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L’Ukraine transforme les MiG-29 polonais en missiles destructeurs d’offensives russes
Crédit: Adobe Stock

Quatorze chasseurs qui ont tout changé

Le printemps 2023 restera dans les annales comme un moment décisif. La Pologne, brisant le premier tabou occidental, a transféré quatorze MiG-29 à l’Ukraine, devenant ainsi le premier pays à fournir des avions de combat à Kyiv face à l’invasion russe à grande échelle. Ce transfert n’était pas un simple don : c’était l’établissement d’un pipeline opérationnel, d’une chaîne logistique capable de fournir non seulement des avions, mais aussi des pièces de rechange, la maintenance, la documentation technique. Cette approche industrielle contrastait singulièrement avec les transferts occasionnels et chaotiques qui avaient caractérisé l’aide militaire occidentale dans les premiers mois de la guerre.

L’impact immédiat fut considérable. L’Ukraine disposait déjà de MiG-29 dans son inventaire, avec des pilotes et des équipes au sol formés à leur maniement. Cela éliminait les délais de conversion, la longue période d’adaptation qui aurait accompagné l’introduction d’un nouvel appareil. Les pilotes ukrainiens pouvaient monter dans ces chasseurs polonais et immédiatement les mettre en service, sans formation supplémentaire. Cette familiarité opérationnelle a permis une intégration quasi instantanée dans le système de combat ukrainien, transformant ce qui aurait pu être une transition laborieuse en une montée en puissance rapide.

Ce qui me frappe le plus dans cette histoire polonaise, c’est l’audace. La Pologne aurait pu attendre, voir comment les autres pays réagiraient, calculer les risques politiques et militaires. Elle ne l’a pas fait. Elle a pris le leadership, assumé la responsabilité d’être la première. Il y a quelque chose de presque désespéré dans cette décision, comme si Varsovie avait compris avant tout le monde que l’Ukraine ne survivrait pas sans cette couverture aérienne minimale. Et aujourd’hui, alors que six à huit MiG-29 supplémentaires s’apprêtent à rejoindre les quatorze déjà en service, cette vision initiale se révèle non seulement courageuse, mais stratégiquement visionnaire.

L’extension du pipeline pour 2026

Fin 2025, les discussions publiques à Varsovie ont révélé une nouvelle étape cruciale de ce partenariat. Le vice-ministre polonais de la Défense nationale, Cezary Tomczyk, a annoncé que six à huit MiG-29 supplémentaires, destinés à la retraite, pourraient être transférés à l’Ukraine en début d’année 2026. Ces avions, selon la loi polonaise, ne pourraient plus être utilisés par les forces armées polonaises après leur déclassement. Le ministre les a décrits avec une franchise brutale : ils finiraient soit dans un musée, soit vendus à la ferraille, soit envoyés en Ukraine pour tuer nos ennemis. Cette formulation sans ambiguïté illustre parfaitement la détermination polonaise et sa compréhension des enjeux existentiels de cette guerre.

Le général commandant les forces armées polonaises a confirmé le 10 décembre 2025 que les négociations sur le transfert des MiG-29 restants se poursuivaient. L’importance de ce nouveau transfert dépasse largement la simple augmentation du nombre d’appareils disponibles. Il consolide et élargit un système déjà opérationnel, renforce la chaîne logistique, assure la continuité de la formation et du soutien technique. C’est cette pérennité qui inquiète Moscou : l’Ukraine ne dépend plus de livraisons ponctuelles et incertaines, mais dispose d’un flux continu et prévisible d’appareils et de support, lui permettant de planifier ses opérations avec une assurance stratégique nouvelle.

Lorsque j’entends parler de ces avions qui iraient « à la ferraille » s’ils n’étaient pas envoyés en Ukraine, je ressens une certaine colère froide. Comment peut-on construire des machines de guerre sophistiquées, des chasseurs capables de voler à Mach 2, pour ensuite les réduire en scrap metal ? Il y a dans cette mentalité quelque chose de révoltant, comme si l’effort industriel et humain investi dans ces appareils n’avait aucune valeur une fois la date limite atteinte. Heureusement, l’Ukraine leur offre une seconde vie, une chance de servir une cause qui justifie leur existence. Et le résultat, c’est que ces « déchets » industriels deviennent des instruments décisifs dans la lutte pour la liberté.

Sources

Sources primaires

Euromaidan Press, Frontline report: Ukraine turns Polish MiG-29s into frontline wrecking balls against Russian offensives, 4 janvier 2026.

Militarnyi, Ukrainian MiG-29MU1 Destroys Bridge Near Pokrovsk with High-Precision Bomb Strike, 5 janvier 2026.

Institute for the Study of War, Russian Offensive Campaign Assessment, January 4, 2026, 4 janvier 2026.

Sources secondaires

Kyiv Independent, Poland mulls sending additional 6-8 MiG-29 jets to Ukraine, 15 décembre 2025.

Polish Deputy Defense Minister Cezary Tomczyk, Interview TVN24, 14 décembre 2025.

Polish General Staff, Statement on MiG-29 transfer negotiations, 10 décembre 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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