Les contours d’un accord fragile
Le plan de paix en 20 points dont parle Zelenskiy représente des mois de négociations intenses entre diplomates ukrainiens et américains. Selon le président ukrainien, ce plan est achevé à 90%, ce qui suggère qu’il reste encore des points de friction majeurs à résoudre. Zelenskiy a déclaré à Politico que « beaucoup de choses peuvent être décidées avant le Nouvel An », exprimant un optimisme prudent sur la possibilité d’une percée diplomatique rapide. Mais cet optimisme est tempéré par la réalité des désaccords persistants, notamment sur la question du contrôle territorial. La Russie exige que l’Ukraine se retire des zones de la région orientale de Donetsk que les troupes russes n’ont pas réussi à occuper dans leur offensive pour sécuriser tout le Donbass, qui inclut également la région de Louhansk. Kiev, de son côté, veut que les combats cessent sur les lignes actuelles, sans retrait supplémentaire.
Cette divergence fondamentale sur le territoire est le principal obstacle diplomatique. Selon les informations disponibles, un compromis américain prévoit la création d’une zone économique libre si l’Ukraine quitte certaines parties de la région de Donetsk, bien que les détails restent à définir. Cette proposition est problématique pour plusieurs raisons. D’abord, elle implique que l’Ukraine abandonne des territoires qu’elle contrôle actuellement, ce qui serait perçu comme une défaite par de nombreux Ukrainiens. Ensuite, une « zone économique libre » dans un territoire contesté est une notion floue qui pourrait facilement devenir un nouveau point de friction. Comment garantir que cette zone ne devienne pas simplement un territoire sous influence russe? Comment protéger les habitants qui y vivent? Comment empêcher la Russie d’utiliser cette zone comme tremplin pour de futures agressions? Ces questions restent sans réponse claire, et c’est précisément ce qui rend ce compromis si dangereux.
Le référendum comme échappatoire politique
Face à ces difficultés, Zelenskiy a évoqué une option audacieuse : soumettre le plan de paix à un référendum si les États-Unis ne soutiennent pas la position « forte » de l’Ukraine sur la question territoriale. Mais cette option est conditionnée à l’acceptation par la Russie d’un cessez-le-feu de 60 jours pour permettre à l’Ukraine de préparer et d’organiser le vote. Cette proposition est à la fois intelligente et risquée. Intelligente parce qu’elle transfère la responsabilité de la décision finale au peuple ukrainien, protégeant ainsi Zelenskiy des accusations de trahison s’il accepte un accord défavorable. Risquée parce qu’un référendum dans un pays en guerre, avec des millions de réfugiés et de déplacés, pose d’énormes problèmes logistiques et de légitimité. Comment organiser un vote équitable quand une partie significative de la population vit à l’étranger ou dans des territoires occupés? Comment garantir que le résultat reflète vraiment la volonté du peuple ukrainien?
Zelenskiy a également déclaré qu’il voulait plus de pression appliquée à la Russie, suggérant que les sanctions actuelles et le soutien militaire occidental ne sont pas suffisants pour forcer Moscou à accepter des conditions acceptables pour Kiev. Cette demande met en lumière une tension fondamentale dans les négociations : l’Ukraine veut négocier en position de force, mais elle dépend entièrement du soutien occidental pour maintenir cette force. Si Trump décide de réduire l’aide militaire américaine, comme il l’a suggéré à plusieurs reprises, la position de négociation de l’Ukraine s’effondrera. C’est le dilemme central auquel Zelenskiy est confronté : comment obtenir un accord qui protège les intérêts ukrainiens quand le principal allié de l’Ukraine pourrait à tout moment retirer son soutien? Cette incertitude plane sur toutes les négociations et explique pourquoi Zelenskiy cherche désespérément des garanties de sécurité juridiquement contraignantes.
Un référendum… L’idée semble démocratique, noble même. Laisser le peuple décider de son propre destin. Mais dans la réalité d’une guerre, c’est bien plus compliqué. Comment demander à des gens épuisés par quatre ans de conflit, qui ont perdu des proches, leurs maisons, leur avenir, de décider rationnellement de l’avenir de leur pays? Comment garantir que le vote ne sera pas influencé par la lassitude, par le désir désespéré que ça s’arrête, peu importe le prix? Et surtout, comment accepter qu’un vote puisse légitimer l’abandon de territoires ukrainiens et de citoyens ukrainiens à l’occupation russe? Ces questions me déchirent. Parce que je comprends la logique politique de Zelenskiy, mais je ressens aussi l’injustice profonde de la situation.
Section 3 : la centrale nucléaire de Zaporijjia, enjeu stratégique majeur
Un site nucléaire sous occupation russe
Parmi les points critiques des négociations figure le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, saisie par la Russie dans les premières semaines de la guerre. Cette installation représente un enjeu à la fois stratégique, économique et symbolique. Sur le plan stratégique, celui qui contrôle la centrale contrôle une source d’énergie massive et peut potentiellement l’utiliser comme levier de pression. Sur le plan économique, la centrale représente une capacité de production électrique considérable dont l’Ukraine a désespérément besoin. Sur le plan symbolique, la centrale est devenue un symbole de l’occupation russe et de la violation du droit international. Depuis sa capture, la centrale a été le théâtre de plusieurs incidents inquiétants, avec des bombardements dans ses environs qui ont fait craindre une catastrophe nucléaire. L’Agence internationale de l’énergie atomique a maintenu une présence sur le site, mais sa capacité à garantir la sécurité de l’installation reste limitée.
Le statut futur de la centrale de Zaporijjia est donc un point de négociation crucial. La Russie ne voudra probablement pas abandonner le contrôle d’un tel atout stratégique. L’Ukraine, de son côté, ne peut accepter qu’une installation nucléaire majeure sur son territoire reste sous contrôle russe indéfiniment. Plusieurs options ont été évoquées : une administration internationale de la centrale, un retour sous contrôle ukrainien avec des garanties de sécurité renforcées, ou même une démilitarisation de la zone entourant la centrale. Mais chacune de ces options pose des problèmes pratiques et politiques considérables. Une administration internationale nécessiterait l’accord de la Russie, qui n’a aucun intérêt à céder le contrôle. Un retour sous contrôle ukrainien impliquerait un retrait russe que Moscou n’acceptera probablement pas. Et une démilitarisation serait difficile à vérifier et à faire respecter dans le contexte d’un conflit actif.
Le risque d’une catastrophe nucléaire
Au-delà des considérations stratégiques, la centrale de Zaporijjia représente un risque nucléaire permanent. Toute escalade militaire dans la région pourrait entraîner des dommages à l’installation, avec des conséquences potentiellement catastrophiques pour toute l’Europe. Les experts en sécurité nucléaire ont averti à plusieurs reprises que la situation actuelle est intenable et que la centrale doit être sécurisée de toute urgence. Mais sécuriser une installation nucléaire au milieu d’une zone de guerre est extraordinairement difficile. Les deux camps s’accusent mutuellement de mettre en danger la centrale par leurs actions militaires. La Russie affirme que l’Ukraine bombarde les environs de la centrale, mettant en danger sa sécurité. L’Ukraine accuse la Russie d’utiliser la centrale comme bouclier militaire, stockant des armes et des troupes dans ses environs en sachant que l’Ukraine hésitera à frapper.
Cette situation crée un dilemme moral et stratégique pour les négociateurs. D’un côté, la sécurité de la centrale devrait être une priorité absolue, transcendant les considérations territoriales et politiques. D’un autre côté, accepter que la Russie conserve le contrôle de la centrale pourrait créer un précédent dangereux, suggérant que l’occupation d’installations nucléaires est une tactique acceptable dans les conflits modernes. Comment résoudre cette contradiction? Comment garantir la sécurité nucléaire tout en ne récompensant pas l’agression russe? Ces questions n’ont pas de réponses faciles, et elles illustrent la complexité des négociations en cours. La centrale de Zaporijjia n’est pas seulement un point de négociation parmi d’autres. C’est un test de la capacité de la communauté internationale à protéger les installations nucléaires civiles dans les zones de conflit, et les décisions prises maintenant auront des implications pour les décennies à venir.
Une centrale nucléaire comme monnaie d’échange… L’idée même me glace le sang. Nous parlons d’une installation qui, si elle était endommagée, pourrait contaminer des millions de personnes, rendre des régions entières inhabitables pendant des générations. Et pourtant, elle est devenue un pion dans un jeu géopolitique. La Russie la garde parce qu’elle lui donne du pouvoir. L’Ukraine la veut parce qu’elle lui appartient. Et pendant ce temps, le monde retient son souffle, espérant qu’aucun obus ne tombera au mauvais endroit. C’est de la folie. Une folie qui pourrait nous coûter cher à tous.
Section 4 : la position russe, entre intransigeance et ouverture tactique
Moscou conteste la version ukrainienne du plan
Alors que Zelenskiy affirme qu’un plan de paix est presque prêt, la Russie raconte une histoire différente. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a déclaré que la version ukrainienne du plan en 20 points diffère de ce que la Russie a discuté avec les États-Unis, selon l’agence de presse Interfax-Russia. Cette déclaration suggère qu’il existe en réalité plusieurs versions du plan, et que les divergences entre les positions ukrainienne et russe restent considérables. Riabkov a néanmoins exprimé un optimisme prudent, affirmant que les choses avaient atteint un « point tournant » dans la recherche d’un règlement. Cette formulation ambiguë peut être interprétée de plusieurs façons : soit la Russie voit réellement une opportunité de conclure un accord, soit elle utilise un langage diplomatique pour masquer son intransigeance continue.
L’assistant de politique étrangère de Poutine, Youri Ouchakov, a parlé avec des membres de l’administration Trump après que Moscou ait reçu des propositions américaines concernant un éventuel accord de paix, a déclaré le Kremlin vendredi. Il n’a pas divulgué comment Moscou avait perçu les documents. Ce silence est révélateur. Si la Russie était satisfaite des propositions américaines, elle l’aurait probablement fait savoir. Le fait qu’elle garde le silence suggère soit qu’elle est en train d’évaluer les propositions, soit qu’elle les trouve inacceptables mais ne veut pas fermer la porte aux négociations. La stratégie russe semble être de maintenir une posture d’ouverture au dialogue tout en continuant à exercer une pression militaire maximale sur l’Ukraine. Les attaques massives du 27 décembre en sont la preuve la plus récente. Moscou veut négocier, mais seulement à ses conditions, et elle utilise la force militaire pour façonner ces conditions.
Les exigences territoriales russes
Les demandes territoriales de la Russie restent un obstacle majeur. Moscou exige que l’Ukraine se retire des zones de la région de Donetsk que les troupes russes n’ont pas réussi à occuper, en plus de reconnaître l’annexion de la Crimée et des autres territoires que la Russie contrôle actuellement. Ces exigences sont inacceptables pour l’Ukraine, qui considère tous ces territoires comme partie intégrante de son pays. La Russie justifie ses demandes en affirmant qu’elle doit « protéger » les populations russophones de ces régions, un argument que Kiev et ses alliés occidentaux rejettent comme une simple excuse pour l’expansion territoriale. La réalité est que la Russie veut consolider ses gains territoriaux et créer une zone tampon entre elle et ce qui resterait de l’Ukraine. Elle veut également s’assurer que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’OTAN, une demande qui figurait déjà parmi les conditions russes au début de la guerre.
Mais au-delà des demandes officielles, la Russie a probablement des objectifs plus larges. Elle veut affaiblir l’Ukraine au point qu’elle ne puisse plus représenter une menace, même potentielle, pour la Russie. Elle veut démontrer au monde que l’Occident ne peut pas protéger ses alliés contre la puissance russe. Elle veut créer un précédent selon lequel les grandes puissances peuvent redessiner les frontières par la force sans conséquences durables. Ces objectifs stratégiques plus larges expliquent pourquoi la Russie continue de se battre malgré les coûts économiques et humains considérables de la guerre. Pour Poutine, cette guerre n’est pas seulement une question de territoire ukrainien. C’est une question de statut de grande puissance de la Russie, de sa capacité à projeter sa force et à défier l’ordre international dominé par l’Occident. Tant que ces objectifs ne seront pas atteints, ou tant que Poutine ne sera pas convaincu qu’ils sont inatteignables, la Russie continuera probablement à se battre.
Poutine… Cet homme a déclenché une guerre qui a tué des centaines de milliers de personnes, détruit des villes entières, créé la plus grande crise de réfugiés en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Et maintenant, il négocie comme si tout cela était normal, comme si ses exigences territoriales étaient légitimes, comme si l’Ukraine devait simplement accepter d’être démembrée. La rage que je ressens face à cette situation est difficile à contenir. Parce que je sais que Poutine pourrait gagner. Pas militairement, peut-être, mais diplomatiquement. Si Trump décide que la paix vaut bien quelques concessions ukrainiennes, Poutine aura réussi. Il aura prouvé que la force brute paie encore dans le monde moderne. Et cette leçon sera apprise par tous les dictateurs du monde.
Section 5 : les garanties de sécurité, le cœur du problème
Les leçons amères du passé
La question des garanties de sécurité pour l’Ukraine est peut-être encore plus importante que celle du territoire. L’histoire récente a montré que les promesses internationales peuvent s’évaporer rapidement. En 1994, l’Ukraine a accepté de renoncer à son arsenal nucléaire hérité de l’Union soviétique en échange de garanties de sécurité de la Russie, des États-Unis et du Royaume-Uni dans le cadre du Mémorandum de Budapest. Ces garanties se sont révélées sans valeur lorsque la Russie a annexé la Crimée en 2014 et envahi l’Ukraine en 2022. Cette trahison historique hante toutes les discussions actuelles sur les garanties de sécurité. Comment l’Ukraine peut-elle faire confiance à de nouvelles promesses après que les anciennes aient été si spectaculairement violées? Comment garantir que les engagements pris aujourd’hui seront respectés dans dix, vingt ou trente ans?
Zelenskiy a déclaré que les États-Unis avaient proposé un accord de 15 ans sur les garanties de sécurité, renouvelable, mais que Kiev voulait un accord plus long avec des dispositions juridiquement contraignantes. Cette différence est fondamentale. Un accord de 15 ans, même renouvelable, laisse l’Ukraine dans l’incertitude après cette période. Que se passera-t-il si un nouveau président américain décide de ne pas renouveler l’accord? Que se passera-t-il si les priorités géopolitiques américaines changent? L’Ukraine veut des garanties permanentes, inscrites dans des traités internationaux contraignants, avec des mécanismes d’application clairs. Elle veut savoir que si la Russie attaque à nouveau, les États-Unis et d’autres alliés interviendront automatiquement, sans débat politique, sans hésitation. Mais obtenir de telles garanties est extraordinairement difficile, car elles impliquent essentiellement un engagement à entrer en guerre pour défendre l’Ukraine.
Les modèles possibles de garanties
Plusieurs modèles de garanties de sécurité ont été évoqués. Le premier est le modèle de l’article 5 de l’OTAN, qui stipule qu’une attaque contre un membre de l’alliance est considérée comme une attaque contre tous. C’est le type de garantie le plus fort possible, mais c’est aussi celui que la Russie rejette catégoriquement et que certains membres de l’OTAN hésitent à étendre à l’Ukraine. Le deuxième modèle est celui d’un traité bilatéral entre l’Ukraine et les États-Unis, similaire aux traités de défense que les États-Unis ont avec le Japon ou la Corée du Sud. Ce modèle offrirait des garanties solides, mais il dépendrait entièrement de la volonté politique américaine de les respecter. Le troisième modèle est celui d’un accord multilatéral impliquant plusieurs pays occidentaux, qui offrirait une certaine diversification du risque mais pourrait être plus difficile à négocier et à mettre en œuvre.
Chacun de ces modèles présente des avantages et des inconvénients. Le modèle OTAN offre les garanties les plus fortes, mais il est politiquement irréaliste à court terme. Le modèle bilatéral avec les États-Unis est plus réalisable, mais il laisse l’Ukraine dépendante d’un seul allié dont les engagements pourraient changer avec les administrations. Le modèle multilatéral offre plus de stabilité, mais il pourrait être affaibli par les désaccords entre les pays participants. L’Ukraine cherche probablement une combinaison de ces approches : des garanties américaines solides, complétées par des engagements d’autres pays occidentaux, et peut-être même une voie vers l’adhésion à l’OTAN à long terme. Mais obtenir tout cela dans le contexte actuel, avec une administration Trump imprévisible et une Europe divisée, sera un défi monumental. Et sans garanties solides, tout accord de paix ne sera qu’un cessez-le-feu temporaire, en attendant la prochaine agression russe.
Les garanties de sécurité… Ces mots sonnent creux après ce qui s’est passé en 2014 et 2022. L’Ukraine a déjà eu des garanties. Elles n’ont servi à rien. Alors pourquoi de nouvelles garanties seraient-elles différentes? C’est la question qui hante chaque Ukrainien. Et c’est une question à laquelle personne ne peut répondre avec certitude. Parce que les garanties de sécurité ne valent que ce que valent les pays qui les donnent. Et dans un monde où Trump peut décider du jour au lendemain de changer la politique américaine, où l’Europe est divisée et hésitante, où la Russie ne respecte aucune règle… dans ce monde-là, les garanties de sécurité ressemblent dangereusement à des promesses vides.
Section 6 : l'Europe face à ses responsabilités
Une Union européenne divisée
Alors que les négociations entre l’Ukraine et les États-Unis avancent, l’Union européenne se retrouve dans une position inconfortable. D’un côté, l’Europe a été le principal soutien financier et humanitaire de l’Ukraine depuis le début de la guerre, fournissant des milliards d’euros d’aide et accueillant des millions de réfugiés ukrainiens. D’un autre côté, l’Europe n’a pas la capacité militaire de garantir la sécurité de l’Ukraine sans le soutien américain. Cette réalité crée une dépendance stratégique vis-à-vis des États-Unis qui limite considérablement la marge de manœuvre européenne. Si Trump décide d’un accord qui ne convient pas à l’Europe, que peuvent faire les Européens? Continuer à soutenir l’Ukraine seuls? C’est peu probable, compte tenu des contraintes budgétaires et politiques auxquelles font face de nombreux pays européens.
De plus, l’Union européenne est loin d’être unie sur la question ukrainienne. Certains pays, comme la Pologne et les États baltes, sont fermement pro-ukrainiens et veulent un soutien maximal à Kiev. D’autres, comme la Hongrie, ont des positions beaucoup plus ambiguës et entretiennent des relations relativement cordiales avec la Russie. Cette division affaiblit la capacité de l’Europe à parler d’une seule voix et à influencer les négociations. La France et l’Allemagne, traditionnellement les moteurs de la politique étrangère européenne, sont elles-mêmes confrontées à des défis politiques internes qui limitent leur capacité d’action. La France fait face à une instabilité politique persistante, tandis que l’Allemagne navigue dans une période de transition économique difficile. Dans ce contexte, l’Europe risque d’être spectatrice plutôt qu’actrice des négociations qui détermineront l’avenir de l’Ukraine.
Le réveil tardif de la défense européenne
La guerre en Ukraine a néanmoins provoqué un réveil stratégique en Europe. De nombreux pays ont augmenté leurs budgets de défense, certains atteignant enfin l’objectif de 2% du PIB fixé par l’OTAN. L’industrie de défense européenne connaît un renouveau, avec des commandes massives d’armements et des investissements dans de nouvelles capacités. Plusieurs pays ont annoncé des plans pour renforcer leurs forces armées et réduire leur dépendance vis-à-vis des États-Unis. Mais ces efforts, bien que louables, prendront des années avant de produire des résultats concrets. L’Europe ne peut pas construire une autonomie stratégique du jour au lendemain. Les capacités militaires nécessitent du temps, de l’argent, et surtout une volonté politique soutenue. Et il n’est pas certain que cette volonté survivra à la fin de la guerre en Ukraine, quand l’urgence immédiate aura disparu.
L’Europe fait également face à un dilemme économique. Le soutien à l’Ukraine coûte cher, et ces coûts s’ajoutent à d’autres défis comme la transition énergétique, le vieillissement de la population, et la nécessité d’investir dans les infrastructures et l’innovation. Dans un contexte de croissance économique faible et de contraintes budgétaires, maintenir un soutien financier massif à l’Ukraine tout en augmentant les dépenses de défense est politiquement difficile. Certains gouvernements européens font déjà face à une lassitude de la guerre parmi leurs populations, qui se demandent combien de temps et d’argent l’Europe devra consacrer à l’Ukraine. Cette lassitude pourrait s’intensifier si la guerre se prolonge ou si un accord de paix est conclu qui laisse l’Ukraine dans une situation précaire nécessitant un soutien continu. L’Europe doit donc trouver un équilibre délicat entre ses engagements envers l’Ukraine et ses propres contraintes internes.
L’Europe… Ce continent qui a connu deux guerres mondiales, qui a juré « plus jamais ça », qui s’est construit sur l’idée que la paix et la coopération sont possibles. Et maintenant, face à la plus grande guerre sur son sol depuis 1945, l’Europe hésite. Elle aide, certes. Mais elle hésite. Elle regarde vers Washington, attendant que Trump décide. Elle se divise sur ce qu’il faut faire. Elle parle d’autonomie stratégique mais reste dépendante de la protection américaine. Cette faiblesse me désole. Parce que si l’Europe ne peut pas défendre ses propres valeurs, ses propres voisins, alors à quoi sert-elle? L’Ukraine se bat pour des principes que l’Europe prétend chérir. Et l’Europe devrait être à ses côtés, sans hésitation, sans calculs politiques mesquins.
Section 7 : l'impact humanitaire, une catastrophe qui continue
Des millions de vies brisées
Pendant que les diplomates négocient et que les généraux planifient, des millions d’Ukrainiens continuent de souffrir. Près de quatre ans de guerre ont créé une catastrophe humanitaire d’une ampleur difficile à saisir. Des centaines de milliers de personnes ont été tuées ou blessées, des millions ont été déplacées, des villes entières ont été détruites. L’infrastructure civile de l’Ukraine a été systématiquement ciblée par les attaques russes : centrales électriques, réseaux de chauffage, hôpitaux, écoles, systèmes d’approvisionnement en eau. Chaque hiver devient une épreuve de survie pour des millions d’Ukrainiens qui doivent faire face au froid sans chauffage adéquat, à l’obscurité sans électricité fiable, à la peur constante des bombardements. Les attaques du 27 décembre contre les infrastructures énergétiques ne sont que les dernières d’une longue série visant à rendre la vie impossible pour les civils ukrainiens.
Les enfants ukrainiens ont particulièrement souffert de cette guerre. Des millions d’entre eux ont vu leur éducation interrompue, ont été témoins de violences traumatisantes, ont perdu des proches. Beaucoup ont passé des mois ou des années dans des abris anti-aériens, leur enfance volée par une guerre qu’ils ne comprennent pas. Les services de santé mentale en Ukraine rapportent une augmentation massive des cas de stress post-traumatique, de dépression, d’anxiété, particulièrement chez les enfants et les adolescents. Ces blessures psychologiques prendront des décennies à guérir, si elles guérissent jamais. Une génération entière d’Ukrainiens grandit dans la guerre, et les conséquences de cette expérience se feront sentir pendant des générations. Comment ces enfants verront-ils le monde? Comment feront-ils confiance aux autres? Comment construiront-ils leur avenir après avoir vu leur présent détruit?
La reconstruction, un défi titanesque
Au-delà des pertes humaines immédiates, l’Ukraine fait face à un défi de reconstruction colossal. Les estimations des dommages varient, mais elles se chiffrent en centaines de milliards de dollars. Des villes comme Marioupol, Bakhmout, et de nombreuses autres ont été pratiquement rasées. Les infrastructures de transport, d’énergie, de communication ont été gravement endommagées. L’économie ukrainienne a été dévastée, avec une contraction massive du PIB, une inflation galopante, un chômage élevé. Même si la guerre se terminait demain, il faudrait des années, voire des décennies, pour reconstruire ce qui a été détruit. Et cette reconstruction nécessitera des investissements massifs de la communauté internationale, à un moment où de nombreux pays occidentaux font face à leurs propres défis économiques.
La question de qui paiera pour la reconstruction est également controversée. L’Ukraine et ses alliés occidentaux insistent sur le fait que la Russie devrait payer des réparations pour les dommages qu’elle a causés. Des efforts sont en cours pour saisir les avoirs russes gelés à l’étranger et les utiliser pour financer la reconstruction ukrainienne. Mais ces efforts font face à des obstacles juridiques et politiques considérables. La Russie, de son côté, rejette catégoriquement toute responsabilité et refuse de payer quoi que ce soit. Dans ce contexte, le fardeau de la reconstruction risque de retomber principalement sur l’Ukraine elle-même et sur ses alliés occidentaux. L’Union européenne a déjà promis des milliards d’euros pour la reconstruction, mais ces sommes, bien que substantielles, ne suffiront probablement pas. La reconstruction de l’Ukraine sera l’un des plus grands projets de reconstruction depuis le Plan Marshall après la Seconde Guerre mondiale, et elle testera la solidarité internationale dans les années à venir.
Je pense à ces familles ukrainiennes qui ont tout perdu. Leur maison détruite par un missile. Leurs économies évaporées par l’inflation. Leurs proches tués ou disparus. Et maintenant, on leur demande d’accepter peut-être un accord qui laisserait une partie de leur pays sous occupation russe. Comment peuvent-elles accepter ça? Comment peuvent-elles faire la paix avec l’idée que leurs sacrifices n’auront servi à rien? Cette injustice me révolte. Parce que ces gens ne méritent pas ce qui leur arrive. Ils ne méritent pas d’être les victimes collatérales de jeux géopolitiques. Ils méritent la justice, la reconstruction, l’espoir. Mais obtiendront-ils tout ça? J’en doute.
Section 8 : Trump, l'imprévisible médiateur
Un président qui admire la force
Donald Trump n’est pas un médiateur traditionnel. Son approche de la politique étrangère est transactionnelle, impulsive, centrée sur ses propres intérêts politiques. Il a exprimé à plusieurs reprises son admiration pour Vladimir Poutine, qualifiant le dirigeant russe de « génie » et de « très intelligent ». Cette admiration inquiète profondément les Ukrainiens et leurs alliés européens, qui craignent que Trump ne soit prêt à sacrifier les intérêts ukrainiens pour obtenir un accord qui lui permettrait de se présenter comme un faiseur de paix. Trump a également critiqué à plusieurs reprises le niveau d’aide militaire américaine à l’Ukraine, suggérant que les États-Unis dépensent trop d’argent pour un conflit qui ne les concerne pas directement. Cette rhétorique a créé une incertitude considérable sur l’engagement américain à long terme envers l’Ukraine.
Cependant, Trump est également imprévisible, et cette imprévisibilité pourrait jouer en faveur de l’Ukraine. Il aime se présenter comme un négociateur habile qui obtient les meilleurs accords. Si Poutine le traite avec mépris ou refuse de faire des concessions, Trump pourrait se retourner contre la Russie et augmenter le soutien à l’Ukraine par dépit. De plus, Trump est sensible à la façon dont il est perçu par l’histoire. Il veut être vu comme un grand président, et un accord de paix en Ukraine qui serait perçu comme une capitulation ukrainienne pourrait ternir son héritage. Ces considérations pourraient le pousser à chercher un accord plus équilibré que ce que beaucoup craignent. Mais compter sur l’ego de Trump pour protéger les intérêts ukrainiens est une stratégie risquée, et Zelenskiy le sait. C’est pourquoi il cherche désespérément à obtenir des garanties juridiquement contraignantes qui survivront à l’administration Trump.
La relation Trump-Poutine, un facteur d’incertitude
La relation entre Trump et Poutine est l’un des grands mystères de la politique internationale moderne. Trump a constamment défendu Poutine, même face à des preuves d’ingérence russe dans les élections américaines et d’autres actions hostiles. Cette défense a alimenté des spéculations sur les raisons de cette loyauté apparente. Certains suggèrent que Trump admire simplement les dirigeants autoritaires forts. D’autres évoquent des intérêts commerciaux ou des compromissions potentielles. Quelle que soit la raison, cette relation crée une dynamique problématique pour les négociations. Si Trump voit Poutine comme un partenaire potentiel plutôt que comme un adversaire, il pourrait être enclin à faire des concessions excessives pour obtenir un accord. Poutine, de son côté, semble avoir compris comment manipuler Trump, en flattant son ego et en se présentant comme un dirigeant fort que Trump peut respecter.
Trump a déclaré qu’il s’attendait à parler avec Poutine « bientôt, autant que je le veux ». Cette déclaration suggère qu’il envisage des négociations directes avec le dirigeant russe, potentiellement sans la participation de l’Ukraine. C’est exactement le scénario que Kiev craint le plus : que les États-Unis et la Russie négocient un accord au-dessus de la tête de l’Ukraine, décidant de son sort sans son consentement. Ce scénario rappellerait les pires moments de la Guerre froide, quand les superpuissances décidaient du destin de pays plus petits sans les consulter. Zelenskiy a clairement indiqué que l’Ukraine ne acceptera pas un tel accord, mais sa capacité à résister dépend entièrement du soutien occidental. Si Trump décide de couper l’aide militaire américaine, l’Ukraine n’aura d’autre choix que d’accepter ce qui lui sera imposé. C’est cette vulnérabilité fondamentale qui rend la rencontre du 28 décembre si cruciale.
Trump et Poutine… Deux hommes qui se comprennent, qui parlent le même langage de pouvoir et de force. Et entre eux, l’Ukraine, petit pays qui ose résister, qui ose demander justice. Je regarde cette configuration et je frissonne. Parce que je sais comment ces histoires se terminent généralement. Le petit pays est sacrifié sur l’autel des intérêts des grands. Les promesses sont faites puis oubliées. Et les gens ordinaires paient le prix. Je veux croire que cette fois sera différente. Je veux croire que Trump fera ce qui est juste. Mais l’histoire me dit d’être sceptique. Et mon cœur se serre à cette pensée.
Section 9 : les scénarios possibles pour l'avenir
Le scénario optimiste : un accord équilibré
Dans le meilleur scénario, les négociations aboutiraient à un accord qui protège les intérêts essentiels de l’Ukraine tout en offrant à la Russie une sortie honorable. Cet accord inclurait un cessez-le-feu sur les lignes actuelles, sans retrait ukrainien supplémentaire. L’Ukraine obtiendrait des garanties de sécurité solides des États-Unis et d’autres pays occidentaux, peut-être même une voie claire vers l’adhésion à l’OTAN à long terme. La centrale nucléaire de Zaporijjia serait placée sous administration internationale. Un plan de reconstruction massif serait mis en place, financé en partie par les avoirs russes gelés. La Russie accepterait de payer des réparations, même si ce serait probablement sur une longue période. Ce scénario permettrait à l’Ukraine de commencer à reconstruire tout en maintenant son intégrité territoriale et sa souveraineté sur la majeure partie de son territoire.
Mais ce scénario optimiste semble malheureusement peu probable. Il nécessiterait que la Russie accepte de renoncer à ses gains territoriaux sans obtenir grand-chose en retour, ce que Poutine ne fera probablement pas. Il nécessiterait également que Trump soit prêt à offrir des garanties de sécurité fortes à l’Ukraine, ce qui impliquerait un engagement américain à long terme que Trump a montré peu d’enthousiasme à prendre. De plus, ce scénario nécessiterait un consensus international sur le financement de la reconstruction ukrainienne, ce qui est loin d’être garanti dans le contexte économique actuel. Néanmoins, c’est le scénario que l’Ukraine espère et pour lequel Zelenskiy se bat. C’est aussi le scénario que les alliés européens de l’Ukraine préféreraient, car il préserverait l’ordre international basé sur les règles et enverrait un message clair que l’agression ne paie pas.
Le scénario pessimiste : une paix imposée
Dans le pire scénario, Trump et Poutine négocieraient un accord qui sacrifierait les intérêts ukrainiens pour obtenir une paix rapide. Cet accord pourrait inclure la reconnaissance de l’annexion russe de la Crimée et d’autres territoires, le retrait ukrainien de zones supplémentaires, et des garanties de sécurité faibles ou inexistantes pour l’Ukraine. L’Ukraine serait forcée d’accepter cet accord sous la menace d’une coupure de l’aide militaire américaine. Ce scénario créerait une paix instable, car la Russie pourrait être tentée de relancer les hostilités dans quelques années une fois qu’elle aurait reconstitué ses forces. L’Ukraine resterait dans un état de vulnérabilité permanente, incapable de se défendre efficacement sans soutien occidental, mais sans garanties que ce soutien continuerait. Ce scénario serait également désastreux pour l’ordre international, car il démontrerait que l’agression militaire peut réussir si l’agresseur est suffisamment puissant et patient.
Ce scénario pessimiste aurait des conséquences qui s’étendraient bien au-delà de l’Ukraine. Il encouragerait d’autres pays à utiliser la force pour résoudre leurs différends territoriaux. Il affaiblirait la crédibilité des garanties de sécurité américaines dans le monde entier, poussant potentiellement certains pays à développer leurs propres armes nucléaires pour se protéger. Il créerait un précédent selon lequel les démocraties occidentales abandonneront leurs alliés face à une pression suffisante. Et il renforcerait la position de la Russie et d’autres régimes autoritaires qui défient l’ordre international libéral. Pour toutes ces raisons, les alliés européens de l’Ukraine et de nombreux membres du Congrès américain s’opposeraient probablement à un tel accord. Mais si Trump est déterminé à l’imposer, leur capacité à l’arrêter serait limitée. C’est ce scénario cauchemardesque qui hante les nuits de nombreux Ukrainiens et de leurs soutiens.
Le scénario intermédiaire : un compromis bancal
Le scénario le plus probable se situe quelque part entre ces deux extrêmes. Un accord serait conclu qui inclurait des concessions des deux côtés, mais qui ne satisferait pleinement personne. L’Ukraine pourrait être forcée d’accepter la perte de certains territoires, mais conserverait le contrôle de la majeure partie de son pays. Elle obtiendrait des garanties de sécurité, mais ces garanties seraient probablement moins solides que ce qu’elle souhaite. La Russie obtiendrait une reconnaissance de facto de certains de ses gains territoriaux, mais pas une victoire totale. Ce compromis bancal créerait une situation instable, avec un risque élevé de reprise des hostilités à l’avenir. Mais il pourrait être acceptable pour toutes les parties comme une solution temporaire, permettant à chacun de déclarer une forme de victoire et de se retirer du conflit actif. Ce scénario laisserait de nombreuses questions non résolues, créant les conditions pour de futurs conflits, mais il mettrait fin aux combats actifs et permettrait à l’Ukraine de commencer à reconstruire.
Dans ce scénario intermédiaire, le rôle de l’Europe serait crucial. Si les États-Unis offrent des garanties de sécurité limitées, l’Europe devrait combler le vide en fournissant un soutien militaire et économique continu à l’Ukraine. Cela nécessiterait un engagement européen à long terme qui n’est pas garanti. De plus, ce scénario créerait probablement une situation de conflit gelé, similaire à ce qui existe dans d’autres parties de l’ex-Union soviétique comme la Transnistrie, l’Abkhazie ou le Haut-Karabakh. Ces conflits gelés sont des sources permanentes d’instabilité, avec des risques constants de reprise des hostilités. Ils empêchent également le développement économique et l’intégration européenne des pays concernés. Pour l’Ukraine, un tel résultat serait profondément décevant après tant de sacrifices, mais il pourrait être préférable à une continuation indéfinie de la guerre ou à une capitulation totale.
Quel avenir pour l’Ukraine? Je regarde ces trois scénarios et je me sens impuissant. Parce que l’avenir de millions de personnes sera décidé par quelques hommes dans une pièce, loin des champs de bataille, loin des villes détruites, loin de la souffrance quotidienne. Et ces hommes prendront leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts, de leurs propres calculs politiques. L’Ukraine mérite mieux. Elle mérite la justice, la paix, la sécurité. Mais obtiendra-t-elle tout ça? Ou sera-t-elle sacrifiée sur l’autel de la realpolitik? Je ne sais pas. Et cette incertitude me ronge.
Section 10 : les leçons de cette guerre pour le monde
La fin de l’ordre international libéral?
La guerre en Ukraine a révélé des fissures profondes dans l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale et renforcé après la fin de la Guerre froide. Cet ordre reposait sur l’idée que les frontières ne peuvent être changées par la force, que la souveraineté des États doit être respectée, et que les conflits doivent être résolus par la diplomatie plutôt que par la guerre. La Russie a violé tous ces principes en envahissant l’Ukraine, et la réponse internationale, bien que substantielle, n’a pas été suffisante pour restaurer le statu quo ante. Cette réalité soulève des questions fondamentales sur la viabilité de l’ordre international libéral. Si une grande puissance peut envahir un pays voisin et s’en tirer avec des gains territoriaux, même au prix de sanctions économiques, qu’est-ce qui empêchera d’autres pays de faire de même?
La guerre en Ukraine a également révélé les limites de la dissuasion conventionnelle. Malgré les avertissements occidentaux, malgré les sanctions préventives, malgré les promesses de soutien à l’Ukraine, la Russie a quand même envahi. Cette réalité suggère que la dissuasion ne fonctionne que si elle est crédible, et que la crédibilité nécessite une volonté démontrée d’utiliser la force si nécessaire. L’Occident n’était pas prêt à intervenir militairement directement en Ukraine, et Poutine l’a calculé correctement. Cette leçon sera apprise par d’autres dirigeants autoritaires dans le monde, qui pourraient conclure que l’Occident ne défendra pas ses alliés si le coût est trop élevé. Cette perception pourrait encourager l’agression dans d’autres régions, de Taïwan aux Balkans en passant par le Moyen-Orient.
Le retour de la guerre en Europe
La guerre en Ukraine a également marqué le retour de la guerre conventionnelle à grande échelle en Europe, quelque chose que beaucoup pensaient impossible après la fin de la Guerre froide. Cette guerre a rappelé brutalement que la paix n’est pas garantie, que les conflits armés peuvent éclater même entre des pays qui ont des liens économiques et culturels étroits. Elle a également démontré que les guerres modernes peuvent être extraordinairement destructrices, même sans l’utilisation d’armes nucléaires. Les tactiques utilisées en Ukraine, des bombardements massifs de zones civiles aux attaques contre les infrastructures critiques, rappellent les pires moments de la Seconde Guerre mondiale. Cette réalité a forcé l’Europe à repenser sa sécurité et sa défense, après des décennies de sous-investissement et de dépendance vis-à-vis de la protection américaine.
La guerre a également révélé l’importance de la résilience nationale. L’Ukraine a survécu à l’invasion russe non seulement grâce au soutien occidental, mais aussi grâce à la détermination de son peuple, à la cohésion de sa société, et à la capacité de son gouvernement à mobiliser les ressources nationales. Cette résilience contraste fortement avec les prédictions initiales de nombreux experts occidentaux qui pensaient que l’Ukraine s’effondrerait rapidement face à la puissance militaire russe. La leçon est claire : dans les conflits modernes, la volonté de se battre et la cohésion sociale sont aussi importantes que la supériorité militaire. Cette leçon devrait être prise en compte par tous les pays qui font face à des menaces potentielles, car elle suggère que l’investissement dans la cohésion sociale et la résilience nationale est aussi important que l’investissement dans les capacités militaires.
Cette guerre a changé le monde. Pas de manière spectaculaire, pas avec un grand bang. Mais lentement, insidieusement, elle a érodé les certitudes sur lesquelles nous avions construit notre ordre international. Elle a montré que la force brute peut encore réussir au XXIe siècle. Elle a révélé les faiblesses de l’Occident, ses divisions, ses hésitations. Et elle a créé un précédent dangereux qui sera étudié par tous les dictateurs du monde. Je regarde l’avenir et je vois plus de conflits, plus de guerres, plus de souffrance. Parce que nous n’avons pas su arrêter cette guerre de manière décisive. Nous n’avons pas su envoyer un message clair que l’agression ne paie pas. Et maintenant, nous vivrons avec les conséquences de cette faiblesse pendant des décennies.
Section 11 : la dimension nucléaire, une menace qui plane
Les menaces russes d’escalade nucléaire
Tout au long de la guerre, la Russie a régulièrement brandi la menace nucléaire pour dissuader l’Occident d’augmenter son soutien à l’Ukraine. Poutine et d’autres responsables russes ont fait des déclarations ambiguës sur l’utilisation potentielle d’armes nucléaires tactiques si la Russie se sentait menacée. Ces menaces ont créé un climat de peur et d’incertitude qui a effectivement limité le type et la quantité d’armes que l’Occident était prêt à fournir à l’Ukraine. La crainte d’une escalade nucléaire a été un facteur constant dans les calculs occidentaux, influençant chaque décision sur l’aide militaire. Cette stratégie de chantage nucléaire s’est révélée efficace, permettant à la Russie de mener une guerre d’agression tout en limitant la réponse occidentale. C’est une leçon dangereuse qui pourrait être appliquée dans d’autres conflits futurs.
Cependant, les menaces nucléaires russes ont également révélé les limites de cette stratégie. Malgré les avertissements répétés, l’Occident a progressivement augmenté son soutien à l’Ukraine, fournissant des armes de plus en plus sophistiquées. La Russie n’a pas suivi ses menaces d’actions concrètes, ce qui a progressivement réduit leur crédibilité. Cette dynamique suggère que le chantage nucléaire a des limites, et que si l’Occident maintient sa détermination, il peut appeler le bluff russe. Néanmoins, le risque d’une escalade nucléaire, même faible, reste une préoccupation constante. Personne ne sait vraiment à quel point Poutine serait prêt à aller si la Russie faisait face à une défaite militaire décisive. Cette incertitude fondamentale plane sur toutes les décisions stratégiques concernant l’Ukraine.
Les implications pour la non-prolifération nucléaire
La guerre en Ukraine a également des implications profondes pour la non-prolifération nucléaire. L’Ukraine a renoncé à son arsenal nucléaire en 1994 en échange de garanties de sécurité qui se sont révélées sans valeur. Cette trahison historique envoie un message terrible aux autres pays : si vous renoncez à vos armes nucléaires, vous serez vulnérable à l’agression. Cette leçon pourrait encourager la prolifération nucléaire dans d’autres régions du monde. Des pays comme l’Iran, la Corée du Nord, ou même des alliés américains comme le Japon ou la Corée du Sud pourraient conclure que la seule garantie de sécurité réelle est la possession d’armes nucléaires. Cette dynamique pourrait défaire des décennies d’efforts de non-prolifération et créer un monde beaucoup plus dangereux, avec davantage de pays possédant des armes nucléaires.
La communauté internationale doit trouver un moyen de restaurer la crédibilité des garanties de sécurité non-nucléaires. Cela nécessite probablement des engagements plus forts et plus contraignants que ceux qui existaient auparavant. Les garanties de sécurité doivent être automatiques, vérifiables, et soutenues par une volonté démontrée d’utiliser la force si nécessaire. Sans de telles garanties crédibles, de plus en plus de pays chercheront la sécurité dans les armes nucléaires plutôt que dans les alliances et les traités internationaux. La façon dont la communauté internationale gère les garanties de sécurité pour l’Ukraine après cette guerre aura donc des implications qui s’étendent bien au-delà de l’Ukraine elle-même. C’est un test de la capacité du système international à offrir une sécurité crédible sans prolifération nucléaire. Et pour l’instant, il n’est pas clair que ce test sera réussi.
Les armes nucléaires… Ces instruments de destruction absolue qui pendent au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès. La Russie les a utilisées comme une menace, un outil de chantage pour limiter la réponse occidentale. Et ça a marché. L’Occident a hésité, a calculé, a limité son soutien par peur de l’escalade nucléaire. Cette peur est compréhensible. Mais elle crée aussi un précédent terrible. Elle dit aux dictateurs du monde : si vous avez des armes nucléaires, vous pouvez faire ce que vous voulez. Personne n’osera vous arrêter. Cette leçon me terrifie. Parce qu’elle ouvre la porte à un monde où la force nucléaire devient la seule garantie de sécurité. Et dans ce monde-là, nous sommes tous en danger.
Conclusion : l'Ukraine à la croisée des chemins
Un moment décisif pour l’avenir du pays
La rencontre du 28 décembre entre Zelenskiy et Trump représente un moment décisif pour l’Ukraine. Les décisions prises dans les jours et les semaines à venir détermineront non seulement l’issue immédiate de la guerre, mais aussi l’avenir à long terme du pays. L’Ukraine se trouve à un carrefour : d’un côté, la possibilité d’un accord de paix qui mettrait fin aux combats mais pourrait nécessiter des concessions territoriales douloureuses. De l’autre, la continuation d’une guerre d’usure qui épuise les ressources du pays et tue ses citoyens, mais qui pourrait éventuellement conduire à une meilleure position de négociation. Aucune de ces options n’est bonne. Les deux impliquent des sacrifices immenses. Et c’est Zelenskiy qui doit faire ce choix impossible, sachant que quelle que soit sa décision, elle sera critiquée par certains comme une trahison et par d’autres comme insuffisante.
Les attaques russes du 27 décembre, juste avant la rencontre, ne sont pas un hasard. Elles sont un rappel brutal que la Russie négocie en position de force, qu’elle peut continuer à infliger des souffrances à l’Ukraine indéfiniment, et qu’elle n’hésitera pas à le faire si elle n’obtient pas ce qu’elle veut. Cette pression militaire est conçue pour affaiblir la position de négociation de l’Ukraine, pour créer un sentiment d’urgence qui pourrait pousser Kiev à accepter des conditions défavorables. Moscou parie que la lassitude de la guerre, combinée à l’incertitude sur le soutien américain futur, forcera l’Ukraine à faire des concessions. Et malheureusement, ce calcul pourrait s’avérer correct. Parce que l’Ukraine, malgré sa résistance héroïque, ne peut pas gagner cette guerre seule. Elle dépend du soutien occidental, et ce soutien n’est pas garanti indéfiniment.
L’héritage de cette guerre
Quelle que soit l’issue des négociations actuelles, la guerre en Ukraine laissera un héritage durable. Elle a transformé l’Ukraine en une nation guerrière, unie par l’adversité, forgée dans le feu du conflit. Elle a révélé la résilience extraordinaire du peuple ukrainien et sa détermination à défendre son indépendance. Elle a également exposé les faiblesses de l’ordre international et les limites de la solidarité occidentale. Les leçons de cette guerre seront étudiées pendant des décennies, influençant la façon dont les pays pensent la sécurité, la défense, et les alliances. Pour l’Ukraine, l’héritage le plus important sera peut-être la conscience qu’elle ne peut compter que sur elle-même pour sa sécurité ultime. Cette leçon douloureuse façonnera la politique ukrainienne pour les générations à venir.
La guerre a également créé une génération d’Ukrainiens qui ont connu la violence, la perte, et la destruction. Ces expériences marqueront profondément la société ukrainienne, créant des cicatrices qui prendront des décennies à guérir. Mais elles ont également créé une identité nationale plus forte, un sens de l’unité et du but commun qui n’existait peut-être pas avant la guerre. L’Ukraine qui émergera de ce conflit sera différente de celle qui y est entrée. Elle sera plus militarisée, plus méfiante, plus déterminée à protéger son indépendance. Elle aura payé un prix terrible pour cette transformation, mais elle aura survécu. Et dans un monde où la survie n’était pas garantie, c’est déjà une forme de victoire. La question maintenant est de savoir si cette survie sera accompagnée de justice, de sécurité, et d’espoir pour l’avenir. Ou si l’Ukraine devra vivre dans une incertitude permanente, toujours vulnérable à une nouvelle agression russe. La réponse à cette question se dessine maintenant, dans les salons de Mar-a-Lago, loin des champs de bataille ukrainiens.
Je pense à l’Ukraine ce soir. À ce pays qui a tant souffert, qui a tant sacrifié. À ces gens qui continuent de se battre, jour après jour, malgré l’épuisement, malgré la peur, malgré l’incertitude. Et je me demande : quel avenir les attend? Obtiendront-ils la justice qu’ils méritent? Ou seront-ils forcés d’accepter un compromis qui les laissera vulnérables et insatisfaits? Je ne sais pas. Personne ne sait. Mais je sais une chose : l’Ukraine a déjà prouvé quelque chose d’important au monde. Elle a prouvé qu’un petit pays peut résister à un géant. Qu’une démocratie peut se défendre contre l’autocratie. Que la volonté de se battre pour sa liberté peut surmonter des obstacles apparemment insurmontables. Cette leçon restera, quelle que soit l’issue des négociations actuelles. Et peut-être, dans les années à venir, elle inspirera d’autres peuples qui font face à l’oppression. C’est un héritage qui vaut tous les sacrifices. Même si, en ce moment, cela ne console personne.
Sources
Sources primaires
Reuters – « Russian drones, missiles pound Ukraine before Zelenskiy-Trump meeting » – 27 décembre 2025 – https://www.reuters.com/world/europe/russian-drones-missiles-pound-ukraine-before-zelenskiy-trump-meeting-2025-12-27/
Reuters – « Zelenskiy to discuss land, security guarantees with Trump on Sunday » – 26 décembre 2025
Politico – Déclarations de Volodymyr Zelenskiy sur le plan de paix – 26 décembre 2025
Axios – Interview de Volodymyr Zelenskiy sur les garanties de sécurité – 26 décembre 2025
Interfax-Russia – Déclarations du vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov – 27 décembre 2025
Sources secondaires
BBC News – « Zelensky plans to meet Trump on Sunday for talks on peace deal » – 26 décembre 2025
CNN – « Zelensky says he plans to meet Trump in Florida for peace talks » – 26 décembre 2025
The New York Times – « Zelensky Says He’ll Meet With Trump Soon to Discuss Ukraine Peace Deal » – 26 décembre 2025
Kyiv Independent – « Russia’s mass missile attack targets Kyiv ahead of upcoming Trump-Zelensky meeting » – 27 décembre 2025
Al Jazeera – « Russia-Ukraine war: List of key events, day 1402 » – 27 décembre 2025
Deutsche Welle – « Ukraine updates: Zelenskyy plans to meet Trump on Sunday » – 26 décembre 2025
The Guardian – « Zelenskyy to meet Trump in coming days as US steps up push for Ukraine peace deal » – 26 décembre 2025
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