Trente-trois mille vies en trente jours
Décembre 2025 n’était pas un mois comme les autres. Les températures glaciales. Les jours courts. Les nuits interminables. Et au milieu de tout ça, une hécatombe russe sans précédent. Trente-trois mille soldats neutralisés. Mais ce chiffre, aussi vertigineux soit-il, ne raconte qu’une partie de l’histoire. Syrskyi insiste : seuls les cas confirmés par vidéo sont comptabilisés. Combien d’autres sont morts dans des tranchées isolées, dans des forêts perdues, dans des villages abandonnés ? Combien de corps n’ont jamais été récupérés ? Combien de familles russes attendent encore des nouvelles qui ne viendront jamais ?
La méthodologie ukrainienne est rigoureuse. Chaque neutralisation doit être documentée. Filmée. Vérifiée. C’est une guerre où la preuve vidéo est devenue aussi importante que la victoire tactique. Les drones ne se contentent pas de frapper — ils enregistrent. Ils témoignent. Ils créent un registre implacable de la destruction. Cette transparence sert plusieurs objectifs : prouver l’efficacité des opérations, justifier les investissements, maintenir le moral des troupes. Mais elle révèle aussi l’ampleur réelle du carnage. Et si 33 000 morts sont confirmés, combien sont passés sous le radar ?
Je pense à ces vidéos. Des heures et des heures d’enregistrements. Des explosions. Des corps qui s’effondrent. Des véhicules qui brûlent. C’est l’archive la plus macabre de l’histoire militaire moderne. Et quelque part, des analystes ukrainiens passent leurs journées à visionner ces images, à compter les morts, à vérifier chaque frappe. Quel poids ça doit être. Quelle responsabilité. Mais aussi quelle nécessité. Parce que dans cette guerre, la vérité est une arme aussi puissante que les drones eux-mêmes.
Le seuil psychologique franchi
Il y a des moments dans une guerre où les chiffres deviennent des symboles. Où les statistiques se transforment en tournants psychologiques. Décembre 2025 est l’un de ces moments. Pour la première fois, les pertes russes ont égalé le nombre de recrues mobilisées. C’est un équilibre terrifiant. Un point mort démographique. Moscou peut encore envoyer des hommes au front, mais elle ne peut plus compenser les pertes. La machine de guerre russe, qui semblait inépuisable, montre ses limites.
Ce seuil a des implications stratégiques majeures. Si l’Ukraine maintient ce rythme, l’armée russe va progressivement s’éroder. Pas en quelques semaines. Pas en quelques mois. Mais inexorablement. Chaque mois qui passe avec un bilan négatif affaiblit un peu plus la capacité offensive de Moscou. Les unités deviennent sous-effectifs. Les remplacements sont moins bien formés. L’expérience se perd. Le moral s’effondre. C’est une spirale descendante dont il est difficile de sortir. Et Poutine le sait.
L'arsenal qui change tout : 339 000 missions en un mois
Une armada aérienne sans précédent
Imaginez le ciel ukrainien en décembre 2025. Des milliers de drones. Partout. Tout le temps. 339 000 missions aériennes en trente jours. Ça fait plus de 11 000 sorties par jour. Plus de 450 par heure. Presque huit par minute. C’est une intensité opérationnelle qui dépasse tout ce qu’on a vu dans l’histoire de l’aviation militaire. Et ce ne sont pas des avions de chasse pilotés par des humains. Ce sont des machines autonomes, guidées à distance, capables de voler pendant des heures, de frapper avec précision, de revenir à la base pour être rechargées et renvoyées au combat.
La diversité de ces drones est impressionnante. Des petits quadricoptères commerciaux modifiés pour larguer des grenades. Des drones kamikazes chargés d’explosifs. Des appareils de reconnaissance équipés de caméras haute définition. Des drones longue portée capables de frapper à l’intérieur du territoire russe. Chaque type a son rôle. Chaque mission a son objectif. Et ensemble, ils forment un réseau de surveillance et de frappe qui couvre l’ensemble du front. Les Russes ne peuvent plus se déplacer sans être vus. Ils ne peuvent plus se regrouper sans être frappés. Ils ne peuvent plus se reposer sans être traqués.
Onze mille sorties par jour. J’essaie de visualiser ça. C’est comme si chaque seconde, quelque part au-dessus de l’Ukraine, un drone décollait. Chaque seconde. Sans interruption. C’est une guerre industrielle d’un nouveau genre. Pas des usines qui produisent des obus. Mais des essaims de machines qui ne dorment jamais, ne mangent jamais, ne se fatiguent jamais. Et face à ça, des soldats russes qui doivent lever les yeux en permanence, qui savent que la mort peut tomber du ciel à tout moment. Quel enfer ça doit être.
Les robots terrestres entrent en scène
Les drones aériens volent la vedette, mais les systèmes robotiques terrestres commencent à jouer un rôle crucial. Près de 2 100 missions en décembre. Ces machines rampent, roulent, se faufilent dans les tranchées. Elles transportent des munitions, évacuent des blessés, posent des mines, détruisent des fortifications. Elles vont là où les humains ne peuvent pas aller. Elles prennent les risques que personne ne veut prendre. Et surtout, elles ne meurent pas — elles se cassent, et on les répare.
L’Ukraine est en train de construire l’armée hybride du futur. Une force où les humains et les machines travaillent en symbiose. Les soldats ukrainiens ne sont plus seuls sur le champ de bataille. Ils ont des yeux dans le ciel, des bras robotiques au sol, des systèmes d’intelligence artificielle qui analysent les données en temps réel. C’est une révolution tactique qui redéfinit ce que signifie être un soldat. Et la Russie, malgré tous ses efforts, peine à suivre le rythme de cette innovation.
Vingt milliards de dollars de destruction en sept mois
Le coût astronomique pour Moscou
Les chiffres donnent le vertige. 20 milliards de dollars de matériel militaire russe détruit en sept mois. C’est plus que le budget de défense annuel de nombreux pays européens. 532 chars. Environ 2 500 systèmes d’artillerie et obusiers. Près de 7 700 véhicules. Plus de 5 500 motos et VTT. Et plus de 50 000 soldats. Chaque drone ukrainien est un investissement qui rapporte des dividendes exponentiels. Un drone à quelques milliers de dollars peut détruire un char à plusieurs millions. Un essaim de drones commerciaux peut neutraliser une batterie d’artillerie qui vaut des dizaines de millions.
Mais au-delà des chiffres, il y a l’impact stratégique. Chaque char détruit est un char de moins pour l’offensive russe. Chaque système d’artillerie neutralisé, c’est un village ukrainien qui ne sera pas bombardé. Chaque véhicule en flammes, c’est une ligne de ravitaillement coupée. Les drones ukrainiens ne se contentent pas de tuer — ils paralysent. Ils désorganisent. Ils créent le chaos dans les rangs russes. Et ce chaos a un coût qui dépasse largement les 20 milliards officiels. C’est le coût de la peur, de l’incertitude, de la démoralisation.
Vingt milliards. Je me demande si Poutine réalise vraiment ce que ça signifie. C’est l’équivalent de plusieurs années de budget militaire gaspillé en quelques mois. Et pour quoi ? Pour gagner quelques kilomètres de territoire dévasté ? Pour planter un drapeau russe sur des ruines ? L’absurdité économique de cette guerre me frappe à chaque fois que je vois ces chiffres. Mais Poutine ne compte pas en dollars. Il compte en prestige, en pouvoir, en héritage. Et tant que son ego sera intact, les milliards continueront de brûler.
Plus de 350 frappes en territoire russe
L’Ukraine ne se contente plus de défendre son territoire. Elle frappe au cœur de la Russie. Plus de 350 attaques de drones longue portée ont été menées directement sur le sol russe. Des dépôts de carburant en flammes. Des bases aériennes endommagées. Des usines d’armement paralysées. Des infrastructures critiques sabotées. Chaque frappe envoie un message clair : la guerre n’est plus à sens unique. Les Russes qui pensaient être à l’abri derrière leurs frontières découvrent que les drones ukrainiens peuvent les atteindre n’importe où.
Ces opérations représentent un coût estimé à 3 milliards de dollars par mois pour Moscou. C’est une hémorragie financière qui s’ajoute aux pertes sur le front. Et psychologiquement, l’impact est dévastateur. Les citoyens russes voient des explosions dans leurs villes. Ils entendent les sirènes. Ils réalisent que la « opération militaire spéciale » de Poutine n’est pas aussi contrôlée qu’on le leur dit. La propagande du Kremlin peut mentir sur les pertes au front, mais elle ne peut pas cacher les incendies qui illuminent le ciel russe.
La réponse désespérée de Moscou
80 000 opérateurs de drones russes… et ça ne suffit pas
Poutine n’est pas stupide. Il voit ce qui se passe. Il comprend que l’Ukraine est en train de gagner la guerre des drones. Alors il réagit. Selon les renseignements militaires ukrainiens, la Russie a créé des troupes de drones séparées comptant environ 80 000 personnes. Et ce n’est qu’un début. Moscou prévoit de les étendre à 165 500 en 2026 et près de 210 000 d’ici 2030. C’est une mobilisation massive. Une course aux armements technologiques. Mais elle arrive trop tard.
Le problème pour la Russie, c’est que la quantité ne remplace pas la qualité. L’Ukraine a passé des années à développer une doctrine de guerre par drones. Elle a formé ses opérateurs. Elle a testé ses tactiques. Elle a créé une culture d’innovation où chaque unité partage ses découvertes, où chaque échec devient une leçon. La Russie, elle, essaie de rattraper son retard en jetant des hommes et de l’argent sur le problème. Mais on ne construit pas une force de drones efficace en quelques mois. Ça prend du temps. De l’expérience. Et surtout, une mentalité que l’armée russe, avec sa hiérarchie rigide et sa culture du secret, peine à adopter.
Je trouve ça presque pathétique. Poutine qui essaie de copier ce que l’Ukraine a construit par nécessité. C’est comme regarder un dinosaure essayer d’apprendre à voler en voyant les oiseaux. La Russie a toutes les ressources du monde — l’argent, les usines, les ingénieurs. Mais elle n’a pas l’agilité. Elle n’a pas la créativité. Elle n’a pas cette capacité ukrainienne à transformer la contrainte en innovation. Et ça, aucun budget ne peut l’acheter.
400 drones longue portée par jour : la production russe s’emballe
Moscou a dépassé sa commande d’État annuelle pour la production de drones longue portée. Les usines russes produisent maintenant plus de 400 drones par jour. C’est impressionnant sur le papier. C’est terrifiant dans la réalité. Mais voilà le paradoxe : malgré cette production massive, la Russie perd toujours plus qu’elle ne gagne. Parce que produire des drones ne suffit pas. Il faut les opérer efficacement. Il faut les coordonner. Il faut les intégrer dans une stratégie cohérente. Et sur tous ces points, l’Ukraine garde l’avantage.
La qualité des drones russes est également questionnable. Beaucoup sont des copies de modèles iraniens. D’autres sont des designs obsolètes remis au goût du jour. Ils volent, certes. Ils explosent, parfois. Mais ils n’ont pas la sophistication des systèmes ukrainiens. Ils n’ont pas les capacités de communication avancées. Ils n’ont pas l’intelligence artificielle embarquée. C’est une guerre asymétrique où l’Ukraine compense son infériorité numérique par une supériorité technologique et tactique. Et pour l’instant, ça fonctionne.
Le système eBaly : gamifier la guerre pour gagner
Des points pour des vies : l’innovation ukrainienne qui dérange
Voici une idée qui aurait semblé folle il y a quelques années : transformer la guerre en jeu vidéo. C’est exactement ce que l’Ukraine a fait avec le système eBaly. Chaque frappe de drone confirmée rapporte des points. Ces points peuvent être échangés contre de l’équipement. Les unités se font concurrence. Les meilleurs opérateurs sont récompensés. Et ça marche. En décembre, le système a contribué à un record de 106 859 frappes de drones, dont plus de 33 000 contre du personnel russe.
C’est controversé. C’est dérangeant. C’est profondément moderne. Le ministre ukrainien de la Transformation numérique, Mykhailo Fedorov, défend le système en expliquant que les données de frappes vérifiées sont utilisées pour récompenser les unités avec des points échangeables contre de l’équipement, encourageant la compétition entre les branches militaires. Mais au-delà de la mécanique, il y a une philosophie : utiliser les leviers psychologiques du jeu pour motiver les soldats. Ça peut choquer. Ça peut sembler déshumanisant. Mais dans une guerre existentielle, l’Ukraine utilise tous les outils à sa disposition.
Je suis déchiré par ce système. D’un côté, je comprends la logique. La guerre moderne exige de l’efficacité. Si gamifier les opérations augmente la motivation et les résultats, pourquoi pas ? Mais d’un autre côté, il y a quelque chose de profondément troublant à réduire la mort à des points sur un tableau de bord. Chaque frappe confirmée, c’est un être humain qui meurt. Et même si c’est un soldat russe, même si c’est un envahisseur, ça reste une vie. Mais voilà le dilemme moral de cette guerre : l’Ukraine n’a pas le luxe de la pureté éthique. Elle doit gagner. Par tous les moyens nécessaires.
La compétition comme moteur de l’innovation
Le système eBaly ne se contente pas de récompenser les frappes. Il crée une culture de l’innovation. Les unités partagent leurs meilleures tactiques. Les opérateurs développent de nouvelles techniques. Les commandants expérimentent avec différentes approches. Et tout ça est documenté, analysé, diffusé. C’est un cycle d’amélioration continue qui transforme chaque bataille en leçon, chaque échec en opportunité d’apprentissage. La Russie, avec sa culture militaire hiérarchique, ne peut pas reproduire ça. Elle peut copier la technologie, mais pas la mentalité.
Les résultats parlent d’eux-mêmes. Le nombre de cibles touchées a augmenté de 31% en décembre. Le nombre de militaires russes frappés a bondi de plus d’un quart. Ce ne sont pas des améliorations marginales. Ce sont des bonds quantiques. Et ils sont directement liés à cette culture de compétition et d’innovation que le système eBaly a contribué à créer. L’Ukraine a transformé son armée en une organisation apprenante, capable de s’adapter plus vite que son adversaire. Et dans une guerre moderne, la vitesse d’adaptation est souvent plus importante que la taille de l’armée.
Les Forces de systèmes sans pilote : l'armée du futur existe déjà
2,2% des effectifs, 100% de l’impact
Voici un paradoxe militaire fascinant : les Forces de systèmes sans pilote ne représentent que 2,2% des effectifs militaires ukrainiens, mais elles sont devenues l’arme la plus efficace sur le champ de bataille. C’est un ratio d’efficacité qui défie toute logique traditionnelle. Dans les guerres du passé, la puissance de feu était proportionnelle au nombre de soldats. Plus d’hommes signifiait plus de fusils, plus de canons, plus de force. Aujourd’hui, une poignée d’opérateurs de drones peut avoir plus d’impact qu’un bataillon entier d’infanterie.
Cette branche militaire, créée en juin 2025, est la première au monde entièrement dédiée aux systèmes sans pilote. C’est une reconnaissance officielle que la guerre a changé. Que les drones ne sont plus un complément aux forces traditionnelles, mais une force à part entière. L’Ukraine a institutionnalisé ce que d’autres pays considèrent encore comme expérimental. Elle a créé une chaîne de commandement dédiée, des programmes de formation spécialisés, des budgets alloués. Et surtout, elle a donné à ces unités l’autonomie nécessaire pour innover et expérimenter.
Je pense à tous ces généraux dans le monde qui regardent l’Ukraine avec un mélange de fascination et d’inquiétude. Parce qu’ils savent que ce qu’ils voient, c’est l’avenir de la guerre. Et cet avenir rend obsolète une grande partie de leur doctrine militaire. Les chars ? Vulnérables. L’artillerie ? Repérable. Les concentrations de troupes ? Des cibles faciles. L’Ukraine est en train de réécrire les manuels militaires en temps réel. Et le reste du monde prend des notes.
168 000 cibles en sept mois : le bilan qui fait trembler Moscou
Depuis leur création, les Forces de systèmes sans pilote ont frappé plus de 168 000 cibles individuelles. C’est un chiffre qui dépasse l’imagination. 168 000 fois, un opérateur ukrainien a identifié une cible, guidé un drone, appuyé sur un bouton. 168 000 fois, une explosion a retenti quelque part sur le front. 168 000 fois, la machine de guerre russe a perdu un élément — un véhicule, une position, un soldat. C’est une guerre d’attrition menée avec une précision chirurgicale.
Et ce n’est pas fini. Syrskyi a annoncé que l’Ukraine prévoit d’augmenter encore ses capacités de drones en 2026, y compris la formation d’unités spécialisées supplémentaires. L’objectif est clair : maintenir et élargir l’avantage technologique. Ne pas laisser à la Russie le temps de rattraper son retard. Continuer à innover, à expérimenter, à pousser les limites de ce qui est possible. Parce que dans cette guerre, celui qui s’arrête de progresser commence à perdre. Et l’Ukraine n’a pas l’intention de s’arrêter.
La guerre asymétrique redéfinie
David contre Goliath, version 2025
L’histoire militaire est remplie d’exemples de guerres asymétriques. Des petites nations qui tiennent tête à des empires. Des guérillas qui épuisent des armées conventionnelles. Mais ce que l’Ukraine accomplit est différent. Elle ne se contente pas de survivre face à un adversaire plus grand. Elle le surpasse dans un domaine spécifique. Elle transforme sa faiblesse numérique en force technologique. C’est David contre Goliath, mais David a des drones.
La Russie a plus de soldats. Plus de chars. Plus d’artillerie. Plus de tout. Mais elle ne peut pas protéger tout ça contre des essaims de drones. Elle ne peut pas cacher ses mouvements de troupes. Elle ne peut pas sécuriser ses lignes de ravitaillement. Elle ne peut pas empêcher ses soldats de lever les yeux avec terreur à chaque bourdonnement dans le ciel. L’Ukraine a trouvé le point faible de Goliath — et elle frappe encore et encore au même endroit, jusqu’à ce que le géant vacille.
Il y a quelque chose de profondément satisfaisant dans cette histoire. Pas dans la mort, jamais dans la mort. Mais dans l’idée qu’une nation plus petite, plus pauvre, moins peuplée, peut tenir tête à un empire par l’ingéniosité pure. L’Ukraine ne gagne pas parce qu’elle est plus forte. Elle gagne parce qu’elle est plus intelligente. Plus adaptable. Plus créative. Et ça, c’est une leçon qui dépasse largement cette guerre. C’est une leçon sur la résilience humaine, sur la capacité à transformer la contrainte en opportunité.
Le coût humain de l’innovation
Mais derrière chaque statistique, il y a des vies. Des opérateurs de drones ukrainiens qui passent des heures devant des écrans, guidant leurs machines vers des cibles. Des soldats russes qui meurent sans jamais voir leur ennemi. Des familles des deux côtés qui pleurent leurs morts. La guerre par drones est plus propre sur le papier, mais elle reste une guerre. Elle reste une tragédie humaine. Elle reste un gaspillage de vies et de potentiel.
Les opérateurs de drones ukrainiens ne sont pas des joueurs de jeux vidéo détachés de la réalité. Ils voient les résultats de leurs frappes. Ils regardent les explosions. Ils comptent les corps. Et ça laisse des traces. Le stress post-traumatique ne vient pas seulement du combat rapproché. Il vient aussi de cette distance paradoxale — être physiquement en sécurité tout en infligeant la mort à distance. C’est une nouvelle forme de trauma de guerre que les psychologues commencent à peine à comprendre. Et l’Ukraine devra gérer ces conséquences pendant des décennies.
Ce que ça signifie pour l'avenir de la guerre
La fin des armées de masse ?
Si décembre 2025 marque un tournant, c’est peut-être la fin d’une ère militaire. L’ère où la taille de l’armée déterminait le résultat des guerres. L’ère où mobiliser des millions d’hommes était la clé de la victoire. L’Ukraine est en train de prouver qu’une force plus petite, mieux équipée, plus technologique, peut neutraliser un adversaire numériquement supérieur. Et si c’est vrai, alors toutes les doctrines militaires basées sur la masse humaine deviennent obsolètes.
Imaginez les implications. Les pays ne pourront plus compter sur leur population pour gagner des guerres. Ils devront investir massivement dans la technologie. Former des opérateurs hautement qualifiés. Développer des systèmes autonomes de plus en plus sophistiqués. La guerre deviendra une compétition technologique avant d’être un affrontement humain. C’est terrifiant. C’est fascinant. C’est inévitable. Et l’Ukraine est en train de montrer la voie, que le monde le veuille ou non.
Je me demande si on réalise vraiment ce qui est en train de se passer. On assiste à la naissance d’un nouveau type de guerre. Une guerre où les machines font le travail sale, où les humains orchestrent depuis des bunkers sécurisés, où la mort devient une question d’algorithmes et de précision GPS. C’est plus propre, en apparence. Moins de soldats morts. Moins de combats au corps à corps. Mais est-ce vraiment mieux ? Ou est-ce juste une nouvelle façon de nous mentir sur l’horreur de la guerre ?
La course aux armements du XXIe siècle
Ce que l’Ukraine a déclenché, c’est une nouvelle course aux armements. Tous les pays du monde regardent. Tous prennent des notes. Tous se demandent comment ils peuvent reproduire ce succès. Les budgets de défense vont être réorientés vers les drones. Les programmes de recherche vont se multiplier. Les startups technologiques vont recevoir des contrats militaires. Et dans dix ans, chaque armée du monde aura sa propre version des Forces de systèmes sans pilote ukrainiennes.
Mais voici le danger : la prolifération des drones militaires. Si la technologie devient accessible, elle tombera entre toutes les mains. Les groupes terroristes. Les cartels. Les milices. Les régimes autoritaires. Les drones qui défendent l’Ukraine aujourd’hui pourraient devenir les armes des oppresseurs demain. C’est le paradoxe de toute innovation militaire — elle commence par protéger, elle finit par menacer. Et personne ne sait vraiment comment contrôler cette prolifération une fois qu’elle aura commencé.
Conclusion : Le mois où l'équation a changé
Poutine face à une réalité implacable
Décembre 2025 restera dans l’histoire comme le mois où la stratégie de Poutine a heurté un mur technologique. Le mois où sa doctrine de la masse humaine s’est révélée insuffisante. Le mois où les drones ukrainiens ont prouvé qu’ils pouvaient tuer plus vite que Moscou ne pouvait recruter. C’est un tournant psychologique autant que militaire. Parce que si cette tendance se maintient, si l’Ukraine continue à neutraliser plus de soldats russes que Poutine n’en mobilise, alors la guerre devient mathématiquement ingagnable pour la Russie.
Bien sûr, Poutine ne l’admettra jamais. Il doublera la mise. Il mobilisera encore plus. Il produira encore plus de drones. Il jettera encore plus de ressources dans ce gouffre. Mais les chiffres ne mentent pas. Et les chiffres disent que l’Ukraine a trouvé la formule. Une combinaison de technologie, de tactique, d’innovation et de détermination qui compense son infériorité numérique. C’est une leçon que Moscou apprend à ses dépens, un soldat à la fois, un drone à la fois.
Je regarde ces statistiques et je ressens un mélange étrange d’espoir et de tristesse. Espoir parce que l’Ukraine prouve qu’elle peut gagner. Que la technologie et l’ingéniosité peuvent triompher de la brutalité et de la masse. Mais tristesse parce que chaque chiffre représente une vie perdue. Parce que même dans la victoire, il n’y a que des cicatrices. Parce que cette guerre, quelle que soit son issue, laissera des blessures qui mettront des générations à guérir.
L’avenir s’écrit dans le ciel ukrainien
Ce qui se passe au-dessus de l’Ukraine en ce moment, c’est l’avenir de la guerre. Les essaims de drones. Les systèmes autonomes. L’intelligence artificielle au service de la destruction. C’est terrifiant. C’est fascinant. C’est inévitable. Et l’Ukraine, par nécessité, est devenue le laboratoire où cet avenir se construit. Chaque mission de drone est une expérience. Chaque frappe est une donnée. Chaque innovation est un pas vers un nouveau paradigme militaire.
Le monde regarde. Le monde apprend. Et dans quelques années, quand les historiens écriront sur cette guerre, ils parleront de décembre 2025 comme du moment où tout a basculé. Le moment où les drones ont prouvé qu’ils pouvaient changer l’issue d’une guerre. Le moment où une petite nation a tenu tête à un empire grâce à la technologie. Le moment où l’avenir a rattrapé le présent, dans le ciel glacé de l’Ukraine, au bourdonnement incessant de milliers de machines qui ne dorment jamais, ne se fatiguent jamais, et ne s’arrêtent jamais de frapper.
Sources
Euromaidan Press – « Syrskyi: Ukraine’s drones now destroy Russian troops faster than Putin can replace them » – 6 janvier 2026 – https://euromaidanpress.com/2026/01/06/december-first-month-russian-losses-matched-recruitment/
Liga.net – « Syrskyi: For the first time, drones neutralized about as many occupants as Russia called up in a month » – 6 janvier 2026 – https://news.liga.net/en/politics/news/syrskyi-for-the-first-time-drones-neutralized-about-as-many-occupants-as-russia-called-up-in-a-month
UNITED24 Media – « Ukraine’s Drones Wrecked $20 Billion of Russian Military Might in 7 Months » – 6 janvier 2026 – https://united24media.com/latest-news/ukraines-drones-wrecked-20-billion-of-russian-military-might-in-7-months-14785
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