45 000 foyers dans le noir glacial
Samedi 3 janvier 2026, 3 heures du matin. Un incendie se déclare sur un pont de câbles au-dessus d’un canal dans le sud-ouest de Berlin. Les flammes dévorent les conduits électriques. En quelques minutes, 45 000 foyers se retrouvent sans électricité. Plus de 2 000 entreprises également. Pas de chauffage. Pas de lumière. Pas de connexion mobile. Les hôpitaux basculent sur leurs générateurs de secours. Les trains s’arrêtent. Les quartiers aisés de Zehlendorf et Wannsee sont plongés dans l’obscurité.
Ce n’est pas un accident. C’est un acte de sabotage délibéré. Un incendie criminel. Une attaque coordonnée contre l’infrastructure énergétique de la capitale allemande. Trois jours plus tard, des dizaines de milliers de Berlinois sont toujours sans électricité. Les autorités annoncent que le rétablissement complet ne sera pas effectif avant jeudi après-midi. En plein hiver. Avec des températures négatives. Des familles qui grelottent dans le noir. Des personnes âgées isolées. Des entreprises paralysées.
Je pense à ces gens. À ces familles qui se réveillent dans le froid. Qui ne peuvent pas faire chauffer un café. Qui ne peuvent pas recharger leur téléphone. Qui ne savent pas quand la lumière reviendra. Et je me dis : c’est ça, la guerre hybride. Ce n’est pas spectaculaire. Ce n’est pas des explosions et des sirènes. C’est insidieux. C’est sournois. C’est une violence qui s’infiltre dans le quotidien et qui brise la normalité.
Le groupe Volcano revendique, mais qui tire les ficelles ?
Le groupe Volcano, une organisation d’extrême gauche, revendique l’attaque. Ils se présentent comme des activistes écologistes opposés à l’industrie des énergies fossiles. Ils ont déjà frappé par le passé. En 2024, ils avaient revendiqué un incendie criminel près de l’usine Tesla à Berlin. Leur rhétorique est claire : ils luttent contre le capitalisme, contre l’industrie, contre le système. Mais voilà le problème : leurs actions servent parfaitement les intérêts de Moscou.
Le ministre de l’Intérieur allemand, Alexander Dobrindt, ne mâche pas ses mots. Il parle de terrorisme d’extrême gauche. Il affirme que ce type d’attaques revient en Allemagne avec une intensité croissante. Mais il va plus loin. Il souligne que l’Allemagne est devenue une cible quotidienne de la guerre hybride. Espionnage russe, cyberattaques, campagnes d’influence, sabotage. Tout se mélange. Tout se confond. Et c’est précisément l’objectif : brouiller les pistes, créer le doute, empêcher l’attribution claire des responsabilités.
Volcano est-il manipulé par Moscou ? Financé ? Instrumentalisé ? Ou simplement utilisé comme couverture ? Les autorités allemandes ne le disent pas ouvertement. Mais le maire de Berlin, Kai Wegner, est catégorique : les infrastructures critiques de la capitale doivent être mieux protégées. Il annonce des discussions avec le gouvernement fédéral. Parce que Berlin n’est pas une ville comme les autres. C’est la capitale. C’est un symbole. Et c’est une cible.
OPLAN Deutschland — Le plan de guerre secret
Un document classifié qui dit tout
L’Operationsplan Deutschland n’est pas un simple exercice bureaucratique. C’est un plan de guerre. Un blueprint détaillé de la manière dont l’Allemagne organiserait la défense de son territoire dans le cadre d’un conflit majeur de l’OTAN. Le document, classifié, a été partiellement révélé par Bloomberg et Politico. Et ce qu’il contient est sans équivoque : l’Allemagne se prépare à une guerre avec la Russie. Pas dans un futur lointain. D’ici 2029.
Le plan établit un modèle d’escalade en cinq phases. Phase 1 : détection précoce des menaces et dissuasion. C’est là où l’Allemagne se trouve actuellement. Phase 2 : préparation logistique et coordination interministérielle. Phase 3 : défense nationale. Phase 4 : défense collective de l’OTAN. Phase 5 : reconstruction post-conflit. Chaque phase est détaillée. Chaque scénario est anticipé. Chaque acteur, civil ou militaire, a un rôle défini.
Le document affirme que les attaques hybrides peuvent fondamentalement servir à préparer une confrontation militaire. Ce ne sont pas des incidents isolés. Ce sont des outils stratégiques. Des moyens de sonder les défenses, de tester les réactions, de créer des vulnérabilités. Le plan place l’Allemagne au centre d’une logique d’escalation militaire. Pas en périphérie. Au centre. Parce que sans l’Allemagne, l’OTAN ne peut pas défendre l’Europe de l’Est.
Je relis ces lignes et je réalise l’ampleur de ce qui se joue. L’Allemagne, ce pays qui a passé des décennies à éviter toute posture militaire agressive, qui a fait de la paix et de la diplomatie ses mantras, est en train de planifier une guerre. Une vraie guerre. Avec des phases, des scénarios, des déploiements de troupes. C’est vertigineux. Et c’est effrayant.
L’Allemagne, hub logistique de l’OTAN
Le rôle de l’Allemagne dans l’OTAN n’est pas symbolique. C’est opérationnel et vital. Si un conflit éclate sur le flanc oriental de l’Alliance, l’Allemagne devient instantanément la plaque tournante de tous les mouvements de troupes, de matériel, de ravitaillement. Les routes allemandes, les voies ferrées allemandes, les aéroports allemands deviennent les artères par lesquelles transite la puissance militaire de l’OTAN.
Le document OPLAN précise que dans un scénario de conflit, l’Allemagne deviendrait une cible prioritaire d’attaques conventionnelles avec des systèmes d’armes à longue portée. Missiles de croisière, drones armés, forces spéciales. Tout serait déployé pour frapper les infrastructures militaires et civiles allemandes. Pas pour conquérir le territoire. Pour paralyser la logistique. Pour empêcher le déploiement des renforts de l’OTAN vers l’Est.
Et c’est là que les attaques hybrides prennent tout leur sens. Avant même que les premiers missiles ne soient tirés, Moscou cherche à affaiblir, désorganiser, paralyser l’Allemagne. Cyberattaques contre les réseaux électriques. Sabotage des voies ferrées. Campagnes de désinformation pour semer la panique. Infiltration d’agents pour recueillir des renseignements. Tout est fait pour que lorsque le moment viendra, l’Allemagne soit déjà à genoux.
La menace russe — Plus grande et plus immédiate que jamais
2029, l’année de tous les dangers
Le document OPLAN est formel : d’ici 2029 au plus tard, la Russie aura développé les capacités et les options stratégiques nécessaires pour mener une guerre à grande échelle contre l’OTAN. Ce n’est pas une hypothèse. C’est une évaluation basée sur des renseignements nationaux et étrangers. Les services de renseignement allemands, en coordination avec leurs homologues de l’OTAN, suivent de près la montée en puissance militaire russe. Et les conclusions sont alarmantes.
La Russie ne se contente pas de mener une guerre en Ukraine. Elle se prépare à un conflit bien plus vaste. Elle modernise ses forces armées. Elle développe de nouveaux systèmes d’armes. Elle renforce ses capacités de projection de puissance. Elle teste ses tactiques hybrides sur le terrain européen. Et elle le fait avec une détermination qui ne laisse aucun doute sur ses intentions. Moscou ne cherche pas à coexister pacifiquement avec l’OTAN. Moscou se prépare à affronter l’OTAN.
Le ministère de la Défense allemand estime que la Russie cherche à confiner tout futur conflit à l’Europe pour éviter une confrontation militaire directe avec les États-Unis. L’objectif de Moscou est de créer un fait accompli en Europe de l’Est avant que Washington ne puisse intervenir massivement. Frapper vite. Frapper fort. Paralyser les capacités de réaction de l’OTAN. Et présenter le monde devant un choix : accepter la nouvelle réalité ou risquer une escalade nucléaire.
2029. Dans trois ans. Trois petites années. Et l’Allemagne, et l’Europe, et l’OTAN se préparent à une guerre qui pourrait redéfinir l’ordre mondial. Je regarde cette date et je me demande : sommes-nous prêts ? Avons-nous conscience de ce qui se joue ? Ou continuons-nous à vivre dans l’illusion que la paix en Europe est acquise pour toujours ?
La Russie se prépare à une guerre totale
Les signaux sont partout. La Russie augmente ses dépenses militaires. Elle mobilise son industrie de défense. Elle renforce ses positions sur le flanc occidental. Elle multiplie les exercices militaires à grande échelle. Elle teste ses capacités de guerre électronique, de cyberguerre, de guerre de l’information. Elle ne cache plus ses ambitions. Elle ne dissimule plus ses préparatifs. Elle se prépare ouvertement à une guerre totale contre l’OTAN.
Et pendant ce temps, l’Europe se réveille lentement. Trop lentement. L’Allemagne augmente son budget de défense. Elle modernise sa Bundeswehr. Elle renforce ses capacités de défense territoriale. Mais est-ce suffisant ? Le document OPLAN suggère que non. Il appelle à une coordination sans précédent entre les acteurs civils et militaires. Il exige une mobilisation de toute la société allemande. Il demande aux entreprises privées, aux opérateurs d’infrastructures, aux autorités locales de se préparer à jouer un rôle dans la défense nationale.
Parce que la guerre moderne ne se limite plus aux champs de bataille. Elle se joue dans les réseaux électriques, dans les systèmes de communication, dans les chaînes d’approvisionnement, dans l’opinion publique. Et l’Allemagne, avec son économie interconnectée, ses infrastructures sophistiquées, sa société ouverte, est particulièrement vulnérable. Moscou le sait. Et Moscou en profite.
Les attaques hybrides — La première phase du conflit
Cyberattaques, sabotage, désinformation
Les attaques hybrides ne sont pas un concept abstrait. Ce sont des opérations concrètes, menées quotidiennement contre l’Allemagne et ses alliés. Cyberattaques contre les institutions gouvernementales. Sabotage d’infrastructures critiques. Campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. Espionnage industriel. Infiltration d’agents. Intimidation de personnalités politiques. Tout est fait pour affaiblir, déstabiliser, diviser.
Le ministre de l’Intérieur allemand, Alexander Dobrindt, a décrit l’Allemagne comme une cible quotidienne de la guerre hybride. Les services de renseignement allemands documentent une augmentation constante des activités russes sur le territoire allemand. Espionnage par le service de renseignement extérieur russe, le SVR. Cyberattaques par les groupes de hackers liés au GRU, le renseignement militaire russe. Campagnes d’influence orchestrées par l’IRA, l’agence de propagande russe.
Et ce n’est pas limité à l’Allemagne. Toute l’Europe est touchée. La Pologne a été inondée de ballons équipés de GPS en provenance de Biélorussie. La Lettonie a terminé la construction d’une clôture de 280 kilomètres pour se protéger de la Russie. La Roumanie a découvert un vaste réseau de trafic de passeports permettant à des milliers de Russes d’accéder à l’Union européenne. Partout, les signaux d’alarme se multiplient. Partout, la pression russe s’intensifie.
Je lis ces rapports et je ressens un mélange de colère et d’impuissance. Colère parce que nous savons ce qui se passe. Nous voyons les attaques. Nous identifions les responsables. Et pourtant, nous semblons incapables de les arrêter. Impuissance parce que la guerre hybride est insaisissable. Comment riposter à un incendie criminel revendiqué par un groupe d’activistes ? Comment punir une cyberattaque dont l’attribution est complexe ? Comment contrer une campagne de désinformation qui se propage comme un virus ?
Tester les failles avant de frapper
Le document OPLAN est clair : les attaques hybrides servent à explorer les maillons faibles de la coopération gouvernementale et à déstabiliser les citoyens. Ce ne sont pas des actions aléatoires. Ce sont des opérations planifiées, coordonnées, exécutées avec précision. Chaque attaque est un test. Chaque incident est une leçon. Moscou observe. Moscou analyse. Moscou apprend.
Quand un incendie criminel plonge 45 000 foyers berlinois dans le noir, Moscou observe la réaction des autorités. Combien de temps faut-il pour rétablir l’électricité ? Comment les citoyens réagissent-ils ? Y a-t-il de la panique ? De la colère ? De la résignation ? Les autorités locales et fédérales coordonnent-elles efficacement ? Les médias relaient-ils l’information de manière responsable ou amplifient-ils le chaos ?
Chaque réponse, chaque faille, chaque hésitation est notée. Et lorsque le moment viendra, lorsque Moscou décidera de frapper pour de bon, toutes ces informations seront utilisées. Les points faibles seront ciblés. Les vulnérabilités seront exploitées. Les hésitations seront punies. C’est la logique implacable de la guerre hybride : préparer le terrain avant de lancer l’assaut final.
L'infrastructure allemande sous pression
Énergie, transport, communications — tout est vulnérable
L’Allemagne est une puissance économique. Une nation industrielle. Un pays interconnecté. Et c’est précisément ce qui la rend vulnérable. Ses réseaux électriques sont sophistiqués mais complexes. Ses voies de communication sont denses mais fragiles. Ses systèmes de transport sont efficaces mais dépendants de multiples points de passage. Frapper l’un de ces points, c’est créer un effet domino.
L’attaque de Berlin en est l’illustration parfaite. Un seul pont de câbles détruit. Un seul point de défaillance. Et 45 000 foyers se retrouvent sans électricité. Imaginez maintenant une attaque coordonnée sur plusieurs sites simultanément. Plusieurs ponts de câbles. Plusieurs centrales électriques. Plusieurs nœuds de communication. Le chaos serait total. Les autorités seraient débordées. Les citoyens seraient paniqués. Et c’est exactement ce que Moscou cherche à provoquer.
Le maire de Berlin, Kai Wegner, a appelé à des discussions avec le gouvernement fédéral pour mieux protéger les infrastructures critiques de la capitale. Mais comment protéger des milliers de kilomètres de câbles électriques ? Comment sécuriser des centaines de ponts, de tunnels, de stations de transformation ? Comment surveiller des milliers de sites potentiellement vulnérables ? C’est un défi colossal. Et l’Allemagne n’a pas le luxe du temps.
Je pense à la complexité de cette tâche et je me sens écrasé. Protéger une nation entière contre des attaques hybrides, c’est comme essayer de boucher des milliers de trous dans une digue pendant que l’eau monte. On peut en colmater quelques-uns. Mais on ne peut pas tous les boucher. Et Moscou le sait. C’est pour ça que cette stratégie est si efficace. Elle exploite notre vulnérabilité structurelle.
La protection des infrastructures critiques
L’Allemagne n’est pas passive. Elle réagit. Elle renforce ses défenses. Elle investit dans la cybersécurité. Elle forme ses forces de sécurité intérieure. Elle coordonne avec ses partenaires européens et de l’OTAN. Mais est-ce suffisant ? Le document OPLAN suggère que beaucoup reste à faire. Il appelle à une mobilisation sans précédent de tous les acteurs de la société.
Les opérateurs d’infrastructures critiques doivent renforcer leurs protocoles de sécurité. Les entreprises privées doivent intégrer la résilience dans leurs modèles d’affaires. Les autorités locales doivent se préparer à gérer des crises multiples simultanément. Les citoyens doivent être informés, préparés, résilients. Parce que la prochaine attaque ne sera pas un incident isolé. Ce sera une vague. Une tempête. Un assaut coordonné visant à paralyser le pays.
Et pendant ce temps, les forces de sécurité intérieure allemandes se voient confier un rôle élargi. Protéger les infrastructures critiques. Sécuriser les mouvements de troupes à travers le territoire allemand. Soutenir le maintien des fonctions étatiques pendant que les forces de combat se déploient ailleurs. C’est une transformation majeure. L’Allemagne n’est plus seulement un pays en paix qui maintient une armée pour la dissuasion. L’Allemagne se prépare activement à la guerre.
Le rôle stratégique de l'Allemagne dans l'OTAN
Plaque tournante de la défense européenne
Si un conflit éclate entre l’OTAN et la Russie, l’Allemagne ne sera pas un spectateur. Elle sera au cœur de l’action. Pas sur la ligne de front. Mais en arrière, là où se joue la logistique, le ravitaillement, le déploiement des renforts. Sans l’Allemagne, l’OTAN ne peut pas défendre l’Europe de l’Est. C’est aussi simple que ça. Et Moscou le sait.
Le document OPLAN détaille comment l’Allemagne organiserait le transit de centaines de milliers de soldats de l’OTAN vers le flanc oriental de l’Alliance. Routes, voies ferrées, aéroports, ports. Tout doit être coordonné. Tout doit fonctionner. Parce qu’un retard, une panne, un sabotage pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Si les renforts n’arrivent pas à temps, si les lignes d’approvisionnement sont coupées, si la logistique s’effondre, la défense de l’Europe de l’Est devient impossible.
Et c’est précisément pour ça que Moscou cible l’Allemagne. Pas pour la conquérir. Pas pour l’occuper. Mais pour la paralyser. Pour faire en sorte que lorsque le moment viendra, l’Allemagne soit trop désorganisée, trop affaiblie, trop chaotique pour jouer son rôle. Paralyser l’Allemagne, c’est paralyser l’OTAN. Et paralyser l’OTAN, c’est ouvrir la voie à une victoire russe en Europe de l’Est.
800 000 soldats à déployer vers l’Est
Le chiffre est vertigineux. 800 000 soldats. C’est le nombre de troupes de l’OTAN que l’Allemagne devrait aider à déployer vers l’Europe de l’Est en cas de conflit majeur. 800 000 hommes et femmes. Avec leur équipement. Leurs véhicules. Leurs munitions. Leur ravitaillement. Tout doit transiter par l’Allemagne. Et tout doit arriver à destination. Rapidement. Efficacement.
C’est un défi logistique colossal. Et c’est un défi que l’Allemagne prend très au sérieux. Le document OPLAN détaille les plans de coordination entre les autorités civiles et militaires. Les réseaux de transport doivent être sécurisés. Les points de passage doivent être protégés. Les stocks de carburant, de nourriture, de matériel médical doivent être constitués. Les hôpitaux doivent se préparer à recevoir des blessés. Les autorités locales doivent être prêtes à gérer des afflux massifs de troupes.
Je lis ces chiffres et je réalise l’ampleur de ce qui se prépare. 800 000 soldats. C’est plus que la population de plusieurs villes allemandes. C’est une armée entière qui doit traverser le pays. Et tout ça doit se faire dans le chaos d’un conflit en cours, sous la menace d’attaques hybrides et conventionnelles. C’est un cauchemar logistique. Et c’est la réalité à laquelle l’Allemagne se prépare.
Les signaux d'alarme se multiplient
Espionnage, intimidation, provocations
Les attaques hybrides ne se limitent pas au sabotage d’infrastructures. Elles prennent mille formes. Espionnage industriel. Infiltration d’agents dans les institutions gouvernementales. Intimidation de personnalités politiques. Provocations militaires. Violations de l’espace aérien. Incursions maritimes. Tout est fait pour tester, provoquer, déstabiliser.
Les services de renseignement allemands ont documenté une augmentation constante des activités d’espionnage russe sur le territoire allemand. Des agents du SVR, le service de renseignement extérieur russe, opèrent en Allemagne. Ils recueillent des informations sur les infrastructures critiques, les installations militaires, les personnalités politiques. Ils identifient des cibles potentielles. Ils préparent le terrain pour de futures opérations.
Et ce n’est pas tout. Des groupes de hackers liés au GRU, le renseignement militaire russe, mènent des cyberattaques contre des institutions allemandes. Des campagnes de désinformation orchestrées par l’IRA, l’agence de propagande russe, visent à semer la division dans la société allemande. Des provocations militaires russes testent les temps de réaction de l’OTAN. Tout est coordonné. Tout est planifié. Tout vise à affaiblir l’Allemagne et l’OTAN.
Le ministre de l’Intérieur sonne l’alerte
Alexander Dobrindt ne mâche pas ses mots. Le ministre de l’Intérieur allemand a déclaré que l’Allemagne est une cible quotidienne de la guerre hybride. Il a parlé du retour du terrorisme d’extrême gauche avec une intensité croissante. Il a appelé à une vigilance accrue. Il a exigé des moyens supplémentaires pour protéger les infrastructures critiques. Il a sonné l’alarme. Fort. Clair.
Mais est-ce suffisant ? Les autorités allemandes sont-elles prêtes à faire face à une escalade ? Ont-elles les moyens, les ressources, la coordination nécessaires pour contrer une offensive hybride massive ? Le document OPLAN suggère que beaucoup reste à faire. Il appelle à une transformation profonde de la manière dont l’Allemagne pense sa sécurité. Il exige une mobilisation de toute la société. Il demande aux citoyens de se préparer à vivre dans un environnement de menace permanente.
Je lis les déclarations de Dobrindt et je ressens un mélange de soulagement et d’inquiétude. Soulagement parce qu’enfin, un responsable politique dit les choses clairement. Pas de langue de bois. Pas de minimisation. La menace est réelle. Elle est immédiate. Elle est grave. Mais inquiétude aussi. Parce que si un ministre de l’Intérieur sonne l’alarme avec une telle force, c’est que la situation est vraiment critique.
La réponse allemande — Entre préparation et inquiétude
Renforcer les défenses, protéger les citoyens
L’Allemagne ne reste pas les bras croisés. Elle réagit. Elle investit. Elle se prépare. Le budget de la défense augmente. La Bundeswehr se modernise. Les forces de sécurité intérieure se renforcent. Les protocoles de protection des infrastructures critiques sont révisés. Les exercices de gestion de crise se multiplient. Tout est fait pour être prêt. Mais est-ce suffisant ?
Le document OPLAN appelle à une coordination sans précédent entre les acteurs civils et militaires. Les ministères doivent travailler ensemble. Les autorités fédérales, régionales et locales doivent se coordonner. Les entreprises privées doivent intégrer la résilience dans leurs modèles d’affaires. Les citoyens doivent être informés, préparés, résilients. C’est une transformation culturelle. Une révolution dans la manière dont l’Allemagne pense sa sécurité.
Et pendant ce temps, les autorités allemandes multiplient les appels à la vigilance. Elles demandent aux citoyens de signaler toute activité suspecte. Elles encouragent les entreprises à renforcer leurs protocoles de cybersécurité. Elles exhortent les opérateurs d’infrastructures critiques à investir dans la protection physique de leurs installations. Tout le monde doit contribuer. Parce que la menace ne concerne pas seulement l’armée ou les services de renseignement. Elle concerne toute la société.
Un pays qui se réveille face à la menace
Pendant des décennies, l’Allemagne a vécu dans l’illusion que la paix en Europe était acquise. Que les guerres appartenaient au passé. Que la diplomatie et le commerce suffiraient à garantir la sécurité. Cette illusion est en train de se briser. L’Allemagne se réveille. Et ce réveil est brutal.
Les citoyens allemands commencent à réaliser que leur pays est en première ligne. Que les attaques hybrides ne sont pas des incidents lointains. Qu’elles se produisent ici, maintenant, dans leurs villes, dans leurs quartiers. Que la menace russe n’est pas une abstraction géopolitique. Qu’elle est concrète, immédiate, tangible. Et cette prise de conscience change tout.
Les débats politiques évoluent. Les priorités budgétaires changent. Les investissements dans la défense augmentent. Les discussions sur la sécurité nationale deviennent centrales. L’Allemagne, ce pays qui a passé des décennies à éviter toute posture militaire agressive, est en train de se transformer. Pas par choix. Par nécessité. Parce que la menace est là. Et elle ne va pas disparaître.
Je regarde cette transformation et je ressens une profonde tristesse. Tristesse parce que l’Allemagne, ce pays qui a tant fait pour promouvoir la paix en Europe, est forcée de se préparer à la guerre. Tristesse parce que les leçons du XXe siècle, ces leçons si durement apprises, semblent oubliées. Tristesse parce que nous sommes en train de revivre ce que nos grands-parents ont vécu. Et nous pensions que c’était fini.
L'Europe dans la ligne de mire
L’Allemagne n’est pas seule
L’Allemagne est en première ligne. Mais elle n’est pas seule. Toute l’Europe est dans la ligne de mire de Moscou. La Pologne subit des provocations constantes. Les pays baltes vivent sous la menace permanente. La Roumanie fait face à des tentatives d’infiltration. La Finlande et la Suède, nouvelles membres de l’OTAN, renforcent leurs défenses. Partout, la pression russe s’intensifie.
La Lettonie a terminé la construction d’une clôture de 280 kilomètres le long de sa frontière avec la Russie. Un mur physique pour se protéger d’une menace bien réelle. La Pologne a été inondée de ballons équipés de GPS en provenance de Biélorussie. Une provocation. Un test. Un message. La Roumanie a découvert un vaste réseau de trafic de passeports permettant à des milliers de Russes d’accéder à l’Union européenne. Une infiltration. Une menace. Une vulnérabilité.
Et pendant ce temps, les cyberattaques se multiplient. Les campagnes de désinformation se propagent. Les provocations militaires s’intensifient. Moscou teste. Moscou provoque. Moscou prépare. Et l’Europe, lentement, se réveille. Trop lentement peut-être. Mais elle se réveille.
Une guerre hybride à l’échelle continentale
Ce que subit l’Allemagne, c’est ce que subit toute l’Europe. Une guerre hybride à l’échelle continentale. Une guerre qui ne dit pas son nom mais qui frappe partout. Dans les réseaux électriques. Dans les systèmes de communication. Dans les institutions démocratiques. Dans l’opinion publique. Une guerre insidieuse, sournoise, difficile à combattre.
Parce que comment riposter à une cyberattaque dont l’attribution est complexe ? Comment punir un acte de sabotage revendiqué par un groupe d’activistes ? Comment contrer une campagne de désinformation qui se propage comme un virus sur les réseaux sociaux ? Les outils traditionnels de la guerre ne fonctionnent pas. Les réponses conventionnelles sont inadaptées. Et Moscou le sait. C’est pour ça que cette stratégie est si efficace.
Mais l’Europe apprend. Elle s’adapte. Elle développe de nouvelles capacités. Elle renforce sa coopération. Elle partage ses renseignements. Elle coordonne ses réponses. Lentement, l’Europe construit une résilience face à la guerre hybride. Mais sera-ce suffisant ? Sera-ce assez rapide ? Le document OPLAN suggère que le temps presse. Que 2029 n’est pas si loin. Que la fenêtre pour se préparer se referme.
Je regarde l’Europe et je vois un continent qui se prépare à la guerre. Pas une guerre comme celles du passé. Une guerre nouvelle. Une guerre hybride. Une guerre qui se joue dans les ombres, dans les réseaux, dans les esprits. Et je me demande : sommes-nous prêts ? Avons-nous la résilience nécessaire ? Ou allons-nous découvrir, trop tard, que nous avons sous-estimé la menace ?
Le compte à rebours a commencé
2029 n’est pas si loin
2029. Trois ans. Trois petites années. C’est le délai que les services de renseignement allemands donnent à la Russie pour développer les capacités nécessaires à une guerre à grande échelle contre l’OTAN. Trois ans pour se préparer. Trois ans pour renforcer les défenses. Trois ans pour coordonner les réponses. Trois ans pour mobiliser les sociétés. Trois ans, c’est à la fois beaucoup et très peu.
Beaucoup parce que trois ans, c’est suffisant pour transformer des armées, moderniser des équipements, former des troupes, construire des infrastructures. Beaucoup parce que trois ans, c’est le temps de prendre conscience de la menace, de mobiliser les ressources, de coordonner les efforts. Beaucoup parce que trois ans, c’est une fenêtre d’opportunité pour se préparer.
Mais très peu aussi. Très peu parce que transformer une société prend du temps. Très peu parce que construire une résilience face à la guerre hybride demande des années. Très peu parce que coordonner 30 pays membres de l’OTAN, avec leurs intérêts divergents, leurs priorités différentes, leurs capacités variées, c’est un défi colossal. Très peu parce que le temps file. Et Moscou ne l’ignore pas.
L’heure des choix difficiles
L’Allemagne est à un carrefour. Elle peut continuer à vivre dans l’illusion que la diplomatie suffira. Qu’un compromis est possible. Que la paix peut être préservée par la bonne volonté. Ou elle peut regarder la réalité en face. Accepter que la menace est réelle. Que Moscou se prépare à la guerre. Que l’Europe doit se préparer aussi. C’est l’heure des choix difficiles.
Investir massivement dans la défense. Renforcer les infrastructures critiques. Coordonner avec les alliés de l’OTAN. Mobiliser la société. Préparer les citoyens. Tout ça a un coût. Un coût financier. Un coût politique. Un coût social. Mais ne rien faire a un coût aussi. Un coût bien plus élevé. Le coût de l’impréparation. Le coût de la vulnérabilité. Le coût de la défaite.
L’attaque de Berlin n’est qu’un avertissement. Un signal. Un test. La prochaine fois, ce sera plus grave. Plus coordonné. Plus dévastateur. Et si l’Allemagne, si l’Europe, si l’OTAN ne sont pas prêtes, les conséquences seront catastrophiques. Le document OPLAN le dit clairement : la Russie se prépare à une guerre. L’Allemagne doit se préparer aussi.
Je termine cet article et je ressens un mélange d’émotions. Peur pour ce qui vient. Colère contre ceux qui nous ont menés là. Espoir que nous saurons nous préparer. Détermination à ne pas baisser les bras. Parce que c’est ça, finalement, le message de ce document OPLAN. Ce n’est pas un message de défaitisme. C’est un message de lucidité. La menace est réelle. Mais nous pouvons nous préparer. Nous pouvons résister. Nous pouvons vaincre. À condition d’agir. Maintenant.
Sources
Euromaidan Press – « Russia is targeting Germany already — and Berlin believes worse is coming » – 5 janvier 2026 – https://euromaidanpress.com/2026/01/05/russia-is-targeting-germany-already-and-berlin-believes-worse-is-coming/
Politico EU – « New German military plan views foreign sabotage as preparation for war » – 30 décembre 2025 – https://www.politico.eu/article/germany-new-military-plan-foreign-sabotage-hybrid-attacks-as-preparation-for-war/
Reuters – « Berlin mayor warns on infrastructure after power station attack » – 5 janvier 2026 – https://www.reuters.com/world/berlin-mayor-warns-infrastructure-after-power-station-attack-2026-01-05/
Bloomberg – « Germany Sees Russian Covert Attacks as Prelude to Wider Conflict » – 5 janvier 2026 – https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-01-05/germany-sees-russian-covert-attacks-as-prelude-to-wider-conflict