Trois combats, trois messages
Dans les secteurs de Slobozhanshchyna Nord et de Kursk, trois engagements de combat ont eu lieu. Trois seulement, mais ne vous y trompez pas : chacun compte. L’ennemi a mené trois frappes aériennes, largué huit bombes guidées et effectué 82 bombardements, dont un avec des lance-roquettes multiples. Ces chiffres, rapportés par Ukrinform et confirmés par Censor.NET, témoignent d’une volonté russe de maintenir la pression sur ce secteur stratégique. Kursk, cette région russe où les Ukrainiens ont osé l’impensable en 2024 en lançant une incursion, reste un point de fixation pour Moscou.
Mais les Ukrainiens tiennent. Ils tiennent parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que céder un pouce de terrain, c’est offrir un pouce d’espoir à l’envahisseur. Les forces de défense ont repoussé chaque tentative d’avancée, transformant chaque assaut russe en échec coûteux. Les pertes russes dans ce secteur ne sont pas détaillées séparément, mais elles s’ajoutent au bilan global de cette journée sanglante.
Slobozhanshchyna Sud : Vovchansk résiste encore
Plus au sud, dans le secteur de Slobozhanshchyna Sud, l’intensité monte d’un cran. Quinze attaques russes ont été repoussées près de Vovchansk, Starytsia et Prylipky. Vovchansk, cette ville martyre qui a déjà tant souffert, continue de symboliser la résistance ukrainienne. Chaque rue, chaque bâtiment est un champ de bataille. Les soldats ukrainiens y livrent un combat de proximité, maison par maison, rue par rue. Un combat épuisant, brutal, où la moindre erreur se paie cash.
Quinze attaques en une journée sur un seul secteur. Quinze fois où des hommes ont dû se lever, prendre leurs armes, et affronter l’ennemi. Quinze fois où la peur a dû être avalée, où le courage a dû être trouvé quelque part au fond des tripes. Je pense à ces soldats, à leur fatigue, à leur détermination. Et je me dis qu’ils méritent tellement mieux que cette guerre interminable.
Le front est : Kupiansk, Lyman et Kramatorsk dans la tourmente
Kupiansk : sept assauts, zéro percée
Dans le secteur de Kupiansk, sept attaques ennemies ont été enregistrées. Les forces ukrainiennes ont repoussé les assauts près de Pishchane, Petropavlivka et Kurylivka. Kupiansk, ce nœud ferroviaire stratégique, reste un objectif prioritaire pour les Russes. Contrôler cette ville, c’est contrôler les lignes de ravitaillement, c’est ouvrir la voie vers des objectifs plus profonds. Mais les Ukrainiens le savent. Et ils ne lâchent rien. Selon Censor.NET, une tentative particulièrement audacieuse des Russes d’utiliser un pipeline de gaz « Soyuz » pour infiltrer les lignes ukrainiennes a été déjouée, avec au moins 40 soldats russes éliminés.
Cette anecdote du pipeline mérite qu’on s’y attarde. Imaginez : des soldats russes rampant dans un tuyau, espérant surprendre l’ennemi. Une tactique désespérée, presque suicidaire. Et qui s’est terminée exactement comme on pouvait s’y attendre : par un massacre. Les forces ukrainiennes, alertées, ont transformé ce pipeline en tombeau. Quarante hommes envoyés mourir dans un tuyau. Quarante vies gâchées pour une idée stupide d’un général qui, lui, dormait probablement dans un lit confortable.
Lyman : dix-huit assauts, dix-huit échecs
Le secteur de Lyman a connu l’une des journées les plus intenses. Dix-huit assauts lancés par l’ennemi, tentant de percer les défenses près de Myrne, Zarichne, Derylove, Karpivka, Serednie, et en direction de Drobysheve, Stavky, Cherneshchyna, Novoserhiivka et Ozerne. Dix-huit fois, les Russes ont jeté leurs hommes contre les positions ukrainiennes. Dix-huit fois, ils ont été repoussés. Cette répétition obsessionnelle d’assauts témoigne d’une stratégie d’usure : épuiser l’adversaire, le submerger sous le nombre, espérer qu’à force de frapper, une brèche finira par s’ouvrir.
Mais cette stratégie a un coût. Un coût humain effroyable. Chaque assaut repoussé, ce sont des dizaines de soldats russes qui tombent. Des jeunes hommes, pour la plupart, envoyés au front avec un équipement souvent dépassé, une formation insuffisante, et des ordres qui les condamnent. Les chiffres officiels ukrainiens ne détaillent pas les pertes par secteur, mais on peut imaginer que Lyman a contribué de manière significative au bilan de 1 040 soldats russes perdus ce jour-là.
Sloviansk et Kramatorsk : la pression continue
Dans le secteur de Sloviansk, quatre assauts russes en direction de Riznykivka ont été repoussés. Quatre tentatives, quatre échecs. Sloviansk, cette ville qui a déjà connu l’occupation russe en 2014, sait ce qui l’attend si elle tombe. Et elle ne tombera pas. Pas aujourd’hui. Pas demain. Les défenseurs le savent, les habitants le savent. Cette ville est devenue un symbole, un point de non-retour.
Plus au sud, dans le secteur de Kramatorsk, six engagements de combat ont eu lieu près de Vasiukivka, Chasiv Yar et en direction de Bondarne. Chasiv Yar, cette petite ville qui a acquis une importance stratégique démesurée, continue de résister. Chaque jour qui passe sans qu’elle tombe est une victoire. Chaque assaut repoussé est un message envoyé à Moscou : vous ne passerez pas.
Je lis ces noms de villes, de villages, et je réalise à quel point cette guerre est devenue une affaire de géographie. Chaque localité compte. Chaque colline, chaque route, chaque pont. Et derrière chaque nom sur la carte, il y a des vies. Des familles qui ont fui. Des soldats qui se battent. Des civils qui tentent de survivre. Cette guerre n’est pas abstraite. Elle est terriblement, douloureusement concrète.
Pokrovsk et Kostiantynivka : l'épicentre de la violence
Kostiantynivka : dix-huit assauts en une journée
Le secteur de Kostiantynivka a subi 18 attaques dans les zones d’Oleksandro-Shultyne, Pleshchiivka, Kleban-Byk, et en direction de Stepanivka, Ivanopillia, Mykolaipillia et Sofiivka. Dix-huit assauts. C’est énorme. C’est épuisant. C’est le signe que les Russes veulent absolument percer dans ce secteur. Kostiantynivka, située sur une route stratégique, représente une porte d’entrée vers des objectifs plus profonds. La prendre permettrait aux Russes de menacer d’autres villes, de couper des lignes de ravitaillement, de créer le chaos.
Mais les Ukrainiens tiennent. Contre toute attente, contre toute logique militaire parfois, ils tiennent. Les soldats de ce secteur ont repoussé chaque assaut, transformant chaque tentative russe en bain de sang. Les pertes russes dans ce secteur ne sont pas chiffrées séparément, mais elles sont forcément importantes. On ne lance pas dix-huit assauts sans payer le prix fort.
Pokrovsk : quarante-quatre assauts, quarante-quatre victoires
Et puis il y a Pokrovsk. Le secteur le plus chaud de cette journée du 6 janvier. Quarante-quatre assauts russes repoussés près de Nykonorivka, Chervonyi Lyman, Rodynske, Myrnohrad, Kotlyne, Udachne, Molodetske, Dachne, Filiia, et en direction de Kucheriv Yar, Nove Shakhove, Hryshyne et Sukhestske. Quarante-quatre. Laissez ce chiffre vous pénétrer. Quarante-quatre fois en une seule journée, les Russes ont lancé leurs hommes à l’assaut. Quarante-quatre fois, les Ukrainiens les ont repoussés.
Pokrovsk est devenu l’obsession russe. Cette ville, ce nœud logistique, ce point stratégique que Moscou veut absolument contrôler. Les Russes y jettent des hommes par vagues, espérant qu’à force de pression, les défenses ukrainiennes finiront par craquer. Mais elles ne craquent pas. Elles plient, elles souffrent, elles saignent, mais elles ne craquent pas. Les soldats ukrainiens de Pokrovsk sont devenus des légendes vivantes. Chaque jour qu’ils tiennent est un miracle. Chaque assaut repoussé est un exploit.
Quarante-quatre assauts. Je ne peux même pas imaginer ce que ça représente. La fatigue. Le stress. La peur constante. Et pourtant, ils tiennent. Ces hommes et ces femmes qui défendent Pokrovsk sont des héros au sens le plus pur du terme. Pas des héros de cinéma, pas des héros de propagande. Des héros réels, qui font face à l’horreur et qui refusent de céder. Je suis en admiration totale devant eux.
Le front sud : Huliaipole et Oleksandrivka dans la bataille
Oleksandrivka : treize assauts contenus
Dans le secteur d’Oleksandrivka, l’ennemi a mené 13 attaques près d’Oleksandrohrad, Verbove, Solodke, Zlahoda, et en direction d’Oleksiivka et Ivanivka. Treize assauts qui témoignent de la volonté russe de progresser dans ce secteur du front sud. Oleksandrivka, située dans une zone stratégique, représente un point de passage vers des objectifs plus importants. Les Russes le savent, les Ukrainiens aussi. Et c’est pourquoi chaque mètre de terrain est disputé avec acharnement.
Les forces ukrainiennes ont repoussé chaque attaque, infligeant des pertes significatives à l’ennemi. Selon les informations de Censor.NET, les combats dans ce secteur ont été particulièrement intenses, avec des échanges d’artillerie massifs et des duels de drones. La guerre moderne dans toute sa brutalité technologique.
Huliaipole : quarante-huit assauts, un record
Mais le véritable enfer du front sud, c’est Huliaipole. Quarante-huit attaques russes repoussées dans la zone de Huliaipole et en direction de Dobropillia, Varvarivka, Zelene et Pryluky. Quarante-huit. C’est plus que Pokrovsk. C’est le chiffre le plus élevé de toute la journée pour un seul secteur. Huliaipole est devenu le point focal de l’offensive russe dans le sud. Les Russes y concentrent leurs efforts, y jettent leurs meilleures unités, y déploient leur artillerie la plus lourde.
Et pourtant, ils ne passent pas. Les défenseurs de Huliaipole, épuisés, affamés de sommeil, continuent de tenir. Chaque assaut repoussé est une victoire arrachée à la mort. Chaque position défendue est un pied de nez à la machine de guerre russe. Les pertes russes dans ce secteur doivent être astronomiques. On ne lance pas quarante-huit assauts sans laisser des centaines de cadavres sur le terrain.
Quarante-huit assauts à Huliaipole. Quarante-quatre à Pokrovsk. Ces chiffres me donnent le vertige. Et ils me remplissent d’une rage froide contre ceux qui ont déclenché cette guerre. Contre Poutine et sa clique de criminels qui envoient des jeunes hommes mourir pour leur ego démesuré. Mais ils me remplissent aussi d’espoir. Parce que si l’Ukraine tient après presque trois ans de guerre, après des centaines de milliers de morts, c’est qu’elle peut gagner. Qu’elle va gagner.
Les autres secteurs : une pression constante
Orikhiv et le Dniepr : calme relatif
Dans le secteur d’Orikhiv, aucune action offensive ennemie n’a été enregistrée. Un répit bienvenu pour les défenseurs de ce secteur qui ont connu des jours bien plus difficiles. Ce calme relatif permet aux troupes de se reposer, de se réorganiser, de se préparer pour les prochains assauts. Car ils viendront, c’est certain. Les Russes ne renoncent jamais.
Dans le secteur du Dniepr, les troupes ukrainiennes ont repoussé une attaque russe en direction de la zone du pont Antonivskyi. Une seule attaque, mais symbolique. Ce pont, détruit par les Ukrainiens lors de leur contre-offensive de 2022, reste un point de fixation pour les Russes qui rêvent de le reconstruire et de l’utiliser pour franchir le Dniepr. Mais ce rêve reste hors de portée.
Volyn et Polissia : la menace fantôme
Dans les secteurs de Volyn et de Polissia, au nord, aucun signe de formation de groupements offensifs ennemis n’a été détecté. Ces secteurs, frontaliers avec la Biélorussie, restent sous surveillance constante. La menace d’une nouvelle offensive depuis le nord, comme celle qui avait visé Kiev en février 2022, plane toujours. Mais pour l’instant, elle reste théorique. Les Russes ont d’autres priorités, d’autres secteurs où ils concentrent leurs efforts.
Le bilan humain : 1 040 vies russes perdues
Des chiffres qui font froid dans le dos
Le bilan officiel publié par l’État-major général ukrainien et confirmé par Ukrainska Pravda est sans appel : 1 040 soldats russes ont été mis hors de combat le 6 janvier 2026. Mille quarante. En une seule journée. Ce chiffre porte le total des pertes russes depuis le début de l’invasion à 1 214 500 militaires. Plus d’un million deux cent mille hommes. Un chiffre qui dépasse l’entendement, qui défie l’imagination.
Mais au-delà des soldats, il y a le matériel. Trois chars détruits, deux véhicules de combat blindés pulvérisés, 26 systèmes d’artillerie anéantis, deux lance-roquettes multiples neutralisés, 406 drones abattus, 122 véhicules détruits, et une unité d’équipement spécial éliminée. Chaque pièce d’équipement détruite représente un investissement russe perdu, une capacité offensive réduite, un espoir de victoire qui s’éloigne.
Le coût total de la guerre
Depuis le 24 février 2022, les pertes russes totales s’élèvent à des niveaux stratosphériques : 11 515 chars, 23 865 véhicules de combat blindés, 35 857 systèmes d’artillerie, 1 595 lance-roquettes multiples, 1 269 systèmes de défense aérienne, 434 avions, 347 hélicoptères, 101 849 drones, 4 137 missiles de croisière, 28 navires, 2 sous-marins, 73 224 véhicules, et 4 037 équipements spéciaux. Ces chiffres, vérifiés et recoupés par plusieurs sources, témoignent de l’ampleur de la saignée russe.
Je regarde ces chiffres et je ne ressens aucune joie. Aucune satisfaction. Juste une tristesse immense. Parce que derrière chaque chiffre, il y a un homme. Un fils, un père, un frère. Un homme qui avait une vie, des rêves, des projets. Et qui est mort pour rien. Pour l’ego d’un dictateur vieillissant. Pour une guerre absurde qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Ces morts russes sont des victimes autant que les Ukrainiens. Victimes d’un système qui les broie, qui les utilise comme chair à canon, qui les sacrifie sans remords.
Perspectives : une guerre d'usure sans fin visible
La stratégie russe : le nombre contre la qualité
Cette journée du 6 janvier 2026 illustre parfaitement la stratégie russe actuelle : compenser l’infériorité tactique et technologique par le nombre. Lancer des assauts répétés, saturer les défenses ukrainiennes, espérer qu’à force de pression, une brèche finira par s’ouvrir. C’est une stratégie coûteuse en vies humaines, mais Moscou semble avoir accepté ce prix. Les 221 engagements de combat en une seule journée témoignent de cette approche brutale et primitive.
Les secteurs de Pokrovsk et Huliaipole, avec respectivement 44 et 48 assauts, sont devenus les points focaux de cette stratégie. Les Russes y concentrent leurs efforts, y jettent leurs meilleures unités, y déploient leur artillerie la plus lourde. Mais les résultats restent décevants pour Moscou. Malgré l’intensité des combats, les gains territoriaux russes restent minimes, voire inexistants.
La résilience ukrainienne : un facteur décisif
Face à cette pression constante, l’Ukraine démontre une résilience remarquable. Après presque trois ans de guerre, après des centaines de milliers de morts et de blessés, après la destruction de villes entières, les forces ukrainiennes continuent de tenir. Elles ne se contentent pas de résister passivement : elles contre-attaquent, elles frappent en profondeur, elles infligent des pertes massives à l’ennemi. Les trois zones de concentration russes frappées par l’artillerie ukrainienne le 6 janvier en sont la preuve.
Cette résilience s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la motivation : les Ukrainiens se battent pour leur survie, pour leur liberté, pour leur pays. Les Russes, eux, se battent pour… quoi exactement ? Pour Poutine ? Pour reconstituer l’empire soviétique ? La différence de motivation est abyssale. Ensuite, le soutien occidental : malgré les hésitations, malgré les retards, l’Occident continue de fournir à l’Ukraine les armes et les munitions dont elle a besoin. Enfin, la qualité : les soldats ukrainiens sont mieux entraînés, mieux équipés, mieux commandés que leurs homologues russes.
L’avenir incertain d’un conflit qui s’éternise
Mais jusqu’à quand cette situation peut-elle durer ? Les 6 200 drones kamikazes utilisés par la Russie en une seule journée témoignent d’une capacité de production militaire qui reste impressionnante. Les 236 bombes guidées larguées montrent que l’aviation russe, malgré ses pertes, reste une menace sérieuse. Et les 3 288 bombardements effectués prouvent que l’artillerie russe, cette arme traditionnelle de l’armée russe, conserve toute sa puissance.
L’Ukraine, de son côté, dépend du soutien occidental. Et ce soutien, bien que constant, reste fragile. Les élections américaines, les hésitations européennes, la fatigue de l’opinion publique occidentale : autant de facteurs qui pourraient changer la donne. Pour l’instant, l’Ukraine tient. Mais pour combien de temps encore ? Cette question hante tous ceux qui suivent ce conflit.
Je regarde l’avenir et je ne vois pas de fin à cette guerre. Pas dans l’immédiat en tout cas. Les Russes ne peuvent pas gagner militairement, mais ils ne veulent pas perdre politiquement. Les Ukrainiens ne peuvent pas céder, mais ils ne peuvent pas gagner seuls. Nous sommes dans une impasse tragique. Une impasse qui se mesure en vies perdues, en familles brisées, en avenirs détruits. Et pendant ce temps, le monde regarde, commente, s’indigne… et continue sa vie comme si de rien n’était.
Conclusion : une journée ordinaire dans une guerre extraordinaire
Le 6 janvier 2026 : un symbole
Cette journée du 6 janvier 2026 restera dans les annales comme un exemple parfait de ce qu’est devenue cette guerre. Deux cent vingt et un engagements de combat. Mille quarante soldats russes perdus. Des dizaines d’assauts repoussés sur tous les secteurs du front. Une violence inouïe, une intensité qui ne faiblit pas, une détermination des deux côtés qui confine à l’obsession. C’est une journée ordinaire dans cette guerre extraordinaire. Une journée qui ressemble à toutes les autres et qui pourtant porte en elle toute l’horreur de ce conflit.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Six mille deux cents drones kamikazes. Deux cent trente-six bombes guidées. Trois mille deux cent quatre-vingt-huit bombardements. Et au bout du compte, des lignes qui bougent à peine, des gains territoriaux minuscules, des pertes humaines colossales. C’est la définition même d’une guerre d’usure : un conflit où personne ne gagne vraiment, où tout le monde perd, où seule la mort sort victorieuse.
L’Ukraine tient, mais à quel prix ?
L’Ukraine tient. Contre toute attente, contre toute logique parfois, elle tient. Pokrovsk n’est pas tombé malgré 44 assauts. Huliaipole résiste malgré 48 attaques. Vovchansk, Kupiansk, Lyman, Kramatorsk : tous ces noms qui jalonnent le front continuent de figurer sur les cartes ukrainiennes. Chaque jour qui passe sans qu’une ville majeure tombe est une victoire. Chaque assaut repoussé est un message envoyé à Moscou : vous ne passerez pas.
Mais à quel prix ? Les soldats ukrainiens sont épuisés. Les munitions s’épuisent. Les équipements s’usent. Et surtout, les vies se perdent. Pas autant que du côté russe, certes, mais chaque mort ukrainien est une tragédie pour un pays qui ne peut pas se permettre de perdre sa jeunesse. L’Ukraine tient, oui. Mais elle saigne. Et elle a besoin que le monde ne l’oublie pas.
Un appel qui résonne dans le vide
Cette journée du 6 janvier 2026, avec ses 221 combats et ses 1 040 morts russes, devrait faire la une de tous les journaux du monde. Elle devrait choquer, indigner, mobiliser. Mais elle ne le fera probablement pas. Parce que le monde s’est habitué. Habitué à cette guerre qui n’en finit pas. Habitué à ces chiffres qui s’accumulent. Habitué à cette violence quotidienne qui se déroule à quelques heures d’avion de Paris, de Berlin, de Londres.
Et c’est peut-être ça, le plus terrible. Pas les chiffres eux-mêmes, aussi effroyables soient-ils. Mais l’indifférence qui les accueille. Cette capacité qu’a l’humanité à s’habituer à l’horreur, à normaliser l’inacceptable, à détourner le regard. Le 6 janvier 2026 était une journée ordinaire dans cette guerre extraordinaire. Et c’est précisément ça qui devrait nous terrifier.
Je termine cet article avec un sentiment de colère et d’impuissance. Colère contre cette guerre absurde qui continue de broyer des vies. Colère contre l’indifférence du monde. Colère contre notre incapacité collective à arrêter cette folie. Et impuissance parce que je ne sais pas quoi faire d’autre que d’écrire, de témoigner, d’essayer de maintenir l’attention sur ce qui se passe là-bas. Deux cent vingt et un combats en une journée. Mille quarante morts. Et demain, ce sera pareil. Et après-demain aussi. Jusqu’à quand ?
Sources
Ukrinform – « War update: 221 combat engagements on front lines over past day » – 7 janvier 2026 – https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4077514-war-update-221-combat-engagements-on-front-lines-over-past-day.html
Censor.NET – « 221 combat engagements on front line in 24 hours: over 40 enemy assaults repelled in Pokrovsk and Huliaipole directions » – 7 janvier 2026 – https://censor.net/en/news/3594185/combat-operations-on-6-january-2026-221-clashes-on-the-front-line
Ukrainska Pravda – « Russia loses 1,040 soldiers over past day » – 7 janvier 2026 – https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/01/07/8014974/
État-major général des Forces armées ukrainiennes – Rapport quotidien publié sur Facebook – 7 janvier 2026
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