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La Biélorussie transforme ses immeubles en rampes de lancement pour les drones de Moscou
Crédit: Adobe Stock

Une stratégie d’évitement calculée

Zelenskyy a expliqué lors d’une conférence de presse que cette question avait été examinée lors d’une réunion du personnel du Commandant en chef suprême, alors que les responsables analysaient les récentes frappes de Shahed, notamment les attaques ciblant la zone autour de Kovel dans l’ouest de l’Ukraine. Le président ukrainien a souligné que la Russie avait pu observer les lignes que l’Ukraine a construites pour contrer les drones Shahed et adaptait ses itinéraires pour les éviter. Cette capacité d’observation et d’adaptation démontre une coordination militaire sophistiqée entre Moscou et Minsk, bien au-delà d’une simple tolérance territoriale. Les Russes voient les lignes de défense ukrainiennes, ces intercepteurs qui ont prouvé leur efficacité redoutable, et ils cherchent activement à les contourner grâce au territoire biélorusse et, techniquement, grâce à la Biélorussie elle-même.

Cette tactique révèle une dimension stratégique inquiétante. L’Ukraine a investi massivement dans ses systèmes d’interception de drones, développant des lignes défensives spécifiquement conçues pour neutraliser les essaims de Shahed. Ces lignes ont fonctionné. Elles ont sauvé des vies, protégé des infrastructures critiques, préservé des capacités énergétiques essentielles pendant l’hiver rigoureux. Mais Moscou ne reste jamais immobile face à l’adversité. En septembre 2025, Zelenskyy avait déclaré que pour abattre 800 Shahed, les forces de défense ukrainiennes avaient besoin de 1600 intercepteurs, illustrant le rapport de force asymétrique dans cette guerre des drones. Maintenant, avec l’utilisation du territoire biélorusse comme corridor de contournement, ce calcul devient encore plus complexe, encore plus coûteux en ressources humaines et matérielles.

Le rôle technique de la Biélorussie

Zelenskyy a été explicite dans ses accusations. Il a déclaré que les Russes utilisent la Biélorussie comme territoire de transit, et techniquement grâce à la Biélorussie également. Cette formulation n’est pas anodine. Elle signifie que Minsk ne se contente pas de fermer les yeux sur le survol de son espace aérien par des drones russes. Le régime de Loukachenko fournit une assistance technique active, permettant l’installation d’équipements de guidage sur son territoire, sur ses bâtiments civils. Des antennes et autres systèmes techniques installés sur des immeubles résidentiels ordinaires sont utilisés pour aider à guider les munitions rôdeuses de type Shahed vers les régions occidentales de l’Ukraine. Cette implication directe transforme la Biélorussie d’État tampon en belligérant de facto, même si Minsk continue de nier toute participation directe au conflit.

Les implications géopolitiques sont considérables. La Biélorussie, qui a déjà permis à la Russie d’utiliser son territoire comme base de lancement pour l’invasion initiale de l’Ukraine en février 2022, franchit maintenant un nouveau palier dans sa collaboration militaire avec Moscou. L’installation d’équipements de guidage sur des infrastructures civiles n’est pas un acte passif. C’est une décision délibérée, planifiée, exécutée avec la complicité des autorités biélorusses. Zelenskyy a qualifié ces actions de mépris absolu pour les vies humaines, et il a raison. Placer des équipements militaires sur des immeubles résidentiels expose délibérément les civils biélorusses à des représailles potentielles, tout en utilisant leur présence comme bouclier humain.

Il y a quelque chose de profondément révoltant dans cette instrumentalisation. Les Russes ne se contentent pas d’attaquer l’Ukraine. Ils transforment la Biélorussie en complice malgré elle, ou peut-être avec sa complicité volontaire, c’est encore pire. Chaque antenne installée sur un toit biélorusse est une trahison. Une trahison envers les civils qui vivent sous ce toit, une trahison envers les principes les plus élémentaires du droit international, une trahison envers l’idée même qu’un État puisse protéger ses citoyens plutôt que de les exposer. Loukachenko a vendu son pays. Il l’a vendu pour rester au pouvoir, pour continuer à régner sur un territoire qui n’est plus vraiment souverain. Et le prix de cette vente, ce sont des vies ukrainiennes, mais aussi potentiellement des vies biélorusses.

Sources

Sources primaires

Defense Express, « Volodymyr Zelenskyy Says Shahed Drones Guidance Equipment Placed on Residential Buildings in Belarus », 26 décembre 2025. UNITED24 Media, « Zelenskyy: Russia Using Belarus to Bypass Ukrainian Air Defenses With Shahed Drones », 26 décembre 2025. LIGA.net, « Zelenskyy: Russia deploys equipment for targeting Shahed on high-rise buildings in Belarus », 26 décembre 2025. Déclarations officielles du président Volodymyr Zelenskyy lors de la conférence de presse du 26 décembre 2025. Rapports des services de renseignement ukrainiens sur les équipements de guidage en Biélorussie, décembre 2025.

Sources secondaires

Euromaidan Press, « Zelenskyy: Belarus helps Russian drones evade Ukrainian air defenses », 26 décembre 2025. Pravda Ukrainska, « Ukrainian air defences destroy 13 drones launched by Russia », 27 décembre 2025. Charter97, « Shaheds Attacked Western Ukraine From The Territory Of Belarus », 26 décembre 2025. CSIS, « Drone Saturation: Russia’s Shahed Campaign », 2024. Institute for the Study of War, « Russian Offensive Campaign Assessment », décembre 2025. Radio Free Europe/Radio Liberty, « Look Who’s Shooting Down Russian Drones: Belarus », 2024. Mezha Media, « Russian Drone Attack Damages Kovel Railway Facility in Volyn », décembre 2025. Analyses de l’expert en radioélectronique Serhii Flash sur les opérations de drones coordonnées, décembre 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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