Pourquoi Pokrovsk concentre toute la fureur de la campagne russe
Pokrovsk est stratégique au-delà de ce qu’on peut imaginer. Avec une population de 60 000 habitants avant la guerre, c’est une ville moyenne par la taille, mais massive par l’impact. Pourquoi ? Parce que Pokrovsk se situe directement sur la route vers la « ceinture de forteresses » ukrainienne – une bande de villes fortifiées depuis des années, renforcées depuis 2014 lors de la guerre du Donbass, et améliorées chaque année jusqu’à maintenant. Prendre Pokrovsk, ce n’est pas simplement capturer une ville – c’est ouvrir une brèche vers des positions défensives que l’Ukraine a investies de milliards de dollars. Des positions qui représentent l’un des derniers bastions sérieux que Kyiv possède encore dans le Donbass.
Les Russes l’ont compris. Dès octobre 2023, après la chute d’Avdiivka, l’offensive a continué de s’enrouler vers Pokrovsk. Pendant des mois, les forces russes se sont avancées village par village. Myrnohrad, Novopavlivka, Rodynske – autant de petites localités qui ont servi de rampes de lancement pour atteindre les lignes principales. Maintenant, après plus d’une année de combats ininterrompus dans cette zone, l’ennemi s’est rassemblé pour une poussée finale. Les rapports militaires ukrainiens de la dernière semaine mentionnent 52 assauts différents dans le secteur de Pokrovsk. Sur une période de 24 heures. C’est un taux d’attrition qui ne peut se maintenir indéfiniment – mais Moscou semble décidé à tenter le coup. Le coût ? Des milliers de soldats russes. Des centaines de véhicules blindés. Une usure telle que même les chiffres de recrutement massifs affichés par le Kremlin ne suffisent plus à compenser.
Les défenses tiennent – mais pour combien de temps ?
Ce qu’il y a de remarquable, c’est que malgré cette pression inhumaine, les défenses n’ont pas craqué. Les rapports du 20 décembre indiquent que 50 attaques ont déjà été repoussées dans le secteur de Pokrovsk. Cinquante. C’est extraordinaire. Cela signifie que les défenseurs ukrainiens conservent un pouvoir de feu suffisant, une organisation tactique assez solide, et une détermination qui refuse de ployer. Mais il y a un mais – et c’est crucial. Il y a aussi 2 assauts encore en cours au moment du rapport. Ce qui signifie que le combat continue, que l’ennemi ne lâche jamais, que chaque minute apporte une nouvelle tentative. Les défenseurs ne peuvent pas dormir. Ils ne peuvent pas baisser la garde. Le stress psychologique d’une telle pression dépasse l’imagination.
Les officiers ukrainiens parlent ouvertement de cette tension. Les porte-paroles des unités combattant à Pokrovsk décrivent des conditions où l’ennemi attaque pratiquement 24 heures sur 24. Des tentatives pendant le jour, des infiltrations la nuit, des bombardements constants. Le commandant de la 7e brigade de réaction rapide a rapporté une attaque blindée massive – une colonne de 30 véhicules blindés qui a tenté de percer les lignes. C’était extraordinaire comme concentration de puissance de feu, et extraordinaire aussi que la défense ait tenu. Mais pour combien de temps ? Les défenseurs font remarquer que l’ennemi adopte une stratégie plus intelligente qu’avant – moins de vagues d’infanterie non protégées, plus d’emploi de véhicules blindés et de couverture d’artillerie. Le coût en vies humaines ukrainiennes reste élevé, même si les positions tiennent. C’est une équation horrible : tenir la ligne tout en subaissant des pertes significatives. Et on ne sait jamais si la ligne suivante sera aussi solide que la précédente.
Les généraux russes pensent probablement que c’est une question de temps. Que si on bombarde assez fort et assez longtemps, la volonté finira par craquer. Mais ils comprenent mal quelque chose de fondamental. Ces défenseurs ne combattent pas pour un salaire ou une gloire militaire abstraite. Ils combattent pour que leurs familles aient encore une maison demain. Ils combattent contre une annexion qui effacerait leur pays de la carte. Cette motivation transcende l’épuisement. Pas pour toujours, bien sûr – mais assez longtemps pour que l’équation russe ne fonctionne pas.
Section 3 : Les autres fronts s'embrasent aussi
Cinq directions, cinq foyers de violence
Pokrovsk ne combat pas seule. C’est l’un des cinq secteurs où les Russes pressent leurs avantages. Dans le secteur Sud-Slobozhanshchyna, dix engagements se sont déroulés le 20 décembre. Dix. C’est moins que Pokrovsk, mais c’est significatif. Les Russes y testent les défenses ukrainiens autour de Vovchansk et Prylipky, deux towns qui ont connu des batailles intenses et des destructions massives. Dans le secteur de Kostiantynivka, l’ennemi a lancé 15 tentatives différentes. Quinze. Des attaques concentrées sur Oleksandro-Shultyne, Pleshchiivka, Yablunivka et Rusyn Yar. Les défenseurs ukrainiens en ont repoussé 15. Toutes. C’est un taux de succès défensif remarquable, mais cela signifie aussi qu’il n’y a jamais de moment de relaxation.
Le secteur de Lyman connait également une intensité redoutable. Cinq assauts le 20 décembre, avec trois combats toujours en cours à l’heure du rapport. Les villages de Zarichne, Serednie et Kolodiazy sont aux premières lignes de cette boucherie. Le secteur Kupiansk a vu cinq attaques repoussées. Le secteur Sloviansk, sept assauts. Oleksandrivka, onze. Huliaipole, onze également. Le secteur de Kramatorsk, deux assauts. Et ce n’est que le 20 décembre à 16h00. Il est probable que le compte final dépasse les 128 engagements rapportés en début de soirée. La question qui hante chaque commandant ukrainien est la même : pendant combien de temps pouvons-nous soutenir cette cadence ? Non pas une semaine, ou un mois. Mais des mois. Des années, si le conflit dure aussi longtemps que certains analystes le prédisent. L’usure est un ennemi silencieux, plus dangereux que n’importe quelle tactique russe élaborée.
L’artillerie russe : un déluge incessant
Au-delà des affrontements directs, il y a le bombardement. L’artillerie russe ne s’arrête pratiquement jamais. Dans le secteur Nord-Slobozhanshchyna et Kursk seuls, 59 bombardements ont eu lieu, incluant quatre frappes par lanceurs multiples de roquettes. Ce qui signifie que les positions défensives, les concentrations de troopes, les zones arrières – tout subit une pluie constante de feu. Dans les régions de Sumy et Tchernihiv, les villages civils comme Volfyno, Ryzhivka, Kucherivka subissent des frappes directes. Volvyno a été ciblée. Iskryskivshchyna a été ciblée. En Tchernihiv, c’est Klyusy, Mkhy, Buchky, Hremiach, Khrinivka et Yanzhulivka. Cela n’a l’air de rien en lisant une liste – juste des noms sur un document – mais chacun de ces villages héberge des civils. Des gens qui ont des enfants. Des gens qui avaient une vie avant que la Russie décide de les effacer de la carte.
La portée de cette artillerie est stupéfiante. Les lanceurs multiples de roquettes russes couvrent des distances de 70 à 90 kilomètres. Cela signifie que des zones que les Ukrainiens pensaient relativement sûres peuvent être atteintes. Les centres logistiques sont des cibles. Les zones de rassemblement de troupes sont pilonnées. Les routes d’approvisionnement subissent des tirs constants. C’est une stratégie qui a évolué au fil du temps – d’abord l’ennemi essayait les assauts directs, maintenant il combine bombardement massif et infiltrations tactiques. C’est plus efficace, mais cela consomme aussi une quantité d’ammunition que même la Russie – avec l’aide de la Corée du Nord et d’autres fournisseurs – peine à soutenir à long terme. Chaque tir d’obus coûte de l’argent. Chaque missile de croisière qui tombe coûte des millions de roubles. À un moment, le compte revient à zéro. À un moment, le système de guerre russe n’a plus les ressources pour continuer. Mais ce moment n’est pas arrivé ce 20 décembre.
Tu sais ce qui me devient de plus en plus clair en écrivant cet article ? C’est que la Russie brûle ses réserves stratégiques à une vitesse qui devrait alarmer le Kremlin. Mais Poutine ne peut pas arrêter. S’il arrête l’offensive, il perd son seul argument de négociation. S’il continue, il saigne son armée. C’est un dilemme parfait – et le dilemme parfait n’a pas de solution. Il y a juste le coût qui monte, jour après jour.
Section 4 : Les villes périphériques supportent l'assaut
Nikanorivka, Shakhove, Myrnohrad – des noms qui résonnent avec le poids du sacrifice
Dans le secteur de Pokrovsk, au cœur de la tempête, il y a une liste de villages qui ont porté le poids principal de l’attaque : Nikanorivka, Shakhove, Myrnohrad, Rodynske, Pokrovsk elle-même, Kotlyne, Udachne, Molodetske, Novoserhiivka, et Dachne. Dix localités différentes. Chacune subit son propre calvaire. Les rapports militaires mentionnent 52 tentatives de percée russe dans ces zones, avec 50 repoussées. Mais cela ne veut pas dire qu’aucun progrès n’a été réalisé par l’ennemi. Cela signifie plutôt que la majorité des assauts a échoué, mais que certains ont remporté du terrain tactique. Une maison prise. Un groupe de ruines consolidé. Une position secondaire perdue. Ce ne sont pas des changements qui figureront sur les cartographies stratégiques officielles, mais ils comptent pour les soldats sur le terrain. Perdre cent mètres, c’est être un peu plus près de Pokrovsk. Gagner cent mètres, c’est sauver mille vies.
Les défenseurs dans ces villages combattent dans les ruines. Myrnohrad, une ville d’avant-guerre de plusieurs milliers d’habitants, est maintenat un squelette. Des immeubles éventrés, des rues devenues des champs de tir. Les Ukrainiens ont construit des fortifications avec ce qui restait des bâtiments – des barricades de béton et d’acier, des nids de mitrailleuses dans les caves des immeubles, des systèmes d’approche minés. C’est une guerre urbaine vieille école, du style Stalingrad, où chaque étage est disputé et où le combat au contact est inévitable. Les drones russes survolent constamment ces zones, cherchant des positions ukrainiennes à bombarder. Les Ukrainiens, eux, utilisent les drones pour détruire des concentrations ennemies. C’est un duel permanent et épuisant, où la fatigue est aussi un ennemi que les balles.
Le corridor vers Pokrovsk reste étroit – mais ouvert
Il y a une question que les analystes se posent depuis des semaines : quand l’ennemi va-t-il arriver à contourner Pokrovsk et à créer un encerclement ? C’est la pire crainte de l’État-major ukrainien. Les Russes ont pratiqué cette manoeuvre à Avdiivka, où ils ont créé une « pochette » et ont forcé un retrait ordonné ukrainien. Pokrovsk et Myrnohrad sont maintenant « presque entourées » par les forces russes – nordique, sud, et est. La seule voie de ravitaillement et d’évacuation passe à l’ouest. C’est un goulet d’étranglement stratégique. Si les Russes parviennent à le fermer complètement, les défenseurs seront pris au piège. Cela explique pourquoi chaque mètre de terrain à l’ouest de Pokrovsk est si férocement disputé. Les commandants ukrainiens savent qu’une encerclement complete serait une catastrophe opérationnelle. Donc, ils tiennent cette ligne d’accès avec tous leurs moyens. Tant que le corridor reste ouvert, il y a l’espoir de manoeuvre, de flexibilité tactique, de possibilité de se replier si les choses deviennent trop critiques.
Les rapports militaires du 20 décembre indiquent que les Ukrainiens continuent à contenir la percée russe. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de pertes de terrain – il y en a probablement, petit à petit. Mais cela signifie que les Russes n’ont pas réussi le big breakthough qu’ils cherchent. Pas encore. Les défenses tiennent parce qu’il y a une coordination étroite entre les unités, parce que l’artillerie ukrainienne continue de frapper les concentrations ennemies, et parce que le moral, malgré tout, refuse de fléchir. Mais le temps joue contre l’Ukraine. Plus l’ennemi presse, plus il se rapproche de son objectif. Plus il y a de jours comme le 20 décembre – 128 affrontements, 50 rien que dans Pokrovsk – plus l’usure des défenseurs augmente. À un moment donné, le corps se refuse à continuer. C’est une réalité biologique implacable.
Je pense à ces soldats comme je lis le rapport. Des hommes et des femmes qui ont connu la vie avant 2022. Qui avaient des emplois, des rêves, des plans. Maintenant, ils passent des journées à repousser des vagues d’assaillants. Chaque jour est un combat pour la survie. Et ils savent – ils doivent savoir – qu’il n’y a pas de fin prévisible à cela. Juste un horizon qui recule constamment. C’est une forme de torture psychologique, et c’est ce que Moscou impose délibérément à chaque défenseur ukrainien.
Section 5 : Les pertes russes montent, mais la machine continue
Des chiffres qui parlent d’un prix colossal
Les pertes russes en Ukraine atteignent maintenant des niveaux hallucinants. Selon les évaluations les plus récentes de l’État-major ukrainien, l’armée russe a perdu environ 1,2 million de soldats depuis le début de l’invasion – tués et blessés. De ce nombre, environ 250 000 sont morts. C’est plus que l’ensemble de la force initiale d’invasion de 2022, qui était d’environ 190 000 soldats. Cela signifie que l’armée russe a perdu à elle seule – en décès – plus que l’armée complète qu’elle a déployée initialement. Et ce ne sont que les chiffres ukrainiens. Les évaluations occidentales, notamment du ministère britannique de la Défense, suggèrent que les pertes russes en 2025 seul ont dépassé les 400 000 blessés et tués. À ce rythme, si les combats continuent deux semaines, les pertes russes atteindront le record d’année 2024, qui était d’environ 420 000.
Mais les pertes russes ne disent pas toute l’histoire. Au-delà des hommes, il y a l’équipement. Le rapport de Critical Threats du 17 décembre note que plus de 1 000 véhicules blindés et 500 chars ont été perdus par la Russie uniquement dans la zone de Pokrovsk depuis octobre 2023. Ce sont des pertes matérielles colosales. Un char T-90 coûte environ 3,5 millions de dollars. Cinq cents chars, c’est plus de 1,7 milliards de dollars en équipement détruit. Et ce ne sont que les chars. Il y a aussi les véhicules de transport, les véhicules de combat d’infanterie, les systèmes de défense aérienne, les mortiers, les canons. Le coût en matériel détruit dépasse probablement les 10 milliards de dollars rien que pour l’offensive de Pokrovsk. C’est un niveau de destruction qui devrait être insoutenable pour n’importe quelle économie – même pour la Russie, avec ses réserves et ses revenus pétroliers.
La machine du recrutement russe tourne – mais peut-elle tenir le rythme ?
Le ministère russe de la Défense, par la voix du secrétaire Sergey Belousov, a annoncé que près de 410 000 soldats se sont portés volontaires pour le service militaire en 2025. Cela représente environ 32 800 recrues par mois. Cela semble impressionant – jusqu’à ce qu’on le compare aux chiffres de pertes. Les pertes russes ont atteint une moyenne de 34 600 par mois entre janvier et novembre 2025. Cela signifie que le recrutement est insuffisant pour compenser les pertes. Chaque mois, l’armée russe perd plus qu’elle ne gagne en effectifs. C’est une équation mathématique implacable. À ce rythme, l’armée russe se contracte – lentement, mais sûrement. Dans quelques mois, dans quelques années peut-être, l’armée russe n’aura simplement plus assez de soldats pour continuer les offensives de ce genre.
Mais ce moment n’est pas arrivé ce 20 décembre. Belousov affirme que le nombre de troupes russes reste stable autour de 710 000. Les commandants ukrainiens, eux, sont plus sceptiques. Oleksandr Syrskyi, le commandant suprême des forces armées ukrainiennes, a remis en question les chiffres russes de recrutement, affirmant que le vrai nombre de troupes russes stagne depuis un moment. Qui a raison ? Probablement la vérité est entre les deux. Les Russes recrutent effectivement des soldats, mais pas au rythme nécessaire pour compenser les pertes. Cela signifie que l’armée russe se dégrade progressivement. Elle devient plus faible chaque mois. Mais – et c’est crucial – elle l’est toujours à peu près assez forte pour maintenir les offensives qu’elle lance. Et c’est pour cela que le 20 décembre voit 128 engagements. Parce que Moscou sait que la fenêtre de sa puissance militaire est en train de se refermer, et qu’il faut frapper vite.
Il y a quelque chose de suicidaire dans la logique russe. Moscou sait qu’à long terme, il perd. Que la démographie, l’économie, et l’attrition jouent contre lui. Donc, il essaie de forcer une victoire rapide maintenant. Mais en essayant une victoire rapide, il accélère sa propre décadence. C’est comme un joueur de poker qui joue sa dernière main en misant tout. Il peut gagner. Mais c’est de moins en moins probable à chaque carte distribuée.
Section 6 : Les naratives russes s'effondrent face aux réalités du terrain
Les affirmations de Moscou contre les faits documentés
Le Kremlin a affirmé, à plusieurs reprises, qu’il avait pris le contrôle total de Pokrovsk. Le 2 décembre, Moscou a déclaré avoir entièrement saisi la ville. Des vidéos ont été diffusées – censément prises à Pokrovsk le 1er décembre, montrant un drapeau russe hissé sur ce qui serait la place centrale de la ville. Mais ces affirmations entrent en direct conflict avec la réalité du terrain. Les défenseurs ukrainiens sont toujours présents à Pokrovsk. Toujours. Les rapports du 20 décembre mentionnent des combats en cours dans la ville. Il n’y a pas de contrôle russe total. Il n’y a que du combat de rue acharné, où chaque bâtiment est disputé.
Le commandant suprême ukrainien, Oleksandr Syrskyi, a expliqué cette discordance de manière simple : la Russie ment. « Le volume des mensonges russes dépasse largement le rythme réel des progrès militaires russes », a-t-il déclaré. Les Russes utilisent de fausses cartes, de fausses vidéos, de fausses déclarations. Pourquoi ? Parce qu’ils combattent une autre guerre en même temps – une guerre informationnelle. Ils veulent convaincre l’opinion publique mondiale que leur victoire est inévitable. Ils veulent pousser l’Ukraine à la table de négociation. Ils veulent que les alliés occidentaux perdent leur patience et cessent le soutien. C’est une stratégie classique en provenance du Kremlin – quand vous ne pouvez pas gagner sur le terrain, gagnez dans les esprits. Cela a parfois fonctionné pour la Russie. Cela peut continuer à fonctionner – si les faits ne sont pas aussi obstinément présents qu’ils l’ont été ces derniers jours.
Les évaluations occidentales : scepticisme intelligent
Les analystes occidentaux, notamment l’Institute for the Study of War (ISW) et le ministère britannique de la Défense, ne mordent pas à l’hameçon des affirmations russes. L’ISW évalue que la capture de Pokrovsk par la Russie prendrait au moins deux à trois ans, même dans les meilleures conditions pour l’agresseur. Deux à trois ans. C’est un aveu que Pokrovsk, même menacée, n’est pas sur le point de tomber. Les Russes devraient maintenir un taux d’attrition de 34 600 soldats par mois pendant 24 à 36 mois. C’est 828 000 à plus d’un million de soldats. L’armée russe n’a pas ce nombre de gens à gaspiller. À moins, bien sûr, qu’elle appelle à une mobilisation massive – ce qui créerait des troubles politiques internes.
Le ministère britannique de la Défense a directement contredit les affirmations russes sur la prise de Siversk – une ville plus au nord. Les Russes ont affirmé avoir saisi le contrôle total de Siversk le 11 décembre 2025. Les Britanniques ont évalué que c’était « probablement inexact ». Les Russes avaient des positions au centre-ville, mais pas le contrôle total. L’analyse britannique résonne avec un pattern qui devient évident : les Russes avancent lentement, occupent des portions de terrain, mais ne parviennent jamais à écraser complètement la résistance ukrainienne. Ils ne parviennent jamais à créer ce moment de rupture où les défenses s’effondrent. Ils obtiennent des succès tacticales, mais pas de victoire stratégique. C’est exactement le scénario que les Russes redoutent – un prolongement infini du conflit dans lequel leurs ressources continuent de s’éroder.
Je suis tombé sur une citation d’un analyste occidental qui m’a resté en tête : « Moscou crie victoire quand il avance de cent mètres. » C’est un portrait acerbe, mais juste. Les Russes ont reconfiguré leur définition du succès. Un succès, c’est maintenantperdre moins de gens en avançant cent mètres. Un succès, c’est de ne pas perdre une ville en entier. C’est un changement dramatique par rapport à 2022, quand Moscou pensait réellement qu’il pourrait prendre le pays en quelques semaines. Maintenant, c’est un combat d’usure sans fin.
Section 7 : Les conditions humanitaires continuent de se détériorer
Les civils pris au piège entre deux feux
Au-delà des rapports militaires, il y a la réalité humaine. Les civils de Pokrovsk et des villages environnants vivent dans un cauchemar permanent. Le bombardement constant signifie qu’il y a peu ou pas de sécurité. Les abris anti-bombes sont surchargés. Les approvisionnements alimentaires et en eau deviennent sporadiques. L’électricité est un luxe. En décembre 2025, de grandes régions du pays ont subi des pannes d’électricité massives suite aux attaques russes sur les infrastructures énergétiques. Le 13 décembre, une seule attaque russe a causé des pannes d’électricité affectant plus d’un million de ménages à Odesa seule. Le 17 décembre, des frappes sur les installations de ravitaillement en énergie ont continué. Les civils gèlent dans le froid de l’hiver en l’absence de chauffage.
Les enfants née avant 2022 n’ont connu que la guerre. Une génération entière de jeunes Ukrainiens grandit avec le bruit constant de l’artillerie, avec la destruction comme paysage quotidien. Les psychologues s’inquiètent des impacts à long terme sur la santé mentale de ces enfants. Mais il n’y a pas de temps pour la psychologie clinique quand il faut juste survivre au jour présent. Les familles ont été divisées. Les réfugiés internes errent d’une région à l’autre, tentant d’échapper à la zone de combats. Les écoles sont fermées. Les hôpitaux sont débordés. C’est une crise humanitaire silencieuse, qui ne figure pas dans les gros titres des journaux occidentaux, mais qui détruit lentement le tissu social ukrainien.
Evacuation et logement : des solutions fragiles
Le gouvernement ukrainien essaie d’ordonner l’évacuation des civils des zones les plus dangereuses. Mais c’est un processus chaotique, inefficace, et tragiquement lent. Les autorités estimment qu’il reste environ 400 000 civils dans les zones exposées du Donbass. Quatre cent mille. Pour beaucoup d’entre eux, il n’y a nulle part où aller. Les villes à l’ouest sont surchargées de réfugiés. Les ressources d’aide humanitaire sont insuffisantes. Les agences humanitaires – la Croix-Rouge, l’ONU – essaient de travailler, mais elles sont confrontées à un manque de moyens et à des restrictions de mouvement imposées par les combats. Chaque jour sans évacuation augmente les risques de pertes civiles. Chaque jour que les civils restent dans les zones de combats est un jour de danger immédiate.
Il y a aussi la question des déplacés internes qui ne sont jamais rentrés chez eux. Des millions d’Ukrainiens ont dû quitter leurs maisons en 2022 et en 2023. Beaucoup n’ont jamais pu y revenir. Les maisons sont soit détruites, soit trop proches de la ligne de front pour être habitables. Ces gens vivent dans des refuges temporaires, dans des écoles converties, dans des appartements loués avec des aides gouvernementales insuffisantes. C’est une tragédie silencieuse qui s’joue en arrière-plan, tandis que l’attention mondiale reste fixée sur les batailles. Mais pour ces millions de personnes, la vraie tragédie c’est qu’il n’y a pas de victoire militaire qui leur rendra leur maison.
Ce qui me rend furieux en écrivant cela, c’est l’injustice brute. Ces civils n’ont rien demandé. Ils ne voulaient pas cette guerre. Mais voilà qu’ils paient le prix maximal – leur maison, leur sécurité, leur avenir. Et tandis qu’eux souffrent, les politiques et les officiers militaires se battent pour des objectifs stratégiques abstraits. C’est l’essence même de la tragédie de la guerre – les innocent paient, et les acteurs en restent largement indemnes.
Section 8 : Les facteurs stratégiques qui façonnent le contexte
La question du soutien occidental et la paix négociée
Le contexte politique s’est compliqué en décembre 2025 avec l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump aux États-Unis. Trump a présenté un plan de paix supposé qui exige que l’Ukraine cède Pokrovsk et d’autres territoires – essentiellement en reconnaisant les gains territoriaux russes. Ce plan est largement considéré comme favorable à la Russie et inacceptable pour Kyiv. Zelenskyy a rejeté les concessions territoriales proposées. Les négociations ont continué, mais elles sont allées nulle part. Les équipes américaines et ukrainiennes se sont rencontrées à Berlin le 15 et 16 décembre. Les résultats ont été minimes.
Le contexte derrière ce plan de paix est simple : les États-Unis, sous Trump, semblent vouloir terminer le conflit rapidement – et sur n’importe quels termes. Cela signifie une pression constante sur l’Ukraine pour accepter un accord. Mais cela signifie aussi que si l’Ukraine refuse un accord, les États-Unis pourraient réduire leur soutien militaire. C’est un risque existentiel pour Kyiv. Sans l’armement occidental – les obus d’artillerie, les missiles, les armes antichars – l’Ukraine ne peut pas tenir. Donc, Zelenskyy se trouve pris dans une position terrible : refuser la paix et accepter le risque que le soutien occidental diminue, ou accepter la paix et perdre une portion importante de son pays. C’est un dilemme où chaque option est mauvaise.
La nouvelle réalité géopolitique : l’Europe découvre l’indépendance
En arrière-plan, il y a une transformation géopolitique plus large. L’Europe, notamment à travers la France et d’autres pays européens, commence à explorer une indépendance de défense vis-à-vis des États-Unis. Des conversations sont en cours pour créer une « défense post-américaine » européenne. C’est un changement profond. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe envisage sérieusement une défense qui ne repose pas sur les parapluies nucléaires des États-Unis. Ce changement a des implications pour l’Ukraine. Si l’Europe devient un acteur de défense indépendant, elle pourrait décider de soutenir l’Ukraine plus fermement. Mais ce processus prend du temps. Des années, probablement. L’Ukraine n’a pas des années. Elle a peut-être des mois.
Il y a aussi la question de la Chine et de l’alliance sino-russe. Des rapports indiquent que Pékin envisage d’intensifier sa coopération avec Moscou. Cela signifie que la Russie pourrait accéder à plus de ressources, de technologie, et d’ammunition. C’est un développement qui devrait alarmer Kyiv et l’Occident. Si la Chine devient un fournisseur de défense majeur pour la Russie, cela change radicalement le calcul d’attrition. Une Russie alimentée par les ressources chinoises pourrait potentiellement soutenir les pertes pendant plus longtemps. C’est un avenir sombre si les tendances continuent dans cette direction.
Quand on tire du recul, on voit que cette guerre n’est pas juste entre la Russie et l’Ukraine. C’est aussi un test de qui va façonner le nouvel ordre mondial. C’est les États-Unis face à une éventuelle Eurasie unie sous influence sino-russe. C’est la démocratie face à l’autoritarisme. Et l’Ukraine est simplement le champ de bataille. Cette réalisation met du poids supplémentaire sur chaque bataille à Pokrovsk. Ce ne sont pas juste des villages disputés. C’est l’avenir de l’ordre international qui se joue.
Section 9 : Les technologies de la destruction : drones, missiles, et innovation
Les drones : de l’arme tactique à l’instrument stratégique
Les drones sont au centre des combats du 20 décembre – comme ils le sont pour pratiquement tous les jours depuis 2024. Le rapport mentionne que les drones kamikaze russes – des drones de petite taille conçus pour se precrupiter sur des cibles – sont employés en nombre massif. Certains jours, il y a plus de 1 000 drones en opération. Plus de mille. Pour contextualiser : en 2022, les drones étaient une anomalie, une curiosité. En 2025, ils sont la réalité quotidienne de la guerre. Les Ukrainiens ont aussi des drones – à la fois pour la reconnaissance et pour l’attaque. Des frappes de drones contre des installations militaires russes, des dépôts d’ammunition, des positions ennemies sont chose courante.
Les drones changent fondamentalement la nature du combat. Traditionnellement, la défense antiaérienne – des missiles surface-air – protégeait les positions contre les avions de chasse. Mais les drones sont bon marché, nombreux, et difficiles à intercepter en masse. Un drone de kamikaze russe coûte peut-être 500 dollars. Un missile de défense aérienne coûte des dizaines de milliers. L’économie de la défense est donc avantageuse pour l’attaquant. Cela signifie que les défenseurs dépensent beaucoup plus pour se protéger contre les drones qu’il n’en coûte aux Russes pour les envoyer. C’est un calcul d’attrition qui joue finalement contre la défense. À long terme, l’arsenal de missiles de défense aérienne sera épuisé bien avant que la Russie ne manque de drones.
Les armes longue portée : le changement de jeu
Pendant ce temps, l’Ukraine a ses propres outils de long portée. Des missiles de croisière ukrainiens, des frappes de drones contre des cibles en territoire russe, et maintenant, l’utilisation de véhicules sous-marins sans pilote pour frapper les navires russes. Le 17 décembre, des rapports mentionnent que l’Ukraine a gravement endommagé un sous-marin de classe Kilo dans le port de Novorossiysk. C’est une victoire remarquable – frapper un sous-marin moderne à port est une exploit de renseignement et de précision d’exécution. Mais le plus important, c’est que cela montre que l’Ukraine innove. Elle développe de nouvelles tactiques, de nouvelles armes, de nouvelles stratégies. Elle n’est pas simplement passive, attendant les assauts russes. Elle riposte, elle frappe, elle inflige des dégâts.
Les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes, les dépôts d’ammunition, et les installations logistiques continuent. Le 17 décembre, un incendie a été rapporté à la raffinerie de Slavyansk suite à une attaque de drone. Ces frappes ont un but stratégique : paralyser la capacité russe à soutenir les opérations. Si on détruit assez de raffineries et de dépôts, on affecte la capacité de la Russie à alimenter sa machine de guerre. C’est une campagne de long terme, avec des résultats qui ne sont pas immédiatement apparents, mais qui accumulent les dégâts au fil du temps. C’est exactement ce que les Ukrainiens doivent faire pour survivre – plutôt que d’essayer de remporter des victoires tactiques, ils doivent chercher à détruire les capacités russes à prolonger le conflit.
Il y a une forme de poésie sombre dans la manière dont cette guerre évolue. Les deux côtés innovent. Les deux côtés trouvent de nouvelles façons de détruire. C’est un compétition technologique de la mort, où chaque côté cherche à tuer plus efficacement que l’autre. Et derrière chaque innovation, il y a le rêve que cette arme sera celle qui tourne le conflit. Mais c’est rarement le cas. Généralement, l’autre côté innove aussi, et on finit avec une escalade sans fin.
Section 10 : Les perspectives et les scénarios futurs
Le scénario du prolongement : et si la guerre dure encore deux ans ?
Si les combats continuent à ce rythme, quels sont les résultats possibles ? Le premier scénario est celui du prolongement infini – une guerre d’usure qui se prolonge année après année. Dans ce cas, l’équation d’attrition devient cruciale. La Russie peut-elle continuer à absorber 34 600 pertes par mois ? À titre de comparaison, cela représente environ 1 soldat tué ou blessé pour chaque 20 habitants de Moscou. C’est énorme. Pour une population de 144 millions en Russie, cela signifie que dans le contexte statistique global, la Russie peut techniquement supporter cela – mais au prix d’une mobilisation croissante, d’une économie de guerre totale, et d’une dégradation de la qualité de vie civile. L’Ukraine, avec une population pré-guerre de 41 millions et diminuée par l’émigration, ne peut pas soutenir les mêmes pertes en proportion. C’est pour cela que l’attrition favorise théoriquement la Russie – elle a plus de gens à gaspiller.
Mais les gens ne sont pas interchangeables comme des balles. À un moment, l’armée devient un assemblage d’individuals mal entraînés, mal équipés, et mal motivés. À un moment, les civils se révoltent contre le prix qu’on les force à payer. À un moment, les alliés se fatiguent. C’est le risque pour la Russie – que l’attrition ne brise pas juste les muscles de l’armée, mais aussi sa volonté. Et c’est l’espoir pour l’Ukraine – que même si elle perd de la chair et du sang, elle ne perd pas son essence, sa détermination, son refus de plier.
Le scénario de la rupture russe : et si Moscou fait une erreur calculatoire ?
Il y a aussi la possibilité d’une erreur calculatoire russe. Une offensive mal planifiée. Une concentration de troupes mal protégée. Une chaîne de commandement qui effondre. Si cela se produit, les Ukrainiens pourraient être en position d’infliger une défaite stratégique majeure. Pas une défaite qui change complètement le cours de la guerre – l’Ukraine n’est pas assez forte pour cela. Mais une défaite qui force la Russie à réévaluer ses objectifs, à réduire ses ambitions, à chercher à se consolider plutôt qu’à avancer. Un tel rebondissement n’est pas probable, mais il n’est pas impossible. L’histoire des guerres est remplie d’erreurs spectaculaires qui ont changé le cours du conflit.
Il y a aussi le facteur politique. Si Trump obtient le soutien d’un Congrès américain fatigué de soutenir la guerre en Ukraine, le financement militaire occidental pourrait tarir. Si cela se produit, l’Ukraine serait en position faible pour nier les demandes territoriales. La stabilisation sur la ligne actuelle de contact deviendrait l’option la moins mauvaise. Cela donnerait à la Russie moins que ce qu’elle veut, mais plus que ce qu’elle avait avant. C’est un scénario négocié – pas une victoire pour quiconque, mais un point d’épuisement mutuel où les deux côtés acceptent les réalités du terrain.
La vérité que je dois dire, c’est qu’aucun de ces scénarios n’est bon. Chacun signifie plus de souffrance. Plus de morts. Plus de destruction. Et parce que je dois être honnête avec toi : je ne sais pas quel scénario est le plus probable. Les variables sont trop nombreuses. Les acteurs – Trump, Poutine, Zelenskyy, les commandants militaires des deux côtés – font des choix qui changent tout d’une heure à l’autre. C’est pour ça que l’incertitude est peut-être l’arme la plus puissante dans cette guerre. Personne ne sait vraiment ce qui va se passer ensuite.
Section 11 : Les leçons pour le monde : quand la technologie n'égale pas la volonté
La défense des villes : Pokrovsk et les leçons de Stalingrad
Pokrovsk est en train de devenir un cas d’école de la défense urbaine moderne. Les techniques que les Ukrainiens emploient – fortifications, drones de reconnaissance, défense en profondeur – rappellent les combats de Stalingrad en 1943. Mais avec la technologie du 21e siècle. Les Ukrainiens construisent des fortifications avec du béton, du fer, et de la créativité. Ils utilisent les ruines des bâtiments comme couverture. Ils emploient les drones pour détecter les mouvements ennemis. Ils coordonnent l’artillerie avec une précision que les Soviétiques n’avaient pas en 1943. Mais le résultat est similaire – une présence défensive qui refuse de se plier complètement à la pression ennemie.
Ce que les militaires retiendront de Pokrovsk, c’est que les villes fortifiées restent des objectifs militaires difficiles, même pour un ennemi puissant. La Russie, avec toute sa puissance de feu, ne peut pas simplement aplatir Pokrovsk et marcher dedans. Il y a une limite à ce que la destruction peut accomplir. À un moment, les Ukrainiens se regroupent dans les ruines et continuent la résistance. C’est une leçon que les autres nations devront apprendre – si vous voulez réellement tenir une ville, vous devez être prêts à accepter les destructions, les pertes, et l’attrition que cela implique. Vous devez être psychologiquement préparé à combattre dans les ruines. Et vous devez avoir une population qui refuse de capituler, peu importe les coûts.
Les limitations de la puissance de feu absolue
Une autre leçon concerne les limitations de la puissance de feu brute. Pendant longtemps, les militaires ont supposé que une supériorité de feu massale garantissait la victoire. Bombarde ton ennemi assez fort et assez longtemps, et il se brisera. Mais Pokrovsk en décembre 2025 montre que ce n’est pas automatique. La Russie a une supériorité d’artillerie écrasante. Ses drones sont nombreux. Ses missiles pleuvent constamment. Et pourtant, les Ukrainiens tiennent. La raison ? La morale. La détermination. La volonté. Ces facteurs immatériels ne peuvent pas être éliminés par une pluie de bombes. Ils peuvent être affaiblis, épuisés, mais pas détruits en masse. C’est une leçon que les stratèges occidentaux devront intégrer dans leurs doctrines militaires – la technologie seule ne gagne pas les guerres. La volonté de résister le fait.
Une dernière leçon que je dois mentionner concerne l’innovation tactique. L’Ukraine, avec des ressources bien inférieures à la Russie, a continuellement trouvé de nouvelles façons de combattre. Les drones FPV (first-person-view) fabriqués localement. Les modifications de missiles américains. Les systèmes de défense aérienne improvisés. Cette capacité à innover, à adapter, à trouver des solutions créatives – c’est ce qui maintient l’Ukraine dans le jeu. Les militaires futurs devront apprendre que la flexibilité et l’innovation peuvent en partie compenser les déficits en ressources matérielles. Mais – et c’est important – seulement en partie. À un moment donné, les chiffres bruts de la puissance de feu et des effectifs commencent à dominer. L’Ukraine l’apprend chaque jour sur le terrain de Pokrovsk.
Ces leçons vont émerger des ruines de Pokrovsk quand cette guerre sera finie. Les militaires du monde vont étudier les rapports, lire les testimonies, et essayer d’extraire les enseignements. Mais je me demande s’ils comprendront vraiment. Parce que pour vraiment comprendre cette guerre, il faut vivre la peur. Le moment où les bombes tombent et où tu ne sais pas si tu seras vivant dans dix minutes. Cela ne peut pas s’enseigner. Cela ne peut que s’expérimenter. Et j’espère, sincèrement, que le monde ne devra jamais vraiment apprendre ces leçons par expérience directe.
Conclusion : Au-delà des 128 affrontements – Vers demain
Le poids du présent et l’incertitude de l’avenir
Le 20 décembre 2025, 128 affrontements se sont déroulés sur la ligne de front ukrainienne. Plus de 50 rien que dans le secteur de Pokrovsk. Ce ne sont pas juste des chiffres – ce sont des vies, des destructions, des moments où la mort était à quelques centimètres. Ce qui doit être clair après cet article, c’est que la situation en Ukraine reste critique, incertaine, et extrêmement fluide. Il n’y a pas de solution visible à l’horizon. Il n’y a pas de moment d’épiphanie où soudain la Russie capitule ou l’Ukraine triomphe. Il y a juste ce cauchemar quotidien – l’attrition, l’usure, la souffrance qui s’accumule jour après jour.
Les défenseurs de Pokrovsk et des villages qui l’entourent vivent dans une temporalité suspendue. Ils ne savent pas si demain apportera un répit ou une escalade. Ils ne savent pas si la ligne qu’ils défendent aujourd’hui sera aussi solide la semaine prochaine. Ils ne savent pas si le soutien occidental continuera ou s’évanouira. Ils ne savent pas s’il y aura un accord de paix qui les soulage ou un prolongement infini de l’horreur. Tout ce qu’ils savent, c’est que chaque jour, il faut se lever, prendre position, et repousser les assauts russes une fois de plus. C’est un test de l’endurance humaine qui dépasse les bornes.
La dernière vérité : la résilience face à l’impossible
Ce qui reste comme ultime vérité après tout cela, c’est la résilience extraordinaire du peuple ukrainien. Face à une armée que beaucoup pensaient invincible, face à une puissance de feu écrasante, face à une attrition que peu de nations pourraient supporter, l’Ukraine tient. Elle tient avec ses armes improvisées, ses drones bon marché, son courage brut. Elle tient aussi grâce à la conviction que céder serait l’apocalypse – que perdre Pokrovsk serait le premier domino qui ferait s’effondrer tout le reste. Cette conviction peut être difficile à défendre rationnellement, mais elle n’a pas besoin de l’être. Les peuples qui changent le cours de l’histoire ne le font jamais en suivant la rationalité économique ou strategique. Ils le font en refusant simplement d’accepter le résultat qu’on leur impose.
Le 21 décembre arrivera. Et probablement avec lui, d’autres combats, d’autres morts, d’autre destruction. Les rapports militaires continueront à être publiés – 120 affrontements, 140 affrontements, peu importe le chiffre. Mais derrière chaque chiffre, il y a une humanité qui se refuse à disparaître. C’est peut-être la seule victoire qui importe vraiment – non pas remporter une guerre ou conquérir une territoire, mais simplement survire. Simplement exister. Simplement refuser l’effacement. En ce sens, les défenseurs de Pokrovsk, même dans la défaite, sont des vainqueurs. Et c’est sur cette note – humble, honnête, et profondément humaine – que doit se terminer ce compte rendu du 20 décembre 2025.
Je dois terminer cet article avec une confession : je suis submergé par l’ampleur de ce conflit. Par l’injustice brute de celui-ci. Par le fait que le monde regarde et permet que cela continue. Mais je suis aussi inspiré – oui, inspiré – par la refus catégorique des Ukrainiens de plier le genou. Ce n’est pas une victoire facile ou claire. C’est une victoire de l’esprit, refusant la mort même quand la mort semble inévitable. C’est ce que je retiens, au-delà de tous les chiffres, tous les rapports, toute la stratégie militaire. L’humanité ukrainienne, qui refuse de disparaître. Et cela, c’est quelque chose pour lequel on peut croire que l’avenir n’est pas complètement perdu.
Sources
Sources primaires
État-major général des forces armées d’Ukraine – Rapports opérationels publiés le 20 décembre 2025 sur Facebook (facebook.com/GeneralStaff.ua). Données de combat à 16h00, décembre 20, 2025. Ukrinform – « War update: 128 clashes on front line since morning, more than 50 in Pokrovsk sector », publié le 20 décembre 2025 à 17h59. Source officielle reprenant directement les données du quartier-général militaire ukrainien.
Sources secondaires
Al Jazeera – « Moscow’s narrative wobbles as Ukraine takes back Kupiansk » (19 décembre 2025) ; « Russian forces ‘completely cut off’ from Kupiansk, says Ukrainian commander » (12 décembre 2025) ; « Ukraine reports large Russian mechanised assault in battle for Pokrovsk » (11 décembre 2025). Critical Threats Institute for the Study of War – « Russian Offensive Campaign Assessment, December 17, 2025 ». Évaluations de la situation tactique et stratégique basées sur le géolocalisation et l’imagerie satellite. British Ministry of Defence – Évaluations de renseignement sur les pertes russes et les avancées territoriales, rapports successifs décembre 2025. Georgia Today – « Ukraine Latest: Kupiansk Counterattack, Pokrovsk Street Fighting, and a Renewed Energy War » (19 décembre 2025). The National Interest – « Russia Claims Donbas Victories as Ukraine Still Fights » (18 décembre 2025) ; analyse des pertes russes et des affirmations géopolitiques.
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