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1392 jours: les pertes russes s’empilent, et le monde regarde ailleurs
Crédit: Adobe Stock

Du 24 février 2022 au 16 décembre 2025

Le décompte des jours n’est pas un artifice. Il ancre un événement dans le temps, sans échappatoire. La date de départ, le 24 février 2022, marque le lancement de l’invasion à grande échelle. La date du bilan, le 16 décembre 2025, place la guerre dans une quatrième année où l’exception est devenue routine. Dire “1 392 jours”, c’est dire que l’Europe a appris à vivre avec une guerre longue sur son continent, que les économies se sont adaptées, que les sociétés se sont habituées, parfois trop vite, à l’idée d’un front permanent et de communiqués matinaux qui font office de thermomètre.

Ce chiffre de jours a une autre fonction: il empêche l’amnésie. Il rappelle que les pertes s’additionnent, que les stocks se vident, que les doctrines se transforment, et que l’industrialisation de la violence moderne a trouvé un terrain d’expression durable. Le bilan du 16 décembre 2025 ne sort pas de nulle part: il est le résultat d’un système de suivi, d’agrégation, d’estimation, qui s’inscrit dans la communication militaire ukrainienne depuis les premières semaines de l’invasion. Il est aussi la preuve qu’un conflit peut durer assez longtemps pour devenir une horloge publique, consultée comme une météo. Ce simple constat est déjà vertigineux.

La routine des bilans, et le risque de l’habitude

Chaque matin, la même mécanique: totaux cumulés, incréments quotidiens, catégories d’équipement. Et à force, l’œil glisse. Les lignes deviennent familières. C’est là que réside un danger discret: l’habitude fabrique une anesthésie. Quand une hausse de +442 drones ou +67 systèmes d’artillerie se lit comme un score, le cerveau se protège en réduisant l’événement à un symbole. Or, ces chiffres sont des signaux stratégiques. Ils racontent une guerre d’usure où la capacité à produire, réparer, remplacer, compte autant que la capacité à manœuvrer.

Le décompte des jours, combiné aux bilans, trace une ligne brutale: ce qui devait être rapide ne l’a pas été; ce qui devait plier ne s’est pas plié; ce qui devait s’épuiser s’est réinventé. La Russie, selon les estimations ukrainiennes, accumule un niveau de pertes de personnel et de matériel qui, quelle que soit la marge d’erreur, suggère une pression constante. L’Ukraine, elle, tient, mais paie aussi, même si ces bilans-ci ne comptent pas ses propres pertes. Le calendrier n’a pas de morale. Il a une mémoire.

Je déteste ce mot: routine. Il ne devrait jamais coller à une guerre. Et pourtant, il colle. La routine des bilans, la routine des analyses, la routine des discussions. Je m’oblige à ralentir, à ne pas avaler ces lignes trop vite. Parce que si je les avale trop vite, je deviens un lecteur automatique. Et moi, je veux rester un lecteur humain… même si ça fait mal, même si ça secoue.

Sources

Sources primaires et secondaires

Sources primaires: état-major général des forces armées ukrainiennes, synthèse des pertes de combat estimées au 16 décembre 2025 (totaux cumulés depuis le 24 février 2022, avec incréments quotidiens); ministère ukrainien de la Défense, infographies associées aux bilans de pertes (reprises par plusieurs médias le 16 décembre 2025).

Sources secondaires: Defense Express, “1392 Days of russia-Ukraine War – russian Casualties in Ukraine”, 16 décembre 2025; Interfax-Ukraine (édition anglaise), “Russia loses 1,150 soldiers, 1 submarine during day – General Staff”, 16 décembre 2025; Glavcom, “Втрати ворога станом на 16 грудня 2025 – Генштаб ЗСУ”, 16 décembre 2025; Minfin (index), “Втрати російської армії в Україні”, mise à jour du 16 décembre 2025; Reuters, “Ukraine says underwater drones hit submarine, but Moscow denies damage”, 15 décembre 2025; Financial Times, “Ukraine claims strike on Russian submarine with underwater drones”, 16 décembre 2025; RBC-Ukraine, “Russia’s losses in Ukraine as of December 16: +1,150 troops and submarine”, 16 décembre 2025; The Moscow Times, “Verified Russian Deaths in Ukraine War Surpass 150K – Independent Tally”, 29 novembre 2025; Mediazona (édition anglaise), “How many Russian soldiers died in the war with Ukraine”, 5 décembre 2025; Russia Matters, “Russia-Ukraine War Report Card”, 10 décembre 2025; AP News, analyse sur la posture russe et les négociations, 15 décembre 2025.


Je termine avec une gêne qui ne part pas. Parce que ces chiffres donnent l’impression d’un mur, et qu’un mur, on ne le traverse pas avec des mots. Mais je refuse l’autre option: le silence. Alors je laisse cette idée, simple et dure: un compteur n’est pas un spectacle. C’est un rappel. Et tant que ce rappel monte, jour après jour, personne n’a le droit de faire comme si le monde pouvait continuer “comme avant”.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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