Des primes astronomiques pour attirer les désespérés
Comment fait la Russie pour maintenir ce rythme infernal de pertes ? Comment remplace-t-elle ces milliers d’hommes qui tombent chaque semaine ? La réponse est aussi simple que cynique : l’argent. Beaucoup d’argent. Un nouveau recrue peut gagner jusqu’à 10 millions de roubles par an, soit environ 95 000 livres sterling ou 128 000 dollars américains. Pour un pays où le salaire moyen tourne autour de 50 000 roubles par mois, c’est une fortune. Les gouvernements locaux, sous pression pour maintenir un flux constant de nouvelles recrues, font de la publicité agressive. Ils ciblent les personnes endettées, font campagne dans les universités et les collèges.
Selon Dmitry Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité nationale russe, 336 000 personnes ont signé un contrat militaire en 2025. Plus de 30 000 par mois. Si Rutte a raison et que 25 000 soldats russes meurent chaque mois, cela signifie que la Russie recrute encore plus qu’elle ne perd. La machine continue de tourner. Le Kremlin a trouvé la formule magique pour éviter une mobilisation générale politiquement risquée : payer les pauvres pour qu’ils aillent mourir à la place des riches. Les fils de Moscou et de Saint-Pétersbourg restent tranquillement chez eux. Ce sont les gamins de Bouriatie, du Daghestan, de Tchouvachie qui remplissent les cercueils.
L’histoire tragique de Murat Mukashev
Prenez Murat Mukashev. Un activiste qui n’avait jamais soutenu les politiques de Poutine. Au fil des années, il avait participé à des manifestations contre la violence policière et la torture, rejoint des rassemblements pour les droits LGBT et la libération d’Alexei Navalny, le principal opposant du Kremlin mort en prison en 2024. Il avait condamné à plusieurs reprises l’invasion russe de l’Ukraine sur les réseaux sociaux depuis 2022. Puis, début 2024, Mukashev a été arrêté près de son domicile à Moscou et accusé de trafic de drogue à grande échelle. Pendant son procès, on lui a proposé un contrat avec le ministère de la Défense. Ses amis et sa famille ont vu les lourdes accusations portées contre lui comme une tactique typique pour forcer les gens à s’engager.
Mukashev a refusé l’offre. Le tribunal l’a condamné à dix ans dans une colonie pénitentiaire de haute sécurité. En prison, en novembre 2024, il a changé d’avis. Ses amis disent qu’il a été encouragé par les promesses de Trump de mettre fin rapidement à la guerre. Il a décidé qu’il devait s’engager le plus tôt possible pour obtenir sa libération avant qu’un accord de paix ne soit conclu. Il voyait cela comme une chance d’être libéré au lieu d’être emprisonné pendant dix ans. Le 11 juin 2025, Mukashev est mort en combattant dans le cadre d’une équipe d’assaut dans la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine. Un homme qui détestait la guerre, envoyé mourir dans une guerre qu’il condamnait. Parce qu’il croyait aux promesses de paix. Parce qu’il voulait être libre.
Je regarde l’histoire de Mukashev et j’ai la gorge serrée. Un activiste pacifiste, un défenseur des droits humains, transformé en chair à canon par un système qui broie tout sur son passage. Il a cru aux promesses de paix. Il a cru qu’il pourrait rentrer chez lui. Il est mort dans un champ ukrainien, loin de tout ce qu’il aimait, loin de tout ce en quoi il croyait. C’est ça, la vraie face de cette guerre. Des vies détruites. Des espoirs anéantis. Des mensonges qui tuent.
Le prix du sang : un arsenal détruit pour rien
Des pertes matérielles qui donnent le vertige
Au-delà des pertes humaines, le bilan matériel de cette seule journée du 5 janvier est stupéfiant. Cinq chars d’assaut détruits, portant le total depuis le début de la guerre à 11 512 tanks. Six véhicules blindés de combat anéantis, pour un total de 23 863. Quarante-six systèmes d’artillerie réduits en ferraille, total : 35 831. Un système de défense antiaérienne détruit, total : 1 269. Et le chiffre le plus impressionnant : 879 drones abattus en une seule journée, portant le total des UAV opérationnels-tactiques perdus à 101 443. Plus de cent mille drones. Cent mille.
Ajoutez à cela 157 véhicules automobiles et camions-citernes détruits en vingt-quatre heures. Un système de lance-roquettes multiples anéanti. La machine de guerre russe saigne de partout. Selon les données compilées par Ukrinform et vérifiées par l’État-major ukrainien, la Russie a également perdu depuis le début de la guerre : 434 avions, 347 hélicoptères, 4 137 missiles de croisière, 28 navires de guerre, 2 sous-marins, et 4 036 pièces d’équipement spécial. C’est l’équivalent de plusieurs armées européennes entières qui ont été pulvérisées en Ukraine.
La stratégie suicidaire de Poutine
Pourquoi ces pertes continuent-elles d’augmenter ? Pourquoi la Russie envoie-t-elle toujours plus d’hommes et de matériel dans ce hachoir à viande ? La réponse est politique. Le Kremlin voit les gains territoriaux comme un moyen d’influencer les négociations avec les États-Unis en sa faveur. Yuri Ushakov, conseiller de Poutine, a récemment souligné que les « succès récents » avaient eu un impact positif. Des succès. Il appelle ça des succès. Des milliers de morts pour quelques kilomètres carrés de terre brûlée. Des villages détruits. Des champs minés. Des ruines fumantes. Voilà les « succès » de Poutine.
L’Institute for the Study of War (ISW), un think tank basé à Washington, note que la Russie intensifie ses assauts précisément aux moments où les négociations de paix semblent progresser. En février 2025, quand Trump et Poutine ont parlé directement pour la première fois de mettre fin à la guerre, les pertes russes ont grimpé en flèche. En août, lors de leur rencontre en Alaska, nouveau pic de morts. En octobre et novembre, quand les États-Unis ont présenté une proposition de paix en 28 points, les pertes russes ont atteint des sommets historiques. C’est la stratégie de Poutine : tuer le plus possible avant de négocier, pour avoir plus de cartes en main à la table des discussions.
Et moi, je regarde ces chiffres et je me demande : comment peut-on dormir la nuit quand on envoie des milliers d’hommes mourir pour des calculs politiques ? Comment peut-on regarder dans un miroir quand on sacrifie une génération entière pour sauver sa fierté ? Poutine ne verra jamais les cercueils. Il ne consolera jamais les mères. Il ne regardera jamais dans les yeux les enfants qui ont perdu leur père. Il est dans son palais, entouré de ses généraux qui lui mentent, et il continue d’envoyer des gamins mourir dans la boue ukrainienne. C’est ça, le vrai visage du pouvoir absolu. C’est ça, la vraie nature de la tyrannie.
L'Ukraine aussi paie le prix fort
Des pertes ukrainiennes difficiles à quantifier
Il serait malhonnête de ne parler que des pertes russes. L’Ukraine aussi saigne. En février 2025, le président Volodymyr Zelensky a estimé le nombre de morts au combat à 46 000 et 380 000 autres blessés. Des dizaines de milliers d’autres étaient soit portés disparus, soit détenus en captivité. Mais ces chiffres datent d’il y a presque un an. Depuis, les combats se sont intensifiés. La BBC estime, en recoupant diverses sources et données, que le nombre d’Ukrainiens tués pourrait atteindre 140 000 aujourd’hui. Cent quarante mille défenseurs tombés pour protéger leur pays. Cent quarante mille héros qui ont choisi de se battre plutôt que de se soumettre.
La différence fondamentale, c’est que les Ukrainiens se battent pour leur survie. Ils défendent leurs maisons, leurs familles, leur liberté. Ils n’ont pas envahi la Russie. Ils n’ont pas bombardé Moscou. Ils n’ont pas annexé des territoires russes. Ce sont eux qui subissent les frappes de missiles sur leurs villes. Ce sont eux qui voient leurs hôpitaux, leurs écoles, leurs centrales électriques détruites. Rien que durant la dernière semaine de 2025, la Russie a lancé plus de 1 000 drones et 33 missiles sur les villes ukrainiennes. L’armée de l’air ukrainienne a intercepté 86% des drones et 30 des missiles. Mais ceux qui passent tuent. Détruisent. Terrorisent.
Une résistance qui force le respect
Malgré les pertes, malgré l’épuisement, malgré la disproportion des forces, l’Ukraine tient. Elle tient depuis presque quatre ans maintenant. Quatre ans que les experts prédisaient sa chute en quelques semaines. Quatre ans que Poutine pensait défiler sur les Champs-Élysées de Kyiv. Quatre ans que les Ukrainiens prouvent au monde entier ce que signifie vraiment le courage. Le commandant en chef Oleksandr Syrskii a déclaré que seulement 0,8% du territoire ukrainien avait été perdu en 2025. Moins d’un pour cent. Pour ce moins d’un pour cent, la Russie a sacrifié 420 000 hommes. C’est le ratio de cette guerre. C’est l’équation mortelle de l’ambition impériale.
Les forces ukrainiennes continuent d’infliger des pertes dévastatrices à l’envahisseur. Elles détruisent les chars russes avec des drones à 500 dollars. Elles abattent des avions à plusieurs millions de dollars avec des missiles sol-air. Elles coulent des navires de guerre dans la mer Noire. Elles transforment chaque kilomètre de territoire ukrainien en enfer pour les forces russes. Et elles le font avec une fraction du budget militaire de la Russie. Elles le font avec du matériel occidental qui arrive au compte-gouttes. Elles le font parce qu’elles n’ont pas le choix. Parce que derrière elles, il n’y a nulle part où reculer. Parce que c’est leur pays, leur terre, leur avenir.
Je regarde ces Ukrainiens se battre et je suis bouleversé par leur détermination. Ils auraient pu fuir. Ils auraient pu se rendre. Ils auraient pu accepter l’occupation. Mais non. Ils ont choisi de résister. Ils ont choisi de se battre. Ils ont choisi la liberté plutôt que la soumission. Et pendant ce temps, en Occident, on discute, on tergiverse, on calcule. On se demande si on doit leur envoyer telle ou telle arme. On a peur de « provoquer » Poutine. Comme si Poutine avait besoin d’être provoqué pour tuer. Comme si Poutine attendait notre permission pour bombarder des civils. Les Ukrainiens ne demandent pas notre pitié. Ils demandent les moyens de se défendre. Et nous, on leur donne des leçons de modération.
Les mensonges du Kremlin et la propagande de guerre
L’affaire de la « tentative d’assassinat » de Poutine
Fin décembre 2025, alors que Zelensky venait de conclure des négociations réussies avec Trump en Floride, le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov a accusé l’Ukraine d’avoir tenté d’assassiner Poutine dans sa résidence du lac Valdai, à 140 kilomètres au nord-est de Moscou. Selon Lavrov, le « régime de Kyiv » aurait lancé une attaque terroriste utilisant 91 drones de longue portée. Tous les drones auraient été détruits par les systèmes de défense aérienne russes. Problème : aucune preuve. Aucune vidéo. Aucun témoignage local. Aucun rapport des médias régionaux. Rien.
Le média d’opposition Sota a interrogé des résidents de Valdai qui ont déclaré n’avoir rien entendu cette nuit-là. Pas de défense antiaérienne. Pas d’explosions. Pas de 91 drones abattus. Sota a également souligné que pour atteindre Valdai, les drones auraient dû traverser un espace aérien spécialement protégé avec des objets des Forces de missiles stratégiques, de l’aviation militaire, des unités administratives fermées. « Un drone traversant le territoire de ces installations ne peut voler jusqu’à la résidence que par miracle », a déclaré Sota. L’Institute for the Study of War a noté qu’aucune des preuves habituelles des frappes ukrainiennes n’accompagnait l’attaque présumée : pas de séquences vidéo, pas de signatures thermiques, pas de déclarations de responsables locaux.
Une opération d’information pour saboter les négociations
Pourquoi ce mensonge ? Pourquoi maintenant ? La réponse est évidente. L’annonce de Lavrov est intervenue un jour après que Zelensky ait obtenu de Trump une promesse historique : les forces américaines participeraient à la sécurité de l’Ukraine après tout accord de paix avec la Russie. C’était la première fois que les États-Unis acceptaient de telles garanties de sécurité. Le Premier ministre polonais Donald Tusk s’était montré optimiste, déclarant que « la paix est à l’horizon ». Zelensky avait annoncé que les alliés de l’Ukraine, connus sous le nom de Coalition des Volontaires, devaient se réunir à Kyiv le 3 janvier et en France trois jours plus tard. Et soudain, cette « attaque » contre Poutine. Soudain, Lavrov qui déclare que « la position de négociation de la Russie sera révisée ».
Zelensky a immédiatement compris la manœuvre. Il a déclaré que la Russie « cherchait un prétexte » pour intensifier les hostilités et éviter de s’engager dans des pourparlers de paix, suite à sa rencontre réussie avec Trump. « La Russie recommence, utilisant des déclarations dangereuses pour saper toutes les réalisations de nos efforts diplomatiques communs avec l’équipe du président Trump », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Trump, lui, a semblé croire les allégations de Moscou. « Je n’aime pas ça. Ce n’est pas bien », a déclaré Trump aux journalistes. « C’est une chose d’être offensif… C’en est une autre d’attaquer sa maison. Ce n’est pas le bon moment pour faire quoi que ce soit de ce genre. Et j’en ai appris davantage du président Poutine aujourd’hui. J’étais très en colère à ce sujet. »
Et là, je suis sidéré. Trump qui gobe les mensonges de Poutine comme un enfant gobe les bonbons. Trump qui se met en colère contre l’Ukraine pour une attaque qui n’a jamais eu lieu. Trump qui croit un dictateur qui ment comme il respire, plutôt que de croire ses propres services de renseignement. Parce que oui, le Wall Street Journal a rapporté que les services de renseignement américains avaient déterminé que l’Ukraine n’avait pas ciblé la résidence de Poutine. Mais Trump préfère croire Poutine. C’est ça, la réalité de la diplomatie en 2026. Un président américain qui fait plus confiance à un autocrate russe qu’à ses propres alliés. C’est terrifiant.
Les batailles qui n'en finissent pas
Pokrovsk, Myrnohrad, Kupiansk : des villes qui résistent
Fin 2025, malgré cinq mois de combats acharnés, les forces russes n’avaient toujours pas pris Pokrovsk et Myrnohrad, deux villes de l’est de l’Ukraine dans le Donbass. Cinq mois. Des milliers de morts. Des centaines de chars détruits. Et ces villes tiennent toujours. La Russie contrôle 55% de Hulyaipole dans la région sud de Zaporizhia, malgré ses affirmations d’avoir pris la ville. Même les reporters militaires russes ont admis que les forces russes étaient en train d’être chassées de Kupiansk dans la région nord de Kharkiv, malgré les déclarations officielles affirmant le contraire. Un média pro-Kremlin a écrit, citant « une exagération systématique des succès » : « En raison de rapports inexacts sur la situation aux autorités supérieures, les réserves qui n’étaient ‘pas nécessaires’ pour la capture et le nettoyage de Kupiansk ont été redéployées vers d’autres zones. »
C’est le problème de toutes les dictatures : les généraux mentent au dictateur parce qu’ils ont peur de lui dire la vérité. Ils gonflent les succès, minimisent les échecs, et au final, personne ne sait vraiment ce qui se passe sur le terrain. Le chef d’état-major russe Valery Gerasimov a affirmé lors de réunions mises en scène avec Poutine que les forces russes avaient occupé 6 640 kilomètres carrés de territoire ukrainien et pris 334 localités ukrainiennes en 2025. Mais l’ISW a déclaré avoir « observé des preuves indiquant une présence russe dans 4 952 kilomètres carrés » et 245 localités. Presque 2 000 kilomètres carrés de différence. Presque 90 localités de différence. Des mensonges. Encore et toujours des mensonges.
La guerre des drones : une nouvelle dimension du conflit
Cette guerre a révélé l’importance cruciale des drones dans les conflits modernes. Les 879 drones russes abattus en une seule journée le 5 janvier témoignent de l’intensité de cette guerre aérienne invisible. L’Ukraine a transformé des drones commerciaux bon marché en armes redoutables. Des quadricoptères à 500 dollars détruisent des chars à plusieurs millions. Des drones kamikazes frappent des dépôts de munitions à des centaines de kilomètres derrière les lignes ennemies. Des drones de reconnaissance guident l’artillerie ukrainienne avec une précision chirurgicale. La Russie, malgré ses ressources infiniment supérieures, peine à contrer cette menace. Elle perd des centaines de drones chaque jour. Elle voit ses convois détruits, ses positions repérées, ses mouvements anticipés.
Les opérateurs de drones ukrainiens sont devenus les nouveaux héros de cette guerre. Assis dans des bunkers, les yeux rivés sur des écrans, ils pilotent leurs engins à des kilomètres de distance. Ils voient les soldats russes en temps réel. Ils les suivent. Ils les traquent. Et ils frappent. Un clic, et un char explose. Un autre clic, et un dépôt de munitions s’embrase. C’est une guerre de précision, une guerre de technologie, une guerre où l’intelligence compte plus que la force brute. Et dans cette guerre-là, l’Ukraine excelle. Elle innove. Elle s’adapte. Elle transforme chaque nouvelle contrainte en opportunité. Pendant que la Russie envoie des vagues d’assaut humaines se faire massacrer, l’Ukraine utilise des drones pour minimiser ses pertes tout en maximisant celles de l’ennemi.
Je regarde ces images de drones ukrainiens détruisant des colonnes russes et je me dis : voilà l’avenir de la guerre. Plus de charges héroïques. Plus de batailles rangées. Juste des machines qui tuent d’autres machines, et parfois des hommes. C’est froid. C’est distant. C’est terriblement efficace. Et ça sauve des vies ukrainiennes. Parce que chaque drone qui détruit un char russe, c’est un soldat ukrainien qui n’a pas à risquer sa vie en combat rapproché. C’est une mère qui ne recevra pas la visite des officiers venus annoncer la mort de son fils. C’est un enfant qui grandira avec son père. La technologie, dans cette guerre, est du côté de la vie. Du côté de ceux qui défendent. Du côté de ceux qui veulent juste rentrer chez eux.
Les perspectives de paix : espoir ou illusion ?
Trump et ses promesses de fin rapide du conflit
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump n’a cessé de promettre une fin rapide à la guerre en Ukraine. Il a rencontré Poutine en Alaska. Il a parlé avec Zelensky en Floride. Il a proposé des plans de paix. Il a fait pression sur les deux camps. Mais la réalité, c’est que Poutine ne veut pas la paix. Pas une vraie paix. Il veut une victoire. Il veut garder les territoires occupés. Il veut empêcher l’Ukraine de rejoindre l’OTAN. Il veut que l’Occident reconnaisse ses conquêtes. Et tant qu’il n’aura pas obtenu tout ça, il continuera d’envoyer des hommes mourir. Le Premier ministre polonais Tusk s’était montré optimiste fin décembre, déclarant que « la paix est à l’horizon ». Mais quelques jours plus tard, Lavrov inventait son histoire d’attaque contre Poutine, et tout s’effondrait.
La Russie a refusé à plusieurs reprises de céder les territoires occupés ou d’accepter la présence de forces américaines et européennes sur le sol ukrainien. Poutine a même ordonné à ses forces dans le sud de l’Ukraine de continuer leurs efforts pour s’emparer du reste de la région de Zaporizhia. Moscou contrôle trois quarts de la région et veut le dernier quart. Toujours plus. Toujours plus de terre. Toujours plus de sang. Toujours plus de morts. C’est la logique impériale. C’est la logique de la conquête. Et tant que Poutine sera au pouvoir, cette logique prévaudra. Les messages de Moscou semblent encadrer la rencontre de Zelensky avec Trump, ciblant le président américain. Poutine a organisé des réunions mises en scène avec son état-major juste avant et après la rencontre Zelensky-Trump, diffusant des affirmations exagérées de succès.
Les garanties de sécurité : la clé d’une paix durable
Pour la première fois, les États-Unis ont accepté de participer aux garanties de sécurité de l’Ukraine après tout accord de paix. C’est historique. C’est crucial. Parce que sans garanties de sécurité crédibles, tout accord de paix ne sera qu’un cessez-le-feu temporaire. Poutine attendra quelques années, reconstituera ses forces, et attaquera à nouveau. C’est ce qu’il a fait en 2014 avec la Crimée. C’est ce qu’il a fait en 2022 avec l’invasion à grande échelle. Il le refera si on lui en donne l’occasion. Les Ukrainiens le savent. Ils ont appris à leurs dépens qu’on ne peut pas faire confiance aux promesses russes. Ils ont signé le Mémorandum de Budapest en 1994, renonçant à leurs armes nucléaires en échange de garanties de sécurité. Et regardez où ça les a menés.
Tusk a déclaré lors d’une réunion du cabinet que « le résultat clé des derniers jours est la déclaration américaine de volonté de participer aux garanties de sécurité pour l’Ukraine après un accord de paix, y compris la présence de troupes américaines, par exemple, à la frontière ou sur la ligne de contact entre l’Ukraine et la Russie ». Des troupes américaines sur le sol ukrainien. Des soldats de l’OTAN qui garantissent la paix. C’est ce dont l’Ukraine a besoin. C’est ce que Poutine redoute le plus. Parce qu’il sait qu’il ne pourra pas attaquer l’Ukraine si des soldats américains sont là pour la défendre. Il sait qu’il ne pourra pas bombarder Kyiv si des F-16 américains patrouillent dans le ciel ukrainien. C’est pour ça qu’il invente des histoires d’attaques contre sa résidence. C’est pour ça qu’il sabote les négociations. C’est pour ça qu’il continue la guerre.
Je regarde ces négociations de paix et je suis partagé entre espoir et scepticisme. L’espoir, parce que chaque jour de paix, c’est des vies sauvées. Le scepticisme, parce que je connais Poutine. Je sais comment il fonctionne. Je sais qu’il ne respecte que la force. Je sais qu’il ne comprend que le rapport de force. Alors oui, négocions. Oui, cherchons la paix. Mais pas n’importe quelle paix. Pas une paix qui récompense l’agresseur. Pas une paix qui abandonne l’Ukraine. Pas une paix qui donne à Poutine ce qu’il veut. Une vraie paix. Une paix juste. Une paix qui garantit que cette horreur ne se reproduira jamais. Et pour ça, il faut des garanties de sécurité solides. Il faut que l’Occident s’engage vraiment. Il faut qu’on arrête d’avoir peur de Poutine et qu’on commence à le faire peur, lui.
Le coût humain : au-delà des statistiques
Des familles brisées des deux côtés de la frontière
Derrière chaque chiffre, il y a une famille détruite. Une mère qui pleure. Un père qui ne s’en remettra jamais. Des enfants qui grandiront sans leur papa. Des épouses qui sont devenues veuves à trente ans. Des frères et sœurs qui ont perdu leur meilleur ami. La BBC a documenté des centaines d’histoires de soldats russes tués. Des gamins de vingt ans qui rêvaient de devenir médecins, ingénieurs, professeurs. Des pères de famille qui voulaient juste payer leurs dettes et offrir une vie meilleure à leurs enfants. Des prisonniers qui pensaient pouvoir racheter leurs erreurs en servant leur pays. Tous morts. Tous sacrifiés sur l’autel de l’ambition d’un seul homme. Et du côté ukrainien, c’est pareil. Des héros qui ne voulaient pas être des héros. Des gens ordinaires forcés de faire des choses extraordinaires.
Les cimetières russes se remplissent à une vitesse terrifiante. Dans la région de Kostroma, à 300 kilomètres de Moscou, un nouveau cimetière militaire a été créé pour accueillir les corps qui reviennent d’Ukraine. Des rangées et des rangées de tombes fraîches. Des croix blanches à perte de vue. Des photos de jeunes hommes en uniforme. Des fleurs fanées. Des mères qui viennent pleurer leurs fils. C’est ça, la vraie face de cette guerre. Pas les discours patriotiques de Poutine. Pas les défilés militaires sur la Place Rouge. Pas les médailles et les honneurs posthumes. Juste des tombes. Des milliers et des milliers de tombes. Et chaque jour, il y en a de nouvelles. Chaque jour, de nouvelles familles rejoignent le club des endeuillés. Chaque jour, de nouveaux enfants deviennent orphelins.
Les blessés : une génération mutilée
Et puis il y a les blessés. Ceux qui survivent mais qui ne seront plus jamais les mêmes. Les amputés. Les brûlés. Les traumatisés. Selon les estimations de l’OTAN, le nombre total de morts et de blessés russes dans cette guerre s’élève à 1,1 million. Un million cent mille. Si on estime qu’il y a environ 250 000 morts, ça fait 850 000 blessés. Huit cent cinquante mille hommes qui rentrent chez eux avec des jambes en moins, des bras arrachés, des visages défigurés, des cerveaux traumatisés. Huit cent cinquante mille hommes qui ne pourront plus travailler normalement, qui ne pourront plus jouer avec leurs enfants, qui ne pourront plus vivre une vie normale. Et qui va s’occuper d’eux ? Qui va payer leurs soins ? Qui va les aider à se réinsérer dans la société ?
La Russie n’est pas préparée pour gérer un tel afflux de blessés. Les hôpitaux sont débordés. Les centres de rééducation sont saturés. Les prothèses manquent. Les psychologues sont trop peu nombreux. Et pendant ce temps, Poutine continue d’envoyer de nouveaux soldats au front. Il continue de créer de nouveaux blessés. Il continue de détruire des vies. Parce que pour lui, ces hommes ne sont que des chiffres. Des statistiques. Des pions sur un échiquier géopolitique. Il ne les voit pas comme des êtres humains. Il ne pense pas à leurs familles. Il ne se soucie pas de leur avenir. Tout ce qui compte pour lui, c’est sa place dans l’histoire. Son héritage. Sa grandeur. Et pour ça, il est prêt à sacrifier des millions de vies.
Je pense à tous ces blessés et j’ai le cœur brisé. Des jeunes hommes dans la fleur de l’âge, mutilés pour rien. Des vies gâchées. Des rêves anéantis. Des avenirs volés. Et tout ça pour quoi ? Pour que Poutine puisse dire qu’il a « restauré la grandeur de la Russie » ? Pour qu’il puisse annexer quelques régions ukrainiennes ? Pour qu’il puisse prouver au monde qu’il est un homme fort ? C’est obscène. C’est criminel. C’est impardonnable. Ces hommes méritaient mieux. Ils méritaient de vivre leur vie. Ils méritaient de voir leurs enfants grandir. Ils méritaient de vieillir en paix. Au lieu de ça, ils sont dans des hôpitaux, à essayer de réapprendre à marcher, à essayer de gérer leurs cauchemars, à essayer de comprendre pourquoi leur pays les a envoyés dans cet enfer.
L'impact économique : une Russie qui s'enfonce
Le coût financier de la guerre
Au-delà du coût humain, cette guerre ruine l’économie russe. Le budget militaire explose. Les sanctions occidentales mordent. Les entreprises étrangères fuient le pays. Les cerveaux émigrent. La Russie dépense des sommes colossales pour maintenir son effort de guerre. Les primes de recrutement à elles seules représentent des milliards de roubles. Si 336 000 personnes ont signé un contrat en 2025, et que chacune peut gagner jusqu’à 10 millions de roubles par an, ça fait 3 360 milliards de roubles rien qu’en salaires et primes. Ajoutez à ça le coût du matériel détruit : 11 512 chars, 23 863 véhicules blindés, 35 831 systèmes d’artillerie. Chaque char coûte plusieurs millions de dollars. Chaque système d’artillerie, des centaines de milliers. Les drones, les missiles, les munitions. Tout ça coûte une fortune.
Et pendant ce temps, l’économie civile russe souffre. Les infrastructures se dégradent. Les services publics se détériorent. L’inflation grimpe. Le rouble s’effondre. Les Russes ordinaires voient leur pouvoir d’achat diminuer. Ils voient les prix augmenter. Ils voient leur niveau de vie baisser. Mais Poutine s’en fiche. Tout l’argent va à la guerre. Tout va à l’armée. Les écoles manquent de fonds. Les hôpitaux manquent d’équipement. Les routes sont pleines de nids-de-poule. Mais l’armée, elle, ne manque de rien. Enfin, c’est ce que dit la propagande. Parce que la réalité sur le terrain, c’est que les soldats russes manquent de tout. Ils manquent d’équipement moderne. Ils manquent de gilets pare-balles. Ils manquent de vision nocturne. Ils manquent de drones. Ils manquent de munitions de précision.
Les sanctions et l’isolement international
Les sanctions occidentales ont transformé la Russie en paria économique. Les grandes entreprises ont quitté le pays. Les investissements étrangers se sont taris. Les technologies de pointe ne sont plus accessibles. La Russie est coupée du système financier international. Elle ne peut plus utiliser le SWIFT. Elle ne peut plus commercer librement avec l’Occident. Elle doit passer par des intermédiaires, payer des surcoûts, contourner les embargos. C’est coûteux. C’est inefficace. C’est humiliant. Mais Poutine préfère ça plutôt que d’admettre sa défaite. Il préfère voir son pays s’enfoncer dans l’isolement plutôt que de retirer ses troupes d’Ukraine. Il préfère sacrifier l’avenir de la Russie plutôt que de reconnaître son erreur.
Et le pire, c’est que ça va durer des décennies. Même si la guerre s’arrête demain, les sanctions ne seront pas levées du jour au lendemain. La confiance ne se reconstruit pas en un jour. Les entreprises qui sont parties ne reviendront pas facilement. Les cerveaux qui ont fui ne rentreront pas. La Russie a perdu une génération entière de jeunes talents. Les meilleurs ingénieurs, les meilleurs programmeurs, les meilleurs scientifiques ont quitté le pays. Ils sont partis en Géorgie, en Arménie, en Turquie, en Europe. Ils ne veulent pas vivre dans un pays en guerre. Ils ne veulent pas que leurs enfants grandissent sous une dictature. Ils ne veulent pas être complices de cette folie. Et qui peut les blâmer ?
Je regarde l’économie russe s’effondrer et je me dis : c’est ça, le vrai coût de l’orgueil. Poutine a sacrifié l’avenir de son pays pour satisfaire son ego. Il a transformé la Russie en État paria. Il a coupé son pays du monde moderne. Il a condamné des générations de Russes à vivre dans un pays isolé, appauvri, arriéré. Et pour quoi ? Pour quelques kilomètres carrés de territoire ukrainien ? Pour pouvoir dire qu’il a « restauré l’empire russe » ? C’est pathétique. C’est tragique. Et le pire, c’est que les Russes ordinaires vont payer le prix de cette folie pendant des décennies. Pas Poutine. Pas ses oligarques. Pas ses généraux. Eux, ils sont à l’abri. Eux, ils ont leurs comptes en banque à l’étranger. Eux, ils ont leurs villas sur la Côte d’Azur. Ce sont les Russes ordinaires qui vont souffrir. Comme toujours.
Conclusion : 940 vies pour rien
Le bilan d’une journée ordinaire dans une guerre extraordinaire
Revenons à notre point de départ. Le 5 janvier 2026. Une journée comme les autres dans cette guerre qui n’en finit pas. 940 soldats russes tués ou blessés. Cinq chars détruits. Six véhicules blindés anéantis. Quarante-six systèmes d’artillerie pulvérisés. Un système de défense antiaérienne réduit en ferraille. 879 drones abattus. 157 véhicules automobiles détruits. C’est le bilan d’une seule journée. Demain, ce sera pareil. Après-demain aussi. Et le jour d’après. Tant que Poutine sera au pouvoir, tant qu’il refusera de négocier sérieusement, tant qu’il continuera de croire qu’il peut gagner cette guerre par la force brute, les morts continueront de s’accumuler. Les familles continueront de pleurer. Les cimetières continueront de se remplir.
Et pour quoi ? Pour 0,8% du territoire ukrainien conquis en 2025. Moins d’un pour cent. 420 000 Russes sacrifiés pour moins d’un pour cent. C’est l’équation de cette guerre. C’est le calcul monstrueux de Poutine. Il est prêt à sacrifier des millions de vies pour satisfaire son ambition impériale. Il est prêt à détruire son propre pays pour éviter d’admettre sa défaite. Il est prêt à transformer la Russie en cimetière géant plutôt que de retirer ses troupes d’Ukraine. Et pendant ce temps, le monde regarde. On discute. On négocie. On tergiverse. On a peur de « provoquer » Poutine. On a peur d’une escalade. On a peur d’une guerre mondiale. Mais la guerre mondiale, elle est déjà là. Elle se déroule en Ukraine. Elle tue des milliers de personnes chaque mois. Elle détruit des villes entières. Elle crée des millions de réfugiés.
L’urgence d’agir
Il est temps d’arrêter d’avoir peur. Il est temps de donner à l’Ukraine les moyens de se défendre vraiment. Il est temps de fournir les armes qui font la différence. Il est temps d’imposer des sanctions qui font vraiment mal. Il est temps de montrer à Poutine qu’il ne peut pas gagner cette guerre. Parce que tant qu’il croira pouvoir gagner, il continuera. Tant qu’il pensera que l’Occident finira par se lasser, il persistera. Tant qu’il imaginera que Trump lui donnera ce qu’il veut, il s’entêtera. La seule façon d’arrêter cette boucherie, c’est de convaincre Poutine qu’il ne peut pas gagner. Qu’il ne gagnera jamais. Que chaque jour de guerre supplémentaire ne fera qu’affaiblir davantage la Russie. Que chaque soldat tué est un soldat de trop. Que chaque char détruit est un char qui ne sera pas remplacé.
Les Ukrainiens se battent pour leur survie. Ils se battent pour leur liberté. Ils se battent pour leurs enfants. Ils se battent pour leur avenir. Et ils méritent notre soutien total. Pas des demi-mesures. Pas des restrictions sur l’utilisation des armes. Pas des livraisons au compte-gouttes. Un soutien total. Massif. Inconditionnel. Parce que si l’Ukraine tombe, ce ne sera pas la fin. Ce sera le début. Poutine ne s’arrêtera pas là. Il regardera vers les pays baltes. Vers la Pologne. Vers la Moldavie. Il testera l’OTAN. Il poussera les limites. Il cherchera la faille. Et si on le laisse faire, si on le laisse gagner en Ukraine, on le regrettera pendant des décennies. Parce qu’on aura montré aux dictateurs du monde entier qu’on peut envahir ses voisins impunément. Qu’on peut massacrer des civils sans conséquences. Qu’on peut défier l’ordre international sans être vraiment puni.
Je termine cet article avec un sentiment de colère et d’urgence. Colère contre Poutine et sa guerre criminelle. Colère contre ceux qui, en Occident, continuent de tergiverser. Colère contre ceux qui parlent de « paix » alors qu’ils veulent juste que l’Ukraine se rende. Et urgence, parce que chaque jour qui passe, des centaines de personnes meurent. Chaque jour qui passe, des familles sont détruites. Chaque jour qui passe, l’Ukraine saigne. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Nous ne pouvons pas nous contenter de regarder. Nous devons agir. Maintenant. Massivement. Décisivement. Parce que l’histoire nous jugera. Et si nous laissons l’Ukraine tomber, si nous laissons Poutine gagner, l’histoire nous condamnera. Nos enfants nous demanderont : « Qu’avez-vous fait quand l’Ukraine se battait pour sa survie ? » Et nous devrons leur répondre. Alors, que voulons-nous leur dire ? Que nous avons eu peur ? Que nous avons hésité ? Que nous avons calculé ? Ou que nous avons fait ce qui était juste ? Que nous avons soutenu ceux qui se battaient pour la liberté ? Que nous avons dit non à la tyrannie ? Le choix nous appartient. Mais le temps presse. Chaque jour compte. Chaque vie compte. 940 soldats russes sont morts hier. Combien mourront aujourd’hui ? Combien demain ? Quand est-ce que ça s’arrêtera ? Quand est-ce qu’on dira : ça suffit ?
Sources
ArmyInform – « Over the past day, Russia lost 940 servicemen, 5 tanks, and an air defense system » – 6 janvier 2026 – https://armyinform.com.ua/en/2026/01/06/over-the-past-day-russia-lost-940-servicemen-5-tanks-and-an-air-defense-system/
Ukrinform – « Russia’s war casualty toll in Ukraine up by 940 over past day » – 6 janvier 2026 – https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4077111-russias-war-casualty-toll-in-ukraine-up-by-940-over-past-day.html
Al Jazeera – « Over 400,000 Russians killed, wounded for 0.8 percent of Ukraine in 2025 » – 2 janvier 2026 – https://www.aljazeera.com/news/2026/1/2/over-400000-russians-killed-wounded-for-0-8-percent-of-ukraine-in-2025
BBC News – « Russia’s losses in Ukraine rise faster than ever as US pushes for peace deal » – 30 décembre 2025 – https://www.bbc.com/news/articles/c62n922dnw7o
État-major général des Forces armées d’Ukraine – Rapports quotidiens sur les pertes russes – Facebook – 6 janvier 2026
Institute for the Study of War (ISW) – Évaluations de la campagne offensive russe – Janvier 2026
Mediazona et BBC News Russian – Décompte des pertes russes confirmées – Données compilées depuis février 2022
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