Un leader qui refuse la célébrité mais gagne le respect
À la tête de cette brigade se trouve un homme qui préfère l’ombre à la lumière : le lieutenant-colonel Oleg Huyt, nom de code « Khasan ». Contrairement à d’autres commandants ukrainiens qui cultivent leur image médiatique, Khasan évite les projecteurs. Pas de grandes interviews. Pas de déclarations tonitruantes. Juste des résultats. Et dans une guerre où la propagande russe cherche constamment à identifier et cibler les leaders ukrainiens, cette discrétion n’est pas de la timidité. C’est de la survie.
Les Forces des systèmes sans pilote le décrivent comme un commandant obsédé par deux priorités : la sécurité du personnel et la réussite des missions de combat. Pas de gloire personnelle. Pas de statistiques gonflées pour impressionner les médias. Juste l’efficacité brute. Sous son commandement, Rarog a développé une réputation au sein de la communauté militaire ukrainienne : quand Rarog intervient, l’ennemi perd du matériel. Beaucoup de matériel.
Une vision stratégique : former, innover, frapper
Mais Khasan ne se contente pas de diriger des opérations. Il construit une infrastructure. Pendant que ses drones frappent les positions russes, il développe en parallèle une école de formation de pilotes, des ateliers, des laboratoires. L’objectif : créer un écosystème autonome capable de former ses propres spécialistes, d’améliorer ses propres technologies, de répondre à ses propres besoins sans dépendre de la bureaucratie militaire centrale.
Cette approche explique en partie la montée en puissance fulgurante de Rarog. Là où d’autres unités attendent des semaines pour recevoir du matériel ou des renforts, Rarog produit ses propres solutions. Les drones ne fonctionnent pas comme prévu ? Les techniciens de Rarog les modifient. Les pilotes manquent d’expérience ? L’école de Rarog les forme. Les tactiques russes évoluent ? Les laboratoires de Rarog développent de nouvelles contre-mesures.
C’est ça, le génie de Khasan. Il ne dirige pas une unité militaire traditionnelle. Il dirige une startup de guerre. Agile. Innovante. Capable de pivoter en quelques jours là où l’armée conventionnelle mettrait des mois. Et dans une guerre moderne où la technologie évolue plus vite que les doctrines militaires, cette agilité vaut de l’or.
La guerre des drones : une révolution tactique en temps réel
Quand les drones commerciaux deviennent des armes létales
L’arsenal de Rarog ressemble à un catalogue de drones commerciaux détournés de leur usage initial. Des DJI Mavic chinois transformés en bombardiers de précision. Des drones FPV (First Person View) pilotés comme des jeux vidéo mais transportant des charges explosives. Des drones lourds baptisés Vampire, Kazhan, Nemesis, Heavyshot, capables de larguer des bombes incendiaires ou de transporter du matériel vers les lignes de front.
Le 22 juillet 2025, Rarog utilise des drones Vampire pour larguer des bombes incendiaires sur des positions russes. Les images sont spectaculaires : des bouteilles en plastique remplies de liquide inflammable explosent au contact du sol, transformant des tranchées en brasiers. Le 4 août 2025, un drone Rarog détruit un lance-roquettes multiple thermobarique TOS-1A « Solntsepek », l’une des armes les plus redoutées de l’arsenal russe, capable de raser des quartiers entiers.
Les cibles de prestige : quand Rarog frappe fort
Mais Rarog ne se contente pas de détruire des chars et des positions d’artillerie. L’unité cible également des équipements rares et coûteux, infligeant des pertes stratégiques à l’armée russe. Le 25 mars 2025, un drone détruit un véhicule blindé de récupération BREM-1. Le 2 avril, c’est un véhicule blindé de défense NRBC RKhM-4 qui explose. Le 12 mai, un radar Garmon et ses antennes auxiliaires sont pulvérisés, aveuglant temporairement la défense aérienne russe dans la zone.
Le 18 mai 2025, Rarog accomplit un exploit rare : la destruction d’un véhicule blindé Vystrel, l’un des équipements les plus rares de l’armée russe. Quelques semaines plus tard, le 3 mai, un drone frappe même un tracteur blindé T-40 transportant du bois, prouvant que rien n’échappe à la surveillance de Rarog. Chaque cible détruite n’est pas qu’une victoire tactique. C’est un message : nulle part n’est sûr pour les forces russes.
Je lis ces rapports et je réalise à quel point la guerre a changé. Il y a dix ans, détruire un char nécessitait un missile antichar coûteux ou un autre char. Aujourd’hui, un drone à 500 dollars piloté par un soldat à 20 kilomètres du front peut anéantir un T-90 à 4 millions de dollars. L’asymétrie est totale. Et l’Ukraine l’a compris avant la Russie.
L'innovation au cœur de la stratégie : laboratoires et ateliers de guerre
Une infrastructure autonome pour une guerre d’innovation
Ce qui distingue Rarog des autres unités de drones, c’est son infrastructure d’innovation. Pendant que d’autres brigades attendent que l’état-major leur fournisse du matériel, Rarog construit ses propres capacités. L’unité dispose de laboratoires où des ingénieurs testent de nouvelles configurations de drones, de nouveaux types de charges explosives, de nouvelles tactiques de frappe. Elle possède des ateliers où des techniciens réparent, modifient et améliorent les drones entre les missions.
Cette approche permet à Rarog de s’adapter en temps réel aux évolutions du champ de bataille. Les Russes installent de nouveaux systèmes de brouillage électronique ? Les ingénieurs de Rarog développent des contre-mesures. Les défenses aériennes russes deviennent plus efficaces ? Les techniciens de Rarog modifient les trajectoires de vol et les profils d’attaque. L’ennemi change de tactique ? Rarog change de tactique plus vite.
L’école de pilotes : former la prochaine génération
Mais l’innovation technologique ne suffit pas sans opérateurs qualifiés. C’est pourquoi Rarog a créé sa propre école de formation de pilotes de drones. Contrairement aux formations militaires traditionnelles qui peuvent durer des mois, l’école Rarog forme des pilotes opérationnels en quelques semaines. La méthode : immersion totale, simulation intensive, puis déploiement progressif sur le terrain sous supervision d’opérateurs expérimentés.
Le 30 juin 2025, Rarog franchit une nouvelle étape en créant la première unité entièrement féminine d’interception de drones des Forces armées ukrainiennes. Ces femmes ne pilotent pas des drones d’attaque. Elles chassent les drones russes, les interceptent, les neutralisent. C’est une première dans l’histoire militaire ukrainienne, et elle prouve que Rarog ne se contente pas de suivre les tendances. L’unité les crée.
Cette école, ces laboratoires, ces ateliers — c’est ça qui me fascine. Rarog ne combat pas seulement une guerre. L’unité construit l’avenir de la guerre. Et quand ce conflit sera terminé, l’Ukraine aura une génération entière de soldats, d’ingénieurs, de pilotes qui auront réinventé le combat moderne. La Russie aura des généraux qui lisent encore Clausewitz. L’Ukraine aura des vétérans qui ont écrit le nouveau manuel.
Les batailles qui ont forgé la légende
Bakhmut : le baptême du feu
Tout commence à Bakhmut, cette ville du Donbass qui devient en 2023 le symbole de la résistance ukrainienne. Pendant des mois, les forces russes et les mercenaires du groupe Wagner pilonnent la ville, avancent rue par rue, immeuble par immeuble. Les pertes sont effroyables des deux côtés. C’est dans ce chaos que la compagnie Rarog fait ses premières armes. Pas de grandes offensives spectaculaires. Juste du travail méthodique : identifier les positions russes, les frapper avec des drones, recommencer.
Le 13 juillet 2023, un drone Rarog détruit un char T-90 russe. Pour beaucoup d’observateurs, c’est une anecdote. Pour Rarog, c’est la preuve que la méthode fonctionne. Les chars russes, ces monstres d’acier qui terrorisent les fantassins, peuvent être détruits par des drones pilotés depuis des positions sécurisées. Le rapport coût-efficacité est écrasant : un drone à quelques centaines de dollars contre un char à plusieurs millions. L’asymétrie est totale.
Chasiv Yar : quand les drones deviennent décisifs
Mais c’est à Chasiv Yar que Rarog prouve sa valeur stratégique. Après la chute de la ville en février 2025, les forces russes lancent une offensive massive vers Pokrovsk. Une colonne de plus de 25 véhicules et des centaines de soldats avance, confiante. Les Russes pensent que la route est ouverte. Ils se trompent. Les drones « road cutter » de Rarog, ces engins capables de frapper des véhicules en mouvement sur les routes, transforment l’offensive en piège mortel.
Combinés à l’artillerie et à l’infanterie de la 24e brigade mécanisée, les drones Rarog détruisent 14 véhicules et tuent au moins 33 soldats russes. La colonne russe s’arrête. L’offensive est brisée. Les survivants battent en retraite. Ce n’est pas une victoire symbolique. C’est une victoire tactique qui sauve des vies ukrainiennes et ralentit l’avancée russe. Et c’est Rarog qui a fait la différence.
Je pense à ces 33 soldats russes morts sur cette route. Je ne les célèbre pas. Mais je ne les pleure pas non plus. Ils sont venus envahir un pays souverain. Ils sont venus tuer des Ukrainiens. Et ils ont trouvé des Ukrainiens qui savent se défendre. C’est brutal. C’est terrible. Mais c’est la guerre. Et dans cette guerre, Rarog sauve des vies ukrainiennes en prenant des vies russes.
L'expansion : de régiment à brigade
Une croissance organique basée sur les résultats
L’expansion de Rarog n’est pas le fruit d’une décision bureaucratique. C’est une reconnaissance de l’efficacité. Quand une compagnie détruit plus de matériel ennemi qu’un bataillon conventionnel, elle devient bataillon. Quand un bataillon accomplit des missions de niveau régimentaire, il devient régiment. Et quand un régiment prouve qu’il peut opérer à l’échelle d’une brigade, il devient brigade. C’est une logique implacable, basée sur les performances, pas sur l’ancienneté ou les connexions politiques.
Le 3 janvier 2026, l’annonce officielle tombe : le 427e régiment Rarog devient la 427e brigade Rarog. Les Forces des systèmes sans pilote justifient cette décision par des « indicateurs de performance élevés ». Traduction : Rarog tue plus d’ennemis, détruit plus de matériel, accomplit plus de missions que n’importe quelle autre unité de drones. L’expansion n’est pas une récompense. C’est une nécessité opérationnelle.
Les défis de la croissance rapide
Mais passer de régiment à brigade en moins d’un an pose des défis immenses. Une brigade nécessite plus de personnel, plus de matériel, plus de coordination, plus de logistique. Il faut former des centaines de nouveaux pilotes, intégrer de nouveaux drones, développer de nouvelles tactiques, coordonner avec d’autres unités. Et tout cela doit se faire pendant que la guerre continue, pendant que les missions s’enchaînent, pendant que l’ennemi ne dort jamais.
C’est là que l’infrastructure de Rarog devient cruciale. L’école de pilotes forme les nouveaux arrivants. Les ateliers produisent et réparent les drones. Les laboratoires développent les nouvelles technologies. Et le commandant Khasan orchestre tout cela avec une efficacité qui force le respect. Rarog ne grandit pas par décret. Rarog grandit parce que l’unité a construit les fondations nécessaires pour soutenir cette croissance.
Je regarde cette expansion et je vois une leçon pour toutes les armées du monde. La bureaucratie militaire traditionnelle est trop lente pour la guerre moderne. Quand il faut six mois pour approuver une promotion ou un an pour valider un nouveau système d’armes, l’ennemi a déjà changé de tactique trois fois. Rarog prouve qu’une autre voie est possible : l’agilité, l’innovation, la méritocratie. Les résultats avant les procédures.
Le projet "Ligne de drones" : une vision nationale
Rarog comme modèle pour l’armée ukrainienne
En février 2025, Rarog devient l’une des unités fondatrices du projet « Ligne de drones » (Liniya Droniv), une initiative nationale visant à transformer l’ensemble de l’armée ukrainienne en force centrée sur les systèmes sans pilote. L’idée : répliquer le modèle Rarog à l’échelle de toute l’armée. Former des milliers de pilotes. Produire des dizaines de milliers de drones. Intégrer les systèmes sans pilote dans toutes les branches militaires.
Le projet « Ligne de drones » regroupe cinq unités d’élite : K-2, Achille, Feniks, Rarog, et Ptahi Madyar. Ensemble, ces unités représentent le fer de lance de la guerre des drones ukrainienne. Elles partagent leurs connaissances, leurs tactiques, leurs innovations. Ce qui fonctionne pour Rarog est testé par Achille. Ce que développe Feniks est adopté par K-2. C’est une approche collaborative qui accélère l’innovation et multiplie l’efficacité.
L’objectif 2026 : 30 000 drones terrestres
L’ambition de l’Ukraine pour 2026 est vertigineuse : déployer 30 000 drones terrestres sur le front. Pas des drones aériens. Des drones terrestres. Des robots capables de transporter du matériel, d’évacuer des blessés, de poser des mines, de détecter des ennemis. L’objectif : réduire l’exposition des soldats ukrainiens au feu ennemi en automatisant les tâches les plus dangereuses.
Rarog joue un rôle central dans cette transformation. L’unité teste de nouveaux types de drones terrestres, développe des tactiques d’utilisation, forme des opérateurs. Ce qui est validé par Rarog est ensuite déployé à l’échelle nationale. C’est une responsabilité immense, mais c’est aussi une reconnaissance : Rarog n’est plus seulement une unité d’élite. C’est un laboratoire d’innovation pour toute l’armée ukrainienne.
30 000 drones terrestres. Je laisse ce chiffre résonner. C’est une armée de robots. Une armée qui ne dort pas, ne mange pas, ne craint pas la mort. Une armée qui peut opérer 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, sans fatigue, sans peur. Si l’Ukraine réussit ce pari, la Russie devra affronter non seulement des soldats ukrainiens, mais aussi des milliers de machines autonomes. Et ça, ça change tout.
La dimension humaine : les hommes et les femmes derrière les drones
Des pilotes qui réinventent le combat
Derrière chaque drone Rarog, il y a un pilote. Souvent jeune. Souvent issu de la génération qui a grandi avec les jeux vidéo et les technologies numériques. Ces pilotes ne ressemblent pas aux soldats traditionnels. Ils ne chargent pas à la baïonnette. Ils ne conduisent pas de chars. Ils sont assis devant des écrans, des manettes entre les mains, et ils pilotent des drones à des kilomètres de distance. Mais ne vous y trompez pas : ce qu’ils font est tout aussi dangereux, tout aussi crucial.
Un pilote de drone FPV doit avoir des réflexes de joueur professionnel, la patience d’un sniper, et le sang-froid d’un chirurgien. Il doit naviguer à travers le brouillage électronique russe, éviter les défenses aériennes, identifier la cible, et frapper avec précision. Une erreur, et le drone est perdu. Une hésitation, et la cible s’échappe. Une mauvaise décision, et des soldats ukrainiens meurent parce que l’artillerie russe n’a pas été neutralisée.
L’unité féminine : briser les barrières
Le 30 juin 2025, Rarog crée la première unité entièrement féminine d’interception de drones des Forces armées ukrainiennes. Ces femmes ne pilotent pas des drones d’attaque. Elles chassent les drones russes. Elles les détectent, les suivent, les interceptent, les neutralisent. C’est un travail qui demande une concentration extrême, des réflexes rapides, et une compréhension profonde de la technologie des drones.
Cette unité féminine n’est pas un coup de communication. C’est une nécessité opérationnelle. L’Ukraine manque de soldats. Chaque personne capable de contribuer à l’effort de guerre doit être mobilisée. Et ces femmes prouvent qu’elles sont tout aussi capables que les hommes de maîtriser les technologies de guerre modernes. Elles ne demandent pas de traitement spécial. Elles veulent juste l’opportunité de défendre leur pays. Et Rarog leur donne cette opportunité.
Je pense à ces femmes qui chassent des drones russes. Je pense à leurs familles, à leurs enfants peut-être, à leurs vies d’avant la guerre. Et je me dis qu’elles n’ont pas choisi cette guerre. Personne en Ukraine n’a choisi cette guerre. Mais maintenant qu’elle est là, elles font ce qu’elles doivent faire. Elles se battent. Elles innovent. Elles survivent. Et elles gagnent.
Les leçons stratégiques : ce que Rarog enseigne au monde
L’asymétrie comme arme absolue
La première leçon de Rarog est simple mais révolutionnaire : l’asymétrie est l’arme absolue. Un drone à 500 dollars peut détruire un char à 4 millions de dollars. Un pilote à 20 kilomètres du front peut anéantir une position d’artillerie qui menace des milliers de soldats. Un opérateur formé en quelques semaines peut accomplir ce qu’un tankiste met des années à maîtriser. L’asymétrie coût-efficacité est écrasante. Et dans une guerre d’attrition, cette asymétrie devient décisive.
La Russie possède plus de chars, plus d’artillerie, plus de soldats. Mais l’Ukraine possède plus de drones, plus d’innovation, plus d’agilité. Et dans la guerre moderne, l’agilité bat la masse. Un char russe détruit ne peut pas être remplacé rapidement. Un drone ukrainien détruit peut être remplacé en quelques jours. L’Ukraine peut se permettre de perdre des drones. La Russie ne peut pas se permettre de perdre des chars.
L’innovation décentralisée comme doctrine
La deuxième leçon de Rarog concerne l’innovation. Les armées traditionnelles innovent de manière centralisée : un état-major décide, des ingénieurs développent, des usines produisent, des unités reçoivent. Ce processus prend des années. Rarog prouve qu’une autre voie existe : l’innovation décentralisée. Les pilotes identifient les problèmes sur le terrain. Les techniciens développent des solutions dans les ateliers. Les ingénieurs testent dans les laboratoires. Les commandants valident. Et tout cela se fait en quelques semaines, pas en quelques années.
Cette approche décentralisée permet à Rarog de s’adapter en temps réel aux évolutions du champ de bataille. Les Russes changent de tactique ? Rarog change de tactique plus vite. Les Russes déploient de nouveaux systèmes de brouillage ? Rarog développe de nouvelles contre-mesures. Les Russes renforcent leurs défenses aériennes ? Rarog modifie ses profils d’attaque. C’est une course permanente, et Rarog court plus vite.
Je regarde les armées occidentales avec leurs budgets de centaines de milliards, leurs programmes d’armement qui durent des décennies, leurs bureaucraties qui étouffent l’innovation. Et je me dis qu’elles devraient toutes envoyer des observateurs chez Rarog. Pas pour copier les tactiques. Pour comprendre la philosophie : agilité, décentralisation, méritocratie, innovation permanente. C’est ça, l’armée du futur. Et l’Ukraine la construit maintenant.
Les défis futurs : maintenir l'excellence dans la croissance
Le risque de la dilution
Mais l’expansion rapide de Rarog pose un défi majeur : comment maintenir l’excellence quand on grandit aussi vite ? Une compagnie d’élite peut sélectionner les meilleurs soldats, les former intensivement, maintenir une culture de performance. Mais une brigade de plusieurs milliers de personnes ? C’est une autre histoire. Le risque de dilution est réel. Les nouveaux arrivants n’ont pas l’expérience des vétérans. Les nouvelles recrues n’ont pas vécu Bakhmut ou Chasiv Yar. Comment transmettre la culture Rarog à des milliers de nouveaux soldats ?
La réponse de Rarog : l’infrastructure. L’école de pilotes ne forme pas seulement des techniciens. Elle transmet une culture, une philosophie, une manière de penser. Les vétérans encadrent les nouveaux. Les missions sont progressives : d’abord l’observation, puis l’appui, enfin l’attaque. Chaque pilote doit prouver sa valeur avant de recevoir des missions critiques. C’est une approche méritocratique qui garantit que seuls les meilleurs opèrent sur les cibles les plus importantes.
L’adaptation constante face à un ennemi qui apprend
L’autre défi majeur est l’adaptation de l’ennemi. Les Russes ne sont pas stupides. Ils observent. Ils apprennent. Ils s’adaptent. Après avoir perdu des dizaines de chars face aux drones Rarog, ils renforcent leurs défenses aériennes. Ils déploient plus de systèmes de brouillage électronique. Ils camouflent mieux leurs positions. Ils dispersent leurs forces. Chaque victoire ukrainienne force les Russes à évoluer. Et Rarog doit évoluer encore plus vite.
C’est une course permanente. Les laboratoires Rarog développent de nouveaux types de drones. Les ingénieurs testent de nouvelles charges explosives. Les pilotes expérimentent de nouvelles tactiques. Les commandants analysent chaque mission, identifient ce qui fonctionne, ce qui échoue, ce qui peut être amélioré. C’est un processus d’amélioration continue qui ne s’arrête jamais. Parce que dans cette guerre, s’arrêter signifie mourir.
Je pense à cette course permanente entre Rarog et l’armée russe. C’est une course darwinienne. Seuls les plus adaptables survivent. Et pour l’instant, Rarog court plus vite. Mais la Russie a des ressources immenses. Elle peut se permettre de perdre des milliers de soldats, des centaines de chars. L’Ukraine ne peut pas. Chaque vie ukrainienne compte. Chaque soldat perdu est une tragédie. C’est pourquoi Rarog doit rester en avance. Toujours.
Conclusion : l'avenir de la guerre se construit en Ukraine
De compagnie à brigade en moins de deux ans. De Bakhmut à Chasiv Yar. De quelques drones commerciaux à une infrastructure complète d’innovation. L’histoire de Rarog n’est pas qu’une success story militaire. C’est une révolution en temps réel. C’est la preuve que la guerre moderne ne se gagne pas avec la masse, mais avec l’intelligence. Pas avec les budgets, mais avec l’innovation. Pas avec la bureaucratie, mais avec l’agilité.
Le 3 janvier 2026, quand les Forces des systèmes sans pilote annoncent l’expansion de Rarog en brigade, elles ne célèbrent pas qu’une promotion administrative. Elles reconnaissent une vérité plus profonde : l’avenir de la guerre se construit en Ukraine. Les drones ne sont plus des gadgets. Ils sont l’arme principale. Les pilotes ne sont plus des techniciens. Ils sont des combattants de première ligne. Et les unités comme Rarog ne sont plus des expérimentations. Elles sont le modèle.
Pendant que les généraux russes consultent encore des manuels soviétiques, les soldats ukrainiens réécrivent les règles du combat. Pendant que les armées occidentales débattent de l’intégration des drones dans leurs doctrines, l’Ukraine les intègre sur le champ de bataille. Pendant que le monde observe, l’Ukraine innove. Et Rarog est à l’avant-garde de cette innovation.
Je termine cet article avec un sentiment étrange. De l’admiration pour ces hommes et ces femmes qui transforment la guerre sous nos yeux. De l’espoir parce que l’Ukraine prouve qu’un pays plus petit, plus pauvre, peut tenir tête à un empire. Mais aussi de la tristesse. Parce que toute cette innovation, toute cette ingéniosité, toute cette créativité — elle existe à cause de la guerre. Ces pilotes devraient développer des jeux vidéo, pas piloter des drones kamikazes. Ces ingénieurs devraient construire des startups, pas des laboratoires de guerre. Ces soldats devraient vivre leur vie, pas défendre leur pays contre une invasion. Mais la guerre est là. Et tant qu’elle dure, Rarog continuera de frapper. Plus fort. Plus vite. Plus intelligent. Parce que c’est ça ou mourir. Et Rarog a choisi de vivre.
Sources
ArmyInform (3 janvier 2026) : « 427th ‘Rarog’ regiment of the Unmanned Systems Forces expanded into a brigade » – https://armyinform.com.ua/en/2026/01/03/427th-rarog-regiment-of-the-unmanned-systems-forces-expanded-into-a-brigade/
Wikipedia (consulté janvier 2026) : « 427th Unmanned Systems Regiment (Ukraine) » – UnmannedSystemsRegiment(Ukraine) »>https://en.wikipedia.org/wiki/427thUnmannedSystemsRegiment(Ukraine)
Newsweek (13 juillet 2023) : « Video Shows ‘Newest’ Russian T-90 Tank Hammered in ‘Rarog’ Unit Strike » – Destruction d’un char T-90 russe par les drones Rarog
Militarnyi (août 2024) : « Rarog Unit Destroys 9 Russian Cannons » – Destruction de neuf pièces d’artillerie russes en une seule opération
Forbes (7 mars 2025) : « Vehicular Suicide! Russians ‘Operate In A One-Way Manner’ As Ukrainian Drones Swarm The Battlefield » – Analyse de la bataille près de Pokrovsk
Defence-UA (3 janvier 2025) : « The Rarog Battalion of the 24th Brigade Wipes Out Seven Enemy Vehicles in a Day » – Destruction de quatre chars T-62 et trois BMP-2 près de Chasiv Yar
Rubryka (20 juin 2025) : « Solutions to win: Ukraine’s armed forces form first all-female crew to intercept enemy UAVs » – Création de la première unité féminine d’interception de drones
Babel (25 février 2025) : Interview du commandant Oleg Huyt « Khasan » sur le projet « Ligne de drones » et la stratégie de Rarog
Long War Journal (février 2025) : « Ukraine bets on unmanned systems with expansion of best drone units » – Analyse de l’expansion des unités de drones ukrainiennes
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.