Quarante-trois fois l’assaut
Pokrovsk. Ce nom résonne comme un glas dans les rapports militaires. Quarante-trois assauts russes en une seule journée sur ce secteur. Quarante-trois fois, les forces russes ont tenté de percer les défenses ukrainiennes. Près de Chervonyi Lyman, Sukhetske, Zatyshok, Rodynske, Myrnohrad, Pokrovsk même, Kotlyne, Udachne, Molodetske, Dachne, Filiia, et vers Hryshyne et Ivanivka. Une litanie de villages et de hameaux transformés en champs de bataille.
Les Ukrainiens ont tenu. Mais à quel prix. L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) rapporte que les forces ukrainiennes ont même réussi à reprendre du terrain dans le centre de Rodynske et ont progressé marginalement dans le sud de Hryshyne. Des avancées mesurées en dizaines de mètres, payées en vies humaines. Pendant ce temps, les Russes continuent de pilonner, d’attaquer, de sacrifier leurs hommes dans l’espoir de percer.
La tactique du rouleau compresseur
Un militaire ukrainien de la 154e brigade mécanisée séparée décrit la tactique russe dans le secteur d’Oleksandrivka, juste au sud de Pokrovsk : « Ils utilisent la tactique du zombie. Ils marchent par groupes de cinq ou six avec des brouilleurs et des fusils anti-drones, en espérant que deux ou trois atteignent nos positions. » C’est du sacrifice organisé. Les Russes envoient des vagues d’hommes, sachant pertinemment que la majorité mourra avant d’atteindre les lignes ukrainiennes. Mais ils s’en fichent. Ils ont les réserves. Ils ont les hommes à perdre.
Le soldat ukrainien ajoute que les Russes utilisent la neige pour camoufler leurs positions et qu’ils attaquent constamment, sans répit. « Ils ont des réserves suffisantes », dit-il avec une lassitude qu’on devine dans ses mots. C’est ça, la réalité de Pokrovsk. Une guerre d’attrition où les Russes misent sur leur supériorité numérique pour épuiser les défenseurs ukrainiens. Quatorze attaques dans le secteur d’Oleksandrivka en une seule journée. Quatorze fois où des hommes ont tenté de tuer d’autres hommes pour gagner quelques mètres de terre gelée.
Et moi, je lis ces rapports et je sens la rage monter. Pas contre les soldats russes qui marchent vers la mort — beaucoup n’ont pas choisi d’être là. Mais contre ceux qui les envoient. Contre ce système qui broie des vies humaines comme on broie du grain. Quarante-trois assauts en un jour. Quarante-trois fois où des mères russes ont peut-être perdu leurs fils. Pour quoi ? Pour Pokrovsk ? Pour Poutine ?
Huliaipole, combat maison par maison
Quarante-six tentatives de percée
Si Pokrovsk est l’enfer, Huliaipole est son jumeau maudit. Quarante-six tentatives russes de percer les défenses ukrainiennes en vingt-quatre heures. Près d’Uspenivka, Solodke, Huliaipole même, et vers Dobropillia, Varvarivka, Zelene et Pryluky. Le porte-parole des forces de défense du Sud, Vladyslav Voloshyn, a décrit la situation avec des mots qui glacent le sang : « Hier, nous avons enregistré un sinistre record de soixante-cinq affrontements dans ce secteur. À 18 heures aujourd’hui, près de quarante engagements avaient déjà eu lieu, avec plus d’une douzaine encore en cours. »
Huliaipole est devenue une zone grise. Les forces russes n’ont pas réussi à s’établir solidement dans la ville, mais les combats font rage dans chaque quartier, dans chaque rue, dans chaque maison. Voloshyn précise que les affrontements sont particulièrement intenses dans la périphérie nord, où plus de vingt affrontements ont été enregistrés en vingt-quatre heures. Les Russes tentent également de contourner la ville par le sud, attaquant le village de Zaliznychne au sud-est de Huliaipole.
Dix mille morts russes en un mois
Les chiffres que donne Voloshyn sont vertigineux. « Selon les renseignements, au cours du mois dernier, nous avons détruit plus de 10 000 envahisseurs russes sur l’axe sud, dont environ 70 % de ces pertes se sont produites près de Huliaipole. » Dix mille hommes. En un mois. Sept mille d’entre eux tués ou blessés dans les combats pour une seule ville. C’est une hécatombe. Un carnage d’une ampleur difficile à concevoir.
Le porte-parole ajoute que les renseignements indiquent que l’ennemi a déjà redéployé deux formations d’assaut dans ses efforts pour capturer la ville, mais que les deux ont été presque complètement détruites. Presque complètement détruites. Cela signifie que des centaines, peut-être des milliers d’hommes ont été tués ou blessés. Et les Russes continuent. Ils envoient de nouvelles unités, reconstituent les formations décimées, ajoutent de l’artillerie et des munitions supplémentaires. Et ils attaquent encore.
Sept mille morts russes à Huliaipole en un mois. Sept mille. Je ne peux pas m’empêcher de penser à ces hommes. Qui étaient-ils ? Avaient-ils des enfants ? Des rêves ? Sont-ils morts en croyant défendre leur pays, ou en sachant qu’ils étaient sacrifiés pour rien ? Et les Ukrainiens qui les ont tués — comment vivent-ils avec ça ? Parce que tuer, même en légitime défense, même pour sauver sa patrie, ça laisse des traces. Des cicatrices invisibles qui ne guérissent jamais vraiment.
Le prix du sang
1,2 million de pertes russes
Le 5 janvier 2026, l’état-major ukrainien a publié un chiffre qui donne le vertige : les pertes totales russes depuis le début de l’invasion à grande échelle le 24 février 2022 s’élèvent à environ 1 213 460 militaires. Plus d’un million deux cent mille hommes. Tués, blessés, disparus, capturés. En moins de quatre ans de guerre. C’est plus que toutes les pertes américaines de la Seconde Guerre mondiale. C’est l’équivalent de la population d’une grande ville rayée de la carte.
Rien que le 5 janvier, 990 soldats russes supplémentaires ont été neutralisés. Neuf cent quatre-vingt-dix hommes en vingt-quatre heures. Presque mille vies éteintes en un jour. Et ce n’est pas un pic exceptionnel. C’est la moyenne quotidienne. Jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, la Russie saigne ses hommes sur le sol ukrainien. Et elle continue d’attaquer.
Le matériel qui fond comme neige au soleil
Les pertes humaines ne sont pas les seules. Le matériel russe fond à une vitesse stupéfiante. Le 5 janvier, les Ukrainiens ont détruit ou endommagé : vingt-neuf systèmes d’artillerie (portant le total à 35 785), sept cent quatre drones tactiques opérationnels (total : 100 564), cent soixante-neuf véhicules automobiles et camions-citernes (total : 72 945), huit chars (total : 11 507), deux véhicules de combat blindés (total : 23 857), deux lance-roquettes multiples (total : 1 592), et une unité d’équipement spécial (total : 4 036).
Sept cent quatre drones en une seule journée. C’est colossal. Cela montre à quel point la guerre des drones est devenue centrale dans ce conflit. Les deux camps utilisent massivement ces engins pour frapper, surveiller, harceler. Et les Ukrainiens sont devenus redoutablement efficaces pour les abattre. Mais les Russes en ont encore. Ils en produisent, ils en importent, ils en achètent. Et ils continuent de les envoyer par milliers.
Un million deux cent mille pertes. Je dois l’écrire en chiffres pour que ça devienne réel : 1 213 460. Plus d’un million de vies brisées, de familles détruites, de futurs annulés. Et pour quoi ? Pour les fantasmes impériaux d’un homme qui ne mourra jamais sur le front, qui ne verra jamais le sang, qui ne sentira jamais l’odeur de la mort. Poutine dort tranquille dans son palais pendant que ses soldats pourrissent dans la boue ukrainienne. Et il continue d’en envoyer. Encore et encore.
La tactique russe du sacrifice
Les vagues humaines
Le colonel Viktor Trehubov, porte-parole de la Force opérationnelle conjointe ukrainienne, a décrit la tactique russe actuelle avec une précision clinique. « Les offensives russes actuelles dans le nord de l’oblast de Kharkiv sont constituées de l’accumulation constante de petites équipes de tir qui sondent les lignes défensives ukrainiennes », explique-t-il. Ce n’est plus les grandes offensives de 2023 et 2024. C’est une guerre d’usure, une guerre de grignotage, une guerre où chaque mètre se gagne au prix de vies humaines.
Trehubov ajoute que les forces russes tentent de contourner Vovchansk pour prendre position à Vilcha et atteindre Vovchanski Khutory. Elles essaient de contourner les défenses ukrainiennes plutôt que de les affronter de face. Mais même ces tentatives de contournement se paient cher. Les Ukrainiens connaissent leur terrain. Ils savent où frapper. Et ils frappent fort.
La logistique par drones
Dans le secteur de Sumy, Trehubov rapporte que les forces russes connaissent des difficultés logistiques et utilisent des drones pour ravitailler les positions de première ligne. C’est révélateur. Cela signifie que les lignes d’approvisionnement russes sont sous pression constante, que les Ukrainiens frappent les convois, que les Russes doivent improviser. Utiliser des drones pour apporter des munitions, de la nourriture, de l’eau aux soldats en première ligne, c’est un signe de faiblesse logistique.
Mais c’est aussi un signe d’adaptation. Les Russes apprennent. Ils changent leurs tactiques. Ils utilisent des mines télécommandées pour empêcher les contre-attaques ukrainiennes, comme à Hrabovske. Ils tentent de tenir le terrain conquis, même si c’est au prix de pertes énormes. L’offensive contre Hrabovske était unique, note Trehubov, car les forces russes ont attaqué avec un grand groupe de militaires plutôt qu’avec plusieurs petits groupes d’infiltration. Cela montre qu’ils sont prêts à prendre des risques, à concentrer leurs forces quand ils pensent pouvoir percer.
Cette guerre est devenue une science macabre. Les deux camps analysent, adaptent, innovent. Ils trouvent de nouvelles façons de tuer plus efficacement. De nouvelles tactiques pour gagner quelques mètres. Et pendant ce temps, les soldats meurent. Les jeunes Russes envoyés au front avec un entraînement minimal. Les jeunes Ukrainiens qui défendent leur terre. Tous pris dans une machine qui les broie sans pitié.
La résistance ukrainienne
Tenir coûte que coûte
Face à cette pression incessante, les forces ukrainiennes tiennent. Elles tiennent à Pokrovsk, où elles ont même réussi à reprendre du terrain. Elles tiennent à Huliaipole, où chaque maison est un champ de bataille. Elles tiennent sur tous les fronts, du nord au sud, de l’est à l’ouest. Cent quatre-vingt-onze affrontements en vingt-quatre heures, et dans la grande majorité, les Ukrainiens ont repoussé les assauts russes.
L’aviation ukrainienne, les forces de missiles et l’artillerie ont frappé avec précision. Sept concentrations de troupes ennemies, deux postes de commandement, un système de défense antiaérienne Tor, deux points de contrôle de drones, quatre pièces d’artillerie. Ce sont des frappes chirurgicales qui affaiblissent la capacité russe à mener des offensives coordonnées. Chaque poste de commandement détruit, c’est une unité russe qui perd sa coordination. Chaque système antiaérien abattu, c’est plus de liberté pour les drones ukrainiens.
L’intelligence tactique
Ce qui frappe dans les rapports ukrainiens, c’est l’intelligence tactique. Les Ukrainiens ne se contentent pas de tenir. Ils contre-attaquent quand ils le peuvent. Ils frappent les points faibles russes. Ils utilisent leurs drones avec une efficacité redoutable. Le 6 janvier, la Direction principale du renseignement militaire (GUR) a rapporté qu’un engin explosif avait détruit un véhicule militaire KamAz transportant du personnel russe à l’entrée de la 47e brigade de missiles russe à Korenovsk, dans le kraï de Krasnodar. C’est loin derrière les lignes russes. Cela montre que les Ukrainiens peuvent frapper profondément en territoire ennemi.
Dans le secteur de Kupyansk, Trehubov rapporte qu’il reste moins de soixante à soixante-dix militaires russes dans la ville. Les Russes tentent de pousser les forces ukrainiennes hors des positions sur la rive gauche de la rivière Oskil, mais ils n’y parviennent pas. Les Ukrainiens tiennent. Ils nettoient la ville. Ils reprennent le contrôle, mètre par mètre, maison par maison.
Je regarde ces Ukrainiens qui tiennent depuis bientôt quatre ans et je suis impressionné. Pas juste par leur courage — le courage, tous les soldats en ont. Mais par leur résilience. Par leur capacité à encaisser, à s’adapter, à continuer. Ils sont en infériorité numérique. Ils manquent de munitions. Ils sont fatigués. Et pourtant, ils tiennent. Ils repoussent les assauts. Ils contre-attaquent. Ils ne lâchent rien.
Les autres fronts
Partout à la fois
Pokrovsk et Huliaipole concentrent l’attention, mais la guerre fait rage sur tout le front. Dans le secteur de Kostiantynivka, vingt et un affrontements ont été enregistrés près d’Oleksandro-Shultyno, Pleshchiivka, Shcherbynivka, Rusyn Yar, et vers Stepanivka, Ivanopillia, Kostiantynivka, Berestok et Sofiivka. Dans le secteur d’Oleksandrivka, quatorze attaques ennemies près de Vyshneve, Zlahoda, Sichneve, Oleksandrohrad, Sosnivka, et vers Ivanivka.
Dans le secteur d’Orikhiv, deux affrontements près de Plavni et vers Prymorske. Dans le secteur de Prydniprovske, deux attaques infructueuses sur les positions ukrainiennes. Même dans les secteurs de Volyn et Polissia, au nord, où aucun signe de groupements offensifs russes n’a été détecté, la menace reste présente. Les Ukrainiens doivent maintenir des forces partout, surveiller chaque kilomètre de frontière, être prêts à répondre à toute attaque.
La pression constante
Ce qui épuise les défenseurs, ce n’est pas seulement l’intensité des combats. C’est la constance de la pression. Les Russes attaquent tous les jours. Ils bombardent toutes les nuits. Ils envoient des drones en permanence. Les soldats ukrainiens ne peuvent jamais vraiment se reposer. Ils dorment avec un œil ouvert. Ils mangent en surveillant le ciel. Ils vivent dans un état de tension permanent qui use les nerfs, qui érode la santé mentale, qui brise les hommes de l’intérieur.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rapporté le 4 janvier que les forces russes avaient lancé 1 070 bombes aériennes guidées, près de 1 000 drones d’attaque et six missiles contre l’Ukraine au cours de la semaine du 28 décembre 2025 au 4 janvier 2026. Plus de mille bombes en une semaine. Près de mille drones. C’est un déluge de feu qui ne s’arrête jamais. Et les Ukrainiens doivent encaisser. Jour après jour. Semaine après semaine.
Comment tiennent-ils ? Sérieusement, comment font-ils pour tenir ? Je ne parle pas de la stratégie militaire ou de la logistique. Je parle de l’humain. Comment un homme peut-il vivre sous cette pression constante sans craquer ? Comment peut-il continuer à se battre quand il sait que demain, après-demain, la semaine prochaine, le mois prochain, ce sera la même chose ? La même violence. La même peur. La même mort qui rôde.
L'analyse stratégique
La guerre d’attrition
L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) note que les forces russes ont augmenté leur rythme moyen d’avance en 2025 grâce à un nouveau schéma opérationnel, mais qu’elles n’ont pas atteint leurs objectifs prioritaires dans les délais impartis. C’est révélateur. Les Russes avancent, oui. Ils gagnent du terrain, oui. Mais pas assez vite. Pas assez pour compenser leurs pertes. Pas assez pour briser la résistance ukrainienne.
Le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrskyi, a déclaré le 17 décembre que pour mener une opération offensive stratégique, l’ennemi a constitué un groupe d’environ 710 000 soldats. Sept cent dix mille hommes. C’est une armée colossale. Et pourtant, selon Syrskyi, les forces russes tentent de capturer Pokrovsk dans le Donetsk depuis plus de dix-sept mois, mais les unités ukrainiennes tiennent la défense et prennent l’initiative.
Le coût insoutenable
La question stratégique centrale est simple : combien de temps la Russie peut-elle maintenir ce rythme de pertes ? Un million deux cent mille hommes en moins de quatre ans. Près de mille par jour en moyenne. À ce rythme, même avec une population de cent quarante millions d’habitants, même avec la mobilisation, même avec les mercenaires et les prisonniers envoyés au front, les réserves russes ne sont pas infinies.
Mais Poutine parie que l’Ukraine craquera avant la Russie. Il parie que les Ukrainiens, épuisés, à court de munitions, fatigués de la guerre, finiront par céder. Il parie que l’Occident se lassera de soutenir Kiev. Il parie que le temps joue pour lui. Et peut-être a-t-il raison. Peut-être que dans cette guerre d’attrition, c’est celui qui peut encaisser le plus de coups qui gagnera. Pas le plus fort. Pas le plus juste. Juste celui qui peut saigner le plus longtemps.
Et c’est ça qui me révolte le plus. Cette logique de boucher. Cette idée que la victoire appartient à celui qui peut sacrifier le plus d’hommes. Nous sommes en 2026, pas en 1916. Nous avons des drones, des missiles de précision, des satellites. Et pourtant, on en est toujours à envoyer des vagues d’hommes se faire massacrer pour gagner quelques kilomètres. C’est obscène. C’est criminel. Et ça continue.
Les perspectives
Pas de fin en vue
Quatre ans bientôt. Quatre ans que cette guerre dure. Et aucune fin n’est en vue. Les Russes continuent d’attaquer. Les Ukrainiens continuent de résister. Les négociations sont au point mort. Les positions sont figées. Poutine veut l’Ukraine. Zelensky refuse de céder un pouce de territoire. Entre les deux, des centaines de milliers d’hommes meurent.
Les cent quatre-vingt-onze affrontements du 5 janvier ne sont pas une anomalie. C’est la nouvelle normalité. C’est le rythme quotidien de cette guerre. Demain, il y en aura peut-être deux cents. Ou cent cinquante. Mais il y en aura. Parce que ni la Russie ni l’Ukraine ne sont prêtes à abandonner. Parce que cette guerre est devenue une guerre existentielle pour les deux camps. Pour l’Ukraine, c’est une question de survie nationale. Pour Poutine, c’est une question de survie politique.
L’hiver qui s’installe
Et maintenant, l’hiver s’installe. Le froid, la neige, la boue gelée. Les conditions deviennent encore plus difficiles pour les soldats des deux camps. Les attaques sont plus compliquées. Les défenses sont plus solides. Mais la guerre continue. Les Russes utilisent la neige pour camoufler leurs positions. Les Ukrainiens utilisent le froid pour ralentir les offensives ennemies. Et les hommes meurent dans le froid, dans la neige, dans la boue.
Pokrovsk et Huliaipole resteront probablement les points chauds dans les semaines à venir. Les Russes ont investi trop de ressources, perdu trop d’hommes pour abandonner maintenant. Ils continueront d’attaquer. Ils continueront d’envoyer des vagues d’assaut. Et les Ukrainiens continueront de tenir. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que céder Pokrovsk ou Huliaipole, ce serait ouvrir une brèche dans leurs défenses. Ce serait donner aux Russes une victoire stratégique. Ce serait trahir tous ceux qui sont morts pour défendre ces villes.
Je termine cet article et je me sens vidé. Pas parce que c’est difficile à écrire — ça l’est, mais ce n’est rien comparé à ce que vivent les soldats sur le terrain. Je me sens vidé parce que je sais que demain, il y aura un autre rapport. D’autres affrontements. D’autres morts. Et que je devrai peut-être écrire un autre article. Avec d’autres chiffres. D’autres noms de villages. Mais toujours la même histoire. La même tragédie. La même absurdité.
Conclusion
Le prix de la liberté
Cent quatre-vingt-onze affrontements en vingt-quatre heures. Quarante-trois à Pokrovsk. Quarante-six à Huliaipole. Neuf cent quatre-vingt-dix soldats russes tués ou blessés. Des dizaines, peut-être des centaines d’Ukrainiens tombés. C’est le prix quotidien de cette guerre. C’est le tribut que paient les hommes sur le terrain pour les décisions prises dans les palais et les bunkers.
L’Ukraine tient. Contre toute attente, contre la supériorité numérique russe, contre la fatigue et l’épuisement, elle tient. Ses soldats repoussent les assauts. Ses artilleurs frappent avec précision. Ses drones harcèlent l’ennemi. Et ses citoyens, à l’arrière, continuent de vivre, de travailler, de résister. Parce que c’est ça, la vraie victoire. Pas les kilomètres gagnés ou perdus. Pas les statistiques de pertes. Mais la capacité à continuer. À ne pas se soumettre. À rester debout.
La guerre qui ne finit pas
Mais à quel prix ? Un million deux cent mille pertes russes. Des dizaines de milliers d’Ukrainiens morts. Des villes détruites. Des villages rayés de la carte. Des familles brisées. Des enfants orphelins. Des vies annulées. Et pour quoi ? Pour les ambitions d’un homme. Pour un rêve impérial délirant. Pour une guerre qui n’aurait jamais dû commencer.
Les cent quatre-vingt-onze affrontements du 5 janvier 2026 ne sont qu’un jour dans cette guerre interminable. Demain, il y en aura d’autres. Après-demain aussi. Et le jour d’après. Jusqu’à ce que l’un des deux camps s’effondre. Ou jusqu’à ce que le monde se réveille et mette fin à cette folie. Mais pour l’instant, la guerre continue. À Pokrovsk. À Huliaipole. Sur tout le front. Et les hommes continuent de mourir. Pour des mètres de terre. Pour des villages dont personne ne connaissait le nom. Pour une guerre qui ne devrait pas exister.
Je pose mon stylo et je regarde par la fenêtre. Dehors, la vie continue. Les gens vont au travail. Les enfants jouent. Le monde tourne. Et à mille kilomètres de là, des hommes s’entretuent. Cent quatre-vingt-onze fois en un jour. Et demain, ça recommencera. Encore et encore. Jusqu’à ce que quelqu’un ait le courage de dire : ça suffit.
Sources
Ukrinform – « War update: 191 frontline clashes over past day, nearly half hit Pokrovsk, Huliaipole fronts » – 6 janvier 2026 – https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4077118-war-update-191-frontline-clashes-over-past-day-nearly-half-hit-pokrovsk-huliaipole-fronts.html
Ukrinform – « Fierce house-to-house fighting ongoing in Huliaipole – military spox » – 5 janvier 2026 – https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4077048-fierce-housetohouse-fighting-ongoing-in-huliaipole-military-spox.html
Mezha.net – « January 3 Frontline Report Details 191 Clashes Between Ukraine and Russia » – 3 janvier 2026 – https://mezha.net/eng/bukvy/january-3-frontline-report-details-191-clashes-between-ukraine-and-russia/
Institute for the Study of War (ISW) – « Russian Offensive Campaign Assessment, January 4, 2026 » – 4 janvier 2026 – https://www.criticalthreats.org/analysis/russian-offensive-campaign-assessment-january-4-2026
UNN – « Enemy losses exceeded 1.2 million people: General Staff data for January 5 » – 5 janvier 2026 – https://unn.ua/en/amp/enemy-losses-exceeded-12-million-people-general-staff-data-for-january-5
État-major général des forces armées d’Ukraine – Rapports quotidiens sur Facebook – 5-6 janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.