L’étincelle qui a tout déclenché
Tout a commencé le 28 décembre 2025. Pas avec des slogans politiques. Pas avec des appels à renverser le régime. Juste avec la réalité brutale du quotidien. Le rial iranien venait d’atteindre un nouveau record historique : 1,7 million de rials pour un dollar américain. Les prix explosaient. Les salaires ne suivaient pas. L’inflation dépassait les 42%. Les gens ne pouvaient plus nourrir leurs familles. Acheter des médicaments. Payer leur loyer. La survie était devenue un luxe.
À Téhéran, des grèves ont éclaté. Des commerçants ont fermé boutique. Des travailleurs ont refusé de se présenter. Et puis, comme une traînée de poudre, le mouvement s’est propagé. De la capitale aux petites villes rurales. Des centres urbains aux villages reculés. Ce qui était une protestation économique est devenu quelque chose de bien plus grand. De bien plus dangereux pour le régime. Une remise en question totale du système. Une exigence de changement radical. Un cri de révolte qui ne demandait plus des réformes, mais la chute pure et simple de la République islamique.
La géographie de la colère
Ce qui rend ces manifestations différentes de toutes les précédentes, c’est leur ampleur géographique. Plus de cent villes et villages touchés. Des manifestations dans des endroits où on n’avait jamais vu de contestation. Des zones rurales traditionnellement loyales au régime qui se soulèvent. Des bastions conservateurs qui basculent. Olli Ruohomäki, expert du Moyen-Orient à l’Institut finlandais des affaires internationales, le dit clairement : « C’est sans précédent. Avant, les protestations se limitaient aux grandes villes. Maintenant, elles touchent aussi les zones rurales. »
Les chiffres donnent le vertige. Des dizaines de milliers de manifestants à Téhéran. Des centaines de milliers à travers le pays selon l’opposition iranienne. Au moins 51 à 62 morts selon les ONG Iran Human Rights et HRANA. Plus de 2 000 arrestations. Des centaines de blessés. Des hôpitaux débordés. Et ces chiffres datent d’avant la coupure d’Internet. Maintenant, dans le noir total imposé par le régime, personne ne sait vraiment ce qui se passe. Combien sont morts cette nuit. Combien ont été arrêtés. Combien ont disparu.
Cette coupure d’Internet, elle me glace le sang. Parce que je sais ce qu’elle signifie. En 2019, quand le régime avait fait la même chose, des centaines de manifestants avaient été tués. Massacrés dans l’obscurité. Sans témoins. Sans caméras. Sans que le monde puisse voir. Shirin Ebadi, la Prix Nobel de la paix iranienne, l’a dit hier : « Un blackout en Iran n’est pas une panne technique. C’est une tactique. » Une tactique pour tuer en silence. Pour faire disparaître. Pour terroriser. Et ça me révolte au plus profond de moi.
Le prince en exil qui défie les mollahs
Reza Pahlavi, l’homme du moment
Reza Pahlavi. Ce nom résonne dans les rues iraniennes comme il ne l’avait jamais fait depuis quarante-sept ans. Le fils du Shah Mohammad Reza Pahlavi, renversé lors de la révolution islamique de 1979. Un homme qui vit en exil aux États-Unis depuis des décennies. Un démocrate convaincu, défenseur des droits humains, qui n’a jamais réclamé le trône mais qui se présente comme une figure d’unité pour l’opposition iranienne. Et le 8 janvier 2026, c’est lui qui a lancé l’appel qui a fait descendre des centaines de milliers d’Iraniens dans les rues.
Son message était clair, direct, sans ambiguïté : « Sortez. Occupez les espaces publics. Préparez-vous à prendre le contrôle des centres-villes et à les tenir. » Il a appelé à des grèves nationales dans les secteurs clés : transport, pétrole, gaz, énergie. Il a exhorté les Iraniens à « couper les sources de financement du régime ». Et il a promis quelque chose que personne n’attendait : « Je me prépare à rentrer au pays pour être à vos côtés au moment de la victoire de notre révolution nationale. Je crois que ce jour est très proche. »
Un symbole qui divise et rassemble
Pahlavi est une figure complexe. Pour certains Iraniens, il représente un retour à une époque pré-révolutionnaire, une monarchie constitutionnelle moderne, une alternative démocratique au régime des mollahs. Pour d’autres, le nom Pahlavi évoque la dictature de son père, soutenue par les États-Unis, la répression de la SAVAK, les inégalités sociales qui ont mené à la révolution de 1979. Mais dans les rues aujourd’hui, ces nuances s’effacent. Ce qui compte, c’est qu’il offre une alternative. Une voix qui porte. Un symbole d’unité contre Khamenei.
Les manifestants scandent son nom. Certains appellent au retour de la dynastie Pahlavi. D’autres le voient simplement comme un leader de transition. Mais tous s’accordent sur une chose : le régime actuel doit tomber. Et Pahlavi, avec ses appels répétés, ses messages sur les réseaux sociaux avant la coupure, sa promesse de rentrer, incarne cet espoir de changement. Serhiy Danylov, expert ukrainien du Moyen-Orient, le dit sans détour : « Ces protestations sont plus dangereuses pour le régime que les précédentes parce qu’elles visent à renverser le gouvernement, pas à obtenir des changements cosmétiques. »
Pahlavi me fascine. Pas parce que je crois à la monarchie. Pas parce que je pense qu’il est la solution miracle. Mais parce qu’il a le courage de se mouiller. De prendre position. De dire « je rentre » alors qu’il sait très bien ce qui pourrait lui arriver. Il pourrait rester tranquille en exil, vivre sa vie confortable aux États-Unis. Mais non. Il choisit de se battre. Et ça, ça force le respect. Même si on n’est pas d’accord avec tout ce qu’il représente.
Khamenei, le dictateur aux abois
Le discours de la peur
Le 9 janvier 2026, Ali Khamenei, le Guide suprême de l’Iran, a finalement brisé son silence. Dans un discours diffusé à la télévision d’État, le vieil homme de quatre-vingt-six ans a montré son vrai visage. Celui d’un dictateur acculé. Effrayé. Prêt à tout pour s’accrocher au pouvoir. « Nous ne reculerons pas », a-t-il martelé. Les manifestants ? Des « vandales » et des « saboteurs ». Leur motivation ? « Faire plaisir au président d’un autre pays » — une référence à peine voilée à Donald Trump.
Khamenei a accusé les États-Unis et Israël d’être derrière les protestations. Il a brandi la menace étrangère. Le complot occidental. Les ennemis de l’Islam. Tous les vieux refrains usés jusqu’à la corde. Et pendant qu’il parlait, des hommes et des femmes dans l’audience scandaient « Mort à l’Amérique ». Mais dans les rues, à quelques kilomètres de là, d’autres Iraniens criaient « Mort à Khamenei ». Et c’est ce contraste qui dit tout. Le fossé béant entre le régime et son peuple. L’abîme qui ne peut plus être comblé par des discours et des menaces.
La répression s’intensifie
Les mots de Khamenei n’étaient pas que des paroles en l’air. Ils annonçaient une répression brutale. Le maire de Téhéran, Alireza Zakani, a rapporté que plus de cinquante banques et plusieurs bâtiments gouvernementaux avaient été incendiés. « Plus de trente mosquées sont parties en flammes », a-t-il ajouté. Les forces de sécurité ont été déployées massivement. Des témoins rapportent des forces spéciales armées de Kalachnikovs postées tous les dix mètres le long des artères principales de Téhéran.
Et puis il y a les hôpitaux. Des scènes qui glacent le sang. Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix iranienne en exil, a révélé que quatre cents personnes avaient été admises dans un seul hôpital de Téhéran avec de graves blessures aux yeux causées par des tirs de chevrotine. Pire encore : « Des rapports indiquent que les forces de sécurité ont attaqué des hôpitaux et tenté d’arrêter les blessés. » Un État qui traque les blessés dans les couloirs d’hôpitaux. Un État qui tire sur les yeux de son propre peuple. Un État qui a franchi toutes les lignes rouges.
Quand j’ai lu ça, j’ai eu envie de vomir. Littéralement. Attaquer des hôpitaux. Arrêter des blessés. Tirer dans les yeux des manifestants. C’est quoi ce régime ? C’est quoi cette barbarie ? Et Khamenei ose parler de « vandales » ? Les vandales, c’est lui et sa clique de psychopathes en turban. Les vandales, c’est ceux qui tirent sur des gamins qui veulent juste vivre libres. Les vandales, c’est ce régime pourri jusqu’à l’os qui s’accroche au pouvoir en massacrant son propre peuple.
Trump, le cow-boy qui menace
Des menaces qui montent en puissance
Donald Trump n’a jamais été du genre à rester silencieux. Et face aux événements en Iran, il a sorti l’artillerie lourde. Dès le début des manifestations, il a prévenu : si le régime iranien tue des manifestants, les États-Unis frapperont « très fort ». Le 9 janvier, il a remis ça : « L’Iran est dans de gros problèmes. Il me semble que le peuple prend le contrôle de certaines villes qu’on pensait impossibles à conquérir il y a quelques semaines. »
Et puis cette phrase, lourde de menaces : « Vous feriez mieux de ne pas commencer à tirer parce que nous aussi, nous tirerons. Si ils commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait par le passé, nous interviendrons. » Trump a précisé que cette intervention ne signifierait pas « des bottes sur le terrain », mais « frapper très, très fort là où ça fait mal ». Des frappes aériennes. Des missiles. Des drones. Le scénario vénézuélien appliqué à l’Iran ? Peut-être. Mais avec des conséquences géopolitiques infiniment plus complexes.
Une intervention américaine, bonne ou mauvaise idée ?
Les experts sont divisés. Serhiy Danylov estime que « la destruction par les États-Unis ou Israël des quartiers généraux du bloc de sécurité impliqué dans la répression des protestations pourrait réalistement déclencher un effet suffisant pour fragmenter les forces gouvernementales. » En clair : des frappes ciblées pourraient affaiblir le régime au point de le faire s’effondrer. Mais d’autres, comme Jamie Shea de Chatham House, mettent en garde : « Une intervention supplémentaire contre les installations militaires iraniennes pourrait rallier les Iraniens autour du régime, qui pourrait alors détourner l’attention des protestations vers la menace étrangère. »
Le dilemme est réel. D’un côté, le régime iranien massacre son peuple. De l’autre, une intervention américaine pourrait transformer une révolution populaire en guerre nationaliste. Trump joue avec le feu. Mais il joue aussi avec la vie de millions d’Iraniens qui, eux, n’ont pas demandé à devenir les pions d’une partie de poker géopolitique entre Washington et Téhéran. Ce qui est sûr, c’est que les menaces de Trump ont un effet : elles mettent la pression sur Khamenei. Elles lui rappellent que le monde regarde. Que l’impunité n’est plus garantie.
Trump et ses menaces. Franchement, je ne sais pas quoi en penser. Une partie de moi se dit : oui, il faut faire quelque chose. On ne peut pas laisser Khamenei massacrer son peuple en silence. Mais l’autre partie se souvient de l’Irak. De la Libye. De toutes ces interventions américaines qui ont tourné au cauchemar. Alors quoi ? On intervient et on risque de tout foutre en l’air ? Ou on reste les bras croisés pendant qu’ils tuent dans les hôpitaux ? Il n’y a pas de bonne réponse. Juste des choix impossibles.
Moscou, le grand absent
Le silence assourdissant de Poutine
Et pendant que Trump menace et que Khamenei réprime, Vladimir Poutine reste silencieux. Étrangement silencieux. L’Iran est pourtant l’un des principaux alliés de la Russie. Téhéran fournit des drones Shahed à Moscou pour sa guerre en Ukraine. Les deux pays ont approfondi leur alliance depuis 2022. Ils partagent des intérêts stratégiques au Moyen-Orient. Mais aujourd’hui, alors que le régime iranien vacille, Poutine ne dit rien. Ne fait rien. Regarde ailleurs.
Pourquoi ce silence ? Parce que Poutine n’a plus les moyens d’aider ses alliés. Il vient de perdre la Syrie, où le dictateur Bachar al-Assad s’est effondré en quelques jours en décembre 2024. Il vient de perdre le Venezuela, où Nicolas Maduro a été capturé par les forces américaines le 3 janvier 2026. Deux alliés clés. Deux régimes soutenus par Moscou. Deux échecs cuisants. Et maintenant, l’Iran pourrait être le troisième. Olli Ruohomäki le dit sans détour : « Poutine a déjà perdu la Syrie, et maintenant il perd le Venezuela. L’Iran ne peut pas compter sur Poutine parce que leur partenariat n’est que transactionnel. »
L’empire russe qui s’effrite
L’influence russe au Moyen-Orient s’effondre. Les bases militaires russes en Syrie sont menacées. Les investissements russes au Venezuela sont perdus. Et si l’Iran tombe, Moscou perd son dernier allié majeur dans la région. Plus de drones pour l’Ukraine. Plus de contrepoids face à Israël et aux États-Unis. Plus de levier géopolitique. David Butter de Chatham House estime que la chute potentielle du régime de Khamenei « pourrait être négative pour la Russie — perte d’un allié géopolitique, dommages aux approvisionnements en armes, et peut-être des effets d’entraînement sur son économie et ses exportations de pétrole si l’Iran augmente ses propres exportations avec un assouplissement des sanctions. »
Mais Poutine ne peut rien faire. Il est embourbé en Ukraine. Son armée saigne. Son économie vacille. Ses alliés tombent les uns après les autres. Et pendant ce temps, les Iraniens dans les rues de Téhéran ne scandent pas « Vive la Russie ». Ils ne demandent pas l’aide de Moscou. Ils veulent juste être libres. Et Poutine, le grand stratège, le maître du jeu géopolitique, est réduit à regarder son empire informel s’effondrer sans pouvoir lever le petit doigt.
Il y a quelque chose de profondément satisfaisant à voir Poutine impuissant. Après toutes ces années à jouer les caïds. À soutenir tous les dictateurs de la planète. À se croire invincible. Le voilà réduit au silence pendant que ses alliés tombent comme des dominos. Assad en Syrie. Maduro au Venezuela. Et bientôt Khamenei en Iran ? Ce serait la cerise sur le gâteau. La preuve ultime que l’empire russe n’est qu’une façade. Que Poutine n’est qu’un tigre de papier. Et franchement, ça me réjouit.
Le monde regarde, divisé
L’Europe entre soutien et prudence
L’Europe a réagi, mais avec sa prudence habituelle. Le 9 janvier, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont publié une déclaration commune condamnant « la violence des forces de sécurité iraniennes » et appelant le régime à « faire preuve de retenue ». Kaja Kallas, chef de la politique étrangère de l’Union européenne, a été plus directe : « Le peuple iranien se bat pour son avenir. En ignorant ses demandes légitimes, le régime montre son vrai visage. Toute violence contre des manifestants pacifiques est inacceptable. »
Mais au-delà des mots, que fait l’Europe ? Pas grand-chose. Pas de sanctions nouvelles. Pas de mesures concrètes. Juste des déclarations. Des communiqués. Des appels à la retenue. Pendant ce temps, des Iraniens meurent dans les rues. Sont arrêtés par milliers. Disparaissent dans les prisons du régime. Et l’Europe regarde, impuissante ou réticente, incapable de décider si elle doit agir ou simplement observer.
Israël, l’ennemi qui jubile
Israël, lui, ne cache pas sa satisfaction. Le régime iranien est l’ennemi juré de Tel-Aviv. Pendant des années, l’Iran a financé le Hamas, le Hezbollah, les proxies anti-israéliens dans toute la région. En juin 2025, Israël et les États-Unis ont mené une guerre éclair contre l’Iran, détruisant une grande partie de ses défenses aériennes et endommageant ses installations d’enrichissement nucléaire. Et maintenant, le régime vacille de l’intérieur. Pour Israël, c’est le scénario idéal : l’Iran qui s’effondre sans qu’ils aient à tirer un seul coup de feu supplémentaire.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a d’ailleurs accusé Israël et les États-Unis d’être « directement impliqués dans les protestations » et de « tenter de transformer les manifestations pacifiques en manifestations violentes et divisives ». Vrai ou faux ? Difficile à dire. Ce qui est sûr, c’est qu’Israël a tout intérêt à voir tomber Khamenei. Et que Tel-Aviv ne pleurera pas si le régime des mollahs s’effondre dans le chaos.
Cette dimension géopolitique me donne le vertige. Parce qu’au fond, les Iraniens dans les rues, ils s’en foutent de Trump, de Poutine, d’Israël. Ils veulent juste vivre. Manger à leur faim. Avoir un avenir. Mais leur révolution est devenue un enjeu mondial. Un terrain de jeu pour les grandes puissances. Et ça me met en rage. Parce que ces gens méritent mieux que d’être les pions d’un jeu qui les dépasse. Ils méritent qu’on les soutienne pour ce qu’ils sont : des êtres humains qui se battent pour leur liberté. Pas des outils géopolitiques.
Le régime peut-il survivre ?
Les précédents qui inquiètent
L’Iran a connu de nombreuses vagues de protestations au fil des décennies. En 2009, le Mouvement vert a contesté une élection truquée. En 2019, des manifestations massives contre la hausse du prix de l’essence ont été réprimées dans le sang — plusieurs centaines de morts. En 2022, le mouvement « Femme, Vie, Liberté » a éclaté après la mort de Jina Mahsa Amini en garde à vue. À chaque fois, le régime a tenu. À chaque fois, la répression a fonctionné. À chaque fois, les manifestants ont fini par rentrer chez eux, épuisés, terrifiés, vaincus.
Mais cette fois, c’est différent. Alexander Palmer du Center for Strategic and International Studies le reconnaît : « Ces protestations pourraient renverser le régime, mais les chances sont encore contre les manifestants. Bien que la combinaison de crises économiques, hydriques et sécuritaires que l’Iran affronte maintenant rende le régime plus fragile, il a historiquement démontré une résilience extrême face aux manifestations. » La clé, selon lui, sera l’attitude des forces de sécurité. « Ce sont les décisions des forces de sécurité qui feront la différence critique. Nous devrions tous observer comment elles utilisent la force et si la violence du régime crée un contrecoup ou diminue l’élan du mouvement. »
Les signes d’un effondrement possible
Serhiy Danylov est plus optimiste. Il estime qu’il y a « plus de 50% de probabilité » que le régime s’effondre. Pourquoi ? Parce que ces protestations sont « plus dangereuses » que les précédentes. Parce qu’elles visent explicitement le renversement du gouvernement, pas des réformes cosmétiques. Parce que plus de groupes sociaux sont impliqués. Parce que les manifestants sont plus préparés à utiliser la violence pour contrer la force du régime. Et surtout, parce que la géographie des protestations est sans précédent : même les zones rurales, traditionnellement loyales, se soulèvent.
Olli Ruohomäki va plus loin : « C’est comme le Printemps arabe qui a commencé en Tunisie en 2010. Il y a une ambiance similaire dans l’air en ce moment. Et les protestations s’étendent. » Le Printemps arabe a renversé des dictateurs en Tunisie, en Égypte, en Libye, au Yémen. Il a plongé la Syrie dans une guerre civile qui a duré plus d’une décennie. Pourrait-il se reproduire en Iran ? Les conditions sont réunies : crise économique, colère populaire, régime affaibli, soutien international limité. Mais rien n’est garanti. Le régime iranien a des « pouvoirs répressifs formidables et des forces de sécurité internes solides », rappelle David Butter de Chatham House.
Je veux y croire. Je veux croire que cette fois, c’est la bonne. Que le régime va tomber. Que les Iraniens vont gagner. Mais j’ai peur. Peur que ça finisse comme en 2019. Comme en 2022. Dans le sang et les larmes. Peur que Khamenei massacre encore des centaines de personnes et que le monde regarde en silence. Peur que dans quelques semaines, on parle d’autre chose et que les Iraniens soient oubliés. Encore une fois. Comme toujours.
L'Internet coupé, le monde aveugle
Le blackout total
Depuis la nuit du 8 janvier, l’Iran est coupé du monde. Internet down. Téléphones internationaux coupés. Les réseaux sociaux inaccessibles. Les applications de messagerie bloquées. Netblocks, une organisation de surveillance d’Internet, confirme que la coupure dure depuis plus de vingt-quatre heures. C’est un blackout total. Délibéré. Calculé. Et terrifiant.
Pourquoi ? Parce que sans Internet, il n’y a pas de témoins. Pas de vidéos. Pas de preuves. Le régime peut tuer en toute impunité. Arrêter. Torturer. Faire disparaître. Et personne ne saura. Amir Rashidi, expert en cybersécurité, le dit clairement : « C’est une question de survie pour le régime. » En 2019, lors de la dernière grande coupure d’Internet, plusieurs centaines de manifestants avaient été tués. Le monde n’avait découvert l’ampleur du massacre que des semaines plus tard, quand les connexions avaient été rétablies et que les témoignages avaient commencé à filtrer.
Les voix qui tentent de percer l’obscurité
Reza Pahlavi a appelé les dirigeants occidentaux à « faire pression sur le gouvernement de Téhéran pour qu’il rétablisse les communications avec le peuple iranien afin que leur voix et leur volonté puissent être entendues et vues. Ne laissez pas les voix de mes compatriotes courageux être réduites au silence. » Shirin Ebadi a été encore plus directe : « Ce qui rend cette nuit particulièrement dangereuse, c’est l’obscurité délibérée : les réseaux Internet et téléphoniques poussés vers l’effondrement pour que les familles ne puissent pas retrouver leurs proches, que les journalistes ne puissent pas documenter, et que le monde ne puisse pas témoigner. »
Elle a lancé un appel aux gouvernements occidentaux : « Aux gouvernements occidentaux et aux institutions internationales : le silence n’est pas de la prudence. C’est une permission. Votre inaction réduit le coût du meurtre. » Des mots durs. Vrais. Nécessaires. Parce que pendant que le monde hésite, débat, tergiverse, des Iraniens meurent dans le noir. Et chaque minute de silence est une minute de plus pour Khamenei de consolider sa répression.
Cette coupure d’Internet, c’est ce qui me terrifie le plus. Parce que je sais ce qui se passe dans le noir. Je sais ce que font les régimes quand personne ne regarde. Et je me sens impuissant. Assis devant mon écran, à des milliers de kilomètres, incapable de faire quoi que ce soit pendant qu’ils tuent. Pendant qu’ils arrêtent. Pendant qu’ils torturent. Et ça me bouffe de l’intérieur. Parce que je sais que quand la lumière reviendra, on découvrira l’horreur. Encore une fois.
Conclusion
Le moment de vérité
L’Iran est à un tournant. Le régime de Khamenei vacille comme jamais. Les manifestations sont les plus importantes depuis 1979. La géographie de la contestation est sans précédent. La détermination des manifestants est palpable. Et le monde regarde, divisé entre ceux qui veulent intervenir et ceux qui préfèrent attendre. Entre Trump qui menace et Poutine qui se tait. Entre l’Europe qui condamne mollement et Israël qui jubile en silence.
Mais au fond, ce qui se passe en Iran ne dépend ni de Washington, ni de Moscou, ni de Bruxelles. Ça dépend des Iraniens. De leur courage. De leur détermination. De leur capacité à tenir face à la répression. Et surtout, ça dépend des forces de sécurité iraniennes. Vont-elles continuer à tirer sur leur propre peuple ? Ou vont-elles, à un moment, refuser d’obéir ? C’est cette question qui déterminera l’avenir de l’Iran. Pas les menaces de Trump. Pas le silence de Poutine. Juste le choix de milliers d’hommes en uniforme : obéir ou désobéir. Tuer ou refuser de tuer.
Je ne sais pas comment ça va finir. Personne ne le sait. Peut-être que dans quelques jours, le régime aura écrasé les manifestations. Peut-être que dans quelques semaines, Khamenei sera en fuite et l’Iran sera libre. Peut-être que ça va durer des mois, des années, dans un cycle sans fin de protestations et de répressions. Ce que je sais, c’est que ces Iraniens dans les rues, ils sont des héros. Chacun d’entre eux. Parce qu’ils risquent tout. Leur vie. Leur liberté. Leur famille. Pour quelque chose de plus grand qu’eux. Pour la liberté. Pour la dignité. Pour l’avenir. Et peu importe ce qui arrive, ils ont déjà gagné quelque chose : ils ont montré au monde que le régime de Khamenei n’est pas invincible. Qu’il peut être défié. Qu’il peut trembler. Et ça, personne ne pourra jamais le leur enlever. Alors je les regarde, ces visages sur les vidéos qui ont filtré avant le blackout, et je me dis : tenez bon. S’il vous plaît, tenez bon. Le monde vous regarde. Et on ne vous oubliera pas.
Sources
Sources primaires
The Kyiv Independent – « As Iran erupts, Washington threatens, and Moscow watches in silence » – 9 janvier 2026
Deutsche Welle (DW) – « Iran: Protests continue amid internet shutdown » – 9-10 janvier 2026
Iran Human Rights (IHRNGO) – Rapports sur les victimes et arrestations – 9 janvier 2026
Human Rights Activists News Agency (HRANA) – Statistiques sur les manifestations – 9 janvier 2026
Sources secondaires
Netblocks – Surveillance de la coupure d’Internet en Iran – 8-9 janvier 2026
Olli Ruohomäki, Institut finlandais des affaires internationales – Analyse citée le 9 janvier 2026
Serhiy Danylov, Association ukrainienne d’études du Moyen-Orient – Analyse citée le 9 janvier 2026
David Butter, Chatham House – Analyse citée le 9 janvier 2026
Alexander Palmer, Center for Strategic and International Studies – Analyse citée le 9 janvier 2026
Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix – Déclarations sur Telegram – 9 janvier 2026
Reza Pahlavi – Messages sur réseaux sociaux – 8-10 janvier 2026
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