spéciaux selon l’État-major ukrainien. Ces pertes s’ajoutent aux pertes cumulées depuis février 2022, qui incluent 9 563 chars, 19 736 véhicules blindés de transport de troupes, 21 151 systèmes d’artillerie, et des milliers d’autres équipements. La Russie dispose de vastes stocks d’équipements soviétiques en réserve, mais beaucoup de ces véhicules sont obsolètes et nécessitent une remise à niveau importante avant de pouvoir être déployés. Les analystes militaires occidentaux estiment que la Russie épuise ses stocks d’équipements plus rapidement qu’elle ne peut les remplacer, créant une situation où la capacité offensive russe pourrait diminuer dans les mois à venir. Cette dégradation de la capacité militaire russe explique en partie pourquoi les forces russes peinent à réaliser des percées significatives malgré leur supériorité numérique théorique.
Quatre cents soldats par jour. Quatre cents. Chaque jour. Pendant des mois. C’est… c’est incompréhensible. On lit ce chiffre et on ne peut pas vraiment saisir ce qu’il signifie. Parce que 400, c’est juste un nombre. Mais chacun de ces 400 est une personne. Un homme avec une famille. Des rêves. Des peurs. Une vie. Et tous les jours, 400 de ces vies sont… effacées. Pour Pokrovsk. Pour une ville que la Russie ne peut même pas prendre. C’est ça qui me tue. Pas métaphoriquement. Littéralement, ça me tue à l’intérieur. Parce que je ne peux pas comprendre. Je ne peux pas saisir comment quelqu’un — Poutine, Gerasimov, n’importe qui — peut regarder ces chiffres et décider de continuer. Comment on peut envoyer 400 hommes à la mort chaque jour et se dire « oui, ça vaut le coup ». Pour quoi ? Pour l’ego ? Pour le pouvoir ? Pour ne pas admettre qu’on a eu tort ? C’est… c’est monstrueux. Il n’y a pas d’autre mot. Monstrueux. Et le pire, c’est que ça continue. Jour après jour. 400 aujourd’hui. 400 demain. 400 après-demain. Jusqu’à quand ? Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne à envoyer ? Jusqu’à ce que la Russie se réveille et réalise que cette guerre est une folie ? Je ne sais pas. Personne ne sait. Mais les morts, eux, continuent de s’accumuler.
L’impact économique : une guerre que la Russie ne peut pas se permettre
Au-delà des coûts humains, la guerre impose un fardeau économique croissant à la Russie. Un milblogger russe a noté que la poursuite de l’effort de guerre en Ukraine coûtera à la Russie davantage de ressources étatiques dans un contexte de mécontentement sociétal croissant face à l’introduction de nouveaux frais et à la hausse des impôts en 2026. Le gouvernement russe a été contraint d’augmenter les dépenses militaires de manière drastique, détournant des ressources des services sociaux et du développement économique. Cette réallocation des ressources crée des tensions sociales, particulièrement dans les régions les plus pauvres de Russie qui fournissent la majorité des recrues militaires. Les sanctions occidentales aggravent la situation en limitant l’accès de la Russie aux technologies avancées et aux marchés financiers internationaux. Bien que la Russie ait réussi à contourner certaines sanctions grâce à des pays tiers, l’impact cumulatif sur l’économie russe est significatif. La dépréciation du rouble, l’inflation croissante et la fuite des cerveaux créent une situation économique précaire qui pourrait devenir insoutenable à long terme.
Les implications à long terme de ces coûts économiques sont profondes. Même si la Russie réussissait à atteindre certains de ses objectifs militaires — ce qui semble de plus en plus improbable — le coût de la reconstruction et de l’occupation des territoires conquis serait astronomique. La Russie devrait reconstruire l’infrastructure détruite, fournir des services sociaux à une population hostile, et maintenir une présence militaire importante pour prévenir une insurrection. Ces coûts s’ajouteraient au fardeau déjà lourd de l’effort de guerre actuel. Les analystes économiques estiment que la guerre coûte à la Russie des centaines de milliards de dollars, une somme que l’économie russe, déjà affaiblie par les sanctions, peut difficilement se permettre. Cette réalité économique crée une pression supplémentaire sur le Kremlin pour trouver une issue à la guerre, mais la position maximaliste de Poutine rend toute solution négociée pratiquement impossible. Le résultat est un cercle vicieux où la Russie continue de dépenser des ressources qu’elle n’a pas pour une guerre qu’elle ne peut pas gagner, s’enfonçant de plus en plus dans un bourbier économique et militaire.
Le rôle des drones dans l'échec russe
La révolution technologique qui change la guerre
Les drones sont devenus l’arme décisive de cette guerre, et les Ukrainiens ont maîtrisé leur utilisation d’une manière que les Russes n’ont pas pu égaler. Les forces ukrainiennes ont développé une capacité remarquable à utiliser les drones pour la reconnaissance, l’interdiction et les frappes de précision. Chaque tentative russe de planter un drapeau ou de filmer une « victoire » se termine par l’arrivée de drones ukrainiens qui transforment la séance photo en massacre. Cette réalité a forcé les forces russes à adapter leurs tactiques, mais sans grand succès. Le drone intercepteur Sting, produit localement en Ukraine, a récemment abattu plusieurs drones Geran-3 à propulsion par réacteur pour la première fois dans la nuit du 29 au 30 novembre. Les Geran-3 ont une portée de vol plus courte que les drones Geran typiques mais peuvent atteindre des vitesses plus élevées et peuvent plus facilement manœuvrer autour des systèmes de défense aérienne. Le fabricant de drones ukrainien Wild Hornets a noté en septembre 2025 que les forces ukrainiennes ont atteint des taux d’interception d’environ 60 à 90 pour cent contre les drones russes Geran-2 et Gerbera typiques. Cette supériorité technologique ukrainienne dans le domaine des drones explique en partie pourquoi les Russes peinent à réaliser leurs objectifs.
La guerre des drones a fondamentalement changé la nature du conflit moderne. Les tactiques traditionnelles d’infanterie et de blindés sont devenues extrêmement risquées face à la surveillance constante des drones. Un char russe qui tente de traverser une rivière est immédiatement repéré et détruit. Une colonne d’infanterie qui avance à découvert est décimée par des drones FPV. Une position d’artillerie qui tire est localisée et neutralisée en quelques minutes. Cette réalité tactique force les deux camps à s’adapter constamment, mais les Ukrainiens ont montré une capacité d’innovation supérieure. Ils ont développé des drones kamikazes bon marché qui peuvent être produits en masse, des drones de reconnaissance qui opèrent 24 heures sur 24, et des drones intercepteurs qui chassent les drones ennemis. Les Russes, malgré leurs ressources supérieures, n’ont pas réussi à égaler cette innovation. Leur approche reste plus conventionnelle, s’appuyant sur des drones importés d’Iran et sur des tactiques qui n’ont pas évolué au même rythme que celles des Ukrainiens. Cette asymétrie technologique est devenue un facteur décisif dans l’échec russe à capturer Pokrovsk, Kupiansk et Vovchansk.
L’innovation ukrainienne face à la rigidité russe
L’industrie ukrainienne continue d’innover et de produire des drones intercepteurs et de nouveaux systèmes de défense aérienne, ainsi que d’adapter et de modifier les systèmes de défense aérienne des alliés. Cette capacité d’innovation rapide contraste fortement avec l’approche russe plus bureaucratique et rigide. Les startups ukrainiennes de drones peuvent développer, tester et déployer de nouveaux systèmes en quelques mois, tandis que les programmes militaires russes prennent des années. Cette agilité donne aux Ukrainiens un avantage crucial dans une guerre où la technologie évolue rapidement. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Pokrovsk a rapporté que les forces russes utilisent des drones FPV, Molniya, à voilure fixe et dormants pour interdire les lignes de communication terrestres ukrainiennes, mais que les Ukrainiens ont développé des contre-mesures efficaces. Cette course aux armements technologiques se déroule en temps réel, avec chaque camp essayant de surpasser l’autre. Pour l’instant, les Ukrainiens semblent avoir l’avantage, ce qui explique en partie pourquoi les Russes ne peuvent pas prendre les villes qu’ils ciblent.
Les analystes militaires occidentaux considèrent que cette guerre des drones en Ukraine préfigure les conflits futurs, où la supériorité aérienne à basse altitude sera aussi cruciale que la supériorité aérienne traditionnelle. Les leçons apprises en Ukraine sont étudiées par les armées du monde entier, qui reconnaissent que les drones ont fondamentalement changé la nature de la guerre moderne. Les forces ukrainiennes ont démontré qu’une armée plus petite mais plus innovante peut tenir tête à une armée plus grande mais plus rigide en exploitant les nouvelles technologies. Cette réalité a des implications profondes pour l’avenir de la guerre et pour l’équilibre des pouvoirs militaires dans le monde. Pour la Russie, l’incapacité à s’adapter à cette nouvelle réalité technologique est devenue un handicap majeur qui explique en grande partie ses échecs répétés à atteindre ses objectifs militaires. Les drones ukrainiens ne gagnent peut-être pas la guerre à eux seuls, mais ils empêchent certainement la Russie de la gagner.
Les conséquences géopolitiques de l'échec russe
L’image de la Russie comme puissance militaire en ruines
L’échec russe à capturer Pokrovsk, Kupiansk et Vovchansk a des conséquences géopolitiques qui dépassent largement le cadre de cette guerre. L’image de la Russie comme deuxième puissance militaire mondiale s’est effondrée. Avant l’invasion de février 2022, beaucoup considéraient l’armée russe comme une force redoutable, capable de projeter sa puissance à travers le monde. Aujourd’hui, cette image est en lambeaux. Une armée qui ne peut pas prendre des villes de taille moyenne après des mois d’efforts n’est pas une superpuissance militaire. Cette réalité a des implications pour l’influence russe dans le monde. Les pays qui comptaient sur la protection militaire russe reconsidèrent leurs alliances. Les régimes qui craignaient l’intervention militaire russe sont rassurés par la démonstration de faiblesse en Ukraine. Les partenaires de la Russie comme la Chine et l’Inde observent avec inquiétude l’incapacité russe à atteindre ses objectifs militaires, remettant en question la valeur de leur alliance avec Moscou. Cette érosion du prestige militaire russe affaiblit la position de la Russie sur la scène mondiale et limite sa capacité à influencer les événements internationaux.
Les implications pour l’OTAN sont également significatives. L’échec russe en Ukraine a démontré que l’OTAN n’a pas besoin de craindre une invasion russe conventionnelle. L’armée russe, qui peine à conquérir l’Ukraine, n’a aucune chance contre l’OTAN. Cette réalité a renforcé la confiance des membres de l’OTAN et a encouragé la Finlande et la Suède à rejoindre l’alliance. Le Kremlin voulait empêcher l’expansion de l’OTAN ; au lieu de cela, il l’a accélérée. Cette ironie stratégique illustre l’échec complet de la politique étrangère russe. Les objectifs déclarés de l’invasion — empêcher l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, établir une zone tampon, restaurer l’influence russe — ont tous échoué. Au lieu de cela, la Russie s’est isolée internationalement, a renforcé l’OTAN, et a poussé l’Ukraine encore plus fermement dans le camp occidental. Les historiens considéreront probablement cette guerre comme l’une des plus grandes erreurs stratégiques du 21e siècle, une guerre qui a affaibli la Russie au lieu de la renforcer, qui a isolé Moscou au lieu d’étendre son influence, et qui a démontré la faiblesse russe au lieu de projeter sa force.
L’Occident face à ses propres contradictions
L’échec russe à capturer ces villes révèle également les contradictions de la politique occidentale. D’un côté, l’Occident fournit une aide militaire massive à l’Ukraine, permettant aux forces ukrainiennes de résister à l’invasion russe. De l’autre, cette aide reste limitée par des restrictions sur l’utilisation d’armes à longue portée et par des hésitations à fournir certains systèmes d’armes avancés. Cette approche prudente a permis à l’Ukraine de survivre mais pas nécessairement de gagner. Les analystes débattent de savoir si une aide occidentale plus robuste aurait pu permettre à l’Ukraine de reprendre plus de territoire ou même de forcer la Russie à négocier sérieusement. Le fait que la Russie ne puisse pas prendre Pokrovsk malgré des mois d’efforts suggère que l’armée russe est plus faible que prévu, ce qui soulève la question : pourquoi l’Occident ne fournit-il pas plus d’aide pour permettre à l’Ukraine de capitaliser sur cette faiblesse ? Cette question divise les décideurs occidentaux entre ceux qui veulent éviter une escalade avec la Russie et ceux qui pensent que c’est le moment d’affaiblir définitivement la capacité militaire russe.
Les négociations de paix en cours révèlent également ces contradictions. L’Occident pousse pour une solution diplomatique, mais les termes proposés ne reflètent pas nécessairement la réalité sur le terrain. Si la Russie ne peut pas prendre Pokrovsk, pourquoi l’Ukraine devrait-elle faire des concessions territoriales ? Cette question fondamentale n’a pas de réponse satisfaisante. Les États-Unis et l’Europe veulent mettre fin à la guerre, mais pas au prix de récompenser l’agression russe. Cette tension entre le désir de paix et le besoin de justice crée une situation où les négociations piétinent. Le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré que le plan de paix doit garantir l’indépendance, la souveraineté et le développement économique de l’Ukraine, mais comment concilier cela avec les demandes russes de concessions territoriales ? Cette quadrature du cercle explique pourquoi les négociations n’aboutissent pas et pourquoi la guerre continue. L’échec russe à capturer Pokrovsk et Kupiansk devrait renforcer la position de négociation ukrainienne, mais la fatigue de la guerre en Occident crée une pression pour des compromis qui ne reflètent pas la réalité militaire sur le terrain.
L'avenir incertain de cette guerre sans fin
Vers une guerre gelée ou une escalade ?
L’avenir de ce conflit reste profondément incertain. Les échéances manquées de Poutine pour capturer Pokrovsk et Kupiansk suggèrent que la Russie ne peut pas gagner militairement à court terme. Mais cela ne signifie pas que la guerre va se terminer. Au contraire, nous pourrions nous diriger vers une guerre gelée similaire à celle qui a existé dans le Donbass entre 2014 et 2022. Dans ce scénario, les lignes de front se stabiliseraient, les combats deviendraient sporadiques, et le conflit entrerait dans une phase de basse intensité qui pourrait durer des années, voire des décennies. Cette perspective est déprimante mais réaliste. Ni la Russie ni l’Ukraine ne semblent capables de réaliser une victoire décisive, et aucune des deux parties n’est prête à faire les compromis nécessaires pour une paix négociée. Le résultat pourrait être un conflit permanent qui consume des ressources et des vies sans jamais se résoudre. Les analystes notent que cette situation servirait les intérêts de personne, mais qu’elle pourrait néanmoins devenir la réalité par défaut si aucune percée diplomatique ou militaire ne se produit.
L’alternative à une guerre gelée est une escalade, et c’est une perspective encore plus inquiétante. Si Poutine conclut qu’il ne peut pas atteindre ses objectifs avec les moyens actuels, il pourrait être tenté d’escalader — soit en mobilisant davantage de troupes, soit en utilisant des armes plus destructrices, soit même en menaçant d’utiliser des armes nucléaires tactiques. Cette escalade créerait une crise internationale majeure et pourrait entraîner une intervention occidentale directe. Les décideurs occidentaux sont conscients de ce risque et tentent de calibrer leur soutien à l’Ukraine de manière à permettre la résistance sans provoquer une escalade russe. Mais cet équilibre est précaire et pourrait être rompu à tout moment. L’échec russe à capturer Pokrovsk et Kupiansk pourrait pousser Poutine vers l’escalade par désespoir, ou il pourrait le convaincre d’accepter une solution négociée. Personne ne sait quelle sera sa réaction, et c’est cette incertitude qui rend l’avenir de cette guerre si imprévisible. Ce qui est certain, c’est que le statu quo actuel — une guerre d’attrition coûteuse sans vainqueur clair — ne peut pas continuer indéfiniment. Quelque chose devra céder, que ce soit la volonté russe de continuer, la capacité ukrainienne de résister, ou la patience occidentale de soutenir. Quand et comment cela se produira reste la grande question sans réponse de cette guerre.
Les leçons pour les conflits futurs
Cette guerre en Ukraine offre des leçons importantes pour les conflits futurs. La première leçon est que la supériorité numérique ne garantit pas la victoire dans la guerre moderne. La Russie a plus de soldats, plus de chars, plus d’artillerie que l’Ukraine, mais elle ne peut pas traduire cette supériorité en gains territoriaux significatifs. Les drones, les systèmes de défense aérienne modernes, et les armes de précision ont nivelé le terrain de jeu, permettant à une armée plus petite mais mieux équipée et mieux entraînée de tenir tête à une force plus grande. La deuxième leçon est l’importance de l’innovation technologique. Les Ukrainiens ont démontré qu’une armée qui peut innover rapidement et s’adapter aux nouvelles réalités du champ de bataille a un avantage crucial. La troisième leçon est le rôle de l’information dans la guerre moderne. Les outils OSINT et les médias sociaux ont rendu impossible de cacher la vérité sur le champ de bataille. Les mensonges du Kremlin sont exposés en temps réel, sapant sa crédibilité et son effort de guerre. Cette transparence forcée change fondamentalement la nature de la guerre et de la propagande.
La quatrième leçon est l’importance du soutien international. L’Ukraine n’aurait pas pu résister sans l’aide militaire, financière et diplomatique massive de l’Occident. Cette réalité souligne l’importance des alliances et des partenariats dans le monde moderne. Un pays isolé, même s’il est grand et puissant, ne peut pas imposer sa volonté à un pays plus petit soutenu par une coalition internationale. La cinquième leçon est que la guerre urbaine reste extrêmement difficile et coûteuse, même avec la technologie moderne. Pokrovsk, Kupiansk et Vovchansk ont démontré que prendre et tenir des villes contre une défense déterminée nécessite des ressources massives et entraîne des pertes importantes. Ces leçons seront étudiées par les militaires du monde entier et influenceront la planification militaire pour les décennies à venir. L’échec russe en Ukraine est devenu un cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire dans une guerre moderne : sous-estimer l’ennemi, négliger l’innovation technologique, mentir sur les progrès, et poursuivre des objectifs irréalistes avec des moyens inadéquats. Ces erreurs ont coûté à la Russie son prestige militaire, des dizaines de milliers de vies, et sa position sur la scène mondiale.
Le facteur humain : moral et motivation des deux côtés
Les Ukrainiens qui se battent pour leur survie
Le moral des troupes est un facteur crucial dans toute guerre, et c’est peut-être l’avantage le plus important dont disposent les Ukrainiens. Ils se battent pour leur survie, pour leur patrie, pour leurs familles. Cette motivation existentielle crée une détermination qui ne peut pas être facilement brisée. Les soldats ukrainiens à Pokrovsk, Kupiansk et Vovchansk savent que s’ils abandonnent ces villes, l’ennemi avancera vers d’autres villes, vers d’autres familles. Il n’y a pas de retraite possible, pas de compromis acceptable. C’est cette réalité qui explique pourquoi les forces ukrainiennes continuent de résister malgré la supériorité numérique russe, malgré les bombardements constants, malgré l’épuisement. Le commandant adjoint d’un bataillon ukrainien a déclaré que la présence de forces russes à Pokrovsk n’est pas une raison pour que les forces ukrainiennes se retirent de la ville. Cette déclaration résume parfaitement l’état d’esprit ukrainien : tenir coûte que coûte, parce que céder n’est pas une option. Les analystes militaires notent que ce moral élevé compense en partie les désavantages matériels ukrainiens et explique pourquoi une armée plus petite peut tenir tête à une force plus grande.
Les civils ukrainiens jouent également un rôle crucial dans le maintien du moral. Malgré les évacuations obligatoires, beaucoup choisissent de rester dans les villes assiégées, soutenant les soldats et maintenant une présence civile qui rappelle aux défenseurs ce pour quoi ils se battent. Cette symbiose entre civils et militaires crée une résilience sociale qui est difficile à briser. Les familles qui ont fui envoient des messages de soutien, les volontaires collectent des fonds pour l’équipement militaire, et la société civile s’est mobilisée d’une manière qui renforce l’effort de guerre. Cette unité nationale contraste fortement avec la situation en Russie, où la guerre est largement ignorée par la population urbaine et où le soutien est plus passif qu’actif. Les Ukrainiens vivent la guerre quotidiennement, tandis que pour beaucoup de Russes, c’est une réalité lointaine qui ne les affecte pas directement. Cette différence dans l’engagement social crée un avantage moral pour l’Ukraine qui ne peut pas être facilement quantifié mais qui est néanmoins réel et significatif. C’est cet esprit de résistance qui permet aux forces ukrainiennes de continuer à se battre jour après jour, malgré les difficultés et les sacrifices.
Les Russes qui ne savent pas pourquoi ils se battent
Du côté russe, la situation du moral est beaucoup plus complexe et problématique. Les soldats russes ne se battent pas pour leur survie ou pour défendre leur patrie. Ils se battent pour des objectifs abstraits définis par le Kremlin — la « dénazification » de l’Ukraine, la protection des russophones, l’expansion de l’influence russe. Ces objectifs ne résonnent pas de la même manière qu’une lutte existentielle pour la survie. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne a rapporté que les prisonniers de guerre russes ont déclaré que le commandement militaire russe leur avait dit prématurément que les forces russes avaient capturé Kostyantynivka pour les inciter à participer à des missions d’infiltration risquées. Cette manipulation révèle un problème de confiance entre les soldats russes et leur commandement. Si les soldats ne peuvent pas faire confiance aux informations qu’ils reçoivent, comment peuvent-ils maintenir leur moral ? Les milbloggers russes ont également noté que les forces russes envoient du personnel mal formé et récemment recruté dans la première vague d’assauts, une tactique de « chair à canon » qui ne peut que saper le moral des troupes qui réalisent qu’elles sont considérées comme jetables.
Les problèmes de moral russes sont aggravés par les pertes importantes et l’absence de progrès visible. Perdre 400 soldats par jour à Pokrovsk sans réussir à prendre la ville crée un sentiment de futilité qui érode le moral. Les soldats russes voient leurs camarades mourir pour des gains minimes ou inexistants, et ils commencent à se demander si le sacrifice en vaut la peine. Les rapports de désertions et de refus d’obéir aux ordres ont augmenté, bien que le Kremlin tente de les minimiser. Un milblogger russe a noté que des éléments du 51e Régiment aéroporté rencontrent des difficultés avec les évacuations de victimes, suggérant des problèmes logistiques qui affectent également le moral. Quand les soldats savent que s’ils sont blessés, ils pourraient ne pas recevoir de soins médicaux adéquats, cela affecte leur volonté de prendre des risques. Cette combinaison de facteurs — objectifs peu clairs, pertes élevées, manque de progrès, problèmes logistiques, et manipulation par le commandement — crée une situation où le moral russe est fragile et pourrait s’effondrer si la guerre se prolonge sans victoires significatives. C’est peut-être le facteur le plus important qui explique pourquoi la Russie ne peut pas prendre Pokrovsk et Kupiansk : ses soldats ne croient pas vraiment en ce pour quoi ils se battent.
Conclusion : l'échec comme nouvelle normalité
Quand les échéances deviennent une blague récurrente
Les échéances manquées de Poutine pour la capture de Pokrovsk et Kupiansk sont devenues une blague récurrente dans les cercles d’analystes militaires. Chaque fois qu’une nouvelle échéance est fixée, les observateurs attendent avec une certitude croissante qu’elle sera manquée. Et chaque fois, ils ont raison. Cette prévisibilité de l’échec russe révèle une vérité fondamentale sur cette guerre : la Russie ne peut pas atteindre ses objectifs militaires, quelle que soit la quantité de ressources qu’elle y consacre. Les forces ukrainiennes, soutenues par l’Occident et motivées par la défense de leur patrie, ont démontré une capacité remarquable à résister à une armée théoriquement supérieure. Les analystes OSINT et les organisations comme l’Institute for the Study of War ont documenté cette réalité avec une précision implacable, créant un enregistrement permanent des échecs russes que le Kremlin ne peut ni nier ni effacer. Le président Zelensky a raison de souligner que la Russie a raté une autre échéance fixée par Poutine, et que ces échéances continuent d’être repoussées. Cette dynamique crée une situation où les objectifs russes deviennent de plus en plus irréalistes à mesure que la guerre se prolonge.
L’avenir de ce conflit reste incertain, mais une chose est claire : la Russie ne peut pas gagner militairement de la manière dont Poutine l’imagine. Les villes de Pokrovsk, Kupiansk et Vovchansk sont devenues des symboles de cette réalité. Malgré des mois d’efforts, des milliers de soldats perdus et des ressources massives dépensées, ces villes restent contestées ou sous contrôle ukrainien. Le Kremlin peut continuer à mentir à son peuple et au monde, mais les faits sur le terrain sont têtus. Les cartes OSINT ne mentent pas. Les images satellites ne mentent pas. Les témoignages vérifiés ne mentent pas. Et toutes ces sources convergent vers la même conclusion : la Russie est enlisée dans une guerre qu’elle ne peut ni gagner ni abandonner. Cette impasse stratégique garantit que la guerre se poursuivra, avec toutes les souffrances humaines que cela implique. Les échéances de Poutine continueront d’être manquées, les mensonges de Gerasimov continueront d’être exposés, et les soldats des deux côtés continueront de mourir pour une guerre qui n’a pas de fin en vue. C’est la nouvelle normalité de ce conflit : l’échec perpétuel déguisé en progrès, les mensonges présentés comme des vérités, et la mort sans fin pour des objectifs impossibles.
On en est là. Les échéances de Poutine sont devenues une blague. Une blague tragique, certes. Mais une blague quand même. Parce que tout le monde sait qu’elles ne seront pas tenues. Tout le monde sait que Pokrovsk ne tombera pas. Que Kupiansk résistera. Que Vovchansk restera à moitié ukrainienne. Tout le monde le sait. Sauf peut-être Poutine lui-même. Ou peut-être qu’il le sait aussi, mais qu’il ne peut pas l’admettre. Qu’il est prisonnier de ses propres mensonges. Qu’il a tellement investi dans cette guerre — en vies, en ressources, en prestige — qu’il ne peut plus reculer. Alors il continue. Il fixe de nouvelles échéances. Il écoute Gerasimov lui raconter des contes de fées. Il prétend que tout va bien. Pendant que son armée s’enlise. Pendant que son économie s’effondre. Pendant que son pays saigne. Et nous, on regarde. On documente. On analyse. On expose les mensonges. Mais ça change quoi, au final ? Les soldats continuent de mourir. Les villes continuent d’être détruites. La guerre continue. Sans fin. Sans espoir. Juste… l’échec comme nouvelle normalité. C’est ça, l’héritage de Poutine. Pas la grandeur. Pas la victoire. Juste l’échec. Perpétuel. Inévitable. Tragique.
La vérité finit toujours par triompher
Dans cette guerre de l’information, la vérité a un avantage fondamental : elle est vérifiable. Les mensonges du Kremlin peuvent être convaincants à court terme, mais ils s’effondrent face aux preuves OSINT, aux images satellites et aux témoignages vérifiés. Les plateformes comme DeepState, les analyses de l’ISW et les déclarations de Zelensky créent un contre-récit puissant qui expose les mensonges russes pour ce qu’ils sont. Cette bataille pour la vérité est aussi importante que la bataille sur le terrain, car elle détermine comment le monde perçoit le conflit et comment les populations des deux pays comprennent ce pour quoi ils se battent. Le Kremlin a perdu cette bataille de l’information. Ses mensonges sont trop évidents, trop facilement réfutés, trop déconnectés de la réalité observable. Même les milbloggers russes pro-guerre commencent à reconnaître que la propagande officielle ne correspond pas aux faits. Cette érosion de la crédibilité du Kremlin a des implications profondes pour l’avenir de la Russie et pour l’issue de cette guerre.
L’histoire jugera cette guerre non pas sur la base de la propagande du Kremlin, mais sur la base des faits documentés par les analystes OSINT, les journalistes indépendants et les organisations de défense des droits humains. Ces enregistrements montreront que la Russie a lancé une guerre d’agression injustifiée, qu’elle a menti systématiquement sur ses progrès, et qu’elle a échoué à atteindre ses objectifs malgré des coûts humains et matériels astronomiques. Pokrovsk, Kupiansk et Vovchansk deviendront des symboles de cet échec, des villes que la Russie ne pouvait pas prendre malgré tous ses efforts. Les échéances manquées de Poutine deviendront des exemples de l’hubris et de l’incompétence qui ont caractérisé cette guerre. Et les mensonges de Gerasimov seront exposés comme ce qu’ils sont : des tentatives désespérées de cacher une réalité inacceptable. La vérité, comme toujours, finit par triompher. Pas immédiatement. Pas facilement. Mais inévitablement. Et dans cette guerre, la vérité est du côté de ceux qui documentent les faits, pas de ceux qui les inventent. C’est cette vérité qui survivra longtemps après que les armes se seront tues et que les mensonges auront été oubliés.
Sources
Sources primaires
Ukrinform, « Zelensky: Russia fails to meet another Putin deadline for capture of Pokrovsk and Kupiansk », 15 novembre 2025. Ukrainska Pravda, « Zelenskyy: Russia has missed yet another deadline to capture Pokrovsk and Kupiansk », 15 novembre 2025. UNITED24 Media, « Why Russia Didn’t Capture Kupyansk or Pokrovsk: Zelenskyy and OSINT Analysts Push Back », 2 décembre 2025. Volodymyr Zelensky, déclarations officielles sur Facebook et X (Twitter), 15 novembre 2025. Kyrylo Budanov, rapport au président Zelensky, 15 novembre 2025.
Sources secondaires
Institute for the Study of War (ISW), « Russian Offensive Campaign Assessment », 30 novembre 2025. DeepState, cartes et analyses OSINT, novembre-décembre 2025. AMK Mapping, analyses Twitter/X, novembre 2025. Liga.net, « Russians lose 400 soldiers daily near Pokrovsk in December – Syrskyi », 12 décembre 2024. BBC News, analyses sur Pokrovsk et Vovchansk, août-novembre 2025. Reuters, rapports sur les négociations de paix et la situation militaire, novembre 2025.