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Chine : la bombe militaire qui menace l’Amérique
Crédit: Adobe Stock

Neuf porte-avions d’ici 2035

La marine chinoise ambitionne rien de moins que de décupler sa puissance de projection avec un programme pharaonique de construction navale. Selon les projections du Pentagone, la Chine prévoit d’ajouter six nouveaux porte-avions à sa flotte d’ici 2035, portant le total à nine unités. Cet objectif dépasse considérablement les estimations précédentes des observateurs internationaux et positionne Pékin comme la deuxième puissance navale mondiale, juste derrière les onze porte-avions américains actuellement en service. Cette expansion n’est pas quantitative uniquement, elle est surtout qualitativement révolutionnaire. La Chine est devenue en novembre 2024 le deuxième pays au monde, après les États-Unis, à opérer un porte-avions équipé de catapultes électromagnétiques avec la mise en service du Fujian, une technologie de pointe qui multiplie la capacité d’emport et la fréquence des missions aériennes.

La vitesse de cette modernisation navale est stupéfiante. En à peine une décennie, la Chine est passée d’une marine côtière à une force de haute mer capable de projeter sa puissance bien au-delà de ses frontières. Le programme de construction ne se limite pas aux porte-avions, il inclut également des dizaines de destroyers, de frégates, de sous-marins nucléaires et de navires de soutien logistique. Cette expansion maritime s’accompagne d’une doctrine d’emploi de plus en plus affirmée, avec des exercices navals de plus en plus complexes et ambitieux dans le Pacifique occidental, en mer de Chine méridionale et même dans l’océan Indien. Les analystes militaires notent que la marine chinoise développe rapidement des capacités de guerre en réseau et de supériorité informationnelle qui la mettent sur un pied d’égalité, voire de supériorité, avec les forces navales américaines dans certaines zones d’opérations.

Cette course aux porte-avions me fascine et m’inquiète à la fois. Chaque coque qui glisse sur les chantiers navals chinois est une déclaration, un symbole de puissance qui redessine les cartes. J’imagine les amiraux américains observing ces développements avec une mélange de respect professionnel et d’angoisse stratégique. Pendant des décennies, ils ont régné en maîtres sur les océans du monde. Aujourd’hui, ils voient émerger un concurrent qui non seulement copie leurs technologies mais les innove parfois. Le Fujian avec ses catapultes électromagnétiques n’est pas qu’un simple navire, c’est le signal que la Chine a compris que pour battre l’Amérique, il fallait d’abord la rejoindre sur son terrain de prédilection : la maîtrise des mers.

La stratégie des détroits

La stratégie maritime chinoise s’articule autour de points de passage névralgiques, ces détroits et chenaux qui représentent les artères vitales du commerce mondial. Le contrôle ou la capacité à menacer ces couloirs maritimes donne à Pékin un levier de pression considérable non seulement sur les économies régionales mais aussi sur la sécurité nationale américaine. Le détroit de Malacca, par lequel transitent environ 30% du commerce maritime mondial et 80% du pétrole importé par la Chine, est devenu un enjeu stratégique majeur. La marine chinoise y déploie une présence croissante, officiellement pour lutter contre la piraterie mais en réalité pour assurer sa sécurité énergétique et tester ses capacités de projection lointaine.

Plus au nord, les détroits de Taïwan et de Luzon constituent des points de passage stratégiques pour les forces navales américaines opérant dans le Pacifique occidental. La Chine y développe des capacités de déni d’accès sophistiquées, combinant missiles anti-navires, sous-marins, aviation et guerre électronique pour créer des zones d’exclusion où les navires américains ne pourraient évoluer sans risques excessifs. Cette stratégie des détroits s’étend également à l’est, avec le détroit de Miyako qui sépare les îles japonaises d’Okinawa de Taïwan. Pékin y multiplie les exercices navals et aériens pour familiariser ses forces avec cet environnement opérationnel complexe et tester les réactions des forces japonaises et américaines. Cette approche méthodique de la pression maritime démontre une planification stratégique à long terme, où chaque mouvement naval s’inscrit dans une vision globale de contestation de l’hégémonie maritime américaine.

La géographie, c’est l’éternité de la stratégie. Et la Chine a compris cela mieux que personne. Elle ne cherche pas à envahir l’Amérique, elle cherche à l’étouffer, à lui couper les lignes de vie. Chaque détroit devient un point d’étranglement potentiel, chaque passage maritime un levier de pression. C’est une forme de guerre asymétrique brillante : au lieu de confronter directement la marine américaine, Pékin construit lentement mais sûrement un réseau d’étranglement stratégique qui rendrait toute intervention américaine dans le Pacifique extrêmement coûteuse, voire impossible. C’est du Sun Tzu appliqué au XXIe siècle, une stratégie de l’encerclement progressif qui laisse à l’adversaire l’illusion de sa liberté de mouvement jusqu’au moment où il se rend compte qu’il est déjà pris au piège.

Sources

Sources primaires

Department of Defense, « Annual Report to Congress: Military and Security Developments Involving the People’s Republic of China 2025 », publié le 23 décembre 2024.

Department of Defense, « Annual Report to Congress: Military and Security Developments Involving the People’s Republic of China 2025 », PDF officiel, 100 pages.

Navy Times, « China’s military buildup makes US increasingly vulnerable, DOD says », par Tanya Noury, publié le 24 décembre 2024.

Sources secondaires

Breaking Defense, « China military buildup leaves US ‘increasingly vulnerable’: Pentagon report », par Lee Ferran, publié le 24 décembre 2024.

South China Morning Post, « Pentagon says Chinese aircraft carriers, 6th-gen fighters make US ‘vulnerable' », par Mark Magnier, Yuanyue Dang et Amber Wang, publié le 24 décembre 2024.

Federation of American Scientists, « Status of World Nuclear Forces », données mises à jour en 2024.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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