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Quand Moscou et Pékin dessinent la carte d’un monde en feu
Crédit: Adobe Stock

Un soutien sans équivoque à la position chinoise

Sergueï Lavrov n’a laissé aucune place à l’interprétation. Dans son interview à TASS, le chef de la diplomatie russe a affirmé que Moscou considère Taïwan comme une partie inséparable de la Chine et s’oppose à toute forme d’indépendance taïwanaise. Cette formulation est importante car elle reprend exactement la position officielle de Pékin, sans nuance ni réserve. Lavrov a également déclaré que la Chine a le droit de défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale, une formulation qui, dans le langage diplomatique, équivaut à un blanc-seing pour une intervention militaire. Cette prise de position russe n’est pas nouvelle dans son principe, mais elle l’est dans sa clarté et son timing. Moscou a toujours officiellement reconnu le principe d’une seule Chine, mais rarement avec une telle véhémence et dans un contexte aussi tendu. En choisissant ce moment précis pour réaffirmer son soutien à Pékin, Lavrov envoie un message politique fort : la Russie et la Chine forment un bloc uni face à l’Occident, et elles sont prêtes à se soutenir mutuellement dans leurs ambitions territoriales respectives. Cette déclaration s’inscrit dans une logique de réciprocité. La Chine a refusé de condamner l’invasion russe de l’Ukraine et continue de fournir un soutien économique crucial à Moscou malgré les sanctions occidentales. En retour, la Russie apporte son soutien politique à la Chine sur la question de Taïwan.

Le ministre russe des Affaires étrangères a également abordé la question des procédures en cas d’escalade dans le détroit de Taïwan. Il a fait référence au Traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération entre la Russie et la Chine, signé le seize juillet deux mille un. Ce traité, qui constitue le fondement juridique des relations sino-russes contemporaines, contient des dispositions sur le soutien mutuel en matière de protection de l’unité étatique et de l’intégrité territoriale. Bien que le traité ne soit pas une alliance militaire formelle comme l’OTAN, il établit un cadre de coopération stratégique approfondie entre les deux pays. L’article neuf du traité stipule que les parties contractantes se consulteront immédiatement en cas de situation menaçant la paix et la sécurité, et prendront les mesures appropriées pour éliminer cette menace. Cette formulation laisse une large marge d’interprétation quant à la nature du soutien que la Russie pourrait apporter à la Chine en cas de conflit autour de Taïwan. Lavrov a clairement indiqué que ce traité s’appliquerait en cas d’escalade dans le détroit, suggérant ainsi que Moscou pourrait fournir un soutien diplomatique, économique, voire militaire à Pékin si la situation dégénérait. Cette référence au traité de deux mille un n’est pas anodine. Elle montre que le soutien russe à la Chine n’est pas simplement rhétorique, mais s’inscrit dans un cadre juridique et stratégique établi.

Lavrov parle et le monde devrait trembler. Mais non. Nous continuons notre petit train-train quotidien, comme si de rien n’était. Comme si ces mots n’avaient aucune conséquence. Comme si l’histoire ne se répétait pas, encore et encore. Je lis ces déclarations et je pense à toutes ces fois où nous avons ignoré les signaux d’alarme. Toutes ces fois où nous avons cru que les mots n’étaient que des mots. Et puis la réalité nous a rattrapés, brutalement, violemment. Sommes-nous condamnés à répéter les mêmes erreurs ?

Le timing stratégique d’une annonce calculée

Le choix du moment pour cette déclaration n’est pas le fruit du hasard. Le vingt-huit décembre deux mille vingt-cinq, soit quelques jours seulement avant la fin de l’année, Lavrov a décidé de frapper fort. Cette période de l’année, traditionnellement calme sur le plan diplomatique avec les fêtes de fin d’année, a été choisie précisément pour maximiser l’impact médiatique de ses propos. En outre, cette déclaration intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la Chine et le Japon. Le nouveau Premier ministre japonais, Takaichi, a récemment déclaré que l’usage de la force militaire en cas de conflit autour de Taïwan pourrait être considéré comme une situation menaçant la survie du Japon. Cette classification donnerait au Japon des bases légales pour intervenir dans une guerre potentielle, une position qui a provoqué la colère de Pékin. Lavrov a d’ailleurs critiqué séparément le Japon dans son interview, accusant la nouvelle direction japonaise d’intensifier la militarisation du pays. Cette critique du Japon n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une stratégie visant à isoler diplomatiquement les alliés des États-Unis en Asie et à les dissuader de soutenir Taïwan en cas de conflit. En attaquant simultanément le Japon et en soutenant la Chine, Lavrov envoie un message clair : toute intervention étrangère dans le détroit de Taïwan sera considérée comme une agression et sera confrontée à une réponse coordonnée de l’axe sino-russe.

Le lendemain des déclarations de Lavrov, la Chine a lancé des exercices militaires majeurs autour de Taïwan, incluant des tirs à balles réelles. Ces manœuvres, baptisées exercices de réponse rapide, ont été présentées par Pékin comme un avertissement sévère aux forces extérieures. Le timing parfait entre les déclarations russes et les exercices chinois démontre un niveau de coordination stratégique élevé entre Moscou et Pékin. Cette synchronisation n’est pas fortuite. Elle révèle l’existence d’une planification conjointe et d’une communication étroite entre les deux capitales. Les exercices chinois ont mobilisé des navires de guerre, des avions de combat, des missiles et des forces amphibies, simulant un blocus et une invasion potentielle de Taïwan. Ces démonstrations de force visent à intimider Taïwan et à tester la réaction des États-Unis et de leurs alliés. Elles servent également à envoyer un message politique : la Chine est prête à utiliser la force si nécessaire, et elle peut compter sur le soutien de la Russie. Cette escalade coordonnée entre déclarations diplomatiques russes et actions militaires chinoises marque une nouvelle étape dans la coopération stratégique entre les deux pays. Elle montre que l’axe sino-russe n’est plus seulement une alliance de circonstance, mais une véritable coalition stratégique prête à défier l’ordre international établi.

Regardez cette chorégraphie parfaitement orchestrée. Lavrov parle, et le lendemain, les navires chinois encerclent Taïwan. Ce n’est pas une coïncidence. C’est une démonstration de puissance. Un message envoyé au monde entier : nous sommes unis, nous sommes forts, et nous n’avons pas peur de vous. Et nous, que faisons-nous ? Nous publions des communiqués de presse. Nous exprimons notre préoccupation. Nous appelons au dialogue. Pendant ce temps, l’étau se resserre. L’horloge tourne. Et nous continuons à croire que les mots suffiront à arrêter les chars.

Sources

Sources primaires

Interview de Sergueï Lavrov à l’agence TASS, publiée le 28 décembre 2025. Déclarations du secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte au journal Bild, publiées le 26 décembre 2025. Communiqués officiels du ministère chinois de la Défense concernant les exercices militaires autour de Taïwan, 29 décembre 2025. Déclarations du Premier ministre japonais Takaichi sur la situation de Taïwan, décembre 2025. Traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération entre la Fédération de Russie et la République populaire de Chine, signé le 16 juillet 2001.

Sources secondaires

Militarnyi – Russia Backs China on Taiwan Issue, Blames the West, publié le 29 décembre 2025. Reuters – Russia opposes Taiwan independence in any form, FM Lavrov says, publié le 28 décembre 2025. Militarnyi – Rutte: China and Russia Could Launch Simultaneous Attacks on Taiwan and Europe, publié le 26 décembre 2025. Xinhua News Agency – Russia recognizes Taiwan as integral part of China: FM, publié le 28 décembre 2025. Anadolu Agency – Top Russian diplomat says Moscow against any form of independence for Taiwan, publié le 28 décembre 2025. CGTN – Lavrov: Russia recognizes Taiwan as integral part of China, publié le 28 décembre 2025. The Straits Times – Russia vows to support China if Taiwan contingency flares up, publié le 28 décembre 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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