Un sommet sous haute tension diplomatique
Le sommet parisien du 6 janvier 2026 n’est pas une réunion de routine. C’est un moment charnière. Macron accueille plus de trente pays, dont les dirigeants européens clés, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, et — détail crucial — les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Leur présence signale que Washington suit de près. Très près. Le programme est dense : Zelensky et Macron se rencontrent en bilatéral à 12h15, heure locale. Puis discussions avec Witkoff et Kushner. À 15h, la Coalition des volontaires se réunit à huis clos. À 18h15, conférence de presse conjointe avec Zelensky, Macron, Starmer et le chancelier allemand Friedrich Merz. En soirée, nouvelle réunion entre Zelensky, Kushner, Witkoff et d’autres délégués américains et ukrainiens.
Ce calendrier serré reflète l’urgence. Zelensky a annoncé un sprint diplomatique de janvier : consultations militaires à Paris le 4 janvier, sommet des dirigeants les jours suivants, puis réunion aux États-Unis fin janvier. « Nous n’allouons pas beaucoup de temps pour cela », a-t-il prévenu. Le message est clair : l’Ukraine ne va pas attendre indéfiniment que l’Europe se décide. Soit les garanties de sécurité se concrétisent maintenant, soit Kyiv devra chercher d’autres solutions. Et personne ne veut imaginer ce que cela signifie.
Les chefs d’état-major préparent le terrain
Avant même l’arrivée des dirigeants, les militaires ont posé les bases. Le 6 janvier au matin, les chefs d’état-major d’Ukraine, du Royaume-Uni et de France se sont réunis à Paris pour discuter des « modalités » de mise en œuvre des garanties de sécurité. Alexus Grynkewich, chef du Commandement européen des États-Unis et Commandant suprême allié en Europe, était présent. D’autres chefs militaires de pays de la coalition ont participé en ligne. Le chef d’état-major français Fabien Mandon a déclaré après la réunion : « Le travail militaire en cours, mené depuis des mois avec notre Coalition et en coordination avec les États-Unis, soutient les efforts politiques pour établir une paix durable sur notre continent ».
Ces discussions techniques sont cruciales. Elles définissent où les troupes seront déployées, comment elles seront équipées, quelles seront leurs règles d’engagement. Zelensky a esquissé la mission : les forces européennes se déploieraient « effectivement immédiatement après le cessez-le-feu » — pas éventuellement, pas une fois les conditions stabilisées, mais tout de suite. Leur rôle : surveiller la cessation des hostilités, soutenir les forces ukrainiennes avec des armes, de la technologie et du renseignement. Les « garanties de sécurité multivectorielles » couvriraient terre, mer et ciel. Certains détails resteraient classifiés, notamment ceux impliquant le travail de renseignement conjoint. La force de réassurance ne combattrait pas en première ligne. Macron a précisé qu’elle serait stationnée dans des « lieux stratégiques » — villes, ports, centrales électriques — comme élément dissuasif contre une nouvelle agression russe.
Et là, je me demande : est-ce que ça suffira ? Est-ce que quelques milliers de soldats européens dans des bases arrière vont vraiment dissuader Poutine ? L’homme a envahi l’Ukraine malgré toutes les menaces. Il a bombardé des hôpitaux, des écoles, des civils. Il a transformé des villes entières en ruines. Est-ce qu’il va s’arrêter parce que des Britanniques et des Français montent la garde à Odessa ? J’aimerais y croire. Vraiment. Mais le doute me ronge.
Le plan de paix à 90% : entre espoir et zones d'ombre
Vingt points pour mettre fin à quatre années de guerre
Zelensky l’a annoncé dans son discours du Nouvel An : le plan de paix est prêt à 90%. Quatre-vingt-dix pour cent. Ce chiffre a fait le tour du monde. Il suggère qu’un accord est à portée de main. Que la fin de cette guerre cauchemardesque approche. Mais les 10% restants sont les plus difficiles. Les plus douloureux. Les plus controversés. Le plan, initialement composé de vingt-huit points, a été retravaillé en un cadre de vingt points après les négociations entre Zelensky et Trump à Mar-a-Lago en Floride fin décembre 2025. Lors d’une conférence de presse conjointe le 28 décembre, Trump a déclaré que les pourparlers de paix étaient dans leurs « étapes finales », sans fournir plus de détails.
Que contient ce plan ? Les grandes lignes incluent un cessez-le-feu, des garanties de sécurité pour l’Ukraine, un calendrier pour la reconstruction, et des mécanismes pour prévenir une nouvelle agression russe. Zelensky a révélé que les garanties bilatérales entre l’Ukraine et les États-Unis sont déjà « entièrement convenues ». Washington aurait offert des garanties de sécurité pour quinze ans, bien que le calendrier de mise en œuvre ne soit pas encore clair. Un arrangement plus large entre les États-Unis, l’Europe et l’Ukraine est en voie d’achèvement. Selon le président ukrainien, l’accord final doit inclure la présence physique de troupes étrangères — notamment françaises et britanniques — sur le territoire ukrainien.
Les 10% qui bloquent tout : la question territoriale
Les 10% restants concernent les concessions territoriales que Kyiv est invité à accepter. Et c’est là que tout se complique. La Russie contrôle actuellement environ 20% de l’Ukraine, dont environ 75% de la région de Donetsk et quelque 99% de la région voisine de Louhansk. Ces deux régions forment le Donbass, bassin industriel stratégique. Moscou exige le contrôle total du Donbass dans le cadre d’un accord. Poutine a été clair : pas de compromis sur cet objectif. Il veut aussi que l’Ukraine abandonne ses aspirations à l’OTAN et reconnaisse l’annexion de la Crimée. Kyiv, de son côté, a averti que céder du terrain encouragerait Moscou et a déclaré qu’il ne signerait pas un accord de paix qui ne dissuaderait pas la Russie d’envahir à nouveau.
C’est le nœud du problème. Comment convaincre Zelensky d’abandonner des territoires que des centaines de milliers d’Ukrainiens ont défendus au prix de leur vie ? Comment lui demander de renoncer à des villes où des familles entières ont été massacrées ? Et comment garantir que Poutine, une fois satisfait, ne reviendra pas pour prendre le reste ? Ces questions hantent les négociations. Elles expliquent pourquoi les 10% restants sont si difficiles à boucler. Parce qu’ils touchent à l’essentiel : la souveraineté, la dignité, la survie même de l’Ukraine en tant que nation indépendante.
Je pense aux Ukrainiens qui ont tout perdu. Leurs maisons, leurs proches, leurs rêves. Et on leur demande maintenant d’accepter que leurs sacrifices n’ont pas suffi. Qu’ils doivent abandonner une partie de leur pays pour avoir la paix. C’est déchirant. C’est injuste. Et pourtant, je comprends aussi la lassitude. Quatre ans de guerre, c’est long. Trop long. Combien de morts encore avant que ça s’arrête ? Combien de villes détruites ? Combien d’enfants orphelins ? La paix a un prix. Mais ce prix est-il trop élevé ?
La Russie, l'invitée absente qui dicte les règles
Moscou rejette tout compromis
Pendant que l’Europe et l’Ukraine négocient à Paris, la Russie observe. Et bombarde. Dans la nuit du 5 au 6 janvier, des frappes russes ont tué deux personnes en Ukraine et forcé des évacuations nocturnes dans des températures glaciales. Une frappe a déclenché un incendie dans une clinique médicale privée de la capitale, tuant une personne et en blessant trois autres. Les services d’urgence ont diffusé des images de secouristes évacuant des blessés sur des civières depuis un bâtiment éventré. « Les médecins et les infirmières ont été forcés d’évacuer les blessés sous le feu », a déclaré la Première ministre ukrainienne Yulia Svyrydenko sur X. Un homme de soixante-dix ans a également été tué dans la ville voisine de Fastiv. Les frappes ont provoqué des coupures de courant dans la région, avec activation de systèmes de secours pour maintenir l’approvisionnement en eau et en chauffage, alors que les températures chutaient à -8°C.
La Russie a lancé un total de 165 drones et au moins neuf missiles durant la nuit, selon l’armée de l’air ukrainienne. Ce n’est pas un hasard. Poutine envoie un message : il ne négocie pas sous pression. Il intensifie les attaques, particulièrement contre le secteur énergétique ukrainien, pour paralyser le pays en plein hiver rigoureux. Il veut montrer qu’il tient toujours les cartes. Qu’il peut infliger la souffrance quand il le souhaite. Et que toutes les discussions à Paris ne changeront rien tant qu’il n’aura pas obtenu ce qu’il veut.
Les exigences maximalistes du Kremlin
Moscou a constamment rejeté l’idée d’un cessez-le-feu temporaire. Le Kremlin veut un accord définitif qui consacre ses gains territoriaux. Poutine exige le contrôle total du Donbass, y compris les territoires encore tenus par les forces de Kyiv. Il refuse catégoriquement la présence de troupes occidentales en Ukraine dans le cadre d’un accord d’après-guerre. Il insiste pour que l’Ukraine abandonne ses aspirations à l’OTAN. Et il veut que Kyiv reconnaisse l’annexion de la Crimée, occupée depuis 2014. Ces exigences sont maximalistes. Elles reviennent à demander à l’Ukraine de capituler. De renoncer à sa souveraineté. De devenir un État tampon sous influence russe.
En 2025, la Russie a gagné le plus de terrain sur le champ de bataille depuis la première année de son offensive, selon une analyse de l’AFP. Poutine avance lentement mais sûrement. Il grignote. Il use. Il épuise. Et il sait que le temps joue pour lui. L’Europe est fatiguée. L’Amérique est distraite. L’Ukraine saigne. Alors pourquoi ferait-il des compromis ? Pourquoi accepterait-il moins que ce qu’il peut prendre par la force ? C’est la logique brutale de Poutine. Et c’est ce qui rend ces négociations si difficiles.
Poutine me dégoûte. Voilà, c’est dit. Cet homme a déclenché une guerre d’agression, violé toutes les lois internationales, commis des crimes de guerre à répétition. Et maintenant, il négocie comme s’il était la victime. Comme si c’était l’Ukraine qui l’avait attaqué. Il bombarde des hôpitaux la veille d’un sommet de paix. Il tue des civils pour montrer sa force. Et l’Occident discute avec lui comme avec un partenaire respectable. C’est révoltant. Mais c’est aussi la réalité. On ne peut pas ignorer Poutine. On ne peut pas le vaincre militairement sans risquer une escalade nucléaire. Alors on négocie. On compose. On avale des couleuvres. Et ça me rend malade.
Trump, l'arbitre imprévisible
Les émissaires américains à Paris : signal fort ou simple présence ?
La présence de Steve Witkoff, envoyé spécial américain, et de Jared Kushner, conseiller de Trump et son gendre, au sommet parisien est hautement symbolique. Elle signale que Washington suit de près les négociations. Que Trump veut un accord. Vite. Très vite. Le président américain a fait de la fin de la guerre en Ukraine une priorité. Il a promis pendant sa campagne de régler le conflit « en vingt-quatre heures ». Évidemment, c’était de la rhétorique électorale. Mais l’intention est là : Trump veut tourner la page. Il veut pouvoir dire qu’il a réussi là où Biden a échoué. Qu’il a ramené la paix en Europe.
Witkoff et Kushner ont participé virtuellement aux discussions avec les conseillers à la sécurité nationale à Kyiv le week-end précédent. Leur présence physique à Paris élève le niveau. Elle montre que Trump est engagé. Mais elle soulève aussi des questions. Quelle est la position américaine exactement ? Bloomberg a rapporté que les dirigeants européens à Paris visent à inclure l’option de déployer des troupes américaines dans l’Ukraine d’après-guerre dans l’accord, malgré le fait que Washington ait précédemment écarté de telles propositions. Est-ce réaliste ? Trump acceptera-t-il d’envoyer des soldats américains en Ukraine ? Rien n’est moins sûr.
Les distractions vénézuéliennes et groenlandaises
Le sommet parisien se déroule dans l’ombre de l’action militaire américaine au Venezuela, où des troupes d’élite sont intervenues pour capturer le président Nicolás Maduro et le traduire en justice à New York pour des accusations de trafic de drogue et d’armes. Suite au raid, Trump a déclaré que les États-Unis allaient « diriger » le Venezuela pour une période indéterminée. Il a également affirmé que les États-Unis revenaient à la politique du siècle dernier de suprématie américaine dans sa sphère d’influence dans l’hémisphère occidental. Cette intervention a éclipsé les discussions sur l’Ukraine et soulevé des questions sur les priorités de Trump.
Mais ce n’est pas tout. Trump a également insisté sur le fait que les États-Unis veulent annexer le Groenland — le territoire semi-autonome qui fait partie du Danemark, un allié de l’OTAN. Cette menace répétée a poussé la Première ministre danoise Mette Frederiksen à déclarer qu’une telle démarche des États-Unis serait la fin de l’alliance transatlantique. Les dirigeants européens ont été réticents à critiquer l’intervention de Trump au Venezuela et ses implications perçues pour l’ordre mondial. Mais beaucoup, dont Starmer et Macron, se sont rangés du côté du Danemark sur le Groenland. En tant qu’hôte des pourparlers, Macron sera désireux de ne pas laisser la question faire dérailler l’attention sur l’Ukraine.
Trump est Trump. Imprévisible, égocentrique, capable du meilleur comme du pire. Un jour il promet la paix en Ukraine, le lendemain il parle d’annexer le Groenland. Un jour il soutient Zelensky, le lendemain il flatte Poutine. On ne sait jamais sur quel pied danser avec lui. Et c’est terrifiant. Parce que l’avenir de l’Ukraine dépend en partie de ses humeurs. De ses tweets. De ses décisions impulsives. L’Europe doit se préparer à l’éventualité que Trump lâche l’Ukraine. Qu’il fasse un deal avec Poutine dans le dos de Zelensky. C’est pour ça que ces garanties de sécurité européennes sont si cruciales. Parce qu’on ne peut pas compter sur l’Amérique de Trump.
L'Ukraine riposte : drones et détermination
Les frappes ukrainiennes en territoire russe
L’Ukraine ne se contente pas de subir. Elle frappe aussi. Dans la nuit du 5 au 6 janvier, des drones ukrainiens ont mené des attaques sur plusieurs régions russes, avec des explosions et des incendies signalés à plusieurs endroits, selon des chaînes Telegram russes. Les drones ont visé des installations pétrolières dans plusieurs régions et un immeuble résidentiel à Tver. Ces attaques ciblent particulièrement l’infrastructure énergétique qui finance l’effort de guerre russe. L’Ukraine a également frappé un dépôt pétrolier majeur et un arsenal d’artillerie dans la région de Lipetsk, en Russie occidentale. Les médias ont rapporté qu’une usine de défense Energia à Yelets, dans l’oblast de Lipetsk, a été touchée, avec des flammes et de la fumée s’élevant du site.
Ces frappes sont stratégiques. Elles visent à affaiblir la capacité de la Russie à poursuivre la guerre. À perturber ses lignes d’approvisionnement. À montrer que l’Ukraine peut frapper profondément en territoire russe. Mais elles servent aussi un objectif diplomatique : rappeler à Moscou que Kyiv n’est pas vaincu. Que l’Ukraine peut encore infliger des dégâts. Que Poutine ne peut pas dicter ses conditions sans conséquences. C’est une forme de négociation par la force. Une manière de dire : si vous voulez la paix, il faudra nous respecter.
La guerre asymétrique comme levier de négociation
Le chef du Service de sécurité ukrainien (SBU), Vasyl Maliuk, a démissionné le 5 janvier sous la pression de Zelensky, mais pour se concentrer sur les opérations contre la Russie. Maliuk est l’architecte de plusieurs des opérations les plus conséquentes de l’Ukraine contre la Russie, notamment les frappes de drones en profondeur. Sa démission de la direction du SBU pour se concentrer sur les opérations suggère que Kyiv intensifie sa guerre asymétrique. Cette stratégie vise à compenser l’infériorité numérique et matérielle de l’Ukraine par des frappes ciblées, du sabotage, et des opérations de renseignement. C’est une guerre d’usure. Une guerre de nerfs. Et l’Ukraine la mène avec une détermination féroce.
Ces opérations servent aussi à renforcer la position de négociation de Zelensky. Elles montrent que l’Ukraine n’est pas à genoux. Qu’elle peut encore se battre. Qu’elle peut encore faire mal à la Russie. Et donc qu’elle mérite d’être traitée comme un partenaire égal dans les négociations, pas comme un vaincu qui accepte les conditions du vainqueur. C’est une logique brutale, mais c’est celle de la guerre. Et Zelensky la comprend parfaitement.
Et là, je jubile. Après des mois à voir les Ukrainiens encaisser, les voir frapper aussi fort — ça fait du bien. Ça fait du bien de savoir que Poutine ne dort pas tranquille. Que ses dépôts pétroliers brûlent. Que ses usines d’armement explosent. C’est de la justice poétique. C’est la loi du talion. Œil pour œil, dent pour dent. Poutine bombarde des hôpitaux ? L’Ukraine détruit ses arsenaux. Poutine tue des civils ? L’Ukraine frappe son économie de guerre. C’est brutal. C’est violent. Mais c’est juste.
Les enjeux pour l'Europe : crédibilité et sécurité
La Coalition des volontaires, test de la volonté européenne
Pour l’Europe, ce sommet parisien est un test existentiel. Soit elle prouve qu’elle peut défendre ses valeurs et ses alliés, soit elle admet qu’elle n’est qu’un géant économique et un nain politique. La Coalition des volontaires était censée être la réponse européenne à l’impasse de l’OTAN. Une structure flexible, réactive, capable d’agir sans être paralysée par les vetos. Mais pour l’instant, elle ressemble plus à un club de discussion qu’à une force militaire crédible. Trente-cinq pays membres, mais seulement deux prêts à envoyer des soldats. Des promesses par milliers, mais des engagements concrets au compte-gouttes.
Si la coalition échoue à Paris, si elle ne parvient pas à concrétiser des déploiements de troupes, elle sera discréditée. Et avec elle, l’idée même que l’Europe peut assurer sa propre sécurité. Poutine observera. Il notera. Et il en tirera les conclusions. Si l’Europe ne peut pas protéger l’Ukraine, pourquoi s’arrêterait-il là ? Pourquoi ne pas tester les pays baltes ensuite ? Pourquoi ne pas pousser plus loin ? C’est l’effet domino. C’est la logique de l’agression. Et c’est ce qui rend ce sommet si crucial.
Les divisions internes de l’Europe
Mais l’Europe est divisée. Profondément divisée. Entre ceux qui veulent s’engager militairement et ceux qui préfèrent l’aide financière. Entre ceux qui voient Poutine comme une menace existentielle et ceux qui espèrent encore un retour à la normale. Entre l’Est, qui a peur, et l’Ouest, qui hésite. La Pologne, l’Espagne, l’Italie ont refusé d’envoyer des troupes au sol. L’Allemagne conditionne sa participation à l’approbation parlementaire et à l’implication américaine. La Finlande et l’Estonie craignent d’affaiblir leurs propres défenses. Seuls le Royaume-Uni et la France semblent prêts à assumer. Mais sont-ils assez nombreux ? Sont-ils assez forts ?
L’ancien ministre lituanien des Affaires étrangères Gabrielius Landsbergis a capturé la frustration en mai 2025 : « Il n’y a pas de troupes, presque pas d’armes, pas d’actifs gelés, pas de défense aérienne, pas de sanctions paralysantes, pas d’adhésion, de nouveaux tarifs, et pas de Taurus. Alors que se passe-t-il réellement ? Je crains que la réponse soit ‘rien' ». Ce constat amer résume le problème. L’Europe parle beaucoup. Elle promet beaucoup. Mais elle livre peu. Et le temps presse.
L’Europe me désespère parfois. Elle a tout pour réussir : l’argent, la technologie, les ressources humaines. Mais elle manque de volonté. Elle manque de courage. Elle préfère les demi-mesures aux décisions tranchées. Elle préfère les compromis aux engagements fermes. Et pendant ce temps, l’Ukraine saigne. Pendant ce temps, Poutine avance. Pendant ce temps, notre sécurité collective s’effrite. Il faut que ça change. Il faut que l’Europe se réveille. Il faut qu’elle comprenne que la paix ne se négocie pas avec des mots, mais avec de la force. Avec de la détermination. Avec du courage.
Les scénarios possibles : entre espoir et désillusion
Le scénario optimiste : un accord solide et des troupes déployées
Dans le meilleur des cas, le sommet parisien aboutit à un accord clair. Le Royaume-Uni et la France s’engagent formellement à déployer des forces de réassurance en Ukraine immédiatement après un cessez-le-feu. D’autres pays européens suivent avec des contributions plus modestes : logistique, renseignement, formation. Les États-Unis offrent des garanties de sécurité bilatérales pour quinze ans et acceptent de participer à un mécanisme de réponse rapide en cas de violation russe. Le plan de paix à vingt points est finalisé, avec des compromis douloureux mais acceptables sur les territoires. Poutine, face à une coalition unie et déterminée, accepte de négocier sérieusement. Un cessez-le-feu est conclu. Les troupes européennes se déploient. La reconstruction commence. L’Ukraine survit. L’Europe prouve sa crédibilité.
C’est le scénario rêvé. Celui que tout le monde espère. Celui qui permettrait de tourner la page de cette guerre cauchemardesque. Mais est-il réaliste ? Honnêtement, je ne sais pas. Il faudrait que tellement de choses s’alignent. Que tellement d’acteurs fassent preuve de bonne volonté. Que tellement d’intérêts divergents convergent. C’est possible. Mais c’est difficile. Très difficile.
Le scénario pessimiste : des promesses vides et un statu quo mortel
Dans le pire des cas, le sommet parisien accouche d’une souris. Des déclarations solennelles. Des engagements vagues. Des promesses de se revoir bientôt. Mais rien de concret. Pas de calendrier de déploiement. Pas de chiffres précis. Pas de garanties fermes. Zelensky repart de Paris déçu et amer. Poutine en profite pour intensifier ses attaques. L’hiver ukrainien devient encore plus meurtrier. Les négociations s’enlisent. Trump perd patience et menace de couper l’aide américaine. L’Europe se divise davantage. La guerre continue. Les morts s’accumulent. L’espoir s’étiole.
C’est le scénario cauchemar. Celui que personne ne veut imaginer mais que beaucoup redoutent. Parce qu’il est plausible. Parce qu’il correspond à ce que l’Europe a fait jusqu’à présent : trop peu, trop tard. Parce qu’il reflète les divisions internes, les hésitations, les calculs politiques mesquins. Si ce scénario se réalise, l’Ukraine sera abandonnée. Et avec elle, l’idée même que l’Europe peut défendre ses valeurs et ses alliés.
Je ne veux pas être pessimiste. Je ne veux pas croire que l’Europe va échouer. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser au pire. Parce que j’ai vu trop de sommets qui n’ont rien donné. Trop de promesses non tenues. Trop de déclarations creuses. Et je me demande : est-ce que cette fois sera différente ? Est-ce que Macron et Starmer vont vraiment envoyer leurs soldats ? Est-ce que l’Allemagne va enfin se décider ? Est-ce que Trump va tenir parole ? Je veux y croire. Mais le doute me ronge. Et ça me fait peur.
Les voix qui comptent : Macron, Starmer, Merz
Emmanuel Macron, l’architecte de la coalition
Emmanuel Macron est l’hôte de ce sommet. C’est lui qui a poussé pour la création de la Coalition des volontaires. C’est lui qui a insisté sur la nécessité de garanties de sécurité européennes pour l’Ukraine. C’est lui qui a parlé le premier de déployer des troupes françaises. Macron a compris que l’Europe ne peut pas se contenter d’être un spectateur. Qu’elle doit être un acteur. Qu’elle doit prendre ses responsabilités. Mais Macron est aussi un pragmatique. Il sait que la France ne peut pas porter seule ce fardeau. Il a besoin du Royaume-Uni. Il a besoin de l’Allemagne. Il a besoin de l’Europe entière.
Le défi pour Macron à Paris est de transformer les paroles en actes. De passer des déclarations aux engagements concrets. De convaincre ses homologues européens que le moment est venu d’agir. Qu’il n’y aura pas de deuxième chance. Que si l’Europe échoue maintenant, elle échouera pour longtemps. Macron a la stature. Il a l’expérience. Il a la détermination. Mais a-t-il le soutien ? C’est la question qui plane sur ce sommet.
Keir Starmer, le partenaire britannique
Keir Starmer est le co-architecte de la coalition avec Macron. Le Royaume-Uni a été le premier à s’engager formellement à déployer des troupes. Londres a compris que sa sécurité est liée à celle de l’Europe. Que l’isolationnisme post-Brexit n’est pas une option. Que le Royaume-Uni doit jouer un rôle de leader. Starmer a hérité d’une politique de soutien à l’Ukraine initiée par ses prédécesseurs conservateurs. Mais il l’a amplifiée. Il l’a rendue plus concrète. Il a mis la Grande-Bretagne en première ligne.
Le défi pour Starmer est de maintenir ce cap malgré les pressions internes. L’opinion publique britannique soutient l’Ukraine, mais elle est aussi fatiguée. Elle s’inquiète des coûts. Elle se demande combien de temps cela va durer. Starmer doit convaincre ses concitoyens que cet engagement est nécessaire. Qu’il est dans l’intérêt national britannique. Qu’il est juste. Et il doit le faire tout en gérant une économie difficile et des défis sociaux pressants.
Friedrich Merz, la nouvelle voix allemande
Friedrich Merz, le nouveau chancelier allemand, est une inconnue dans cette équation. Il a remplacé Olaf Scholz, dont la politique hésitante sur l’Ukraine avait frustré beaucoup d’alliés. Merz est considéré comme plus ferme, plus atlantiste, plus prêt à s’engager. Mais il doit composer avec un Bundestag divisé et une opinion publique allemande traditionnellement pacifiste. L’Allemagne a fourni une aide financière et militaire massive à l’Ukraine. Mais elle a refusé d’envoyer des troupes. Elle a refusé de livrer des missiles Taurus. Elle a posé des conditions à chaque étape.
Le défi pour Merz est de faire évoluer la position allemande sans provoquer une crise politique interne. De montrer que l’Allemagne peut être un partenaire fiable sans renier ses principes. De trouver un équilibre entre engagement et prudence. C’est un exercice d’équilibriste. Et le résultat déterminera en grande partie le succès ou l’échec de ce sommet.
Ces trois hommes — Macron, Starmer, Merz — portent une responsabilité écrasante. L’avenir de l’Ukraine dépend en partie de leurs décisions. L’avenir de l’Europe aussi. S’ils réussissent, ils entreront dans l’histoire comme ceux qui ont sauvé l’Ukraine et restauré la crédibilité européenne. S’ils échouent, ils seront jugés comme ceux qui ont laissé tomber un allié et affaibli l’Europe. C’est un poids énorme. Et je ne sais pas s’ils en mesurent pleinement l’ampleur. J’espère que oui. J’espère qu’ils sont à la hauteur. Parce que nous n’avons pas le droit à l’erreur.
Conclusion : le moment de vérité
Paris, carrefour du destin européen
Ce 6 janvier 2026, Paris n’est pas seulement la capitale de la France. C’est le carrefour du destin européen. C’est là que se joue l’avenir de l’Ukraine. C’est là que se décide la crédibilité de l’Europe. C’est là que se teste la volonté collective de défendre nos valeurs face à l’agression. Zelensky est venu avec un ultimatum clair : des soldats ou rien. Des garanties concrètes ou l’aveu que la Coalition des volontaires n’est qu’un slogan vide. Il a raison de forcer la main. Il a raison d’exiger des preuves. Parce que l’Ukraine a payé le prix fort. Parce que ses soldats sont morts pour défendre non seulement leur pays, mais aussi nos frontières. Parce qu’elle mérite mieux que des promesses creuses.
L’Europe est à la croisée des chemins. Soit elle assume et déploie des forces de réassurance en Ukraine, prouvant qu’elle peut défendre ses alliés. Soit elle hésite, tergiverse, et laisse passer cette chance historique. Le choix est simple. Mais les conséquences sont immenses. Si l’Europe réussit, elle renaîtra comme puissance géopolitique crédible. Si elle échoue, elle confirmera qu’elle n’est qu’un géant économique incapable de défendre ses intérêts stratégiques. Poutine observe. Trump observe. Le monde observe. Et l’histoire jugera.
L’appel de Zelensky : ne nous abandonnez pas
Derrière les discours diplomatiques, derrière les négociations techniques, il y a un appel simple et déchirant. L’appel de Zelensky. L’appel de l’Ukraine. Ne nous abandonnez pas. Nous avons résisté pendant quatre ans. Nous avons perdu des centaines de milliers de vies. Nous avons vu nos villes détruites, nos familles brisées, nos rêves anéantis. Mais nous avons tenu. Nous avons combattu. Nous avons refusé de nous soumettre. Maintenant, nous avons besoin de vous. Pas de vos paroles. Pas de vos promesses. De votre présence. De vos soldats. De vos garanties. Parce que sans vous, nous sommes seuls. Et seuls, nous ne pourrons pas tenir éternellement.
Cet appel résonne dans les couloirs de l’Élysée ce lundi. Il résonne dans les consciences des dirigeants européens. Il résonne dans nos cœurs à tous. Parce que nous savons, au fond de nous, que l’Ukraine a raison. Que son combat est juste. Que son sacrifice mérite notre soutien. La question n’est pas de savoir si nous devons aider l’Ukraine. La question est de savoir si nous en avons le courage. Si nous sommes prêts à assumer les risques. Si nous sommes prêts à mettre nos soldats là où sont nos valeurs. Paris nous donnera la réponse. Et cette réponse définira qui nous sommes. Ce que nous sommes. Et ce que nous voulons être.
Je regarde Zelensky descendre de cet avion à Paris et je ressens un mélange d’admiration et de tristesse. Admiration pour son courage, sa détermination, sa dignité. Tristesse parce que je sais qu’il porte un fardeau écrasant. Qu’il doit négocier la survie de son pays avec des partenaires qui hésitent. Qu’il doit faire des compromis douloureux pour obtenir des garanties incertaines. Et je me demande : est-ce que nous méritons son respect ? Est-ce que nous méritons sa confiance ? Est-ce que nous sommes à la hauteur de son sacrifice ? J’aimerais pouvoir répondre oui sans hésitation. Mais je ne peux pas. Parce que l’Europe a trop souvent déçu. Trop souvent hésité. Trop souvent failli. Cette fois, il faut que ce soit différent. Cette fois, il faut être à la hauteur. Pour l’Ukraine. Pour nous. Pour l’avenir.
Sources
Kyiv Independent – « Zelensky arrives in Paris for Coalition of the Willing summit » – 6 janvier 2026 – https://kyivindependent.com/zelensky-arrives-in-paris-for-coalition-of-the-willing-meeting/
France 24 – « ‘Coalition of the willing’ to gather in Paris to revive Ukraine peace talks » – 6 janvier 2026 – https://www.france24.com/en/europe/20260106-coalition-of-the-willing-to-gather-in-paris-ukraine-peace-talks
BBC News – « Macron hosts Ukraine and allies to try to cement security guarantees » – 6 janvier 2026 – https://www.bbc.co.uk/news/articles/c74vx4n003xo
Euromaidan Press – « UK and France troop deployment is ‘mandatory’ for security guarantees, Zelenskyy says » – 4 janvier 2026 – https://euromaidanpress.com/2026/01/04/zelenskyy-says-uk-and-france-troop-deployment-is-mandatory-for-security-guarantees/
Reuters – « 26 nations vow to give Ukraine postwar security guarantees » – 4 septembre 2025
Bloomberg – « Ukraine’s Allies Aim to Secure US Offer to Deploy Troops Postwar » – 5 janvier 2026
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