Des sanctions secondaires dévastatrices
Ce texte n’est pas une énième déclaration d’intention. C’est une arme économique de destruction massive. Le principe est simple mais radical : imposer des sanctions secondaires aux pays qui continuent d’acheter du pétrole et du gaz russes. La Chine, l’Inde, le Brésil — les trois plus gros acheteurs d’hydrocarbures russes — sont directement dans le viseur. Le mécanisme ? Des tarifs douaniers pouvant atteindre 500% sur leurs exportations vers les États-Unis. Cinq fois le prix normal. Une barrière économique quasi insurmontable qui forcerait ces pays à choisir : continuer à soutenir l’économie de guerre de Poutine ou préserver leur accès au marché américain.
Lindsey Graham ne mâche pas ses mots dans son communiqué. « Ce projet de loi permettra au président Trump de punir les pays qui achètent du pétrole russe bon marché alimentant la machine de guerre de Poutine », écrit-il. « Ce projet de loi donnerait au président Trump un levier énorme contre des pays comme la Chine, l’Inde et le Brésil pour les inciter à cesser d’acheter le pétrole russe bon marché qui finance le bain de sang de Poutine contre l’Ukraine. » Le message est clair : vous êtes avec nous ou contre nous. Plus de zone grise. Plus de neutralité confortable.
Le pétrole russe : nerf de la guerre
Pourquoi cibler le pétrole ? Parce que c’est la colonne vertébrale de l’économie russe. Malgré les sanctions occidentales imposées depuis février 2022, la Russie a réussi à maintenir ses exportations d’hydrocarbures grâce à des acheteurs complaisants. La Chine et l’Inde ont profité de rabais massifs pour s’approvisionner en pétrole russe, permettant à Moscou de continuer à financer sa guerre. En 2025, les exportations russes de gaz naturel liquéfié vers l’Europe ont même atteint 8,4 milliards de dollars, selon un rapport récent. Un terminal clé a continué à alimenter le continent européen, malgré un accord de décembre 2025 prévoyant l’interdiction des importations de gaz russe à partir de janvier 2028.
Trump lui-même a récemment imposé des sanctions contre les deux plus grandes compagnies pétrolières russes, Rosneft et Lukoil, en décembre 2025. C’était la première fois qu’il sanctionnait directement l’industrie pétrolière russe depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. Mais ces sanctions, bien que symboliques, n’ont pas suffi à tarir les flux financiers vers le Kremlin. Le projet de loi Graham-Blumenthal va beaucoup plus loin. Il ne se contente pas de sanctionner les entreprises russes. Il sanctionne tous ceux qui font affaire avec elles.
Quand je lis ces chiffres — 8,4 milliards de dollars de gaz russe vers l’Europe en 2025 — j’ai la nausée. Pendant que des Ukrainiens meurent sous les bombes, l’Europe continue à remplir les caisses de Poutine. Cette hypocrisie me révolte. Ce projet de loi arrive comme un électrochoc. Il était temps.
Les pays dans le viseur : Chine, Inde, Brésil
La Chine : le soutien économique indéfectible
La Chine est le plus gros acheteur de pétrole russe. Depuis le début de la guerre en Ukraine, Pékin a considérablement augmenté ses importations, profitant de prix cassés. Pour Xi Jinping, c’est une aubaine économique et un geste de solidarité envers son allié russe. Mais cette relation a un coût politique. En soutenant l’économie russe, la Chine se rend complice de la guerre en Ukraine. Trump l’a bien compris. Dans une déclaration récente, il a averti qu’il pourrait imposer des tarifs douaniers à l’Inde « très rapidement » si New Delhi continuait à acheter du pétrole russe. Le même avertissement s’applique à Pékin. La Chine doit choisir : son partenariat avec la Russie ou son accès au marché américain.
Le gouvernement chinois a déjà réagi. Le 8 janvier 2026, Pékin a mis en garde Washington contre toute tentative de perturber ses relations commerciales avec la Russie. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré que la Chine défendrait ses « intérêts légitimes » et ne se laisserait pas intimider par des menaces de sanctions. Mais cette posture de fermeté cache une réalité plus complexe. La Chine ne peut pas se permettre de perdre l’accès au marché américain. Les États-Unis restent son premier partenaire commercial. Des tarifs de 500% sur les exportations chinoises vers l’Amérique seraient un désastre économique pour Pékin.
L’Inde : entre neutralité et pragmatisme
L’Inde a adopté une position de neutralité calculée depuis le début de la guerre. New Delhi refuse de condamner l’invasion russe, invoquant ses liens historiques avec Moscou et sa dépendance aux armements russes. Mais cette neutralité a un prix. En achetant massivement du pétrole russe à prix réduit, l’Inde finance indirectement la machine de guerre de Poutine. Trump a récemment déclaré que le Premier ministre indien Narendra Modi était « un type bien » mais qu’il savait que le président américain n’était « pas content » de ces achats. « Il était important de me rendre heureux », a ajouté Trump avec son style inimitable.
Pour l’Inde, le calcul est simple. Le pétrole russe bon marché permet de maintenir les prix de l’énergie bas et de soutenir la croissance économique. Mais si les États-Unis imposent des tarifs de 500% sur les exportations indiennes, le coût dépassera largement les économies réalisées sur le pétrole. Les raffineries d’État indiennes continuent d’acheter du pétrole russe malgré les menaces de Trump, selon un rapport de CNBC du 7 janvier 2026. Mais cette stratégie pourrait bientôt devenir intenable. L’Inde devra choisir son camp.
Le Brésil : un acteur secondaire mais symbolique
Le Brésil n’est pas un acheteur majeur de pétrole russe, mais son inclusion dans le projet de loi est hautement symbolique. Sous la présidence de Luiz Inácio Lula da Silva, Brasilia a adopté une position critique envers les sanctions occidentales contre la Russie. Lula a même proposé de servir de médiateur entre Moscou et Kyiv, une offre rejetée par l’Ukraine. En ciblant le Brésil, le projet de loi Graham-Blumenthal envoie un message clair : la neutralité n’est plus une option. Tous les pays doivent prendre position. Soit ils soutiennent l’Ukraine, soit ils subissent les conséquences économiques de leur complaisance envers la Russie.
Je pense à ces pays — Chine, Inde, Brésil — qui se cachent derrière la « neutralité » pour continuer à faire des affaires avec un régime qui massacre des civils. Cette lâcheté me dégoûte. Mais je suis content que Trump, pour une fois, les force à assumer leurs choix. Fini les faux-semblants.
Le contexte : des mois de tergiversations
Le blocage de juin 2025
Le projet de loi Graham-Blumenthal a été introduit le 1er avril 2025. Dès le départ, il a bénéficié d’un soutien bipartisan massif. Graham a affirmé que 72 sénateurs soutenaient le texte, un chiffre impressionnant dans un Congrès profondément divisé. Mais malgré ce soutien, le projet de loi n’a jamais été mis au vote. Pourquoi ? Parce que Trump a fait pression sur le Sénat pour qu’il retarde le processus. Le 4 juin 2025, le sénateur républicain Roger Wicker a révélé que Trump avait demandé de reporter le vote, initialement prévu cette semaine-là. Le président voulait du temps pour négocier avec Poutine. Il croyait encore pouvoir obtenir un cessez-le-feu sans recourir aux sanctions les plus dures.
Pendant ce temps, la guerre continuait. Les bombardements russes sur les villes ukrainiennes s’intensifiaient. Les civils mouraient par milliers. Et Trump continuait à promettre des sanctions « imminentes » qui ne venaient jamais. Lors d’une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand Friedrich Merz le 5 juin 2025, Trump a déclaré qu’il avait une « deadline » en tête pour imposer de nouvelles sanctions à la Russie, mais il a refusé de donner des détails. « La deadline est dans ma tête », a-t-il dit. Une formule vague qui n’engageait à rien.
Les pressions de la Maison-Blanche
Selon le Wall Street Journal, les conseillers de Trump ont multiplié les contacts avec le bureau de Lindsey Graham pour tenter d’affaiblir le projet de loi. Ils voulaient insérer des clauses d’exemption permettant au président de choisir quelles entités sanctionner. Ils voulaient aussi remplacer le mot « shall » (doit) par « may » (peut) dans le texte, transformant les obligations en simples possibilités. Ces modifications auraient vidé la loi de toute substance, la réduisant à une déclaration d’intention sans force contraignante. Graham a refusé. Il savait que céder sur ces points reviendrait à abandonner tout espoir de sanctions efficaces.
Le sénateur démocrate Richard Blumenthal a confirmé que des négociations avaient lieu en coulisses avec l’administration Trump, mais il a refusé de commenter le contenu de ces discussions. « Nous avançons et la Maison-Blanche est incluse dans nos conversations », a-t-il déclaré au Wall Street Journal. Cette discrétion cache une bataille féroce entre le Congrès et la Maison-Blanche sur la stratégie à adopter face à la Russie. Trump voulait garder le contrôle. Le Congrès voulait l’obliger à agir.
Ces mois de tergiversations me mettent en rage. Pendant que Trump négociait dans le vide avec Poutine, des Ukrainiens mouraient. Chaque jour de retard, c’était des vies perdues. Et pour quoi ? Pour préserver l’ego d’un président qui se croyait capable de convaincre un dictateur par la seule force de sa personnalité. Pathétique.
Les sanctions déjà imposées : un prélude insuffisant
Rosneft et Lukoil dans le viseur
En décembre 2025, Trump a franchi un cap symbolique en imposant des sanctions contre Rosneft et Lukoil, les deux plus grandes compagnies pétrolières russes. C’était la première fois qu’il sanctionnait directement l’industrie pétrolière russe depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. Le Département du Trésor américain a qualifié ces sanctions de « substantielles », affirmant qu’elles réduiraient les revenus pétroliers de la Russie. Mais dans les faits, l’impact a été limité. Rosneft et Lukoil ont continué à exporter leur pétrole via des intermédiaires et des pays tiers. Les sanctions américaines n’ont pas empêché la Chine et l’Inde de continuer à acheter du pétrole russe.
Selon Reuters, ces sanctions ont néanmoins eu un effet psychologique. Elles ont montré que Trump était prêt à cibler le cœur de l’économie russe. Mais elles sont restées insuffisantes pour changer la donne sur le terrain. Poutine a continué sa guerre. Les revenus pétroliers russes ont certes diminué, mais pas assez pour forcer Moscou à négocier sérieusement. Le projet de loi Graham-Blumenthal va beaucoup plus loin. En sanctionnant les acheteurs de pétrole russe, il coupe les dernières sources de financement de la machine de guerre de Poutine.
La saisie du pétrolier russe : un coup d’éclat
Le 7 janvier 2026, le même jour où Trump a donné son feu vert au projet de loi sur les sanctions, les autorités américaines ont saisi un pétrolier battant pavillon russe dans l’Atlantique Nord. Le navire, anciennement connu sous le nom de Bella 1 et rebaptisé Marinera, avait échappé au blocus américain du Venezuela et tentait de rejoindre les eaux internationales. Après des semaines de poursuite, les forces américaines ont finalement arraisonné le navire. La Russie a protesté vigoureusement, envoyant même un sous-marin et d’autres navires pour escorter le pétrolier avant sa capture. Mais les États-Unis n’ont pas cédé.
Cette saisie est sans précédent. C’est la première fois que les États-Unis interceptent physiquement un navire russe en haute mer depuis le début de la guerre en Ukraine. L’incident risque d’enflammer les tensions entre Washington et Moscou, déjà exacerbées par l’opération militaire américaine au Venezuela qui a abouti à la capture du dictateur Nicolas Maduro, un allié de Poutine. Le message est clair : Trump est prêt à aller jusqu’au bout. La saisie du pétrolier montre que les États-Unis ne se contenteront plus de sanctions sur le papier. Ils passeront à l’action directe si nécessaire.
Quand j’ai appris la saisie de ce pétrolier, j’ai souri. Enfin une action concrète. Enfin un geste qui fait mal à Moscou. Pas juste des mots, pas juste des menaces. Une vraie opération qui montre que les États-Unis ne plaisantent plus. C’est ce genre d’actions qu’il aurait fallu dès le début.
Les réactions : entre espoir et scepticisme
L’Ukraine : un soulagement prudent
Pour l’Ukraine, l’annonce du feu vert de Trump est une bouffée d’oxygène. Depuis des mois, Kyiv supplie ses alliés occidentaux d’imposer des sanctions plus dures contre la Russie. Le président Volodymyr Zelensky a multiplié les appels à cibler les revenus pétroliers russes, seul moyen selon lui de forcer Poutine à négocier sérieusement. Le 7 janvier 2026, Zelensky a même plaisanté en suggérant que si l’opération américaine contre Maduro avait fonctionné, pourquoi ne pas essayer la même chose avec Ramzan Kadyrov, le dirigeant tchétchène et fidèle de Poutine. Une boutade qui cache une frustration profonde : l’Ukraine veut des actions, pas des promesses.
Mais le soulagement est tempéré par le scepticisme. L’Ukraine a déjà vu Trump promettre des sanctions « dévastatrices » sans jamais les imposer. Le projet de loi Graham-Blumenthal doit encore être voté au Sénat, puis à la Chambre des représentants, avant d’être signé par Trump. Et même s’il est adopté, rien ne garantit que le président l’appliquera avec la fermeté nécessaire. Le texte pourrait inclure des clauses d’exemption permettant à Trump de choisir quels pays sanctionner. L’Ukraine reste vigilante. Elle sait que la bataille n’est pas encore gagnée.
La Russie : entre déni et contre-mesures
Moscou a réagi avec son mélange habituel de déni et de menaces. Le Kremlin a qualifié le projet de loi de « tentative désespérée » de l’Occident pour affaiblir la Russie. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré que ces sanctions n’auraient aucun effet sur l’économie russe, déjà « immunisée » contre les pressions occidentales. Mais cette bravade cache une inquiétude réelle. Si la Chine et l’Inde cessent d’acheter du pétrole russe, l’économie de Moscou s’effondrera. Les revenus pétroliers représentent près de 40% du budget fédéral russe. Sans eux, Poutine ne pourra plus financer sa guerre.
La Russie a également menacé de riposter. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a averti que Moscou prendrait des « contre-mesures appropriées » si les sanctions étaient imposées. Mais ces menaces sonnent creux. La Russie n’a plus beaucoup de cartes à jouer. Elle a déjà coupé ses livraisons de gaz à l’Europe. Elle a déjà gelé les avoirs occidentaux en Russie. Que peut-elle faire de plus ? La réalité, c’est que Moscou est acculée. Et Poutine le sait.
Je lis les déclarations du Kremlin et je ne peux m’empêcher de rire. Cette arrogance, ce déni de la réalité. Poutine joue les durs, mais il sait que son économie est au bord du gouffre. Ces sanctions, si elles sont appliquées, le mettront à genoux. Et il le mérite.
Les enjeux géopolitiques : un monde en recomposition
La fin de la neutralité confortable
Le projet de loi Graham-Blumenthal marque un tournant dans les relations internationales. Pendant des décennies, de nombreux pays ont pu adopter une position de neutralité confortable, faisant affaire avec tous les camps sans subir de conséquences. La Chine et l’Inde ont perfectionné cet art, jouant sur les rivalités entre grandes puissances pour maximiser leurs intérêts économiques. Mais cette époque est révolue. Les États-Unis forcent désormais les pays à choisir leur camp. Vous êtes avec nous ou contre nous. Plus de zone grise. Plus de neutralité.
Cette stratégie comporte des risques. En forçant la Chine et l’Inde à choisir, les États-Unis pourraient les pousser encore plus dans les bras de la Russie. Pékin et New Delhi pourraient décider de défier Washington, acceptant les tarifs douaniers comme le prix à payer pour préserver leur souveraineté. Mais Trump parie que ces pays ne prendront pas ce risque. L’accès au marché américain est trop précieux. Les entreprises chinoises et indiennes ne peuvent pas se permettre de perdre leurs clients américains. Le calcul économique l’emportera sur la solidarité politique.
L’Europe : spectatrice ou actrice ?
L’Europe observe ce bras de fer avec un mélange de fascination et d’inquiétude. D’un côté, les Européens applaudissent toute mesure qui affaiblit la Russie. De l’autre, ils craignent les conséquences économiques d’une escalade des sanctions. L’Europe reste dépendante du gaz russe, malgré les efforts pour diversifier ses sources d’approvisionnement. Un terminal clé a exporté pour 8,4 milliards de dollars de gaz naturel liquéfié russe vers l’Europe en 2025. L’Union européenne a certes adopté un accord en décembre 2025 pour interdire les importations de gaz russe à partir de janvier 2028, mais cette échéance reste lointaine.
L’Europe doit décider si elle suivra l’exemple américain ou si elle continuera à ménager la chèvre et le chou. Certains pays, comme la Pologne et les États baltes, poussent pour des sanctions encore plus dures. D’autres, comme l’Allemagne et l’Italie, plaident pour la prudence, craignant les répercussions économiques. L’unité européenne est à l’épreuve. Le projet de loi américain pourrait forcer Bruxelles à prendre position. Soit l’Europe s’aligne sur Washington, soit elle risque de se retrouver isolée.
L’Europe me désespère. Toujours à hésiter, toujours à calculer. Pendant que l’Ukraine brûle, Bruxelles compte ses euros. Cette lâcheté est insupportable. J’espère que le projet de loi américain forcera enfin l’Europe à agir. Mais je n’y crois pas vraiment.
Les obstacles à venir : le vote au Sénat
Un soutien bipartisan fragile
Lindsey Graham affirme que 72 sénateurs soutiennent le projet de loi. Si ce chiffre est exact, le texte devrait passer sans difficulté. Mais le soutien bipartisan peut être fragile. Certains sénateurs républicains pourraient hésiter à défier Trump s’il change d’avis. D’autres pourraient craindre les conséquences économiques des sanctions sur les entreprises américaines. Les tarifs de 500% sur les importations chinoises et indiennes pourraient faire grimper les prix aux États-Unis, alimentant l’inflation. Les sénateurs devront peser les coûts et les bénéfices.
Les démocrates, eux, sont largement favorables au projet de loi. Richard Blumenthal a été l’un des co-auteurs du texte et il bénéficie du soutien de son parti. Mais les démocrates pourraient exiger des garanties supplémentaires, notamment sur l’application des sanctions. Ils veulent s’assurer que Trump ne pourra pas contourner la loi en accordant des exemptions à ses alliés. Le texte devra donc être soigneusement rédigé pour éviter les échappatoires. Le diable est dans les détails.
Le passage à la Chambre : un autre défi
Même si le projet de loi passe au Sénat, il devra encore être approuvé par la Chambre des représentants. Or, la Chambre est contrôlée par les républicains, et certains membres du parti pourraient être réticents à soutenir des sanctions aussi dures. Les représentants des districts agricoles, par exemple, pourraient craindre les représailles chinoises sur les exportations américaines de soja et de maïs. Les représentants des districts industriels pourraient s’inquiéter de l’impact sur les chaînes d’approvisionnement. Le lobbying sera intense.
Mais Graham est optimiste. Il espère un vote « dès la semaine prochaine » au Sénat, et il compte sur l’élan créé par le feu vert de Trump pour faire pression sur la Chambre. Si le texte passe au Sénat avec une large majorité bipartisane, il sera difficile pour la Chambre de le bloquer. Le momentum est du côté des partisans des sanctions. Reste à voir si ce momentum tiendra jusqu’au bout.
Je croise les doigts. Ce projet de loi est peut-être la dernière chance d’infliger de vraies sanctions à la Russie avant que Trump ne conclue un accord bancal avec Poutine. Si le Congrès rate cette occasion, l’Ukraine sera abandonnée. Et nous aurons tous une part de responsabilité dans ce désastre.
Les implications pour l'Ukraine : espoir ou illusion ?
Un levier de négociation pour Zelensky
Pour Volodymyr Zelensky, le projet de loi Graham-Blumenthal représente un levier de négociation crucial. Depuis des mois, le président ukrainien est sous pression pour accepter un cessez-le-feu qui pourrait entériner les gains territoriaux russes. Trump a multiplié les appels à la « paix », comparant même l’Ukraine et la Russie à « des enfants qui se battent dans une cour de récréation ». Une comparaison insultante qui ignore la réalité d’une invasion brutale et d’une occupation illégale. Mais avec des sanctions efficaces contre la Russie, Zelensky pourrait enfin négocier en position de force.
Le 7 janvier 2026, Zelensky a déclaré que les négociations avaient atteint « un nouveau jalon » et que la guerre pourrait se terminer dans la première moitié de 2026. Cette déclaration optimiste intervient au moment où Trump donne son feu vert aux sanctions. Coïncidence ? Probablement pas. Zelensky sait que sans sanctions efficaces, Poutine n’a aucune raison de négocier sérieusement. Les sanctions sont la clé d’une paix juste. Pas d’une capitulation déguisée.
Les risques d’un accord précipité
Mais Zelensky doit aussi se méfier. Trump est impatient de conclure un accord, quel qu’il soit, pour pouvoir revendiquer une victoire diplomatique. Le président américain a déjà montré qu’il était prêt à sacrifier les intérêts ukrainiens pour obtenir un cessez-le-feu rapide. Lors de sa conférence de presse du 5 juin 2025, Trump a déclaré que les sanctions pourraient s’appliquer « aux deux parties » — à la Russie et à l’Ukraine. « Il faut être deux pour danser », a-t-il dit. Une déclaration qui a glacé Kyiv. Trump pourrait utiliser les sanctions comme une menace contre l’Ukraine si Zelensky refuse de faire des concessions.
L’Ukraine doit donc naviguer avec prudence. Elle doit soutenir le projet de loi Graham-Blumenthal tout en s’assurant que Trump ne l’utilisera pas comme un outil de pression contre Kyiv. C’est un équilibre délicat. Mais Zelensky n’a pas le choix. Sans sanctions efficaces contre la Russie, l’Ukraine ne pourra jamais récupérer ses territoires occupés. Les sanctions sont une question de survie.
Je regarde Zelensky et je vois un homme épuisé. Épuisé de se battre, épuisé de supplier, épuisé de négocier avec des alliés qui ne pensent qu’à leurs intérêts. Mais il tient bon. Et ce projet de loi, s’il passe, pourrait enfin lui donner les moyens de gagner. Pas sur le champ de bataille, mais à la table des négociations. C’est déjà ça.
Conclusion : un tournant ou un faux espoir ?
Le 7 janvier 2026 restera peut-être comme un tournant dans la guerre en Ukraine. Ou peut-être comme un énième faux espoir. Trump a donné son feu vert au projet de loi sur les sanctions contre la Russie. Lindsey Graham jubile. L’Ukraine retient son souffle. Mais rien n’est encore joué. Le texte doit être voté au Sénat, puis à la Chambre. Il doit être signé par Trump. Et surtout, il doit être appliqué avec fermeté. Pas de clauses d’exemption. Pas de compromis. Des sanctions dures, immédiates, sans échappatoire.
Si ce projet de loi passe et s’il est appliqué, il pourrait changer la donne. La Chine et l’Inde devront choisir entre le pétrole russe bon marché et l’accès au marché américain. Poutine verra ses revenus pétroliers s’effondrer. La machine de guerre russe s’enrayera. Et l’Ukraine pourra enfin négocier en position de force. Mais si le texte est édulcoré, si Trump accorde des exemptions, si les sanctions restent sur le papier, alors tout cela n’aura été qu’un spectacle. Une illusion de plus dans une guerre qui en compte déjà trop.
Je veux y croire. Je veux croire que cette fois, c’est différent. Que Trump va tenir parole. Que le Congrès va agir. Que les sanctions vont enfin faire mal à Poutine. Mais j’ai peur. Peur que ce ne soit qu’un nouveau coup de théâtre sans lendemain. Peur que l’Ukraine soit encore une fois abandonnée. Peur que la lâcheté l’emporte sur le courage. Mais je garde espoir. Parce que sans espoir, il ne reste rien.
Sources
Kyiv Independent – « Trump has ‘greenlit’ bipartisan Russia sanctions bill, clearing way for Senate vote, US Senator Graham says » – 8 janvier 2026 – https://kyivindependent.com/trump-has-greenlit-bipartisan-russia-sanctions-bill-clearing-way-for-senate-vote-us-senator-graham-says/
Bureau du Sénateur Lindsey Graham – « Graham Statement on Russia Sanctions Bill » – 7 janvier 2026 – https://www.lgraham.senate.gov/public/index.cfm/press-releases?ID=DAE0027B-E44E-429B-98FF-6C2B8928A99A
Kyiv Independent – « Trump quietly pressuring Senate to weaken Russia sanctions, WSJ reports » – 6 juin 2025 – https://kyivindependent.com/trump-quietly-pressuring-senate-to-weaken-russia-sanctions-wsj-reports/
Reuters – « Trump will allow Russia sanctions bill to advance in Congress, US senator says » – 7 janvier 2026
Al Jazeera – « Trump backs bill to sanction China, India over Russian oil, US senator says » – 8 janvier 2026
CNBC – « Indian state refiners are still buying Russian oil despite Trump’s tariff threats » – 7 janvier 2026
ABC News – « US seizes Russian-flagged oil tanker in North Atlantic » – 7 janvier 2026
CNN – « What we know about the US seizure of a Russian-flagged oil tanker » – 8 janvier 2026
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