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Le Canada sous le feu des tarifs Trump en 2026 : le guide pour comprendre ce chaos commercial
Crédit: Adobe Stock

Une taxe massive sur papier, atténuée en pratique

Depuis le 1er août 2025, les produits canadiens exportés aux États-Unis sont officiellement soumis à des tarifs douaniers de 35 %. Ce chiffre, à lui seul, suffit à faire frémir n’importe quel exportateur. Imaginez : un produit qui coûtait 100 dollars à produire et à transporter se retrouve soudainement à 135 dollars une fois la frontière franchie. La compétitivité s’effondre. Les marges disparaissent. Les clients américains cherchent ailleurs. C’est le scénario catastrophe que l’administration Trump a voulu imposer au Canada — officiellement pour combattre le trafic de fentanyl et l’immigration illégale, des accusations que les données gouvernementales américaines elles-mêmes peinent à soutenir. Les saisies de fentanyl à la frontière canadienne se comptent en dizaines de kilogrammes, contre plus de 9 000 kilogrammes à la frontière mexicaine. Mais qu’importent les faits quand la politique commande.

Heureusement — et c’est le mot qui s’impose — l’ACEUM vient atténuer ce coup de massue. L’accord de libre-échange nord-américain, renégocié sous le premier mandat de Trump lui-même et entré en vigueur en 2020, prévoit que les biens conformes à ses règles d’origine sont exemptés de droits de douane. Et selon la Banque Royale, plus de 85 % des biens canadiens traversant la frontière américaine bénéficient de cette exemption. C’est une bouée de sauvetage. Sans elle, l’économie canadienne aurait déjà sombré dans une récession profonde. Mais cette protection n’est pas absolue. Washington a trouvé des moyens de la contourner en invoquant la sécurité nationale — un prétexte juridique permettant d’imposer des tarifs même sur des produits couverts par un accord commercial. C’est ainsi que l’acier, l’aluminium, le bois d’œuvre, les automobiles et d’autres secteurs se retrouvent frappés de taxes supplémentaires, malgré l’ACEUM.

La révision de l’ACEUM : l’épée de Damoclès de juillet 2026

Si les exportateurs canadiens peuvent respirer — un peu — grâce à l’ACEUM, ce répit pourrait être de courte durée. L’accord prévoit une clause de révision qui s’activera le 1er juillet 2026. À cette date, les trois pays signataires devront confirmer s’ils souhaitent prolonger l’entente pour dix années supplémentaires ou entamer des renégociations. Et là, tous les scénarios sont sur la table. Trump pourrait-il profiter de cette révision pour arracher de nouvelles concessions au Canada? Pourrait-il menacer de se retirer purement et simplement de l’accord? Desjardins prévient que cette échéance « devrait entraîner un regain de volatilité lié à la politique commerciale dans la première moitié de l’année ». En clair : accrochez vos ceintures, les turbulences ne font que commencer.

Le gouvernement CarneyMark Carney est devenu premier ministre en mars 2025 — a indiqué qu’il ne se précipiterait pas pour renégocier un mauvais accord. « Nous maintenons notre engagement envers l’ACEUM, qui est le deuxième accord de libre-échange au monde en matière de volume des échanges », a déclaré le premier ministre après l’annonce des tarifs de 35 %. Cette posture de fermeté vise à éviter que le Canada ne se retrouve dans une position de faiblesse aux négociations. Mais la réalité des rapports de force est implacable : les États-Unis absorbent 75 % des exportations canadiennes. Le Canada, lui, ne représente qu’une fraction du commerce américain total. Dans ce déséquilibre structurel, Ottawa a beaucoup plus à perdre que Washington. C’est cette asymétrie qui donne à Trump son pouvoir de négociation — et qui inquiète profondément les milieux d’affaires canadiens.

Chaque fois que j’entends parler de la révision de l’ACEUM, je ne peux m’empêcher de penser à ces familles dont le gagne-pain dépend d’une usine qui exporte aux États-Unis. Pour eux, ce n’est pas une question abstraite de politique commerciale. C’est leur hypothèque, les études de leurs enfants, leur retraite. Et ils regardent juillet 2026 approcher avec une angoisse sourde, sans savoir ce que les négociateurs décideront dans des salles feutrées à Washington ou Ottawa. Cette incertitude permanente — voilà peut-être le pire des tarifs. Celui qui ne se mesure pas en pourcentage, mais en nuits blanches.

Sources

Sources primaires

Le Devoir – Quels droits de douane les États-Unis infligent-ils au Canada au début de l’année 2026?, 2 janvier 2026.

Radio-Canada – Les fabricants de meubles se sauvent d’une augmentation des droits de douane de Trump, 1er janvier 2026.

Gouvernement du Québec – Tarifs douaniers américains et mesures tarifaires canadiennes en vigueur, mise à jour janvier 2026.

Délégués commerciaux du Canada – Ressources et outils pour les exportateurs canadiens touchés par les droits de douane américains, janvier 2026.

Blakes avocats – Tarifs douaniers É.-U.–Canada : dates et documents importants, mise à jour décembre 2025.

Sources secondaires

Le Devoir – Guerre commerciale: ce qu’il faut savoir sur les tarifs douaniers imposés par Donald Trump au Canada, 1er août 2025.

Le Devoir – Trump augmente à 45 % les droits de douane sur le bois d’œuvre du Canada, 30 septembre 2025.

Le Devoir – Guerre commerciale : Donald Trump va porter les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium à 50 %, 4 juin 2025.

Radio-Canada – Les tarifs supplémentaires américains de 10 % sur le bois canadien entrent en vigueur, 14 octobre 2025.

PwC Canada – Point de vue fiscal : Tarifs douaniers des États-Unis sur l’acier et l’aluminium importés du Canada, mise à jour septembre 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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