Penza : les premières explosions
Penza est la première ville touchée cette nuit-là. Située à plus de 600 kilomètres de la frontière ukrainienne, cette ville industrielle de la région de la Volga n’avait jamais connu la guerre de si près. Jusqu’à maintenant. Les résidents rapportent avoir entendu entre cinq et sept explosions après 2 heures du matin, heure locale. Des flashs lumineux illuminent le ciel. Le bruit des drones est audible. Puis vient l’incendie.
Les premières informations suggèrent qu’une usine de roulements a été touchée. D’autres sources mentionnent l’usine pharmaceutique Biosintez. Les autorités russes restent silencieuses. Pas de confirmation officielle. Pas de déni non plus. Juste le silence habituel du Kremlin quand les choses tournent mal. Les chaînes Telegram pro-Kremlin publient des vidéos montrant des flammes et de la fumée. Les habitants partagent leurs témoignages. Mais Moscou ne dit rien.
Ce silence, il en dit long. Quand la Russie frappe l’Ukraine, les médias d’État russes célèbrent. Quand l’Ukraine frappe en retour, c’est le black-out. Pas de communiqués triomphants. Pas de conférences de presse. Juste le silence gêné d’un régime qui réalise que la guerre qu’il a déclenchée lui revient en pleine figure.
Sterlitamak et les cibles mystérieuses
Des explosions sont également signalées à Sterlitamak, dans la république du Bachkortostan. Mais ici, le mystère reste entier. Quelle était la cible ? Les autorités locales ne disent rien. Les témoins rapportent des détonations. Des vidéos circulent montrant des lueurs dans le ciel. Mais contrairement à Penza ou Usman, où les cibles sont identifiables, Sterlitamak reste une énigme.
Cette incertitude fait partie de la stratégie ukrainienne. Frapper partout. Frapper souvent. Créer un sentiment d’insécurité généralisé. Les Russes ne savent plus où le prochain coup va tomber. Une raffinerie ? Une usine militaire ? Un dépôt de carburant ? L’imprévisibilité est une arme en soi. Elle force la Russie à disperser ses défenses aériennes. Elle épuise les ressources. Elle mine le moral.
Tver : quand le ciel tombe sur les civils
L’immeuble touché
Puis vient Tver. Et là, les choses deviennent plus sombres. Un immeuble résidentiel en plein centre-ville est touché. Les autorités régionales affirment qu’un fragment de drone a percuté le bâtiment pendant l’attaque. Une personne est tuée. Deux autres sont blessées. Un incendie se déclare. Les pompiers interviennent. Les images montrent des dégâts sur la façade de l’immeuble. Des fenêtres soufflées. De la fumée.
Les versions divergent sur ce qui s’est passé exactement. Certaines sources russes suggèrent que le drone a été abattu par la défense aérienne ou neutralisé par guerre électronique, et que les débris sont tombés sur l’immeuble. D’autres parlent d’un dysfonctionnement. Quelle que soit la vérité, le résultat est le même : un civil mort. Des blessés. Une famille détruite.
Et ici, je dois être honnête. Ça me met mal à l’aise. Parce que je sais ce que c’est. J’ai vu les images des immeubles ukrainiens détruits par les missiles russes. J’ai vu les corps sortis des décombres à Marioupol, à Kharkiv, à Dnipro. Des milliers de civils ukrainiens tués par les frappes russes. Alors oui, quand un civil russe meurt dans une attaque ukrainienne, ça me rappelle que la guerre est une horreur, peu importe qui la mène. Mais je ne peux pas oublier qui a commencé cette guerre. Je ne peux pas oublier qui bombarde délibérément des civils depuis presque quatre ans.
La question de la proportionnalité
La mort de ce civil à Tver soulève des questions difficiles. L’Ukraine cible-t-elle délibérément des zones résidentielles ? Absolument pas. Les cibles ukrainiennes sont claires : infrastructures énergétiques, installations militaires, usines de défense. Mais dans la guerre moderne, avec des systèmes de défense aérienne qui abattent des drones au-dessus des villes, avec des débris qui tombent, avec des erreurs qui se produisent, les civils paient le prix.
Comparons avec la Russie. Depuis le début de l’invasion en février 2022, les forces russes ont lancé des milliers de missiles sur des cibles civiles ukrainiennes. Des hôpitaux. Des écoles. Des centres commerciaux. Des immeubles résidentiels. Des théâtres où des enfants se cachaient. La différence est claire : la Russie cible délibérément les civils pour terroriser la population. L’Ukraine cible les infrastructures qui financent et soutiennent la machine de guerre russe. Quand des civils russes meurent, c’est tragique. Mais ce n’est pas l’objectif.
Penza et les mystères industriels
Une ville industrielle dans le viseur
Revenons à Penza. Cette ville de plus de 500 000 habitants est un centre industriel important. Elle abrite plusieurs usines stratégiques, dont des installations de production militaire. L’usine de roulements mentionnée dans les premiers rapports produit des composants utilisés dans l’industrie de défense. L’usine pharmaceutique Biosintez a également des contrats avec le ministère de la Défense russe.
Les cinq à sept explosions entendues par les résidents suggèrent une attaque coordonnée avec plusieurs drones. C’est devenu la signature des opérations ukrainiennes : saturer les défenses avec de multiples drones arrivant simultanément ou en succession rapide. Certains sont abattus. D’autres passent. Et ceux qui passent font des dégâts considérables.
Je trouve ça fascinant, cette évolution de la guerre des drones. Il y a quatre ans, personne n’imaginait que des drones fabriqués en Ukraine pourraient frapper des cibles à 600, 800, 1000 kilomètres de distance. Maintenant, c’est la routine. L’Ukraine a développé une industrie de drones domestique qui rivalise avec les meilleures au monde. Et elle l’utilise pour frapper là où ça fait mal : dans le portefeuille de Poutine.
Le silence des autorités
Ce qui est frappant à Penza, comme ailleurs, c’est le silence des autorités russes. Pas de communiqué officiel confirmant l’attaque. Pas de détails sur les dégâts. Pas de chiffres sur les pertes. Juste des bribes d’information qui filtrent via les chaînes Telegram locales et les témoignages de résidents. Ce black-out informationnel est délibéré. Le Kremlin ne veut pas que les Russes réalisent l’ampleur des frappes ukrainiennes sur leur territoire.
Mais l’information circule quand même. Les vidéos sont partagées. Les témoignages se multiplient. Et lentement, la réalité s’impose : la Russie n’est plus à l’abri. Les villes russes, même celles situées loin de la frontière, peuvent être frappées. Les infrastructures russes sont vulnérables. Et le gouvernement russe ne peut rien faire pour l’empêcher.
Usman : la raffinerie en flammes
L’incendie spectaculaire
À Usman, dans l’oblast de Lipetsk, le spectacle est impressionnant. Une raffinerie de pétrole s’embrase vers 3 heures du matin. Les flammes sont visibles à des kilomètres. Les vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent une lueur orange massive illuminant le ciel nocturne. La fumée monte en colonnes épaisses. Les pompiers luttent pour contrôler l’incendie. Mais avec des installations pétrolières, c’est toujours compliqué. Le feu se nourrit du carburant. Il peut brûler pendant des heures, voire des jours.
Cette raffinerie n’est pas une cible anodine. Elle fait partie du réseau d’installations pétrolières qui alimente l’économie de guerre russe. Chaque baril de pétrole raffiné ici génère des revenus pour le Kremlin. Chaque litre de carburant produit peut alimenter un char, un avion, un camion militaire. En détruisant ou en endommageant ces installations, l’Ukraine frappe directement la capacité de la Russie à financer et à mener sa guerre.
Et franchement, c’est brillant. Pourquoi l’Ukraine devrait-elle se contenter de défendre son territoire quand elle peut frapper les sources de revenus qui financent l’invasion ? Pourquoi laisser la Russie vendre tranquillement son pétrole pour acheter des missiles qui vont détruire des villes ukrainiennes ? Non. Frappez les raffineries. Brûlez les dépôts. Asséchez les revenus. C’est de la guerre économique, et c’est exactement ce qu’il faut faire.
L’impact économique immédiat
L’incendie à Usman n’est pas qu’un spectacle visuel. C’est un coup économique. Chaque raffinerie mise hors service réduit la capacité de la Russie à traiter le pétrole brut. Et moins de pétrole raffiné signifie moins d’exportations de produits pétroliers, qui rapportent plus que le pétrole brut. Selon les experts de l’industrie, la Russie a déjà vu sa production de produits raffinés chuter de 5,4 millions de barils par jour en juillet à 5 millions en septembre.
Cette baisse a des conséquences concrètes. Les consommateurs russes ont connu des pénuries d’essence et du rationnement. Le gouvernement a interdit les exportations d’essence pour préserver les stocks domestiques. Et maintenant, avec des attaques comme celle d’Usman, la pression ne fait qu’augmenter. La Russie doit choisir : exporter pour gagner de l’argent, ou garder le carburant pour sa population et son armée. C’est un dilemme que l’Ukraine est ravie de lui imposer.
Une campagne qui ne faiblit pas
La stratégie ukrainienne à long terme
Ces attaques du 6 janvier s’inscrivent dans une stratégie à long terme développée par l’Ukraine. Depuis le début de 2025, les forces ukrainiennes ont intensifié leurs frappes contre les infrastructures énergétiques russes. L’objectif n’est pas de détruire toutes les raffineries russes en une nuit — ce serait impossible. L’objectif est d’infliger des dégâts cumulatifs, de forcer la Russie à dépenser des ressources pour réparer et protéger ses installations, et de créer une pression économique constante.
Tatiana Mitrova, experte en énergie au Center on Global Energy Policy de l’université Columbia, explique que l’Ukraine a déjà touché au moins la moitié des 38 complexes de production majeurs de la Russie. Et cruciale, l’Ukraine frappe les mêmes cibles à répétition. Une raffinerie est endommagée, la Russie la répare, puis l’Ukraine la frappe à nouveau. C’est une guerre d’attrition. Et ça fonctionne.
C’est exactement le genre de stratégie qui me donne de l’espoir. Parce que pendant longtemps, on a eu l’impression que l’Ukraine ne pouvait que défendre, encaisser les coups, attendre que l’Occident envoie plus d’armes. Maintenant, l’Ukraine prend l’initiative. Elle frappe en profondeur. Elle impose son rythme. Et ça change tout.
Les chiffres qui font mal
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les experts, l’Ukraine a déjà détruit ou endommagé 10% de la capacité de raffinage russe. La Russie opère le troisième plus grand système de raffinage au monde, donc 10% représente une perte significative. La production de pétrole raffiné a chuté de 400 000 barils par jour entre juillet et septembre 2025. Les exportations de produits raffinés ont diminué, forçant la Russie à exporter plus de pétrole brut, qui rapporte moins.
Et ce n’est que le début. Mitrova prévient que même si la Russie a une capacité de raffinage excédentaire, « il pourrait falloir des années avant que le résultat devienne vraiment visible, donc nous ne parlons pas d’un effondrement du raffinage russe dans l’immédiat — mais l’épuisement de son potentiel a vraiment déjà commencé. » En d’autres termes : la Russie peut encaisser pour l’instant, mais chaque coup l’affaiblit un peu plus.
Le coût pour Moscou
Les revenus pétroliers en chute libre
Le pétrole et le gaz sont l’épine dorsale de l’économie russe. Ces secteurs génèrent environ 100 milliards de dollars par an pour le Kremlin. Mais ce chiffre est en baisse. Selon le Center for Research on Energy and Clean Air, les revenus pétroliers russes sont maintenant 20% inférieurs à ce qu’ils étaient il y a un an. Cette baisse est due à une combinaison de facteurs : les sanctions occidentales, la baisse des prix du pétrole, et maintenant, les frappes ukrainiennes sur les infrastructures de raffinage.
Chaque raffinerie endommagée réduit la capacité de la Russie à transformer le pétrole brut en produits raffinés plus lucratifs comme l’essence, le diesel et le kérosène. La Russie est donc forcée d’exporter plus de pétrole brut, qui se vend moins cher. C’est un double coup : moins de volume exporté, et des prix plus bas. Le résultat ? Moins d’argent dans les caisses du Kremlin. Moins d’argent pour financer la guerre.
Et là, je souris. Parce que c’est exactement ce que Poutine mérite. Il a lancé cette guerre en pensant que les revenus pétroliers lui donneraient une marge de manœuvre infinie. Il a pensé que l’Europe serait trop dépendante du gaz russe pour réagir. Il a pensé que l’Ukraine s’effondrerait en quelques semaines. Il s’est trompé sur toute la ligne. Et maintenant, il regarde ses raffineries brûler et ses revenus s’effondrer.
L’impact sur l’effort de guerre
Mais est-ce que ces pertes économiques se traduisent par un impact sur le champ de bataille ? C’est la question que tout le monde se pose. Tatiana Mitrova est prudente : « Il serait naïf de supposer que cibler le pétrole et le gaz russes, tant économiquement que militairement, est susceptible de causer des effets notables sur le champ de bataille. » Elle souligne que l’armée russe est généralement la première servie quand les ressources sont limitées. Les civils russes peuvent manquer d’essence, mais les chars russes seront toujours alimentés.
Cependant, même si l’impact militaire direct est limité, l’impact stratégique est réel. Moins de revenus signifie moins de capacité à acheter de nouveaux équipements, à payer les soldats, à maintenir l’effort de guerre à long terme. Et psychologiquement, voir les infrastructures russes brûler mine le moral de la population. Les Russes commencent à réaliser que leur gouvernement ne peut pas les protéger. Que la guerre qu’ils ont soutenue (ou tolérée) leur revient en pleine figure.
La technologie ukrainienne
Les drones longue portée
Comment l’Ukraine fait-elle pour frapper des cibles à 600, 800, voire 1000 kilomètres de ses frontières ? La réponse : une industrie de drones domestique qui a explosé depuis le début de la guerre. L’Ukraine a investi massivement dans le développement de drones longue portée capables de transporter des explosifs sur de grandes distances. Le drone Lyutiy, par exemple, peut livrer des explosifs jusqu’à 2000 kilomètres de son point de lancement.
Mais l’Ukraine n’utilise pas que des drones sophistiqués. Elle a également perfectionné l’art d’utiliser des drones FPV (first-person view) bon marché en essaims. Ces drones, qui coûtent une fraction du prix des missiles, peuvent être lancés par dizaines pour saturer les défenses aériennes. Certains sont abattus. D’autres passent. Et ceux qui passent font des dégâts considérables.
C’est l’une des grandes leçons de cette guerre : la technologie bon marché peut battre la technologie chère si elle est utilisée intelligemment. Les Russes ont des systèmes de défense aérienne sophistiqués qui coûtent des millions. Les Ukrainiens envoient des drones qui coûtent quelques milliers de dollars. Et les drones gagnent. C’est David contre Goliath, version 21e siècle.
L’innovation constante
L’Ukraine ne se repose pas sur ses lauriers. Chaque mois apporte de nouvelles innovations. De nouveaux types de drones. De nouvelles tactiques. De nouvelles cibles. En décembre 2025, l’Ukraine a établi un nouveau record avec 24 frappes sur des installations pétrolières et gazières russes en un seul mois. Et ce rythme ne faiblit pas. Au contraire, il s’accélère.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré qu’il croit fermement que les frappes sur les raffineries russes sont « les sanctions les plus efficaces — celles qui fonctionnent le plus rapidement. » Et il a raison. Les sanctions économiques occidentales prennent du temps à mordre. Les frappes de drones ont un impact immédiat. Une raffinerie en flammes, c’est des millions de dollars de dégâts instantanés. C’est du carburant qui ne sera pas vendu. C’est des revenus qui ne rentreront pas dans les caisses du Kremlin.
La réponse russe
Des défenses dépassées
La Russie n’est pas sans défense. Elle possède des systèmes de défense aérienne parmi les plus avancés au monde. Des systèmes S-300, S-400, Pantsir. Des systèmes de guerre électronique capables de brouiller les communications des drones. Mais face à la quantité et à la diversité des drones ukrainiens, ces défenses sont dépassées.
Le problème pour la Russie est simple : elle ne peut pas être partout à la fois. L’Ukraine frappe simultanément dans plusieurs régions. Penza, Usman, Sterlitamak, Tver — toutes touchées la même nuit. La Russie doit disperser ses défenses aériennes pour protéger des dizaines de sites stratégiques à travers un territoire immense. Et même avec toutes ses ressources, elle ne peut pas tout protéger.
Et ça, c’est la beauté de la stratégie ukrainienne. Forcer l’ennemi à se disperser. Le forcer à choisir quelles cibles protéger. Le forcer à accepter qu’il ne peut pas tout défendre. C’est de l’art militaire classique, appliqué avec des drones modernes. Et ça fonctionne à merveille.
Le silence embarrassé du Kremlin
La réponse officielle russe à ces attaques est révélatrice : le silence. Pas de grandes déclarations. Pas de promesses de représailles. Pas de fanfaronnades habituelles. Juste un silence gêné. Parfois, les autorités locales confirment des « fragments de drones » tombés ici ou là. Parfois, elles mentionnent des systèmes de guerre électronique qui ont « neutralisé » des drones. Mais jamais de reconnaissance complète de l’ampleur des dégâts.
Ce silence est stratégique. Le Kremlin ne veut pas que la population russe réalise à quel point le pays est vulnérable. Il ne veut pas admettre que l’Ukraine, ce pays qu’il est censé écraser depuis presque quatre ans, est capable de frapper en profondeur sur le territoire russe. Il ne veut pas montrer sa faiblesse. Alors il se tait. Et espère que les gens ne remarqueront pas les raffineries en flammes.
Les enjeux géopolitiques
L’Occident et les frappes en profondeur
Ces frappes ukrainiennes soulèvent des questions géopolitiques complexes. Pendant longtemps, les alliés occidentaux de l’Ukraine ont été réticents à fournir des armes capables de frapper en profondeur sur le territoire russe, craignant une escalade. Mais l’Ukraine a contourné ce problème en développant ses propres capacités. Les drones ukrainiens sont fabriqués en Ukraine, avec de la technologie ukrainienne. L’Occident n’a rien à voir avec ça.
Cette indépendance technologique donne à l’Ukraine une liberté d’action considérable. Elle peut frapper où elle veut, quand elle veut, sans avoir à demander la permission à Washington ou à Bruxelles. Et elle en profite. Les frappes se multiplient. Les cibles se diversifient. Et l’Occident ne peut que regarder, parfois avec inquiétude, parfois avec admiration.
Personnellement, je trouve ça rafraîchissant. Pendant trop longtemps, l’Ukraine a été dépendante de la bonne volonté occidentale. Maintenant, elle prend son destin en main. Elle développe ses propres armes. Elle mène sa propre guerre. Et elle le fait avec une efficacité qui force le respect.
L’impact sur les négociations
Ces frappes ont également un impact sur les éventuelles négociations de paix. Plus l’Ukraine démontre sa capacité à frapper la Russie, plus elle a de cartes en main à la table des négociations. Poutine ne peut plus prétendre que la Russie est invulnérable. Il ne peut plus menacer l’Ukraine sans craindre des représailles sur son propre territoire. L’équilibre des forces change.
Et c’est exactement ce que l’Ukraine cherche à accomplir. Pas nécessairement gagner la guerre par des frappes de drones — ce serait irréaliste. Mais changer suffisamment l’équation pour forcer la Russie à accepter une paix qui respecte la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Chaque raffinerie en flammes est un argument de plus pour convaincre Poutine que continuer cette guerre coûte trop cher.
Conclusion : le feu qui ne s'éteint pas
Une nouvelle normalité
La nuit du 6 janvier 2026 restera dans les mémoires comme une de ces nuits où la guerre est venue frapper au cœur de la Russie. Mais ce ne sera pas la dernière. Les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes sont devenues une nouvelle normalité. Chaque semaine apporte son lot d’explosions, d’incendies, de raffineries endommagées. Et cette tendance ne va pas s’inverser.
L’Ukraine a trouvé une stratégie qui fonctionne. Elle a développé les outils pour la mettre en œuvre. Et elle a la détermination pour continuer. Tant que la Russie occupera le territoire ukrainien, tant qu’elle bombardera les villes ukrainiennes, tant qu’elle refusera de se retirer, les drones ukrainiens continueront à voler vers le nord. Vers les raffineries. Vers les dépôts. Vers le cœur économique de la machine de guerre russe.
Et moi, je regarde ces flammes dans le ciel russe avec un mélange d’émotions. De la satisfaction, oui. Parce que la justice existe, même dans la guerre. De la tristesse aussi, pour ce civil mort à Tver, pour tous les civils pris dans cette spirale de violence. Mais surtout, de l’espoir. L’espoir que chaque raffinerie en flammes rapproche un peu plus la fin de cette guerre. L’espoir que Poutine finira par comprendre que cette guerre ne peut pas être gagnée. L’espoir que la paix viendra, même si elle doit être forgée dans le feu et l’acier.
Ce qui nous attend
Que nous réserve l’avenir ? Plus d’attaques, certainement. L’Ukraine a promis d’intensifier sa campagne contre les infrastructures russes. De nouvelles technologies de drones sont en développement. De nouvelles tactiques sont testées. Et la liste des cibles potentielles est longue. Très longue.
Pour la Russie, les choix sont limités. Elle peut essayer de renforcer ses défenses aériennes, mais elle ne pourra jamais tout protéger. Elle peut essayer de frapper en retour, mais elle le fait déjà depuis presque quatre ans sans résultat décisif. Ou elle peut accepter la réalité : cette guerre lui coûte de plus en plus cher, et le prix ne fera qu’augmenter.
Pour l’Ukraine, le message est clair : la guerre n’est pas seulement défensive. L’Ukraine peut frapper. Elle peut faire mal. Elle peut imposer un coût inacceptable à l’agresseur. Et elle le fera, encore et encore, jusqu’à ce que la paix revienne. Une paix juste. Une paix durable. Une paix qui respecte la souveraineté ukrainienne.
En attendant, les raffineries russes continueront à brûler. Les drones ukrainiens continueront à voler. Et le ciel russe continuera à s’illuminer, nuit après nuit, rappelant à tous que la guerre a un prix. Et que ce prix, c’est la Russie qui le paie.
Sources
Kyiv Independent – « Ukrainian drones strike oil facilities in several Russian regions and residential building in Tver, officials say » – 6 janvier 2026 – https://kyivindependent.com/ukrainian-drones-strike-oil-facilities-in-several-regions-residential-building-in-russias-tver-officials-say/
News.Az – « Drone attacks hit Russian regions, refinery fire reported » – 6 janvier 2026 – https://news.az/news/drone-attacks-hit-russian-regions-refinery-fire-reported-video
Radio Free Europe/Radio Liberty – « Ukraine’s Long-Distance Drones Take Toll On Russia’s Oil Business — And War Chest » – 28 novembre 2025 – https://www.rferl.org/a/ukraine-targets-russian-oil-gas-infrastructure-analysis/33606305.html
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