Une station de surveillance aérienne neutralisée
Pendant que le dépôt de Louhansk brûlait, un autre coup était porté — cette fois en Crimée annexée. Une station radar chargée de surveiller l’espace aérien a été frappée et détruite. Ce type d’installation est crucial pour la défense aérienne russe : elle détecte les menaces entrantes, coordonne les systèmes anti-aériens, guide les intercepteurs. Sans elle, c’est comme si on crevait les yeux de l’ennemi. Les drones ukrainiens peuvent désormais opérer avec encore plus de liberté dans cette zone, sachant qu’un maillon essentiel de la chaîne de détection a été brisé.
La frappe a été confirmée par Ukrinform, l’agence de presse ukrainienne, qui cite le communiqué officiel des Forces des systèmes sans pilote. La station radar assurait la surveillance de l’espace aérien au-dessus de la péninsule occupée — un rôle stratégique dans un territoire que la Russie considère comme vital pour sa projection de puissance en mer Noire. En détruisant ce radar, l’Ukraine ne se contente pas d’infliger des dégâts matériels. Elle envoie un message politique : la Crimée n’est pas un sanctuaire inviolable. Même dans ce territoire annexé illégalement en 2014, même dans cette péninsule que Moscou défend avec acharnement, les drones ukrainiens peuvent frapper.
La Crimée. Ce nom résonne comme une blessure ouverte depuis 2014. Pendant des années, on a vu cette péninsule transformée en forteresse russe, hérissée de missiles et de bases militaires. Et maintenant, les Ukrainiens y frappent régulièrement. Ils détruisent des radars, des dépôts, des navires. Ils prouvent que l’annexion n’est pas définitive, que l’occupation n’est pas invincible. Chaque frappe en Crimée est un rappel : cette terre est ukrainienne, et elle le redeviendra.
Une campagne aérienne qui s’intensifie
Cette frappe sur la station radar s’inscrit dans une offensive aérienne soutenue contre les capacités de défense russes en Crimée. Selon Ukrainska Pravda, les forces ukrainiennes ont multiplié les attaques contre les installations militaires de la péninsule au cours des dernières semaines. Le réveillon du Nouvel An a été particulièrement mouvementé : dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, les drones ukrainiens ont frappé dix cibles militaires et infrastructurelles russes, dont la raffinerie pétrolière d’Ilsky dans le kraï de Krasnodar et plusieurs sites dans l’oblast de Donetsk occupé.
Les radars ne sont pas les seules victimes. Les systèmes de défense aérienne, les bases navales, les dépôts de munitions — tout ce qui permet à la Russie de maintenir sa présence militaire en Crimée est devenu une cible prioritaire. Et les résultats sont là : selon des données récentes, les forces ukrainiennes ont détruit plus de 120 radars et systèmes de défense aérienne russes au cours des derniers mois. Chaque radar détruit, c’est une brèche dans le bouclier russe. Chaque système anti-aérien neutralisé, c’est plus d’espace pour les drones ukrainiens. La Crimée, autrefois considérée comme une zone interdite, devient progressivement un terrain de chasse pour les opérateurs ukrainiens.
Les Forces des systèmes sans pilote : une révolution militaire
De zéro à l’excellence en quatre ans
Revenons en arrière. Février 2022. L’invasion russe commence. L’Ukraine possède quelques drones, principalement des modèles de reconnaissance. Rien de comparable à ce que nous voyons aujourd’hui. Quatre ans plus tard, en janvier 2026, les Forces des systèmes sans pilote sont devenues une branche à part entière de l’armée ukrainienne, capable de mener des frappes stratégiques en profondeur sur des centaines de kilomètres. Cette transformation est l’une des plus remarquables de l’histoire militaire moderne. En temps de guerre, sous les bombes, l’Ukraine a construit une industrie de drones de classe mondiale.
Le 1er Centre séparé des Forces des systèmes sans pilote, responsable des frappes du 2 janvier, incarne cette évolution. Créé en 2022 sous le nom de 14e Régiment séparé, il s’est rapidement imposé comme une unité d’élite. Ses opérateurs maîtrisent une gamme impressionnante de systèmes : des petits drones de reconnaissance tactique aux drones kamikazes longue portée capables de frapper des cibles à plusieurs centaines de kilomètres. Le Liutyi, par exemple, est devenu célèbre pour ses attaques contre les raffineries russes. Ces machines, conçues et fabriquées en Ukraine, ont prouvé leur efficacité sur le champ de bataille — et elles continuent d’évoluer.
Il y a quelque chose de profondément inspirant dans cette histoire. Un pays attaqué, envahi, bombardé — et qui répond en construisant sa propre industrie de défense. Les Ukrainiens n’ont pas attendu que l’Occident leur livre des armes miracles. Ils ont retroussé leurs manches et ils ont créé leurs propres drones. Aujourd’hui, 95% de leurs systèmes longue portée sont fabriqués localement. C’est une leçon d’autonomie, de résilience, de détermination. Et c’est aussi un avertissement pour la Russie : plus la guerre dure, plus l’Ukraine devient forte.
Une production qui explose
Les chiffres sont vertigineux. Selon un commandant du 1er Centre interrogé par NV sous le pseudonyme de Charlie, 95% de tous les systèmes longue portée utilisés par son unité sont désormais fabriqués en Ukraine. Il y a eu une époque où l’unité testait des drones fournis par les pays partenaires. Mais les résultats n’étaient pas toujours à la hauteur, et les réponses des fabricants étrangers aux problèmes signalés étaient, selon Charlie, « pas toujours ce que nous aurions espéré ». Alors les producteurs ukrainiens ont pris le relais. Et ils ont réussi.
Aujourd’hui, l’unité de Charlie ne connaît aucune pénurie de drones. « Il y a toujours un désir d’avoir plus d’outils », explique-t-il, « mais pour les tâches et les défis auxquels notre unité est actuellement confrontée, nous couvrons tout avec les drones que nous avons ». Cette autonomie est stratégique. Elle signifie que l’Ukraine n’est plus dépendante des livraisons occidentales, souvent lentes et soumises à des considérations politiques. Elle peut planifier ses opérations en sachant que les drones seront là, produits localement, adaptés aux besoins du terrain. Et la production continue d’augmenter. Selon Charlie, l’impact de cette montée en puissance sera pleinement visible en 2026 — et nous commençons déjà à en voir les effets.
Une stratégie d'usure qui porte ses fruits
Frapper l’arrière pour affaiblir le front
Les frappes du 2 janvier ne sont pas des coups isolés. Elles font partie d’une stratégie globale visant à affaiblir la capacité de la Russie à mener la guerre. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les combats de première ligne, l’Ukraine a choisi de frapper en profondeur : raffineries, dépôts de munitions, bases aériennes, infrastructures logistiques. L’idée est simple mais redoutablement efficace : si l’armée russe ne peut pas être ravitaillée, elle ne peut pas combattre. Chaque litre de carburant détruit, chaque obus qui explose dans un dépôt, chaque radar neutralisé — tout cela se traduit par une réduction de la pression sur le front.
Les résultats sont tangibles. Selon plusieurs sources militaires, les frappes ukrainiennes ont forcé la Russie à disperser ses stocks, à multiplier les itinéraires de ravitaillement, à renforcer la défense aérienne de ses arrières. Tout cela coûte du temps, de l’argent, des ressources. Et pendant que Moscou s’épuise à protéger ses dépôts, l’Ukraine continue de frapper. Le 1er Centre des Forces des systèmes sans pilote a réalisé environ 30 à 40% de toutes les frappes en profondeur de l’Ukraine depuis mars 2025. C’est énorme. Cela signifie qu’une seule unité, avec ses drones fabriqués localement, inflige des dégâts stratégiques à l’ensemble de la machine de guerre russe.
On parle souvent de la guerre comme d’un affrontement de volontés. Mais c’est aussi, fondamentalement, une question de logistique. Les armées modernes sont des machines complexes qui ont besoin de carburant, de munitions, de pièces détachées. Coupez ces flux, et même la plus puissante des armées s’effondre. Les Ukrainiens l’ont compris. Ils ne cherchent pas à détruire chaque char russe individuellement — ce serait impossible. Ils ciblent les dépôts, les raffineries, les voies de ravitaillement. Et ça marche. Lentement, méthodiquement, ils étranglent la bête.
Un message politique autant que militaire
Ces frappes ont aussi une dimension politique. En frappant en Crimée annexée et dans l’oblast de Louhansk occupé, l’Ukraine rappelle au monde — et surtout à la Russie — que ces territoires ne sont pas perdus. Que l’occupation n’est pas définitive. Que même dans les zones que Moscou contrôle depuis des années, les forces ukrainiennes peuvent frapper. C’est un message de résistance, de détermination, de refus de l’inacceptable. La Crimée, annexée en 2014, était censée être une forteresse imprenable. Aujourd’hui, elle est régulièrement frappée par des drones ukrainiens. Le Donbass, occupé depuis 2014 également, subit le même sort.
Cette capacité à frapper en profondeur change la donne psychologique. Les soldats russes stationnés en Crimée ou dans le Donbass ne peuvent plus se sentir en sécurité. Les commandants russes doivent constamment regarder le ciel, craignant la prochaine vague de drones. Les civils russes qui ont colonisé ces territoires occupés commencent à réaliser que leur présence n’est pas sans risque. Et à Moscou, les généraux doivent expliquer pourquoi leurs défenses aériennes, pourtant réputées, ne parviennent pas à arrêter des drones ukrainiens fabriqués localement. C’est une guerre d’usure, certes. Mais c’est aussi une guerre de perception. Et sur ce terrain-là, l’Ukraine est en train de gagner.
La nuit du réveillon : dix cibles, un message
Quand les feux d’artifice deviennent des frappes
Le 2 janvier n’était pas la première fois que les drones ukrainiens frappaient en cette période de fêtes. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, alors que le monde célébrait le passage à la nouvelle année, les Forces des systèmes sans pilote ont mené une opération massive contre des cibles russes. Selon Ukrinform, dix cibles militaires et infrastructurelles ont été frappées cette nuit-là. Parmi elles : la raffinerie pétrolière d’Ilsky dans le kraï de Krasnodar, ainsi que plusieurs sites dans l’oblast de Donetsk occupé. Les Ukrainiens ont remplacé les feux d’artifice par des explosions bien réelles — et le message était clair : il n’y a pas de trêve, pas de répit, pas de sanctuaire.
Cette opération du réveillon illustre parfaitement la nouvelle réalité de cette guerre. Les drones ukrainiens ne se contentent plus de missions ponctuelles. Ils mènent des campagnes coordonnées, frappant plusieurs cibles simultanément, saturant les défenses russes, maximisant l’impact psychologique. La raffinerie d’Ilsky, par exemple, est une installation stratégique qui fournit du carburant raffiné aux forces russes. En la frappant, l’Ukraine ne détruit pas seulement des infrastructures — elle perturbe toute la chaîne logistique ennemie. Et en choisissant de frapper la nuit du réveillon, elle montre que la guerre ne s’arrête jamais, même pendant les fêtes.
Il y a quelque chose de glaçant dans cette image : des feux d’artifice qui explosent dans le ciel, et en même temps, des raffineries qui brûlent à des centaines de kilomètres. Pendant que certains célèbrent, d’autres combattent. Pendant que certains trinquent, d’autres meurent. C’est la réalité de cette guerre. Elle ne prend pas de vacances. Elle ne respecte pas les calendriers. Et les Ukrainiens, qui subissent cette agression depuis près de quatre ans, l’ont bien compris. Ils frappent quand ils le peuvent, où ils le peuvent. Sans relâche. Sans pitié. Parce qu’ils n’ont pas le choix.
Une montée en puissance continue
Les opérations du réveillon et du 2 janvier ne sont que les derniers exemples d’une montée en puissance continue des capacités ukrainiennes. Selon des données récentes, les forces ukrainiennes ont frappé plus de 350 cibles en Russie au cours des sept derniers mois. Ces frappes ont touché des raffineries, des dépôts de munitions, des bases aériennes, des installations de défense aérienne. Elles ont forcé la Russie à redéployer ses ressources, à renforcer ses défenses arrière, à disperser ses stocks. Et elles ont prouvé que l’Ukraine, malgré l’infériorité numérique de son armée, peut infliger des dégâts stratégiques à son agresseur.
Cette capacité à frapper en profondeur est le fruit d’années d’investissement dans la technologie des drones. Mais c’est aussi le résultat d’une adaptation tactique remarquable. Les opérateurs ukrainiens ont appris à contourner les défenses russes, à exploiter les failles, à coordonner leurs attaques pour maximiser l’effet. Ils utilisent des drones de différents types — certains pour saturer les défenses, d’autres pour frapper les cibles prioritaires. Ils varient les trajectoires, les altitudes, les horaires d’attaque. Et ils apprennent constamment, intégrant les leçons de chaque mission pour améliorer la suivante. C’est une guerre d’innovation, et l’Ukraine est en train de prouver qu’elle peut rivaliser avec une puissance militaire bien plus grande.
Les défis qui restent
Une guerre loin d’être gagnée
Malgré ces succès, il serait naïf de croire que la guerre est gagnée. La Russie reste une puissance militaire formidable, avec des ressources humaines et matérielles considérables. Ses forces continuent d’avancer dans certaines zones du Donbass, bombardent quotidiennement les villes ukrainiennes, maintiennent une pression constante sur le front. Les frappes de drones, aussi efficaces soient-elles, ne peuvent pas à elles seules renverser le cours de la guerre. Elles peuvent affaiblir l’ennemi, perturber sa logistique, saper son moral — mais elles ne remplacent pas les combats au sol, les défenses territoriales, les contre-offensives.
De plus, la Russie adapte ses défenses. Elle renforce ses systèmes anti-aériens, disperse ses stocks, multiplie les leurres. Elle développe aussi ses propres capacités de drones, notamment les Shahed iraniens qu’elle utilise massivement contre les infrastructures civiles ukrainiennes. Cette guerre de drones est devenue une course aux armements, où chaque camp cherche à surpasser l’autre. L’Ukraine a pris de l’avance dans certains domaines, notamment la production locale et l’innovation tactique. Mais la Russie a les moyens de rattraper son retard — et elle ne se prive pas de frapper les civils pour compenser ses échecs militaires.
Je ne veux pas tomber dans le triomphalisme. Oui, les Ukrainiens frappent fort. Oui, ils infligent des dégâts considérables. Mais la guerre continue. Les gens meurent. Les villes sont détruites. Les familles sont brisées. Chaque frappe réussie est une victoire tactique, mais elle ne ramène pas les morts. Elle ne reconstruit pas les maisons. Elle ne guérit pas les traumatismes. Il faut célébrer ces succès, oui. Mais il faut aussi garder à l’esprit l’horreur de cette guerre — et la nécessité absolue de la terminer, pas seulement de la gagner.
Le besoin de soutien international
L’autonomie croissante de l’Ukraine en matière de drones est impressionnante. Mais elle ne doit pas faire oublier que le pays a toujours besoin du soutien international. Les drones, aussi efficaces soient-ils, ne suffisent pas. L’Ukraine a besoin de systèmes de défense aérienne pour protéger ses villes. Elle a besoin de munitions pour ses canons et ses lance-roquettes. Elle a besoin de chars, de véhicules blindés, d’avions de combat. Elle a besoin d’aide financière pour maintenir son économie à flot. Et elle a besoin, surtout, que ses alliés restent fermes face à la Russie, qu’ils maintiennent les sanctions, qu’ils continuent de fournir une assistance militaire.
Le risque, c’est que les succès ukrainiens créent une fausse impression de sécurité. Que les pays occidentaux se disent : « Ils se débrouillent bien, ils n’ont plus besoin de nous ». Ce serait une erreur tragique. L’Ukraine se bat avec un courage et une détermination admirables. Mais elle se bat contre un ennemi qui a dix fois sa population, des ressources quasi illimitées, et aucun scrupule à massacrer des civils. Sans le soutien de l’Occident, l’Ukraine ne peut pas gagner. Les drones sont une arme formidable. Mais ils ne remplacent pas la solidarité internationale, les livraisons d’armes, les sanctions économiques qui étranglent l’économie russe.
L'avenir de la guerre des drones
Une révolution militaire en cours
Ce que nous voyons en Ukraine, c’est une révolution militaire en temps réel. Les drones, autrefois considérés comme des outils de surveillance ou des armes secondaires, sont devenus des acteurs centraux du champ de bataille. Ils frappent des cibles stratégiques à des centaines de kilomètres, perturbent les lignes de ravitaillement, neutralisent les défenses aériennes. Et ils le font à une fraction du coût des systèmes d’armes traditionnels. Un drone kamikaze coûte quelques milliers de dollars. Un missile de croisière coûte des millions. Pourtant, dans certains cas, le drone est tout aussi efficace — voire plus, car il est plus difficile à détecter et à intercepter.
Cette révolution ne se limite pas à l’Ukraine. Les armées du monde entier observent ce conflit et tirent des leçons. Les États-Unis, la Chine, Israël, la Turquie — tous investissent massivement dans les technologies de drones. Mais l’Ukraine a une longueur d’avance en termes d’expérience opérationnelle. Ses opérateurs ont mené des milliers de missions. Ils ont testé des dizaines de modèles. Ils ont développé des tactiques innovantes. Et ils ont prouvé que des drones relativement simples, produits localement, peuvent infliger des dégâts stratégiques à une grande puissance militaire. C’est une leçon que personne n’oubliera.
Il y a quelque chose de fascinant et d’effrayant dans cette évolution. Fascinant, parce que nous assistons à une transformation profonde de la guerre moderne. Effrayant, parce que cette technologie, une fois démocratisée, sera accessible à tous — y compris aux acteurs malveillants. Les drones ukrainiens frappent des cibles militaires légitimes. Mais qu’arrivera-t-il quand des groupes terroristes auront accès à la même technologie ? Quand des régimes autoritaires l’utiliseront pour réprimer leurs populations ? La guerre des drones est une arme à double tranchant. Elle peut libérer, mais elle peut aussi asservir. Tout dépend de qui la contrôle.
L’Ukraine comme laboratoire du futur
L’Ukraine est devenue, malgré elle, un laboratoire du futur de la guerre. Les innovations développées sur le champ de bataille ukrainien — drones kamikazes, systèmes de guerre électronique, tactiques de saturation des défenses — seront étudiées et reproduites par les armées du monde entier. Les entreprises ukrainiennes qui fabriquent ces drones sont déjà sollicitées par des clients étrangers. Les opérateurs ukrainiens sont invités à partager leur expérience lors de conférences militaires internationales. Et les leçons de cette guerre — sur l’importance de l’autonomie industrielle, sur la nécessité d’innover rapidement, sur l’efficacité des systèmes décentralisés — influenceront les doctrines militaires pour les décennies à venir.
Mais cette position de pionnier a un coût. L’Ukraine paie le prix fort pour ces innovations. Chaque drone produit, chaque frappe menée, chaque leçon apprise — tout cela se fait dans le contexte d’une guerre brutale qui a déjà coûté des dizaines de milliers de vies. Les Ukrainiens ne développent pas ces technologies par passion scientifique. Ils le font par nécessité, parce que leur survie en dépend. Et quand cette guerre sera terminée — et elle le sera, un jour — il faudra se souvenir de ce sacrifice. Il faudra reconnaître que l’Ukraine n’a pas seulement défendu son territoire. Elle a aussi, involontairement, façonné l’avenir de la guerre moderne.
Conclusion : le feu qui ne s'éteint pas
Une détermination inébranlable
Les frappes du 2 janvier 2026 sur le dépôt de carburant de Louhansk et la station radar de Crimée ne sont pas des événements isolés. Elles sont les dernières manifestations d’une détermination ukrainienne inébranlable. Depuis près de quatre ans, ce pays résiste à une agression qui aurait dû, selon tous les pronostics, le faire tomber en quelques semaines. Il résiste parce que son peuple refuse de se soumettre. Parce que ses soldats se battent avec un courage extraordinaire. Et parce que ses ingénieurs, ses opérateurs de drones, ses stratèges militaires ont su transformer la nécessité en innovation.
Le feu qui dévore le dépôt de Louhansk, c’est le symbole de cette résistance. C’est le feu de la colère, de la détermination, du refus de l’inacceptable. C’est le feu qui brûle dans le cœur de chaque Ukrainien qui a vu sa maison détruite, sa famille dispersée, son pays envahi. Et c’est un feu qui ne s’éteindra pas tant que l’Ukraine ne sera pas libre. Les drones continueront de voler. Les frappes continueront de frapper. Les opérateurs continueront d’innover. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que l’alternative, c’est la soumission — et ça, jamais.
Je termine cet article avec un sentiment mêlé. De l’admiration pour le courage ukrainien. De la colère contre l’agression russe. De l’espoir que cette guerre se termine bientôt. Mais aussi de l’inquiétude. Parce que chaque jour qui passe, c’est un jour de trop. Chaque frappe, aussi réussie soit-elle, c’est un rappel que la guerre continue. Et je me demande : combien de temps encore ? Combien de dépôts devront brûler ? Combien de radars devront être détruits ? Combien de vies devront être perdues avant que cette folie s’arrête ? Je n’ai pas de réponse. Mais je sais une chose : tant que l’Ukraine se battra, elle mérite notre soutien. Total. Inconditionnel. Sans faille.
Un message pour 2026
Si ces frappes du 2 janvier nous disent quelque chose, c’est que 2026 sera une année décisive. L’Ukraine entre dans cette nouvelle année avec des capacités militaires renforcées, une industrie de défense en pleine expansion, et une détermination intacte. Les 95% de drones fabriqués localement ne sont que le début. La production continue d’augmenter. Les tactiques continuent d’évoluer. Les opérateurs continuent d’apprendre. Et la Russie, malgré sa puissance, commence à ressentir les effets de cette guerre d’usure. Ses stocks diminuent. Ses défenses sont saturées. Son économie vacille sous les sanctions.
Mais la guerre n’est pas gagnée. Elle ne le sera pas tant que le dernier soldat russe n’aura pas quitté le territoire ukrainien. Tant que la Crimée restera occupée. Tant que le Donbass restera sous contrôle russe. Les frappes de drones sont une arme puissante. Mais elles ne remplacent pas la libération territoriale, la reconstruction, la justice pour les victimes. Elles sont un moyen, pas une fin. Et l’Ukraine le sait. Elle frappe, elle résiste, elle innove — mais elle n’oublie jamais l’objectif final : la liberté, l’intégrité territoriale, la paix. Et tant qu’elle se battra pour cet objectif, elle mérite notre respect, notre admiration, et notre soutien sans faille.
Sources
ArmyInform (Agence d’information du Ministère de la Défense d’Ukraine) – « Crimea and Luhansk Region — Unmanned Systems Forces strike enemy targets in occupied territories », 3 janvier 2026. Disponible sur : https://armyinform.com.ua/en/2026/01/03/crimea-and-luhansk-region-unmanned-systems-forces-strike-enemy-targets-in-occupied-territories/
Ukrinform (Agence de presse nationale ukrainienne) – « Unmanned systems forces strike enemy fuel base in Luhansk region and radar station in Crimea », 2 janvier 2026. Disponible sur : https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4076163-unmanned-systems-forces-strike-enemy-fuel-base-in-luhansk-region-and-radar-station-in-crimea.html
Ukrainska Pravda – « Ukrainian drones strike Russian fuel base in Luhansk Oblast and radar station in Crimea », 2 janvier 2026. Disponible sur : https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/01/02/8014409/
Euromaidan Press – « 95% made in Ukraine: drone production surge to reshape 2026 battlefield », 31 décembre 2025. Disponible sur : https://euromaidanpress.com/2025/12/31/95-made-in-ukraine-drone-production-surge-to-reshape-2026-battlefield/
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