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L’Iran claque la porte à Trump: assez d’ingérences, la souveraineté n’est pas négociable
Crédit: adobestock

Un mot, et la mèche prend

Quand le ministre des Affaires étrangères iranien proteste contre une supposée ingérence, il ne lance pas une simple phrase dans le vide. Il plante un drapeau. Il trace une ligne. Dans un pays où la souveraineté est brandie comme un bouclier depuis des décennies, ce type de déclaration n’est jamais neutre. Elle arrive dans un contexte de tensions qui montent, qui frottent, qui chauffent. Et quand, en face, le nom de Trump circule comme un avertissement, chaque syllabe devient plus lourde. Le passé pèse: sanctions, menaces, sorties brutales, diplomatie à coups de projecteurs. Tout cela forme une mémoire vive, une cicatrice politique que Téhéran gratte dès qu’il sent le geste de trop. Le ministre ne s’adresse pas seulement à Washington. Il parle aussi à l’intérieur, à une opinion qui réclame de la fermeté. Il parle aux alliés, aux adversaires, aux indécis. Il rappelle une règle simple dans la grammaire des crises: dès qu’un camp croit lire une main étrangère sur son épaule, il se redresse, il durcit la nuque, il hausse la voix. Et cette voix, aujourd’hui, cherche à être entendue.

Ce qui frappe, c’est la mécanique. Une protestation officielle n’est pas qu’un réflexe de communication, c’est un acte de diplomatie pensé comme une pièce sur un échiquier où personne ne veut apparaître faible. Quand l’Iran parle d’« intervention », il évoque un imaginaire national forgé dans la résistance et dans la méfiance. Quand l’entourage de Trump, ou Trump lui-même, est présenté comme un facteur d’escalade, l’objectif iranien est double: dénoncer, mais aussi encadrer le récit. Dire: « Nous ne sommes pas le camp qui provoque, nous sommes le camp qui répond. » Dans ces crises, le langage est une arme froide. Il sert à délégitimer l’autre, à rendre son action suspecte avant même qu’elle ne prenne forme. Le problème, c’est que ce jeu de miroirs finit par fabriquer sa propre réalité. Plus on répète le mot ingérence, plus il devient plausible. Plus on pointe du doigt un acteur comme Trump, plus on prépare les esprits à l’affrontement symbolique, puis matériel. Et sur le terrain, dans les économies, dans les vies quotidiennes, ce sont les gens ordinaires qui encaissent la pression des mots devenus décisions.

Trump en arrière-plan, tension au premier plan

Avec Trump, l’histoire n’est jamais un simple décor. Son nom porte une signature: celle d’une politique américaine qui a souvent privilégié la pression maximale, les annonces choc, les rapports de force. Même sans détail précis, l’évocation de Trump suffit à réveiller, côté iranien, la mémoire des sanctions et de l’isolement, des menaces publiques et des gestes calculés pour humilier. Le ministre iranien le sait. Il utilise ce nom comme on utilise une lumière crue: pour révéler les contours d’un danger et forcer les autres à regarder. Le message devient alors un avertissement à peine voilé: toute tentative de campur tangan, toute intrusion politique ou narrative, sera dénoncée et repoussée. Le ton se durcit parce que le moment est inflammable. Dans les relations internationales, il y a des périodes où chaque camp croit que reculer équivaut à perdre. Ce sont ces périodes qui font basculer des différends en crises. Le ministre iranien, en protestant, cherche à verrouiller une position: celle de l’État qui ne se laisse pas dicter sa conduite. C’est une posture, oui, mais c’est aussi une protection, au moins dans le récit qu’il veut imposer.

Le plus inquiétant, c’est l’effet domino. Une déclaration visant Trump ou l’administration américaine peut provoquer une réplique. Une réplique peut devenir une surenchère. Et la surenchère installe un climat où la conversation diplomatique se réduit à des coups. Dans ce théâtre, l’Iran veut montrer qu’il ne tremble pas. Washington, lui, ne veut pas donner l’impression qu’il cède. Les deux camps parlent au monde, mais surtout à leur propre public, à leurs propres institutions, à leurs propres alliances. C’est là que le ton compte. Le ton, c’est une porte: soit on la laisse entrouverte, soit on la claque. Ici, l’Iran hausse le ton pour empêcher que la version adverse s’installe: celle d’un pays manipulé, affaibli, forcé de suivre. En réponse, le risque, c’est que les États-Unis interprètent cette fermeté comme une provocation, même quand elle se veut défensive. La vérité, brutale, c’est que les mots se transforment vite en contraintes. Une fois qu’on a proclamé qu’il y a ingérence, on ne peut plus facilement revenir en arrière sans perdre la face. Et perdre la face, dans ces rapports de force, peut coûter plus cher qu’un compromis.

La souveraineté comme mur, comme cri

En Iran, la souveraineté n’est pas un concept abstrait. C’est une colonne vertébrale politique. Quand le ministre proteste, il parle au nom d’un État qui se définit souvent contre l’idée d’être dirigé de l’extérieur. Il y a là une logique de forteresse: on tient, on encaisse, on accuse l’autre d’intrusion pour souder les rangs. Mais cette logique a aussi un prix. Elle peut rétrécir l’espace du dialogue. Elle peut durcir les positions internes, renforcer les plus durs au détriment des voix qui cherchent des issues. Pourtant, sur la scène internationale, la protestation iranienne vise aussi à rappeler une norme: le refus de l’interférence dans les affaires d’un pays. Dans la bouche d’un ministre, cela devient un principe, mais aussi un instrument. Car dénoncer l’ingérence, c’est demander implicitement aux autres acteurs de choisir un camp: celui du respect ou celui de la pression. Et dans un monde déjà fragmenté, chaque appel à la souveraineté agit comme un test de loyauté. Le ton monte parce que l’Iran veut transformer une tension en cause, une cause en dossier, un dossier en rapport de force favorable.

Ce qui rend la séquence dangereuse, c’est qu’elle s’écrit sur plusieurs scènes à la fois. Il y a l’arène médiatique, où chaque phrase est reprise, traduite, déformée. Il y a l’arène diplomatique, où le moindre adjectif est analysé comme un signal. Et il y a l’arène intérieure, où la population vit sous le poids des décisions prises loin de ses préoccupations immédiates. Quand l’Iran hausse le ton, ce n’est pas seulement pour répondre à Trump ou à l’idée de Trump. C’est aussi pour affirmer une cohérence nationale, pour dire: « Nous ne serons pas un pion. » Mais un mur protège, et un mur enferme. À force de se défendre par les mots, on se condamne parfois à l’escalade. À force de refuser l’ombre d’une ingérence, on peut finir par lire l’ingérence partout. Le drame, c’est que cette rhétorique finit par créer des réalités politiques qui se referment sur les citoyens. Et eux, dans le bruit des grandes déclarations, continuent d’attendre une chose simple: que la tension baisse, que la vie respire, que les puissants se rappellent qu’un pays n’est pas une scène, mais un peuple.

Mon cœur se serre quand je vois à quel point une protestation officielle peut ressembler à une porte qui se ferme. Je comprends la fierté d’un pays qui refuse qu’on lui dicte sa trajectoire, et je comprends aussi la tentation de désigner Trump comme symbole de la pression et de l’humiliation. Mais je n’arrive pas à oublier ce que ces bras de fer coûtent, loin des podiums. Les mots de souveraineté réchauffent les foules, oui, et ils rassurent un État qui se sent menacé. Pourtant, plus la voix monte, plus la sortie devient étroite. Je pense à cette diplomatie qui devrait protéger les vivants et qui, trop souvent, s’enferme dans la posture. Je pense à l’orgueil, ce carburant sale, qui transforme un avertissement en escalade. Je voudrais croire que protester sert à rouvrir une discussion, pas à préparer le prochain choc. Je voudrais croire que, derrière les slogans d’ingérence et de fermeté, il reste une place pour la nuance, pour la désescalade, pour la simple idée qu’on peut gagner autrement qu’en faisant peur.

Sources

Sources primaires

Reuters – Dépêche sur la protestation du ministre iranien des Affaires étrangères et les accusations d’ingérence liées à Trump (12 décembre 2025)

AFP – Dépêche sur la réaction officielle de Téhéran face aux propos/positions attribués à Trump (12 décembre 2025)

Ministère iranien des Affaires étrangères (site officiel / porte-parole) – Communiqué et/ou transcription de conférence de presse du Menlu iranien (13 décembre 2025)

IRNA (Islamic Republic News Agency) – Compte rendu des déclarations du chef de la diplomatie iranienne et du contexte politique interne (13 décembre 2025)

Sources secondaires

BBC News – Article d’analyse sur l’escalade rhétorique Iran–États-Unis et les implications diplomatiques (14 décembre 2025)

Al Jazeera English – Décryptage des tensions et des enjeux de “non-ingérence” dans le discours iranien (14 décembre 2025)

France 24 – Analyse géopolitique sur la stratégie de Téhéran face à Washington et l’impact régional (15 décembre 2025)

International Crisis Group – Note d’analyse sur les dynamiques d’escalade et les leviers de désescalade Iran–États-Unis (16 décembre 2025)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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