Un million de vies sacrifiées
Le chiffre total de 1 195 610 militaires russes hors de combat depuis février 2022 représente une catastrophe démographique sans précédent pour la Russie moderne. Pour mettre ce nombre en perspective, il faut comprendre qu’il dépasse largement les pertes soviétiques en Afghanistan entre 1979 et 1989, estimées à environ quinze mille morts. Il dépasse également les pertes russes lors des deux guerres de Tchétchénie combinées. Cette guerre en Ukraine est devenue le conflit le plus meurtrier pour la Russie depuis la Seconde Guerre mondiale. Et contrairement à cette dernière, où l’Union soviétique combattait pour sa survie face à l’invasion nazie, la guerre actuelle est une guerre de choix. Une guerre d’agression. Une guerre que Poutine a décidé de lancer pour des raisons géopolitiques et idéologiques. Les estimations indépendantes suggèrent que l’année 2024 a été particulièrement sanglante, avec au moins cent mille soldats russes tués selon l’analyse conjointe de Mediazona et Meduza. L’année 2025 s’annonce encore plus meurtrière. Les données partielles montrent déjà 19 590 décès confirmés pour 2025, et nous ne sommes qu’à la mi-décembre. Le rythme des pertes s’accélère au lieu de diminuer.
La composition des pertes révèle également des tendances inquiétantes. Au début de la guerre, les forces aéroportées et les troupes motorisées professionnelles ont subi les pertes les plus lourdes. Puis, à partir de l’été 2022, ce sont les volontaires qui ont porté le poids du carnage. À la fin de 2022 et au début de 2023, les prisonniers recrutés par le groupe Wagner ont été utilisés comme chair à canon dans les assauts sur Bakhmout. Des milliers de détenus ont été envoyés en première ligne avec la promesse d’une amnistie s’ils survivaient six mois. Beaucoup n’ont pas survécu une semaine. En mars 2023, les prisonniers sont devenus la catégorie la plus importante parmi les morts au combat. Après la capture de Bakhmout, le recrutement massif de prisonniers a diminué, mais le flux de volontaires s’est poursuivi. En septembre 2024, les volontaires sont redevenus la catégorie la plus importante parmi les tués. Cette évolution reflète l’épuisement progressif du réservoir de mobilisation russe et la dépendance croissante envers les recrues volontaires, attirées par des primes financières substantielles mais souvent mal préparées au combat. Le taux de mortalité parmi les officiers a également évolué. Au début du conflit, les officiers représentaient jusqu’à dix pour cent des pertes. En novembre 2024, ce chiffre était tombé entre deux et trois pour cent, reflétant à la fois l’évolution des tactiques de combat et le recrutement massif d’infanterie volontaire qui subit des taux de pertes bien supérieurs à ceux de leurs commandants.
Les généraux tombés et le prix du commandement
Parmi les 6 168 officiers russes dont la mort a été confirmée, douze généraux figurent sur la liste macabre. Trois lieutenants-généraux, sept majors-généraux et deux généraux à la retraite. Ces pertes au plus haut niveau du commandement militaire sont exceptionnelles dans un conflit moderne. Le lieutenant-général Oleg Tsokov, commandant adjoint du district militaire sud, a été tué en juillet 2023. En décembre 2024, le lieutenant-général Igor Kirillov, chef des troupes de protection nucléaire, biologique et chimique, a été tué par une bombe à Moscou. En avril 2025, le lieutenant-général Yaroslav Moskalik, officier supérieur de la direction opérationnelle principale de l’État-major général, a été tué par une voiture piégée dans une banlieue de Moscou. Ces assassinats ciblés démontrent la capacité des services de renseignement ukrainiens à frapper au cœur même de l’appareil militaire russe. Les deux commandants adjoints d’armée, le major-général Andrei Sukhovetsky de la 41e armée et le major-général Vladimir Frolov de la 8e armée, ont été tués dans les premières semaines de la guerre. En juin 2022, le major-général Roman Kutuzov a été tué lors d’une attaque contre une formation de troupes.
Le major-général Sergei Goryachev, chef d’état-major de la 35e armée combinée, a été tué en juin 2023 alors qu’il commandait les forces contre la contre-offensive ukrainienne dans la région de Zaporijjia. En novembre 2023, le major-général Vladimir Zavadsky, commandant adjoint du 14e corps d’armée, a été tué près du village de Krynky. En novembre 2024, le major-général Pavel Klimenko, commandant de la 5e brigade motorisée séparée, anciennement la brigade Oplot de la soi-disant République populaire de Donetsk, a été mortellement blessé par un drone FPV. En juillet 2025, une frappe sur le quartier général de la 155e brigade d’infanterie navale a tué au moins six officiers, dont le commandant adjoint en chef de la marine russe, Mikhail Gudkov. Les deux généraux à la retraite sur la liste sont Kanamat Botashev, un pilote qui avait été renvoyé pour avoir écrasé un avion de chasse et qui combattait pour Wagner lorsque son Su-25 a été abattu en mai 2022, et Andrei Golovatsky, un ancien général du ministère de l’Intérieur purgeant une peine de prison de huit ans et demi qui a été tué en juin 2024. Ces pertes de généraux ne sont pas seulement symboliques. Elles reflètent une réalité tactique : les commandants russes sont souvent obligés de se rapprocher du front pour tenter de coordonner des opérations de plus en plus chaotiques, s’exposant ainsi aux frappes ukrainiennes.
Un million de vies. Comment peut-on seulement concevoir un tel nombre? J’essaie d’imaginer. Mille personnes dans une salle. Puis mille salles. Puis mille fois ces mille salles. Et même alors, je n’arrive pas à saisir l’ampleur. Chacune de ces vies était unique. Chacune avait ses rêves, ses peurs, ses espoirs. Chacune laisse derrière elle un vide impossible à combler. Et pour quoi? Pour les fantasmes impériaux d’un homme qui ne verra jamais le champ de bataille. Pour une vision du monde figée dans le passé soviétique. Pour une gloire militaire qui n’existe que dans l’esprit dérangé de ceux qui envoient les autres mourir. Je pense aux mères russes qui ont perdu leurs fils. Aux épouses qui élèvent seules leurs enfants. Aux villages entiers vidés de leurs hommes. Cette guerre ne détruit pas seulement des vies. Elle détruit l’avenir même de la Russie.
Section 3 : les mensonges du Kremlin face à la réalité du terrain
Poutine et ses affirmations exagérées
Lors de sa conférence de presse annuelle du 19 décembre 2025, Vladimir Poutine a fait des déclarations sur les succès militaires russes qui contredisent non seulement les observations indépendantes, mais aussi les propres rapports des blogueurs militaires russes. Poutine a affirmé que les forces russes avaient pris la petite ville de Siversk dans l’oblast de Donetsk et Vovchansk dans l’oblast de Kharkiv. Il a également prétendu que les forces russes avaient saisi cinquante pour cent de Lyman dans l’oblast de Donetsk et de Hulyaipole dans l’oblast de Zaporijjia, ainsi que plus de la moitié de Kostyantynivka dans l’oblast de Donetsk. L’Institute for the Study of War, organisation de recherche américaine reconnue pour son analyse rigoureuse du conflit, n’a observé aucune preuve confirmant ces prétendues saisies ou avancées importantes. Les données géolocalisées montrent seulement une présence russe dans 7,3 pour cent de Hulyaipole et 2,9 pour cent de Lyman. Même les blogueurs militaires russes, généralement enclins à amplifier les succès de leur armée, ne soutiennent pas les affirmations de Poutine. Selon leurs propres estimations, les forces russes auraient saisi au maximum environ sept pour cent de Lyman et onze pour cent de Kostyantynivka.
L’observateur militaire ukrainien Kostyantyn Mashovets a rapporté le 18 décembre que les forces russes peinent actuellement à repousser complètement les forces ukrainiennes du sud de Vovchansk. Mashovets note que le commandement militaire russe doit allouer des forces destinées à poursuivre les opérations offensives au sud de la localité pour repousser les forces ukrainiennes qui contre-attaquent à l’intérieur de Vovchansk. Les affirmations de Poutine sont encore plus exagérées que celles faites les 17 et 18 décembre par le ministre russe de la Défense Andreï Belousov et le chef d’état-major général de l’armée russe, le général Valery Gerasimov. Belousov et Gerasimov avaient affirmé que les combats se poursuivaient à l’intérieur de Lyman et Hulyaipole, mais n’avaient fourni aucun chiffre sur la quantité de territoire que les forces russes auraient prétendument saisi dans ces localités. Cette escalade dans l’exagération révèle une stratégie délibérée du Kremlin : présenter la prise de petites localités, qui ont nécessité des mois de combats difficiles et des pertes importantes, comme la preuve de la facilité avec laquelle les forces russes prendront des centres de population beaucoup plus importants dans l’oblast de Donetsk. Poutine a présenté les avancées russes à Siversk et Lyman comme ouvrant la voie à la prise russe de Slovyansk et a déclaré qu’il n’avait « aucun doute » que les forces russes prendraient Kostyantynivka.
La débâcle de Kupyansk et le camouflage de la défaite
L’un des exemples les plus flagrants de la désinformation du Kremlin concerne la situation à Kupyansk. Poutine a tenté de dissimuler les récentes défaites russes dans cette ville, répétant les affirmations des responsables militaires russes selon lesquelles les forces russes auraient pris Kupyansk « il y a plusieurs semaines ». Poutine a prétendu que les forces russes n’avancent « pas encore » vers l’ouest depuis la ville parce qu’elles doivent d’abord éliminer le groupement ukrainien sur la rive est de la rivière Oskil dans la région et prendre Kupyansk-Vuzlovyi, au sud de Kupyansk sur la rive est. Cette explication est une tentative de détourner l’attention du fait que les contre-attaques ukrainiennes ont repoussé les forces russes et empêché toute avancée vers l’ouest. Poutine a tenté de discréditer les images de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky le 12 décembre dans la banlieue sud-ouest de Kupyansk, les qualifiant de fausses. Il a affirmé que les drones ukrainiens et russes dans la région rendent impossible l’approche de la ville. Pourtant, l’ISW a observé des preuves croissantes permettant d’évaluer que les forces ukrainiennes ont libéré une partie importante de Kupyansk.
Mashovets a déclaré le 19 décembre que les forces ukrainiennes avaient encerclé jusqu’à deux compagnies russes sous-effectif dans le centre et le sud de Kupyansk le long des deux rives de la rivière Oskil. Mashovets a évalué que le commandement du groupement de forces occidental russe devra probablement engager des forces et des moyens d’autres secteurs voisins dans la région de Kupyansk suite aux contre-attaques ukrainiennes réussies à l’intérieur et au nord de Kupyansk. Mashovets a également évalué que l’incapacité de la Russie à sécuriser Kupyansk a eu des effets sur d’autres secteurs voisins du front, la 6e armée combinée du district militaire de Leningrad étant étirée entre les directions de Vovchansk, Velykyi Burluk et Kupyansk. Poutine a cependant affirmé que les tentatives ukrainiennes de reprendre les positions perdues à Kupyansk ont échoué et ont entraîné de lourdes pertes. Il a prétendu que ces efforts infructueux devraient « encourager » l’Ukraine à mettre fin à la guerre pacifiquement, car l’Ukraine n’a « pratiquement » plus de forces à engager dans l’effort de Kupyansk. Ces déclarations font partie de l’effort de guerre cognitive du Kremlin visant à dépeindre les défenses ukrainiennes comme étant au bord de l’effondrement et une victoire russe comme inévitable. L’utilisation explicite par Poutine de Kupyansk, le secteur du front où les forces ukrainiennes ont eu le plus de succès récemment, comme exemple illustratif de la raison pour laquelle l’Ukraine devrait capituler est remarquable et démontre la mesure dans laquelle le Kremlin tente de dissimuler l’incapacité des forces russes à maintenir leurs positions dans une ville que le commandement militaire russe avait faussement affirmé avoir entièrement prise fin novembre 2025.
Les mensonges de Poutine me révoltent. Pas seulement parce qu’ils sont grossiers. Pas seulement parce qu’ils sont facilement démontables. Mais parce qu’ils trahissent un mépris absolu pour la vérité et pour les vies humaines. Poutine ment aux familles russes sur le sort de leurs fils. Il ment à son peuple sur l’état réel de la guerre. Il ment au monde entier sur ses intentions. Et pendant ce temps, les corps s’accumulent. Les cercueils rentrent en Russie par milliers. Les cimetières s’agrandissent. Mais lui continue de sourire devant les caméras, de raconter ses fables de victoires imaginaires, de promettre une gloire qui ne viendra jamais. Comment peut-on diriger un pays avec autant de cynisme? Comment peut-on regarder dans les yeux les mères qui ont perdu leurs enfants et leur mentir aussi effrontément? Ces questions me hantent.
Section 4 : l'économie russe sous pression malgré la propagande
Les chiffres officiels contre la réalité économique
Lors de sa conférence de presse, Poutine a continué à vanter la force et la résilience de l’économie russe, affirmant que le budget fédéral sera capable de continuer à répondre aux besoins de l’armée russe. Il a prétendu que l’inflation russe serait de 5,6 à 5,8 pour cent d’ici la fin de 2025, atteignant l’objectif du Kremlin de la réduire au moins à six pour cent. Poutine a également fait référence à la décision de la Banque centrale russe du 19 décembre de réduire le taux d’intérêt directeur de 0,5 pour cent à seize pour cent. Il a affirmé que les réserves internationales de la Banque centrale augmentent et valent actuellement 741,5 milliards de dollars. Poutine a félicité le gouvernement fédéral russe pour avoir équilibré le budget, tout en notant que le Kremlin avait dû augmenter la taxe sur la valeur ajoutée pour y parvenir. Poutine a également salué le faible taux de chômage de la Russie de 2,2 pour cent, qu’il a noté être encore plus bas que le précédent record historique de la Russie de 2,5 pour cent en 2024. Ces chiffres, présentés comme des preuves de la santé économique russe, cachent une réalité bien plus sombre.
Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a estimé en octobre 2025 que l’inflation réelle russe dépassait vingt pour cent. Le taux de chômage extrêmement bas de la Russie reflète le fait que le pays connaît des pénuries de main-d’œuvre et provoque probablement une inflation salariale dans les secteurs civil et de la défense, contribuant à l’inflation globale. La Russie a également probablement dû recourir à l’importation de main-d’œuvre d’États étrangers, notamment la Corée du Nord et la République populaire de Chine, pour compenser ces pénuries de main-d’œuvre. La Banque centrale russe a commencé à vendre ses réserves d’or physique fin novembre 2025 pour la première fois dans le cadre des opérations du ministère russe des Finances pour financer le budget de l’État. La Russie a régulièrement épuisé les réserves liquides de son fonds souverain pour financer sa guerre en Ukraine et a dû recourir à la vente de ses réserves d’or en raison de dépenses insoutenables. Les efforts du Kremlin pour promouvoir la prétendue force de l’économie russe font partie d’efforts plus larges visant à convaincre l’Occident et l’Ukraine que la Russie peut survivre plus longtemps que l’Ukraine sur le champ de bataille, de sorte que l’Ukraine devrait capituler maintenant aux demandes russes à la table des négociations.
Les sanctions occidentales et leurs effets réels
Les politiques économiques de la Russie démontrent cependant que l’économie russe n’est pas aussi résiliente face aux sanctions occidentales, aux contraintes monétaires et au coût de l’effort de guerre que Poutine l’a longtemps prétendu. L’augmentation de la TVA mentionnée par Poutine lui-même est un aveu indirect des difficultés budgétaires. Le gouvernement russe a été contraint d’augmenter les impôts pour maintenir les dépenses militaires massives nécessaires à la poursuite de la guerre. Cette augmentation fiscale pèse sur les ménages russes déjà confrontés à une inflation galopante. Le coût de la vie augmente rapidement, érodant le pouvoir d’achat de la population. Les produits importés sont devenus beaucoup plus chers en raison de la dépréciation du rouble et des sanctions occidentales. Les secteurs non liés à la défense de l’économie russe souffrent d’un manque d’investissement, car les ressources sont détournées vers l’effort de guerre. Les entreprises russes ont du mal à obtenir des pièces détachées et des technologies occidentales, ce qui entrave leur productivité et leur compétitivité.
La vente des réserves d’or de la Banque centrale est particulièrement révélatrice. L’or est traditionnellement considéré comme un actif de dernier recours, une réserve que les banques centrales ne touchent qu’en cas de nécessité absolue. Le fait que la Russie ait commencé à puiser dans ces réserves indique que les autres sources de financement s’épuisent. Le fonds souverain russe, le Fonds national de bien-être, a vu ses réserves liquides diminuer drastiquement depuis le début de la guerre. Les revenus pétroliers et gaziers, piliers traditionnels du budget russe, ont été affectés par les sanctions occidentales sur le pétrole russe et par la baisse des exportations vers l’Europe. La Russie a dû chercher de nouveaux marchés en Asie, souvent à des prix réduits. Le plafond de prix imposé par le G7 sur le pétrole russe a également limité les revenus du Kremlin. Les coûts de la guerre continuent d’augmenter. Les dépenses militaires représentent désormais une part énorme du budget fédéral, au détriment des investissements dans l’éducation, la santé et les infrastructures civiles. Cette militarisation de l’économie russe aura des conséquences à long terme sur le développement du pays, même après la fin de la guerre.
L’économie russe est un château de cartes. Poutine peut bien fanfaronner devant les caméras, vanter ses chiffres truqués, promettre la prospérité. La réalité est tout autre. La Russie saigne économiquement comme elle saigne humainement. Les sanctions mordent. Les réserves s’épuisent. L’inflation galope. Et pendant ce temps, le peuple russe paie le prix. Pas les oligarques. Pas les généraux. Pas Poutine dans son palais. Non, ce sont les familles ordinaires qui voient leurs économies fondre, leur pouvoir d’achat s’évaporer, leur avenir s’assombrir. Et pour quoi? Pour une guerre que personne ne voulait sauf un seul homme. Pour des ambitions impériales d’un autre âge. Pour un rêve de grandeur qui se transforme en cauchemar collectif.
Section 5 : les tactiques militaires russes et leur coût humain
Les assauts en vagues humaines
Les témoignages des soldats ukrainiens et les analyses militaires indépendantes révèlent que l’armée russe utilise de plus en plus une tactique brutale et archaïque : les assauts en vagues humaines. Cette méthode consiste à envoyer des groupes successifs de fantassins à l’assaut des positions ukrainiennes, souvent avec un minimum de soutien d’artillerie ou aérien. L’objectif n’est pas nécessairement de percer les défenses ukrainiennes lors du premier assaut, mais d’épuiser les défenseurs, de saturer leurs capacités de riposte et d’identifier les points faibles dans leurs lignes. Le coût humain de cette tactique est astronomique. Les premières vagues d’assaut subissent généralement des pertes catastrophiques, parfois quatre-vingt-dix pour cent ou plus. Mais le commandement russe considère ces pertes comme acceptables si elles permettent aux vagues suivantes de progresser. Un porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Pokrovsk a rapporté le 19 décembre que les forces russes subissent des pertes importantes en personnel et en équipement lors des attaques près et à l’intérieur de Pokrovsk, tout en tentant d’exploiter les conditions météorologiques brumeuses qui dégradent les opérations de drones ukrainiens.
Les soldats russes sont souvent envoyés au combat avec une formation minimale. Beaucoup n’ont reçu qu’un mois d’entraînement avant d’être déployés sur le front. Un mois pour apprendre les bases du maniement des armes, de la tactique de combat et de la survie sur le champ de bataille. C’est largement insuffisant pour préparer des hommes à l’intensité et à la complexité du combat moderne. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Lyman a rapporté le 19 décembre que la plupart des militaires russes ne reçoivent qu’un mois de formation avant d’être déployés sur la ligne de front. Cette formation inadéquate se traduit par des erreurs tactiques coûteuses, une mauvaise coordination entre les unités et une vulnérabilité accrue aux frappes ukrainiennes. Les prisonniers de guerre russes capturés par les forces ukrainiennes confirment souvent qu’ils n’étaient pas préparés à la réalité du combat. Certains déclarent n’avoir jamais tiré avec leur arme avant d’arriver sur le front. D’autres racontent qu’ils ont été envoyés au combat sans équipement de base comme des gilets pare-balles ou des casques. Un porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Pokrovsk a rapporté le 19 décembre que les forces ukrainiennes ont capturé plusieurs prisonniers de guerre russes qui n’avaient aucun équipement.
L’utilisation de motos et de véhicules non blindés
Face à la menace constante des drones ukrainiens, l’armée russe a adapté ses tactiques de manière surprenante. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Vovchansk a rapporté que les forces russes utilisent fréquemment des motos dans cette zone. Ces motos permettent aux soldats russes de se déplacer rapidement sur de courtes distances, rendant plus difficile leur ciblage par les drones. Cependant, cette tactique offre zéro protection contre les tirs d’armes légères ou les éclats d’obus. Les soldats sur motos sont extrêmement vulnérables et subissent des pertes élevées. Mais le commandement russe semble considérer que la vitesse de déplacement compense le manque de protection. Cette logique sacrifie délibérément des vies humaines pour un gain tactique marginal. Les forces russes utilisent également des véhicules civils non blindés pour le transport de troupes et de matériel. Des camionnettes, des voitures, même des bus ont été observés transportant des soldats vers le front. Ces véhicules n’offrent aucune protection contre les armes modernes et sont facilement détruits par les drones ou l’artillerie ukrainienne.
Le porte-parole de la brigade ukrainienne à Vovchansk a également noté que les forces russes utilisent principalement des militaires à pied pour effectuer la logistique, mais ont récemment introduit des véhicules terrestres sans pilote pour de telles missions. Ces véhicules autonomes permettent de réduire les pertes humaines dans les opérations logistiques, mais leur utilisation reste limitée. La majorité du ravitaillement des positions russes de première ligne se fait toujours par des soldats transportant des charges à pied, souvent de nuit pour éviter les drones ukrainiens. Cette méthode est lente, inefficace et expose les soldats à des risques constants. Les opérateurs de drones ukrainiens ciblent systématiquement ces convois de ravitaillement, infligeant des pertes régulières. Le porte-parole a ajouté que les opérateurs de drones à fibre optique ukrainiens interdisent les lignes de communication terrestres russes à travers la frontière internationale dans l’oblast de Belgorod. Ces drones à fibre optique sont particulièrement efficaces car ils ne peuvent pas être brouillés par les systèmes de guerre électronique russes. Ils permettent aux Ukrainiens de frapper avec précision les convois logistiques russes, perturbant l’approvisionnement des unités de première ligne.
Des motos. Des hommes envoyés au combat sur des motos. Sans protection. Sans espoir. Juste la vitesse et la prière que le drone ukrainien ne les repère pas. C’est à cela qu’est réduite l’armée russe en 2025. À envoyer ses soldats sur des deux-roues comme des kamikazes modernes. À sacrifier des vies par milliers pour gagner quelques mètres de terrain dévasté. Cette guerre a perdu toute rationalité. Elle n’est plus qu’une machine à broyer des êtres humains. Une machine qui tourne à plein régime, alimentée par l’orgueil démesuré d’un homme qui refuse d’admettre son échec. Combien de soldats russes devront encore mourir avant que quelqu’un à Moscou ait le courage de dire stop? Combien de familles devront encore pleurer leurs morts? Ces questions me torturent.
Section 6 : la guerre des drones et la technologie au service de la mort
L’évolution des drones ukrainiens
La guerre en Ukraine a révolutionné l’utilisation des drones sur le champ de bataille. Les forces ukrainiennes ont développé une expertise remarquable dans l’emploi de drones de toutes tailles et de tous types, des petits quadricoptères commerciaux modifiés aux drones kamikazes sophistiqués. Le 19 décembre, l’État-major ukrainien a rapporté la destruction de 346 drones russes en une seule journée. Ce chiffre témoigne de l’intensité de la guerre des drones qui se déroule quotidiennement au-dessus du champ de bataille. Les drones ukrainiens ont évolué de simples outils de reconnaissance à des armes offensives redoutables. Les drones à vue à la première personne, ou FPV, permettent aux opérateurs de piloter avec précision leur engin jusqu’à la cible. Ces drones peuvent transporter des charges explosives et frapper avec une précision chirurgicale des véhicules, des positions fortifiées ou même des soldats individuels. Une brigade ukrainienne a publié des images le 19 décembre montrant des opérateurs de drones ukrainiens frappant des positions russes à Hrodivka, à l’est de Pokrovsk, indiquant que les forces ukrainiennes ont étendu la « zone de destruction » à plus de vingt et un kilomètres de la ligne de front.
Les drones à fibre optique représentent une avancée technologique majeure. Contrairement aux drones contrôlés par radio, qui peuvent être brouillés par les systèmes de guerre électronique, les drones à fibre optique maintiennent une connexion physique avec leur opérateur via un câble de fibre optique qui se déroule pendant le vol. Cette connexion filaire les rend pratiquement impossibles à brouiller et permet une transmission vidéo de haute qualité sans latence. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Vovchansk a spécifiquement mentionné que les opérateurs de drones à fibre optique ukrainiens interdisent les lignes de communication terrestres russes à travers la frontière internationale dans l’oblast de Belgorod. Ces drones permettent aux Ukrainiens de frapper en profondeur derrière les lignes russes, ciblant les convois logistiques, les dépôts de munitions et les postes de commandement. Les forces russes ont tenté de développer leurs propres drones à fibre optique, mais avec un succès limité jusqu’à présent. Les images publiées par les médias russes montrent des opérateurs de drones à fibre optique de diverses unités russes, mais leur utilisation semble moins répandue et moins efficace que celle des Ukrainiens.
La campagne de frappes à longue distance
Les forces ukrainiennes ont également intensifié leur campagne de frappes à longue distance contre les infrastructures russes. Dans la nuit du 18 au 19 décembre, des sources au sein du Service de sécurité ukrainien ont publié des images de frappe et ont déclaré à plusieurs médias ukrainiens que des drones ukrainiens à longue portée avaient frappé la turbine à gaz d’une plateforme pétrolière de Lukoil dans le champ de Rakushechnoye en mer Caspienne. C’est la troisième installation de ce type en mer Caspienne que les forces ukrainiennes ont récemment frappée. Ces frappes démontrent la capacité croissante de l’Ukraine à projeter sa puissance de feu loin à l’intérieur du territoire russe. La mer Caspienne se trouve à plus de mille kilomètres de la frontière ukrainienne, ce qui signifie que les drones ukrainiens peuvent désormais atteindre des cibles dans toute la partie européenne de la Russie et au-delà. Des images géolocalisées publiées le 19 décembre montrent un incendie après une frappe de drone ukrainien signalée sur la centrale thermique d’Oryol dans la ville d’Oryol, dans l’oblast d’Oryol. Le gouverneur de l’oblast d’Oryol, Andrey Klychkov, a confirmé la frappe le 18 décembre et a affirmé qu’elle avait causé des coupures de courant dans le district de Sovetsky de la ville d’Oryol.
Des images géolocalisées publiées le 19 décembre indiquent que les forces ukrainiennes ont probablement frappé l’usine TogliattiAzot à Tolyatti, dans l’oblast de Samara, pendant la nuit. Le média ukrainien Militarnyi a rapporté le 19 décembre que TogliattiAzot est l’une des plus grandes usines chimiques de Russie avec une capacité de production annuelle de trois millions de tonnes d’ammoniac. Ces frappes contre des infrastructures industrielles et énergétiques visent à perturber l’économie de guerre russe et à réduire la capacité de la Russie à soutenir son effort militaire. Chaque centrale électrique détruite réduit la production industrielle. Chaque raffinerie endommagée limite la disponibilité de carburant pour les véhicules militaires. Chaque usine chimique mise hors service affecte la production de munitions et d’explosifs. Les forces ukrainiennes poursuivent également leur campagne de frappes contre la flotte fantôme russe. Des sources au sein du SBU ont déclaré à plusieurs médias ukrainiens le 19 décembre que le SBU avait frappé le QENDIL, un pétrolier de la flotte fantôme russe, avec des drones aériens non spécifiés dans les eaux neutres de la mer Méditerranée. Les sources ont noté que le navire ne transportait pas de cargaison au moment de la frappe, mais que celle-ci a gravement endommagé le navire, l’empêchant d’accomplir ses tâches prévues.
Les drones ont changé la nature même de cette guerre. Ce ne sont plus seulement des soldats qui s’affrontent sur un champ de bataille. Ce sont des opérateurs assis devant des écrans, pilotant des machines mortelles à des kilomètres de distance. Cette distanciation rend-elle la mort plus acceptable? Plus facile à infliger? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que chaque drone qui frappe sa cible met fin à une vie. Ou à plusieurs. Et que derrière chaque frappe réussie célébrée dans les médias, il y a des corps déchiquetés, du sang versé, des souffrances indicibles. La technologie a rendu la guerre plus précise, mais pas moins horrible. Peut-être même plus horrible, parce qu’elle crée l’illusion d’une guerre propre, chirurgicale, contrôlée. Mais il n’y a rien de propre dans la mort. Rien de chirurgical dans la destruction. Rien de contrôlé dans le chaos de la guerre.
Section 7 : les contre-offensives ukrainiennes et les succès tactiques
La libération partielle de Kupyansk
Malgré la pression constante des forces russes sur de nombreux secteurs du front, les forces ukrainiennes ont réussi à lancer des contre-offensives locales qui ont permis de reprendre du terrain et de repousser les Russes. Le cas le plus notable est celui de Kupyansk, une ville stratégique dans l’oblast de Kharkiv. Fin novembre 2025, le commandement militaire russe avait faussement affirmé que les forces russes avaient entièrement pris Kupyansk. Cette annonce prématurée s’est révélée être une erreur majeure. Les forces ukrainiennes ont lancé une série de contre-attaques qui ont non seulement stoppé l’avancée russe, mais ont également permis de reprendre une partie significative de la ville. L’observateur militaire ukrainien Kostyantyn Mashovets a rapporté le 19 décembre que les forces ukrainiennes avaient encerclé jusqu’à deux compagnies russes sous-effectif dans le centre et le sud de Kupyansk le long des deux rives de la rivière Oskil. Cette situation tactique est désastreuse pour les Russes. Les unités encerclées sont coupées de leurs lignes de ravitaillement et risquent d’être détruites ou capturées. Le commandement russe devra probablement engager des forces et des moyens d’autres secteurs voisins dans la région de Kupyansk pour tenter de secourir ces unités encerclées.
Mashovets a également évalué que l’incapacité de la Russie à sécuriser Kupyansk a eu des effets sur d’autres secteurs voisins du front. La 6e armée combinée du district militaire de Leningrad est étirée entre les directions de Vovchansk, Velykyi Burluk et Kupyansk. Cette dispersion des forces réduit l’efficacité russe sur chacun de ces axes et crée des opportunités pour les contre-attaques ukrainiennes. Un commandant ukrainien opérant dans la direction de Kupyansk a rapporté le 18 décembre que la culture russe des faux rapports d’avancées aux supérieurs a influencé la prise de décision du commandement militaire russe dans cette direction pendant que les forces ukrainiennes contre-attaquaient. Ce problème systémique de l’armée russe, où les officiers subalternes exagèrent ou inventent des succès pour plaire à leurs supérieurs, a conduit le commandement à croire que Kupyansk était sécurisée alors qu’en réalité, les forces russes y maintenaient à peine une présence contestée. Cette erreur d’appréciation a permis aux Ukrainiens de prendre l’initiative et de lancer leurs contre-attaques avec succès. Mashovets a rapporté que les forces ukrainiennes ont gagné le contrôle par le feu de la route Kupyansk-Holubivka au nord de Kupyansk, une ligne de communication terrestre russe importante. Ce contrôle permet aux Ukrainiens d’interdire le ravitaillement des positions russes dans la région, aggravant encore la situation des unités russes encerclées.
Les succès dans d’autres secteurs
Les contre-attaques ukrainiennes ne se limitent pas à Kupyansk. Dans la direction de Borova, des images géolocalisées publiées le 18 décembre montrent des forces ukrainiennes opérant à l’est de Kolisnykivka, au nord de Borova, dans une zone où les sources russes avaient précédemment affirmé que les forces russes maintenaient une présence. Cette rectification de la ligne de front démontre que les affirmations russes sur leurs gains territoriaux sont souvent prématurées ou exagérées. Les forces ukrainiennes maintiennent également leurs positions dans plusieurs localités que le ministère russe de la Défense avait affirmé avoir prises. Le porte-parole d’une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Lyman a rapporté le 19 décembre que les forces ukrainiennes contrôlent Stavky au nord de Lyman et Novoselivka au nord-ouest de Lyman, des localités que le ministère russe de la Défense avait affirmé que les forces russes avaient prises au 21 novembre. Une brigade ukrainienne opérant dans la direction de Siversk a rapporté le 19 décembre que les affirmations de la prise russe de Serebryanka et Dronivka sont fausses et que les forces ukrainiennes maintiennent des positions dans ces localités. Ces exemples illustrent le fossé entre la propagande russe et la réalité sur le terrain.
Dans la direction d’Oleksandrivka, une brigade ukrainienne a publié des images le 19 décembre montrant les forces ukrainiennes repoussant un assaut mécanisé russe d’au moins la taille d’un peloton renforcé dans l’oblast de Dnipropetrovsk. La brigade a rapporté que les forces ukrainiennes ont détruit un char russe T-72, un véhicule de combat blindé MT-LB, un véhicule de combat d’infanterie BMP et deux camions, et ont tué trente-cinq militaires lors de cet assaut. Ces succès tactiques, bien que limités en portée géographique, ont une importance stratégique significative. Ils démontrent que les forces ukrainiennes conservent leur capacité offensive malgré la pression russe constante. Ils forcent le commandement russe à disperser ses forces pour défendre des positions qu’il croyait sécurisées. Ils maintiennent l’initiative tactique dans certains secteurs, empêchant les Russes de concentrer toutes leurs forces sur leurs axes d’attaque principaux. Et surtout, ils ont un impact psychologique important, tant sur le moral des troupes ukrainiennes que sur celui des soldats russes qui réalisent que leurs « victoires » annoncées par leur commandement sont souvent illusoires.
Kupyansk. Un nom qui résonne maintenant comme un symbole de résistance. Les Ukrainiens ont refusé d’accepter la défaite. Ils ont contre-attaqué. Ils ont repris du terrain. Ils ont encerclé leurs ennemis. Cette détermination me bouleverse. Face à un adversaire qui les surpasse en nombre et en armement, ils continuent de se battre. Ils continuent de croire en leur victoire. Ils continuent de défendre leur terre. Cette guerre n’est pas seulement un conflit militaire. C’est un affrontement entre deux visions du monde. D’un côté, l’impérialisme brutal qui croit que la force fait le droit. De l’autre, un peuple qui refuse de se soumettre, qui préfère mourir debout que vivre à genoux. Et dans cette lutte inégale, ce sont les Ukrainiens qui montrent au monde ce que signifie vraiment le courage.
Section 8 : les objectifs de guerre de Poutine et les négociations impossibles
Les exigences maximalistes du Kremlin
Lors de sa conférence de presse du 19 décembre, Vladimir Poutine a réaffirmé son engagement à atteindre ses objectifs de guerre complets en Ukraine. Il a déclaré que la Russie est prête et disposée à mettre fin à la guerre sur la base des principes qu’il a exposés lors de son discours de juin 2024 au ministère russe des Affaires étrangères. Dans ce discours, Poutine avait établi ses conditions pour accepter un cessez-le-feu et seulement ensuite commencer des négociations : le retrait complet de l’Ukraine de tous les oblasts de Louhansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson, et l’abandon par l’Ukraine de ses aspirations à l’adhésion à l’OTAN. Poutine avait également déclaré dans ce discours de 2024 que la position « fondamentale » de la Russie appelle au statut neutre de l’Ukraine, à sa démilitarisation et à sa « dénazification ». La démilitarisation signifie dans le langage du Kremlin l’imposition de limites à l’armée ukrainienne telles que l’Ukraine ne puisse pas se défendre. La « dénazification » signifie le remplacement du gouvernement ukrainien actuel par un gouvernement fantoche pro-russe. Poutine avait également exigé que la communauté internationale inscrive sa reconnaissance de l’annexion russe des quatre oblasts et de la Crimée dans des accords internationaux et que l’Occident lève toutes les sanctions contre la Russie.
Ces exigences sont totalement incompatibles avec toute forme de paix durable. Elles équivalent à une capitulation totale de l’Ukraine et à l’abandon de sa souveraineté. Beaucoup des demandes de Poutine de juin 2024, qu’il a réitérées le 19 décembre, contredisent directement le plan de paix en vingt-huit points proposé par les États-Unis et ses itérations ultérieures. Le plan en vingt-huit points, par exemple, appelait à geler la guerre le long des lignes de front actuelles dans les oblasts de Zaporijjia et Kherson et à ce que les États-Unis reconnaissent les oblasts de Louhansk et Donetsk et la Crimée comme territoire russe de facto plutôt que de jure. Ce plan n’exigeait pas que d’autres États, y compris l’Ukraine, reconnaissent les régions occupées comme territoire russe de jure. Les déclarations de Poutine continuent de montrer clairement qu’il ne sera pas satisfait d’un accord de paix conforme aux propositions basées sur le plan en vingt-huit points actuellement en discussion. Poutine peut faire des compromis temporaires, comme il a affirmé l’avoir fait lors de son discours Direct Line lors du sommet américano-russe d’Alaska d’août 2025, mais son engagement inébranlable envers ses objectifs de guerre originaux et maximalistes montre qu’il ne sera pas satisfait d’un tel accord et continuera à poursuivre ses objectifs complets même après avoir signé un accord.
L’impasse diplomatique
Tout accord de paix doit donc garantir une Ukraine forte avec des garanties de sécurité robustes afin d’établir une paix durable et durable et d’empêcher une nouvelle agression russe. Le Kremlin a cependant rejeté publiquement et explicitement de telles garanties de sécurité à plusieurs reprises. Les responsables russes ont déclaré à maintes reprises que la Russie ne tolérera aucune présence militaire occidentale en Ukraine, aucune fourniture d’armes occidentales à l’Ukraine et aucune garantie de sécurité qui permettrait à l’Ukraine de se défendre efficacement contre une future agression russe. Cette position rend toute négociation significative pratiquement impossible. Comment peut-on négocier avec un adversaire qui exige votre désarmement complet et votre soumission totale? Comment peut-on faire confiance à un régime qui a violé tous les accords précédents, du Mémorandum de Budapest de 1994 aux accords de Minsk de 2014 et 2015? L’histoire récente démontre que les promesses russes ne valent rien. Poutine a affirmé à plusieurs reprises qu’il n’avait pas l’intention d’envahir l’Ukraine, jusqu’au jour où il l’a fait. Il a promis de respecter la souveraineté ukrainienne, puis a annexé la Crimée. Il a signé les accords de Minsk, puis les a systématiquement violés.
Les efforts du Kremlin pour dépeindre les défenses ukrainiennes comme étant au bord de l’effondrement et une victoire russe comme inévitable font partie d’une campagne de guerre cognitive visant à pousser l’Ukraine et l’Occident à capituler aux demandes russes maintenant par peur de nouvelles opérations offensives russes. Cette campagne utilise tous les outils de la propagande moderne : exagération des succès militaires russes, minimisation des pertes russes, amplification des difficultés ukrainiennes, diffusion de fausses informations sur l’état de l’armée ukrainienne. L’objectif est de créer un sentiment de fatalité, l’impression que la résistance ukrainienne est vouée à l’échec et que la seule option rationnelle est d’accepter les termes russes. Mais cette campagne se heurte à la réalité du terrain. Les forces ukrainiennes continuent de se battre efficacement. Elles lancent des contre-offensives réussies. Elles infligent des pertes massives aux Russes. Elles maintiennent leur cohésion et leur moral malgré trois ans de guerre intense. L’utilisation explicite par Poutine de Kupyansk, le secteur du front où les forces ukrainiennes ont eu le plus de succès récemment, comme exemple illustratif de la raison pour laquelle l’Ukraine devrait capituler est remarquable et démontre la mesure dans laquelle le Kremlin tente de dissimuler l’incapacité des forces russes à maintenir leurs positions.
Négocier avec Poutine, c’est négocier avec le diable. Il ment. Il triche. Il viole tous les accords. Et puis il exige qu’on lui fasse confiance. Comment peut-on construire la paix sur de telles bases? Comment peut-on demander à l’Ukraine de désarmer face à un adversaire qui a déjà démontré sa volonté d’utiliser la force pour imposer sa volonté? Ces questions n’ont pas de réponses faciles. Mais une chose est claire : toute paix qui laisserait l’Ukraine vulnérable à une nouvelle agression russe ne serait pas une paix. Ce serait juste une pause avant la prochaine guerre. Et la prochaine fois, Poutine irait encore plus loin. Parce que c’est sa nature. Parce que c’est sa vision du monde. Un monde où la Russie domine, où les petites nations se soumettent, où la force prime sur le droit.
Section 9 : le soutien international à l'Ukraine
L’aide financière européenne
Malgré la fatigue de la guerre et les pressions économiques, les alliés européens de l’Ukraine continuent de fournir un soutien financier crucial. Le 18 décembre 2025, l’Union européenne a accepté de fournir à l’Ukraine un prêt sans intérêt de quatre-vingt-dix milliards d’euros, soit environ cent cinq milliards de dollars, sur la période 2026-2027. Cette somme massive représente un engagement significatif de l’Europe envers la défense de l’Ukraine. Le président du Conseil européen, António Costa, a déclaré que l’Ukraine ne rembourserait le prêt que si la Russie payait des réparations à l’Ukraine pour la guerre. Cette condition transforme effectivement le prêt en une forme de soutien budgétaire direct, car il est peu probable que la Russie accepte volontairement de payer des réparations. Le prêt n’utilise pas les avoirs russes gelés mais est garanti par le budget de l’UE. Cette structure financière évite les complications juridiques liées à la saisie directe des avoirs russes, tout en fournissant à l’Ukraine les ressources dont elle a besoin pour continuer à se défendre. L’UE n’a pas encore pris de décision sur la saisie potentielle des avoirs russes gelés, une question qui reste controversée parmi les États membres.
Ce soutien financier européen est essentiel pour la survie de l’Ukraine. Il permet au gouvernement ukrainien de maintenir les services publics essentiels, de payer les salaires des fonctionnaires et des militaires, de financer la reconstruction des infrastructures détruites et de soutenir l’économie civile. Sans cette aide, l’Ukraine aurait du mal à maintenir son effort de guerre tout en préservant un semblant de normalité pour sa population civile. L’engagement européen envers l’Ukraine contraste fortement avec l’incertitude concernant le soutien américain. L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis en novembre 2024 a créé des inquiétudes quant à la continuité de l’aide américaine à l’Ukraine. Trump a fait campagne sur une promesse de mettre fin rapidement à la guerre, ce qui a soulevé des craintes qu’il puisse faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle accepte un accord défavorable. Les Européens ont réagi en renforçant leur propre engagement, reconnaissant que la sécurité de l’Europe dépend de la capacité de l’Ukraine à résister à l’agression russe. Si l’Ukraine tombait, les États baltes, la Pologne et d’autres pays d’Europe de l’Est seraient directement menacés par une Russie enhardi.
Les défis du soutien à long terme
Malgré ces engagements financiers importants, le soutien international à l’Ukraine fait face à des défis significatifs. La fatigue de la guerre se fait sentir dans les opinions publiques occidentales. Après presque quatre ans de conflit, certains segments de la population dans les pays occidentaux commencent à remettre en question le coût et la durée du soutien à l’Ukraine. Les gouvernements doivent équilibrer leur aide à l’Ukraine avec d’autres priorités nationales, notamment les préoccupations économiques internes et les défis de sécurité dans d’autres régions. Les pressions inflationnistes et les contraintes budgétaires dans de nombreux pays occidentaux compliquent la fourniture d’une aide continue à grande échelle. Les divisions politiques internes dans certains pays, notamment aux États-Unis, créent de l’incertitude quant à la fiabilité du soutien à long terme. Les partis politiques d’extrême droite et d’extrême gauche dans plusieurs pays européens s’opposent au soutien à l’Ukraine, soit par sympathie pour la Russie, soit par isolationnisme. Ces forces politiques gagnent du terrain dans certains pays, menaçant le consensus pro-ukrainien qui a prévalu jusqu’à présent.
La Russie exploite activement ces divisions, utilisant la désinformation et l’influence politique pour saper le soutien occidental à l’Ukraine. Les campagnes de désinformation russes ciblent les opinions publiques occidentales, amplifiant les voix qui s’opposent à l’aide à l’Ukraine et minimisant les atrocités russes. Les agents d’influence russes travaillent à travers les réseaux sociaux, les médias alternatifs et même certains partis politiques pour promouvoir des narratifs favorables au Kremlin. L’objectif est de créer une lassitude de la guerre en Occident, de faire croire que le conflit est dans une impasse et que la seule solution est de forcer l’Ukraine à accepter les termes russes. Malgré ces défis, le soutien international à l’Ukraine reste globalement solide. Les gouvernements occidentaux reconnaissent que l’enjeu de cette guerre dépasse largement l’Ukraine. Il s’agit de défendre l’ordre international basé sur des règles, de dissuader l’agression et de protéger la souveraineté des nations. Si la Russie réussissait à conquérir l’Ukraine par la force, cela enverrait un message dangereux aux autres puissances révisionnistes dans le monde. La Chine pourrait être encouragée à agir contre Taïwan. D’autres conflits territoriaux pourraient s’enflammer. L’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale serait gravement compromis.
Quatre-vingt-dix milliards d’euros. Une somme colossale. Mais que vaut l’argent face à la liberté? Que vaut le confort économique face à la survie d’une nation? Les Européens ont compris que cette guerre n’est pas seulement l’affaire de l’Ukraine. C’est leur guerre aussi. Parce que si l’Ukraine tombe, ils seront les prochains. Poutine ne s’arrêtera pas aux frontières ukrainiennes. Il continuera. Vers les Baltes. Vers la Pologne. Vers tous ceux qu’il considère comme faisant partie de sa sphère d’influence légitime. L’histoire nous a appris que l’apaisement ne fonctionne pas face aux dictateurs. Munich 1938. Nous connaissons la suite. Alors oui, quatre-vingt-dix milliards d’euros, c’est beaucoup. Mais c’est le prix de la liberté. Le prix de la sécurité. Le prix d’un monde où les nations ne peuvent pas simplement envahir leurs voisins impunément.
Section 10 : les conséquences humanitaires et sociales
Le traumatisme collectif russe
Au-delà des statistiques militaires et des analyses géopolitiques, cette guerre inflige un traumatisme profond et durable à la société russe. Plus d’un million de familles russes ont perdu un fils, un père, un frère ou un mari. Des villages entiers dans les régions pauvres de Russie ont été vidés de leurs jeunes hommes, recrutés par des primes financières alléchantes mais envoyés à une mort presque certaine. Les femmes russes portent le fardeau de cette guerre de manière disproportionnée. Elles élèvent seules leurs enfants. Elles travaillent pour subvenir aux besoins de leurs familles sans le soutien de leurs maris. Elles pleurent leurs morts dans le silence, car exprimer publiquement son chagrin ou critiquer la guerre peut entraîner des représailles de l’État. Le gouvernement russe a criminalisé toute forme de dissidence contre la « opération militaire spéciale », comme il appelle euphémiquement cette guerre. Des milliers de Russes ont été arrêtés, condamnés à des amendes ou emprisonnés simplement pour avoir exprimé leur opposition à la guerre ou pour avoir partagé des informations sur les pertes militaires russes. Cette répression crée une atmosphère de peur et de silence qui empêche la société russe de faire face collectivement au traumatisme qu’elle subit.
Les soldats russes qui survivent et rentrent chez eux portent leurs propres cicatrices, physiques et psychologiques. Beaucoup souffrent de troubles de stress post-traumatique, de dépression, d’anxiété. Ils ont vu des choses qu’aucun être humain ne devrait voir. Ils ont fait des choses qu’ils ne pourront jamais oublier. Et ils rentrent dans une société qui ne veut pas entendre leurs histoires, qui préfère maintenir l’illusion de la victoire glorieuse plutôt que de confronter la réalité brutale de la guerre. Les services de santé mentale en Russie sont largement inadéquats pour faire face à l’afflux de vétérans traumatisés. Le gouvernement russe ne reconnaît même pas officiellement l’ampleur du problème, car cela nécessiterait d’admettre le coût humain réel de la guerre. Les vétérans sont laissés à eux-mêmes, souvent sans soutien médical ou psychologique approprié. Certains se tournent vers l’alcool ou les drogues pour engourdir leur douleur. D’autres deviennent violents, incapables de réintégrer la vie civile après des mois ou des années passés dans la brutalité du combat. Les taux de violence domestique, de criminalité et de suicide parmi les vétérans russes augmentent, mais ces problèmes restent largement cachés par le gouvernement.
L’impact démographique à long terme
Les conséquences démographiques de cette guerre seront ressenties en Russie pendant des générations. La perte de plus d’un million d’hommes en âge de procréer aura un impact dévastateur sur la natalité future. La Russie souffrait déjà d’une crise démographique avant la guerre, avec une population vieillissante et un taux de natalité en déclin. Cette guerre a aggravé dramatiquement ces tendances. Les régions les plus pauvres de Russie, qui ont fourni une part disproportionnée des recrues militaires, seront particulièrement touchées. Ces régions perdent non seulement leurs jeunes hommes, mais aussi leur potentiel économique futur. Moins d’hommes signifie moins de travailleurs, moins de contribuables, moins de consommateurs. Les villages et les petites villes qui étaient déjà en déclin avant la guerre risquent maintenant de disparaître complètement. Les femmes dans ces régions auront du mal à trouver des partenaires, ce qui réduira encore davantage les taux de natalité. L’écart entre les sexes dans la population russe, déjà significatif, s’élargira encore, créant des déséquilibres sociaux et économiques durables.
La fuite des cerveaux constitue un autre aspect de la crise démographique russe. Des centaines de milliers de Russes éduqués et qualifiés ont quitté le pays depuis le début de la guerre, fuyant la mobilisation, la répression politique ou simplement l’absence de perspectives d’avenir. Ces émigrés représentent le capital humain le plus précieux de la Russie : ingénieurs, programmeurs, médecins, scientifiques, entrepreneurs. Leur départ affaiblit encore davantage l’économie russe et réduit le potentiel d’innovation et de développement du pays. Beaucoup de ces émigrés ne reviendront jamais, ayant reconstruit leur vie ailleurs. Leurs enfants grandiront dans d’autres pays, parlant d’autres langues, s’identifiant à d’autres cultures. La Russie perd ainsi non seulement une génération actuelle, mais aussi des générations futures. Les conséquences de cette guerre se feront sentir en Russie pendant des décennies, peut-être même des siècles. Le pays émergera de ce conflit affaibli démographiquement, économiquement et moralement. La question est de savoir si la société russe sera capable de se confronter honnêtement à ce qui s’est passé et de tirer les leçons nécessaires pour éviter de répéter les mêmes erreurs à l’avenir.
Je pense aux mères russes. À celles qui ont perdu leurs fils dans cette guerre absurde. À celles qui attendent encore, espérant contre tout espoir que leur enfant reviendra. À celles qui savent déjà mais qui n’ont pas encore reçu la confirmation officielle. Leur douleur est la même que celle des mères ukrainiennes. La guerre ne fait pas de distinction. Elle dévore les fils des deux côtés. Elle brise les cœurs sans discrimination. Ces mères russes sont aussi victimes de Poutine que les Ukrainiens qu’il bombarde. Elles n’ont pas choisi cette guerre. Elles n’en voulaient pas. Mais leurs fils sont morts quand même. Et maintenant, elles doivent vivre avec ce vide impossible à combler. Avec cette absence qui ne guérira jamais. Avec cette rage qu’elles ne peuvent pas exprimer. Mon cœur saigne pour elles. Pour toutes les mères qui pleurent leurs enfants morts dans des guerres qu’elles n’ont pas voulues.
Section 11 : les perspectives d'avenir et les scénarios possibles
La guerre d’usure et ses limites
L’Institute for the Study of War évalue qu’il faudra aux forces russes deux ans ou plus pour s’emparer du reste de l’oblast de Donetsk au rythme actuel d’avancement et de pertes. Cette évaluation est basée sur une analyse rigoureuse des gains territoriaux russes au cours des derniers mois et des pertes qu’ils ont subies pour réaliser ces gains. Les villes de Slovyansk et Kramatorsk, qui constituent la partie nord de la « ceinture de forteresses » de l’Ukraine dans l’oblast de Donetsk, sont beaucoup plus grandes en termes de superficie et de densité que n’importe quelle localité que les forces russes ont prise depuis 2022. Slovyansk avait une population d’avant-guerre d’environ cent cinq mille habitants, et Kramatorsk environ cent quarante-sept mille. Les forces ukrainiennes fortifient ces villes depuis 2014, créant des défenses en profondeur qui seront extrêmement difficiles à percer. La prise de ces villes nécessiterait des ressources militaires massives et entraînerait des pertes catastrophiques pour les forces russes. Même si la Russie parvenait à prendre ces villes, le coût en vies humaines et en matériel serait tel qu’il remettrait en question la viabilité de la poursuite de la guerre.
La stratégie russe actuelle repose sur l’hypothèse que la Russie peut soutenir ce rythme de pertes plus longtemps que l’Ukraine ne peut résister. C’est une guerre d’usure, où chaque camp tente d’épuiser les ressources de l’autre jusqu’à ce que l’un d’eux s’effondre. Mais cette stratégie a ses limites. La Russie ne peut pas continuer indéfiniment à perdre mille soldats par jour. Même avec une population beaucoup plus grande que l’Ukraine, les réserves de main-d’œuvre de la Russie ne sont pas infinies. Le recrutement devient de plus en plus difficile. Les primes offertes aux volontaires ont dû être augmentées à plusieurs reprises pour attirer suffisamment de recrues. Les régions les plus pauvres, qui ont fourni la majorité des soldats jusqu’à présent, commencent à manquer d’hommes en âge de combattre. Le gouvernement russe hésite à ordonner une nouvelle mobilisation générale, craignant les réactions politiques que cela pourrait provoquer. La mobilisation partielle de septembre 2022 avait déjà provoqué des protestations et une fuite massive de Russes vers l’étranger. Une mobilisation totale pourrait déclencher une crise politique majeure que le régime de Poutine pourrait avoir du mal à contrôler.
Les scénarios de fin de guerre
Plusieurs scénarios sont possibles pour la fin de cette guerre. Le premier est une victoire militaire ukrainienne, où les forces ukrainiennes parviendraient à repousser complètement les Russes de leur territoire, y compris la Crimée et le Donbass. Ce scénario nécessiterait un soutien occidental massif et soutenu, ainsi qu’un effondrement de la capacité militaire russe. Bien que souhaitable du point de vue ukrainien, ce scénario semble peu probable à court terme étant donné les ressources militaires russes et la détermination de Poutine à poursuivre la guerre. Le deuxième scénario est un gel du conflit le long des lignes de front actuelles, similaire à la situation qui prévalait entre 2014 et 2022. Ce scénario pourrait résulter de négociations internationales ou simplement d’un épuisement mutuel des deux camps. Cependant, un simple gel du conflit sans garanties de sécurité robustes pour l’Ukraine ne ferait que reporter le problème. La Russie utiliserait cette pause pour reconstituer ses forces et se préparer à une nouvelle offensive. L’Ukraine resterait dans un état de guerre permanente, incapable de reconstruire pleinement ou de se développer économiquement.
Le troisième scénario est un accord de paix négocié qui inclurait des garanties de sécurité significatives pour l’Ukraine, potentiellement sous la forme d’une adhésion à l’OTAN ou d’un traité de défense mutuelle avec les principales puissances occidentales. Ce scénario nécessiterait que la Russie accepte de renoncer à ses objectifs maximalistes, ce qui semble peu probable tant que Poutine reste au pouvoir. Le quatrième scénario, le plus sombre, est une escalade du conflit vers une guerre plus large impliquant directement l’OTAN. Ce scénario pourrait résulter d’une erreur de calcul, d’un incident frontalier ou d’une décision délibérée de l’une des parties. Les conséquences d’une telle escalade seraient catastrophiques, potentiellement incluant l’utilisation d’armes nucléaires. Le cinquième scénario est un changement de régime en Russie, soit par un coup d’État militaire, soit par un soulèvement populaire, soit par la mort de Poutine. Un nouveau leadership russe pourrait être plus disposé à négocier une fin à la guerre sur des termes acceptables pour l’Ukraine. Cependant, il n’y a aucune garantie qu’un successeur de Poutine serait plus modéré. Le système politique russe favorise les faucons, et le prochain leader pourrait être encore plus agressif que Poutine.
Comment cette guerre finira-t-elle? Je me pose cette question chaque jour. Et chaque jour, je n’ai pas de réponse. Parce que la fin dépend de tant de facteurs imprévisibles. De la volonté de Poutine. Du courage des Ukrainiens. De la détermination de l’Occident. Des caprices du hasard. Ce que je sais, c’est que cette guerre ne peut pas continuer indéfiniment. Quelque chose doit céder. Soit la Russie s’effondrera sous le poids de ses pertes et de ses échecs. Soit l’Ukraine sera forcée d’accepter un compromis douloureux. Soit l’Occident interviendra plus directement. Soit une catastrophe encore plus grande se produira. Mais le statu quo actuel n’est pas tenable. Trop de sang a été versé. Trop de vies ont été détruites. Trop de souffrance a été infligée. Cette guerre doit finir. La question est comment, et à quel prix.
Conclusion : le poids de l'histoire et l'urgence du présent
Les leçons non apprises de l’histoire
Le 20 décembre 2025, alors que le monde se prépare à célébrer les fêtes de fin d’année, 1 090 soldats russes sont tombés sur les champs de bataille ukrainiens. Ce chiffre, aussi terrible soit-il, n’est qu’une journée dans une guerre qui dure depuis presque quatre ans. Une guerre qui a déjà coûté plus d’un million de vies russes. Une guerre qui ne montre aucun signe de ralentissement. L’histoire nous a pourtant enseigné les dangers de l’hubris impérial. Napoléon a appris cette leçon en Russie en 1812. Hitler l’a apprise en Union soviétique entre 1941 et 1945. L’Union soviétique elle-même l’a apprise en Afghanistan entre 1979 et 1989. Mais Poutine semble déterminé à répéter les erreurs de ses prédécesseurs, convaincu que cette fois sera différente. Cette fois, la Russie triomphera. Cette fois, l’Occident ne soutiendra pas l’Ukraine jusqu’au bout. Cette fois, les Ukrainiens accepteront la domination russe. Mais l’histoire se répète rarement exactement. Et les leçons non apprises finissent toujours par être réapprises, souvent de la manière la plus douloureuse possible.
La guerre en Ukraine n’est pas seulement un conflit entre deux nations. C’est un affrontement entre deux visions du monde. D’un côté, un ordre international basé sur la souveraineté des nations, le droit international et la résolution pacifique des conflits. De l’autre, un retour à la politique de puissance du XIXe siècle, où les grandes nations dominent les petites par la force. L’issue de cette guerre déterminera quel type de monde nous laisserons aux générations futures. Si la Russie réussit à conquérir l’Ukraine par la force, cela enverra un message clair aux autres puissances révisionnistes : l’agression paie. Les frontières peuvent être changées par la violence. La communauté internationale ne fera rien pour vous arrêter. Mais si l’Ukraine parvient à résister et à préserver sa souveraineté, cela démontrera que l’agression a un coût inacceptable. Que les petites nations peuvent se défendre avec le soutien de la communauté internationale. Que le droit peut triompher de la force. Les enjeux de cette guerre dépassent donc largement l’Ukraine. Ils concernent l’avenir même de l’ordre international et la possibilité d’un monde plus pacifique et plus juste.
L’appel à l’action et à la conscience
Face à cette tragédie qui se déroule sous nos yeux, nous ne pouvons pas rester indifférents. Chaque jour qui passe voit des centaines de vies perdues. Chaque semaine qui s’écoule voit des milliers de familles brisées. Chaque mois qui se termine voit des dizaines de milliers de personnes traumatisées à jamais. Cette guerre n’est pas une abstraction géopolitique. Ce n’est pas un jeu d’échecs entre grandes puissances. C’est une tragédie humaine d’une ampleur presque incompréhensible. Et nous avons tous une responsabilité face à cette tragédie. Les gouvernements occidentaux doivent maintenir et intensifier leur soutien à l’Ukraine. Les citoyens des démocraties doivent exiger de leurs dirigeants qu’ils ne faiblissent pas face à l’agression russe. Les médias doivent continuer à couvrir cette guerre, à raconter les histoires des victimes, à exposer les mensonges du Kremlin. Les organisations humanitaires doivent poursuivre leur travail essentiel pour aider les réfugiés et les victimes civiles. Et chacun d’entre nous, à notre niveau, doit refuser l’indifférence et la lassitude. Nous devons nous souvenir que derrière chaque statistique se cache un être humain. Que chaque vie perdue est une tragédie irremplaçable. Que chaque famille brisée mérite notre compassion et notre soutien.
Le 20 décembre 2025 restera dans l’histoire comme une journée parmi tant d’autres dans cette guerre terrible. Mille quatre-vingt-dix soldats russes sont tombés ce jour-là. Combien tomberont demain? Combien la semaine prochaine? Combien avant que cette folie ne prenne fin? Ces questions nous hantent. Elles devraient nous hanter. Parce que tant que nous restons hantés par l’horreur de cette guerre, nous restons humains. Nous restons capables de compassion. Nous restons capables d’agir. Le jour où ces chiffres ne nous choqueront plus, le jour où nous accepterons ces pertes comme normales, ce jour-là, nous aurons perdu quelque chose d’essentiel de notre humanité. Nous ne pouvons pas laisser cela arriver. Nous devons continuer à ressentir l’horreur. À exprimer notre indignation. À exiger que cela cesse. Parce que chaque vie compte. Parce que chaque mort est une tragédie. Parce que nous sommes tous responsables du monde que nous créons. Et parce que l’histoire nous jugera sur ce que nous avons fait face à cette catastrophe. Avons-nous agi? Avons-nous résisté? Avons-nous défendu ce qui est juste? Ou avons-nous détourné le regard, préférant le confort de l’ignorance à l’inconfort de la vérité?
1 090 vies en une journée. Ce chiffre me poursuit. Il me réveille la nuit. Il m’accompagne le jour. Parce que je sais que demain, il y en aura d’autres. Et après-demain encore. Et ainsi de suite jusqu’à ce que quelqu’un ait le courage de dire stop. Jusqu’à ce que Poutine admette son échec. Jusqu’à ce que le peuple russe se réveille et exige la fin de cette folie. Jusqu’à ce que l’Occident fournisse à l’Ukraine les moyens de se défendre efficacement. Jusqu’à ce que quelque chose change. Mais en attendant, les corps s’accumulent. Les familles pleurent. Les villages se vident. Et nous, spectateurs impuissants de cette tragédie, nous nous demandons comment l’humanité a pu en arriver là. Comment nous avons pu permettre que cela se produise. Comment nous pouvons continuer à vivre nos vies normales pendant que d’autres meurent par milliers. Ces questions n’ont pas de réponses faciles. Mais elles doivent être posées. Encore et encore. Jusqu’à ce que nous trouvions le courage d’y répondre par nos actes.
Sources
Sources primaires
Ukrainska Pravda – « Russia loses 1,090 soldiers over past day » – Article publié le 20 décembre 2025 par Irina Vakulyuk, citant l’État-major général des forces armées ukrainiennes. Données officielles sur les pertes russes quotidiennes et cumulées depuis le 24 février 2022.
RBC-Ukraine – « Russia’s losses in Ukraine as of December 20: +1,090 troops and 346 drones » – Article publié le 20 décembre 2025, confirmant les chiffres de l’État-major ukrainien et fournissant des détails supplémentaires sur la situation au front, notamment dans la direction de Pokrovsk.
Institute for the Study of War (ISW) – « Russian Offensive Campaign Assessment, December 19, 2025 » – Rapport d’analyse publié le 20 décembre 2025, fournissant une évaluation détaillée de la situation militaire, des déclarations de Poutine lors de sa conférence de presse annuelle, et des exagérations du Kremlin concernant les gains territoriaux russes.
Mediazona – « Russian losses in the war with Ukraine. Mediazona count, updated » – Article publié le 19 décembre 2025, présentant la liste nominative vérifiée des soldats russes tués, avec une méthodologie rigoureuse basée sur des sources publiques vérifiables. Plus de 155 000 décès confirmés nominativement.
Sources secondaires
Kremlin.ru – Transcription de la conférence de presse annuelle « Direct Line » de Vladimir Poutine du 19 décembre 2025, citée dans les rapports de l’ISW et d’autres sources pour les déclarations de Poutine sur les objectifs de guerre russes et les prétendus succès militaires.
Banque centrale de Russie – Communiqué de presse du 19 décembre 2025 annonçant la réduction du taux d’intérêt directeur de 0,5 pour cent à 16 pour cent, cité dans l’analyse économique de l’ISW.
Union européenne – Annonce du 18 décembre 2025 concernant le prêt sans intérêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine pour la période 2026-2027, rapportée par BBC News et confirmée par le président du Conseil européen António Costa.
Kostyantyn Mashovets – Observateur militaire ukrainien, rapports publiés les 18 et 19 décembre 2025 sur les réseaux sociaux concernant la situation à Kupyansk, Vovchansk et d’autres secteurs du front, cités dans le rapport de l’ISW.
Scott Bessent – Secrétaire au Trésor américain, estimation de l’inflation russe réelle à plus de 20 pour cent en octobre 2025, citée dans l’analyse économique de l’ISW et rapportée par CBS News.
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.