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Siversk tombe : quand l’Ukraine sacrifie une ville pour sauver ses soldats
Crédit: Adobe Stock

La pression russe devenue insoutenable

Depuis des semaines, les observateurs militaires notaient l’intensification des assauts russes sur Siversk. Les forces d’invasion, fortes de leur avantage numérique considérable, multipliaient les attaques par petits groupes d’assaut. Une tactique éprouvée, coûteuse en vies humaines pour les Russes, mais terriblement efficace sur la durée. Ces groupes, généralement composés de cinq à dix hommes, progressaient maison par maison, rue par rue, profitant des conditions météorologiques difficiles de l’hiver pour masquer leurs mouvements. Les défenseurs ukrainiens, eux, devaient tenir chaque position, repousser chaque assaut, sans répit, sans relâche. L’usure psychologique et physique devenait insupportable. Le 11e corps d’armée ukrainien, engagé dans la défense du secteur, faisait face à une pression constante, ininterrompue, épuisante.

Dmytro Zaporozhets, porte-parole du 11e corps d’armée, avait tenté d’expliquer la situation le 13 décembre : « L’ennemi est capable de progresser constamment par petits groupes d’infanterie. S’il est présent à Siversk, la réponse est oui. Contrôle-t-il totalement la ville ? Non. » Cette nuance était importante. Elle montrait que même sous une pression extrême, les Ukrainiens maintenaient une présence, disputaient chaque mètre de terrain. Mais cette résistance avait un coût. Les munitions s’épuisaient plus vite qu’elles n’arrivaient. Les renforts se faisaient rares. Les soldats, épuisés par des mois de combats ininterrompus, atteignaient leurs limites physiques et mentales. La décision de se retirer n’a pas été prise à la légère. Elle résulte d’un calcul stratégique froid : mieux vaut préserver des forces combattantes pour défendre les positions suivantes que de les sacrifier dans une bataille perdue d’avance.

Un mensonge russe démasqué

La Russie, fidèle à ses habitudes de propagande, avait revendiqué la conquête de Siversk dès le 11 novembre 2025. Une annonce prématurée, immédiatement démentie par l’état-major ukrainien qui contrôlait encore l’ouest de la ville. Cette précipitation à annoncer des victoires avant qu’elles ne soient effectives est devenue une marque de fabrique du ministère russe de la Défense. Vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, comme le dit l’expression. Mais cette fois, contrairement à d’autres occasions où Moscou avait dû ravaler ses annonces triomphales, la prédiction s’est finalement réalisée. Six semaines plus tard, le 23 décembre, l’Ukraine confirmait officiellement le retrait complet de ses forces. Les Russes pouvaient enfin planter leur drapeau sur les ruines de Siversk, même si cette victoire leur avait coûté des milliers d’hommes et des mois de combats acharnés.

Cette victoire russe, aussi symbolique soit-elle, ne doit pas masquer la réalité du terrain. Siversk n’est plus qu’un amas de décombres. Les infrastructures sont détruites, les bâtiments éventrés par les bombardements, les rues jonchées de débris. La ville que les Russes ont « conquise » n’a plus rien à voir avec celle qui existait avant la guerre. C’est un champ de ruines sans valeur économique, sans population civile, sans vie. Une victoire à la Pyrrhus, pourrait-on dire. Mais pour Moscou, ce qui compte, c’est le symbole. Chaque ville prise, même réduite en cendres, est présentée comme une preuve de la supériorité militaire russe, comme un pas de plus vers la « libération » du Donbass. La propagande se nourrit de ces conquêtes territoriales, aussi dérisoires soient-elles sur le plan stratégique. Et pendant ce temps, les cercueils continuent de rentrer en Russie, dans l’indifférence générale d’une population anesthésiée par des années de mensonges d’État.

Cette guerre de communication me révulse autant que la guerre elle-même. Les deux camps mentent, manipulent, travestissent la réalité. Mais il y a quelque chose de particulièrement cynique dans la manière dont la Russie annonce des victoires fictives, comme si répéter un mensonge suffisait à le rendre vrai. Siversk est tombée, oui. Mais à quel prix ? Des milliers de morts pour un tas de ruines. Et on ose appeler ça une victoire ? La vraie victoire serait la paix. La vraie victoire serait que ces soldats, russes et ukrainiens, puissent rentrer chez eux vivants. Mais non, on préfère compter les kilomètres gagnés, les villes « libérées », comme si la guerre était un jeu vidéo où l’on accumule des points.

Sources

Sources primaires

État-major des Forces armées d’Ukraine, communiqué officiel sur Facebook concernant le retrait de Siversk, publié le 23 décembre 2025. Ukrinform, « Ukrainian Defense Forces pull back from Siversk, retain fire control, General Staff reports », article publié le 23 décembre 2025. Reuters, « Ukrainian troops withdraw from eastern town of Siversk », dépêche publiée le 23 décembre 2025 par Dan Peleschuk.

Sources secondaires

Le Monde, « L’Ukraine perd Siversk, un bastion protégeant le dernier quart de la région de Donetsk », article d’Emmanuel Grynszpan publié le 24 décembre 2025. Al Jazeera, « Russian forces seize embattled Siversk town as Ukrainian troops withdraw », article publié le 24 décembre 2025. Le Figaro, « Guerre en Ukraine : l’armée ukrainienne annonce avoir abandonné la ville de Siversk face aux assauts des troupes russes », article publié le 23 décembre 2025. BBC News, « Ukraine loses embattled eastern town », article publié le 24 décembre 2025. The Moscow Times, « Ukrainian Troops Withdraw From Eastern Town of Siversk », article publié le 23 décembre 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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