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Trump dégaine une taxe de 25 % : faire affaire avec l’Iran devient un acte puni
Crédit: Custom

Un tarif comme un coup de massue

Quand Donald Trump brandit une menace de taxe à 25 % contre les pays qui continuent de faire des affaires avec l’Iran, il ne parle pas seulement de commerce. Il parle de rapport de force. Il parle de punition. Le message est simple, brutal, presque enfantin dans sa formulation, mais terriblement adulte dans ses conséquences: « choisissez votre camp ». Ce n’est pas une négociation, c’est un ultimatum. Et dans un monde où la chaîne d’approvisionnement traverse les continents, où une cargaison de pétrole, un contrat d’assurance maritime, une opération bancaire, peuvent impliquer dix juridictions, cette menace se diffuse comme une onde de choc. Elle ne vise pas uniquement Téhéran; elle vise tous ceux qui refusent de couper le fil, même s’il est mince, même s’il est légal, même s’il est vital.

Ce type d’arme économique fonctionne parce qu’il s’appuie sur une réalité: l’attrait du marché américain et la puissance de ses leviers financiers. Ce n’est pas une théorie. Les sanctions et mesures extraterritoriales américaines ont déjà, par le passé, poussé des entreprises étrangères à se retirer d’Iran, non pas toujours par conviction, mais par peur d’être exclues des circuits dominants, d’être pénalisées, de voir leurs transactions devenir toxiques. Ce qui change ici, c’est la mise en scène d’un chiffre net, un pourcentage qui claque, qui se retient, qui se répète dans les salles de marché et les cabinets ministériels. La menace agit comme un projecteur: elle éclaire un fait dérangeant, celui d’un commerce mondial où la souveraineté se heurte souvent à la dépendance, et où l’économie devient une langue de commandement.

La peur s’installe dans les capitales

Dans les capitales étrangères, ce n’est pas le bruit d’un canon qu’on entend, c’est le froissement des dossiers qu’on rouvre en urgence. Que signifie « faire des affaires » avec l’Iran quand une entreprise achète une matière première à un intermédiaire, quand une banque confirme une lettre de crédit, quand un armateur transporte un produit dont la traçabilité se complique en mer? La menace de Trump ne vient pas avec une définition claire, et c’est précisément ce flou qui mord. L’incertitude est une sanction en soi. Elle pousse les juristes à surinterpréter, les dirigeants à se protéger, les gouvernements à calculer. Elle installe la prudence comme réflexe, la coupure comme option par défaut, même quand la réalité est plus nuancée.

Ce chantage tarifaire ne frappe pas tout le monde de la même façon. Les États aux économies fragiles redoutent l’effet domino: moins d’accès au marché, moins d’investissements, plus de tensions internes. Les pays qui importent de l’énergie regardent l’Iran comme une pièce du puzzle, parfois indispensable, et ils savent qu’un retrait précipité peut renchérir des coûts, alimenter l’inflation, aggraver la colère sociale. Les partenaires traditionnels de Washington, eux, se retrouvent face à un dilemme politique: suivre une ligne dure au nom d’une alliance, ou défendre leur autonomie économique au nom d’un intérêt national. Dans cette zone grise, la menace de 25 % devient une machine à diviser. Elle teste les fidélités. Elle creuse les failles. Et elle rappelle, sans détour, que la mondialisation n’a jamais été un espace neutre; c’est un terrain où le plus fort impose souvent les règles du jeu.

Quand l’économie remplace la diplomatie

Le cœur du problème, ce n’est pas seulement le montant annoncé. C’est la logique. Utiliser une taxe comme instrument de contrainte géopolitique, c’est déplacer la discussion de la table diplomatique vers la caisse enregistreuse. On ne cherche plus d’abord un compromis, on cherche un effet de dissuasion. Cette méthode a un avantage pour celui qui la brandit: elle est spectaculaire, immédiatement compréhensible, et elle donne l’impression d’agir vite. Mais elle a aussi un prix: elle érode la confiance. Car si l’on peut menacer aujourd’hui ceux qui commercent avec l’Iran, on peut demain menacer ceux qui commercent avec un autre adversaire, ou même avec un allié jugé trop indépendant. La politique étrangère devient un menu de pénalités, et chaque pays se demande quand son nom sera écrit sur l’addition.

Et l’Iran, au milieu, devient à la fois cible et prétexte. Cible, parce que l’objectif affiché reste de réduire ses revenus et sa marge de manœuvre. Prétexte, parce que le geste montre une manière de gouverner le monde: par la pression, par l’extraterritorialité, par le signal envoyé à ceux qui hésitent. Mais à force de transformer l’économie en champ de bataille, on banalise une violence plus silencieuse. Elle ne laisse pas de ruines visibles, mais elle peut fermer des usines, faire monter les prix, provoquer des ruptures d’approvisionnement, et faire payer des populations qui n’ont rien décidé. Dans ce jeu, les dirigeants parlent en slogans, et ce sont les sociétés qui encaissent. Le commerce n’est plus un pont; il devient une frontière. Et la frontière, par définition, finit toujours par blesser quelqu’un.

Mon cœur se serre quand je vois à quel point un simple pourcentage peut devenir une menace existentielle. 25 %, c’est une formule froide, presque propre, comme un chiffre écrit au tableau. Mais derrière, je sens la chaleur des vies qui se contractent, la peur qui se propage dans les bureaux, les ateliers, les ports, les ministères. On nous parle de stratégie, de fermeté, de morale géopolitique. Pourtant, ce que j’entends surtout, c’est la musique du chantage: « obéis, ou paie ». Et cette musique-là n’élève personne. Elle humilie. Elle force. Elle installe l’idée que la puissance donne tous les droits, même celui d’étrangler à distance.

Sources

Sources primaires

Reuters – Dépêche sur la menace de taxe de 25 % visant les pays commerçant avec l’Iran (12 décembre 2025)

AFP – Dépêche sur les réactions internationales à la menace de sanctions/tarifs liée à l’Iran (12 décembre 2025)

Maison-Blanche (The White House) – Déclaration/briefing sur la politique américaine vis-à-vis de l’Iran et des partenaires commerciaux (13 décembre 2025)

Ministère iranien des Affaires étrangères (Iran MFA) – Communiqué/réaction officielle à Téhéran sur la menace américaine (13 décembre 2025)

Sources secondaires

BBC News – Analyse des implications diplomatiques et économiques d’un tarif américain ciblant les partenaires de l’Iran (14 décembre 2025)

France 24 – Décryptage des effets possibles sur les sanctions, le commerce et les alliances au Moyen-Orient (14 décembre 2025)

The Economist – Analyse des conséquences sur les marchés de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement liées à l’Iran (15 décembre 2025)

International Crisis Group – Note d’analyse sur l’escalade de pression économique et ses impacts régionaux (16 décembre 2025)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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