Des pertes qui explosent
Les chiffres ne mentent pas. Et ceux que l’Ukraine publie depuis quelques mois racontent une histoire terrifiante pour le Kremlin. En décembre 2025, la Russie a perdu 35 000 soldats — un record absolu depuis le début de la guerre. En novembre, c’était 30 000. En octobre, 26 000. La courbe ne fait que monter. Et ce qui rend ces chiffres encore plus significatifs, c’est qu’ils ne comptent que les pertes confirmées par des images vidéo. La réalité est probablement bien pire.
Le président Volodymyr Zelenskyy l’a souligné dans son allocution du 6 janvier : ces pertes sont désormais supérieures au rythme de recrutement russe. La Russie recrute environ 34 000 volontaires par mois. Elle en perd désormais plus qu’elle n’en recrute. C’est mathématique. C’est implacable. Et c’est insoutenable à long terme. Le commandant en chef ukrainien Oleksandr Syrskii a confirmé que décembre 2025 était le premier mois où les drones ukrainiens ont neutralisé autant de soldats russes que la Russie en a recrutés.
Le prix du matériel
Mais les hommes ne sont pas les seules pertes. Le 9 janvier, la Russie a également perdu 4 chars, 16 systèmes d’artillerie, 1 lance-roquettes multiple, 653 drones tactiques, 18 missiles de croisière, et 84 véhicules et camions-citernes. Depuis le 24 février 2022, les pertes matérielles russes atteignent des proportions hallucinantes : 11 530 chars, 23 882 véhicules blindés, 35 908 systèmes d’artillerie, 434 avions, 347 hélicoptères.
Ces chiffres représentent des décennies d’investissements militaires. Des milliards de roubles partis en fumée. Et surtout, ils révèlent l’ampleur de l’hémorragie. La Russie ne peut pas remplacer ce matériel au rythme où elle le perd. Les sanctions occidentales ont paralysé son industrie de défense. Les stocks soviétiques s’épuisent. Et pendant ce temps, l’Ukraine continue de frapper, jour après jour, nuit après nuit.
Il y a quelque chose de fascinant dans cette guerre d’usure. La Russie pensait écraser l’Ukraine en quelques semaines. Quatre ans plus tard, c’est elle qui s’épuise. C’est elle qui saigne. Et moi, je ne peux pas m’empêcher de penser à tous ces chars T-72 rouillés dans les dépôts sibériens, remis en service à la va-vite, envoyés au front avec des équipages à peine formés. Je pense à ces soldats qui montent dans ces cercueils d’acier en sachant qu’ils ne reviendront probablement pas. Et je me demande : combien de temps encore Poutine pourra-t-il continuer ce massacre avant que son propre peuple ne se révolte ?
La révolution des drones
L’arme qui change tout
Si les pertes russes explosent, c’est en grande partie grâce aux drones ukrainiens. L’Ukraine a réussi un pari fou en 2025 : industrialiser la production de drones à une échelle jamais vue. L’objectif était de produire 1 000 drones d’interception par jour d’ici la fin de l’année. Objectif atteint. Et les résultats sont spectaculaires. Les drones ukrainiens créent désormais des zones de mort profondes de 15 kilomètres derrière les lignes russes, coupant les voies d’approvisionnement, détruisant les convois, éliminant les soldats isolés.
C’est d’ailleurs pour cette raison que Zelenskyy a nommé Mykhailo Fedorov au poste de ministre de la Défense le 3 janvier 2026. Fedorov, ancien vice-Premier ministre, est l’architecte de cette révolution des drones. Il a supervisé la digitalisation des services publics ukrainiens et appliqué la même logique à la production militaire : efficacité, rapidité, innovation. Son mandat est clair : doubler, tripler la production de drones. Faire de l’Ukraine la première puissance mondiale en matière de guerre par drones.
La course technologique
Mais la Russie ne reste pas les bras croisés. Elle a compris la leçon. En 2025, Moscou a créé des unités spécialisées dans les drones, comptant désormais 80 000 militaires. L’objectif est d’atteindre 165 500 opérateurs en 2026, et 210 000 d’ici 2030. La Russie a également introduit des drones à fibre optique, immunisés contre le brouillage électronique. Ces drones ont joué un rôle clé dans la capture de Siversk dans le Donetsk ces derniers mois.
Plus inquiétant encore, la Russie a déployé le 29 décembre des drones Shahed équipés de systèmes de défense antiaérienne portables. Ces drones peuvent désormais abattre les avions de chasse ukrainiens qui tentent de les intercepter. C’est une innovation tactique majeure qui force l’Ukraine à repenser ses stratégies d’interception. La guerre des drones est devenue une course technologique permanente, où chaque innovation appelle une contre-innovation.
Cette guerre des drones me fascine autant qu’elle m’effraie. Nous sommes en train d’assister à la naissance d’une nouvelle forme de guerre. Une guerre où les soldats ne se voient plus, où les batailles se jouent à des kilomètres de distance, où un opérateur assis dans un bunker peut éliminer une dizaine d’ennemis en quelques minutes. C’est efficace. C’est terrifiant. Et ça change tout. Parce que produire des drones coûte infiniment moins cher que former des soldats. Parce qu’un drone détruit ne fait pas pleurer de mère. Cette guerre est en train de redéfinir les règles du combat moderne. Et l’Ukraine est à l’avant-garde de cette révolution.
Les nouvelles tactiques russes
L’infiltration plutôt que l’assaut
Face aux pertes catastrophiques causées par les assauts mécanisés massifs, la Russie a changé de tactique il y a quelques mois. Fini les colonnes de chars qui se font pulvériser par les drones ukrainiens. Place aux tactiques d’infiltration. Des équipes de deux soldats s’infiltrent dans les lignes ukrainiennes, établissent des têtes de pont, reçoivent des largages de ravitaillement, puis attendent les renforts. C’est plus lent, mais beaucoup moins coûteux en vies humaines et en matériel.
Ces nouvelles tactiques ont permis à la Russie de capturer les deux tiers de Pokrovsk, une ville stratégique du Donetsk, d’ici la fin 2025. Elle a également pris environ la moitié de Myrnohrad, la ville voisine. Le rythme d’avancée russe en 2025 a été de 13,24 kilomètres carrés par jour, contre 9,87 kilomètres carrés en 2024. Une augmentation significative, même si ces gains territoriaux ne représentent que 0,8% du territoire ukrainien — essentiellement des villages et des champs.
La réponse ukrainienne
L’Ukraine n’est pas restée passive face à ces nouvelles tactiques. Le commandant en chef Syrskii a annoncé la création d’unités spécialisées dans la détection et la destruction des équipes de drones russes. Ces unités sont formées spécifiquement pour traquer les points de contrôle ennemis, les équipages de drones, et les petites équipes d’infiltration. L’objectif est de transformer l’avantage tactique russe en piège mortel.
L’Ukraine améliore également la formation de ses nouvelles recrues. Les soldats apprennent désormais à combattre dans un environnement saturé de drones, à identifier les signes d’infiltration ennemie, à coordonner leurs actions avec les opérateurs de drones. C’est une guerre nouvelle qui exige des compétences nouvelles. Et l’Ukraine s’adapte plus vite que son adversaire. Parce qu’elle n’a pas le choix. Parce que c’est une question de survie.
Ce qui me frappe dans cette évolution tactique, c’est la rapidité d’adaptation des deux camps. La Russie abandonne ses assauts suicidaires et adopte des tactiques plus subtiles. L’Ukraine répond en créant des unités spécialisées. C’est un jeu d’échecs mortel où chaque mouvement appelle une contre-mesure. Et au milieu de tout ça, il y a des hommes qui meurent. Des soldats de 20 ans qui n’ont jamais demandé à être là. Des pères de famille envoyés ramper dans la boue. Cette guerre me dégoûte. Mais je ne peux pas détourner le regard. Parce que chaque jour qui passe, chaque soldat russe éliminé, c’est un jour de plus de liberté pour l’Ukraine.
La guerre longue distance
Le terrorisme aérien russe
Pendant que les combats font rage au sol, la Russie continue de terroriser les civils ukrainiens avec ses frappes aériennes. Durant la première semaine de janvier 2026, Moscou a lancé 789 drones et 10 missiles contre des villes ukrainiennes. L’Ukraine a abattu 83% des drones et un missile, mais les dégâts restent considérables. Le 6 janvier, un drone russe a frappé un hôpital à Kyiv, tuant un patient. Un autre civil a été tué au sud-ouest de la capitale.
Le 6 janvier également, la Russie a frappé des centrales de chauffage et d’électricité à Kharkiv, plongeant des milliers de civils dans le froid en plein hiver. C’est une stratégie délibérée : briser le moral de la population, rendre la vie impossible, forcer l’Ukraine à négocier. Mais ça ne marche pas. Les Ukrainiens tiennent. Ils réparent. Ils reconstruisent. Et ils continuent de se battre. En 2025, la Russie a lancé 54 000 drones d’attaque longue portée et 1 900 missiles contre l’Ukraine. Un déluge de feu qui n’a pas réussi à briser la résistance ukrainienne.
Les frappes ukrainiennes en profondeur
Mais l’Ukraine ne se contente pas de défendre. Elle frappe aussi. Le 10 janvier, des drones ukrainiens ont attaqué un dépôt pétrolier dans la région de Volgograd, en Russie, provoquant un incendie massif. Ce n’est qu’une frappe parmi des dizaines d’autres. L’Ukraine cible systématiquement les infrastructures pétrolières russes, les dépôts de munitions, les bases aériennes. L’objectif est double : affaiblir l’effort de guerre russe et montrer à la population russe que cette guerre a un coût.
Ces frappes en profondeur ont un impact psychologique considérable. Elles brisent le mythe de l’invulnérabilité russe. Elles montrent que Moscou ne peut pas protéger son propre territoire. Et elles forcent la Russie à disperser ses défenses aériennes, affaiblissant ainsi sa protection au front. C’est une stratégie brillante qui transforme la profondeur territoriale russe — traditionnellement un avantage — en vulnérabilité.
Quand je vois ces images de dépôts pétroliers russes en flammes, je ne peux pas m’empêcher de sourire. Oui, je sais, c’est terrible. Mais après avoir vu tant d’hôpitaux ukrainiens bombardés, tant d’écoles détruites, tant de civils massacrés — voir la Russie encaisser à son tour, ça fait du bien. Vraiment. Ce n’est pas de la vengeance. C’est de la justice. Chaque raffinerie qui brûle, c’est moins de carburant pour les chars russes. Chaque dépôt de munitions qui explose, c’est moins d’obus sur les villes ukrainiennes. L’Ukraine ne fait que se défendre. Mais elle le fait avec une efficacité redoutable.
Le recrutement en crise
Les chiffres qui inquiètent Moscou
Les pertes russes atteignent désormais un niveau critique. Selon le chef du renseignement militaire ukrainien Kyrylo Budanov, la Russie a atteint son quota de 403 000 recrues en 2025 — soit environ 33 583 volontaires par mois. Pour 2026, Moscou prévoit d’augmenter légèrement ce chiffre à 34 083 recrues par mois. Mais voilà le problème : avec 35 000 pertes en décembre et des chiffres similaires attendus pour les mois à venir, la Russie perd désormais plus d’hommes qu’elle n’en recrute.
Cette situation est mathématiquement insoutenable. À ce rythme, la Russie devra bientôt puiser dans ses réserves actives ou, pire encore, mobiliser des conscrits. Or, Vladimir Poutine a toujours évité de toucher aux conscrits, sachant que cela pourrait déclencher une révolte populaire. Jusqu’à présent, il a réussi à mener sa guerre en recrutant des volontaires — souvent issus de régions pauvres, attirés par des primes généreuses. Mais si les pertes continuent à ce rythme, il n’aura bientôt plus le choix.
Les signes avant-coureurs
L’Institute for the Study of War, un think tank américain, a observé en novembre 2025 que des unités de réserve dans la région de Belgorod commençaient à recevoir du matériel lourd : obusiers, armes thermobariques, véhicules tout-terrain. Ce type d’équipement n’est normalement pas nécessaire pour des unités de défense territoriale chargées de protéger les infrastructures à l’arrière. Cela suggère que la Russie prépare le déploiement de ses réservistes actifs au combat.
Si cette analyse est correcte, cela marquerait un tournant majeur dans la guerre. Le déploiement de réservistes ou de conscrits comporterait un risque politique énorme pour Poutine. Jusqu’à présent, il a réussi à maintenir la société russe à l’écart de la guerre. Les Moscovites et les habitants de Saint-Pétersbourg continuent de vivre normalement, comme si rien ne se passait. Mais si leurs fils commencent à être mobilisés, l’ambiance pourrait changer radicalement.
Il y a quelque chose de profondément cynique dans la façon dont Poutine mène cette guerre. Il envoie mourir les pauvres, les marginaux, les habitants des régions reculées. Pendant ce temps, les élites moscovites sirotent leur champagne et envoient leurs enfants étudier à l’étranger. C’est une guerre de classe autant qu’une guerre territoriale. Et ça me révolte. Parce que ces 880 soldats morts le 9 janvier, ce ne sont pas les fils des oligarques. Ce sont des gamins de 20 ans venus de Sibérie ou du Caucase, attirés par la promesse d’un salaire décent. Ils ne voulaient pas cette guerre. Mais ils en paient le prix.
La guerre de l'information
Les mensonges du Kremlin
Parallèlement à la guerre sur le terrain, une autre bataille fait rage : celle de l’information. Le 29 décembre 2025, la Russie a affirmé que l’Ukraine avait tenté de frapper la résidence de Poutine sur les rives du lac Valdai, dans la région de Novgorod. Le 1er janvier, le ministère russe de la Défense a prétendu avoir des données de vol d’un drone abattu prouvant cette attaque. Poutine a même téléphoné personnellement au président américain Donald Trump pour lui raconter l’histoire.
Mais l’histoire s’est rapidement effondrée. Trump lui-même a déclaré le 4 janvier : « Je ne crois pas que cette frappe ait eu lieu. » L’Ukraine a catégoriquement nié l’attaque. Le Service de renseignement extérieur ukrainien a accusé le Kremlin de « diffuser de nouvelles informations falsifiées pour préparer les audiences russes et étrangères à une nouvelle escalade. » C’est une tactique classique de Moscou : inventer des provocations ukrainiennes pour justifier ses propres actions.
La manipulation continue
Le 1er janvier, la Russie a également affirmé que l’Ukraine avait délibérément frappé un bar dans la ville de Khorly, dans la région de Kherson. Encore une fois, l’Ukraine a nié. Encore une fois, aucune preuve crédible n’a été fournie. Ces fausses accusations servent plusieurs objectifs : ternir l’image de l’Ukraine à l’international, justifier les frappes russes contre des cibles civiles, et maintenir le soutien de la population russe à la guerre.
Mais cette stratégie de désinformation commence à montrer ses limites. De plus en plus de médias occidentaux vérifient systématiquement les affirmations russes. Les réseaux sociaux permettent une contre-vérification rapide. Et surtout, la crédibilité de Moscou s’est tellement érodée que même ses alliés traditionnels prennent désormais ses déclarations avec des pincettes. La guerre de l’information, comme la guerre sur le terrain, ne tourne pas en faveur de la Russie.
Cette guerre de l’information me fatigue autant qu’elle me fascine. Chaque jour, le Kremlin invente de nouvelles histoires, fabrique de nouvelles preuves, accuse l’Ukraine de crimes imaginaires. Et chaque jour, ces mensonges sont démontés, déconstruits, exposés. Mais ça ne change rien. Parce que le but n’est pas de convaincre le monde. Le but est de semer le doute, de créer de la confusion, de noyer la vérité dans un océan de mensonges. C’est épuisant. Mais l’Ukraine tient bon. Elle continue de documenter, de prouver, de montrer la réalité. Et la réalité, c’est que la Russie est l’agresseur. Point final.
Les enjeux diplomatiques
Trump et la pression pour négocier
L’élection de Donald Trump en novembre 2024 a changé la donne diplomatique. Trump a promis de mettre fin rapidement à la guerre, ce qui inquiète profondément l’Ukraine. Depuis son élection, la Russie a intensifié ses frappes aériennes contre les villes ukrainiennes, espérant améliorer sa position avant d’éventuelles négociations. C’est une tactique classique : frapper fort juste avant de s’asseoir à la table des négociations pour avoir plus de poids.
Mais l’Ukraine refuse de négocier sous la contrainte. Zelenskyy a été clair : toute négociation doit partir du principe de l’intégrité territoriale ukrainienne. Pas question d’accepter l’annexion de territoires ukrainiens par la Russie. Pas question de céder à la pression. Et les récentes victoires militaires ukrainiennes — notamment l’augmentation spectaculaire des pertes russes — renforcent cette position. Pourquoi négocier quand l’ennemi saigne à blanc ?
Le soutien occidental
Le 6 janvier, lors d’une réunion à Paris, les États-Unis ont réaffirmé leur soutien aux garanties de sécurité pour l’Ukraine. La France et le Royaume-Uni ont promis d’envoyer des troupes — pas pour combattre directement, mais pour former les soldats ukrainiens et fournir un soutien logistique. C’est un signal fort : l’Occident ne lâchera pas l’Ukraine, même avec Trump à la Maison Blanche.
Ces engagements sont cruciaux. Parce que la Russie parie sur la lassitude occidentale. Elle espère que les pays européens finiront par se fatiguer de soutenir l’Ukraine, que les livraisons d’armes diminueront, que l’aide financière se tarira. Mais pour l’instant, ce pari ne paie pas. L’Occident tient bon. Et l’Ukraine continue de recevoir les armes et le soutien dont elle a besoin pour se battre.
Cette dimension diplomatique me stresse autant qu’elle me rassure. D’un côté, je vois Trump qui pourrait tout foutre en l’air avec ses promesses de paix rapide. De l’autre, je vois l’Europe qui se réveille enfin, qui comprend que laisser tomber l’Ukraine serait une catastrophe stratégique. Et au milieu, il y a Zelenskyy qui jongle avec tout ça, qui négocie, qui cajole, qui menace, qui supplie. C’est un numéro d’équilibriste permanent. Un faux pas et tout s’effondre. Mais pour l’instant, il tient. L’Ukraine tient. Et ça, c’est déjà une victoire en soi.
Les perspectives pour 2026
Une guerre qui s’éternise
Nous entrons dans la cinquième année de cette guerre. Cinq ans de souffrance, de destruction, de mort. Et rien n’indique que ça va s’arrêter bientôt. La Russie continue de viser la capture complète du Donetsk, du Zaporizhia et du Kherson — trois régions qu’elle a annexées sur le papier mais qu’elle ne contrôle que partiellement. Pour atteindre cet objectif, elle devra encore avancer de dizaines de kilomètres, capturer des dizaines de villes et de villages. Au rythme actuel, cela prendrait des années.
L’Ukraine, de son côté, se prépare à une guerre longue. Elle augmente sa production de drones, améliore la formation de ses troupes, renforce ses défenses. Elle sait qu’elle ne peut pas gagner rapidement. Mais elle sait aussi qu’elle peut tenir. Et que chaque jour qui passe affaiblit un peu plus la Russie. C’est une guerre d’usure. Et dans une guerre d’usure, celui qui tient le plus longtemps gagne.
Le facteur humain
Mais au-delà des statistiques et des analyses stratégiques, il y a les hommes. Les soldats qui se battent dans la boue et le froid. Les civils qui vivent sous les bombardements. Les familles qui pleurent leurs morts. Cette guerre a déjà coûté des centaines de milliers de vies. Et elle en coûtera encore des dizaines de milliers avant de se terminer. C’est la réalité brutale de ce conflit : il n’y aura pas de solution miracle, pas de victoire rapide, pas de fin heureuse.
Ce qui rend cette guerre encore plus tragique, c’est qu’elle était évitable. Si Poutine n’avait pas décidé d’envahir l’Ukraine en février 2022, tous ces hommes seraient encore en vie. Toutes ces villes seraient encore debout. Toutes ces familles seraient encore entières. Mais Poutine a choisi la guerre. Et maintenant, des centaines de milliers de personnes en paient le prix. C’est ça, la vraie tragédie de cette guerre : elle n’avait pas besoin d’arriver.
Quand je pense à 2026, je ressens un mélange d’espoir et de désespoir. Espoir parce que l’Ukraine tient bon, parce qu’elle inflige des pertes terribles à la Russie, parce que le monde n’a pas oublié. Mais désespoir aussi, parce que cette guerre va continuer. Parce que des milliers d’hommes vont encore mourir. Parce que des villes vont encore être détruites. Et parce qu’au bout du compte, même quand cette guerre se terminera, les cicatrices resteront. Pour l’Ukraine. Pour la Russie. Pour l’Europe entière. Cette guerre nous a tous changés. Et nous ne serons plus jamais les mêmes.
Conclusion
Le prix de la liberté
Huit cent quatre-vingts soldats russes en une journée. C’est le prix que Moscou paie pour son ambition impériale. C’est le prix de l’orgueil de Poutine, de son refus d’accepter que l’Ukraine soit un pays souverain, de sa volonté de reconstruire un empire qui n’existe plus. Et ce prix ne fait qu’augmenter. 35 000 pertes en décembre. 420 000 en 2025. Plus d’un million depuis le début de la guerre. Des chiffres qui donnent le vertige. Des chiffres qui devraient faire réfléchir n’importe quel dirigeant sain d’esprit.
Mais Poutine n’est pas un dirigeant sain d’esprit. Il est prêt à sacrifier une génération entière de jeunes Russes pour réaliser son rêve impérial. Il est prêt à transformer son pays en paria international, à ruiner son économie, à isoler la Russie pour des décennies. Et pendant ce temps, l’Ukraine continue de se battre. Pas parce qu’elle le veut. Mais parce qu’elle n’a pas le choix. Parce que l’alternative — la soumission, l’occupation, la disparition — est inacceptable.
Je termine cet article avec un sentiment étrange. D’un côté, je suis fier de l’Ukraine. Fier de sa résistance, de son courage, de sa détermination. Quatre ans de guerre et elle tient toujours. Elle frappe toujours. Elle refuse toujours de se soumettre. C’est admirable. C’est inspirant. Mais d’un autre côté, je suis écœuré. Écœuré par cette guerre absurde, par ces morts inutiles, par cette souffrance sans fin. Huit cent quatre-vingts hommes en une journée. Huit cent quatre-vingts vies gâchées. Pour quoi ? Pour l’ego d’un dictateur vieillissant ? Pour un territoire que la Russie ne pourra jamais vraiment contrôler ? Cette guerre me dégoûte. Mais je ne peux pas détourner le regard. Parce que chaque article que j’écris, c’est une façon de témoigner. De dire : je vois. Je sais. Et je n’oublierai jamais.
Sources
Sources primaires
État-major des Forces armées ukrainiennes — Rapport quotidien sur les pertes russes, publié le 10 janvier 2026 sur Facebook. Chiffres officiels : 880 pertes russes le 9 janvier 2026, portant le total à 1 217 810 depuis le 24 février 2022.
Ukrinform — « Russian army loses another 880 soldiers in war against Ukraine », publié le 10 janvier 2026 à 08h29. Article basé sur les données de l’État-major ukrainien, détaillant les pertes en personnel et en matériel.
Ukrainska Pravda — « Russia loses 880 soldiers over past day », publié le 10 janvier 2026 à 06h50 par Olha Hlushchenko. Confirmation des chiffres officiels avec détails sur les pertes matérielles.
Sources secondaires
Al Jazeera — « Russian war deaths are rising to unsustainable levels, says Ukraine », publié le 8 janvier 2026 par John T Psaropoulos. Analyse approfondie des pertes russes en décembre 2025 (35 000) et contexte sur le recrutement russe.
Institute for the Study of War (ISW) — Observations de novembre 2025 sur le déploiement d’équipement lourd aux unités de réserve de Belgorod. Analyse des tactiques russes et du rythme d’avancée territoriale en 2025.
Président Volodymyr Zelenskyy — Allocution du 6 janvier 2026, citant 35 000 pertes russes confirmées par vidéo en décembre 2025, 30 000 en novembre, et 26 000 en octobre.
Commandant en chef Oleksandr Syrskii — Déclarations sur Telegram concernant les 33 000 pertes russes en décembre 2025 et l’égalisation avec le rythme de recrutement russe.
Chef du renseignement militaire ukrainien Kyrylo Budanov — Interview avec Suspilne le 27 décembre 2025, détaillant les quotas de recrutement russes : 403 000 en 2025, objectif de 34 083 par mois en 2026.
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