Le nord brûle sous les assauts
Dans les secteurs de Slobozhanshchyna Nord et de Kursk, les forces ukrainiennes ont repoussé trois tentatives d’assaut ennemies. L’ennemi a également effectué deux frappes aériennes avec quatre bombes planantes et mené quatre-vingt-six tirs d’artillerie, dont un provenant d’un système de lance-roquettes multiples. Ces chiffres peuvent sembler modestes comparés à d’autres secteurs, mais ils représentent une pression constante, une usure méthodique des défenses. Dans le secteur de Slobozhanshchyna Sud, l’ennemi a attaqué les positions ukrainiennes neuf fois près de Vovchanski Khutory, Prylipky, Starytsia, et en direction de Vilcha et Izbytske. Chaque attaque mobilise des ressources, épuise les hommes, teste les limites de la résistance humaine.
Le secteur de Kupiansk a connu onze tentatives d’assaut russes. Les troupes ennemies ont tenté de percer les positions ukrainiennes près de Pishchane, Kruhliakivka, et en direction de Petropavlivske, Novoplatonivka et Kupiansk. Deux affrontements se poursuivaient encore. Ce secteur revêt une importance particulière. Les milblogueurs russes eux-mêmes reconnaissent que leurs forces ont subi des revers significatifs dans cette zone. Certains admettent avoir perdu le contrôle de plus de quarante-cinq kilomètres carrés autour de Kupiansk. Cette reconnaissance est rare. Elle témoigne de l’ampleur des difficultés russes dans ce secteur. Les commandants russes auraient exagéré leurs succès, induisant en erreur leur propre hiérarchie. Cette désinformation interne a conduit à des décisions tactiques désastreuses, notamment le redéploiement prématuré de réserves vers d’autres secteurs.
Il y a quelque chose de profondément troublant dans ces aveux russes. Quand même les propagandistes du Kremlin commencent à critiquer ouvertement leur commandement, c’est que la situation est vraiment catastrophique. Ces milblogueurs qui d’habitude chantent les louanges de l’armée russe se mettent à dénoncer les mensonges, les rapports falsifiés, les échecs camouflés. Ils parlent de troupes abandonnées, de positions perdues, de promesses non tenues. Et ça me fait réfléchir sur la nature même de cette guerre. Sur ces hommes envoyés au combat sur la base de rapports mensongers. Sur ces familles qui attendent des nouvelles qui ne viendront jamais. Sur ce système qui broie les vies humaines et ment même à lui-même.
Sloviansk et Kramatorsk dans le viseur
Dans le secteur de Sloviansk, l’ennemi a tenté de percer huit fois près de Siversk et Dronivka. Dans le secteur de Kramatorsk, les forces ukrainiennes ont repoussé trois attaques près de Minkivka et en direction de Viroliubivka. Dans le secteur de Kostiantynivka, les Russes ont attaqué vingt-et-une fois, concentrant leurs efforts près d’Oleksandro-Shultyne, Shcherbynivka, Pleshchiivka, Yablunivka, Rusyn Yar, et en direction de Sofiivka. Ces noms de villages et de villes résonnent comme une litanie funèbre. Chacun représente des familles déplacées, des maisons détruites, des vies brisées. L’Institute for the Study of War souligne que ces attaques font partie d’une stratégie russe visant à atteindre ce qu’ils appellent la « Ceinture Forteresse » – cette ligne de défense ukrainienne établie depuis deux mille quatorze qui inclut Sloviansk, Kramatorsk, Druzhkivka et Kostyantynivka.
Les analystes militaires estiment que les forces russes n’ont pas actuellement les ressources nécessaires pour percer cette ligne défensive tout en maintenant leurs offensives sur d’autres secteurs. C’est là toute la question stratégique. La Russie mène des offensives simultanées sur plusieurs axes, étirant ses lignes logistiques, épuisant ses réserves en hommes et en matériel. Cette approche multi-directionnelle crée des opportunités tactiques mais génère aussi des vulnérabilités. Les échecs russes à Kupiansk en sont l’illustration parfaite. Le commandement russe a dû choisir entre consolider ses gains à Kupiansk ou renforcer d’autres secteurs. Il a choisi la seconde option et a perdu du terrain. Ces décisions révèlent les limites de la puissance militaire russe, malgré sa supériorité numérique apparente.
Section 3 : Le secteur d'Oleksandrivka et la pression continue
Treize attaques en une journée
Dans le secteur d’Oleksandrivka, les forces ukrainiennes ont stoppé treize attaques ennemies près de Zelenyi Hai, Yalta, Tovste, Sichneve, Verbove, Vyshneve, Vorone et Rybne. Trois affrontements se poursuivaient encore au moment du rapport. Cette zone représente un enjeu stratégique majeur car elle se situe sur l’axe menant vers Zaporijjia, une ville industrielle importante et un centre logistique crucial. Les Russes cherchent à progresser méthodiquement, village par village, position par position. Leur tactique repose sur l’attrition – user l’adversaire par des attaques répétées, épuiser ses réserves, briser son moral. C’est une approche coûteuse en vies humaines mais qui peut s’avérer efficace sur le long terme si l’adversaire manque de ressources pour se régénérer.
Les défenseurs ukrainiens font face à un dilemme constant. Chaque position défendue mobilise des troupes, des munitions, du matériel. Chaque retrait tactique libère des ressources mais cède du terrain. Les commandants doivent constamment évaluer le rapport coût-bénéfice de chaque décision. Tenir une position jusqu’au bout peut signifier perdre des unités entières. Se replier trop tôt peut ouvrir des brèches dans le dispositif défensif. Cette guerre d’usure teste non seulement la capacité militaire mais aussi la résilience psychologique des combattants. Les soldats ukrainiens tiennent depuis près de trois ans maintenant. Trois ans de combats incessants, de pertes quotidiennes, d’incertitude permanente. Leur endurance force le respect, même si elle a un prix terrible en termes de traumatismes et de vies brisées.
Huliaipole sous le feu
Dans le secteur de Huliaipole, les défenseurs ukrainiens ont repoussé vingt-et-une tentatives ennemies d’avancer près de Varvarivka, Solodke et Huliaipole même. Vingt-et-une attaques en une seule journée sur un secteur relativement restreint. Cela donne une idée de l’intensité des combats. Huliaipole est devenu un point de fixation pour les forces russes. La ville se trouve sur un axe stratégique menant vers Zaporijjia. Sa capture permettrait aux Russes de progresser plus profondément dans l’oblast de Zaporijjia et de menacer des centres urbains plus importants. Les images géolocalisées publiées le vingt-quatre décembre montrent que les forces russes ont récemment progressé dans le sud de Huliaipole et atteint la route T-0401 Pokrovske-Huliaipole à Varvarivka. Ces gains territoriaux, bien que limités, témoignent de la pression constante exercée par les Russes.
Les combats urbains sont particulièrement meurtriers. Chaque bâtiment devient une forteresse potentielle. Chaque rue peut se transformer en piège mortel. Les défenseurs connaissent le terrain, peuvent préparer des positions fortifiées, tendre des embuscades. Les attaquants doivent progresser prudemment, nettoyer chaque position, sécuriser chaque angle. C’est un processus lent et coûteux. Les Russes ont appris cette leçon à Marioupol, à Bakhmout, à Avdiivka. Ils savent que prendre une ville peut nécessiter des semaines voire des mois de combats acharnés. Mais ils persistent. Parce que chaque ville capturée représente une victoire symbolique, un gain territorial tangible, un argument dans les futures négociations. La guerre moderne se joue aussi sur le terrain de la perception et de la communication.
Section 4 : Le secteur d'Orikhiv et le front sud
Six attaques repoussées
Dans le secteur d’Orikhiv, les forces ukrainiennes ont stoppé six attaques près de Mali Shcherbaky, Stepnohirsk, Stepove et Mala Tokmachka. Deux affrontements se poursuivaient encore. Ce secteur fait partie du front sud, une zone qui a connu des combats intenses depuis le début de la contre-offensive ukrainienne de deux mille vingt-trois. Les Ukrainiens avaient alors réussi à reprendre certains territoires, mais les Russes ont depuis stabilisé leurs lignes et lancé leurs propres contre-attaques. Le front s’est figé dans une guerre de positions qui rappelle les tranchées de la Première Guerre mondiale. Les deux camps se font face, séparés par quelques centaines de mètres parfois, s’observant, se bombardant, lançant des raids ponctuels. C’est une guerre d’attrition pure, où chaque mètre de terrain se paie au prix fort.
Les analystes militaires notent que le front sud présente des caractéristiques particulières. Le terrain est plus ouvert que dans le Donbass, avec moins de zones urbaines denses. Cela favorise l’utilisation de l’artillerie et des drones. Les deux camps ont massivement déployé des systèmes de drones, transformant le champ de bataille en un espace où la mort peut venir du ciel à tout moment. Les soldats ukrainiens témoignent de cette menace permanente. Un drone peut surgir sans prévenir, guidé par un opérateur situé à des kilomètres de distance. Il peut frapper avec une précision chirurgicale, transformant un véhicule en brasier ou un abri en tombe. Cette dimension technologique de la guerre moderne ajoute une couche supplémentaire de stress psychologique. Les combattants ne peuvent jamais vraiment se sentir en sécurité, même loin de la ligne de front.
Ces drones me hantent. J’ai vu des vidéos de leurs attaques. Des images floues, tremblantes, qui montrent des hommes courir, chercher un abri, puis l’explosion. Et après, plus rien. Juste un cratère fumant. Ces vidéos circulent sur les réseaux sociaux, partagées, commentées, likées parfois. Comme si c’était un jeu vidéo. Comme si ce n’étaient pas de vraies personnes qui mouraient. Cette déshumanisation me terrifie. Cette capacité que nous avons développée à regarder la mort en direct sans vraiment la voir. Sans vraiment la ressentir. Je me demande ce que ça dit de nous. De notre époque. De notre rapport à la violence.
Le secteur de Prydniprovske reste calme
Dans le secteur de Prydniprovske, aucun affrontement n’a été enregistré jusqu’à présent. Cette accalmie relative contraste avec l’intensité des combats dans d’autres secteurs. Prydniprovske se situe sur la rive ouest du Dniepr, dans la région de Kherson. Depuis la libération de Kherson en novembre deux mille vingt-deux, ce secteur est resté relativement stable. Les Russes contrôlent la rive est du fleuve, les Ukrainiens la rive ouest. Le Dniepr constitue une barrière naturelle difficile à franchir. Les deux camps se contentent généralement de tirs d’artillerie sporadiques et de raids de drones. Mais cette stabilité reste fragile. Les Russes pourraient tenter de nouvelles opérations amphibies pour établir des têtes de pont sur la rive ouest. Les Ukrainiens, de leur côté, maintiennent une vigilance constante.
Cette zone illustre un aspect souvent négligé de la guerre – les secteurs calmes où rien ne se passe pendant des jours, voire des semaines. Les soldats y montent la garde, patrouillent, attendent. L’ennui alterne avec la tension. Le danger reste présent mais moins immédiat. Ces périodes de calme relatif permettent aux troupes de se reposer, de se réorganiser, de se préparer pour les prochains combats. Mais elles génèrent aussi leur propre forme de stress. L’attente. L’incertitude. La conscience que le calme peut se briser à tout moment. Les témoignages de soldats décrivent cette vie suspendue, entre deux batailles, où le temps semble s’étirer indéfiniment. Où chaque jour ressemble au précédent. Où la routine militaire devient à la fois un refuge et une prison.
Section 5 : Les frappes sur les infrastructures énergétiques
Une nuit de terreur pour Chernihiv
Les forces russes ont continué de frapper les infrastructures énergétiques ukrainiennes dans la nuit du vingt-trois au vingt-quatre décembre. L’armée de l’air ukrainienne a signalé que les Russes ont lancé cent seize drones de type Shahed, Gerbera et autres drones d’attaque – dont environ quatre-vingt-dix étaient des Shahed – depuis les directions de Millerovo dans l’oblast de Rostov, les villes de Kursk et Oryol, Shatalovo dans l’oblast de Smolensk, Primorsko-Akhtarsk dans le kraï de Krasnodar, et Hvardiiske occupé en Crimée. Les forces ukrainiennes ont abattu soixante drones dans le nord, le sud et l’est de l’Ukraine. Les Russes ont dirigé un nombre important de drones contre des installations d’infrastructure critique dans l’oblast de Chernihiv, et quarante-huit drones ont frappé dix-neuf emplacements à partir de huit heures trente, heure locale.
L’opérateur énergétique d’État ukrainien Ukrenergo a signalé des coupures de courant dans les oblasts de Sumy, Dnipropetrovsk, Kherson, Kharkiv et Chernihiv suite aux frappes nocturnes. Les responsables de la ville et de l’oblast de Chernihiv ont rapporté que les forces russes ont frappé des infrastructures critiques et énergétiques dans le raïon de Chernihiv dans la soirée du vingt-trois décembre et le vingt-quatre décembre, provoquant des coupures de courant pour des dizaines de milliers de résidents de l’oblast de Chernihiv. Les responsables de la ville de Chernihiv ont également signalé que les forces russes ont frappé un immeuble d’habitation et au moins deux autres emplacements dans la ville, possiblement avec un drone Shahed à propulsion par réacteur. Ces frappes s’inscrivent dans une campagne russe délibérée visant à détruire le réseau énergétique ukrainien avant l’hiver.
Kharkiv dans le noir
Les responsables de la ville et de l’oblast de Kharkiv ont rapporté que les forces russes ont frappé une centrale thermique dans la banlieue de Kharkiv, possiblement avec un système de lance-roquettes multiples Tornado, tuant au moins une personne et en blessant treize, et endommageant une entreprise de transport à proximité. Le maire de Kharkiv, Ihor Terekhov, a déclaré que la frappe a perturbé la production d’électricité, les approvisionnements en chauffage et les transports dans la ville, et que de graves dommages à la centrale thermique ont forcé la ville à passer à la fourniture d’électricité via des « îlots énergétiques ». Le chef de l’administration militaire de la ville de Kherson, Yaroslav Shanko, a également signalé que les forces russes ont frappé des infrastructures critiques et résidentielles dans la ville de Kherson, tuant au moins une personne et en blessant une autre.
La société ukrainienne d’extraction de pétrole et de gaz naturel Ukrnafta a signalé que les forces russes ont lancé près de cent drones d’attaque contre les installations de production d’Ukrnafta entre le vingt-deux et le vingt-quatre décembre, causant des dommages aux équipements et forçant Ukrnafta à arrêter temporairement une partie de sa production. Ces frappes consécutives sur les infrastructures énergétiques dans l’ouest et l’est de l’Ukraine font probablement partie de la campagne russe en cours visant à diviser le réseau énergétique ukrainien en deux. Les analystes de l’Institute for the Study of War notent que cette stratégie vise à affaiblir la résilience ukrainienne en privant la population de chauffage et d’électricité pendant l’hiver. C’est une forme de guerre totale qui cible délibérément les civils.
Ces attaques contre les infrastructures civiles me révoltent profondément. Frapper des centrales électriques en plein hiver, c’est condamner des millions de personnes au froid, à l’obscurité, à la peur. C’est une tactique de terreur pure. Et le pire, c’est que ça marche. Pas pour briser la volonté ukrainienne – ça, les Russes ne l’ont toujours pas compris – mais pour infliger des souffrances massives. Pour rendre la vie quotidienne insupportable. Pour transformer chaque jour en combat pour la survie. Je pense à ces familles qui se réveillent sans électricité, sans chauffage, qui doivent trouver des moyens de cuisiner, de se laver, de vivre. Et je me sens impuissant face à cette cruauté systématique.
Section 6 : Les opérations ukrainiennes en territoire russe
Des frappes de précision
Les forces ukrainiennes ont poursuivi leur campagne de frappes à longue portée contre les infrastructures industrielles de défense russes dans la nuit du vingt-trois au vingt-quatre décembre. L’état-major ukrainien a signalé le vingt-quatre décembre que les forces ukrainiennes ont frappé l’usine de caoutchouc synthétique d’Efremov dans l’oblast de Toula, qui produit des composants pour les explosifs et le carburant pour fusées solides. Le Service de sécurité ukrainien a signalé le vingt-trois décembre que la treizième direction principale du département de contre-espionnage militaire du SBU a frappé un avion de patrouille maritime russe Il-38N à la base aérienne de Yeysk avec un drone avant la frappe du quinze décembre sur le sous-marin de classe Kilo à la base navale de Novorossiysk. La treizième direction principale du département de contre-espionnage militaire du SBU a rapporté que l’Il-38N était le seul actif russe dans la région capable de détecter les drones Sea Baby ukrainiens qui ont frappé le sous-marin de classe Kilo.
Ces opérations démontrent la capacité croissante de l’Ukraine à frapper en profondeur sur le territoire russe. Les Ukrainiens ont développé leurs propres systèmes de drones à longue portée et utilisent également des missiles fournis par leurs alliés occidentaux. Ces frappes visent principalement des cibles militaires et industrielles – bases aériennes, dépôts de carburant, usines d’armement, centres de commandement. L’objectif est double. D’abord, perturber la machine de guerre russe en détruisant ses capacités de production et de logistique. Ensuite, démontrer que le territoire russe n’est pas un sanctuaire inviolable. Cette stratégie comporte des risques. Chaque frappe sur le sol russe peut être utilisée par le Kremlin pour justifier une escalade. Mais les Ukrainiens estiment que ces risques sont acceptables au regard des bénéfices tactiques et stratégiques.
La guerre en Crimée
L’Ukraine a poursuivi sa campagne de frappes à longue portée contre les infrastructures militaires russes en Crimée occupée dans la nuit du vingt-trois au vingt-quatre décembre. L’état-major ukrainien a signalé que les forces ukrainiennes ont frappé un site russe de stockage et de maintenance de drones navals près de Myrnyi occupé, en Crimée. La Crimée représente un enjeu stratégique majeur pour les deux camps. Pour la Russie, c’est une base arrière essentielle, un point d’appui pour ses opérations en mer Noire, un symbole de sa puissance. Pour l’Ukraine, c’est un territoire occupé illégalement qu’elle est déterminée à récupérer. Les frappes ukrainiennes sur la Crimée visent à rendre cette occupation coûteuse, à perturber les opérations militaires russes, à démontrer que même cette péninsule fortifiée n’est pas hors de portée.
La campagne ukrainienne en Crimée a déjà obtenu des résultats significatifs. Plusieurs navires de guerre russes ont été endommagés ou détruits. Des dépôts de munitions ont explosé. Des systèmes de défense aérienne ont été neutralisés. Ces succès ont forcé la flotte russe de la mer Noire à se replier vers des ports plus éloignés, réduisant son efficacité opérationnelle. Ils ont également eu un impact psychologique important. La population russe de Crimée, qui se croyait à l’abri des combats, découvre que la guerre peut frapper n’importe où, n’importe quand. Cette insécurité érode le soutien à l’occupation et complique les efforts russes pour normaliser leur contrôle sur la péninsule. C’est une guerre d’usure qui se joue aussi sur le terrain de la perception et du moral.
Section 7 : Les négociations dans l'impasse
Un plan de paix en vingt points
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a publié le dernier plan de paix américano-ukrainien-européen en vingt points le vingt-trois décembre, que les États-Unis présenteront prétendument à la Russie. Le plan en vingt points semble résumer les propositions américano-ukrainiennes-européennes, et Zelensky a déclaré qu’il existe trois documents supplémentaires non publiés. Un document américano-ukrainien-européen décrivant les garanties de sécurité pour l’Ukraine. Un document américano-ukrainien sur le rôle militaire américain dans les garanties de sécurité qui comprend un plan d’action détaillé et des mécanismes de réponse en cas de reprise de l’agression russe. Et un document américano-ukrainien appelé « Feuille de route pour la prospérité de l’Ukraine » décrivant la reconstruction et le développement économique de l’Ukraine après-guerre. Le plan en vingt points semble inclure des points sur lesquels les États-Unis, l’Ukraine et l’Europe se sont largement mis d’accord, mais Zelensky a noté que certains points, notamment les questions liées au contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijjia occupée par les Russes et les mécanismes pour créer une zone démilitarisée ou une « zone économique libre » dans l’oblast de Donetsk, restent non résolus et toujours en discussion.
Le plan en vingt points diffère du plan en vingt-huit points de novembre deux mille vingt-cinq de manière significative. Le plan en vingt-huit points appelait l’Ukraine à se retirer du reste du Donbass non occupé, à la création d’une zone démilitarisée dans le Donbass qui serait internationalement reconnue comme territoire russe de facto, et au gel de la guerre le long de la ligne de front actuelle dans les oblasts de Zaporijjia et Kherson. Le plan en vingt-huit points plafonnait également l’armée ukrainienne en temps de paix à six cent mille personnels et appelait l’Ukraine à abandonner ses efforts pour adhérer à l’OTAN. Le plan en vingt points, en revanche, appelle au gel de la guerre dans les oblasts de Louhansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson le long de la ligne de front à la date de signature de l’accord, plafonne l’armée ukrainienne en temps de paix à huit cent mille personnels, et ne mentionne pas l’éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Les références à l’adhésion ukrainienne à l’OTAN peuvent figurer dans les autres documents non publiés, cependant.
Ces négociations me laissent un goût amer. On parle de geler les lignes de front, de zones démilitarisées, de garanties de sécurité. Mais derrière ces termes techniques, il y a des millions de personnes dont le destin se joue. Des familles séparées par des lignes arbitraires. Des villes détruites qui devront être reconstruites. Des traumatismes qui mettront des générations à guérir. Et je me demande si les négociateurs comprennent vraiment ce qu’ils sont en train de décider. S’ils mesurent le poids de leurs choix. Ou s’ils ne voient que des cartes, des chiffres, des positions stratégiques. La diplomatie a ses nécessités, je le comprends. Mais elle ne doit jamais oublier l’humain.
Le Kremlin reste inflexible
Le Kremlin devra faire des compromis sur des exigences qu’il a longtemps maintenues, y compris beaucoup qui sont incompatibles non seulement avec le dernier plan de paix en vingt points mais aussi avec le plan initial en vingt-huit points. L’ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Matt Whitaker, a déclaré le vingt-trois décembre sur Fox News que « la balle est actuellement dans leur camp » pour répondre aux quatre documents qui ont émergé des récentes discussions américano-ukrainiennes-européennes. Whitaker a noté que les pertes élevées que les forces russes subissent en échange de gains « très petits » sur le champ de bataille n’ont pas poussé le Kremlin à essayer de mettre fin à la guerre. Le Kremlin a déjà signalé qu’il n’est pas intéressé à accepter les contre-propositions ukrainiennes ou européennes à tout accord de paix, l’assistant présidentiel russe Yuriy Ushakov déclarant le vingt-et-un décembre qu’il est « certain » que les propositions que les délégations ukrainiennes et européennes ont faites lors de leurs discussions avec la délégation américaine à Miami seraient « plutôt non constructives » et n' »amélioreraient » pas l’accord de règlement alors proposé.
Le Kremlin a fait à plusieurs reprises des exigences incompatibles avec de nombreuses propositions du plan en vingt points et a montré qu’il n’est pas intéressé par une résolution basée sur des compromis, comme ceux que le dernier document semble incarner. Le président russe Vladimir Poutine a exposé aussi récemment que le dix-neuf décembre son engagement envers les exigences qu’il a formulées dans son discours de juin deux mille vingt-quatre au ministère russe des Affaires étrangères. Le retrait complet de l’Ukraine de tous les oblasts de Louhansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson. L’abandon par l’Ukraine de ses aspirations à l’adhésion à l’OTAN et son engagement à la neutralité. La démilitarisation de l’Ukraine – l’exigence russe de limites sur l’armée ukrainienne telles que l’Ukraine ne puisse pas se défendre. La dénazification de l’Ukraine – l’exigence russe du remplacement du gouvernement ukrainien actuel par un gouvernement fantoche pro-russe. La reconnaissance internationale des annexions russes des quatre oblasts ukrainiens et de la Crimée dans les accords internationaux. Et la levée de toutes les sanctions occidentales contre la Russie.
Section 8 : Les critiques russes du plan de paix
Des voix dissidentes au sein du système
Les déclarations des députés de la Douma d’État russe et des sources d’initiés sur le mécontentement probable de la Russie face aux dernières propositions sont conformes aux déclarations et aux messages du Kremlin ces dernières semaines sur les exigences de la Russie et sa position de négociation intransigeante. Le Kremlin n’a pas officiellement et publiquement répondu à la dernière proposition de paix américano-ukrainienne-européenne au moment de la rédaction. Le premier vice-président du comité des affaires internationales de la Douma d’État russe, Alexei Chepa, a critiqué l’absence dans le plan d’une disposition interdisant l’adhésion ukrainienne à l’OTAN et a rejeté les propositions concernant la participation ukrainienne à la gestion de la centrale nucléaire de Zaporijjia. Chepa a déclaré que la Russie apportera des modifications importantes à la clause sur les territoires, dont la version actuelle, selon Chepa, ne satisfera pas le Kremlin.
Bloomberg a rapporté le vingt-quatre décembre qu’une source proche du Kremlin a déclaré que la Russie cherchera probablement à modifier le plan en vingt points car le plan manque de dispositions importantes pour la Russie. La source aurait déclaré que les préoccupations de la Russie concernant le document incluent l’absence de garanties interdisant l’expansion de l’OTAN vers l’est, des limites insuffisantes sur les forces militaires ukrainiennes en temps de paix et les armes, l’absence de dispositions sur le statut neutre de l’Ukraine si l’Ukraine rejoint l’Union européenne, et l’absence d’assurances sur le statut de la langue russe en Ukraine. Bloomberg a rapporté que la source a déclaré que le Kremlin veut également des dispositions sur les avoirs russes gelés et la suppression des sanctions occidentales dans la proposition de paix. Le Kremlin a appelé à plusieurs reprises tout futur règlement de paix à éliminer les « causes profondes » de la guerre, que le Kremlin définit comme l’expansion de l’OTAN et la prétendue discrimination de l’Ukraine contre les russophones.
L’intransigeance comme stratégie
La réticence démontrée de la Russie à s’engager dans des compromis et son engagement inébranlable à atteindre ses objectifs de guerre originaux de deux mille vingt-deux suggèrent que les perspectives de cet accord de paix pour mettre fin à la guerre restent faibles à ce moment. Les milblogueurs affiliés au Kremlin reconnaissent des succès ukrainiens importants dans la direction de Kupiansk et critiquent le Kremlin et le commandement militaire russe pour avoir fourni de faux rapports de champ de bataille. Un milblogueur russe affilié au Kremlin a affirmé rétroactivement le vingt-quatre décembre que les forces russes ont perdu une partie importante de leur tête de pont sur la rive ouest de la rivière Oskil alors que les forces ukrainiennes ont repris des positions immédiatement au nord et au nord-ouest de Kupiansk à Kindrashivka et Radkivka, et à la périphérie de Myrove à une date antérieure non spécifiée.
Le milblogueur a noté que les trois localités étaient les seules localités que les forces russes contrôlaient avant le lancement des contre-attaques ukrainiennes ces dernières semaines, malgré les responsables militaires russes revendiquant le contrôle de onze localités dans la région. Le milblogueur a publié une carte affinée qui réfutait les revendications russes précédentes et montrait que les forces ukrainiennes maintenaient ou reprenaient des positions au nord de Kupiansk à Dovhenke, au sud-est de Zapadne, et au nord-est de Kindrashivka. Au nord-est de Kupiansk dans la zone au nord-est de Holubivka. À l’est de Kupiansk dans, au nord-est de, et au sud-est de Petropavlivka et à Kucherivka. Au sud-est de Kupiansk dans, au nord-est de, à l’est de, et au sud de Pishchane et à Kurylivka. Et au sud de Kupiansk dans la zone à l’est et au nord-ouest de Kolisnykivka. Le milblogueur a critiqué le commandement militaire russe pour avoir exagéré les gains russes dans et autour de Kupiansk et pour avoir redéployé prématurément des réserves de la direction de Kupiansk pour renforcer d’autres secteurs de la ligne de front, laissant la ville vulnérable aux infiltrations ukrainiennes.
Ces critiques internes au système russe sont fascinantes et terrifiantes à la fois. Elles révèlent les fissures dans la façade de propagande. Elles montrent que même les plus fervents supporters du régime commencent à douter. Mais elles montrent aussi l’ampleur du mensonge systémique. Des rapports falsifiés remontent la chaîne de commandement. Des décisions sont prises sur la base d’informations erronées. Des soldats meurent à cause de ces mensonges. Et tout le monde le sait. Mais personne ne peut rien dire. Parce que dire la vérité, c’est risquer sa carrière, sa liberté, peut-être sa vie. Alors le mensonge continue. Et les morts s’accumulent.
Section 9 : Les limites de la puissance russe
Une armée à bout de souffle
Les milblogueurs russes ont également reconnu que les échecs de la Russie à Kupiansk indiquent que la Russie n’a pas suffisamment de main-d’œuvre ou de matériel pour vaincre de manière imminente la partie nord de la Ceinture Forteresse tout en poursuivant simultanément des opérations offensives ailleurs. La Ceinture Forteresse fait référence à la principale ligne défensive fortifiée de l’Ukraine dans l’oblast de Donetsk depuis deux mille quatorze qui comprend quatre villes – Sloviansk, Kramatorsk, Druzhkivka et Kostyantynivka. Le milblogueur russe couvrant le groupement de forces occidental russe a laissé entendre que l’échec russe à s’emparer de Kupiansk, à poursuivre les avancées dans la région et à développer davantage l’offensive de Lyman en cours avant deux mille vingt-six fixe un nombre important de troupes russes dans la région. Le milblogueur a affirmé que plusieurs unités russes n’ont pas atteint leurs objectifs.
Le milblogueur a affirmé que des éléments des cent vingt-et-unième et cent vingt-deuxième régiments de fusiliers motorisés n’ont pas entièrement saisi Kupiansk ni atteint la ligne Blahodativka-Nechvolodivka au sud-ouest de Kupiansk. Que des éléments du cent cinquante-troisième régiment de chars et du deux cent soixante-douzième régiment de fusiliers motorisés n’ont pas commencé d’assauts contre Kupiansk-Vuzlovyi au sud-est de Kupiansk. Que des éléments du quatre cent vingt-troisième régiment de fusiliers motorisés n’ont pas réussi à s’emparer de Korovii Yar, Yarova et Sosnove tous au nord-ouest de Lyman. Et que des éléments du dix-neuvième régiment de chars et des trente-et-unième et trente-sixième régiments de fusiliers motorisés n’ont pas saisi Lyman. Le milblogueur a noté que les tentatives russes de mener des offensives à plusieurs volets empêchent les forces russes de briser « méthodiquement » les défenses ukrainiennes dans un secteur prioritaire.
Le dilemme stratégique russe
Le milblogueur éminent impliqué dans les efforts de financement participatif russes a affirmé que les succès ukrainiens dans la direction de Kupiansk empêcheront les forces russes d’exploiter les récentes avancées russes près de Lyman et Siversk, inhibant ainsi l’offensive russe vers Sloviansk. Le milblogueur a ajouté que les forces russes devront traverser la rivière Siverskyi Donets dans la direction de Lyman pour atteindre Sloviansk et devront protéger leurs flancs des forces ukrainiennes à Izyum. Le milblogueur a évalué que les forces russes sont incapables de développer l’offensive de Sloviansk depuis la direction de Siversk parce qu’elles n’ont pas un nombre suffisant de troupes pour mener un assaut frontal contre Sloviansk. Le milblogueur a noté que le redéploiement par le commandement militaire russe de réserves de la direction de Kupiansk vers d’autres secteurs et les échecs russes à Kupiansk montrent que les forces russes sont incapables de sécuriser des positions dans des zones précédemment saisies sans réserves supplémentaires.
L’Institute for the Study of War a récemment évalué que les forces russes continueront probablement à avoir du mal à maintenir les offensives à plusieurs volets souhaitées par le Kremlin dans différentes directions en raison des coûts à long terme en matériel et en main-d’œuvre de ces opérations simultanées. Les efforts russes pour commencer la bataille pour la Ceinture Forteresse étireront probablement davantage les ressources russes, et la Russie devra probablement dé-prioriser d’autres secteurs de la ligne de front afin de concentrer encore plus de forces dans la zone de la Ceinture Forteresse. Le Kremlin fait donc des demandes dans les négociations pour que l’Ukraine cède les parties non occupées de l’oblast de Donetsk, probablement afin d’économiser à la Russie les ressources en personnel et en matériel et peut-être pour mettre la Russie dans une position plus avantageuse pour réinvader à l’avenir afin de poursuivre l’objectif stratégique à long terme de Poutine de contrôler toute l’Ukraine.
Section 10 : La dimension biélorusse
Le déploiement de missiles Oreshnik
Le chef du Service de renseignement étranger ukrainien, Oleh Ivashchenko, a rapporté le vingt-quatre décembre que le SZR a obtenu des informations supplémentaires non spécifiées sur le déploiement du missile balistique à portée intermédiaire Oreshnik en Biélorussie. Le ministre biélorusse de la Défense, Viktor Khrenin, a affirmé le vingt-quatre décembre qu’il avait informé le président biélorusse Alexandre Loukachenko du déploiement et de l’activation du missile Oreshnik en Biélorussie et d’une coopération militaire accrue avec la Russie. Ce déploiement représente une escalade significative. Les missiles Oreshnik sont des armes à portée intermédiaire capables de transporter des ogives conventionnelles ou nucléaires. Leur présence en Biélorussie rapproche ces systèmes des frontières de l’OTAN et réduit le temps de réaction en cas de lancement. C’est une démonstration de force de la part de Moscou, un message envoyé à l’Occident sur les conséquences potentielles d’un soutien accru à l’Ukraine.
La Biélorussie joue un rôle ambigu dans ce conflit. Officiellement, elle n’est pas directement impliquée dans les combats. Mais son territoire sert de base arrière pour les forces russes. Des missiles sont lancés depuis le sol biélorusse. Des troupes russes utilisent la Biélorussie pour se repositionner. Le régime de Loukachenko marche sur une corde raide. Il doit satisfaire son protecteur russe tout en évitant de s’impliquer trop directement dans une guerre impopulaire auprès de la population biélorusse. Cette position inconfortable pourrait devenir intenable si le conflit s’intensifie davantage. Une intervention directe de la Biélorussie pourrait déclencher des troubles internes et compliquer encore la situation géopolitique régionale. Pour l’instant, Loukachenko maintient cet équilibre précaire, mais pour combien de temps encore?
La Biélorussie me fait penser à ces personnages tragiques des pièces de théâtre classiques. Pris entre deux forces, incapables de choisir vraiment, condamnés à subir. Le peuple biélorusse n’a pas voulu cette guerre. Il a manifesté contre Loukachenko, il a été réprimé, il a été réduit au silence. Et maintenant, son pays devient une plateforme pour lancer des missiles sur l’Ukraine. C’est une injustice supplémentaire dans un conflit qui en compte déjà tant. Je pense à ces Biélorusses qui regardent impuissants leur pays être utilisé comme un pion dans un jeu qui les dépasse. À leur frustration. À leur colère. À leur sentiment d’impuissance.
Les implications pour l’OTAN
Le déploiement de missiles Oreshnik en Biélorussie a des implications directes pour la sécurité de l’OTAN. Les pays baltes – Estonie, Lettonie, Lituanie – se trouvent à portée immédiate de ces systèmes. La Pologne également. Ces nations, qui ont rejoint l’OTAN précisément pour se protéger de la menace russe, se retrouvent maintenant dans la ligne de mire. L’Alliance atlantique doit répondre à cette nouvelle réalité. Renforcer ses défenses antimissiles. Augmenter sa présence militaire dans les pays de l’Est. Développer des capacités de dissuasion crédibles. Mais chaque mesure de l’OTAN est interprétée par Moscou comme une provocation, justifiant à son tour de nouvelles escalades russes. C’est une spirale dangereuse qui rappelle les heures les plus sombres de la Guerre froide.
Les analystes militaires débattent de la meilleure réponse à adopter. Certains plaident pour une posture ferme, arguant que toute faiblesse perçue encouragerait l’agressivité russe. D’autres préconisent la retenue, craignant qu’une escalade militaire ne mène à une confrontation directe entre l’OTAN et la Russie. Cette tension entre fermeté et prudence définit la politique occidentale depuis le début du conflit. Jusqu’à présent, l’Occident a réussi à maintenir cet équilibre délicat – soutenir l’Ukraine sans franchir les lignes rouges qui déclencheraient une guerre plus large. Mais cet équilibre devient de plus en plus difficile à maintenir à mesure que le conflit s’intensifie et que les enjeux augmentent. La question n’est plus de savoir si cet équilibre tiendra, mais combien de temps encore il pourra tenir.
Section 11 : Les pertes humaines et matérielles
Le coût invisible de la guerre
Au-delà des chiffres officiels, au-delà des rapports militaires, il y a une réalité humaine que les statistiques ne peuvent capturer. Chaque jour, des centaines de soldats ukrainiens et russes meurent ou sont blessés. Certains meurent instantanément, pulvérisés par un obus d’artillerie ou une frappe de drone. D’autres agonisent pendant des heures, attendant des secours qui n’arrivent pas toujours à temps. Les blessés qui survivent font face à un long chemin de récupération. Amputations, traumatismes crâniens, blessures par éclats d’obus, brûlures graves. Les hôpitaux militaires ukrainiens sont débordés. Les médecins et infirmières travaillent sans relâche, effectuant des miracles quotidiens avec des ressources limitées. Mais ils ne peuvent pas sauver tout le monde. Et ceux qu’ils sauvent portent souvent des cicatrices qui ne guériront jamais complètement.
Les traumatismes psychologiques sont peut-être encore plus répandus que les blessures physiques. Le syndrome de stress post-traumatique touche une proportion importante des combattants. Les cauchemars, les flashbacks, l’hypervigilance, l’incapacité à se réadapter à la vie civile. Ces symptômes peuvent persister pendant des années, voire des décennies après la fin des combats. Les familles des soldats souffrent également. L’attente angoissée des nouvelles. La peur constante qu’un officier vienne frapper à la porte avec de mauvaises nouvelles. L’adaptation à la vie avec un proche qui revient changé, marqué par des expériences qu’il ne peut ou ne veut pas partager. La guerre ne se termine pas quand les armes se taisent. Elle continue de résonner dans les vies brisées, les familles déchirées, les communautés traumatisées.
La destruction matérielle
Les pertes matérielles sont également colossales. Des villes entières ont été réduites en ruines. Marioupol, Bakhmout, Avdiivka ne sont plus que des champs de décombres. Des milliers de bâtiments résidentiels détruits. Des écoles, des hôpitaux, des infrastructures civiles anéanties. Le coût de la reconstruction se chiffrera en centaines de milliards d’euros. Et ce n’est pas seulement une question d’argent. C’est aussi une question de temps, de ressources, de volonté politique. Reconstruire une ville détruite prend des années, parfois des décennies. Et pendant ce temps, les gens doivent vivre dans des conditions précaires, dans des logements temporaires, dans l’incertitude permanente. Les infrastructures énergétiques ukrainiennes ont été systématiquement ciblées. Des centrales électriques, des transformateurs, des lignes de transmission détruites ou endommagées. Chaque hiver devient un défi de survie pour des millions d’Ukrainiens.
Les terres agricoles ont également souffert. Des millions d’hectares sont minés. Il faudra des années pour les déminer complètement. En attendant, ces terres restent inutilisables, privant l’Ukraine d’une source importante de revenus et le monde d’une source cruciale de nourriture. L’Ukraine était le grenier de l’Europe. Elle exportait du blé, du maïs, du tournesol vers le monde entier. Cette production a été gravement perturbée par la guerre. Les conséquences se font sentir bien au-delà des frontières ukrainiennes, contribuant à l’insécurité alimentaire mondiale et à la hausse des prix des denrées de base. La guerre en Ukraine n’est pas seulement un conflit régional. C’est un événement qui affecte l’économie mondiale, la sécurité alimentaire, les équilibres géopolitiques. Ses répercussions se feront sentir pendant des générations.
Quand je pense à toute cette destruction, je ressens une colère sourde. Pas seulement contre ceux qui ont déclenché cette guerre. Mais aussi contre notre incapacité collective à l’arrêter. Contre notre impuissance face à cette machine de mort qui continue de broyer des vies. Nous regardons. Nous commentons. Nous exprimons notre solidarité sur les réseaux sociaux. Mais ça ne suffit pas. Ça n’a jamais suffi. Et pendant ce temps, les bombes continuent de tomber. Les gens continuent de mourir. Les villes continuent d’être détruites. Et nous continuons de vivre nos vies, à peine perturbés par cette tragédie qui se déroule à nos portes.
Section 12 : Les enjeux géopolitiques globaux
L’ordre mondial en question
La guerre en Ukraine dépasse largement le cadre d’un conflit régional. Elle pose des questions fondamentales sur l’ordre mondial établi après la Seconde Guerre mondiale. La Russie conteste ouvertement les règles du système international. Elle annexe des territoires par la force. Elle ignore les résolutions de l’ONU. Elle menace d’utiliser l’arme nucléaire. Cette remise en cause des normes internationales a des implications profondes. Si la Russie réussit à conquérir l’Ukraine ou à lui imposer ses conditions, cela créera un précédent dangereux. D’autres puissances régionales pourraient être tentées de résoudre leurs différends par la force. La Chine observe attentivement. Taiwan aussi. Le monde entier retient son souffle, conscient que l’issue de ce conflit façonnera l’ordre international pour les décennies à venir.
L’Occident se trouve face à un dilemme existentiel. Jusqu’où est-il prêt à aller pour défendre les principes qu’il proclame? L’intégrité territoriale, la souveraineté nationale, le droit international. Ces concepts sonnent creux si personne n’est prêt à les défendre concrètement. Mais les défendre implique des risques. Des coûts économiques. Des tensions politiques internes. La possibilité d’une escalade militaire. Les sociétés occidentales, habituées à la paix et à la prospérité, sont-elles prêtes à accepter ces sacrifices? Les gouvernements occidentaux naviguent entre ces contraintes contradictoires. Ils doivent montrer leur soutien à l’Ukraine sans provoquer une guerre plus large. Ils doivent maintenir l’unité de l’alliance occidentale malgré des intérêts nationaux divergents. Ils doivent gérer l’opinion publique qui oscille entre la compassion pour l’Ukraine et la lassitude face à un conflit qui s’éternise.
Les fractures au sein de l’Occident
L’unité occidentale, si souvent proclamée, montre des signes de tension. Les États-Unis, sous différentes administrations, ont eu des approches variables. L’Europe peine à parler d’une seule voix. Certains pays, comme la Pologne et les États baltes, plaident pour un soutien maximal à l’Ukraine. D’autres, comme la Hongrie, maintiennent des liens avec la Russie. L’Allemagne hésite entre sa tradition pacifiste et la nécessité de réarmer. La France cherche à jouer un rôle de médiateur tout en soutenant l’Ukraine. Ces divergences reflètent des histoires nationales différentes, des intérêts économiques variés, des calculs politiques internes. Elles compliquent la formulation d’une stratégie occidentale cohérente. La Russie exploite habilement ces divisions, cherchant à affaiblir le soutien occidental à l’Ukraine par la manipulation de l’information, les pressions économiques, les menaces voilées.
La question énergétique illustre parfaitement ces tensions. Avant la guerre, l’Europe dépendait fortement du gaz russe. Cette dépendance a été utilisée comme une arme par Moscou. Les pays européens ont dû rapidement diversifier leurs sources d’approvisionnement, au prix de coûts économiques considérables. Certains ont réussi mieux que d’autres. Les différences dans la capacité à absorber ces chocs économiques créent des tensions au sein de l’Union européenne. Les pays les plus touchés demandent une solidarité accrue. Les pays les moins affectés rechignent à payer pour les erreurs stratégiques passées. Ces débats sur le partage des coûts de la guerre révèlent les limites de l’intégration européenne. L’Europe peut-elle vraiment devenir une puissance géopolitique unie? Ou restera-t-elle une collection d’États-nations poursuivant leurs intérêts propres sous un vernis d’unité?
Conclusion : L'avenir incertain
Les scénarios possibles
Trois scénarios principaux se dessinent pour l’avenir de ce conflit. Le premier est une victoire militaire ukrainienne, avec la libération de tous les territoires occupés y compris la Crimée. Ce scénario nécessiterait un soutien occidental massif et soutenu, une mobilisation totale de la société ukrainienne, et des revers militaires russes significatifs. Il semble de plus en plus improbable à mesure que la guerre s’enlise. Le deuxième scénario est une victoire russe, avec l’effondrement de la résistance ukrainienne et l’imposition des conditions russes. Ce scénario aurait des conséquences catastrophiques pour l’ordre international et encouragerait l’agressivité d’autres puissances révisionnistes. Il reste possible si le soutien occidental faiblit et si la Russie parvient à mobiliser suffisamment de ressources pour submerger les défenses ukrainiennes.
Le troisième scénario, et probablement le plus réaliste à court terme, est un gel du conflit le long des lignes actuelles. Une sorte de paix froide où les deux camps maintiennent leurs positions sans combats actifs mais sans résolution politique réelle. C’est essentiellement ce que proposent les plans de paix actuellement en discussion. Ce scénario présente des avantages et des inconvénients. Il mettrait fin aux combats actifs, permettant aux deux camps de se reconstruire et de soigner leurs blessés. Mais il laisserait les questions fondamentales non résolues. Les territoires occupés resteraient sous contrôle russe. Des millions d’Ukrainiens resteraient déplacés. La menace d’une reprise des hostilités planerait en permanence. Ce serait une paix précaire, instable, susceptible de s’effondrer à tout moment. Mais ce serait peut-être le mieux que l’on puisse espérer dans les circonstances actuelles.
Les leçons de cette guerre
Cette guerre nous enseigne des leçons douloureuses sur la nature du pouvoir, les limites de la diplomatie, la résilience humaine. Elle nous rappelle que la paix n’est jamais garantie, que la sécurité doit être constamment défendue, que les principes sans la force pour les soutenir restent de vaines paroles. Elle démontre l’importance de l’unité face à l’agression, mais aussi la difficulté de maintenir cette unité face aux coûts et aux sacrifices. Elle révèle les capacités d’adaptation remarquables des sociétés sous pression, mais aussi les limites de cette adaptation. Elle montre que la technologie moderne a transformé la guerre, avec les drones et les systèmes de précision jouant un rôle central, mais que les fondamentaux restent inchangés – le courage des combattants, la volonté des populations, la qualité du commandement.
Pour l’Ukraine, cette guerre représente un moment définissant de son histoire nationale. Quelle que soit l’issue, le pays ne sera plus jamais le même. Une génération entière a été marquée par le conflit. Des millions de personnes ont été déplacées. Des villes ont été détruites. Mais paradoxalement, cette épreuve a aussi forgé une identité nationale plus forte, une détermination collective, un sens du sacrifice partagé. L’Ukraine d’après-guerre, si elle survit en tant qu’État indépendant, sera probablement plus unie, plus militarisée, plus méfiante envers la Russie que jamais auparavant. Pour la Russie, les conséquences à long terme restent incertaines. Le régime de Poutine a misé son avenir sur cette guerre. Une défaite ou même un résultat ambigu pourrait ébranler les fondements de son pouvoir. Mais pour l’instant, le système tient, maintenu par la répression, la propagande, et l’inertie d’une société habituée à l’autoritarisme.
En écrivant ces lignes, je réalise à quel point il est difficile de conclure sur une guerre qui n’est pas terminée. Comment résumer l’insupportable? Comment donner du sens à l’absurde? Je ne peux pas. Personne ne le peut vraiment. Tout ce que je peux faire, c’est témoigner. Raconter ce qui se passe. Refuser l’indifférence. Parce que l’indifférence, c’est la vraie défaite. C’est accepter que la violence devienne normale. Que la souffrance devienne banale. Que la mort devienne une statistique. Je refuse cette normalisation. Je refuse d’accepter que deux cent trente-sept affrontements en une journée soient devenus ordinaires. Je refuse de me résigner à cette tragédie qui se déroule sous nos yeux. Et j’espère que vous refuserez aussi.
Sources
Sources primaires
État-major général des Forces armées d’Ukraine, rapport opérationnel du 26 décembre 2025, publié le 26 décembre 2025 via Facebook et Ukrinform. Institute for the Study of War, « Russian Offensive Campaign Assessment, December 24, 2025 », publié le 24 décembre 2025. Ukrinform, « War update: 237 clashes on frontline, Pokrovsk and Lyman sectors see fiercest fighting », publié le 26 décembre 2025. Service de sécurité d’Ukraine, communiqués officiels sur les opérations de frappe, publiés entre le 23 et le 26 décembre 2025. Ukrenergo, rapports sur les coupures d’électricité, publiés le 24 décembre 2025.
Sources secondaires
La Vigie, « Bilan numéro 126 du 23 décembre 2025 (guerre d’Ukraine) », publié le 23 décembre 2025. Bloomberg, article sur la réaction russe au plan de paix, publié le 24 décembre 2025. Fox News, interview de l’ambassadeur américain auprès de l’OTAN Matt Whitaker, diffusée le 23 décembre 2025. The New York Times, « What is in the 20-point Ukraine peace plan », publié le 24 décembre 2025. Ministère français des Armées, « Ukraine: situation au 22 décembre 2025 », publié le 22 décembre 2025. Milblogueurs russes affiliés au Kremlin, publications sur Telegram entre le 23 et le 26 décembre 2025, notamment Rybar, Dva Majors, et autres canaux d’information militaire russes.
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