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1411 jours de guerre : les pertes russes en Ukraine atteignent des niveaux abyssaux
Crédit: Adobe Stock

Les phases de la guerre et leur coût humain

Le conflit russo-ukrainien a traversé plusieurs phases distinctes depuis son début en février 2022, chacune caractérisée par des patterns de pertes différents et des stratégies militaires évolutives. La phase initiale, qui s’étend de février à mai 2022, a été marquée par les tentatives russes d’une blitzkrieg rapide visant à capturer Kiev et à décapiter le gouvernement ukrainien. Cette stratégie audacieuse a échoué lamentablement, entraînant des pertes russes considérables particulièrement dans les colonnes blindées qui ont subi des embuscades dévastatrices de la part des forces ukrainiennes utilisant des missiles antichars occidentaux et des drones tactiques. Les chars russes, conçus pour des batailles conventionnelles sur les grandes plaines d’Europe centrale, se sont révélés vulnérables aux tactiques asymétriques ukrainiennes qui ont exploité les faiblesses de conception et les lacunes logistiques de l’armée russe. Les mois de mai à septembre 2022 ont vu la Russie réorienter ses efforts vers l’est et le sud de l’Ukraine, avec des gains territoriaux importants mais au prix d’une intensification des combats urbains particulièrement meurtriers à Marioupol et dans le Donbass.

La troisième phase, s’étendant de septembre 2022 à l’été 2023, a été caractérisée par la contre-offensive ukrainienne réussie dans la région de Kharkiv et la libération de Kherson, suivie de l’hiver 2022-2023 qui a vu les forces russes s’enliser dans des combats d’usure particulièrement coûteux en vies humaines autour de Bakhmout et autres positions fortifiées. Cette période a également été marquée par la mobilisation partielle en Russie en septembre 2022, qui a permis d’injecter environ 300 000 nouvelles recrues dans le conflit mais a également mis en lumière les problèmes criants de formation, d’équipement et de moral des troupes russes nouvellement mobilisées. L’année 2024 a vu une intensification significative des pertes russes avec environ 40% de décès supplémentaires par rapport à 2023, atteignant un sommet historique de près de 160 000 décès confirmés rien que pour l’année 2025 selon les enquêtes menées par BBC Russian Service et Mediazona en collaboration avec des bénévoles utilisant des sources ouvertes.

C’est ce glissement progressif vers l’horreur qui me réveille parfois la nuit, en sueur. Au début, on nous disait que ce serait court, rapide, chirurgical. Quatre années plus tard, le carnage continue, chaque jour plus sanglant que le précédent. J’ai vu des images qui me hanteront pour le restant de mes jours : des villes réduites en poussière, des hôpitaux bombardés, des enfants terrifiés dans les abris. Et derrière chaque ruine, il y a des histoires de vie, d’amour, d’espoir qui ont été brutalement interrompues. Comment peut-on accepter ça ? Comment peut-on continuer à vivre normalement pendant que d’autres meurent dans des conditions effroyables quelques centaines de kilomètres plus loin ? Je me sens coupable parfois d’être en sécurité, d’avoir de la nourriture sur ma table, un toit sur ma tête, quand tant d’autres ont tout perdu.

L’impact de la mobilisation et des tactiques russes

La mobilisation partielle décrétée par Vladimir Poutine en septembre 2022 a représenté un tournant majeur dans la dynamique du conflit, marquant la transition vers une stratégie d’usure purement quantitative plutôt que qualitative. Contrairement aux unités professionnelles et entraînées déployées lors des premières phases de la guerre, les conscrits mobilisés ont reçu une formation sommaire de quelques semaines seulement avant d’être envoyés au front, souvent sans équipement adéquat et avec une compréhension limitée des objectifs tactiques et stratégiques de leur déploiement. Cette situation a conduit à des taux de pertes disproportionnellement élevés parmi les unités mobilisées, qui ont été utilisées comme chair à canon dans des attaques frontales suicidaires contre des positions ukrainiennes bien fortifiées. Les tactiques russes ont évolué progressivement vers l’utilisation massive d’artillerie et de bombardements indiscriminés pour compenser l’infériorité qualitative de leurs forces d’infanterie, entraînant des pertes civiles considérables et la destruction systématique des infrastructures ukrainiennes.

La composition des pertes russes a également considérablement évolué au fil du temps. Alors que les premières phases du conflit ont vu une proportion élevée de militaires professionnels et de forces spéciales parmi les victimes, la majorité des pertes en 2024 et 2025 provenaient de ce que l’on appelle les « volontaires contractuels » : des hommes qui ont signé des contrats militaires pendant la guerre, souvent motivés par des besoins économiques désespérés dans un contexte de sanctions économiques et de récession. Selon les données récentes, ces « volontaires » représentaient environ 15% des décès en 2024 mais sont passés à environ un tiers des pertes en 2025, reflétant la transformation progressive de l’armée russe en une force de masse composée de recrues pauvres et inexpérimentées venant des régions les plus défavorisées de Russie. Les pertes parmi les troupes aéroportées (VDV) et les forces spéciales (Spetsnaz), initialement considérées comme l’élite de l’armée russe, ont été particulièrement sévères durant les premiers mois du conflit, forçant Moscou à déployer ces unités de plus en plus comme de l’infanterie conventionnelle plutôt que comme des forces d’intervention rapide et chirurgicale.

Ce qui me révolte le plus dans cette histoire, c’est l’inégalité fondamentale qui structure cette guerre. Les fils des élites moscovites sont tranquilles à l’abri dans leurs appartements luxueux ou à l’étranger, pendant que les enfants des régions pauvres de Sibérie, du Caucase ou des provinces reculées sont envoyés à la boucherie. C’est une guerre des pauvres menée par les riches, une hécatombe qui sacrifice les plus vulnérables sur l’autel des ambitions démesurées d’un pouvoir sans cœur ni conscience. J’ai lu des témoignages de mères russes qui cherchent désespérément leurs enfants disparus, qui écrivent à des milliers d’officiers, qui errent d’hôpital en hôpital dans l’espoir fou de retrouver une trace. Leurs visages marqués par la douleur et le désespoir me hantent. C’est un scandale absolu. C’est un crime contre l’humanité.

Sources

Sources primaires

Defense Express, « 1411 Days of russia-Ukraine War – russian Casualties in Ukraine », 4 janvier 2026

Ukrinform, « Russia loses 750 soldiers in Ukraine war over past day », 4 janvier 2026

NV Ukraine, « Russia’s war losses grow as Ukraine cites over 1.21 million casualties », 3 janvier 2026

General Staff of the Armed Forces of Ukraine, rapport quotidien sur les pertes ennemies, 4 janvier 2026

Sources secondaires

BBC Russian Service et Mediazona, « Russian army losses in Ukraine surge by 40% in 2025 », 30 décembre 2025

Defense Express, « russian Army Losses in Ukraine Surge by 40% in 2025: Confirmed Deaths Near 160,000 », 1 janvier 2026

Institute for the Study of War, « Russian Offensive Campaign Assessment, January 2, 2026 », 2 janvier 2026

Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, rapports sur la crise des réfugiés ukrainiens, 2025-2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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