Skip to content
Koupiansk : les derniers bastions russes s’effondrent sous les coups ukrainiens
Crédit: Adobe Stock

Un président au front

Le 12 décembre 2025, Volodymyr Zelensky a effectué un déplacement hautement symbolique à l’entrée sud-ouest de Koupiansk. Inimaginable quelques jours auparavant, alors que la Russie prétendait encore contrôler la ville. Ce geste n’était pas qu’une simple visite de soutien aux troupes. C’était une déclaration politique, un message envoyé au monde entier, une gifle magistrale infligée à la propagande russe. Le président ukrainien s’est filmé devant cette entrée de ville que Moscou affirmait avoir conquise le 20 novembre. La réalité parlait d’elle-même, comme il l’a souligné dans sa déclaration. Les Russes n’arrêtaient pas de parler de Koupiansk, de célébrer leur victoire, de diffuser leurs mensonges. La réalité venait de les rattraper. Zelensky a rendu visite aux troupes ukrainiennes, les a félicitées, leur a remis des décorations d’État. Il était accompagné d’Oleksandr Syrsky, le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, renforçant ainsi le poids symbolique de cette visite.

Cette visite a provoqué une réaction immédiate et révélatrice dans l’espace informationnel russe. Les chaînes Telegram pro-Kremlin se sont empressées de minimiser l’événement, évoquant soit un déplacement éclair de quelques minutes seulement, soit une vidéo enregistrée il y a longtemps et publiée opportunément. Ces tentatives désespérées de sauver la face témoignent de l’embarras profond du régime russe face à cette démonstration de force ukrainienne. Le propagandiste russe Yuri Podolyak, suivi par trois millions d’abonnés sur Telegram, a même regretté publiquement l’incapacité des forces russes à cibler le cortège présidentiel. Cette remarque, au-delà de son caractère morbide, révèle la frustration russe face à cette humiliation publique. Zelensky n’était pas venu furtivement, en catimini. Il était venu ouvertement, filmé, photographié, s’affichant dans une ville que la Russie prétendait contrôler.

L’impact psychologique d’une reconquête

Au-delà de l’aspect militaire, la reconquête de Koupiansk revêt une dimension psychologique considérable. Pour l’Ukraine, c’est la preuve tangible que la résistance paie, que les sacrifices ne sont pas vains, que chaque mètre de territoire peut être repris. Pour les soldats ukrainiens sur le terrain, voir leur président venir les féliciter dans une ville fraîchement libérée renforce le moral, la cohésion, la détermination. Ces hommes et ces femmes qui combattent depuis des mois, parfois des années, dans des conditions extrêmes, reçoivent ainsi la reconnaissance qu’ils méritent. Cette reconnaissance publique, cette mise en lumière de leurs efforts, contribue à maintenir l’esprit de résistance qui caractérise l’armée ukrainienne depuis le début de cette guerre.

Pour la Russie, en revanche, Koupiansk devient un nouveau symbole d’échec, s’ajoutant à une liste déjà longue. Après les retraits humiliants de Kiev, de Kharkiv, de Kherson, voici une nouvelle défaite qui vient ébranler le récit de la victoire inévitable martelé par la propagande d’État. Les milblogueurs russes, ces commentateurs militaires suivis par des millions de personnes, ont commencé à exprimer ouvertement leur frustration et leur colère. Certains, traditionnellement prudents dans leurs critiques du ministère de la Défense, ont franchi une ligne rouge en accusant directement la hiérarchie militaire de mentir sur les avancées russes. L’Institute for the Study of War a noté que l’ampleur des preuves open source concernant les avancées ukrainiennes à Koupiansk mine sérieusement l’effort de guerre cognitive du Kremlin.

Zelensky à Koupiansk. Cette image me hante. Pas parce qu’elle est spectaculaire — elle ne l’est pas vraiment. Mais parce qu’elle dit tout. Un président qui vient sur le front, dans une ville à peine libérée, pendant que Poutine se terre dans son bunker à mille kilomètres de la réalité. Le contraste est saisissant, brutal même. Koupiansk n’est pas qu’une victoire militaire. C’est une victoire morale, symbolique, existentielle.

Sources

Sources primaires

Euromaidan Press, Russia’s last footholds in Kupiansk are crumbling, Ukrainian military says, publié le 28 décembre 2025. Institute for the Study of War, Russian Offensive Campaign Assessment, December 27, 2025, publié le 27 décembre 2025. Suspilne, interviews avec Viktor Trehubov, responsable des communications du Groupement des forces conjointes ukrainiennes, et le lieutenant-général Kyrylo Budanov, chef du Renseignement militaire ukrainien, publiées le 27 et 28 décembre 2025. Déclarations officielles du président ukrainien Volodymyr Zelensky, de la Première ministre Yulia Svyrydenko, et de divers responsables militaires ukrainiens, publiées entre le 12 et le 28 décembre 2025. Rapports de l’Armée de l’air ukrainienne sur les frappes russes du 26-27 décembre 2025. Cartographie militaire de DeepState montrant l’évolution de la situation à Koupiansk entre le 11 et le 28 décembre 2025.

Sources secondaires

La Voix du Nord, L’armée ukrainienne libère Koupiansk et encercle 200 Russes dans le centre-ville, publié le 12 décembre 2025. Al Jazeera, Moscow’s narrative wobbles as Ukraine takes back Kupiansk, publié le 19 décembre 2025. Déclarations de Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Leonid Slutsky, président du Comité des affaires internationales de la Douma d’État, et Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, publiées le 26 décembre 2025. Analyses de milblogueurs russes sur Telegram concernant la situation à Koupiansk, publiées entre le 20 et le 28 décembre 2025. Rapports du ministère de la Défense russe sur la situation à Koupiansk, publiés le 27 décembre 2025. Images géolocalisées publiées les 16, 20 et 26 décembre 2025 montrant les avancées ukrainiennes à Koupiansk.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu