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Zelensky fracasse le mythe : « Donbas sous contrôle russe ? Inacceptable »
Crédit: Adobe Stock

Le double jeu américain entre soutien et pression

Les pourparlers de Berlin révèlent une diplomatie américaine schizophrène qui tente de naviguer entre des logiques contradictoires. D’un côté, Washington offre des garanties de sécurité « de type Article 5 », un engagement sans précédent qui théoriquement devrait rassurer l’Ukraine sur sa protection future. De l’autre, la même administration pousse Kiev à accepter un sacrifice territorial immense qui équivaudrait à une capitulation déguisée. Les « progrès réels » dont parle le négociateur ukrainien Rustem Umerov concernent essentiellement les aspects sécuritaires et économiques du plan, mais laissent intacte la divergence fondamentale sur la souveraineté territoriale.

Cette approche américaine s’inscrit dans une stratégie plus large de rapidité qui motive la diplomatie Trump. Le président américain veut une fin rapide à la guerre, motivé par des considérations politiques internes et une certaine lassitude face à un conflit qui s’éternise. Mais cette précipitation entre en collision directe avec les priorités ukrainiennes. « Les Américains veulent une fin rapide. Pour nous, la qualité est importante dans cette vitesse », a expliqué Zelensky avec une subtilité qui résume tout le dilemme. La qualité d’un traité de paix ne se mesure pas à sa rapidité, mais à sa capacité à garantir durablement la sécurité et la souveraineté ukrainiennes. Et sur ce point, les positions restent irréconciliables.

Cette diplomatie américaine me laisse perplexe. Je comprends la lassitude face à cette guerre, je comprends le désir de voir s’arrêter la souffrance. Mais je ne peux comprendre comment on peut demander à un peuple de renoncer à une partie de son territoire au nom de la « rapidité ». C’est comme si on demandait à un blessé de se faire amputer sans anesthésie pour que le médecin puisse rentrer plus tôt à la maison. La logique de la convenance ne peut prévaloir sur la logique de la justice. Et je suis triste de voir que même les alliés les plus proches peuvent parfois devenir les sources des pressions les plus difficiles à supporter.

Le rôle ambigu de l’Allemagne terre d’accueil

L’Allemagne, en tant que pays hôte de ces négociations cruciales, joue un rôle complexe qui mérite attention. Le chancelier Friedrich Merz a salué les « propositions américaines pour des garanties de sécurité légales et matérielles », montrant un soutien enthousiaste à l’approche américaine. Berlin, qui a longtemps hésité sur son soutien à l’Ukraine, semble maintenant s’aligner derrière Washington dans cette poussée diplomatique. Pourtant, l’Allemagne porte une responsabilité historique particulière dans cette crise, non seulement en tant que puissance européenne majeure, mais aussi en tant que nation dont le passé l’oblige à une vigilance particulière face à l’agression.

L’accueil de ces négociations à Berlin crée une légitimité paradoxale aux discussions qui pourraient aboutir à la perte de territoires ukrainiens. L’Allemagne devient ainsi le théâtre où se joue potentiellement la dislocation d’une souveraineté européenne, ironiquement au nom de la paix. Le Forum économique germano-ukrainien qui se déroule en parallèle aux pourparlers ajoute à cette ambiguïté : on discute de reconstruction économique pendant qu’on négocie l’abandon de parties du territoire national. Cette dissociation entre les considérations économiques et les impératifs de souveraineté révèle une vision du monde où les intérêts matériels priment parfois sur les principes fondamentaux.

Le choix de Berlin comme lieu de ces négociations me trouble profondément. L’Allemagne, qui porte le poids de son histoire, devrait être la première à comprendre que la paix ne peut se construire sur l’injustice. Comment un pays qui a connu la division peut-il accepter que l’Ukraine soit amputée d’une partie de son territoire ? Je ne peux m’empêcher de penser aux leçons de l’Histoire : chaque fois qu’on a accepté de sacrifier un petit morceau de territoire pour apaiser un agresseur, cela n’a fait que renforcer sa soif de conquête. L’apaisement ne mène jamais à la paix, il ne fait que repousser la confrontation à un moment où elle sera encore plus coûteuse.

Sources

Sources primaires

Newsweek, Brendan Cole, « Zelensky rules out all territorial concessions: ‘Unacceptable' », 16 décembre 2025. Déclarations de Volodymyr Zelensky lors des négociations de Berlin, 15 décembre 2025. Rapport du négociateur ukrainien Rustem Umerov, Facebook, 15 décembre 2025.

Sources secondaires

Kyiv Independent, « ‘Any format of Donbas under Russian control is unacceptable’ — Ukraine hails ‘real progress’ but holds firm on territory after Berlin talks », 15 décembre 2025. Institute for the Study of War, « Russian Offensive Campaign Assessment », décembre 2025. The Guardian, rapport sur les négociations de Berlin, décembre 2025. Sondage KIIS sur l’opinion publique ukrainienne, décembre 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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