Une stratégie d’évitement calculée
Zelenskyy a expliqué lors d’une conférence de presse que cette question avait été examinée lors d’une réunion du personnel du Commandant en chef suprême, alors que les responsables analysaient les récentes frappes de Shahed, notamment les attaques ciblant la zone autour de Kovel dans l’ouest de l’Ukraine. Le président ukrainien a souligné que la Russie avait pu observer les lignes que l’Ukraine a construites pour contrer les drones Shahed et adaptait ses itinéraires pour les éviter. Cette capacité d’observation et d’adaptation démontre une coordination militaire sophistiqée entre Moscou et Minsk, bien au-delà d’une simple tolérance territoriale. Les Russes voient les lignes de défense ukrainiennes, ces intercepteurs qui ont prouvé leur efficacité redoutable, et ils cherchent activement à les contourner grâce au territoire biélorusse et, techniquement, grâce à la Biélorussie elle-même.
Cette tactique révèle une dimension stratégique inquiétante. L’Ukraine a investi massivement dans ses systèmes d’interception de drones, développant des lignes défensives spécifiquement conçues pour neutraliser les essaims de Shahed. Ces lignes ont fonctionné. Elles ont sauvé des vies, protégé des infrastructures critiques, préservé des capacités énergétiques essentielles pendant l’hiver rigoureux. Mais Moscou ne reste jamais immobile face à l’adversité. En septembre 2025, Zelenskyy avait déclaré que pour abattre 800 Shahed, les forces de défense ukrainiennes avaient besoin de 1600 intercepteurs, illustrant le rapport de force asymétrique dans cette guerre des drones. Maintenant, avec l’utilisation du territoire biélorusse comme corridor de contournement, ce calcul devient encore plus complexe, encore plus coûteux en ressources humaines et matérielles.
Le rôle technique de la Biélorussie
Zelenskyy a été explicite dans ses accusations. Il a déclaré que les Russes utilisent la Biélorussie comme territoire de transit, et techniquement grâce à la Biélorussie également. Cette formulation n’est pas anodine. Elle signifie que Minsk ne se contente pas de fermer les yeux sur le survol de son espace aérien par des drones russes. Le régime de Loukachenko fournit une assistance technique active, permettant l’installation d’équipements de guidage sur son territoire, sur ses bâtiments civils. Des antennes et autres systèmes techniques installés sur des immeubles résidentiels ordinaires sont utilisés pour aider à guider les munitions rôdeuses de type Shahed vers les régions occidentales de l’Ukraine. Cette implication directe transforme la Biélorussie d’État tampon en belligérant de facto, même si Minsk continue de nier toute participation directe au conflit.
Les implications géopolitiques sont considérables. La Biélorussie, qui a déjà permis à la Russie d’utiliser son territoire comme base de lancement pour l’invasion initiale de l’Ukraine en février 2022, franchit maintenant un nouveau palier dans sa collaboration militaire avec Moscou. L’installation d’équipements de guidage sur des infrastructures civiles n’est pas un acte passif. C’est une décision délibérée, planifiée, exécutée avec la complicité des autorités biélorusses. Zelenskyy a qualifié ces actions de mépris absolu pour les vies humaines, et il a raison. Placer des équipements militaires sur des immeubles résidentiels expose délibérément les civils biélorusses à des représailles potentielles, tout en utilisant leur présence comme bouclier humain.
Il y a quelque chose de profondément révoltant dans cette instrumentalisation. Les Russes ne se contentent pas d’attaquer l’Ukraine. Ils transforment la Biélorussie en complice malgré elle, ou peut-être avec sa complicité volontaire, c’est encore pire. Chaque antenne installée sur un toit biélorusse est une trahison. Une trahison envers les civils qui vivent sous ce toit, une trahison envers les principes les plus élémentaires du droit international, une trahison envers l’idée même qu’un État puisse protéger ses citoyens plutôt que de les exposer. Loukachenko a vendu son pays. Il l’a vendu pour rester au pouvoir, pour continuer à régner sur un territoire qui n’est plus vraiment souverain. Et le prix de cette vente, ce sont des vies ukrainiennes, mais aussi potentiellement des vies biélorusses.
Les attaques coordonnées contre les infrastructures ferroviaires
La campagne contre la ligne Kyiv-Kovel
Les attaques récentes contre les infrastructures ferroviaires ukrainiennes révèlent une coordination militaire sophistiquée. Sur plusieurs jours consécutifs, les forces russes ont ciblé méthodiquement la ligne ferroviaire Kyiv-Kovel, un axe stratégique crucial pour le transport de marchandises et de personnel entre l’Ukraine et la Pologne. Des trains en mouvement ont été touchés, des équipes de réparation ferroviaire ont été visées pendant leurs interventions, un pont ferroviaire a été endommagé, et un dépôt de locomotives a subi des dégâts importants. Cette séquence d’attaques n’est pas aléatoire. Elle témoigne d’une planification minutieuse, d’une collecte de renseignements précise, et d’une capacité à frapper de manière répétée des cibles mobiles et fixes avec une précision inquiétante.
L’expert en radioélectronique Serhii Flash a souligné que ces incidents pointent vers des opérations de drones coordonnées ciblant spécifiquement les infrastructures de transport de l’Ukraine. Le choix des cibles n’est pas fortuit. La ligne Kyiv-Kovel est l’une des principales artères logistiques reliant l’Ukraine à ses partenaires occidentaux. Elle transporte l’aide humanitaire, l’équipement militaire, les fournitures essentielles pour maintenir l’économie ukrainienne à flot pendant la guerre. En perturbant cette ligne, Moscou cherche à isoler l’Ukraine, à ralentir l’arrivée de l’aide internationale, à affaiblir la capacité de résistance du pays. C’est une stratégie d’attrition, une guerre d’usure qui vise non seulement les capacités militaires ukrainiennes, mais aussi la résilience de sa population civile.
L’impact sur les routes logistiques critiques
Le positionnement des équipements de guidage en Biélorussie sert un objectif opérationnel plus large. L’un des objectifs clés est de perturber les routes logistiques entre la Pologne et l’Ukraine, critiques tant pour le transport civil que pour l’acheminement de l’aide internationale. Ces routes ne sont pas seulement des lignes sur une carte. Elles sont les veines qui maintiennent l’Ukraine en vie pendant cette guerre brutale. Chaque convoi qui traverse la frontière polono-ukrainienne transporte de l’espoir, des ressources, des moyens de continuer à résister. En ciblant systématiquement ces infrastructures, la Russie cherche à étrangler l’Ukraine, à la couper de ses sources de soutien, à la forcer à l’isolement et à la capitulation.
Les conséquences de ces attaques se font sentir bien au-delà des dommages matériels immédiat. Chaque pont ferroviaire détruit nécessite des semaines, parfois des mois de réparation. Chaque locomotive endommagée réduit la capacité de transport. Chaque équipe de réparation ciblée crée un climat de peur qui ralentit les interventions futures. C’est une guerre psychologique autant que physique. Les Russes ne cherchent pas seulement à détruire des infrastructures. Ils cherchent à briser la volonté de résistance, à créer un sentiment d’impuissance, à démontrer que nulle part n’est sûr, que même les routes d’approvisionnement les plus occidentales peuvent être atteintes. Et pour cela, ils utilisent le territoire biélorusse comme plateforme de lancement, transformant un pays voisin en base opérationnelle avancée.
Chaque train attaqué, c’est une famille qui ne recevra pas l’aide dont elle a besoin. Chaque pont détruit, c’est un retard dans l’acheminement de médicaments, de nourriture, de chauffage pour l’hiver. Les Russes ne visent pas seulement des cibles militaires. Ils visent la capacité même de l’Ukraine à survivre en tant que nation. Et ils le font avec une précision qui ne serait pas possible sans l’aide de la Biélorussie. Chaque drone guidé depuis un toit biélorusse vers une infrastructure ukrainienne est un acte de guerre. Pas une opération militaire spéciale, pas une intervention limitée. Une guerre totale, sans pitié, sans distinction entre combattants et civils, entre cibles militaires et infrastructures essentielles à la vie quotidienne.
La technologie des drones Shahed et leur évolution
Les caractéristiques des munitions rôdeuses
Les drones Shahed, d’origine iranienne mais désormais produits en Russie, sont devenus l’une des armes les plus redoutées de cette guerre. Ces munitions rôdeuses, relativement peu coûteuses à produire, peuvent voler sur de longues distances, rester en l’air pendant des heures, et frapper avec une précision suffisante pour causer des dégâts considérables. Leur conception est simple mais efficace : un moteur à combustion interne, une charge explosive, un système de guidage GPS, et une structure légère qui les rend difficiles à détecter par les radars conventionnels. La Russie a adapté ces drones à ses besoins spécifiques, augmentant leur portée, améliorant leur résistance aux contre-mesures électroniques, et développant des tactiques d’emploi en essaim qui saturent les défenses aériennes ukrainiennes.
L’évolution de ces drones au fil de la guerre est remarquable. Les premiers modèles utilisés en 2022 étaient relativement basiques, avec des systèmes de guidage simples et une vulnérabilité aux brouillages électroniques. Mais la Russie a appris, adapté, amélioré. Les Shahed actuels intègrent des technologies plus sophistiquées, des systèmes de navigation redondants, des capacités de vol à basse altitude pour éviter la détection radar. Certains rapports suggèrent même que la Russie a simplifié certains composants pour accélérer la production, retirant par exemple le démarreur et le volant d’inertie du moteur pour réduire les coûts et augmenter les cadences de fabrication. Cette approche de production de masse, privilégiant la quantitée sur la qualité individuelle, reflète une stratégie d’attrition à long terme.
La production et le stockage massifs
En décembre 2024, des rapports de renseignement ont indiqué que la Russie avait accumulé environ 2000 drones Shahed, attendant des températures glaciales pour lancer des frappes massives. Cette accumulation stratégique n’est pas anodine. Les températures hivernales extrêmes compliquent les opérations de défense aérienne, réduisent l’efficacité de certains systèmes électroniques, et augmentent l’impact psychologique des attaques sur une population civile déjà éprouvée par le froid et les coupures d’électricité. La Russie a démontré à plusieurs reprises sa volonté d’utiliser l’hiver comme arme, ciblant systématiquement les infrastructures énergétiques ukrainiennes pour priver les civils de chauffage et d’électricité pendant les mois les plus rigoureux.
La capacité de production russe de drones Shahed s’est considérablement accrue. Des usines ont été établies sur le territoire russe, notamment en Tatarstan, où l’Ukraine a récemment mené des frappes pour tenter de perturber cette production. La Russie envisage également d’établir des installations de production en Biélorussie, près des frontières orientales de l’OTAN, renforçant encore davantage l’intégration militaire entre Moscou et Minsk. Cette industrialisation de la production de drones transforme la nature même du conflit. Ce n’est plus une guerre de haute technologie où chaque système d’arme est précieux et irremplaçable. C’est une guerre d’attrition où la capacité à produire et déployer des centaines, voire des milliers de drones bon marché devient un facteur décisif.
Il y a quelque chose de terrifiant dans cette industrialisation de la mort. Des usines qui tournent jour et nuit pour produire des drones dont le seul but est de détruire, de tuer, de terroriser. Et la Biélorussie, au lieu de s’opposer à cette folie, y participe. Elle offre son territoire, ses infrastructures, ses bâtiments résidentiels pour faciliter cette machine de guerre. Chaque drone produit est une menace potentielle pour des vies innocentes. Chaque antenne installée sur un toit biélorusse augmente l’efficacité de cette menace. C’est une complicité active dans une entreprise de destruction massive, et l’histoire jugera sévèrement ceux qui ont permis cela.
Les réponses ukrainiennes et le développement des contre-mesures
Les lignes d’intercepteurs et leur efficacité
Face à la menace croissante des drones Shahed, l’Ukraine a développé un système de défense multicouche sophistiqué. Les lignes d’intercepteurs, mentionnées par Zelenskyy, constituent l’épine dorsale de cette défense. Ces lignes combinent des systèmes de défense aérienne traditionnels, des drones intercepteurs spécialisés, et des unités mobiles de tir au sol. L’efficacité de ces lignes est impressionnante. Lors d’attaques récentes, l’Ukraine a réussi à abattre la majorité des drones lancés, parfois jusqu’à 80% ou plus des Shahed déployés. Cette capacité d’interception a sauvé d’innombrables vies et protégé des infrastructures critiques qui auraient autrement été détruites.
Le développement de drones intercepteurs ukrainiens représente une innovation majeure dans la guerre aérienne moderne. Ces drones, conçus spécifiquement pour traquer et détruire les Shahed en vol, offrent une solution rentable au problème de la saturation par essaim. Contrairement aux missiles antiaériens traditionnels qui peuvent coûter des centaines de milliers de dollars, ces drones intercepteurs sont relativement bon marché, permettant à l’Ukraine de maintenir un rapport coût-efficacité favorable même face à des vagues massives d’attaques. L’Ukraine produit désormais prêt de 1000 drones spécialisés par jour, une capacité de production qui témoigne de la transformation rapide de son industrie de défense sous la pression de la guerre.
L’adaptation face au contournement biélorusse
Le contournement des lignes de défense ukrainiennes via le territoire biélorusse pose un défi stratégique majeur. Zelenskyy a décrit cette question comme un problème sérieux et a assigné des tâches pour y répondre, avec des réponses devant être présentées lors de la prochaine réunion du personnel du Commandant en chef suprême. Cette réaction rapide témoigne de la gravité avec laquelle l’Ukraine prend cette menace. Les options disponibles sont limitées et complexes. Étendre les lignes de défense pour couvrir les approches depuis la Biélorussie nécessite des ressources supplémentaires considérables. Cibler les équipements de guidage sur le territoire biélorusse risque d’élargir le conflit et de fournir à Loukachenko un prétexte pour une implication militaire directe.
Des propositions ont émergé pour contrer cette menace, notamment le brouillage des tours de téléphonie mobile biélorusses utilisées potentiellement pour le guidage des drones. Cette approche de guerre électronique pourrait perturber les communications entre les opérateurs russes et leurs drones sans nécessiter de frappes physiques sur le territoire biélorusse. L’Ukraine a également renforcé sa coopération avec l’OTAN, partageant ses expériences et ses techniques de lutte contre les drones. Les troupes de défense aérienne ukrainiennes enseignent maintenant aux forces de l’OTAN comment neutraliser efficacement les drones Shahed, une inversion remarquable des rôles traditionnels où c’était l’Occident qui formait l’Ukraine. Cette expertise durement acquise sur le champ de bataille devient un atout stratégique précieux.
L’Ukraine se bat avec une ingéniosité remarquable. Face à un adversaire qui dispose de ressources apparemment illimitées, elle innove, elle adapte, elle survit. Mais chaque nouvelle tactique russe, chaque nouveau contournement, chaque nouvelle complicité biélorusse force l’Ukraine à étirer ses ressources encore plus loin. C’est épuisant. C’est injuste. Et c’est la réalité brutale de cette guerre. L’Ukraine ne demande pas la charité. Elle demande les moyens de se défendre efficacement. Et quand la Biélorussie permet à la Russie de contourner ces défenses, elle prolonge la guerre, elle augmente les souffrances, elle retarde la paix.
Les implications pour la souveraineté biélorusse
L’érosion progressive de l’indépendance
Zelenskyy a exprimé sa déception face à la situation, déclarant qu’il est regrettable que la Biélorussie abandonne sa souveraineté au profit des ambitions agressives de la Russie. Cette observation n’est pas nouvelle, mais elle prend une dimension particulièrement aiguë avec la révélation de l’installation d’équipements militaires sur des bâtiments civils biélorusses. La souveraineté n’est pas seulement une question de reconnaissance internationale ou de frontières sur une carte. C’est la capacité d’un État à prendre ses propres décisions, à protéger ses citoyens, à maintenir son intégrité territoriale et politique. Chaque concession faite par Minsk à Moscou érrode un peu plus cette souveraineté, transformant progressivement la Biélorussie en satellite, voire en province de facto de la Russie.
L’histoire de cette érosion est longue et complexe. Depuis les manifestations massives de 2020 contre la réélection frauduleuse de Loukachenko, le dirigeant biélorusse s’est retrouvé de plus en plus dépendant du soutien russe pour maintenir son pouvoir. Poutine a fourni ce soutien, mais à un prix. Chaque aide financière, chaque garantie de sécurité, chaque intervention pour soutenir le régime de Loukachenko s’est accompagnée d’exigences croissantes d’intégration militaire et politique. La Biélorussie a permis à la Russie d’utiliser son territoire comme base de lancement pour l’invasion de l’Ukraine en 2022. Elle a accueilli des troupes russes sur son sol. Elle a participé à des exercices militaires conjoints de plus en plus ambitieux. Et maintenant, elle permet l’installation d’équipements de guidage pour drones sur ses bâtiments civils.
Les risques pour la population biélorusse
Zelenskyy a qualifié le placement d’équipements militaires sur des immeubles résidentiels de mépris absolu pour les vies humaines. Cette critique est justifiée et soulève des questions troublantes sur les risques encourus par les civils biélorusses. En transformant des bâtiments résidentiels en cibles militaires potentielles, le régime de Loukachenko expose délibérément sa propre population à des dangers considérables. Si l’Ukraine décide de cibler ces équipements de guidage, les civils vivant dans ces immeubles se retrouveront en première ligne. Même sans frappes directes, la simple présence de ces équipements militaires dans des zones résidentielles viole les principes fondamentaux du droit international humanitaire qui exige la distinction entre objectifs militaires et civils.
Les implications à long terme pour la Biélorussie sont profondes. Chaque action qui lie davantage le pays à l’effort de guerre russe rend plus difficile une éventuelle normalisation des relations avec l’Occident. Les sanctions internationales contre la Biélorussie, déjà sévères, pourraient s’intensifier. L’économie biélorusse, déjà affaiblie, pourrait subir des dommages supplémentaires. Et surtout, la population biélorusse, qui a déjà démontré en 2020 son désir de changement démocratique, se retrouve otage d’un régime qui sacrifie leur sécurité et leur avenir pour maintenir son pouvoir. Les Biélorusses ordinaires ne sont pas responsables de ces décisions. Ils en sont les victimes, tout comme les Ukrainiens qui subissent les attaques de drones guidés depuis leur territoire.
Je pense aux Biélorusses qui vivent sous ces toits. Savent-ils ce qui se passe au-dessus de leurs têtes ? Ont-ils été consultés ? Ont-ils eu leur mot à dire ? Bien sûr que non. Loukachenko ne consulte personne. Il impose, il ordonne, il sacrifie son peuple pour sa propre survie politique. Et les Biélorusses se retrouvent pris entre deux feux, otages d’un régime qui les utilise comme boucliers humains, complices involontaires d’une guerre qu’ils n’ont pas choisie. C’est une tragédie dans la tragédie, une injustice supplémentaire dans un conflit déjà saturé d’injustices.
La coopération militaire russo-biélorusse en expansion
Les exercices Zapad et l’intégration des forces
La coopération militaire entre la Russie et la Biélorussie s’est considérablement approfondie ces dernières années. Les exercices militaires conjoints Zapad, traditionnellement organisés tous les quatre ans, sont devenus plus fréquents et plus ambitieux. L’édition 2025 de Zapad a été particulièrement significative, impliquant des dizaines de milliers de soldats, des centaines de véhicules blindés, et des scénarios d’entraînement qui simulaient explicitement des conflits avec l’OTAN. Ces exercices ne sont pas de simples démonstrations de force. Ils servent à intégrer les forces armées biélorusses et russes, à standardiser les procédures, à créer une interopérabilité qui faciliterait des opérations militaires conjointes futures.
Au-delà des exercices, la Russie a livré à la Biélorussie des équipements militaires avancés, notamment des chasseurs Su-30SM2 supplémentaires, renforçant les capacités aériennes biélorusses tout en augmentant la dépendance de Minsk vis-à-vis de Moscou pour la maintenance et les pièces de rechange. La Biélorussie construit également une usine de munitions à grande échelle pour approvisionner l’effort de guerre russe, transformant son industrie de défense en extension de la machine de guerre russe. Cette intégration économique et militaire crée des liens de dépendance qui seront extrêmement difficiles à défaire, même si un changement politique devait survenir à Minsk.
La création d’un corps de drones conjoint
La Russie et la Biélorussie travaillent à la création d’un corps de drones conjoint, une initiative qui prend une signification particulière à la lumière des révélations sur les équipements de guidage installés sur le territoire biélorusse. Ce corps de drones ne serait pas simplement une force symbolique. Il représenterait une intégration opérationnelle profonde, avec des chaînes de commandement partagées, des systèmes de communication intégrés, et une coordination tactique étroite. Les plans russes pour établir une usine de production de drones en Biélorussie, près des frontières orientales de l’OTAN, s’inscrivent dans cette logique d’intégration. Cette usine ne servirait pas seulement à produire des drones pour l’usage russe. Elle créerait une capacité de production locale qui lierait encore davantage l’économie et la sécurité biélorusses aux intérêts russes.
L’ironie de cette situation n’échappe à personne. La Biélorussie, qui a historiquement cherché à maintenir un équilibre précaire entre la Russie et l’Occident, se retrouve maintenant fermement ancrée dans l’orbite russe. Les tentatives passées de Loukachenko de jouer sur les deux tableaux, d’accepter l’aide russe tout en maintenant des relations avec l’Europe, sont devenues impossibles. Les sanctions occidentales, la répression brutale des manifestations de 2020, et maintenant la complicité active dans la guerre contre l’Ukraine ont brûlé les ponts avec l’Occident. La Biélorussie n’a plus d’autre option que la Russie, et Moscou le sait. Cette dépendance totale donne à Poutine un levier énorme pour exiger toujours plus de concessions, toujours plus d’intégration, toujours plus de subordination.
Loukachenko a vendu son pays pour un plat de lentilles. Il a échangé la souveraineté biélorusse contre la garantie de rester au pouvoir. Et maintenant, il découvre le prix réel de ce marché faustien. La Biélorussie n’est plus un État indépendant. Elle est un protectorat russe, une province en tout sauf le nom. Et les Biélorusses, qui méritaient tellement mieux, se retrouvent prisonniers de ce choix qu’ils n’ont jamais fait. L’histoire se souviendra de Loukachenko comme de l’homme qui a bradé son pays, qui a transformé la Biélorussie en instrument de l’agression russe, qui a sacrifié l’avenir de son peuple pour prolonger son propre règne.
Les réactions internationales et les implications géopolitiques
La position de l’OTAN et de l’Union européenne
Les révélations sur l’installation d’équipements de guidage de drones sur le territoire biélorusse ont suscité des réactions préoccupées de la part de l’OTAN et de l’Union européenne. La Pologne, qui partage une frontière avec la Biélorussie et qui a déjà été confrontée à des intrusions de drones russes dans son espace aérien, a renforcé ses systèmes de défense aérienne le long de cette frontière. Les premiers éléments d’un système anti-drones ont été installés, témoignant de la prise de conscience croissante que la menace ne se limite pas à l’Ukraine. Si la Biélorussie permet à la Russie d’utiliser son territoire pour guider des drones contre l’Ukraine, rien ne garantit que ces mêmes capacités ne pourraient pas être utilisées contre d’autres pays voisins.
L’Union européenne a renforcé ses sanctions contre la Biélorussie, ciblant spécifiquement les secteurs liés à l’effort de guerre russe. Ces sanctions visent à limiter la capacité de Minsk à soutenir Moscou, mais leur efficacité reste limitée tant que la Russie peut compenser les pertes économiques biélorusses. L’OTAN, de son côté, a augmenté sa présence militaire dans les États baltes et en Pologne, reconnaissant que la frontière orientale de l’Alliance est devenue une ligne de front potentielle. Les exercices militaires de l’OTAN dans la région ont pris une dimension plus sérieuse, moins symbolique, reflétant une préparation réelle à des scénarios de conflit qui pourraient impliquer la Biélorussie comme proxy russe.
Les implications pour la sécurité européenne
L’utilisation du territoire biélorusse pour guider des drones contre l’Ukraine a des implications qui dépassent largement le conflit ukrainien. Elle démontre la volonté et la capacité de la Russie à utiliser des États tiers comme plateformes pour projeter sa puissance militaire. Cette tactique pourrait être répliquée ailleurs, créant un précédent dangereux. Si la communauté internationale tolère l’utilisation de la Biélorussie comme base opérationnelle avancée pour les opérations militaires russes, qu’est-ce qui empêcherait Moscou de chercher des arrangements similaires avec d’autres États dans sa sphère d’influence ? La Moldavie, avec sa région séparatiste de Transnistrie contrôlée par la Russie, pourrait devenir la prochaine cible de cette stratégie.
La sécurité énergétique européenne est également affectée. Les attaques de drones guidés depuis la Biélorussie ciblent souvent les infrastructures énergétiques ukrainiennes, qui sont interconnectées avec les réseaux européens. Les perturbations en Ukraine peuvent avoir des répercussions sur la stabilité énergétique de toute la région. De plus, la démonstration de la capacité russe à mener des opérations de drones sophistiquées à longue portée soulève des questions sur la vulnérabilité des infrastructures critiques européennes. Les pipelines, les centrales électriques, les installations de stockage de gaz naturel liquéfié pourraient tous devenir des cibles potentielles dans un conflit élargi. L’Europe doit repenser sa posture de défense pour tenir compte de ces nouvelles menaces asymétriques.
L’Europe regarde, condamne, sanctionne. Mais est-ce suffisant ? Chaque jour qui passe avec des drones guidés depuis la Biélorussie vers l’Ukraine est un jour où la ligne rouge est franchie sans conséquence réelle. Les sanctions font mal, certes, mais elles n’arrêtent pas les drones. Elles ne protègent pas les civils ukrainiens. Elles ne dissuadent pas Loukachenko de continuer sa collaboration avec Moscou. Il faut plus. Plus de soutien à l’Ukraine, plus de pression sur la Biélorussie, plus de préparation pour un conflit qui pourrait ne pas rester confiné aux frontières actuelles. L’Europe doit se réveiller et réaliser que la guerre n’est pas loin. Elle est à ses portes, et la Biélorussie en est devenue la clé.
Les précédents historiques et les leçons à tirer
L’utilisation d’États tampons dans les conflits modernes
L’utilisation de la Biélorussie comme plateforme pour les opérations militaires russes n’est pas sans précédent historique. Tout au long de l’histoire moderne, les grandes puissances ont utilisé des États plus petits comme tampons, comme proxies, comme bases avancées pour projeter leur pouvoir tout en maintenant une distance plausible. Pendant la Guerre froide, l’Union soviétique a utilisé ses satellites d’Europe de l’Est de manière similaire, les transformant en première ligne de défense contre l’OTAN tout en gardant le territoire soviétique proprement dit à l’abri des représailles directes. La différence aujourd’hui est la sophistication technologique des moyens employés et la rapidité avec laquelle ces arrangements peuvent être mis en place et exploités.
Les leçons de ces précédents historiques sont claires mais souvent ignorées. Les États tampons finissent presque toujours par payer le prix le plus élevé dans les conflits entre grandes puissances. Ils deviennent des champs de bataille, des zones de destruction, des territoires contestés où les populations civiles souffrent de manière disproportionnée. La Biélorussie risque de suivre ce schéma tragique. En permettant à la Russie d’utiliser son territoire pour des opérations militaires contre l’Ukraine, Minsk transforme son pays en cible légitime pour des représailles ukrainiennes. Jusqu’à présent, l’Ukraine a fait preuve de retenue remarquable, évitant de frapper directement le territoire biélorusse malgré les provocations. Mais cette retenue a des limites, et si les attaques guidées depuis la Biélorussie continuent et s’intensifient, Kiev pourrait être forcée de reconsidérer sa position.
Les parallèles avec d’autres conflits régionaux
Des parallèles peuvent être tracés avec d’autres conflits régionaux où des États tiers ont été utilisés comme bases pour des opérations militaires. Le Pakistan a longtemps servi de sanctuaire pour les talibans afghans, permettant à ces derniers de se regrouper, de se réarmer, et de lancer des attaques en Afghanistan tout en bénéficiant d’une protection relative contre les représailles. Cette dynamique a prolongé le conflit afghan pendant des décennies et a finalement contribué à l’échec des efforts de stabilisation. De même, le Liban a été utilisé par divers acteurs régionaux comme plateforme pour projeter leur influence et mener des opérations contre Israël, transformant le pays en champ de bataille récurrent et en État failli.
La Biélorussie risque de suivre une trajectoire similaire. Plus elle s’implique dans le soutien aux opérations militaires russes contre l’Ukraine, plus elle devient partie intégrante du conflit, et plus elle s’expose à des conséquences dévastatrices. L’économie biélorusse, déjà affaiblie par les sanctions et la mauvaise gestion, pourrait s’effondrer complètement. La population, déjà mécontente du régime autoritaire de Loukachenko, pourrait se radicaliser davantage. Et le pays pourrait se retrouver dans une situation où il n’est plus capable de maintenir son intégrité territoriale et sa stabilité interne, devenant un État failli au cœur de l’Europe. Cette perspective devrait alarmer non seulement les Biélorusses eux-mêmes, mais aussi tous les acteurs régionaux qui ont un intérêt dans la stabilité européenne.
L’histoire nous enseigne, mais nous n’écoutons jamais. Nous voyons les mêmes schémas se répéter, les mêmes erreurs être commises, les mêmes tragédies se dérouler. Et nous nous disons que cette fois, ce sera différent. Mais ça ne l’est jamais. La Biélorussie suit le chemin tracé par tant d’autres États tampons avant elle, un chemin qui mène à la destruction, à la souffrance, à la perte de souveraineté et de dignité. Et nous regardons, impuissants ou indifférents, pendant que ce drame se déroule. Quand est-ce que nous apprendrons ? Quand est-ce que nous agirons avant qu’il ne soit trop tard, avant que le prix à payer ne devienne insupportable ?
Les perspectives d'avenir et les scénarios possibles
L’escalade potentielle du conflit
Les révélations sur l’utilisation du territoire biélorusse pour guider des drones contre l’Ukraine ouvrent plusieurs scénarios d’escalade préoccupants. Le premier scénario implique une intensification des attaques de drones, avec la Russie exploitant pleinement les avantages tactiques offerts par les équipements de guidage basés en Biélorussie. Cette intensification pourrait forcer l’Ukraine à étendre ses opérations de défense aérienne, à déployer davantage de ressources pour couvrir les approches occidentales, et potentiellement à envisager des frappes préventives contre les équipements de guidage sur le territoire biélorusse. Une telle escalade transformerait la nature du conflit, élargissant géographiquement la zone de guerre et impliquant directement un troisième État.
Un deuxième scénario implique une implication militaire directe accrue de la Biélorussie. Jusqu’à présent, Minsk a maintenu une fiction de non-belligérance, affirmant qu’elle ne participe pas directement aux combats même si elle permet à la Russie d’utiliser son territoire. Mais cette distinction devient de plus en plus ténue. Si les forces biélorusses commencent à opérer activement les équipements de guidage, à fournir du personnel pour les opérations de drones, ou à participer à la planification des frappes, la Biélorussie deviendrait un belligérant à part entière. Cette transition pourrait se produire graduelement, presque imperceptiblement, jusqu’à ce qu’un point de non-retour soit franchi. Les conséquences seraient dramatiques, non seulement pour le conflit lui-même, mais aussi pour la stabilité régionale et les relations internationales.
Les possibilités de désescalade et de résolution
Malgré ces perspectives sombres, des voies de désescalade existent, bien qu’elles soient étroites et difficiles. La première nécessiterait un changement de calcul stratégique à Minsk. Si Loukachenko pouvait être convaincu que les coûts de la collaboration avec la Russie dépassent les bénéfices, il pourrait chercher à limiter l’utilisation du territoire biélorusse pour les opérations militaires russes. Cette conviction pourrait venir d’une combinaison de pressions internationales accrues, de garanties de sécurité pour le régime biélorusse, et d’incitations économiques pour compenser la perte du soutien russe. Cependant, cette approche se heurte à la réalité de la dépendance totale de Loukachenko vis-à-vis de Poutine pour sa survie politique.
Une deuxième voie impliquerait un changement de régime en Biélorussie, ramenant au pouvoir des forces démocratiques qui chercheraient à réorienter la politique étrangère du pays vers la neutralité ou même vers l’Occident. Les manifestations de 2020 ont démontré qu’une large partie de la population biélorusse désire un tel changement. Cependant, la répression brutale de ces manifestations et la consolidation du pouvoir autoritaire depuis lors rendent ce scénario de plus en plus improbable à court terme. À long terme, l’instabilité économique et sociale causée par l’implication dans la guerre pourrait créer de nouvelles opportunités pour un changement politique, mais le chemin serait long et semé d’embûches.
Je veux croire qu’il y a une issue. Je veux croire que la Biélorussie peut encore se libérer de l’étreinte russe, que les Biélorusses peuvent encore reprendre le contrôle de leur destin. Mais chaque jour qui passe rend cette possibilité plus lointaine. Chaque antenne installée sur un toit biélorusse est un clou de plus dans le cercueil de la souveraineté biélorusse. Chaque drone guidé depuis le territoire biélorusse est une chaîne supplémentaire liant Minsk à Moscou. Le temps presse. Si la communauté internationale veut éviter que la Biélorussie ne devienne définitivement un satellite russe, elle doit agir maintenant, avec détermination et créativité.
L'impact humanitaire et les souffrances civiles
Les victimes ukrainiennes des attaques de drones
Derrière les statistiques et les analyses stratégiques se cachent des tragédies humaines réelles. Chaque drone Shahed guidé depuis la Biélorussie vers l’Ukraine porte en lui le potentiel de détruire des vies. Les attaques contre les infrastructures ferroviaires ont tué et blessé des cheminots qui faisaient simplement leur travail. Les frappes contre les installations énergétiques ont privé des millions d’Ukrainiens d’électricité et de chauffage pendant les mois d’hiver les plus rigoureux. Les attaques contre les zones résidentielles ont détruit des maisons, des écoles, des hôpitaux. Chaque victime a un nom, une famille, une histoire. Chaque vie perdue est une tragédie irréparable, un vide qui ne sera jamais comblé.
L’impact psychologique de ces attaques constantes est également dévastateur. Les Ukrainiens vivent sous la menace permanente des sirènes d’alerte aérienne, des explosions, de la destruction. Les enfants grandissent dans un environnement de peur et d’incertitude. Les personnes âgées, déjà vulnérables, se retrouvent sans les services essentiels dont elles dépendent. Les familles sont séparées, les communautés sont déchirées, le tissu social est mis à rude épreuve. Cette guerre d’attrition vise non seulement à détruire les capacités militaires ukrainiennes, mais aussi à briser la volonté de résistance de la population civile. C’est une forme de terrorisme d’État, une tentative délibérée d’infliger des souffrances maximales pour forcer la capitulation.
Les risques pour les civils biélorusses
Les civils biélorusses ne sont pas épargnés par les conséquences de la collaboration de leur gouvernement avec la Russie. En transformant des immeubles résidentiels en installations militaires de facto, le régime de Loukachenko expose sa propre population à des risques considérables. Si l’Ukraine décide de cibler ces équipements de guidage, les résidents de ces immeubles pourraient se retrouver au milieu d’une zone de combat. Même sans frappes directes, la simple présence de ces équipements militaires dans des zones résidentielles crée un climat de peur et d’insécurité. Les Biélorusses se demandent légitimement si leur maison pourrait devenir la prochaine cible, si leur toit abrite des équipements qui pourraient attirer des représailles.
Au-delà des risques physiques immédiats, les Biélorusses souffrent également des conséquences économiques et sociales de l’implication de leur pays dans la guerre. Les sanctions internationales ont dévasté l’économie biélorusse, réduisant les opportunités d’emploi, augmentant les prix, et dégradant le niveau de vie. Les jeunes Biélorusses voient leur avenir compromis, leurs opportunités d’éducation et de carrière limitées par l’isolement international de leur pays. Les familles sont séparées, avec de nombreux Biélorusses choisissant l’exil plutôt que de vivre sous un régime autoritaire qui les utilise comme pions dans une guerre qu’ils n’ont pas choisie. Cette diaspora forcée représente une perte de capital humain considérable pour la Biélorussie, hypothéquant son développement futur.
Les vraies victimes de cette guerre, ce sont toujours les civils. Les Ukrainiens qui meurent sous les drones, les Biélorusses qui vivent dans la peur et l’incertitude, les familles déchirées, les vies brisées. Pendant que Poutine et Loukachenko jouent leurs jeux de pouvoir, ce sont des gens ordinaires qui paient le prix. Des mères qui perdent leurs enfants, des enfants qui grandissent sans leurs pères, des personnes âgées qui meurent de froid parce que les infrastructures énergétiques ont été détruites. C’est ça, la réalité de cette guerre. Pas les analyses stratégiques, pas les calculs géopolitiques. La souffrance humaine, pure et simple. Et chaque antenne sur un toit biélorusse contribue à cette souffrance.
Conclusion : un tournant dangereux dans le conflit
L’urgence d’une réponse internationale coordonnée
Les révélations sur l’installation d’équipements de guidage de drones sur des immeubles résidentiels en Biélorussie marquent un tournant dangereux dans le conflit russo-ukrainien. Cette escalade qualitative transforme la nature de la guerre, élargit sa portée géographique, et crée de nouveaux risques pour la stabilité régionale. La communauté internationale ne peut pas se permettre de traiter cette situation comme un simple développement tactique dans un conflit lointain. C’est une menace directe pour l’ordre de sécurité européen, une violation flagrante des normes internationales, et un précédent dangereux qui pourrait être répliqué ailleurs. Une réponse coordonnée et déterminée est nécessaire, combinant des sanctions renforcées contre la Biélorussie, un soutien accru à l’Ukraine pour contrer cette nouvelle menace, et une pression diplomatique intense sur Minsk pour cesser sa collaboration avec Moscou.
Cette réponse doit également inclure des mesures pour protéger les civils, tant ukrainiens que biélorusses. L’Ukraine a besoin de systèmes de défense aérienne supplémentaires pour couvrir les approches occidentales de son territoire. Elle a besoin de capacités de guerre électronique pour perturber le guidage des drones. Elle a besoin de renseignements précis sur l’emplacement des équipements de guidage pour pouvoir les cibler si nécessaire. Mais au-delà de l’aide militaire, l’Ukraine a besoin d’un soutien politique et diplomatique pour faire face à cette nouvelle dimension du conflit. La communauté internationale doit clairement signaler que l’utilisation du territoire biélorusse pour des opérations militaires contre l’Ukraine est inacceptable et aura des conséquences sérieuses.
L’avenir de la Biélorussie et de la région
L’avenir de la Biélorussie est à un carrefour critique. Le pays peut continuer sur sa trajectoire actuelle, s’enfonçant toujours plus profondément dans la dépendance vis-à-vis de la Russie, sacrifiant sa souveraineté et l’avenir de sa population pour maintenir Loukachenko au pouvoir. Cette voie mène à l’isolement international prolongé, à la stagnation économique, et potentiellement à l’absorption de facto par la Russie. Alternativement, la Biélorussie pourrait chercher à se libérer de l’étreinte russe, à restaurer sa souveraineté, et à réorienter sa politique étrangère vers la neutralité ou même vers l’intégration européenne. Cette voie nécessiterait un changement de régime, un processus de démocratisation, et un soutien international massif pour reconstruire l’économie et les institutions du pays.
Pour l’Ukraine, le défi est de continuer à se défendre efficacement tout en évitant une escalade qui pourrait élargir le conflit au-delà de ses frontières actuelles. L’installation d’équipements de guidage en Biélorussie complique considérablement cette tâche, forçant Kiev à étendre ses défenses et à envisager des options qu’elle préférerait éviter. Mais l’Ukraine a démontré à maintes reprises sa résilience, son ingéniosité, et sa détermination à préserver son indépendance. Avec le soutien continu de la communauté internationale, elle peut surmonter ce nouveau défi comme elle a surmonté tant d’autres depuis le début de cette guerre brutale. L’essentiel est que ce soutien ne faiblisse pas, que la fatigue de la guerre ne conduise pas à l’abandon de l’Ukraine face à l’agression russe.
Nous sommes à un moment décisif. Les choix que nous faisons maintenant, les actions que nous prenons ou que nous refusons de prendre, détermineront non seulement l’issue de cette guerre, mais aussi l’avenir de la sécurité européenne pour les décennies à venir. Si nous permettons à la Russie d’utiliser la Biélorussie comme plateforme pour ses opérations militaires sans conséquences réelles, nous créons un précédent qui reviendra nous hanter. Si nous abandonnons l’Ukraine face à cette nouvelle menace, nous envoyons un message à tous les agresseurs potentiels que l’agression paie, que la force prime sur le droit. Je refuse d’accepter ce futur. Je refuse de croire que nous sommes condamnés à répéter les erreurs du passé. Nous pouvons faire mieux. Nous devons faire mieux. Pour l’Ukraine, pour la Biélorussie, pour nous tous.
Sources
Sources primaires
Defense Express, « Volodymyr Zelenskyy Says Shahed Drones Guidance Equipment Placed on Residential Buildings in Belarus », 26 décembre 2025. UNITED24 Media, « Zelenskyy: Russia Using Belarus to Bypass Ukrainian Air Defenses With Shahed Drones », 26 décembre 2025. LIGA.net, « Zelenskyy: Russia deploys equipment for targeting Shahed on high-rise buildings in Belarus », 26 décembre 2025. Déclarations officielles du président Volodymyr Zelenskyy lors de la conférence de presse du 26 décembre 2025. Rapports des services de renseignement ukrainiens sur les équipements de guidage en Biélorussie, décembre 2025.
Sources secondaires
Euromaidan Press, « Zelenskyy: Belarus helps Russian drones evade Ukrainian air defenses », 26 décembre 2025. Pravda Ukrainska, « Ukrainian air defences destroy 13 drones launched by Russia », 27 décembre 2025. Charter97, « Shaheds Attacked Western Ukraine From The Territory Of Belarus », 26 décembre 2025. CSIS, « Drone Saturation: Russia’s Shahed Campaign », 2024. Institute for the Study of War, « Russian Offensive Campaign Assessment », décembre 2025. Radio Free Europe/Radio Liberty, « Look Who’s Shooting Down Russian Drones: Belarus », 2024. Mezha Media, « Russian Drone Attack Damages Kovel Railway Facility in Volyn », décembre 2025. Analyses de l’expert en radioélectronique Serhii Flash sur les opérations de drones coordonnées, décembre 2025.
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.