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Trump purge 30 diplomates : l’Amérique abandonne le monde
Crédit: Adobe Stock

Un continent abandonné à lui-même

L’Afrique paie le prix le plus lourd de cette purge idéologique. Treize des trente ambassadeurs rappelés servaient sur le continent africain. Du Burundi au Cameroun, du Cap-Vert au Gabon, de la Côte d’Ivoire à Madagascar, en passant par l’Île Maurice, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, la Somalie et l’Ouganda. C’est une Amputation stratégique d’une ampleur inimaginable. Ces diplomates n’étaient pas de simples représentants protocolaires. Ils étaient sur la ligne de front face à l’expansion chinoise, à l’influence russe grandissante, aux menaces terroristes qui prolifèrent dans le Sahel.

Pensez-y un instant. À Niamey, alors que le basculement du Niger vers Moscou s’accélère, Washington rappelle son ambassadeur. À Abuja, face à une Nigeria qui pivotent vers Pékin, l’Amérique retire son expert chevronné. Au Sénégal, porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest et partenaire stratégique historique, c’est le vide diplomatique. Chaque poste rappelé est une vitrine brisée, une opportunité pour les rivaux géopolitiques de s’engouffrer. Les Chinois doivent se frotter les mains. Leurs diplomates, formés pour le long terme, experts des langues et des cultures africaines, vont pouvoir opérer sans concurrence sérieuse.

Cela me glace le sang. L’Afrique n’est pas une priorité pour Trump parce que l’Afrique ne vote pas aux élections américaines. C’est aussi cynique que ça. Il ne voit pas le continent comme le demier front stratégique du XXIe siècle, mais comme une collection de « pays de merde » selon ses propres termes. Mais il se trompe lourdement. L’Afrique sera le théâtre majeur des compétitions géopolitiques de demain. En abandonnant le terrain maintenant, Trump condamne l’Amérique à jouer un rôle de spectateur dans son propre déclin. C’est une bêtise historique qui nous coûtera cher pendant des décennies.

La connaissance sacrifiée à l’idéologie

Ces diplomates africains n’étaient pas des novices. Ils accumulaient en moyenne quinze à vingt ans d’expérience sur le continent. Ils parlaient les langues locales – le wolof, le haoussa, le swahili, le zoulou. Ils connaissaient les chefs de tribus autant que les présidents en exercice, les entrepreneurs locaux autant que les ministres. Leur départ représente une perte irremplaçable de capital humain. Comment faire comprendre à Trump que la diplomatie effective ne s’improvise pas ? Vous ne pouvez pas remplacer un spécialiste du Sahel qui parle le touareg par un ancien footballeur de la NFL devenu collecteur de fonds pour le Parti Républicain.

Le coût de cette ignorance sera astronomique. Chaque ambassadeur rappelé emporte avec lui des années de contacts personnels, de confiance bâtie péniblement, de compréhension subtile des dynamiques locales. Ces actifs ne peuvent être quantifiés dans un bilan, mais ils valent des milliards en termes de sécurité nationale et d’influence économique. Le service extérieur américain perd ainsi son avantage compétitif crucial : la mémoire institutionnelle. Sans elle, chaque nouvelle crise devra être abordée comme si c’était la première fois.

C’est incroyable de stupidité pure. Trump est en train de détruire ce qu’il faut des décennies pour construire. Il croit que la puissance brute suffit à la diplomatie. Il n’a rien compris. La vraie puissance, c’est la connaissance profonde des autres, la capacité à anticiper leurs mouvements, à comprendre leurs peurs et leurs aspirations. C’est un art que seuls les professionnels maîtrisent. En les sacrifiant à son ego surdimensionné, il nous rend tous plus vulnérables. C’est un désastre en cours.

Sources

Sources primaires

Al Jazeera, « Trump recalls dozens of career diplomats in ‘America First’ push », 23 décembre 2025

Associated Press, « Trump removes nearly 30 career diplomats from ambassadorial positions », 22 décembre 2025

Reuters, « Trump pulls 30 envoys in ‘America First’ push, critics say it weakens US abroad », 22 décembre 2025

Sources secondaires

Politico, première information sur la purge des ambassadeurs, 20 décembre 2025

American Foreign Service Association, déclaration de Nikki Gamer, porte-parole, décembre 2025

Comité sénatorial des relations étrangères, intervention de la sénatrice Jeanne Shaheen, décembre 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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