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Une présence militaire britannique et française en Ukraine est impérative, exige Zelensky
Crédit: Adobe Stock

Des engagements initiaux ambitieux

La Coalition des volontaires a vu le jour en mars 2025 comme réponse européenne à deux pressions simultanées : l’administration Trump qui poussait vers des négociations de paix rapides et la réalité que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN restait bloquée. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a formellement annoncé cette initiative le 2 mars 2025, suite à des discussions avec le président français Emmanuel Macron. Le concept était ambitieux : un groupe de pays volontaires fourniraient des garanties de sécurité en dehors de la structure consensuelle de l’OTAN, incluant une « force de réassurance » qui se déploierait en Ukraine après un cessez-le-feu. Au fil des mois, cette coalition s’est élargie des discussions initiales entre le Royaume-Uni et la France à 35 pays, incluant des membres de l’UE et des non-membres, le Canada, l’Australie et le Japon.

Dès septembre 2025, 26 pays avaient formellement promis de déployer des troupes ou de fournir d’autres formes d’assistance militaire. Cependant, les engagements ont dépassé les actions concrètes. Seuls le Royaume-Uni et la France ont réellement engagé des soldats. Lorsque The Times a rapporté en avril 2025 que les nations européennes auraient du mal à rassembler collectivement 25 000 soldats, loin des 64 000 initialement proposés par le haut commandement militaire britannique, l’écart entre la rhétorique et la réalité est devenu évident. Cette situation a alimenté les critiques à l’égard d’une coalition qui risquait de devenir une coquille vide sans substance réelle.

Il y a quelque chose de profondément ironique dans cette histoire de coalition qui porte le nom de « volontaires » alors que la plupart de ses membres ne semblent guère disposés à s’engager réellement. Les discours sonnent juste, les déclarations sont pleines de bonnes intentions, mais sur le terrain, que voit-on ? Une poignée de pays prêts à mettre le pied en Ukraine, tandis que les autres regardent de loin, parés de leur neutralité confortable. L’ancien ministre lituanien des Affaires étrangères Gabrielius Landsbergis a capturé cette frustration lorsqu’il a demandé : « Il n’y a pas de troupes, presque pas d’armes, pas d’actifs gelés, pas de défense aérienne, pas de sanctions paralysantes, pas d’adhésion, de nouveaux tarifs, et pas de Taurus. Alors que se passe-t-il réellement ? » Sa question résonne comme un coup de poing dans le visage de l’Europe qui prétend défendre les valeurs démocratiques tout en refusant de payer le prix de cette défense.

Les réticences des États membres

La Pologne, l’Espagne et l’Italie ont décliné de contribuer des forces terrestres. L’Allemagne a laissé la porte ouverte mais a conditionné sa participation à l’approbation parlementaire et à l’implication des États-Unis. La Finlande et l’Estonie ont soulevé des inquiétudes selon lesquelles les déploiements dilueraient leurs propres défenses frontalières. Ces positions reflètent les craintes profondes d’une escalade avec la Russie et la réticence politique de plusieurs gouvernements européens à s’engager dans ce qui pourrait être perçu comme une guerre par procuration ou une mission dangereuse sur un territoire hostile. Les constitutions de nombreux pays européens exigent en outre une approbation parlementaire pour tout déploiement de troupes à l’étranger, ce qui ajoute une couche de complexité institutionnelle aux décisions déjà difficiles.

Zelensky a reconnu cette dimension parlementaire lors de sa conférence de presse, notant que même si un chef d’État est prêt à prendre certaines décisions et si l’armée est prête à être présente en Ukraine, le soutien parlementaire reste requis conformément aux constitutions de nombreux pays européens. « Nous ne pouvons pas être responsables des parlements des autres pays », a-t-il déclaré, reconnaissant implicitement que les engagements politiques peuvent être bloqués par les réalités internes des démocraties partenaires. Cette situation crée une incertitude majeure quant à la capacité de la coalition à livrer sur ses promesses.

Cette réticence des pays européens à envoyer des troupes en Ukraine dit long sur la nature de la politique internationale aujourd’hui. On est prêt à condamner, à sanctionner, à exprimer sa solidarité, mais quand il s’agit d’engager des vies humaines, soudainement les excuses fusent de toutes parts. Les arguments sont connus par cœur : la souveraineté parlementaire, la protection des frontières nationales, le risque d’escalade. Mais au fond, n’est-ce pas simplement la peur qui dicte ces décisions ? La peur de la confrontation directe avec la Russie, la peur de voir des jeunes citoyens revenir en cercueil, la peur de bouleverser l’ordre établi. Cette peur est compréhensible, humaine même, mais elle ne peut pas devenir le principe directeur de la politique de sécurité européenne. Sinon, à quoi servent les alliances ? À quoi servent les traités ? À quoi sert l’Union européenne elle-même si elle ne peut pas protéger ses propres frontières orientales ?

Sources

Sources primaires

The Kyiv Independent, « Peace deal must include British, French military presence in Ukraine, Zelensky says », 4 janvier 2026.

Ukrainska Pravda, « Zelenskyy on security guarantee requirements: UK and French military presence is mandatory », 3 janvier 2026.

EuroMaidan Press, « UK and France troop deployment is ‘mandatory’ for security guarantees, Zelensky says », 4 janvier 2026.

Sources secondaires

The Times, « Coalition of the Willing for Ukraine struggles to materialize amid Europe hesitation », avril 2025.

BBC News, « Zelensky says peace deal is 90% ready in New Year address », janvier 2026.

Agence France-Presse, « France ready to deploy troops to Ukraine as security guarantees, army chief says », octobre 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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