Géographie d’un cauchemar
Andriivka. Moins de cinq kilomètres de la frontière russe. Un village qui, avant la guerre, vivait probablement au rythme des saisons, des récoltes, des mariages et des enterrements. Aujourd’hui, c’est un point sur une carte militaire. Un objectif stratégique. Un symbole. Le village a déjà connu l’occupation russe en juin 2025, avant d’être libéré en août. Deux mois de liberté, peut-être. Deux mois où les habitants ont pu croire que le pire était derrière eux. Mais l’automne et l’hiver 2025 ont apporté une nouvelle vague d’attaques russes dans l’oblast de Sumy. Et Andriivka s’est retrouvé une fois de plus dans la ligne de mire.
La géographie explique tout. Ou presque. Andriivka se trouve dans une zone frontalière, là où la Russie cherche à créer ce qu’elle appelle une « zone tampon ». Un euphémisme pour désigner une bande de territoire ukrainien qu’elle veut occuper pour protéger ses propres régions frontalières des attaques ukrainiennes. Le 30 décembre 2025, le groupe de forces Kursk a confirmé que les forces russes continuaient leurs tentatives de s’emparer de territoires ukrainiens dans la région frontalière de l’oblast de Sumy. Les combats faisaient rage près des villages de Yunakivka, Yablunivka, Varachyne, Andriivka et Kindrativka. Cinq villages. Cinq points sur une carte. Cinq communautés déchirées par la guerre.
Le prix humain de la stratégie
Selon DeepState, au 7 janvier 2026, trois de ces villages — Yunakivka, Yablunivka et Andriivka — seraient sous contrôle russe. Mais l’armée ukrainienne conteste cette évaluation, du moins pour Andriivka. Ce qui est certain, c’est que les combats sont intenses. Que les soldats ukrainiens se battent avec acharnement pour chaque position. Et que les Russes, eux, continuent de pousser, de tester les défenses, de chercher les failles. Cette guerre d’usure, cette bataille pour des villages que la plupart des gens ne connaîtront jamais, c’est le quotidien de milliers de soldats ukrainiens.
Le lieutenant-colonel Viktor Trehubov, porte-parole de la Force opérationnelle conjointe ukrainienne, a déclaré à Ukrinform le 8 janvier 2026 que « l’ennemi tente effectivement d’élargir sa zone d’occupation dans la région de Sumy, mais jusqu’à présent, ces tentatives ont échoué ». Une déclaration qui sonne comme un défi. Comme une promesse. Mais aussi comme un aveu : les Russes poussent. Ils testent. Ils cherchent. Et un jour, peut-être, ils trouveront une brèche. C’est la réalité brutale de cette guerre. Chaque village défendu est une victoire. Mais chaque village défendu est aussi un rappel que la menace est toujours là, à quelques kilomètres, à quelques heures.
Je pense à ces soldats ukrainiens qui défendent Andriivka. Je pense à ce qu’ils doivent ressentir quand ils voient leur village marqué en rouge sur une carte. Quand ils lisent que le monde entier pense qu’ils ont perdu. Et je me demande si ça les met en colère, ou si ça les motive encore plus. Si ça leur donne envie de prouver que non, ils sont toujours là, ils tiennent toujours, ils ne lâcheront pas.
Le spectre de Hrabovske
Quand les civils deviennent des otages
Pour comprendre ce qui se joue à Andriivka, il faut regarder ce qui s’est passé à Hrabovske. Un autre village de l’oblast de Sumy, à peine quelques kilomètres plus loin. Le 20 décembre 2025, les forces russes ont pénétré dans Hrabovske et ont fait quelque chose d’inédit : elles ont raflé 52 civils, les ont rassemblés dans une église, puis les ont emmenés en Russie. Cinquante-deux personnes. Des hommes, des femmes, des personnes âgées. Le président Volodymyr Zelensky a d’abord parlé d’enfants parmi les déportés, avant que l’ombudsman ukrainien Dmytro Lubinets ne précise le 26 décembre qu’aucun enfant ne figurait sur la liste des 52 personnes enlevées. Mais peu importe les détails. Ce qui compte, c’est l’acte lui-même : des civils, arrachés à leurs maisons, emmenés de force en territoire ennemi.
Le lieutenant-colonel Viktor Trehubov a décrit l’opération à la BBC le 24 décembre 2025 : « C’était un raid éclair. Ils ont rapidement rassemblé tout le monde et les ont rapidement évacués. Cela ne s’était jamais produit auparavant. Nous n’avions jamais eu de tels raids auparavant ». Un raid éclair. Une centaine de soldats russes qui déferlent sur un village, rassemblent les habitants, et repartent avec eux. Comme dans un film d’horreur. Sauf que c’est réel. Que ces 52 personnes sont quelque part en Russie, probablement à Belgorod, sans moyen de contacter leurs familles. Que leurs proches ne savent pas si elles sont vivantes, si elles sont bien traitées, si elles reviendront un jour.
La déportation comme arme de guerre
Volodymyr Bitsak, membre du conseil régional de Sumy, a confié au Kyiv Independent : « La mère de mes amis a été emmenée là-bas. Il n’y a aucun moyen de la contacter même s’ils ont essayé. D’après ce que je sais, ils ont été emmenés dans la ville de Belgorod et sont détenus dans un lieu inconnu ». Un témoignage qui glace le sang. Ces gens ne sont pas des soldats. Ce ne sont pas des combattants. Ce sont des civils qui ont refusé d’évacuer, qui ont voulu rester chez eux, qui ont cru qu’ils seraient en sécurité. Et maintenant, ils sont prisonniers. Otages d’une guerre qu’ils n’ont pas choisie.
L’ombudsman ukrainien Dmytro Lubinets a dénoncé ces actes comme une « violation grave du droit international humanitaire ». Il a précisé que les civils « ont été détenus au secret et dans des conditions inappropriées » par les troupes russes avant d’être emmenés hors d’Ukraine. Des violations des lois et coutumes de la guerre. Des crimes de guerre, en d’autres termes. Mais les mots ne ramèneront pas ces 52 personnes. Les déclarations officielles ne les libéreront pas. Et pendant ce temps, les forces russes continuent de pousser, de tester, de chercher d’autres villages à occuper, d’autres civils à déporter.
Je lis ces témoignages et je sens la colère monter. Cinquante-deux personnes. Cinquante-deux vies arrachées. Et pour quoi ? Pour créer une « zone tampon » ? Pour protéger la Russie d’attaques ukrainiennes ? C’est obscène. C’est révoltant. Et le pire, c’est que ce n’est probablement pas la dernière fois. Que d’autres villages tomberont. Que d’autres civils seront déportés. Que cette guerre continuera à broyer des vies innocentes.
La stratégie russe de la zone tampon
Un euphémisme pour l’occupation
La Russie ne parle pas d’invasion. Elle ne parle pas d’occupation. Elle parle de « zone tampon ». Un terme aseptisé, presque technique, qui masque la réalité brutale : la Russie veut occuper une bande de territoire ukrainien le long de la frontière pour protéger ses propres régions des attaques ukrainiennes. C’est la logique tordue de cette guerre. L’Ukraine se défend contre une invasion, lance des contre-attaques sur le territoire russe, et la Russie répond en… envahissant encore plus de territoire ukrainien. Pour se protéger. Pour créer une zone de sécurité. Pour empêcher les Ukrainiens de frapper les villes russes frontalières.
Le 30 décembre 2025, le groupe de forces Kursk a confirmé que les forces russes continuaient leurs tentatives de s’emparer de territoires ukrainiens dans la région frontalière de l’oblast de Sumy pour créer cette fameuse « zone tampon ». Les combats se concentrent sur plusieurs villages : Yunakivka, Yablunivka, Varachyne, Andriivka, Kindrativka. Des noms qui ne disent rien à la plupart des gens. Des points sur une carte. Mais pour les habitants de ces villages, pour les soldats qui les défendent, ce sont des lieux réels, avec une histoire, une identité, une signification.
L’expansion permanente
Cette stratégie de la zone tampon n’est pas nouvelle. La Russie l’a déjà utilisée ailleurs. Elle occupe un territoire, prétend qu’elle a besoin de plus de profondeur pour se protéger, avance encore, et recommence. C’est une logique d’expansion permanente, déguisée en mesure défensive. Et elle fonctionne, dans une certaine mesure. Parce que chaque village occupé éloigne un peu plus la ligne de front de la frontière russe. Chaque kilomètre gagné rend un peu plus difficile pour l’Ukraine de frapper les villes russes. Mais le prix, c’est la destruction de villages ukrainiens, la déportation de civils, la mort de soldats des deux côtés.
Le 7 janvier 2026, selon les données de DeepState, trois villages de la région — Yunakivka, Yablunivka et Andriivka — seraient sous contrôle russe. Si c’est vrai, cela signifie que la Russie a réussi à créer une petite poche d’occupation dans l’oblast de Sumy. Une zone tampon embryonnaire. Mais l’armée ukrainienne conteste ces informations, du moins pour Andriivka. Ce qui suggère que la bataille pour cette zone tampon est loin d’être terminée. Que chaque village est disputé. Que rien n’est acquis.
Cette idée de « zone tampon » me rend malade. C’est tellement cynique. Tellement calculateur. La Russie envahit l’Ukraine, l’Ukraine se défend, et la Russie dit : « Regardez, ils nous attaquent, nous devons nous protéger. » Et pour se protéger, elle occupe encore plus de territoire ukrainien. C’est un cercle vicieux. Une spirale sans fin. Et pendant ce temps, des villages sont détruits, des civils sont déportés, des soldats meurent.
Les civils pris au piège
Ceux qui refusent de partir
Viktor Babych, vice-chef de l’administration régionale de Sumy, a révélé des chiffres glaçants : 56% des résidents des zones frontalières refusent d’évacuer. Au total, 32 000 civils, dont 604 enfants, restent dans ces zones dangereuses. Pourquoi ? Pourquoi rester quand les bombes tombent, quand les soldats russes peuvent débarquer à tout moment, quand la déportation est une menace réelle ? Les raisons sont multiples. Certains sont trop âgés pour partir. D’autres n’ont nulle part où aller. Beaucoup refusent simplement d’abandonner leurs maisons, leurs terres, leurs vies. C’est leur choix. Un choix terrible, mais un choix quand même.
La plupart des 52 civils déportés de Hrabovske étaient des personnes âgées qui avaient refusé les ordres d’évacuation officiels. Ils avaient choisi de rester. Et maintenant, ils sont en Russie, prisonniers. Le président Zelensky a exprimé sa surprise lors d’une conférence de presse le 22 décembre 2025 : « Je suis surpris qu’il y ait eu des enfants. Je suis simplement surpris que les parents aient traité leurs enfants de cette façon. Je pense qu’ils ne s’attendaient tout simplement pas à être emmenés en Russie par l’armée russe ». Une remarque qui sonne presque comme un reproche. Mais qui reflète aussi une réalité : beaucoup de civils ne croient pas que le pire puisse arriver. Jusqu’à ce qu’il arrive.
L’impossible choix
Partir ou rester. Abandonner sa maison ou risquer sa vie. C’est le dilemme auquel sont confrontés des dizaines de milliers d’Ukrainiens dans les zones frontalières. Et il n’y a pas de bonne réponse. Ceux qui partent perdent tout ce qu’ils ont construit. Ceux qui restent risquent la mort, la déportation, l’occupation. Hrabovske avait une population d’environ 700 personnes avant la guerre. La grande majorité avait déjà été évacuée avant le raid russe du 20 décembre. Mais 52 personnes étaient restées. Et maintenant, elles sont quelque part en Russie, coupées de leurs familles, de leurs amis, de leur pays.
L’Ukraine a demandé l’aide de ses partenaires internationaux pour ramener ces civils déportés. Mais les négociations avec la Russie sont toujours compliquées, toujours longues, toujours incertaines. Et pendant ce temps, ces 52 personnes attendent. Espèrent. Prient peut-être. Que quelqu’un se souvienne d’elles. Que quelqu’un se batte pour elles. Que quelqu’un les ramène chez elles. Mais la réalité, c’est que leur sort dépend de calculs géopolitiques qui les dépassent. Qu’elles sont devenues des pions dans un jeu qui les broie.
Je pense à ces 32 000 personnes qui refusent d’évacuer. Je me demande ce que je ferais à leur place. Est-ce que j’aurais le courage de partir ? De tout abandonner ? Ou est-ce que je resterais, par entêtement, par attachement, par refus de laisser l’ennemi gagner ? Je ne sais pas. Et je suis reconnaissant de ne pas avoir à faire ce choix. Mais eux, ils le font. Chaque jour. Et certains paient ce choix de leur liberté, voire de leur vie.
La guerre de l'information
DeepState : un outil imparfait mais essentiel
DeepState est devenu une référence en Ukraine. Cette carte interactive, mise à jour quotidiennement par des analystes militaires, documente chaque avancée russe, chaque recul ukrainien, chaque village qui change de mains. C’est un outil précieux pour comprendre l’évolution de la guerre. Mais c’est aussi un outil imparfait. Parce que la guerre n’est pas une science exacte. Parce que les informations sont parfois contradictoires. Parce que la ligne de front est fluide, changeante, insaisissable. Un village peut être marqué comme occupé alors que des soldats ukrainiens y combattent encore. Une zone peut être colorée en rouge alors que les Russes n’en contrôlent qu’une partie.
Le cas d’Andriivka illustre parfaitement cette complexité. DeepState a marqué le village comme occupé le 7 janvier. L’armée ukrainienne a démenti le 8 janvier. Qui a raison ? Peut-être les deux. Peut-être que les Russes ont pénétré dans certaines parties du village, mais que les Ukrainiens tiennent d’autres positions. Peut-être que la bataille fait rage et que le contrôle du village bascule d’heure en heure. La guerre n’est pas un jeu vidéo où chaque territoire est clairement défini. C’est un chaos, une confusion, une violence qui rend toute cartographie approximative.
La responsabilité des médias
Le groupe de forces Kursk a appelé à la prudence dans son communiqué du 8 janvier : « Nous appelons le public, les médias et les leaders d’opinion à maintenir une hygiène informationnelle, à évaluer de manière critique les rapports provenant de sources non fiables, à éviter les déchets informationnels et les rumeurs. Faites confiance uniquement aux données officielles ». Un appel légitime. Mais aussi problématique. Parce que les données officielles ne sont pas toujours complètes. Parce que les armées ont leurs propres agendas. Parce que la transparence totale est impossible en temps de guerre. Alors comment naviguer dans ce brouillard d’informations contradictoires ?
La réponse, c’est le croisement des sources. C’est la vérification. C’est l’humilité de reconnaître qu’on ne sait pas tout, qu’on ne peut pas tout savoir. DeepState fait un travail remarquable, mais il n’est pas infaillible. L’armée ukrainienne a accès à des informations que les analystes n’ont pas, mais elle a aussi intérêt à présenter une certaine version des faits. Les médias doivent jongler entre ces sources, ces perspectives, ces vérités partielles. Et parfois, la seule réponse honnête, c’est : nous ne savons pas avec certitude. Mais voici ce que nous savons. Voici ce que les différentes sources disent. Et voici pourquoi c’est important.
Cette guerre de l’information m’épuise. Pas parce que c’est compliqué. Mais parce que derrière chaque contradiction, il y a des vies humaines. Des soldats qui se battent. Des civils qui souffrent. Et nous, à distance, on essaie de comprendre, de cartographier, de documenter. Mais on ne peut jamais vraiment saisir la réalité de ce qui se passe là-bas. On ne peut que l’approcher, l’effleurer, l’imaginer.
Le contexte plus large
Une guerre d’usure
La bataille pour Andriivka n’est qu’un fragment d’une guerre beaucoup plus vaste. Le 7 janvier 2026, 275 engagements de combat ont été enregistrés sur l’ensemble du front ukrainien. Deux cent soixante-quinze batailles en une seule journée. Des centaines de soldats engagés. Des dizaines, peut-être des centaines de morts et de blessés. Et Andriivka n’est qu’un de ces 275 points de friction. Un village parmi tant d’autres. Une bataille parmi tant d’autres. Mais pour les soldats qui y combattent, c’est la seule bataille qui compte. C’est leur vie. Leur survie. Leur mission.
Cette guerre d’usure, cette accumulation de petites batailles pour des villages dont personne ne se souviendra, c’est la réalité de la guerre en Ukraine en ce début d’année 2026. La Russie pousse sur tous les fronts. Elle teste les défenses ukrainiennes. Elle cherche les failles. Elle avance là où elle peut, recule là où elle doit. Et l’Ukraine résiste. Village par village. Tranchée par tranchée. Soldat par soldat. C’est épuisant. C’est brutal. C’est sans fin. Mais c’est la seule façon de tenir. De ne pas céder. De ne pas abandonner.
Les autres fronts
Pendant que Andriivka fait les gros titres, d’autres batailles font rage ailleurs. Dans l’oblast de Donetsk, les forces russes ont capturé la ville de Siversk le 8 janvier 2026, forçant l’armée ukrainienne à se retirer « pour préserver la vie de nos soldats », selon un communiqué officiel. La chute de Siversk rapproche les forces russes des villes forteresses de Sloviansk et Kramatorsk, à environ 35 kilomètres à l’ouest. Chaque village perdu est un pas de plus vers ces objectifs stratégiques. Chaque recul ukrainien est une victoire russe. Et chaque victoire russe rend la tâche de l’Ukraine un peu plus difficile.
Mais l’Ukraine ne se contente pas de défendre. Elle frappe aussi. Le 8 janvier 2026, les forces ukrainiennes ont mené des frappes de précision sur la logistique russe en Crimée et dans l’oblast de Donetsk. Des dépôts de munitions, des centres de commandement, des infrastructures militaires. L’Ukraine ne peut pas gagner cette guerre en se contentant de tenir ses positions. Elle doit frapper l’ennemi là où ça fait mal. Perturber ses lignes d’approvisionnement. Détruire ses capacités offensives. C’est une guerre totale, sur tous les fronts, avec tous les moyens disponibles.
Je regarde cette guerre et je me demande comment elle va finir. Est-ce que l’Ukraine tiendra ? Est-ce que la Russie finira par reculer ? Ou est-ce que cette guerre d’usure va continuer pendant des années, broyant des vies, détruisant des villages, épuisant les deux camps ? Je n’ai pas de réponse. Personne n’en a. Mais ce que je sais, c’est que chaque jour qui passe, des hommes et des femmes se battent pour leur pays. Et que leur courage mérite d’être reconnu, documenté, célébré.
Les enjeux géopolitiques
La pression internationale
La déportation de civils de Hrabovske a suscité une condamnation internationale. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha a déclaré le 22 décembre 2025 : « Les envahisseurs russes ont volé cinq douzaines de personnes civiles, principalement des personnes âgées ». Il a exigé le retour immédiat de ces civils. Mais les exigences ne suffisent pas. Les condamnations ne suffisent pas. La Russie continue ses opérations, continue ses déportations, continue sa guerre. Et la communauté internationale, malgré ses déclarations, peine à trouver des leviers efficaces pour l’arrêter.
L’Ukraine a besoin de plus que des mots. Elle a besoin d’armes, de munitions, de soutien financier. Elle a besoin que ses partenaires occidentaux maintiennent leur engagement, malgré la fatigue de la guerre, malgré les pressions politiques internes, malgré les tentations de négocier avec la Russie. Parce que chaque village comme Andriivka, chaque déportation comme celle de Hrabovske, est un rappel que cette guerre n’est pas terminée. Qu’elle ne sera pas terminée tant que la Russie n’aura pas été repoussée. Ou tant que l’Ukraine n’aura pas été écrasée. Et personne ne veut voir la deuxième option se réaliser.
L’avenir incertain
Que va-t-il se passer à Andriivka ? Le village tiendra-t-il ? Tombera-t-il ? Sera-t-il détruit dans les combats, comme tant d’autres villages ukrainiens ? Personne ne le sait. Pas même les soldats qui y combattent. Pas même les généraux qui planifient les opérations. Pas même les analystes qui scrutent les cartes. Cette incertitude, cette impossibilité de prédire l’avenir, c’est la réalité de la guerre. Chaque jour apporte son lot de surprises, de revers, de victoires inattendues. Et Andriivka, ce petit village à moins de cinq kilomètres de la frontière russe, est au cœur de cette incertitude.
Ce qui est certain, c’est que la bataille pour Andriivka n’est pas terminée. Que les soldats ukrainiens continueront de se battre. Que les forces russes continueront de pousser. Et que quelque part, dans ce village déchiré par la guerre, des hommes et des femmes risquent leur vie pour un bout de terre que la plupart d’entre nous ne verront jamais. C’est ça, la guerre. Ce n’est pas les grandes stratégies, les discours politiques, les cartes colorées. C’est ça : des gens qui se battent, qui meurent, qui tiennent, pour un village, pour un pays, pour une idée.
Je termine cet article et je me sens vidé. Pas parce que c’était difficile à écrire. Mais parce que je sais que demain, il y aura un autre village. Une autre bataille. Une autre contradiction entre les sources. Et que cette guerre continuera, jour après jour, village après village, vie après vie. Et que tout ce que je peux faire, c’est documenter. Témoigner. Raconter. En espérant que quelque part, quelqu’un lira ces mots et se souviendra qu’Andriivka existe. Que des gens y vivent. Que des soldats y combattent. Et que leur histoire mérite d’être racontée.
Conclusion : la vérité dans le brouillard
Andriivka tient. Ou pas. Selon qui vous demandez. Selon quelle source vous consultez. Selon quel moment de la journée vous regardez la carte. Cette incertitude, cette impossibilité de savoir avec certitude ce qui se passe, c’est le symbole de cette guerre. Une guerre où l’information elle-même est une arme. Où la vérité est disputée, contestée, manipulée. Où chaque camp a sa version des faits. Et où les civils, les soldats, les journalistes doivent naviguer dans ce brouillard, cherchant des points de repère, des certitudes, des vérités.
Ce que nous savons avec certitude, c’est que des soldats ukrainiens se battent à Andriivka. Que des forces russes tentent de s’emparer du village. Que cette bataille s’inscrit dans une stratégie plus large de création d’une « zone tampon » le long de la frontière. Que des civils ont été déportés de villages voisins. Que cette guerre continue, jour après jour, sans fin en vue. Et que chaque village, chaque bataille, chaque vie perdue compte. Même si le monde ne s’en souvient pas. Même si les cartes changent de couleur. Même si la vérité reste insaisissable.
Andriivka n’est qu’un point sur une carte. Mais c’est aussi un symbole. De la résistance ukrainienne. De l’agression russe. De la complexité de cette guerre. De l’impossibilité de réduire un conflit à des lignes rouges et bleues sur une carte interactive. Derrière chaque pixel, il y a des vies. Des histoires. Des tragédies. Et c’est ça qu’il faut se rappeler. Pas les détails tactiques. Pas les contradictions entre les sources. Mais les êtres humains qui vivent, qui combattent, qui souffrent dans ce village dont la plupart d’entre nous ne connaîtront jamais le nom.
Andriivka. Je n’oublierai pas ce nom. Je n’oublierai pas cette bataille pour la vérité, cette guerre de l’information, cette incertitude qui plane sur chaque village ukrainien. Et j’espère que vous non plus, vous n’oublierez pas. Que vous vous souviendrez que derrière chaque article, chaque carte, chaque mise à jour, il y a des vies réelles. Des gens réels. Qui méritent qu’on se batte pour eux. Qu’on témoigne pour eux. Qu’on se souvienne d’eux.
Sources
Kyiv Independent – « Ukraine denies Russian capture of Andriivka village, Sumy Oblast despite DeepState monitoring report » – 8 janvier 2026
Ukrinform – « Andriivka in Sumy region remains under Ukraine’s control – military » – 8 janvier 2026
Ukrainska Pravda – « Andriivka in Sumy Oblast remains under Ukrainian control » – 8 janvier 2026
BBC News – « Border villagers abducted and taken to Russia, says Ukraine » – 24 décembre 2025
Groupe de forces Kursk – Communiqué Facebook – 8 janvier 2026
DeepState – Carte interactive de surveillance du conflit – 7 janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.