Les coulisses d’une proposition scandaleuse
Revenons en arrière. Avril 2019. Donald Trump est président depuis deux ans. Le Venezuela est en pleine crise. Nicolás Maduro s’accroche au pouvoir malgré une économie effondrée et une opposition soutenue par Washington. Les États-Unis reconnaissent Juan Guaidó comme président légitime. La Russie, elle, soutient Maduro à fond. Moscou envoie des conseillers militaires, des armes, de l’argent. Le Venezuela devient un point de friction entre les deux puissances. C’est dans ce contexte que les Russes commencent à faire des ouvertures. Pas officiellement. Jamais officiellement. Mais à travers des articles dans les médias russes, des conversations informelles, des allusions répétées de l’ambassadeur Antonov.
Le message est toujours le même : pourquoi se battre pour le Venezuela ? Vous le voulez ? Prenez-le. Mais en échange, laissez-nous tranquilles en Ukraine. Fiona Hill se souvient de ces conversations avec une clarté troublante. « Ils référençaient la doctrine Monroe« , explique-t-elle dans son témoignage. Cette doctrine du XIXe siècle qui proclamait que l’Amérique latine était la chasse gardée des États-Unis, et que les puissances européennes devaient s’en tenir éloignées. Les Russes retournaient l’argument : si vous avez votre sphère d’influence en Amérique, pourquoi n’aurions-nous pas la nôtre en Europe ? C’était cynique. C’était brutal. Mais c’était logique dans la vision du monde de Poutine — un monde où les grandes puissances se partagent les zones d’influence et où les petits pays n’ont pas leur mot à dire.
Hill dit non — mais Trump écoute-t-il ?
Face à ces ouvertures russes, l’administration Trump de 2019 réagit de manière ambiguë. Officiellement, Fiona Hill est envoyée à Moscou pour rejeter la proposition. Elle le dit clairement aux Russes : « L’Ukraine et le Venezuela ne sont pas liés l’un à l’autre. » Les États-Unis ne vont pas abandonner leurs alliés ukrainiens pour un deal sur le Venezuela. Mais voilà le problème : Hill n’est qu’une conseillère. Elle n’est pas Trump. Et Trump, lui, a toujours eu une vision transactionnelle de la politique étrangère. Pour lui, tout est négociable. Tout peut s’échanger. Les alliances, les principes, les engagements — tout a un prix.
Dans les mois qui suivent cette mission de Hill à Moscou, elle témoigne au Congrès dans le cadre de la procédure de destitution contre Trump. Elle révèle les tentatives russes d’échange Venezuela-Ukraine. Mais à l’époque, personne ne prend vraiment ça au sérieux. C’est noyé dans le flot d’informations sur l’Ukraine, sur les pressions de Trump sur Zelensky, sur le scandale politique qui secoue Washington. Et puis Trump perd l’élection de 2020. Biden arrive au pouvoir. La proposition russe semble enterrée. Jusqu’à ce que Trump revienne en 2024. Et là, tout change.
Fiona Hill a essayé. Elle a vraiment essayé. Elle est allée à Moscou, elle a dit non, elle a témoigné au Congrès, elle a sonné l’alarme. Mais qui l’a écoutée ? Trump ? Certainement pas. Le Congrès ? Trop occupé par les guerres partisanes. Le public américain ? Trop fatigué par les scandales à répétition. Et maintenant, sept ans plus tard, on se retrouve exactement là où les Russes voulaient nous mener. C’est frustrant. C’est enrageant. Parce qu’on ne peut pas dire qu’on n’était pas prévenus. On l’était. On a juste choisi de ne pas écouter.
3 janvier 2026 : Trump frappe le Venezuela
Une opération militaire éclair
Le 3 janvier 2026, à l’aube, des hélicoptères américains surgissent dans le ciel de Caracas. Des CH-47 Chinook, des V-22 Osprey, des appareils furtifs. Une armada. Les explosions résonnent dans la capitale vénézuélienne. Les forces spéciales américaines frappent avec une précision chirurgicale. Leur cible : Nicolás Maduro. En quelques heures, c’est terminé. Le dictateur vénézuélien est capturé, menotté, embarqué dans un avion militaire américain. Direction : les États-Unis. Accusation : trafic de drogue. Trump annonce triomphalement que Maduro est désormais en détention américaine et que les États-Unis vont « diriger » le Venezuela. Prendre contrôle de son pétrole. Gérer son économie. Décider de son avenir.
L’opération est d’une audace stupéfiante. C’est une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne. Une intervention militaire non provoquée sur le territoire d’un pays souverain. Une capture d’un chef d’État en exercice. Peu importe que Maduro soit un dictateur. Peu importe qu’il soit accusé de crimes. Le précédent est terrifiant. Si les États-Unis peuvent faire ça au Venezuela, ils peuvent le faire n’importe où. À n’importe qui. Et Trump ne s’en cache pas. Il invoque la doctrine Monroe. Il dit que l’Amérique latine est la sphère d’influence américaine. Que les États-Unis ont le droit d’intervenir comme bon leur semble dans leur « arrière-cour ». C’est un retour brutal au XIXe siècle. À l’époque des empires. Des zones d’influence. Du « might makes right » — la force fait le droit.
Le pétrole vénézuélien : le vrai prix
Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi le Venezuela ? La réponse est simple : le pétrole. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde. Plus que l’Arabie saoudite. Plus que l’Irak. Des centaines de milliards de barils. Sous Maduro, ces réserves étaient largement inexploitées. L’économie vénézuélienne s’était effondrée. La production pétrolière avait chuté. Mais avec les États-Unis aux commandes ? Tout change. Trump annonce que le Venezuela va livrer jusqu’à 50 millions de barils de pétrole sanctionné aux États-Unis. « Cet pétrole sera vendu à son prix du marché, et cet argent sera contrôlé par moi », écrit-il sur les réseaux sociaux. Par lui. Personnellement. C’est du pillage à peine déguisé.
Et ce n’est pas tout. Trump exige que le Venezuela expulse la Russie, la Chine, l’Iran et Cuba. Qu’il coupe tous les liens économiques avec ces pays. Qu’il devienne, en essence, un protectorat américain. Un État vassal. Les réactions internationales sont mitigées. Certains pays condamnent. D’autres restent silencieux. Mais ce qui est frappant, c’est la réaction — ou plutôt l’absence de réaction — de Moscou. Parce que la Russie avait investi massivement au Venezuela. Des milliards de dollars. Des conseillers militaires. Des systèmes d’armes. Des accords pétroliers. Et maintenant ? Rien. Quelques déclarations de façade. Aucun soutien concret. Comme si Poutine avait déjà accepté de perdre le Venezuela. Comme si c’était le prix à payer pour quelque chose d’autre.
Cinquante millions de barils. Contrôlés par Trump. Personnellement. Lisez ça encore une fois et laissez-le pénétrer. On ne parle pas d’un accord commercial. On ne parle pas d’une transaction entre États. On parle d’un homme qui s’approprie les ressources d’un pays entier. Qui dit ouvertement qu’il va contrôler l’argent. Que c’est son argent. Et le monde regarde. Certains applaudissent même. Parce que Maduro était un dictateur. Parce que le Venezuela était un échec. Mais le précédent ? Le précédent est terrifiant. Parce que si on accepte ça, on accepte que la force fait le droit. Que les grandes puissances peuvent faire ce qu’elles veulent. Et ça, c’est la fin de l’ordre international tel qu’on le connaît.
Le silence de Poutine : calcul ou capitulation ?
Une réaction étrangement mesurée
Quand les États-Unis ont frappé le Venezuela, tout le monde attendait la réaction de Moscou. Après tout, Maduro était un allié de Poutine. La Russie avait soutenu le régime vénézuélien pendant des années. Financièrement. Militairement. Diplomatiquement. Moscou avait même envoyé des bombardiers stratégiques au Venezuela en 2018 pour montrer son soutien. Alors quand Trump a capturé Maduro, on s’attendait à des menaces. À des représailles. À une escalade. Mais rien. Le ministère russe des Affaires étrangères a publié quelques déclarations condamnant « l’agression américaine ». Poutine lui-même n’a fait aucun commentaire. Aucune menace. Aucune action concrète. C’est comme si la Russie avait déjà tourné la page.
Ce silence est révélateur. Parce que Poutine n’est pas du genre à laisser passer une humiliation sans réagir. Quand les États-Unis ont frappé la Syrie, Moscou a protesté vigoureusement. Quand l’OTAN s’est élargi, Poutine a menacé. Quand l’Occident a sanctionné la Russie, Moscou a riposté. Mais là ? Rien. Comme si le Venezuela ne comptait plus. Comme si Poutine avait déjà fait son deuil de cette alliance. Les analystes avancent plusieurs explications. Peut-être que la Russie n’a plus les moyens de soutenir Maduro. Peut-être que Moscou a décidé de concentrer ses ressources sur l’Ukraine et de laisser tomber ses alliés lointains. Ou peut-être — et c’est l’hypothèse la plus troublante — que Poutine a donné son accord à Trump. Que le deal de 2019 a finalement été conclu. Le Venezuela contre l’Ukraine.
Les défenses aériennes vénézuéliennes : où étaient-elles ?
Un détail troublant de l’opération américaine au Venezuela : l’absence totale de résistance aérienne. Le Venezuela possédait des systèmes de défense aérienne russes. Des S-300. Des systèmes radar avancés. Des missiles sol-air. Fournis par Moscou. Censés protéger Caracas contre exactement ce genre d’attaque. Mais quand les hélicoptères américains sont arrivés ? Rien. Pas un missile tiré. Pas un radar activé. Les appareils américains ont volé au-dessus de Caracas comme si c’était un exercice d’entraînement. Comment est-ce possible ? Soit les systèmes russes étaient défaillants — ce qui serait une humiliation pour Moscou. Soit ils n’ont pas été activés — ce qui suggère une complicité.
Les experts militaires sont perplexes. « C’est embarrassant », dit l’un d’eux au Kyiv Independent. Les systèmes de défense aérienne russes sont censés être parmi les meilleurs au monde. Ils sont vendus à prix d’or à des pays comme le Venezuela, la Syrie, l’Iran. Leur réputation repose sur leur efficacité. Mais là ? Ils n’ont même pas été utilisés. Soit par incompétence — les Vénézuéliens ne savaient pas les utiliser. Soit par sabotage — quelqu’un a désactivé les systèmes. Soit par ordre — Moscou a dit aux Vénézuéliens de ne pas résister. Quelle que soit l’explication, le résultat est le même : la Russie a laissé tomber son allié. Et ça envoie un message clair à tous les autres alliés de Moscou : vous n’êtes pas protégés. Si Poutine décide de vous sacrifier pour un deal plus important, il le fera.
Imaginez être un officier vénézuélien cette nuit-là. Vous voyez les hélicoptères américains sur vos radars. Vous savez qu’ils viennent pour votre président. Vous avez les systèmes pour les abattre. Les missiles. Les radars. Tout. Mais l’ordre ne vient pas. Ou pire : l’ordre est de ne rien faire. De laisser passer. Et vous comprenez. Vous comprenez que vous avez été abandonnés. Que votre allié russe, celui qui vous a vendu ces armes, celui qui vous a promis protection, vous a laissés tomber. Parce qu’il avait un deal plus important ailleurs. C’est ça, la realpolitik. C’est ça, le monde des grandes puissances. Et c’est dégueulasse.
La doctrine Monroe ressuscitée
Un retour au XIXe siècle
En justifiant son intervention au Venezuela, Trump a invoqué la doctrine Monroe. Cette doctrine, énoncée en 1823 par le président américain James Monroe, proclamait que l’Amérique latine était la sphère d’influence des États-Unis. Que les puissances européennes devaient s’en tenir éloignées. En échange, les États-Unis promettaient de ne pas s’immiscer dans les affaires européennes. C’était l’époque des empires coloniaux, des zones d’influence, du partage du monde entre grandes puissances. Une époque qu’on croyait révolue. Mais Trump la ressuscite. Et en le faisant, il donne raison à Poutine.
Parce que si les États-Unis ont le droit d’intervenir militairement dans leur « arrière-cour », pourquoi la Russie n’aurait-elle pas le même droit en Europe de l’Est ? C’est exactement l’argument que Moscou avance depuis des années. L’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie — ce sont des pays de l’ancienne sphère d’influence soviétique. Moscou considère qu’elle a des droits historiques sur ces territoires. Que l’Occident n’a pas à s’en mêler. Et maintenant, Trump lui donne raison. En invoquant la doctrine Monroe, en intervenant au Venezuela, il valide le concept de sphères d’influence. Il dit : oui, les grandes puissances ont le droit de dominer leur voisinage. Et ça, c’est exactement ce que Poutine voulait entendre.
Le piège pour l’Ukraine
Pour l’Ukraine, les implications sont terrifiantes. Si le monde accepte que les grandes puissances ont des sphères d’influence, alors l’Ukraine tombe automatiquement dans la sphère russe. Géographiquement. Historiquement. Culturellement — selon la vision de Moscou. Les alliés de Kiev ont toujours rejeté cette logique. Ils ont dit : l’Ukraine est un pays souverain. Elle a le droit de choisir ses alliances. De rejoindre l’OTAN si elle le veut. De s’intégrer à l’Union européenne. La Russie n’a pas son mot à dire. Mais maintenant ? Comment défendre cette position quand les États-Unis viennent de faire exactement la même chose au Venezuela ? Comment condamner l’invasion russe de l’Ukraine comme « illégitime » quand Washington vient de « décapiter le gouvernement d’un autre pays », comme le dit Fiona Hill ?
C’est le piège. Trump a donné à Poutine l’argument parfait. Moscou peut maintenant dire : vous voyez ? Les Américains font exactement ce qu’on fait. Ils interviennent dans leur sphère d’influence. Ils renversent des gouvernements. Ils s’approprient des ressources. Alors pourquoi on ne pourrait pas faire pareil en Ukraine ? C’est de l’hypocrisie pure. Mais c’est efficace. Parce que c’est vrai. Les États-Unis viennent de violer tous les principes qu’ils prétendaient défendre. La souveraineté nationale. Le droit international. La non-intervention. Et en le faisant, ils ont affaibli leur propre position morale. Ils ont rendu plus difficile la défense de l’Ukraine. Ils ont donné des munitions à Poutine.
C’est ça qui me tue dans cette histoire. Trump ne se rend même pas compte — ou pire, il s’en fiche — qu’il est en train de saborder l’Ukraine. Chaque fois qu’il invoque la doctrine Monroe, chaque fois qu’il parle de « notre arrière-cour », chaque fois qu’il justifie l’intervention au Venezuela, il donne raison à Poutine. Il valide la logique des sphères d’influence. Et l’Ukraine en paie le prix. Parce que si le Venezuela est l’arrière-cour américaine, alors l’Ukraine est l’arrière-cour russe. C’est logique. C’est cohérent. C’est horrible. Mais c’est la conséquence directe des actions de Trump.
Les alliés de l'Ukraine dans l'embarras
Comment défendre Kiev maintenant ?
Les alliés européens de l’Ukraine sont dans une position impossible. Pendant des années, ils ont condamné l’invasion russe. Ils ont dit que c’était une violation du droit international. Que la souveraineté ukrainienne devait être respectée. Que les frontières ne pouvaient pas être changées par la force. Ils ont imposé des sanctions à la Russie. Fourni des armes à l’Ukraine. Accueilli des millions de réfugiés. Tout ça au nom de principes : le droit international, la souveraineté, l’ordre basé sur des règles. Mais maintenant ? Comment défendre ces principes quand leur principal allié, les États-Unis, vient de les violer au Venezuela ?
L’Union européenne est silencieuse. Embarrassée. Quelques déclarations timides appelant au « respect du droit international ». Mais rien de substantiel. Parce qu’ils ne peuvent pas condamner Trump trop fort — ils ont besoin de lui pour l’Ukraine. Ils ne peuvent pas rompre avec Washington. Alors ils font profil bas. Ils espèrent que ça passe. Mais ça ne passera pas. Parce que Moscou va utiliser ça. À chaque réunion internationale, à chaque négociation, à chaque discussion sur l’Ukraine, les Russes vont brandir l’exemple du Venezuela. « Vous voyez ? Les Américains font pareil. Alors pourquoi nous condamner ? » Et les Européens n’auront pas de réponse. Parce qu’il n’y en a pas. Parce que c’est vrai.
Le Royaume-Uni et la France tentent de sauver les meubles
Face à ce désastre diplomatique, le Royaume-Uni et la France tentent de maintenir le soutien à l’Ukraine. Londres annonce 270 millions de dollars pour une future force de maintien de la paix. Paris multiplie les déclarations de soutien à Kiev. Mais c’est insuffisant. Parce que sans les États-Unis, l’Europe ne peut pas protéger l’Ukraine. Elle n’a pas les moyens militaires. Elle n’a pas la volonté politique. Elle n’a pas l’unité nécessaire. Et Trump le sait. Il sait qu’il tient l’Europe. Qu’elle dépend de lui. Qu’elle ne peut pas s’opposer à lui. Alors il fait ce qu’il veut. Au Venezuela. Et bientôt, peut-être, en Ukraine.
Le ministre britannique de la Défense, John Healey, tente de rassurer. « Une Ukraine sécurisée signifie un Royaume-Uni sécurisé », dit-il. Mais ses mots sonnent creux. Parce que la sécurité de l’Ukraine dépend du soutien américain. Et ce soutien est maintenant conditionnel. Trump a montré qu’il était prêt à sacrifier des alliés pour des deals. Qu’il était prêt à violer le droit international quand ça l’arrangeait. Qu’il était prêt à négocier avec Poutine. Et l’Ukraine ? L’Ukraine est sur la table. Comme le Venezuela l’était en 2019. Comme un pion qu’on peut échanger. Comme une monnaie de négociation.
Je pense aux Ukrainiens qui lisent ces nouvelles. Qui voient Trump capturer Maduro. Qui entendent parler de ce deal de 2019. Qui comprennent que leur pays pourrait être la prochaine monnaie d’échange. Qu’est-ce qu’ils ressentent ? La peur ? La colère ? Le désespoir ? Ils se battent depuis bientôt quatre ans. Ils ont perdu des centaines de milliers de soldats. Des millions de civils ont fui. Des villes entières ont été détruites. Et pour quoi ? Pour découvrir que leur principal allié est prêt à les abandonner pour un deal avec Poutine ? C’est insupportable. C’est révoltant. Et c’est exactement ce qui est en train de se passer.
Poutine : le grand gagnant ?
Perdre le Venezuela pour gagner l’Ukraine
Si on regarde froidement la situation, Poutine est en train de gagner. Il perd le Venezuela, certes. Mais qu’est-ce que le Venezuela pour la Russie ? Un allié lointain. Coûteux. Difficile à soutenir. Une source de prestige, peut-être, mais pas d’intérêt stratégique vital. L’Ukraine, par contre ? C’est tout. C’est le cœur de la vision impériale de Poutine. C’est la clé de sa « sphère d’influence » en Europe de l’Est. C’est ce pour quoi il a lancé une guerre totale. Si Poutine peut obtenir carte blanche en Ukraine en échange du Venezuela, c’est une victoire écrasante. Un deal extraordinaire. Il sacrifie un pion mineur pour gagner la partie.
Et les signes sont là. La Russie n’a pas protesté vigoureusement contre l’opération américaine au Venezuela. Elle n’a pas fourni de soutien militaire à Maduro. Elle n’a pas menacé de représailles. C’est comme si Moscou avait déjà accepté la perte. Comme si c’était prévu. Comme si le deal était déjà conclu. Les analystes notent que Poutine pourrait même tirer des bénéfices de l’intervention américaine. Premièrement, ça lui donne un argument de propagande parfait : « Vous voyez ? Les Américains violent le droit international aussi. » Deuxièmement, ça affaiblit la position morale de l’Occident. Troisièmement, ça crée des divisions entre les États-Unis et l’Europe. Et quatrièmement — et c’est le plus important — ça pourrait lui donner les mains libres en Ukraine.
La validation du concept de sphères d’influence
Ce que Poutine voulait depuis le début, c’est la reconnaissance par l’Occident que la Russie a une sphère d’influence légitime. Que l’Ukraine, la Biélorussie, la Géorgie, les pays baltes — tous ces anciens territoires soviétiques — appartiennent naturellement à la sphère russe. Que Moscou a le droit d’y exercer une influence dominante. Que l’OTAN et l’Union européenne n’ont rien à y faire. Pendant des années, l’Occident a rejeté cette vision. Il a dit : non, ces pays sont souverains. Ils choisissent leurs alliances. Vous n’avez pas de droit de veto. Mais maintenant ? Trump vient de valider le concept de sphères d’influence. En invoquant la doctrine Monroe. En intervenant au Venezuela. En disant que l’Amérique latine est l’arrière-cour américaine.
C’est exactement ce que Poutine voulait. La validation. La légitimation. Le précédent. Maintenant, il peut dire : si les Américains ont leur arrière-cour, nous avons la nôtre. Si Washington peut intervenir au Venezuela, Moscou peut intervenir en Ukraine. C’est logique. C’est cohérent. C’est la même logique. Et c’est terrifiant. Parce que ça signifie un retour au monde d’avant 1945. Au monde des empires. Des zones d’influence. Du partage du monde entre grandes puissances. Un monde où les petits pays n’ont pas leur mot à dire. Où leur souveraineté est une fiction. Où ils sont des pions sur un échiquier géopolitique. Et c’est exactement le monde que Poutine veut recréer.
Poutine doit jubiler. Vraiment. Il a joué Trump comme un violon. Il a proposé le deal en 2019. Trump a refusé à l’époque. Mais Poutine a attendu. Il a été patient. Il savait que Trump reviendrait. Et maintenant, Trump fait exactement ce que Poutine voulait. Il intervient au Venezuela. Il invoque la doctrine Monroe. Il valide les sphères d’influence. Et Poutine n’a même pas eu à demander. Trump le fait tout seul. Par ego. Par ignorance. Par transactionnalisme. Peu importe. Le résultat est le même. Poutine gagne. L’Ukraine perd. Et le monde devient un endroit plus dangereux.
Les implications pour l'ordre mondial
La fin de l’ordre basé sur des règles
Depuis 1945, l’ordre international repose sur un principe : les frontières ne peuvent pas être changées par la force. Les pays ne peuvent pas envahir leurs voisins. La souveraineté nationale doit être respectée. C’est la base de la Charte des Nations Unies. C’est ce qui a empêché une troisième guerre mondiale. C’est ce qui a permis aux petits pays de survivre face aux grandes puissances. Mais cet ordre est en train de s’effondrer. La Russie l’a violé en envahissant l’Ukraine. Et maintenant, les États-Unis le violent en intervenant au Venezuela. Si les deux plus grandes puissances militaires du monde rejettent cet ordre, alors il n’existe plus. C’est fini.
Ce qui le remplace ? Un monde de realpolitik. Un monde où la force fait le droit. Où les grandes puissances font ce qu’elles veulent. Où les petits pays sont à leur merci. Un monde de sphères d’influence. De zones de domination. De deals entre grandes puissances. C’est le monde du XIXe siècle. Le monde d’avant les deux guerres mondiales. Le monde qui a mené à ces guerres. Et on y retourne. Parce que Trump et Poutine ont décidé que c’était mieux ainsi. Que l’ordre basé sur des règles était une contrainte inutile. Que les grandes puissances devaient être libres d’agir comme elles l’entendent. Et le reste du monde ? Le reste du monde n’a qu’à s’adapter.
La Chine observe et apprend
Il y a un autre acteur qui observe tout ça avec beaucoup d’attention : la Chine. Pékin a toujours considéré Taïwan comme faisant partie de sa sphère d’influence. Comme un territoire qui lui appartient légitimement. Mais jusqu’à présent, la Chine hésitait à agir. Parce qu’elle savait que l’Occident réagirait. Que les États-Unis défendraient Taïwan. Que ça pourrait mener à une guerre. Mais maintenant ? Maintenant, la Chine voit Trump intervenir au Venezuela. Elle voit Poutine envahir l’Ukraine sans conséquences décisives. Elle voit l’ordre international s’effondrer. Et elle se dit : pourquoi pas nous ? Si les Américains peuvent prendre le Venezuela, pourquoi on ne pourrait pas prendre Taïwan ? Si les Russes peuvent envahir l’Ukraine, pourquoi on ne pourrait pas faire pareil ?
Le précédent vénézuélien est dangereux. Pas seulement pour l’Ukraine. Mais pour tous les petits pays qui vivent à l’ombre d’une grande puissance. Taïwan. Les pays baltes. La Moldavie. La Géorgie. Les Philippines. Le Vietnam. Tous ces pays qui comptaient sur l’ordre international pour les protéger. Sur le principe que les frontières ne peuvent pas être changées par la force. Mais si ce principe n’existe plus ? S’ils sont livrés à eux-mêmes ? Alors ils sont en danger. Parce que leurs voisins puissants n’hésiteront pas. Ils interviendront. Ils envahiront. Ils prendront. Et ils diront : c’est notre sphère d’influence. C’est notre droit. Regardez ce que les Américains ont fait au Venezuela. Regardez ce que les Russes ont fait en Ukraine. On fait pareil.
Je regarde cette situation et je vois l’avenir. Un avenir sombre. Un avenir où les grandes puissances se partagent le monde. Où les petits pays n’ont pas leur mot à dire. Où la force fait le droit. Où les alliances ne comptent plus. Où les principes sont jetés aux oubliettes. C’est ça, le monde que Trump et Poutine sont en train de créer. Un monde du XIXe siècle. Un monde d’empires. Un monde dangereux. Et on laisse faire. Parce qu’on est fatigués. Parce qu’on est divisés. Parce qu’on n’a plus la volonté de défendre l’ordre international. Alors il s’effondre. Sous nos yeux. Et on ne fait rien.
L'Ukraine : la prochaine victime ?
Les signaux inquiétants de Washington
Depuis le retour de Trump au pouvoir, les signaux envoyés à l’Ukraine sont de plus en plus inquiétants. Trump a dit qu’il voulait « régler » la guerre en Ukraine rapidement. Il a rencontré Poutine à Anchorage en août 2025. Il a parlé de « négociations ». De « compromis ». De « réalisme ». Tout ça sonne comme un abandon déguisé. Comme une préparation à lâcher Kiev. Et maintenant, avec l’opération au Venezuela et les révélations sur le deal de 2019, les pièces du puzzle s’assemblent. Trump est en train de faire exactement ce que Poutine voulait. Il prend le Venezuela. Et en échange ? Il laisse Poutine prendre l’Ukraine. Ou du moins, il ne l’en empêche pas.
Les Ukrainiens le sentent. Ils voient les livraisons d’armes américaines ralentir. Ils voient Trump parler de « paix » sans parler de victoire ukrainienne. Ils voient Washington se rapprocher de Moscou. Et ils comprennent. Ils comprennent qu’ils sont en train d’être abandonnés. Que leur allié principal est en train de les lâcher. Que le deal de 2019 est peut-être en train de se concrétiser. Et ils n’ont aucun moyen de l’empêcher. Parce qu’ils dépendent des États-Unis. Pour les armes. Pour l’argent. Pour le soutien diplomatique. Sans Washington, l’Ukraine ne peut pas gagner. Et Trump le sait. Il tient l’Ukraine. Et il peut en faire ce qu’il veut.
Le scénario cauchemar
Voici le scénario cauchemar. Trump et Poutine se rencontrent. Ils négocient. Trump dit : vous pouvez garder ce que vous avez pris en Ukraine. Les territoires occupés. La Crimée. Le Donbass. Peut-être même plus. En échange, vous reconnaissez notre domination sur le Venezuela. Vous arrêtez de soutenir nos ennemis en Amérique latine. Vous nous laissez tranquilles dans notre arrière-cour. Et on vous laisse tranquilles dans la vôtre. Un deal. Propre. Net. Deux sphères d’influence. Deux empires. Un monde partagé. Et l’Ukraine ? L’Ukraine est sacrifiée. Livrée à la Russie. Abandonnée par l’Occident. Trahie par son principal allié.
Ce scénario n’est plus de la science-fiction. Il devient de plus en plus plausible. Parce que tous les éléments sont en place. Trump a montré qu’il était prêt à violer le droit international. Poutine a montré qu’il était prêt à attendre et à négocier. Les Européens ont montré qu’ils ne pouvaient pas s’opposer à Washington. Et l’Ukraine ? L’Ukraine est épuisée. Après bientôt quatre ans de guerre, elle a besoin de soutien. Elle a besoin d’armes. Elle a besoin d’argent. Elle a besoin d’alliés. Et si ces alliés la lâchent ? Elle n’a pas le choix. Elle doit accepter. Accepter un deal qui la sacrifie. Accepter de perdre des territoires. Accepter de vivre sous la menace russe. Parce que l’alternative — continuer la guerre sans soutien — est pire.
L’Ukraine va être sacrifiée. Je le sens. Je le vois venir. Tous les signaux sont là. Trump qui négocie avec Poutine. Le Venezuela qui tombe. Les révélations sur le deal de 2019. Le silence de Moscou. Tout pointe dans la même direction. L’Ukraine va être la monnaie d’échange. Le prix à payer pour la paix entre Trump et Poutine. Et ça me révolte. Parce que les Ukrainiens se battent. Ils meurent. Ils résistent. Ils croient en l’Occident. Ils croient que nous les soutiendrons. Et nous allons les trahir. Nous allons les abandonner. Pour un deal. Pour un arrangement entre grandes puissances. Et ils n’auront rien pu faire pour l’empêcher.
Conclusion : le retour des empires
Un monde plus dangereux
Ce qui se passe sous nos yeux, c’est un changement fondamental de l’ordre mondial. Le passage d’un système basé sur des règles à un système basé sur la force. Le retour des sphères d’influence. Le retour des empires. Trump et Poutine sont en train de redessiner le monde. Pas selon des principes. Pas selon le droit international. Mais selon leurs intérêts. Selon leur vision. Selon leur pouvoir. Et le reste du monde ? Le reste du monde doit s’adapter. Ou résister. Mais résister devient de plus en plus difficile quand les deux plus grandes puissances militaires sont d’accord pour changer les règles.
Le Venezuela n’est que le début. L’Ukraine suivra peut-être. Puis Taïwan. Puis d’autres. Parce que le précédent est établi. Parce que les grandes puissances ont compris qu’elles peuvent agir sans conséquences réelles. Que l’ordre international est une fiction. Que la force fait le droit. Et une fois qu’on accepte ça, il n’y a plus de limites. Plus de règles. Plus de principes. Juste le pouvoir. Juste la force. Juste les deals entre grandes puissances. Et les petits pays ? Les petits pays sont des pions. Des monnaies d’échange. Des sacrifices nécessaires pour maintenir la paix entre les grands. C’est brutal. C’est cynique. Mais c’est la réalité du monde que Trump et Poutine sont en train de créer.
Le choix qui nous reste
Mais il reste un choix. Nous pouvons accepter ce monde. Ou nous pouvons le rejeter. Nous pouvons laisser Trump et Poutine redessiner les frontières. Ou nous pouvons dire non. Nous pouvons abandonner l’Ukraine. Ou nous pouvons la soutenir jusqu’au bout. Nous pouvons accepter le retour des sphères d’influence. Ou nous pouvons défendre la souveraineté de tous les pays, grands et petits. C’est un choix. Un choix difficile. Un choix coûteux. Mais c’est un choix. Et nous devons le faire. Maintenant. Avant qu’il ne soit trop tard. Avant que le monde ne bascule définitivement dans ce nouveau système. Dans ce monde d’empires. Dans ce monde de force.
Le Venezuela contre l’Ukraine. Deux pays. Des millions de vies. Réduits à une transaction. À un deal entre deux hommes. Trump et Poutine. Deux autocrates qui se partagent le monde comme on partage un gâteau. Et nous ? Nous regardons. Nous protestons mollement. Nous espérons que ça va s’arranger. Mais ça ne s’arrangera pas. Parce que personne ne les arrête. Parce que personne n’a le courage de dire non. Parce que nous sommes fatigués. Divisés. Affaiblis. Alors ils continuent. Ils prennent. Ils échangent. Ils négocient. Et le monde devient plus petit. Plus dangereux. Plus brutal. Et un jour, on se réveillera et on réalisera qu’on a perdu. Qu’on a laissé l’ordre international s’effondrer. Qu’on a abandonné nos principes. Qu’on a trahi nos alliés. Et il sera trop tard. Parce que le monde des empires sera de retour. Et cette fois, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. On savait. On a juste choisi de ne rien faire.
Sources
Sources primaires
Associated Press via Yahoo News – « Trump’s former Russia adviser says Russia offered US free rein in Venezuela in exchange for Ukraine » – 6 janvier 2026, 21:50 UTC – https://www.yahoo.com/news/articles/trumps-former-russia-adviser-says-215059871.html
Témoignage de Fiona Hill au Congrès américain – Novembre 2019 – Procédure de destitution de Donald Trump
Sources secondaires
The Kyiv Independent – « Russia offered to ‘swap’ Venezuela for Ukraine in 2019, Trump adviser testimony claims » – 7 janvier 2026, 5:48 am – https://kyivindependent.com/russia-offered-to-swap-venezuela-for-ukraine-in-2019-trump-adviser-testimony-claims/
Déclarations de Fiona Hill à l’Associated Press – Janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.