Vingt-sept assauts repoussés — et ce n’est pas fini
Le secteur de Pokrovsk reste le point de convergence de l’offensive russe. Aujourd’hui, les forces russes ont lancé 27 tentatives pour déloger les défenseurs ukrainiens de leurs positions dans les zones des localités de Chervonyi Lyman, Sukhetske, Zatyshok, Rodynske, Myrnohrad, Pokrovsk, Kotlyne, Udachne, Molodetske, Filiia, et en direction de Hryshyne et Ivanivka. Les forces de défense ont déjà stoppé 20 de ces attaques. Les autres combats sont toujours en cours.
Pokrovsk n’est plus simplement une ville. C’est devenu un symbole. Un hub logistique vital que les Russes tentent de capturer depuis des mois, et que les Ukrainiens défendent avec une ténacité qui force le respect. Selon les analystes, la majorité de la ville est désormais zone contestée, avec des combats de rue qui rappellent les pires heures de Bakhmout. Les forces russes sont entrées dans Pokrovsk début novembre 2025, mais la bataille continue, immeuble par immeuble, rue par rue.
Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette guerre d’attrition. Les Russes avancent, c’est indéniable — environ 5 600 kilomètres carrés capturés en 2025 selon l’AFP. Mais à quel prix ? Les pertes russes dépassent désormais 1,2 million de soldats selon l’état-major ukrainien. Un million deux cent mille. C’est une génération entière sacrifiée sur l’autel de l’ambition d’un seul homme.
Rodynske : le mensonge de la propagande russe
La propagande russe affirme avoir capturé la ville de Rodynske, située sur ce qui était autrefois la principale route logistique ukrainienne vers Pokrovsk. Les Forces d’assaut aériennes ukrainiennes ont fermement démenti ces affirmations. « La propagande russe continue de diffuser de fausses déclarations concernant la situation sur la ligne de front près de la ville de Rodynske », ont-elles déclaré. « Le contrôle des positions clés est maintenu. L’ennemi subit des pertes significatives en effectifs et en équipements. »
Selon le projet de cartographie ukrainien Deep State, Rodynske se trouve dans la zone grise entre les zones confirmées comme contestées par les deux camps. Les combats y font rage depuis l’été 2025, lorsque les forces russes ont approché la grande mine située à la périphérie est de la ville. La 1ère Brigade Azov de la Garde nationale a publié un communiqué similaire, précisant que les unités des 20e et 14e brigades de la Garde nationale, ainsi que le 132e bataillon de reconnaissance, maintiennent leurs positions à l’intérieur de la ville.
Huliaipole : la chute d'une forteresse
L’effondrement des brigades territoriales
Le secteur de Huliaipole raconte une histoire différente — et plus sombre. Aujourd’hui, les forces de défense ont repoussé 16 attaques russes dans les zones d’Uspenivka, Huliaipole, et en direction de Dobropillia, Varvarivka, Zelene et Pryluky. Cinq autres affrontements sont toujours en cours. Les localités de Zaliznychne et Rizdvianka ont été frappées par des bombes planantes.
Mais ce que les chiffres officiels ne disent pas, c’est que Huliaipole est en train de tomber. Peu avant Noël, les survivants des 102e et 106e brigades territoriales ont rompu et se sont repliés. La 57e brigade de fusiliers motorisés russe a pénétré dans la ville, capturant rapidement la majorité de ses positions. Des unités d’assaut d’élite — notamment des éléments des 5e et 425e régiments d’assaut — ont été précipitamment envoyées depuis le Donetsk voisin, mais comme l’a noté l’analyste David Axe, « c’était trop peu, trop tard ».
Je ne peux pas m’empêcher de penser à ces soldats des brigades territoriales. Des hommes qui ont tenu leurs positions pendant des mois, qui ont subi des pertes « extrêmement lourdes » selon le Conflict Intelligence Team, et qui n’ont jamais été relevés pour repos et reconstitution. Quand ils ont finalement craqué, le commandement ukrainien a ouvert une enquête criminelle contre leur commandant. Comme si c’était la faute d’un seul homme que des soldats épuisés, en sous-effectif, face à un ennemi numériquement supérieur, aient fini par céder.
La route vers Zaporizhzhia s’ouvre
La prise de Huliaipole ouvre une brèche dangereuse. Cette ville de la région de Zaporizhzhia, située à environ 80 kilomètres à l’est de la capitale régionale, était l’ancre des défenses ukrainiennes dans le sud. Un officier ukrainien du SBU a confié à CNN que la situation dans la région était « intense ». « L’ennemi tente de renforcer sa position de négociation en essayant de capturer plus de territoire », a-t-il expliqué.
Les Russes utilisent de petits groupes d’infanterie « qui tentent de percer par tous les moyens, par toutes les routes, vers les positions les moins protégées ». Lors d’une réunion avec Vladimir Poutine, le commandant russe de la région, le colonel-général Andrei Ivanaev, a affirmé que ses forces avaient pris plus de 210 kilomètres carrés de territoire dans les régions de Dnipropetrovsk et Zaporizhzhia depuis début décembre. Si ces chiffres sont exacts, la route vers la ville de Zaporizhzhia — et ses 700 000 habitants d’avant-guerre — devient de plus en plus vulnérable.
Les autres secteurs sous pression
Kupiansk et Lyman : des fronts qui ne dorment jamais
Dans le secteur de Kupiansk, l’ennemi a tenté deux fois d’avancer vers Kurylivka et la ville de Kupiansk elle-même. Les forces russes tentent de prendre le contrôle des rives du Siverskyi Donets. C’est un front qui semblait stabilisé, mais qui montre des signes inquiétants d’activité renouvelée.
Dans le secteur de Lyman, l’armée russe a lancé huit attaques près de Nadiia, Zarichne, et en direction des localités de Drobysheve, Stavky et Lyman. Une bataille est actuellement en cours. Selon certaines sources, les forces russes auraient avancé au nord et au sud de Lyman, capturant près de 6,5 km² récemment. Dans la direction de Lyman, les pilotes du bataillon Signum 53 de la brigade mécanisée séparée du prince Volodymyr Monomakh ont détruit un véhicule UAZ transportant des envahisseurs russes.
Chaque kilomètre carré perdu, c’est un village de plus sous occupation. Des familles qui ne reverront peut-être jamais leur maison. Des vies brisées par une guerre que personne n’a demandée — sauf un homme au Kremlin qui rêve de reconstituer un empire défunt.
Kostiantynivka et Sloviansk : la résistance continue
Dans le secteur de Kostiantynivka, les forces de défense ont repoussé 12 actions offensives russes dans les zones des localités d’Oleksandro-Shultyne, Pleshchiivka, Shcherbynivka, Rusyn Yar, et en direction de Kostiantynivka, Berestok et Sofiivka. Un engagement de combat est toujours en cours. Dans le secteur de Sloviansk, les forces de défense ont repoussé deux attaques des envahisseurs près de Zakitne, et une bataille est toujours en cours.
Le secteur de Kramatorsk reste étrangement calme aujourd’hui — l’état-major a souligné que l’ennemi n’a mené aucune action offensive. Mais cette accalmie est trompeuse. Le 4 janvier, la communauté de Kramatorsk était sous attaque combinée des troupes russes, résultant en un mort et un blessé. Une frappe russe a touché le terrain d’un établissement médical, blessant un civil. La guerre ne fait pas de distinction entre combattants et civils.
Le bilan humain : 1,2 million de pertes russes
Des chiffres qui donnent le vertige
Les pertes totales de combat des troupes russes depuis le 24 février 2022 jusqu’au 5 janvier 2026 s’élèvent à environ 1 212 520 personnes, dont 990 soldats au cours des dernières 24 heures. Ces chiffres proviennent de l’état-major général des forces armées ukrainiennes et doivent être pris avec précaution — la Russie ne publie pas ses propres statistiques de pertes depuis septembre 2022, lorsque Moscou avait annoncé 5 937 morts.
Selon les renseignements britanniques, la Russie aurait perdu environ 382 000 soldats tués et blessés depuis le début de 2025, et les pertes totales depuis le début de l’invasion dépasseraient 1,168 million. Mediazona et le service russe de la BBC, travaillant avec des bénévoles utilisant des données open source, ont confirmé qu’au moins 153 171 soldats russes ont été confirmés tués. Le président Zelensky affirme que la Russie perd près de 30 000 soldats par mois.
Un million deux cent mille. J’essaie d’imaginer ce que représente ce chiffre. C’est plus que la population de certaines villes européennes. C’est une génération de jeunes Russes envoyés mourir dans les champs ukrainiens pour satisfaire les délires impériaux d’un dictateur vieillissant. Et le pire ? Poutine ne s’arrêtera pas. Il a des réserves — notamment 15 000 soldats nord-coréens selon les renseignements — et il est prêt à les sacrifier tous.
Les pertes en équipements : une hémorragie continue
Au-delà des pertes humaines, la Russie perd un volume colossal d’équipements militaires. Depuis le début de l’invasion, les forces russes ont perdu 11 488 chars, 23 849 véhicules blindés, 35 678 systèmes d’artillerie, 1 587 lance-roquettes multiples, 1 266 systèmes de défense antiaérienne, 434 avions, 347 hélicoptères, et plus de 98 000 drones de niveau opérationnel-tactique. À cela s’ajoutent 72 776 véhicules et citernes de carburant.
Ces chiffres racontent une histoire de destruction industrielle. La Russie brûle ses réserves militaires à un rythme qui dépasse sa capacité de production. Malgré les sanctions, Moscou maintient un avantage en artillerie de 5 contre 1 grâce aux obus nord-coréens — qui représenteraient environ 30% de tous les obus tirés par la Russie. Mais cet avantage s’érode lentement, et l’économie russe montre des signes de surchauffe.
L'Ukraine frappe Moscou : la contre-attaque des drones
Chaque jour de 2026, des drones sur la capitale russe
Pendant que les Russes pilonnent les villes ukrainiennes, Kiev riposte. Selon le ministère russe de la Défense, l’Ukraine a ciblé Moscou avec des drones chaque jour depuis le début de 2026. C’est une escalade significative par rapport aux attaques plus sporadiques des années précédentes. Le dimanche 5 janvier à minuit, les systèmes de défense aérienne russes auraient détruit 57 drones au-dessus de la région de Moscou, sur un total de 437 drones abattus au-dessus de la Russie.
Cette pression quotidienne représente un changement de tactique. Avant, Moscou était frappée de manière intermittente, souvent autour de dates symboliques. Maintenant, c’est une campagne de pression soutenue. Les attaques ont forcé la fermeture temporaire des aéroports de Moscou — Vnoukovo, Domodedovo et Joukovski — causant des retards pour près de 200 vols. Et cela tombe pendant les vacances du Nouvel An orthodoxe, l’une des périodes les plus chargées pour le transport en Russie.
Il y a une certaine poésie dans ces attaques. Pendant des années, les Russes ont bombardé les villes ukrainiennes avec une impunité totale. Maintenant, les Moscovites doivent regarder le ciel avec inquiétude. Ce n’est pas de la vengeance — c’est de la réciprocité. Et franchement ? Ça fait du bien de voir que l’Ukraine peut frapper en retour.
L’Ukraine produit plus de drones que la Russie
Selon le canal Telegram militaire ukrainien « Colonel GSh », l’Ukraine lance désormais plus de drones longue portée que la Russie. Pendant que les forces russes lançaient 468 drones, l’Ukraine en envoyait davantage — un renversement remarquable de la dynamique. Au cours de la dernière semaine, les défenses aériennes russes auraient intercepté au moins 1 548 drones ukrainiens au-dessus du territoire russe et de la Crimée occupée.
La production ukrainienne de drones a explosé. Selon Iryna Terekh, directrice technique de Fire Point, l’Ukraine produit désormais plus de 200 drones FP-1/FP-2 par jour, à environ 58 000 dollars l’unité — significativement moins cher que les Shaheds russes. Cette capacité de production transforme les drones d’un outil auxiliaire en un pilier central de la stratégie de frappe ukrainienne. Les cibles visent les installations militaires, les dépôts de carburant et l’infrastructure énergétique qui soutient l’effort de guerre russe.
Les civils ukrainiens sous les bombes
Kharkiv, Kyiv, Dnipro : les villes martyres
Pendant que les soldats se battent sur le front, les civils ukrainiens continuent de payer le prix de cette guerre. Ce lundi 5 janvier, l’armée russe a lancé des frappes de missiles sur Kharkiv. Le bilan d’une frappe russe du 2 janvier sur la ville est monté à six morts, dont un enfant de 3 ans, après que les équipes de secours ont découvert les restes d’une victime supplémentaire sous les décombres d’un immeuble d’habitation détruit.
Dans la nuit du 5 janvier, quatre personnes ont été blessées à Kyiv à la suite d’une attaque russe. Un incendie a été signalé dans le district d’Obolonskyi de la capitale à la suite d’une attaque de drones russes. Dans la région de Kyiv, un immeuble d’appartements et 13 maisons privées ont été endommagés lors d’une attaque massive. Une maison privée a été détruite et un homme a été tué. À Tchernihiv, une maison d’habitation privée a été directement touchée et a pris feu.
Un enfant de trois ans. J’ai du mal à écrire ces mots sans sentir la colère monter. Cet enfant n’avait jamais connu un monde sans guerre. Il est né après le début de l’invasion, il a grandi avec le bruit des sirènes, et il est mort sous les bombes russes. Il n’y a pas de mots assez forts pour condamner cette barbarie.
Dnipro : une usine américaine touchée
À Dnipro, les forces russes ont attaqué une usine appartenant à des Américains, provoquant le déversement de 300 tonnes de pétrole sur les routes. Un incendie s’est déclaré dans une entreprise à la suite d’une attaque de drones russes. Les forces russes ont également bombardé le territoire d’un hôpital dans le district Dniprovskyi de Kherson, blessant deux personnes dont un travailleur médical.
La région de Dnipropetrovsk a subi près de 30 attaques dimanche. Les localités de Zaliznychne et Rizdvianka dans le secteur de Huliaipole ont été frappées par des bombes planantes. À Kramatorsk, une frappe russe a touché le terrain d’un établissement médical, blessant un civil. La liste des cibles civiles s’allonge chaque jour — hôpitaux, écoles, immeubles d’habitation. Rien n’est épargné.
La crise des effectifs ukrainiens
Des troupes épuisées face à un ennemi supérieur en nombre
La situation à Huliaipole illustre le dilemme fondamental de l’armée ukrainienne. Ses troupes sont largement inférieures en nombre sur certaines parties du front de 1 000 kilomètres et peinent à mobiliser des forces supplémentaires pour compenser les pertes. Le Conflict Intelligence Team a noté que les troupes qui tenaient Huliaipole « ont maintenu leurs positions pendant longtemps et ont subi des pertes extrêmement lourdes au cours des derniers mois, sans jamais être relevées pour repos et reconstitution ».
Le général Oleksandr Syrskyi, commandant en chef ukrainien, a reconnu que les forces russes disposaient d’une supériorité numérique dans le secteur de Huliaipole. Mais plutôt que de reconnaître le manque fondamental de troupes, il a cherché des boucs émissaires — annonçant une enquête criminelle contre le commandant des forces territoriales à Huliaipole, puis une nouvelle réforme structurelle des brigades territoriales. Ces changements réduisent paradoxalement les brigades territoriales de cinq à quatre bataillons, tout en ajoutant plus de drones.
Il y a quelque chose de profondément injuste dans cette situation. Les brigades territoriales — ces unités composées de civils devenus soldats — sont envoyées au front sans formation adéquate, sans renforts, sans rotation. Et quand elles craquent sous la pression, c’est leur commandant qu’on traduit en justice. Pas les généraux qui les ont abandonnés. Pas le système de mobilisation défaillant. Non — le pauvre bougre qui a fait ce qu’il pouvait avec ce qu’il avait.
Les brigades d’assaut : pompiers d’un incendie permanent
Les brigades d’assaut ukrainiennes sont désormais utilisées comme « pompiers » selon le général Syrskyi. Elles « éteignent les feux là où la situation devient critique ». Ces unités ont été envoyées à Huliaipole après la chute des positions territoriales, lançant quelques contre-attaques locales mais « sans succès territorial durable » selon l’observateur Thorkill. C’est par conception — ces troupes sont formées pour l’assaut, pas pour la défense.
Le problème fondamental reste le même : il n’y a pas assez de soldats. Les réformes de Syrskyi, sa préférence pour les unités d’assaut qu’il perçoit comme « loyales » selon Militaryland, ne font qu’exacerber la pénurie. La 106e brigade territoriale retirée de Huliaipole a été envoyée dans la région de Soumy, mais après les combats, il ne reste que 40% de son effectif. Le reste ? Des morts ou des blessés dans les hôpitaux.
Les changements au sommet de l'État ukrainien
Budanov quitte le renseignement, Maliuk quitte le SBU
En parallèle des combats, l’Ukraine connaît un remaniement majeur au sommet de son appareil sécuritaire. Vasyl Maliuk a annoncé qu’il quittait son poste de chef du Service de sécurité d’Ukraine (SBU). Le légendaire Kyrylo Budanov, chef du renseignement militaire ukrainien et maître d’œuvre de nombreuses opérations spectaculaires en territoire russe, a été promu chef de cabinet du président Zelensky — un signal que l’Ukraine mise sur une stratégie plus agressive et non conventionnelle pour 2026.
Le président Zelensky a également nommé Chrystia Freeland, l’ancienne vice-première ministre canadienne, comme conseillère non permanente du président pour le développement économique. Mikhailo Fedorov, ministre de la Transformation numérique, devient le nouveau chef du ministère de la Défense ukrainien. Ces nominations signalent une restructuration profonde de l’appareil d’État en plein conflit — un pari risqué mais nécessaire selon de nombreux observateurs.
Budanov à la tête du cabinet présidentiel. L’homme qui a orchestré les attaques les plus audacieuses de cette guerre — le pont de Crimée, les assassinats ciblés, les raids de drones sur Moscou — est maintenant au cœur du pouvoir politique. C’est un signal clair : l’Ukraine ne compte pas se laisser faire. Elle va frapper, encore et encore, jusqu’à ce que la Russie comprenne que cette guerre lui coûtera plus qu’elle ne peut supporter.
Les pourparlers de paix : 90% d’un accord ?
Malgré la violence, les engrenages diplomatiques tournent. Des pourparlers de sécurité de haut niveau se déroulent à Kyiv, avec la participation de conseillers à la sécurité nationale d’une quinzaine de nations, dont des représentants de l’UE et de l’OTAN. Dans son discours du Nouvel An, le président Zelensky a affirmé de manière intrigante qu’un cadre de paix négocié par les États-Unis était « prêt à 90% ».
Mais les 10% restants contiennent les obstacles les plus difficiles : le statut des territoires occupés et les garanties de sécurité pour l’Ukraine. Zelensky a déclaré qu’un accord de paix devrait inclure une présence militaire britannique et française en Ukraine. En attendant, la guerre continue — et chaque jour qui passe voit des soldats mourir des deux côtés.
L'économie russe : le début de la fin ?
La fin du « keynésianisme militaire »
Alors que la Russie continue de jeter des hommes et du matériel dans le brasier ukrainien, son économie montre des signes d’essoufflement. L’année 2025 a marqué la fin de la « ruée du sucre » du keynésianisme militaire de Moscou. Après deux ans de croissance alimentée par la guerre, l’économie russe devrait stagner en 2026 avec à peine 1% de croissance du PIB.
L’injection massive de liquidités du Kremlin dans le secteur de la défense a déclenché des pénuries de main-d’œuvre et une inflation que les taux d’intérêt de 16% de la Banque centrale ne parviennent pas à maîtriser. C’est le piège de l’inflation — la guerre dévore l’économie de l’intérieur. Les sanctions occidentales, bien qu’imparfaites, commencent à produire leurs effets. La question n’est plus de savoir si la Russie peut gagner cette guerre, mais combien de temps elle peut continuer à la mener.
Poutine a parié que l’Occident se fatiguerait avant la Russie. Il a misé sur la division, sur la lassitude, sur l’égoïsme des démocraties. Jusqu’ici, il n’a pas entièrement tort — l’aide occidentale à l’Ukraine a été plus lente et plus timide qu’elle n’aurait dû l’être. Mais l’économie russe craque. Les sanctions mordent. Et l’Ukraine tient toujours. La question est de savoir qui s’effondrera en premier.
Les troupes nord-coréennes et l’isolement de Moscou
Pour compenser ses pertes, la Russie fait appel à des renforts étrangers. Selon les renseignements, près de 15 000 soldats nord-coréens opèrent désormais dans des rôles d’arrière-garde et de génie dans l’Ukraine occupée, libérant les soldats contractuels russes pour les assauts de première ligne. Les obus d’artillerie nord-coréens représentent environ 30% de tous les obus tirés par la Russie — une bouée de sauvetage logistique qui permet à Moscou de maintenir son avantage en artillerie.
Mais cette dépendance envers Pyongyang a un coût politique. La Russie s’enfonce dans un isolement international croissant, réduite à quémander de l’aide auprès de régimes parias. L’Iran, la Corée du Nord, et bientôt peut-être d’autres États voyous — voilà les seuls alliés qui restent au Kremlin. C’est une position de faiblesse, même si Poutine projette l’image d’un leader confiant et en position de force.
Conclusion : le jour 1 411 d'une guerre sans fin
Tenir, encore et toujours
Ce 5 janvier 2026 marque le jour 1 411 de l’invasion russe de l’Ukraine. Quatre-vingts affrontements aujourd’hui. Deux cent vingt-neuf hier. Des milliers depuis le début de cette guerre que personne ne croyait possible. Les forces ukrainiennes tiennent — à Pokrovsk, à Kostiantynivka, à Lyman. Elles reculent parfois — comme à Huliaipole. Mais elles ne s’effondrent pas.
La situation reste « sans changement significatif » sur les autres secteurs du front, note l’état-major. C’est le langage militaire pour dire que la ligne tient, que les soldats font leur travail, que l’Ukraine survit un jour de plus. Dans le secteur du Prydniprovske, les Russes ont lancé une attaque dans la zone du pont Antonivskyi. Dans le secteur d’Oleksandrivka, l’ennemi a lancé cinq attaques dans les zones entourant les localités de Vyshneve et Zlahoda. Le secteur d’Orikhiv reste calme — aucune action offensive ennemie n’a été enregistrée.
Je termine cet article avec un mélange d’épuisement et d’admiration. Épuisement parce que cette guerre dure depuis presque quatre ans, et qu’il n’y a pas de fin en vue. Admiration parce que les Ukrainiens continuent de se battre, jour après jour, contre un ennemi qui dispose de plus d’hommes, plus d’armes, plus de ressources. Ils ne demandent qu’une chose : qu’on leur donne les moyens de se défendre. Des systèmes de défense antiaérienne. Du financement pour la production de drones intercepteurs. Des équipements pour le secteur énergétique. C’est le minimum que nous leur devons.
L’avenir incertain de 2026
L’année 2026 s’ouvre non pas avec de l’espoir, mais avec un durcissement de la résolution. En promouvant son maître-espion et son architecte numérique aux plus hautes fonctions, Zelensky parie que l’innovation et le renseignement peuvent vaincre la masse et l’attrition. C’est un pari risqué — mais l’Ukraine n’a plus le luxe de jouer la sécurité.
Les combats continuent. Les drones volent vers Moscou. Les missiles tombent sur Kharkiv. Et quelque part sur la ligne de front, un soldat ukrainien regarde vers l’est, attend la prochaine vague d’assaut, et se prépare à tenir un jour de plus. C’est tout ce qu’on lui demande. Tenir. Encore et toujours. Jusqu’à ce que cette guerre finisse enfin.
Sources
Sources officielles et médias ukrainiens
Ukrinform — Rapport de l’état-major général des forces armées ukrainiennes, 5 janvier 2026. Kyiv Independent — Couverture des événements du front et des pertes russes, janvier 2026. Defense Express — Statistiques quotidiennes des pertes russes, 4-5 janvier 2026. Ukrainska Pravda — Rapport sur les pertes russes dépassant 1,212 million, 5 janvier 2026.
Médias internationaux et analystes
CNN — « Ukrainian forces under ‘intense’ pressure in south, as troop shortage bites », 1er janvier 2026. Al Jazeera — « Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,411 », 5 janvier 2026. Reuters — « Ukraine targets Moscow daily with drones this year, Russia says, in apparent escalation », 5 janvier 2026. Euromaidan Press — « Ukraine is losing in the south—and Ukrainian commanders are blaming the outnumbered troops on the ground », 4 janvier 2026. MilitaryLand — « Fall of Huliaipole: Command Failures and Exhausted Defenders », 1er janvier 2026. Conflict Intelligence Team (CIT) — Analyses de la situation à Huliaipole et Pokrovsk, décembre 2025-janvier 2026.
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