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L’Ukraine attend toujours ses armes laser — et ce n’est pas près d’arriver
Crédit: Adobe Stock

La théorie qui fait saliver les militaires

Sur le papier, les armes à énergie dirigée ressemblent au Saint Graal de la défense antiaérienne moderne. Des lasers haute énergie qui frappent à la vitesse de la lumière, capables de désintégrer des drones en quelques secondes. Des micro-ondes haute puissance qui grillent l’électronique de dizaines de cibles simultanément, transformant des essaims de drones en ferraille volante. Le coût par tir ? Dérisoire. Le DragonFire britannique annonce 10 livres sterling par engagement. Comparez ça aux missiles antiaériens traditionnels qui coûtent des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros. La logistique ? Simplifiée à l’extrême — tant qu’il y a de l’électricité, le système peut tirer indéfiniment. Pas de munitions à transporter, pas de stocks à gérer, pas de chaînes d’approvisionnement vulnérables.

Les avantages théoriques continuent de s’empiler. Précision chirurgicale — le DragonFire peut toucher une cible de 23 millimètres à un kilomètre de distance. Vitesse d’engagement instantanée — les effets se produisent à la vitesse de la lumière, éliminant tout délai de vol. Capacité multi-cibles pour les systèmes à micro-ondes, capables d’engager plusieurs drones simultanément grâce à leur faisceau large. Les militaires du monde entier salivaient devant ces spécifications. Les États-Unis investissent environ un milliard de dollars par an dans la recherche sur les armes à énergie dirigée. Le Royaume-Uni a déjà dépensé 100 millions de livres sur DragonFire. Israël développe son Iron Beam. La Chine teste ses propres systèmes. Tout le monde veut son laser de combat.

Les tests qui alimentent l’espoir

Et il faut reconnaître que certains tests ont été spectaculaires. En janvier 2024, le DragonFire britannique a réussi à engager des cibles aériennes dans un environnement opérationnel représentatif. Le système THOR américain a abattu des centaines de drones simulant une attaque en essaim lors d’un test en 2023. Le système israélien Iron Beam a démontré sa capacité à intercepter des roquettes et des mortiers. Ces succès ont alimenté l’enthousiasme et justifié les investissements massifs. Les vidéos de drones désintégrés par des faisceaux laser ont fait le tour des médias militaires. Les généraux ont applaudi. Les budgets ont été approuvés.

Mais voilà le problème : tous ces tests se sont déroulés dans des conditions contrôlées, optimales, presque stériles. Ciel dégagé. Température stable. Cibles prévisibles. Distance connue à l’avance. Aucune des contraintes chaotiques d’un véritable champ de bataille. Aucune des complications météorologiques de l’Ukraine. Aucune des perturbations électromagnétiques d’un environnement de guerre moderne. Les systèmes ont brillé dans les laboratoires et sur les polygones de tir. Mais le passage du laboratoire au champ de bataille ? C’est là que tout se complique. C’est là que la théorie rencontre la réalité brutale. Et la réalité, elle, n’est pas tendre avec les armes à énergie dirigée.

Ces tests me rappellent les démonstrations d’armes qu’on voyait pendant la Guerre froide. Tout fonctionne parfaitement quand on contrôle chaque variable. Mais la guerre, elle, ne se déroule pas dans un laboratoire. Elle se déroule sous la pluie, dans la boue, avec des soldats épuisés, des pannes électriques, et un ennemi qui ne respecte pas le protocole de test. Et c’est exactement là que ces systèmes laser s’effondrent. Parce que la guerre réelle, elle s’en fout de vos conditions optimales.

Sources

Sources primaires

RAND Corporation – « Invisible defender? Opportunities and challenges for integrating DEWs into Ukraine’s C-UAS framework » – Rapport publié en 2025 par Stuart Dee, Katja Fedina, Kiran Suman-Chauhan, Evie Graham, Daniel Hill et Andrew Gibson

Defense Express – « Combat Lasers and ‘Microwaves’ Are Not Ready for Ukraine Yet – Why These Weapons Remain Impractical » – Article publié le 9 janvier 2026

UK Ministry of Defence – Annonces officielles sur le programme DragonFire – Janvier 2024

US Air Force Research Laboratory (AFRL) – Documentation sur les systèmes THOR et Mjolnir – 2023-2025

Sources secondaires

Navy Lookout – « DragonFire directed energy weapon to be fitted to four Royal Navy warships by 2027 » – Mars 2025

The Telegraph – « Ukraine unveils laser weapons based on UK prototypes » – Décembre 2024

Global Defense Corp – « Saudi Arabia Says Chinese-made Silent Hunter Laser Weapon Failed to Intercept Drones and Missiles » – Septembre 2025

Defence Express – « Ukraine to Receive First Skyranger 35 Air Defense Systems » – Octobre 2025

US Government Accountability Office – « Directed Energy Weapons: DOD Should Focus on Transition Planning » – 2023

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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