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Ukraine frappe la flottille russe en Crimée avec son nouveau missile Flamingo
Crédit: Adobe Stock

Le projet naval moscovite en Crimée

Lorsque le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, avait annoncé en mars 2024 la création de la flottille du Dniepr, l’objectif était clair : renforcer le contrôle russe sur les estuaires et les îles stratégiques de la région. Le projet prévoyait deux brigades de bateaux fluviaux, numérotées 91 et 92, avec des quartiers généraux et postes de commandement installés en Crimée, respectivement dans les villages de Myrnyi et Tchornomorske. Selon les renseignements militaires ukrainiens, cette force navale devait ultimately compter jusqu’à 400 vaisseaux et être opérationnelle avec plus de 2000 militaires d’ici la fin 2025. Un calendrier ambitieux qui, selon les analystes de Kiev, avait peu de chances d’être respecté.

La composition de cette flottille reflétait à la fois les ambitions et les contraintes russes. Outre les bateaux réquisitionnés auprès de la population locale dans les territoires occupés, Moscou avait déployé des unités navales plus sophistiquées comme les bateaux de la classe Raptor, Grachonok et Tunets, acheminés par voie terrestre via la Crimée. Ces embarcations, bien que ne représentant pas la pointe de la technologie militaire russe, constituaient néanmoins un atout non négligeable pour les opérations de patrouille, de soutien logistique et de défense anti-sabotage dans les zones sensibles comme les bancs de Kinburn et Tendra. Le village d’Olenivka, situé sur la péninsule de Tarkhankut, abritait particulièrement des équipements spéciaux et du personnel d’une des divisions de la 91e brigade de bateaux fluviaux, qui y suivaient un entraînement au combat incluant des exercices de franchissement d’obstacles aquatiques pour les unités d’assaut.

Cette flottille du Dniepr, quel symbole d’hubris russe ! Penser que Moscou pouvait simplement s’approprier les voies navigables ukrainiennes, transformer ces eaux qui ont bercé des générations en instruments d’occupation. Il y a quelque chose de particulièrement odieux dans cette tentative de militarisation des cours d’eau, de transformation de ces artères vitales en lignes de front. Quand je vois les photos de ces bateaux Grachonok ou Tunets, conçus pour la défense côtière mais détournés pour opprimer, je ressens cette rage froide, cette détermination implacable. L’attaque d’Olenivka, c’est la juste réponse à cette tentative de colonisation aquatique.

Les missions stratégiques assignées à la force navale

Au-delà de sa simple existence, la flottille du Dniepr remplissait des fonctions cruciales dans la stratégie militaire russe en Crimée. Ses missions principales incluaient la patrouille et le soutien logistique dans les zones des bancs de Kinburn et Tendra, le déploiement vers le mouillage extérieur de Sébastopol, ainsi que la conduite d’opérations de défense anti-sabotage. Les bateaux de la flottille étaient également impliqués dans la rotation des personnels depuis la Crimée et le soutien logistique de l’unité russe sur l’île de Dovgy. Cette présence navale permettait à Moscou de maintenir une pression constante sur les positions ukrainiennes le long des voies navigables tout en sécurisant ses propres lignes d’approvisionnement maritime dans une région de plus en plus contestée.

L’importance stratégique de cette force navale résidait particulièrement dans sa capacité à projeter la puissance russe dans des zones difficiles d’accès pour les forces terrestres traditionnelles. Les cours d’eau et les estuaires représentent des frontures naturelles complexes, où les embarcations légères peuvent opérer avec une efficacité que les véhicules blindés ou l’artillerie conventionnelle ne peuvent égaler. En établissant cette présence navale permanente, la Russie cherchait à créer une nouvelle dimension dans son dispositif militaire en Crimée, compliquant considérablement toute tentative ukrainienne de reconquête des territoires occupés. La destruction partielle ou la neutralisation de cette capacité représente donc un succès significatif pour les forces ukrainiennes, non seulement sur le plan matériel mais aussi symbolique.

Je suis fasciné par cette dimension aquatique de la guerre moderne. On pense toujours aux chars, aux avions, aux missiles, mais ici c’est une bataille pour le contrôle de l’eau, de ces voies qui ont vu naître des civilisations. La Russie voulait transformer ces cours d’eau en frontières, en lignes de démarcation militaires. L’Ukraine, en frappant cette flottille, refuse cette appropriation, cette militarisation de l’élémentaire. C’est une lutte poétique presque, celle de l’eau contre ceux qui veulent l’enchaîner. Chaque bateau détruit, c’est une libération de l’élément liquide, un retour à son essence de lien plutôt que de barrière.

Sources

Sources primaires

Communiqué de l’état-major des forces armées ukrainiennes, 22 décembre 2025

Discours du président Volodymyr Zelensky, 20 août 2025

Déclaration de Fire Point concernant la production en série du Flamingo, septembre 2025

Sources secondaires

Militarnyi, « Ukrainian Forces Launch Missile Attack on Russian River Flotilla in Crimea », 22 décembre 2025

Yahoo News/Ukrainska Pravda, « Ukraine’s General Staff reports strikes on Russian boats, depots and Shahed launch sites », 22 décembre 2025

Wikipedia, « FP-5 Flamingo », consulté le 23 décembre 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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