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Berlin dans le viseur : l’Allemagne se prépare à la guerre hybride de Poutine
Crédit: Adobe Stock

45 000 foyers dans le noir glacial

Samedi 3 janvier 2026, 3 heures du matin. Un incendie se déclare sur un pont de câbles au-dessus d’un canal dans le sud-ouest de Berlin. Les flammes dévorent les conduits électriques. En quelques minutes, 45 000 foyers se retrouvent sans électricité. Plus de 2 000 entreprises également. Pas de chauffage. Pas de lumière. Pas de connexion mobile. Les hôpitaux basculent sur leurs générateurs de secours. Les trains s’arrêtent. Les quartiers aisés de Zehlendorf et Wannsee sont plongés dans l’obscurité.

Ce n’est pas un accident. C’est un acte de sabotage délibéré. Un incendie criminel. Une attaque coordonnée contre l’infrastructure énergétique de la capitale allemande. Trois jours plus tard, des dizaines de milliers de Berlinois sont toujours sans électricité. Les autorités annoncent que le rétablissement complet ne sera pas effectif avant jeudi après-midi. En plein hiver. Avec des températures négatives. Des familles qui grelottent dans le noir. Des personnes âgées isolées. Des entreprises paralysées.

Je pense à ces gens. À ces familles qui se réveillent dans le froid. Qui ne peuvent pas faire chauffer un café. Qui ne peuvent pas recharger leur téléphone. Qui ne savent pas quand la lumière reviendra. Et je me dis : c’est ça, la guerre hybride. Ce n’est pas spectaculaire. Ce n’est pas des explosions et des sirènes. C’est insidieux. C’est sournois. C’est une violence qui s’infiltre dans le quotidien et qui brise la normalité.

Le groupe Volcano revendique, mais qui tire les ficelles ?

Le groupe Volcano, une organisation d’extrême gauche, revendique l’attaque. Ils se présentent comme des activistes écologistes opposés à l’industrie des énergies fossiles. Ils ont déjà frappé par le passé. En 2024, ils avaient revendiqué un incendie criminel près de l’usine Tesla à Berlin. Leur rhétorique est claire : ils luttent contre le capitalisme, contre l’industrie, contre le système. Mais voilà le problème : leurs actions servent parfaitement les intérêts de Moscou.

Le ministre de l’Intérieur allemand, Alexander Dobrindt, ne mâche pas ses mots. Il parle de terrorisme d’extrême gauche. Il affirme que ce type d’attaques revient en Allemagne avec une intensité croissante. Mais il va plus loin. Il souligne que l’Allemagne est devenue une cible quotidienne de la guerre hybride. Espionnage russe, cyberattaques, campagnes d’influence, sabotage. Tout se mélange. Tout se confond. Et c’est précisément l’objectif : brouiller les pistes, créer le doute, empêcher l’attribution claire des responsabilités.

Volcano est-il manipulé par Moscou ? Financé ? Instrumentalisé ? Ou simplement utilisé comme couverture ? Les autorités allemandes ne le disent pas ouvertement. Mais le maire de Berlin, Kai Wegner, est catégorique : les infrastructures critiques de la capitale doivent être mieux protégées. Il annonce des discussions avec le gouvernement fédéral. Parce que Berlin n’est pas une ville comme les autres. C’est la capitale. C’est un symbole. Et c’est une cible.

Sources

Euromaidan Press – « Russia is targeting Germany already — and Berlin believes worse is coming » – 5 janvier 2026 – https://euromaidanpress.com/2026/01/05/russia-is-targeting-germany-already-and-berlin-believes-worse-is-coming/

Politico EU – « New German military plan views foreign sabotage as preparation for war » – 30 décembre 2025 – https://www.politico.eu/article/germany-new-military-plan-foreign-sabotage-hybrid-attacks-as-preparation-for-war/

Reuters – « Berlin mayor warns on infrastructure after power station attack » – 5 janvier 2026 – https://www.reuters.com/world/berlin-mayor-warns-infrastructure-after-power-station-attack-2026-01-05/

Bloomberg – « Germany Sees Russian Covert Attacks as Prelude to Wider Conflict » – 5 janvier 2026 – https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-01-05/germany-sees-russian-covert-attacks-as-prelude-to-wider-conflict

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