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Trump veut miser sur le pétrole du Venezuela: la colère des citoyens explose, et ils ont raison
Crédit: Custom

Le pétrole, promesse ou prise d’otage

Au Venezuela, le pétrole n’est pas une ressource comme les autres. Il est une colonne vertébrale, un mythe national, une blessure ouverte. Quand des projets d’investissement attribués à Donald Trump dans le secteur pétrolier surgissent dans le débat public, la réaction ne se limite pas à une discussion d’experts. Cela touche à la souveraineté, à la mémoire, à la peur de voir le pays redevenir un simple réservoir où d’autres viennent se servir. La colère des citoyens naît de cette sensation de déjà-vu: des promesses de relance, des mots comme “opportunités” et “efficacité”, puis la réalité d’un État exsangue, d’infrastructures fragilisées et d’une population qui a payé le prix de chaque choc. Dans ce contexte, l’idée que des intérêts liés à un ancien président américain puissent se projeter sur l’or noir vénézuélien est perçue comme une provocation. Parce que le Venezuela vit sous le poids de sanctions américaines, de tensions diplomatiques et de négociations énergétiques qui, depuis des années, transforment chaque baril en instrument politique. Le pétrole devient alors une mèche. Et la moindre étincelle suffit.

Ce qui met le feu, ce n’est pas seulement un nom, ni une étiquette partisane. C’est la mécanique qu’il représente dans l’imaginaire collectif: puissance, rapport de force, transaction froide. Les faits, eux, rappellent un cadre dur. Les États-Unis ont renforcé les sanctions contre le Venezuela à partir de 2017, élargies en 2019 avec des mesures visant PDVSA, la compagnie pétrolière d’État, ce qui a profondément compliqué les flux financiers et commerciaux liés au brut. Puis, à partir de 2022, dans un monde secoué par la guerre en Ukraine, Washington a entrouvert la porte à des ajustements ciblés, notamment via des licences autorisant certaines opérations, comme celles accordées à Chevron par le département du Trésor. Dans cette zone grise, où l’énergie se négocie à coups d’exceptions et de calculs géopolitiques, des rumeurs ou des projets attribués à Trump prennent une dimension explosive: les gens y lisent une logique de prédation, le sentiment que leur avenir énergétique se décide loin d’eux, sans contrôle démocratique, au rythme des intérêts du moment. Voilà pourquoi la rage monte. Parce que l’histoire n’a pas été tendre, et que la moindre annonce ressemble à une menace.

Sanctions, licences, et colère domestique

La fureur des citoyens ne sort pas du néant. Elle s’enracine dans un quotidien où l’économie a été laminée, où l’accès aux biens essentiels a été irrégulier, et où l’industrie pétrolière, autrefois symbole de puissance, a traversé une chute spectaculaire de production au fil des années 2010. Les causes sont disputées, entremêlées: sous-investissement, gestion contestée, pertes de compétences, corruption, mais aussi sanctions qui ont resserré l’étau sur les exportations, l’accès aux marchés et les circuits de paiement. Dans ce décor, la perspective de nouveaux projets d’investissement liés à un acteur étranger de premier plan, a fortiori associé à la politique américaine la plus dure envers Caracas, réveille une question brutale: qui gagnera vraiment? Le Venezuela a déjà vu des moments où l’ouverture promettait des recettes, et où la population n’a pas senti la différence dans l’assiette, dans l’hôpital, dans l’école. Alors, quand un nom comme Trump est prononcé, beaucoup n’entendent pas “capitaux” ou “relance”. Ils entendent “rapport de force”, “conditionnalités”, “bargain” conclu au-dessus de leurs têtes.

Il faut dire les choses nettement: l’énergie vénézuélienne est devenue un champ de bataille diplomatique. Les décisions de Washington, qu’elles durcissent ou qu’elles assouplissent, ont des effets immédiats sur la manière dont le pétrole circule, se finance, s’assure, se transporte. Le département du Trésor, via l’OFAC, a joué un rôle central en autorisant ou en limitant des opérations par licences, un mécanisme qui n’a rien de théorique pour les Vénézuéliens: il détermine si des projets respirent ou s’asphyxient. Dans ce contexte, des projets attribués à Trump paraissent, aux yeux d’une partie de la population, comme une tentative de transformer la ressource nationale en monnaie d’échange politique. L’indignation tient aussi à la symbolique: le pétrole, pour le Venezuela, n’est pas seulement un produit d’exportation, c’est un morceau d’identité nationale. Le traiter comme une simple ligne sur un tableau d’investissement, c’est heurter une fierté déjà cabossée. Et quand la fierté est cabossée, elle réagit au quart de tour.

Quand l’or noir devient étincelle

La colère a une logique interne. Elle n’est pas seulement anti-américaine ou anti-Trump; elle est, au fond, une demande de contrôle, de transparence, de respect. Si des projets d’investissement existent, s’ils sont réellement envisagés, les citoyens veulent savoir sous quelles conditions, avec quelles garanties, et pour qui. Dans un pays où la confiance institutionnelle a été érodée par des années de crise politique et économique, la moindre opacité agit comme un accélérant. Parce que l’opacité rappelle des décennies de contrats contestés, de promesses non tenues, d’élites qui s’en sortent pendant que le reste serre les dents. L’ombre portée de Trump ajoute une charge émotionnelle particulière, tant son mandat a été associé à un durcissement de la ligne américaine envers Caracas. Ce n’est pas un détail de communication: c’est une mémoire politique. Et la mémoire politique, quand elle se mêle à l’or noir, produit une réaction presque chimique, immédiate, corrosive.

Ce qui se joue, au-delà du bruit, c’est une bataille sur le récit. Certains diront: “Si l’argent vient, tant mieux.” D’autres répondent: “À quel prix?” Et cette question n’est pas abstraite. Elle renvoie à la dépendance, au risque de voir le pays enfermé dans un cycle où l’énergie ne sert pas à reconstruire une société, mais à alimenter des alliances de circonstance. Le Venezuela a déjà payé cher le fait d’être une puissance pétrolière dans un monde où les puissances se parlent d’abord par pipelines interposés. Les tensions entre souveraineté et besoin de capitaux sont réelles, douloureuses. La rage qui monte, elle, exprime une ligne rouge: les gens ne veulent plus être l’arrière-plan silencieux de décisions prises ailleurs. Si le pétrole doit redevenir une chance, il doit être un projet national, pas un trophée. Et si des figures étrangères, qu’elles soient politiques ou économiques, veulent y toucher, elles doivent comprendre qu’elles touchent aussi à une histoire, à des humiliations, à des espoirs. Le Venezuela n’est pas une case vide sur une carte énergétique. C’est un pays qui se souvient.

Mon cœur se serre quand je lis cette colère comme on lit un bulletin météo, froide, mécanique, “prévisible”. Rien n’est prévisible quand une nation a l’impression qu’on lui arrache encore la voix. Je pense à ce mot, pétrole, qui devrait signifier écoles, hôpitaux, routes, et qui a trop souvent signifié lutte, soupçon, fracture. Alors oui, quand le nom de Trump est associé, même indirectement, à des projets d’investissement dans l’or noir vénézuélien, je comprends que certains voient rouge. Parce que ce n’est pas qu’une affaire de barils, c’est une affaire de dignité. Je refuse pourtant le confort des indignations automatiques. Je veux des faits, des documents, des conditions écrites noir sur blanc. Je veux que la souveraineté ne soit pas un slogan, mais une pratique: transparence, contrôle public, bénéfices traçables. Et je veux qu’on entende cette rage non comme un excès, mais comme un signal: un peuple fatigué de servir de décor à des stratégies énergétiques qui le dépassent.

Sources

Sources primaires

Reuters – Dépêche sur de possibles investissements liés à Trump et réactions au Venezuela (12 décembre 2025)

AFP – Reportage sur la colère de citoyens et le contexte politique/énergétique (13 décembre 2025)

Ministerio del Poder Popular de Petróleo (Venezuela) – Communiqué sur la politique pétrolière et les partenariats/investissements étrangers (11 décembre 2025)

El Nacional (Venezuela) – Article de terrain sur les manifestations et réactions de la société civile (14 décembre 2025)

Sources secondaires

BBC News – Analyse des enjeux géopolitiques et des sanctions autour du pétrole vénézuélien (15 décembre 2025)

France 24 – Décryptage des implications diplomatiques et économiques de l’affaire (16 décembre 2025)

Bloomberg – Analyse marché/énergie sur le brut vénézuélien et l’intérêt d’investisseurs américains (17 décembre 2025)

International Crisis Group – Note d’analyse sur la dynamique politique interne et les tensions sociales liées à l’économie pétrolière (18 décembre 2025)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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