Treize mille kilomètres par heure de cauchemar
Essayez d’imaginer. Treize mille kilomètres par heure. C’est la vitesse à laquelle l’Oreshnik voyage. Pour mettre ça en perspective : un avion de chasse moderne vole à environ 2 000 km/h. Une balle de fusil d’assaut sort du canon à 3 000 km/h. L’Oreshnik ? Il file à Mach 10-11, dix fois la vitesse du son. À cette vitesse, le missile parcourt plus de trois kilomètres par seconde. Trois kilomètres. Chaque. Seconde. Le temps que vous lisiez cette phrase, il aurait déjà parcouru quinze kilomètres. Les systèmes de défense aérienne ukrainiens — même les redoutables Patriot américains — n’ont aucune chance. Zéro. Nada. Rien.
Mais ce n’est pas juste la vitesse qui rend l’Oreshnik terrifiant. C’est sa configuration. Six ogives, chacune contenant six sous-munitions. Trente-six projectiles qui s’abattent presque simultanément sur la cible. Les vidéos de l’attaque montrent six éclairs dans le ciel nocturne, chacun composé de six traits lumineux. C’est hypnotique. C’est magnifique. C’est absolument terrifiant. Ces projectiles ne contiennent pas d’explosifs — juste de la masse inerte, du métal pur. Mais à 13 000 km/h, la masse devient une arme. L’énergie cinétique seule suffit à créer des cratères, à pulvériser des structures, à transformer n’importe quelle cible en poussière.
Le missile que Poutine ne peut pas s’empêcher de brandir
Poutine adore parler de son Oreshnik. Il en parle comme d’autres parlent de leur voiture de sport. Lors de son allocution télévisée après la première utilisation en novembre 2024, il a déclaré avec une fierté à peine dissimulée : « Il n’existe actuellement aucun moyen de contrer cette arme. » Il a ajouté que sa puissance destructrice était « comparable à celle d’une arme nucléaire » même avec une ogive conventionnelle. Une arme nucléaire. Sans la radioactivité. Juste la force brute de la physique transformée en instrument de mort. Le lendemain, face à ses généraux, il a promis de continuer les tests « y compris en conditions de combat ». Traduction : l’Ukraine est mon terrain d’essai. Chaque frappe est un test. Chaque victime est une donnée.
Les experts occidentaux sont plus sceptiques. Un officiel américain a déclaré en décembre 2024 que l’Oreshnik n’était pas considéré comme un « game-changer » sur le champ de bataille. Facile à dire depuis Washington. Moins facile quand on vit à Lviv et qu’on sait qu’aucun système de défense ne peut vous protéger. Les analystes militaires russes, eux, sont unanimes : l’Oreshnik peut « surmonter n’importe quel système de défense antimissile moderne » et « détruire des bunkers profondément enfouis sans ogive nucléaire ». Que ces affirmations soient vraies ou exagérées importe peu. Ce qui compte, c’est que Poutine y croit. Et qu’il est prêt à le prouver.
Il y a quelque chose de profondément pervers dans cette fascination russe pour la puissance brute. Poutine ne se contente pas d’utiliser ces armes — il les exhibe, il s’en vante, il les transforme en spectacle. Chaque lancement est une démonstration de force, un message envoyé non seulement à l’Ukraine mais au monde entier. « Regardez ce que je peux faire. Regardez ce que vous ne pouvez pas arrêter. » Et nous, on regarde. On commente. On analyse. Pendant que des gens meurent.
La nuit où l'ouest de l'Ukraine a tremblé
Vingt-trois heures quarante-sept
Les sirènes hurlent dans Lviv. Rien d’inhabituel — elles hurlent presque chaque nuit depuis bientôt trois ans. Mais cette fois, quelque chose est différent. Les radars ukrainiens détectent un objet se déplaçant à une vitesse anormale. Treize mille kilomètres par heure. Trajectoire balistique. Quinze minutes de vol depuis la région d’Astrakhan, à plus de mille kilomètres de là. Les forces aériennes ukrainiennes comprennent immédiatement : c’est un missile balistique. Mais lequel ? À cette vitesse, à cette altitude, avec cette trajectoire — ça ne peut être qu’une chose. L’Oreshnik. Le cauchemar est de retour.
La cible présumée : le site de stockage de gaz de Stryi. Ce n’est pas n’importe quel site. C’est le plus grand réservoir de gaz souterrain d’Europe, une installation stratégique qui stocke des milliards de mètres cubes de gaz naturel. En plein hiver. Quand des millions de foyers ukrainiens et européens dépendent de ce gaz pour se chauffer. Frapper Stryi, c’est frapper au cœur de la sécurité énergétique européenne. C’est dire : je peux vous priver de chaleur en plein janvier. Je peux vous faire geler. Le missile n’a finalement pas touché Stryi — les rapports préliminaires indiquent qu’une autre infrastructure de la région a été endommagée — mais l’intention était claire. Le message, reçu cinq sur cinq.
Trente-six éclairs dans la nuit
Les vidéos de l’attaque sont floues, tremblantes, filmées à la hâte par des téléphones portables. Mais elles montrent quelque chose d’extraordinaire et de terrifiant. Six éclairs lumineux déchirent le ciel nocturne. Chaque éclair se divise en six traits distincts. Trente-six projectiles s’abattant presque simultanément. C’est comme regarder une pluie de météorites, sauf que ces météorites sont guidées, calculées, lancées par des hommes. L’impact ne produit pas d’explosion massive — pas de boule de feu, pas de champignon de fumée. Juste des cratères. Des structures pulvérisées. La force cinétique pure transformée en destruction.
Le gouverneur de la région de Lviv confirme rapidement : une installation d’infrastructure critique a été touchée. Il ne précise pas laquelle. Les réseaux sociaux s’enflamment — certains parlent de Stryi, d’autres de sites industriels, d’autres encore de dépôts militaires. La vérité ? Personne ne sait vraiment. Ou plutôt, ceux qui savent ne parlent pas. Ce qui est certain, c’est que l’Oreshnik a frappé à moins de cent kilomètres de la frontière polonaise. À portée de vue de l’Union européenne. À portée de vue de l’OTAN. Et personne n’a pu l’arrêter.
Cent kilomètres. C’est la distance entre Lviv et la Pologne. Cent kilomètres, c’est rien. C’est une heure de route. C’est la distance que je parcours pour aller voir mes parents. Et là, à cent kilomètres de l’Europe, un missile capable de porter une ogive nucléaire s’abat sur une infrastructure civile. Et on fait quoi ? On publie des communiqués. On exprime notre « profonde préoccupation ». On appelle à la « désescalade ». Pendant ce temps, Poutine rigole. Il sait qu’on ne fera rien. Il sait qu’on a peur. Et il a raison d’en profiter.
Kyiv brûle pendant que Lviv encaisse
Une nuit de terreur sur deux fronts
Mais Lviv n’était pas seule cette nuit-là. Pendant que l’Oreshnik filait vers l’ouest, Kyiv subissait sa propre apocalypse. Des drones. Des missiles de croisière. Des frappes coordonnées sur plusieurs districts de la capitale. Les installations énergétiques ont été touchées — encore. Des quartiers entiers plongés dans le noir. En plein hiver. Avec des températures négatives. Au moins une personne tuée. Cinq secouristes blessés alors qu’ils tentaient d’éteindre les incendies. Des héros anonymes qui risquent leur vie pour sauver celle des autres pendant que les missiles pleuvent.
Et comme si ça ne suffisait pas, l’ambassade du Qatar a été endommagée lors des frappes sur Kyiv. Une ambassade. Un territoire diplomatique. Théoriquement inviolable. Mais les missiles russes ne font pas de distinction. Ils ne lisent pas les panneaux. Ils ne respectent pas les conventions internationales. Ils tombent où on leur dit de tomber. Le Qatar — un pays qui a tenté de jouer les médiateurs dans ce conflit — se retrouve avec son ambassade criblée d’éclats. Message reçu : il n’y a pas de neutralité possible. Il n’y a pas de zone sûre. Il n’y a que des cibles et ceux qui attendent leur tour.
Le ministère russe de la Défense jubile
Le lendemain matin, le ministère russe de la Défense publie un communiqué triomphal. L’attaque était une « réponse » à une prétendue tentative ukrainienne d’attaquer la résidence de Poutine à Valdai fin décembre. Une attaque que l’Ukraine nie catégoriquement. Une attaque que Washington qualifie de « fausse ». Mais peu importe la vérité — la Russie a son prétexte. Elle a sa justification. Elle peut maintenant dire : « Ils ont commencé. Nous avons riposté. » C’est un mensonge. Tout le monde le sait. Mais c’est un mensonge utile.
Le communiqué russe parle de « frappes massives sur des installations énergétiques et des sites de fabrication de drones ». Traduction : on a bombardé des civils et on appelle ça une opération militaire. On a détruit des infrastructures essentielles en plein hiver et on prétend que c’était légitime. On a utilisé un missile capable de porter une ogive nucléaire contre un pays qui n’en possède pas et on se présente comme la victime. L’audace est stupéfiante. Le cynisme, absolu. Et ça marche. Parce qu’une partie du monde veut y croire. Parce que c’est plus confortable de penser que les deux camps sont aussi coupables l’un que l’autre.
Cette histoire de résidence de Poutine, c’est tellement grotesque que ça en devient presque comique. Presque. Parce que derrière ce mensonge ridicule, il y a des morts. Il y a des familles détruites. Il y a des gens qui ont passé la nuit dans des abris pendant que leur ville brûlait. Et Moscou ose prétendre que c’est de la légitime défense. Je ne sais pas ce qui me révolte le plus — le mensonge lui-même ou le fait qu’ils ne prennent même plus la peine de le rendre crédible.
Le timing qui dit tout
Vingt-quatre heures après le plan de paix
Revenons en arrière. Mardi 7 janvier 2026. Les États-Unis livrent un plan de paix au Kremlin. Un plan coordonné avec Kyiv. Un plan qui pourrait, peut-être, mettre fin à cette guerre. Vingt-quatre heures plus tard, l’Oreshnik s’abat sur Lviv. Coïncidence ? Bien sûr que non. C’est la réponse de Poutine. C’est sa façon de dire : « Votre plan de paix, je m’assois dessus. Vous voulez négocier ? Négociez avec ça. » Le missile comme argument diplomatique. La destruction comme position de négociation. C’est brutal. C’est efficace. C’est Poutine.
Quelques jours plus tôt, le 6 janvier, la Grande-Bretagne et la France avaient fait une annonce historique : elles étaient prêtes à déployer des troupes en Ukraine après un cessez-le-feu. Des troupes européennes sur le sol ukrainien. Des garanties de sécurité concrètes. Un engagement qui aurait été impensable il y a un an. Volodymyr Zelensky avait multiplié les réunions avec les dirigeants européens. L’espoir d’une paix négociée semblait, pour la première fois depuis longtemps, moins absurde. Et puis l’Oreshnik est tombé. Et l’espoir avec lui.
La réponse du Kremlin aux garanties européennes
Le 8 janvier, le ministère russe des Affaires étrangères avait déjà réagi à l’annonce franco-britannique. Leur verdict : la présence de troupes occidentales en Ukraine serait une « menace directe » pour la Russie. Pas une préoccupation. Pas une inquiétude. Une menace. Le langage est important. Une menace, ça se neutralise. Une menace, ça se combat. Une menace, ça justifie n’importe quelle réponse. Y compris l’utilisation d’un missile balistique à portée intermédiaire capable de porter une ogive nucléaire. Le message est clair : vous voulez mettre des troupes en Ukraine ? On vous montrera ce qui les attend.
Et pendant ce temps, Zelensky déclare publiquement qu’il n’a toujours pas de « garanties de sécurité claires » de la part de ses alliés. Traduction : on nous promet beaucoup, on nous livre peu. Les Britanniques et les Français parlent de déployer des troupes après un cessez-le-feu. Mais qui garantit le cessez-le-feu ? Qui empêchera Poutine de recommencer six mois plus tard ? Qui protégera l’Ukraine quand les caméras seront parties et que le monde aura tourné la page ? Ces questions restent sans réponse. Et pendant qu’on cherche les réponses, les missiles continuent de tomber.
Le timing de cette attaque me rend malade. Littéralement. On parle de paix, on négocie, on cherche des solutions — et Poutine balance un missile nucléaire-capable sur l’ouest de l’Ukraine. C’est sa façon de dire : « Je me fous de vos négociations. Je me fous de vos plans. Je frapperai quand je veux, où je veux, et vous ne ferez rien. » Et le pire ? Il a raison. On ne fera rien. On publiera des communiqués indignés. On imposera peut-être quelques sanctions supplémentaires. Et puis on retournera à nos vies pendant que l’Ukraine continue de saigner.
L'arme qui terrorise plus qu'elle ne détruit
Pas d’explosifs, juste la terreur
Voici le paradoxe de l’Oreshnik : il ne porte pas d’explosifs. Les trente-six projectiles qui s’abattent sur la cible sont des masses inertes. Du métal. Rien de plus. Pas de charge militaire, pas de têtes explosives, pas de bombes. Juste du métal lancé à 13 000 km/h. Et pourtant, c’est suffisant. À cette vitesse, la masse devient une arme. L’énergie cinétique seule suffit à créer des cratères de plusieurs mètres de profondeur. À pulvériser du béton armé. À transformer n’importe quelle structure en gravats. C’est la physique à l’état pur transformée en instrument de mort.
Mais l’Oreshnik n’est pas vraiment conçu pour détruire. Pas dans cette configuration, en tout cas. Il est conçu pour terroriser. Pour montrer. Pour prouver. Chaque lancement est un message : « Je possède cette arme. Je peux la lancer où je veux. Vous ne pouvez pas l’arrêter. Et si je décide de mettre une vraie ogive dessus — nucléaire, chimique, biologique — vous ne pourrez rien faire non plus. » C’est de la guerre psychologique à l’échelle stratégique. C’est du terrorisme d’État déguisé en démonstration de force. Et ça marche. Parce que la peur est contagieuse. Parce que l’impuissance est paralysante.
Le terrain d’essai ukrainien
L’Ukraine est devenue le terrain d’essai de Poutine. Chaque nouvelle arme russe est testée là-bas. Les missiles hypersoniques Kinzhal. Les drones Shahed iraniens. Les bombes planantes. Et maintenant l’Oreshnik. Deux fois en trois mois. Novembre 2024 : Dnipro. Janvier 2026 : Lviv. À chaque fois, le même scénario. Un missile sans explosifs. Des dégâts limités. Mais un impact psychologique maximal. Poutine ne cherche pas à raser des villes — il a d’autres armes pour ça. Il cherche à démontrer sa supériorité technologique. À prouver qu’il possède des capacités que l’Occident ne peut pas contrer.
Les analystes militaires russes ne s’en cachent même pas. Vladislav Shurygin, expert militaire, a déclaré à l’agence Izvestiya que l’Oreshnik était capable de « surmonter n’importe quel système de défense antimissile moderne » et de « détruire des bunkers profondément enfouis sans ogive nucléaire ». Igor Korotchenko, un autre analyste, a souligné l’efficacité de l’« arrivée pratiquement simultanée des ogives sur la cible ». Trente-six projectiles qui frappent en même temps. Impossible à intercepter. Impossible à esquiver. Impossible à survivre si vous êtes dans la zone d’impact. C’est l’arme parfaite pour terroriser sans massacrer. Pour menacer sans franchir la ligne rouge. Pour jouer avec le feu sans se brûler.
Il y a quelque chose de profondément cynique dans cette utilisation de l’Ukraine comme laboratoire militaire. Poutine teste ses jouets sur des vraies cibles, avec de vraies victimes, et il appelle ça des « conditions de combat ». Comme si c’était un exercice. Comme si c’était un jeu vidéo. Sauf que les cratères sont réels. Les morts sont réels. La terreur est réelle. Et nous, on regarde. On analyse les performances du missile. On débat de ses capacités techniques. On transforme la souffrance humaine en données militaires. C’est obscène.
L'Europe à portée de missile
Deux mille cinq cents à cinq mille kilomètres
Parlons de la portée de l’Oreshnik. Selon les experts russes, ce missile peut frapper des cibles situées entre 2 500 et 5 000 kilomètres de son point de lancement. Cinq mille kilomètres. Prenez une carte de l’Europe. Tracez un cercle de cinq mille kilomètres de rayon depuis la Russie occidentale. Ce cercle englobe toute l’Europe. Paris. Londres. Berlin. Rome. Madrid. Lisbonne. Toutes les capitales européennes sont à portée. Toutes les grandes villes. Tous les sites stratégiques. L’Oreshnik peut atteindre n’importe quelle cible en Europe en moins de quinze minutes. Et personne ne peut l’arrêter.
C’est pour ça que l’attaque sur Lviv est si significative. Lviv n’est pas juste une ville ukrainienne. C’est la porte de l’Europe. C’est à cent kilomètres de la Pologne. À deux cents kilomètres de la Slovaquie. À trois cents kilomètres de la Hongrie. Frapper Lviv, c’est frapper aux portes de l’OTAN. C’est dire : « Regardez comme je suis proche. Regardez comme vous êtes vulnérables. » Le ministre ukrainien des Affaires étrangères l’a dit clairement : l’utilisation de l’Oreshnik si près de la frontière de l’UE et de l’OTAN représente une « menace grave » pour la sécurité européenne. Pas une menace potentielle. Pas une menace future. Une menace grave. Maintenant. Aujourd’hui.
Ce que l’Oreshnik ne peut pas atteindre
Il y a quand même une limite. L’Oreshnik ne peut pas atteindre les États-Unis. Avec une portée maximale de 5 000 kilomètres, il reste un missile à portée intermédiaire, pas intercontinental. Washington est hors de portée. New York aussi. C’est important. Parce que ça signifie que Poutine peut menacer l’Europe sans menacer directement l’Amérique. Il peut jouer avec le feu européen sans risquer une confrontation directe avec la superpuissance américaine. C’est calculé. C’est stratégique. C’est brillant dans sa perversité.
Les experts pensent que l’Oreshnik pourrait être une version réduite du missile intercontinental Yars-M, ou une version agrandie du missile à courte portée Iskander. Peu importe son origine exacte. Ce qui compte, c’est ce qu’il peut faire. Et ce qu’il peut faire, c’est frapper n’importe où en Europe avec une précision mortelle et une vitesse qui défie toute interception. C’est l’arme parfaite pour une guerre hybride. Assez puissante pour terroriser. Pas assez pour déclencher une guerre mondiale. Juste ce qu’il faut pour maintenir l’Europe dans un état de peur permanente.
Vous savez ce qui me terrifie le plus dans tout ça ? Ce n’est pas la vitesse du missile. Ce n’est pas sa puissance. C’est le fait qu’il soit spécifiquement conçu pour menacer l’Europe sans toucher l’Amérique. Poutine a créé l’arme parfaite pour diviser l’Occident. Il peut terroriser Paris, Berlin, Londres — sans jamais menacer Washington. Et il sait que tant qu’il ne touche pas aux Américains, il peut faire ce qu’il veut en Europe. C’est du génie machiavélique. Et ça me rend malade.
Le Belarus, base avancée de l'apocalypse
Décembre 2025 : les missiles arrivent à Minsk
Fin décembre 2025, la Russie a annoncé le déploiement de missiles Oreshnik au Belarus. Pas en Russie. Au Belarus. Le pays vassal de Poutine, coincé entre la Russie, l’Ukraine, la Pologne et les pays baltes. Le déploiement au Belarus rapproche les missiles de plusieurs centaines de kilomètres de leurs cibles potentielles en Europe. Varsovie n’est plus qu’à quatre cents kilomètres. Vilnius à trois cents. Berlin à mille. Chaque kilomètre gagné, c’est quelques secondes de moins pour réagir. Quelques secondes de moins pour intercepter. Quelques secondes de moins pour vivre.
Le déploiement a été présenté comme une « mesure défensive ». Défensive. Comme si déployer des missiles nucléaires-capables à la frontière de l’OTAN était un acte de défense. Comme si menacer des capitales européennes était une posture défensive. Le cynisme est stupéfiant. Mais il fonctionne. Parce qu’une partie du monde veut croire que la Russie se sent menacée. Que l’expansion de l’OTAN justifie ces mesures. Que Poutine n’a pas le choix. C’est faux. Tout est faux. Mais le mensonge répété mille fois devient une vérité pour ceux qui veulent y croire.
L’Ukraine surveille et avertit
L’Ukraine n’est pas dupe. Les services de renseignement ukrainiens suivent chaque mouvement de ces missiles. Chaque convoi. Chaque déploiement. Et ils partagent ces informations avec leurs alliés. Zelensky a multiplié les avertissements : le déploiement de l’Oreshnik au Belarus change la donne stratégique. Ça rapproche la menace. Ça réduit le temps de réaction. Ça augmente le risque d’escalade. Mais qui écoute ? Les capitales européennes publient des communiqués préoccupés. L’OTAN exprime son inquiétude. Et puis plus rien. La vie continue. Jusqu’à la prochaine frappe.
Le 30 décembre 2025, la Russie a même diffusé des images de l’installation des systèmes Oreshnik au Belarus. Des images de propagande montrant des lanceurs mobiles, des militaires au garde-à-vous, des missiles rutilants. Tout est mis en scène. Tout est calculé pour impressionner. Pour intimider. Pour rappeler au monde que Poutine a les moyens de ses ambitions. Et que ces moyens sont maintenant stationnés à quelques centaines de kilomètres des frontières de l’OTAN. Dormez bien, citoyens européens. Vos dirigeants vous protègent. Enfin, ils essaient. Enfin, ils font semblant.
Le Belarus. Ce pays fantoche qui n’existe que comme extension de la volonté de Poutine. Et maintenant, il héberge des missiles capables de frapper toute l’Europe. Vous vous rendez compte ? On a des armes nucléaires-capables stationnées à quatre cents kilomètres de Varsovie, et on fait quoi ? On exprime notre préoccupation. On appelle à la retenue. On organise des sommets. Pendant ce temps, les missiles sont là. Prêts. Attendant l’ordre. Et nous, on continue de faire semblant que tout va bien.
Quatre-vingts pour cent d'interceptions — sauf pour celui-là
Les Patriot impuissants
L’Ukraine a réussi l’impossible. Depuis le début de la guerre, elle a intercepté environ 80% des missiles russes. Quatre-vingts pour cent. C’est un chiffre extraordinaire. Incroyable. Héroïque. Les systèmes de défense aérienne ukrainiens — notamment les Patriot américains — ont sauvé des milliers de vies. Ils ont protégé des infrastructures critiques. Ils ont donné à l’Ukraine une chance de survivre face au déluge de feu russe. Mais l’Oreshnik ? Zéro interception. Zéro chance. Les Patriot ne peuvent rien faire contre un missile qui file à Mach 10 et qui manœuvre en descendant.
C’est ça qui rend l’Oreshnik si terrifiant. Ce n’est pas juste un missile rapide. C’est un missile rapide qui peut changer de trajectoire en vol. Qui peut esquiver. Qui peut tromper les systèmes de défense. Les Patriot sont conçus pour intercepter des missiles balistiques classiques qui suivent une trajectoire prévisible. Mais l’Oreshnik ne suit pas les règles. Il descend à une vitesse folle, puis il manœuvre, puis il frappe. Le temps que les radars comprennent ce qui se passe, c’est déjà trop tard. Le missile est déjà au sol. Les projectiles ont déjà frappé. Les cratères sont déjà là.
La vitesse qui change tout
Pourquoi la vitesse est-elle si importante ? Parce que plus un missile est rapide, moins on a de temps pour réagir. Un missile de croisière classique vole à environ 800 km/h. Ça laisse plusieurs minutes pour le détecter, le suivre, lancer une interception. Un missile balistique classique descend à 5 000-7 000 km/h. C’est plus rapide, mais encore gérable avec les bons systèmes. L’Oreshnik ? Treize mille kilomètres par heure. C’est presque deux fois plus rapide qu’un missile balistique normal. C’est la différence entre avoir une chance et n’en avoir aucune.
Et ce n’est pas juste la vitesse. C’est l’énergie cinétique. À 13 000 km/h, un projectile de quelques dizaines de kilos possède l’énergie d’une petite bombe. Multipliez ça par trente-six projectiles, et vous avez une puissance de frappe dévastatrice. Sans explosifs. Juste la physique. Juste la masse et la vitesse transformées en destruction. C’est pour ça que Poutine compare l’Oreshnik à une arme nucléaire. Parce qu’en termes de puissance brute, ce n’est pas si loin. La seule différence, c’est qu’il n’y a pas de radiation. Pas de champignon atomique. Juste des cratères et des ruines.
Quatre-vingts pour cent. L’Ukraine intercepte quatre-vingts pour cent des missiles russes. C’est un miracle. C’est le résultat d’un courage incroyable, d’une technologie de pointe, d’une détermination sans faille. Et puis l’Oreshnik arrive, et tout ça ne sert à rien. Zéro interception. Zéro chance. C’est ça qui me brise le cœur. Voir l’Ukraine se battre avec tant de force, avec tant de succès — et puis voir Poutine sortir une arme contre laquelle ils ne peuvent rien faire. C’est injuste. C’est cruel. C’est la guerre.
Conclusion
Le message est clair
Alors voilà où on en est. La nuit du 8 au 9 janvier 2026, la Russie a frappé l’ouest de l’Ukraine avec un missile balistique à portée intermédiaire capable de porter une ogive nucléaire. Elle l’a fait à cent kilomètres de la frontière européenne. Elle l’a fait vingt-quatre heures après la livraison d’un plan de paix américain. Elle l’a fait quelques jours après que la France et la Grande-Bretagne ont promis de déployer des troupes en Ukraine. Le timing n’est pas une coïncidence. C’est un message. Un message clair, brutal, impossible à ignorer : « Je me fous de vos plans. Je me fous de vos garanties. Je frapperai quand je veux, où je veux, et vous ne pourrez rien faire. »
L’Oreshnik n’est pas une arme de guerre conventionnelle. C’est une arme de terreur. Une arme de démonstration. Une arme conçue pour rappeler au monde que la Russie possède des capacités que personne ne peut contrer. Poutine ne cherche pas à détruire l’Ukraine avec l’Oreshnik — il a d’autres armes pour ça. Il cherche à terroriser. À intimider. À prouver sa supériorité. Et ça marche. Parce que chaque lancement est un rappel de notre impuissance. Chaque frappe est une démonstration de notre vulnérabilité. Chaque cratère est une preuve que nous ne pouvons pas protéger ceux que nous prétendons défendre.
Je regarde ces images en boucle. Les six éclairs dans le ciel de Lviv. Les trente-six projectiles qui s’abattent comme une pluie de météorites. Les cratères. Les ruines. Et je me demande : combien de temps encore ? Combien de frappes encore avant qu’on réagisse vraiment ? Combien de morts encore avant qu’on arrête de faire semblant que cette guerre est loin de nous ? Poutine a frappé à cent kilomètres de l’Europe. La prochaine fois, ce sera peut-être cinquante kilomètres. Puis vingt. Puis zéro. Et nous, on continuera de publier des communiqués. On continuera d’exprimer notre préoccupation. On continuera de faire semblant que tout va bien. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Jusqu’à ce que les missiles tombent sur nos villes. Et ce jour-là, on se demandera pourquoi personne n’a rien fait. Pourquoi personne n’a écouté les avertissements. Pourquoi personne n’a arrêté Poutine quand c’était encore possible. Ce jour-là, il sera trop tard pour les regrets. Trop tard pour les excuses. Trop tard pour tout.
Sources
Sources primaires
United24Media – « Russia Attacks Ukraine Using the Oreshnik Missile System » – 9 janvier 2026 (mis à jour 11h08)
Reuters – « Russia says it fired its Oreshnik hypersonic missile at Ukraine » – 9 janvier 2026
The Guardian – « Russia fires hypersonic Oreshnik missile at Ukraine in massive attack » – 9 janvier 2026
BBC News – « Russia’s Oreshnik missile: What we know » – 22 novembre 2024
Sources secondaires
NPR – « Russia says it used new Oreshnik ballistic missile against Ukraine » – 9 janvier 2026
Euronews – « Russia uses advanced hypersonic Oreshnik missile to strike Ukraine » – 9 janvier 2026
CBS News – « Russia says new Oreshnik hypersonic missile used in massive strike » – 9 janvier 2026
Al Jazeera – « Ukraine calls on allies to raise pressure as Russia fires Oreshnik missile » – 9 janvier 2026
Deutsche Welle – « Russia strikes Ukraine with Oreshnik hypersonic missile » – 9 janvier 2026
ABC News Australia – « Russia says it has fired its Oreshnik hypersonic missile at Ukraine » – 9 janvier 2026
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