Une pluie de mort venue du ciel
Les affrontements au sol ne racontent qu’une partie de l’histoire. L’autre, c’est celle qui vient du ciel. Le 9 janvier, les forces russes ont déchaîné une puissance de feu terrifiante sur l’Ukraine. Deux missiles et 28 frappes aériennes utilisant 36 missiles et 92 bombes guidées. 3 322 bombardements, dont 61 tirs de lance-roquettes multiples. Et surtout, 6 140 drones kamikazes lancés contre les positions ukrainiennes. Six mille cent quarante. Laissez ce chiffre vous pénétrer. Six mille engins volants programmés pour exploser au contact de leurs cibles.
Les frappes ont touché Malomykhailivka dans la région de Dnipropetrovsk, Dobropillia et Kostiantynivka dans le Donetsk, ainsi que plusieurs localités de la région de Zaporizhzhia : Rizdvianka, Samiilivka, Nove Pole, Hryhorivka, Yurkivka, Yulivka. Des villages, des villes, des infrastructures civiles. La Russie ne fait plus de distinction. Elle frappe tout ce qui bouge, tout ce qui vit, tout ce qui résiste. Et face à ce déluge, la défense aérienne ukrainienne fait ce qu’elle peut. Mais elle ne peut pas tout arrêter.
La riposte ukrainienne : frapper là où ça fait mal
L’Ukraine ne se contente pas d’encaisser. Elle rend les coups. Les Forces aériennes, les Forces de missiles et l’Artillerie ont frappé trois zones de concentration de personnel, d’armes et d’équipements militaires russes. Les Forces d’opérations spéciales ont détruit un entrepôt de munitions et de ravitaillement de la 51e Armée russe à Hirne, dans le Donetsk occupé, à environ 75 kilomètres de la ligne de front. Un radar multifonction 50N6E attaché à un système de défense aérienne S-350 Vityaz a été détruit quelque part dans le Donetsk occupé. Et dans la nuit du 8 au 9 janvier, un drone ukrainien a frappé la centrale thermique d’Oryol, en Russie, provoquant des coupures de courant.
L’Ukraine frappe loin. Elle frappe précis. Elle frappe là où ça fait mal. Les entrepôts de munitions, les systèmes de défense aérienne, les infrastructures énergétiques. Chaque frappe est un message : vous pouvez nous bombarder, mais nous vous frapperons en retour. Vous pouvez nous assiéger, mais nous ne nous laisserons pas étouffer. Cette guerre n’est pas à sens unique. Et tant que l’Ukraine aura la capacité de frapper en profondeur, la Russie ne pourra jamais se sentir en sécurité.
Il y a quelque chose de profondément satisfaisant à voir l’Ukraine frapper en territoire russe. Je sais que ça peut choquer. Mais après des mois à voir les villes ukrainiennes pilonnées, les civils tués, les infrastructures détruites, voir un entrepôt de munitions russe exploser, ça procure une forme de justice. Pas de vengeance. De justice. La Russie a choisi cette guerre. Elle l’a voulue. Elle l’a déclenchée. Et maintenant, elle en paie le prix. Chaque drone ukrainien qui frappe une cible militaire russe est un rappel : l’agresseur n’est pas invulnérable. L’envahisseur peut être frappé. Et il le sera.
Pokrovsk : le secteur qui ne tombe pas
Quarante-trois assauts en une journée
Pokrovsk devrait être tombé. C’est ce que disaient les analystes militaires il y a des semaines. C’est ce que pensait probablement l’état-major russe. Mais Pokrovsk tient. Malgré 43 assauts russes en une seule journée. Malgré la pression constante. Malgré les infiltrations, les bombardements, les drones. Le 9 janvier, les forces russes ont attaqué près de Razine, Shakhove, Nykanorivka, Rodynske, Myrnohrad, Pokrovsk elle-même, Kotlyne, Udachne, Novoserhiivka, et vers Novopavlivka et Filiia. Quarante-trois fois, les défenseurs ukrainiens ont repoussé les assaillants.
Le général Syrskyi a confirmé le 8 janvier que les forces russes tentent d’augmenter la pression en transférant des réserves supplémentaires dans la zone et en menant des infiltrations et des assauts constants. En moyenne, 50 engagements par jour dans ce secteur. Cinquante fois par jour, des soldats ukrainiens se battent pour leur vie, pour leur pays, pour chaque mètre de terrain. Et ils contrôlent toujours le nord de Pokrovsk. Le 7e Corps de réaction rapide des forces aéroportées ukrainiennes a rapporté le 9 janvier que les forces russes ont concentré plus de 10 unités de niveau bataillon ou inférieur autour de Myrnohrad. La situation est difficile. Mais Myrnohrad tient toujours.
Les tactiques russes : infiltration et assauts constants
La Russie a changé de tactique à Pokrovsk. Fini les grandes offensives frontales qui se soldaient par des massacres. Place aux infiltrations, aux petits groupes qui s’infiltrent dans les lignes ukrainiennes, tentent de créer des brèches, de semer la confusion. L’ISW rapporte que des images géolocalisées publiées le 9 janvier montrent des forces russes opérant dans le nord de Pokrovsk lors de ce qui semble être une opération d’infiltration qui n’a pas changé le contrôle du terrain. Les Russes s’infiltrent, plantent un drapeau, filment, et prétendent avoir avancé. Mais les Ukrainiens contre-attaquent, reprennent le terrain, et la ligne de front reste stable.
Un blogueur militaire russe a même admis le 9 janvier que les affirmations russes d’avancées à Podoly sont exagérées et a appelé les forces russes à cesser les tactiques de « levée de drapeau » car elles sont coûteuses. Même du côté russe, on commence à reconnaître que ces opérations d’infiltration ne mènent nulle part. Elles coûtent des vies. Elles épuisent les troupes. Mais elles ne changent pas la réalité du terrain : Pokrovsk tient. Et elle tiendra encore.
Quarante-trois assauts en une journée. Quarante-trois. Je ne peux pas m’empêcher de penser aux hommes qui les ont repoussés. Aux soldats ukrainiens qui, pour la quarante-troisième fois de la journée, ont vu des blindés russes foncer sur leurs positions. Qui ont entendu les explosions, senti la terre trembler, vu leurs camarades tomber. Et qui, malgré tout, ont tenu. Qui ont tiré, manœuvré, contre-attaqué. Qui ont refusé de céder. Il y a une forme de courage dans cette résistance qui me dépasse. Un courage qui ne fait pas les gros titres. Qui ne reçoit pas de médailles. Mais qui sauve un pays.
Huliaipole : le front sud qui résiste
Vingt-sept tentatives d’avancée stoppées
Si Pokrovsk est le secteur le plus actif, Huliaipole n’est pas loin derrière. Vingt-sept tentatives d’avancée russes en vingt-quatre heures. Vingt-sept fois, les forces russes ont tenté de percer les défenses ukrainiennes près de Solodke, Huliaipole elle-même, Varvarivka, et Zelene. Vingt-sept fois, elles ont échoué. Le secteur de Huliaipole, dans la région de Zaporizhzhia, est devenu un point de fixation pour l’armée russe. Elle y concentre des forces, multiplie les assauts, tente de créer une percée qui lui permettrait de menacer Zaporizhzhia elle-même. Mais les défenseurs ukrainiens ne cèdent pas.
L’ISW rapporte que des images géolocalisées publiées le 9 janvier montrent des forces ukrainiennes avançant vers les abords ouest de Pryluky, au nord-ouest de Huliaipole. Dans ce secteur où la Russie attaque sans relâche, l’Ukraine ne se contente pas de défendre. Elle contre-attaque. Elle reprend du terrain. Elle montre que la dynamique de cette guerre n’est pas figée. Que chaque jour apporte son lot de surprises. Et que la résistance ukrainienne n’est pas passive. Elle est active, agressive, déterminée.
Les forces russes s’épuisent
Les attaques russes à Huliaipole révèlent quelque chose d’important : l’épuisement. Vingt-sept tentatives en une journée, c’est énorme. Mais aucune n’a abouti à une percée significative. Les forces russes attaquent, se heurtent aux défenses ukrainiennes, subissent des pertes, se replient, et recommencent. C’est un cycle infernal qui use les hommes, épuise les ressources, démoralise les troupes. Le ministère russe de la Défense a affirmé que des éléments du 394e Régiment motorisé ont pris Zelene. Mais des images géolocalisées montrent un soldat russe plantant un drapeau dans le village lors de ce qui semble être une opération d’infiltration qui n’a pas changé le contrôle du terrain.
La Russie prétend avancer. Elle filme des drapeaux plantés dans des ruines. Elle publie des communiqués victorieux. Mais sur le terrain, la réalité est différente. Les Ukrainiens tiennent. Ils contre-attaquent. Ils reprennent ce qui a été perdu. Et les Russes continuent de mourir pour des gains minuscules, temporaires, insignifiants. À ce rythme, la Russie peut continuer d’attaquer pendant des mois. Mais elle ne percera pas. Pas à Huliaipole. Pas maintenant.
Vingt-sept tentatives. Vingt-sept échecs. Il y a quelque chose de tragique dans cet acharnement russe. Des hommes envoyés à la mort, encore et encore, pour des objectifs qu’ils n’atteindront jamais. Des soldats sacrifiés sur l’autel de l’ambition d’un seul homme. Et de l’autre côté, des Ukrainiens qui refusent de céder. Qui transforment chaque village en forteresse. Qui font payer chaque mètre de terrain au prix du sang. Cette guerre est une tragédie. Mais dans cette tragédie, il y a une forme de beauté dans la résistance ukrainienne. Une beauté terrible, douloureuse, mais réelle.
Les autres secteurs : une pression généralisée
Kostiantynivka : vingt attaques en une journée
Pokrovsk et Huliaipole ne sont pas les seuls secteurs sous pression. À Kostiantynivka, dans le Donetsk, les forces russes ont mené 20 attaques le 9 janvier. Près de Kostiantynivka elle-même, Oleksandro-Shultyne, Pleshchiivka, Ivanopillia, Rusyn Yar, Yablunivka, et vers Sofiivka. Vingt fois, les Russes ont tenté de percer. Vingt fois, ils ont été repoussés. Des images géolocalisées publiées les 8 et 9 janvier montrent que les forces russes ont récemment avancé dans l’ouest de Novomarkove, au nord-ouest de Stupochky, et au nord-ouest d’Ivanopillya. Des gains minuscules. Des avancées mesurées en centaines de mètres. Mais des gains qui coûtent cher en vies humaines.
Le secteur de Kostiantynivka illustre la nature de cette guerre en ce début d’année 2026. La Russie attaque partout. Elle disperse ses forces, multiplie les points de pression, tente de trouver une faille dans les défenses ukrainiennes. Mais elle ne trouve pas de percée décisive. Elle grignote du terrain, mètre par mètre, village par village. Mais à quel prix ? Les pertes russes sont colossales. Et les gains, dérisoires. Cette stratégie d’usure peut-elle fonctionner ? Peut-être. Mais elle suppose que la Russie ait des réserves infinies d’hommes et de matériel. Et ce n’est pas le cas.
Kupiansk, Lyman, Sloviansk : la pression continue
Dans le secteur de Kupiansk, les forces russes ont tenté sept fois d’avancer près de Stepova Novoselivka, vers Bohuslavka et Nova Kruhliakivka. Dans le secteur de Lyman, elles ont lancé 14 attaques, tentant de percer les lignes de défense près de Novovodiane, Novoyehorivka, Kolodiazi, Drobysheve, et Myrne. Dans le secteur de Sloviansk, les défenseurs ukrainiens ont stoppé une offensive russe près de Platonivka. Dans le secteur de Kramatorsk, une attaque russe vers Stupochky a été repoussée. Partout, la même histoire. Les Russes attaquent. Les Ukrainiens résistent. Le front bouge à peine.
Cette pression généralisée révèle la stratégie russe : attaquer partout pour empêcher l’Ukraine de concentrer ses forces. Disperser les défenseurs. Les épuiser. Les forcer à courir d’un secteur à l’autre. Mais cette stratégie a un coût. Elle épuise aussi les attaquants. Elle dilue les forces russes. Elle les empêche de concentrer suffisamment de puissance de feu sur un seul point pour créer une percée décisive. Et pendant ce temps, l’Ukraine tient. Partout. Sur tous les secteurs. Avec une ténacité qui force le respect.
Je regarde cette carte du front ukrainien et je vois des dizaines de points rouges. Des dizaines d’endroits où les Russes attaquent. Kupiansk. Lyman. Sloviansk. Kramatorsk. Kostiantynivka. Pokrovsk. Huliaipole. Partout. Et à chaque point rouge, il y a des hommes qui se battent. Des Ukrainiens qui refusent de céder. Qui transforment chaque village en champ de bataille. Qui font payer chaque avancée russe au prix du sang. Cette guerre est épuisante. Même à la regarder de loin. Alors je n’ose pas imaginer ce que c’est de la vivre. De la subir. De la combattre. Mais je sais une chose : ces hommes méritent notre respect. Notre soutien. Notre reconnaissance.
Le prix du sang : les pertes russes s'accumulent
Huit cent quatre-vingts soldats russes en une journée
Chaque jour, la Russie paie le prix de son agression. Le 9 janvier 2026, elle a perdu 880 soldats. Huit cent quatre-vingts hommes qui ne rentreront jamais chez eux. Huit cent quatre-vingts familles brisées. Huit cent quatre-vingts vies sacrifiées pour l’ambition d’un seul homme. Depuis le début de l’invasion à grande échelle le 24 février 2022, les pertes russes s’élèvent à environ 1 217 810 soldats. Un million deux cent dix-sept mille huit cent dix. Laissez ce chiffre vous pénétrer. Plus d’un million de soldats russes tués, blessés, capturés ou disparus en près de quatre ans de guerre.
Ces chiffres sont vertigineux. Ils dépassent l’entendement. Mais ils sont réels. Chaque jour, l’État-major ukrainien publie le décompte des pertes russes. Chaque jour, le chiffre augmente. Et chaque jour, la Russie continue d’envoyer des hommes au front. Des conscrits. Des mercenaires. Des prisonniers. Des hommes arrachés à leurs familles, jetés dans des uniformes, et envoyés mourir dans les champs ukrainiens. Pour quoi ? Pour Pokrovsk ? Pour Huliaipole ? Pour des villages dont personne ne connaissait le nom il y a deux ans ? Le prix est insoutenable. Et pourtant, la Russie continue de le payer.
Une guerre d’usure insoutenable
La stratégie russe repose sur l’usure. Attaquer sans relâche. Bombarder sans cesse. Envoyer vague après vague de soldats jusqu’à ce que les défenses ukrainiennes craquent. Mais cette stratégie a un coût. Un coût humain d’abord. 880 soldats par jour, c’est insoutenable. Même pour un pays de 140 millions d’habitants comme la Russie. À ce rythme, combien de temps avant que les réserves s’épuisent ? Combien de temps avant que les familles russes refusent d’envoyer leurs fils à la mort ? Combien de temps avant que l’économie russe, déjà sous pression, ne s’effondre sous le poids de l’effort de guerre ?
L’ISW note que les pertes russes atteignent des niveaux insoutenables. Des analystes militaires occidentaux estiment que la Russie perd plus d’hommes qu’elle ne peut en recruter. Que ses stocks de matériel s’épuisent. Que ses usines d’armement tournent à plein régime mais ne peuvent pas compenser les pertes. La Russie peut continuer cette guerre pendant des mois, peut-être des années. Mais à quel prix ? Et pour quel résultat ? Pokrovsk tient. Huliaipole tient. L’Ukraine tient. Et pendant ce temps, la Russie saigne.
Huit cent quatre-vingts soldats en une journée. Je lis ce chiffre et je ne ressens rien. C’est trop. C’est trop énorme pour être réel. Huit cent quatre-vingts vies. Huit cent quatre-vingts histoires. Huit cent quatre-vingts familles détruites. Et pour quoi ? Pour Pokrovsk ? Pour un village dont personne ne se souviendra dans dix ans ? Je devrais ressentir de la compassion pour ces soldats russes. Mais je n’y arrive pas. Pas après ce qu’ils ont fait. Pas après les villes détruites, les civils massacrés, les enfants tués. Ils ont choisi d’envahir l’Ukraine. Ils ont choisi cette guerre. Et maintenant, ils en paient le prix. Et moi, je ne ressens rien. Juste une forme de justice froide, implacable, terrible.
Les crimes de guerre continuent
L’exécution de prisonniers ukrainiens
La guerre en Ukraine n’est pas seulement une guerre de positions et d’artillerie. C’est aussi une guerre de crimes. Le 9 janvier, la Direction principale du renseignement militaire ukrainien (GUR) a publié une interception audio d’un officier commandant russe du 2e Bataillon du 237e Régiment aéroporté ordonnant à ses subordonnés d’exécuter des prisonniers de guerre ukrainiens près de Pokrovsk. Exécuter. Pas capturer. Pas interroger. Exécuter. Un ordre direct. Clair. Sans ambiguïté. Et cet ordre n’est pas isolé. L’ISW a observé une augmentation des crimes de guerre russes dans les secteurs de Huliaipole et Pokrovsk depuis fin octobre et novembre 2025, alors que les forces russes intensifiaient leurs opérations offensives dans ces directions.
Ces crimes ne sont pas des accidents. Ce ne sont pas des débordements de soldats incontrôlés. Ce sont des ordres. Des ordres qui viennent d’en haut. Des ordres qui font partie de la stratégie militaire russe. Terroriser. Brutaliser. Déshumaniser. L’ISW continue d’évaluer que le commandement militaire russe cautionne et ordonne parfois des crimes de guerre sur le champ de bataille. Que la Russie torture et abuse des prisonniers civils ukrainiens dans le cadre d’un mode opératoire militaire plus large. Ce n’est pas une guerre conventionnelle. C’est une guerre d’extermination. Une guerre où les règles ne s’appliquent plus. Où l’humanité a disparu.
La communauté internationale doit réagir
Ces crimes de guerre ne peuvent pas rester impunis. Chaque exécution de prisonnier. Chaque torture. Chaque massacre de civils. Tout doit être documenté, enquêté, jugé. La Cour pénale internationale a déjà émis un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine pour déportation illégale d’enfants ukrainiens. Mais ce n’est pas suffisant. Les officiers qui ordonnent ces exécutions doivent être identifiés. Les soldats qui les commettent doivent être poursuivis. La chaîne de commandement qui permet ces atrocités doit être démantelée. Et la communauté internationale doit envoyer un message clair : ces crimes ne seront pas oubliés. Ils ne seront pas pardonnés. Et ils seront punis.
Mais pour l’instant, sur le terrain, les crimes continuent. Les prisonniers ukrainiens sont exécutés. Les civils sont torturés. Les villages sont rasés. Et le monde regarde. Certains condamnent. D’autres détournent les yeux. Mais personne ne fait assez pour arrêter cette barbarie. L’Ukraine se bat seule. Avec le soutien de ses alliés, certes. Mais fondamentalement, seule. Face à un ennemi qui ne respecte aucune règle. Qui ne connaît aucune limite. Qui est prêt à tout pour gagner. Et dans ce contexte, chaque jour où l’Ukraine tient est une victoire. Chaque village défendu est un triomphe. Chaque soldat russe repoussé est un pas vers la justice.
L’exécution de prisonniers. Je lis ces mots et je sens la rage monter. Une rage froide, contrôlée, mais intense. Ces hommes se sont rendus. Ils ont déposé les armes. Ils ont levé les mains. Et on les a exécutés. Comme des chiens. Comme des moins que rien. Il n’y a pas de mots pour décrire cette barbarie. Pas de mots pour exprimer le dégoût que je ressens. Et le pire, c’est que ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas exceptionnel. C’est systématique. C’est ordonné. C’est voulu. La Russie a choisi de mener cette guerre sans règles. Sans humanité. Sans pitié. Et un jour, elle devra répondre de ces crimes. Un jour, les responsables seront jugés. Un jour, justice sera rendue. Mais en attendant, les prisonniers ukrainiens continuent de mourir. Et moi, je ne peux que regarder, impuissant, et espérer que ce jour de justice arrive bientôt.
La riposte ukrainienne : frapper en profondeur
Des frappes précises contre les infrastructures russes
Face à la pression russe, l’Ukraine ne reste pas passive. Elle frappe. Loin. Fort. Précis. Dans la nuit du 8 au 9 janvier, les forces ukrainiennes ont mené une campagne de frappes à longue portée contre des infrastructures militaires et industrielles russes. Un drone ukrainien a frappé la centrale thermique d’Oryol, dans la ville d’Oryol, en Russie. La frappe a provoqué des coupures de courant dans la région. Le gouverneur de la région d’Oryol, Andrei Klychkov, a reconnu la frappe et les coupures de courant qui en ont résulté. Une reconnaissance rare de la part des autorités russes, qui minimisent généralement l’impact des frappes ukrainiennes.
Les Forces d’opérations spéciales ukrainiennes ont également frappé un entrepôt de munitions et de ravitaillement de la 51e Armée russe à Hirne, dans le Donetsk occupé, à environ 75 kilomètres de la ligne de front. Une frappe profonde, précise, qui prive les forces russes de munitions et de ravitaillement. Un radar multifonction 50N6E attaché à un système de défense aérienne S-350 Vityaz a été détruit quelque part dans le Donetsk occupé. Chaque frappe affaiblit la machine de guerre russe. Chaque entrepôt détruit est une victoire. Chaque système de défense aérienne neutralisé ouvre le ciel ukrainien.
La Crimée dans le viseur
L’Ukraine ne se contente pas de frapper en Russie continentale. Elle vise aussi la Crimée, cette péninsule annexée illégalement par la Russie en 2014. L’État-major ukrainien a rapporté le 8 janvier que les forces ukrainiennes ont mené une frappe contre un train chargé de carburant et de lubrifiants à la rampe de chargement du dépôt pétrolier de Hvardiiske, en Crimée occupée, à environ 200 kilomètres de la ligne de front. Les Forces d’opérations spéciales ont publié des images confirmant les frappes de drones le 8 janvier. Un train. Chargé de carburant. Détruit. C’est du carburant qui n’alimentera pas les chars russes. C’est du carburant qui ne permettra pas aux avions russes de décoller. C’est du carburant qui ne servira pas à bombarder les villes ukrainiennes.
Ces frappes en Crimée sont symboliques autant que stratégiques. Elles montrent que la Crimée n’est pas un sanctuaire. Que l’annexion de 2014 n’est pas acceptée. Que l’Ukraine n’a pas renoncé à récupérer cette péninsule. Et elles envoient un message clair à la Russie : tant que vous occuperez le territoire ukrainien, vous ne serez jamais en sécurité. Vos bases seront frappées. Vos dépôts seront détruits. Vos infrastructures seront ciblées. La guerre ne se limite pas à la ligne de front. Elle s’étend partout où la Russie a établi sa présence militaire. Et l’Ukraine a les moyens de frapper.
Chaque frappe ukrainienne en territoire russe ou en Crimée me procure une satisfaction viscérale. Je sais que c’est peut-être mesquin. Mais après des mois à voir l’Ukraine bombardée, pilonnée, détruite, voir un dépôt pétrolier russe exploser, ça fait du bien. Vraiment. Ce n’est pas de la vengeance. C’est de la justice. La Russie a choisi cette guerre. Elle a choisi d’envahir. Elle a choisi de bombarder. Et maintenant, elle découvre que la guerre n’est pas à sens unique. Que l’Ukraine peut frapper. Que l’Ukraine frappe. Et que chaque frappe affaiblit la machine de guerre russe. Chaque entrepôt détruit. Chaque radar neutralisé. Chaque train de carburant explosé. C’est autant de ressources qui ne serviront pas à tuer des Ukrainiens. Et ça, c’est une victoire.
La défense aérienne ukrainienne : un bouclier imparfait mais essentiel
Quatre-vingt-quatorze drones abattus sur cent vingt et un
La nuit du 8 au 9 janvier, la Russie a lancé une attaque massive de drones contre l’Ukraine. Cent vingt et un drones ont été lancés depuis différentes directions : Kursk, Oryol, Millerovo dans la région de Rostov, Primorsko-Akhtarsk dans le Krai de Krasnodar, le Donetsk occupé, et le Cap Chauda et Hvardiiske en Crimée. Cent vingt et un engins volants programmés pour exploser au contact de leurs cibles. La défense aérienne ukrainienne en a abattu 94. Quatre-vingt-quatorze drones détruits avant d’atteindre leurs cibles. C’est un taux d’interception de près de 78%. Impressionnant. Mais pas suffisant.
Vingt-sept drones ont atteint leurs cibles. Vingt-sept explosions. Vingt-sept impacts. Et chaque impact peut tuer. Peut détruire. Peut terroriser. La défense aérienne ukrainienne fait un travail remarquable. Mais elle ne peut pas tout arrêter. Elle manque de systèmes. Elle manque de munitions. Elle manque de couverture. Et la Russie le sait. Elle lance des vagues de drones pour saturer les défenses. Elle envoie des leurres pour épuiser les stocks de missiles. Elle multiplie les angles d’attaque pour trouver les failles. Et parfois, elle réussit. Pas souvent. Mais parfois. Et c’est suffisant pour semer la terreur.
Les missiles : une menace plus difficile à contrer
Les drones ne sont pas la seule menace. La Russie utilise aussi des missiles. Des missiles balistiques Iskander-M. Des missiles de croisière Kalibr. Des missiles S-400 détournés de leur usage de défense aérienne pour frapper des cibles au sol. La nuit du 8 au 9 janvier, la Russie a lancé 13 missiles Iskander-M/S-400 depuis la région de Bryansk, 22 missiles de croisière Kalibr depuis la mer Noire, et un missile balistique à moyenne portée depuis le site d’essai de Kapustin Yar dans la région d’Astrakhan. La défense aérienne ukrainienne a abattu 8 missiles Iskander-M/S-400 et 10 missiles Kalibr. Mais 18 missiles ont atteint leurs cibles.
Les missiles sont plus difficiles à intercepter que les drones. Ils volent plus vite. Ils sont plus petits. Ils sont plus maniables. Et certains, comme les missiles balistiques, sont presque impossibles à arrêter avec les systèmes de défense aérienne actuels. L’Ukraine a besoin de plus de systèmes Patriot. De plus de systèmes SAMP/T. De plus de systèmes IRIS-T. Elle a besoin de couverture complète. De redondance. De profondeur. Mais elle n’a pas tout ça. Pas encore. Et en attendant, les missiles russes continuent de frapper. Et les Ukrainiens continuent de mourir.
Quatre-vingt-quatorze drones abattus sur cent vingt et un. C’est impressionnant. Vraiment. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser aux vingt-sept qui sont passés. Aux vingt-sept explosions. Aux vingt-sept impacts. Chaque drone qui passe, c’est une vie potentiellement perdue. Une maison détruite. Une famille brisée. Et la défense aérienne ukrainienne fait ce qu’elle peut. Mais elle ne peut pas tout arrêter. Elle manque de systèmes. Elle manque de munitions. Et pendant ce temps, les alliés de l’Ukraine discutent. Débattent. Hésitent. Combien de temps encore avant qu’ils fournissent ce dont l’Ukraine a besoin ? Combien de morts encore avant qu’ils agissent ? Je ne sais pas. Mais je sais une chose : chaque jour de retard coûte des vies ukrainiennes. Et ça, c’est inacceptable.
Conclusion
L’Ukraine tient, malgré tout
Cent soixante et onze affrontements en vingt-quatre heures. Quarante-trois assauts à Pokrovsk. Vingt-sept tentatives d’avancée à Huliaipole. Vingt attaques à Kostiantynivka. Des milliers de bombardements. Des milliers de drones. Des centaines de missiles. Et au milieu de ce déluge de feu et d’acier, l’Ukraine tient. Elle encaisse. Elle résiste. Elle contre-attaque. Elle ne plie pas. Le 9 janvier 2026 restera comme un jour de plus dans cette guerre interminable. Un jour de plus où les soldats ukrainiens ont refusé de céder. Un jour de plus où la Russie a jeté tout ce qu’elle avait dans la bataille. Et un jour de plus où l’Ukraine a survécu.
Cette résistance a un coût. Des vies perdues. Des blessés. Des traumatismes. Des villages détruits. Des familles brisées. Mais elle a aussi un sens. Chaque jour où l’Ukraine tient est un jour de plus où la Russie s’épuise. Chaque assaut repoussé est une victoire. Chaque soldat russe tué est un pas vers la fin de cette guerre. Et chaque village défendu est un symbole. Le symbole qu’un peuple libre ne se laisse pas asservir. Qu’une nation souveraine ne se laisse pas envahir. Qu’une démocratie ne se laisse pas écraser par une dictature. L’Ukraine tient. Et elle tiendra encore. Aussi longtemps qu’il le faudra.
Cent soixante et onze affrontements. Je relis ce chiffre une dernière fois et je réalise quelque chose. Ce n’est pas juste un chiffre. C’est cent soixante et onze histoires. Cent soixante et onze moments où des hommes ont regardé la mort en face. Cent soixante et onze fois où des soldats ukrainiens ont choisi de se battre plutôt que de fuir. Cent soixante et onze preuves que l’Ukraine ne tombera pas. Pas aujourd’hui. Pas demain. Pas tant qu’il restera un seul Ukrainien debout pour défendre son pays. Cette guerre est épuisante. Elle est brutale. Elle est injuste. Mais elle révèle aussi quelque chose de profond sur la nature humaine. La capacité à résister. À endurer. À refuser de se soumettre. L’Ukraine incarne cette résistance. Et tant qu’elle tiendra, il y aura de l’espoir. L’espoir qu’un jour, cette guerre prendra fin. Que la justice triomphera. Que les agresseurs paieront pour leurs crimes. Et que l’Ukraine, meurtrie mais debout, pourra enfin reconstruire. En paix.
Sources
Sources primaires
Ukrinform – « War update: 171 clashes on front line, with enemy most actively attacking Pokrovsk and Huliaipole sectors » – 10 janvier 2026, 10:00
État-major des Forces armées ukrainiennes – Publication Facebook sur la situation au 10 janvier 2026, 8:00
Direction principale du renseignement militaire ukrainien (GUR) – Interception audio concernant l’exécution de prisonniers de guerre – 9 janvier 2026
Général Oleksandr Syrskyi – Déclarations sur la situation à Pokrovsk – 8 janvier 2026
7e Corps de réaction rapide des forces aéroportées ukrainiennes – Rapport sur la situation à Myrnohrad – 9 janvier 2026
Sources secondaires
Institute for the Study of War (ISW) – « Russian Offensive Campaign Assessment, January 9, 2026 » – 9 janvier 2026
Institute for the Study of War (ISW) – « Russian Offensive Campaign Assessment, January 8, 2026 » – 8 janvier 2026
Militarnyi – Rapports sur les frappes ukrainiennes contre les systèmes de défense aérienne russes – 8 janvier 2026
Forces d’opérations spéciales ukrainiennes – Confirmation des frappes contre le dépôt pétrolier de Hvardiiske en Crimée – 8 janvier 2026
Astra (média d’opposition russe) – Rapports sur la frappe ukrainienne contre la centrale thermique d’Oryol – 8 janvier 2026
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