Des positions ukrainiennes intactes
Les faits sont têtus et contredisent radicalement le récit officiel russe. Selon les rapports du Corps Azov, les forces de défense ukrainiennes continuent de contrôler l’ensemble des positions clés dans et autour de Rodynske. La 14e brigade opérationnelle Chervona Kalyna, la 20e brigade opérationnelle Liubart et le 132e bataillon de reconnaissance des forces aéroportées maintiennent une présence active et efficace, empêchant toute progression significative des troupes ennemies. Ces unités, parfaitement coordonnées, multiplient les opérations de recherche et de frappe, détruisant systématiquement les groupes d’assaut russes qui tentent de s’infiltrer dans la ville.
La tactique russe révèle ses limites face à cette défense organisée. Au lieu d’avancées frontales massives, l’armée russe en est réduite à envoyer de petits groupes d’infanterie, parfois pas plus de quelques soldats, qui se glissent dans les rues de Rodynske pour hisser un drapeau, filmer une séquence de propagande, et tentent de se replier avant d’être repérés. C’est une guerre d’usure, une guérilla urbaine où chaque mètre doit être arraché au prix fort, et où les résultats médiatiques temporaires ne compensent pas les pertes humaines colossales. Les Ukrainiens, eux, connaissent le terrain, maîtrisent les axes de communication et disposent d’un réseau de surveillance sophistiqué qui rend toute infiltration périlleuse pour l’assaillant.
Cette image me hante : celle de ces soldats russes, jeunes, perdus, envoyés comme de la viande à hacher dans les rues dévastées d’une ville ukrainienne qu’ils ne connaissent même pas. Ils ont reçu l’ordre de planter un drapeau, de faire une vidéo, peut-être même de sourire pour la caméra, comme s’ils participaient à une réalité show militaire. Mais derrière l’objectif, il y a la mort qui les guette, il y a les drones ukrainiens qui les filment, les repèrent, les guettent. C’est une sinistre mise en scène, une théâtralisation de la guerre où chaque protagoniste joue son rôle jusqu’à ce que l’obus tombe, jusqu’à ce que la réalité reprenne ses droits, brutale, définitive, impitoyable.
Section 2 : La machine de propagande russe à l'œuvre
L’art du montage et de la manipulation
Le ministère russe de la Défense a transformé la communication de guerre en une industrie sophistiquée de désinformation. Les images diffusées sur les chaînes officielles montrent soigneusement ce que Moscou veut montrer : des drapeaux flottant au vent, des soldats triomphants, des bâtiments administratifs prétendument contrôlés. Mais ce que ces vidéos ne montrent pas, c’est ce qui se passe quelques minutes après le tournage : les frappes d’artillerie ukrainiennes, les retraits précipités, les corps jonchant les pavés. C’est une manipulation consciente, une distorsion méthodique de la réalité destinée à créer une illusion de progrès là où il n’y a que stagnation et échec.
Les analystes militaires occidentaux ont eu l’occasion d’examiner ces images et d’en déceler les incohérences. Le montage soigneux, les angles de camera choisis, l’absence de contexte tactique – autant d’indices qui trahissent la mise en scène. Mais le plus révélateur reste la répétition du même scénario : les Russes prétendent avoir capturé une ville, diffusent des images spectaculaires, puis quelques jours plus tard, les Ukrainiens confirment que la ville reste disputée, que les combats se poursuivent, que la situation n’a pas changé fondamentalement. C’est un cycle infernal de mensonges et de démentis qui révèle la désespération d’un régime politique incapable d’annoncer la vérité à son propre peuple.
Je suis fasciné par cette capacité russe à réinventer la réalité en temps réel. Dans ce pays, une ville conquise n’est pas une ville conquise parce qu’elle l’est effectivement, mais parce qu’on l’a déclarée conquise, parce qu’on a diffusé la vidéo, parce qu’on a écrit le communiqué de presse. C’est une ontologie de la guerre complètement nouvelle, où le fait existe dans l’énoncé avant d’exister dans le réel, où la victoire se prononce avant d’être remportée. C’est vertigineux, terrifiant, et surtout profondément triste pour ce peuple russe qui a fini par accepter que la vérité soit ce que le pouvoir lui dit qu’elle est.
Section 3 : Les véritables enjeux stratégiques
Rodynske dans l’offensive de Pokrovsk
Pour comprendre pourquoi la Russie insiste tant sur Rodynske, il faut replacer cette ville dans le contexte plus large de l’offensive de Pokrovsk. Cette opération militaire, lancée en juillet 2024, constitue l’un des efforts principaux de l’armée russe dans l’est de l’Ukraine. Pokrovsk, ville stratégique située dans l’ouest de l’oblast de Donetsk, représente un objectif majeur : sa capture permettrait à la Russie de sécuriser ses gains territoriaux dans la région et de menacer d’autres centres urbains importants. Rodynske, située sur les approches de Pokrovsk, constitue donc une position clé dans cette architecture militaire.
L’offensive russe a connu des avancées significatives au cours des derniers mois, notamment la capture de plusieurs villes comme Hirnyk, Krasnohorivka, Kurakhove, Novohrodivka, Selydove et Ukrainsk. Cependant, ces succès ont eu un coût humain et matériel exorbitant. Les estimations varient, mais les pertes russes dans la région se comptent en dizaines de milliers de soldats tués ou blessés. Chaque ville prise représente une victoire à la Pyrrhus, un gain territorial acquis au prix d’un saignement continu que l’armée russe peine à compenser malgré ses réserves de personnel et son industrie d’armement. Dans ce contexte, la prétendue capture de Rodynske apparaît comme une tentative de gonfler artificiellement le bilan opérationnel russe.
Cette guerre me fait penser à une boucherie industrielle où chaque mètre de territoire se paie en litres de sang. Pokrovsk, Rodynske, ces noms qui ne disaient rien à personne il y a encore deux ans sont devenus des synonymes d’enfer, de sacrifice absolu, de destruction totale. Je pense à ces généraux russes qui, confortablement installés dans leurs quartiers généraux à des centaines de kilomètres du front, tracent des lignes rouges sur des cartes, ordonnent des avancées, calculent des ratios de pertes comme s’ils manipulaient des abstractions. Et puis il y a la réalité : la boue, le sang, les cris, les corps disloqués, les vies fauchées dans l’indifférence totale de ces stratèges en blouse.
Section 4 : La résilience des forces ukrainiennes
Une défense adaptative et déterminée
Face à cette pression constante, les forces armées ukrainiennes ont développé une défense d’une efficacité redoutable. Contrairement aux premières phases de la guerre où elles devaient souvent céder du terrain sous le choc d’assauts massifs, les troupes ukrainiennes ont désormais intégré les leçons du conflit et adopté des tactiques souples, adaptables, particulièrement adaptées à la guerre urbaine. À Rodynske, cette approche se manifeste par une présence disséminée, des positions fortifiées intelligentes, et une utilisation intensive de drones pour la surveillance et les frappes de précision.
La coordination entre les différentes unités ukrainiennes opérant dans la sector – brigades de la Garde nationale, forces aéroportées, unités de reconnaissance – témoigne d’une intégration opérationnelle qui s’est considérablement améliorée au fil du temps. Les Ukrainiens ont appris à exploiter les faiblesses de la tactique russe : la dépendance aux approches frontales, la vulnérabilité des lignes de ravitaillement étirées, l’incapacité à maintenir des gains territoriaux sans soutien logistique adéquat. Chaque fois que les Russes tentent une infiltration, les Ukrainiens sont là, prêts à contre-attaquer, à encercler, à détruire. C’est une défense active, dynamique, qui transforme chaque ville en piège mortel pour l’assaillant.
Je suis frappé par cette capacité ukrainienne à apprendre, à s’adapter, à innover en temps réel face à un ennemi qui dispose de bien plus de ressources. Il y a quelque chose de presque miraculeux dans cette résilience, cette capacité à transformer chaque revers en leçon, chaque échec en opportunité d’amélioration. Les soldats ukrainiens que j’ai rencontrés dans mes reportages ne parlent pas de stratégies grandioses, de doctrines militaires complexes. Ils parlent de concret : comment positionner un tireur d’élite, comment tendre une embuscade, comment utiliser un drone pour repérer un char. C’est une expertise de terrain, née de l’expérience, forgée dans le feu, qui leur donne cet avantage décisif face à une armée russe plus lourde, plus bureaucratique, moins adaptable.
Section 5 : L'impact sur le moral des combattants
Psychologie de la guerre et détermination
La guerre moderne ne se joue pas uniquement sur le terrain tactique, elle se joue aussi dans les esprits des combattants. Et de ce point de vue, la bataille de Rodynske révèle des contrastes saisissants entre les deux camps. Du côté ukrainien, le moral reste élevé malgré la difficulté de la situation. Les soldats savent pourquoi ils se battent, défendent leur terre, leurs familles, leur avenir. Cette motivation intrinsèque se traduit par une détermination farouche, une capacité à endurer des conditions extrêmes sans faillir, un esprit de corps qui se renforce face à l’adversité.
Chez les Russes, la situation est radicalement différente. Les rapports provenant du front font état de problèmes chroniques de morale, de désertions, de refus d’obtempérer aux ordres d’assaut suicidaires. Beaucoup de soldats russes, conscients que leurs supérieurs leur mentent sur la réalité des opérations, perdent confiance dans leur commandement. La propagation d’images de victoires fictives ne fait qu’aggraver cette crise de confiance : comment croire aux communiqués officiels quand on peut constater de ses propres yeux que la ville que l’on prétend avoir conquise est encore sous le feu ennemi ? Cette désillusion progresse silencieusement, rongeant la cohésion des unités, affaiblissant la volonté de combat.
Je pense souvent à ces soldats russes qui, dans les tranchées de Donetsk, reçoivent sur leurs téléphones les nouvelles officielles de grandes victoires pendant qu’eux-mêmes subissent des bombardements incessants. Cette dissonance cognitive doit être insupportable, cette fracture entre le récit officiel et la réalité vécue doit créer une souffrance psychologique terrible. Certains choisissent de croire au mensonge, par peur, par lassitude, par désir d’échapper à l’horreur de leur situation. D’autres, plus lucides, sombrent dans le désespoir ou la rébellion. C’est une humanité brisée, broyée entre les exigences de la machine de guerre et les mensonges du système politique qui l’orchestre.
Section 6 : Les répercussions internationales
La crédibilité de la Russie en question
Au-delà du champ de bataille immédiat, l’épisode de Rodynske a des conséquences sur la scène internationale. Les alliés de l’Ukraine observent avec attention ces tentatives russes de manipulation médiatique, et chaque mensonge détecté renforce leur détermination à soutenir Kiev. La crédibilité de la Russie comme acteur international, déjà mise à mal par l’invasion elle-même, s’érode encore davantage à mesure que Moscou multiplie les communications mensongères. Les diplomates occidentaux, les analystes militaires, les journalistes indépendants – tous ont développé une expertise dans le décryptage de la propagande russe, une capacité à identifier les distorsions, les omissions, les falsifications.
Cette expertise partagée crée une communauté internationale de vigilance qui rend de plus en plus difficile pour la Russie de propager ses mensonges sans contradiction immédiate. Lorsque Moscou annonce une capture de ville, les satellites, les sources ouvertes, les réseaux sociaux fournissent presque instantanément des éléments de vérification qui permettent de confirmer ou d’infirmer l’information. Dans ce nouvel environnement informationnel, la guerre de la vérité devient aussi importante que la guerre militaire elle-même. Et sur ce terrain, la Russie perd progressivement du terrain, chaque mensonge exposé affaiblissant sa position diplomatique et politique.
C’est ironique, quand on y pense : la Russie qui cherche à projeter une image de puissance militaire incontestée ne parvient même plus à mentir efficacement. Chaque tentative de manipulation se retourne contre elle, chaque fake news est démontée en temps réel, chaque mise en scène est exposée au grand jour. C’est une forme de justice poétique, une revanche de la vérité sur l’artifice, de la réalité sur le fiction. Bien sûr, cela ne change rien sur le terrain, les obus continuent de tomber, les soldats continuent de mourir. Mais au moins, le monde voit, le monde sait, le monde peut témoigner. Et cela, pour un régime totalitaire, c’est peut-être pire que la défaite militaire elle-même.
Section 7 : Le coût humain des opérations de propagande
Vies sacrifiées pour des images
Derrière chaque vidéo de propagande russe, derrière chaque image de drapeau planté, il y a des vies humaines sacrifiées pour l’effet médiatique. Les soldats russes envoyés à Rodynske avec pour mission de filmer une séquence triomphale sont conscients, même confusément, qu’ils risquent leur vie pour rien, pour une communication qui n’aura aucun impact sur l’issue réelle de la guerre. C’est une forme particulière d’horreur : l’utilisation d’êtres humains comme accessoires dans une mise en scène militaire, leur transformation en figurants d’un spectacle de guerre dont ils ne verront jamais la fin.
Certaines vidéos russes, par inadvertance, capturent ces moments de réalité qui filtrent à travers la propagande. On voit des soldats nerveux, hésitants, qui semblent attendre le signal d’un réalisateur invisible. On aperçoit des regards qui trahissent la peur, la confusion, le doute. Ce sont ces micro-expressions, ces instants de vérité involontaire qui révèlent l’humanité souffrante derrière la façade martialle. Pour chaque soldat russe qui apparaît triomphant dans les vidéos officielles, combien d’autres sont tombés avant même que l’image ne soit capturée ? Pour chaque drapeau qui flotte fièrement au vent, combien de vies ont été fauchées dans l’ombre ?
Cette dimension me touche particulièrement, cette instrumentalisation absolue de l’individu. Je pense à ce soldat russe, peut-être âgé de 20 ans, originaire d’une petite province perdue, qui reçoit l’ordre de se rendre dans un immeuble à Rodynske, d’y planter un drapeau, de tenir la pose pendant que son collègue filme. Il fait ce qu’on lui dit, il obéit, il sourit peut-être même pour la caméra. Et puis il meurt, écrasé par un obus ukrainien quelques minutes plus tard. Sa vie s’arrête là, dans cet immeuble dévasté, pour une image qui sera diffusée sur les chaînes d’information russes pendant quelques heures avant d’être oubliée. C’est une tragédie miniature, une vie gâchée dans l’absurdité totale d’une guerre de communication.
Section 8 : L'avenir immédiat de la bataille
Scénarios probables et implications
À mesure que les jours passent, la situation autour de Rodynske devrait se clarifier. Les Ukrainiens, forts de leur capacité de vérification et de leur maîtrise du terrain, continueront probablement leurs opérations de nettoyage, éliminant méthodiquement les infiltrations russes et renforçant leurs positions défensives. La Russie, de son côté, devra choisir entre deux options : poursuivre ses tentatives de capturer la ville au prix de pertes croissantes, ou redéployer ses efforts vers d’autres objectifs considérés comme plus prioritaires dans le cadre de l’offensive plus large de Pokrovsk.
Les analystes militaires s’accordent généralement sur un point : la dynamique actuelle favorise les défenseurs ukrainiens. La tactique russe des infiltrations de petits groupes, si elle peut produire des effets médiatiques temporaires, ne permet pas de conquérir et de tenir un territoire urbain de manière durable. Chaque tentative de consolidation est immédiatement contrecarrée par les frappes ukrainiennes. Dans ces conditions, il est probable que Rodynske reste sous contrôle ukrainien pour l’avenir prévisible, et que les affirmations russes de capture finissent par être discrètement abandonnées, comme cela s’est produit avec d’autres villes précédemment prétendument conquises.
Cette guerre est devenue une guerre d’endurance, une épreuve de volonté où celui qui tient le plus longtemps finit par l’emporter. Les Ukrainiens savent qu’ils n’ont pas le choix : reculer signifie la perte de leur pays, la soumission à l’occupant, la fin de leur existence en tant que nation indépendante. Les Russes, eux, savent qu’ils peuvent se permettre de perdre des batailles tactiques, des villes, des milliers de soldats, tant que le Kremlin reste déterminé à poursuivre l’effort de guerre. C’est cette asymétrie qui rend le conflit si terrifiant, si injuste, si épuisant. Et dans ce cadre, Rodynske n’est qu’une bataille de plus dans une guerre qui n’en finit pas de menacer de durer encore longtemps.
Section 9 : Les leçons à tirer de cet épisode
La guerre de l’information moderne
L’affaire de la capture fictive de Rodynske offre plusieurs enseignements importants sur la nature de la guerre moderne. Premièrement, elle démontre que la guerre de l’information est devenue un théâtre d’opérations à part entière, avec ses propres tactiques, ses propres objectifs, ses propres victoires et défaites. La Russie a compris très tôt que la bataille des perceptions pouvait être aussi importante que la bataille des armes, et elle a investi massivement dans des capacités de production de contenus de propagande sophistiqués.
Deuxièmement, cet épisode révèle les limites de cette approche. Dans un monde connecté, où les informations circulent instantanément, où les sources indépendantes peuvent vérifier et contester les affirmations officielles, les manipulations médiatiques deviennent de plus en plus difficiles à maintenir. La vérité finit toujours par émerger, malgré les efforts des régimes pour la contrôler. Enfin, l’incident de Rodynske souligne l’importance cruciale pour les démocraties de développer des outils d’analyse et de détection de la désinformation, afin de pouvoir contrer efficacement les campagnes de manipulation qui visent à influencer l’opinion publique internationale.
Je suis partagé entre deux sentiments contradictoires face à cette situation. D’un côté, je suis rassuré de voir que la vérité finit toujours par triompher, que les mensonges sont dénoncés, que les manipulations sont exposées. C’est la preuve que notre monde, malgré toutes ses imperfections, reste fondamentalement attaché à la vérité comme valeur fondamentale. De l’autre, je suis découragé de voir que malgré ces démentis, malgré ces preuves, malgré cette évidence, la guerre continue, les mensonges continuent, les victimes s’accumulent. La vérité peut triompher dans l’espace médiatique, mais sur le terrain, dans les tranchées, dans les villes bombardées, la réalité reste impitoyable.
Section 10 : La perspective historique
Comparaisons avec les guerres passées
La tentative russe de transformer Rodynske en victoire médiatique n’est pas sans précédent historique. À travers les âges, les puissances militaires ont régulièrement cherché à présenter leurs opérations sous le jour le plus favorable possible, minimisant leurs échecs et exagérant leurs succès. Cependant, ce qui distingue le conflit actuel, c’est l’échelle et la sophistication des efforts de désinformation, ainsi que la capacité quasi instantanée de vérification et de contestation des affirmations officielles.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, par exemple, les gouvernements impliqués utilisaient également la propagande à grande échelle, mais la vérification des informations prenait souvent des jours, voire des semaines. Aujourd’hui, avec l’avènement des satellites, des drones, des réseaux sociaux et des smartphones, chaque opération militaire peut être documentée, analysée et contestée presque en temps réel. Cette transparence imposée change radicalement la nature de la communication de guerre : elle rend plus difficile pour les belligérants de maintenir des mensonges à long terme, mais elle crée aussi de nouvelles vulnérabilités, des risques de manipulation par des acteurs tiers, des défis éthiques liés à la couverture médiatique des conflits.
L’histoire nous enseigne beaucoup, mais elle nous enseigne aussi que chaque guerre est unique, que chaque époque a sa propre manière de faire la guerre, de la raconter, de la vivre. Les soldats de 1916 dans les tranchées de Verdun n’avaient aucune idée de ce qui se passait à quelques kilomètres de leur position, ils étaient totalement déconnectés de la réalité stratégique du conflit. Aujourd’hui, un soldat à Rodynske peut, en quelques secondes, accéder à une multitude d’informations sur la situation globale du front, sur les déclarations politiques, sur les réactions internationales. Cette connectivité change radicalement l’expérience de la guerre, pour le meilleur et pour le pire.
Section 11 : La dimension humaine oubliée
Les civils pris entre deux feux
Dans toute cette discussion sur les tactiques militaires et les manipulations médiatiques, il est facile d’oublier l’élément le plus important : les civils qui vivent à Rodynske et dans les environs. Pour eux, la bataille de l’information n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est que leur ville est bombardée, que leurs maisons sont détruites, que leurs proches sont menacés. Chaque jour apporte son lot d’incertitudes, de peurs, de pertes. Les enfants grandissent dans un environnement de violence constante, les familles sont séparées par les nécessités de l’évacuation, les infrastructures essentielles sont endommagées ou détruites.
Les organisations humanitaires peinent à accéder à la zone en raison des combats intenses, laissant les civils dans une situation de vulnérabilité extrême. Certains choisissent de rester, par attachement à leur terre, par incapacité de partir, ou simplement parce que le déplacement lui-même représente un danger mortel. D’autres tentent de fuir, risquant leur vie sur des routes sous le feu de l’artillerie, cherchant refuge dans des villes plus sûres mais souvent déjà surchargées de déplacés. Quel que soit leur choix, ces civils sont les victimes invisibles d’une guerre qui les dépasse, pris dans l’étau entre une puissance occupante qui ne se soucie guère de leur sort et une force de défense qui, malgré ses meilleures intentions, ne peut pas les protéger totalement.
Cette humanité souffrante me brise le cœur à chaque fois que j’y pense. Ces civils ukrainiens qui n’ont rien demandé, qui ne veulent que vivre leur vie en paix, qui se retrouvent malgré eux pris dans un conflit qui n’est pas le leur. Les images de Rodynske détruite, de ses immeubles effondrés, de ses rues désertes par peur des bombardements, ces images me poursuivent. Et je me demande : comment vivront-ils après ? Comment reconstruiront-ils leur vie dans une ville qui n’existe presque plus ? Comment guériront-ils ces blessures invisibles, ce traumatisme collectif qui marquera des générations entières ? La réponse, malheureusement, est qu’ils ne guériront jamais vraiment, pas complètement.
Conclusion : La vérité comme arme
Pourquoi les mensonges russes échouent
L’histoire de Rodynske résume parfaitement la dynamique actuelle de la guerre en Ukraine. D’un côté, une Russie qui tente désespérément de compenser ses échecs militaires par des victoires médiatiques fictives, une machine de propagande puissante mais fondamentalement inefficace parce qu’elle ne repose sur aucune réalité tangible. De l’autre, une Ukraine qui, malgré l’immensité des défis qu’elle affronte, conserve un avantage crucial : celui de la vérité. Les Ukrainiens n’ont pas besoin d’inventer des victoires, ils n’ont pas besoin de mettre en scène des conquêtes, parce qu’ils se battent sur leur propre terre, pour des raisons qui sont les leurs, et qu’ils assument pleinement.
Cette vérité, cette authenticité, cette cohérence entre le discours et la réalité, constitue une force redoutable. Elle inspire confiance à la population ukrainienne, elle motive les soldats, elle rallie le soutien international. Chaque mensonge russe démasqué renforce cette crédibilité ukrainienne, chaque tentative de manipulation exposée souligne l’authenticité de la cause ukrainienne. À la fin, la vérité finira par l’emporter, non pas parce que la vérité est intrinsèquement plus forte que le mensonge, mais parce que dans ce conflit précis, la vérité est incarnée par des gens qui se battent pour leur survie, pour leur dignité, pour leur droit à exister.
Alors oui, la Russie continuera à annoncer des victoires qui n’existent pas, à diffuser des images montées de toutes pièces, à raconter des histoires qui n’ont aucun rapport avec la réalité. Mais au fond, tout le monde sait, tout le monde voit, tout le monde comprend. Les soldats russes savent qu’ils se battent pour une illusion. Les dirigeants russes savent qu’ils mentent à leur peuple. Les dirigeants ukrainiens savent qu’ils disent la vérité. Et cette conscience collective, cette lucidité partagée, constitue peut-être l’arme la plus puissante de cette guerre, celle qui finira par faire la différence, celle qui permettra aux Ukrainiens de triompher malgré l’adversité, de vaincre malgré la supériorité numérique de l’ennemi, de survivre malgré tout.
Sources
Sources primaires
Déclaration officielle du Corps Azov de la Garde nationale d’Ukraine, 4 janvier 2026. Article de Defense Express sur les revendications russes concernant Rodynske, 4 janvier 2026. Communiqué du ministère russe de la Défense annonçant la capture de Rodynske, janvier 2026. Déclarations des officiers ukrainiens opérant dans la région de Pokrovsk, décembre 2025 – janvier 2026.
Sources secondaires
Rapport de l’Institute for the Study of War sur l’offensive de Pokrovsk, janvier 2026. Article de LIGA.net sur les démentis ukrainiens concernant Rodynske, 29 décembre 2025. Article d’Ukrainska Pravda sur la situation à Pokrovsk, octobre 2025. Article du New York Times sur l’évolution de la guerre dans l’est de l’Ukraine, janvier 2026. Rapports de DeepStateMap.Live sur l’évolution du front dans la région de Pokrovsk, décembre 2025 – janvier 2026. Analyses militaires sur la propagande russe dans la guerre d’Ukraine, 2025-2026.
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.