Le pétrole, promesse ou prise d’otage
Au Venezuela, le pétrole n’est pas une ressource comme les autres. Il est une colonne vertébrale, un mythe national, une blessure ouverte. Quand des projets d’investissement attribués à Donald Trump dans le secteur pétrolier surgissent dans le débat public, la réaction ne se limite pas à une discussion d’experts. Cela touche à la souveraineté, à la mémoire, à la peur de voir le pays redevenir un simple réservoir où d’autres viennent se servir. La colère des citoyens naît de cette sensation de déjà-vu: des promesses de relance, des mots comme “opportunités” et “efficacité”, puis la réalité d’un État exsangue, d’infrastructures fragilisées et d’une population qui a payé le prix de chaque choc. Dans ce contexte, l’idée que des intérêts liés à un ancien président américain puissent se projeter sur l’or noir vénézuélien est perçue comme une provocation. Parce que le Venezuela vit sous le poids de sanctions américaines, de tensions diplomatiques et de négociations énergétiques qui, depuis des années, transforment chaque baril en instrument politique. Le pétrole devient alors une mèche. Et la moindre étincelle suffit.
Ce qui met le feu, ce n’est pas seulement un nom, ni une étiquette partisane. C’est la mécanique qu’il représente dans l’imaginaire collectif: puissance, rapport de force, transaction froide. Les faits, eux, rappellent un cadre dur. Les États-Unis ont renforcé les sanctions contre le Venezuela à partir de 2017, élargies en 2019 avec des mesures visant PDVSA, la compagnie pétrolière d’État, ce qui a profondément compliqué les flux financiers et commerciaux liés au brut. Puis, à partir de 2022, dans un monde secoué par la guerre en Ukraine, Washington a entrouvert la porte à des ajustements ciblés, notamment via des licences autorisant certaines opérations, comme celles accordées à Chevron par le département du Trésor. Dans cette zone grise, où l’énergie se négocie à coups d’exceptions et de calculs géopolitiques, des rumeurs ou des projets attribués à Trump prennent une dimension explosive: les gens y lisent une logique de prédation, le sentiment que leur avenir énergétique se décide loin d’eux, sans contrôle démocratique, au rythme des intérêts du moment. Voilà pourquoi la rage monte. Parce que l’histoire n’a pas été tendre, et que la moindre annonce ressemble à une menace.
Sanctions, licences, et colère domestique
La fureur des citoyens ne sort pas du néant. Elle s’enracine dans un quotidien où l’économie a été laminée, où l’accès aux biens essentiels a été irrégulier, et où l’industrie pétrolière, autrefois symbole de puissance, a traversé une chute spectaculaire de production au fil des années 2010. Les causes sont disputées, entremêlées: sous-investissement, gestion contestée, pertes de compétences, corruption, mais aussi sanctions qui ont resserré l’étau sur les exportations, l’accès aux marchés et les circuits de paiement. Dans ce décor, la perspective de nouveaux projets d’investissement liés à un acteur étranger de premier plan, a fortiori associé à la politique américaine la plus dure envers Caracas, réveille une question brutale: qui gagnera vraiment? Le Venezuela a déjà vu des moments où l’ouverture promettait des recettes, et où la population n’a pas senti la différence dans l’assiette, dans l’hôpital, dans l’école. Alors, quand un nom comme Trump est prononcé, beaucoup n’entendent pas “capitaux” ou “relance”. Ils entendent “rapport de force”, “conditionnalités”, “bargain” conclu au-dessus de leurs têtes.
Il faut dire les choses nettement: l’énergie vénézuélienne est devenue un champ de bataille diplomatique. Les décisions de Washington, qu’elles durcissent ou qu’elles assouplissent, ont des effets immédiats sur la manière dont le pétrole circule, se finance, s’assure, se transporte. Le département du Trésor, via l’OFAC, a joué un rôle central en autorisant ou en limitant des opérations par licences, un mécanisme qui n’a rien de théorique pour les Vénézuéliens: il détermine si des projets respirent ou s’asphyxient. Dans ce contexte, des projets attribués à Trump paraissent, aux yeux d’une partie de la population, comme une tentative de transformer la ressource nationale en monnaie d’échange politique. L’indignation tient aussi à la symbolique: le pétrole, pour le Venezuela, n’est pas seulement un produit d’exportation, c’est un morceau d’identité nationale. Le traiter comme une simple ligne sur un tableau d’investissement, c’est heurter une fierté déjà cabossée. Et quand la fierté est cabossée, elle réagit au quart de tour.
Quand l’or noir devient étincelle
La colère a une logique interne. Elle n’est pas seulement anti-américaine ou anti-Trump; elle est, au fond, une demande de contrôle, de transparence, de respect. Si des projets d’investissement existent, s’ils sont réellement envisagés, les citoyens veulent savoir sous quelles conditions, avec quelles garanties, et pour qui. Dans un pays où la confiance institutionnelle a été érodée par des années de crise politique et économique, la moindre opacité agit comme un accélérant. Parce que l’opacité rappelle des décennies de contrats contestés, de promesses non tenues, d’élites qui s’en sortent pendant que le reste serre les dents. L’ombre portée de Trump ajoute une charge émotionnelle particulière, tant son mandat a été associé à un durcissement de la ligne américaine envers Caracas. Ce n’est pas un détail de communication: c’est une mémoire politique. Et la mémoire politique, quand elle se mêle à l’or noir, produit une réaction presque chimique, immédiate, corrosive.
Ce qui se joue, au-delà du bruit, c’est une bataille sur le récit. Certains diront: “Si l’argent vient, tant mieux.” D’autres répondent: “À quel prix?” Et cette question n’est pas abstraite. Elle renvoie à la dépendance, au risque de voir le pays enfermé dans un cycle où l’énergie ne sert pas à reconstruire une société, mais à alimenter des alliances de circonstance. Le Venezuela a déjà payé cher le fait d’être une puissance pétrolière dans un monde où les puissances se parlent d’abord par pipelines interposés. Les tensions entre souveraineté et besoin de capitaux sont réelles, douloureuses. La rage qui monte, elle, exprime une ligne rouge: les gens ne veulent plus être l’arrière-plan silencieux de décisions prises ailleurs. Si le pétrole doit redevenir une chance, il doit être un projet national, pas un trophée. Et si des figures étrangères, qu’elles soient politiques ou économiques, veulent y toucher, elles doivent comprendre qu’elles touchent aussi à une histoire, à des humiliations, à des espoirs. Le Venezuela n’est pas une case vide sur une carte énergétique. C’est un pays qui se souvient.
Mon cœur se serre quand je lis cette colère comme on lit un bulletin météo, froide, mécanique, “prévisible”. Rien n’est prévisible quand une nation a l’impression qu’on lui arrache encore la voix. Je pense à ce mot, pétrole, qui devrait signifier écoles, hôpitaux, routes, et qui a trop souvent signifié lutte, soupçon, fracture. Alors oui, quand le nom de Trump est associé, même indirectement, à des projets d’investissement dans l’or noir vénézuélien, je comprends que certains voient rouge. Parce que ce n’est pas qu’une affaire de barils, c’est une affaire de dignité. Je refuse pourtant le confort des indignations automatiques. Je veux des faits, des documents, des conditions écrites noir sur blanc. Je veux que la souveraineté ne soit pas un slogan, mais une pratique: transparence, contrôle public, bénéfices traçables. Et je veux qu’on entende cette rage non comme un excès, mais comme un signal: un peuple fatigué de servir de décor à des stratégies énergétiques qui le dépassent.
Trump et le Venezuela: un deal qui incendie
Quand l’argent étranger touche le brut
Au Venezuela, le pétrole n’est pas qu’une ressource, c’est une cicatrice. Quand des informations circulent sur des projets d’investissement attribués à Trump dans le secteur pétrolier vénézuélien, la réaction ne se limite pas à une crispation politique: elle devient une colère de citoyens, brute, frontale, difficile à contenir. Parce que derrière le mot « deal », il y a une histoire de dépendance, de sanctions, de pouvoir, et de promesses souvent payées en déceptions. Le pays possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde selon l’OPEP et des publications de référence comme le Statistical Review of World Energy; pourtant, pour une partie de la population, l’abondance n’a pas signifié la sécurité. Dans ce décor, toute rumeur ou piste d’accord lié à une figure aussi polarisante que l’ancien président américain agit comme un accélérateur de soupçons. Qui profite? Qui signe? Qui perd? Les citoyens entendent « investissement » et certains traduisent « capture ». Ils voient un secteur déjà ravagé par la mauvaise gestion, la chute de production et les tensions internationales, et ils imaginent une nouvelle couche de contrôle extérieur. Ce n’est pas une théorie abstraite: la mémoire collective associe l’or noir à la tutelle, au marchandage, à la survie quotidienne. Voilà pourquoi la mèche prend si vite.
Ce qui attise l’incendie, ce n’est pas seulement le nom de Trump, c’est ce qu’il symbolise dans le récit vénézuélien récent: la pression maximale, les lignes dures, la diplomatie du rapport de force. Les sanctions américaines visant le secteur énergétique vénézuélien, renforcées à partir de 2017 et 2019 sous son administration, ont profondément marqué l’économie et la vie publique, et elles restent un point de fracture dans le débat national. Même si l’on parle ici de projets d’investissement « attribués » — donc contestés, flous ou instrumentalisés — l’effet politique est immédiat: la suspicion tombe sur tout ce qui ressemble à un accès privilégié aux barils, aux champs, aux contrats. Dans un pays où PDVSA, la compagnie nationale, a été au cœur de la redistribution comme des scandales, l’idée d’une porte entrouverte vers des intérêts liés à un ex-dirigeant américain déclenche une question simple et rageuse: est-ce une transaction qui aidera le Venezuela, ou une transaction qui aidera des réseaux? Et surtout, qui a le droit de négocier quand les citoyens se sentent exclus des décisions qui engagent leur avenir? Le pétrole vénézuélien n’est pas un actif neutre. C’est un nerf. Et quand on le touche, le corps social réagit.
Colère populaire, colère contre l’opacité
La colère des citoyens ne naît pas dans le vide. Elle se nourrit d’opacité, d’un vocabulaire de coulisses, de ce sentiment que les grandes décisions se prennent loin des files d’attente, loin des salaires rongés, loin des hôpitaux sous tension. Dans l’écosystème vénézuélien, où la communication officielle et les rumeurs se percutent à grande vitesse, un projet d’investissement attribué à Trump devient un miroir: chacun y projette sa peur centrale. Pour certains, c’est la peur d’un retour du « business as usual » avec des acteurs étrangers qui emportent la valeur et laissent les coûts. Pour d’autres, c’est l’idée d’une instrumentalisation politique, d’un récit fabriqué pour polariser encore, pour détourner l’attention des responsabilités internes. Les deux peuvent coexister, et c’est précisément ce qui rend l’atmosphère inflammable. Le Venezuela a déjà vécu des épisodes où l’industrie pétrolière a servi de levier géopolitique, où l’accès aux marchés et aux technologies s’est transformé en arme diplomatique. Alors quand un nom comme Trump se greffe sur une histoire d’accords, même hypothétiques, la rue se demande si l’on prépare un nouvel échange: du brut contre du pouvoir, des concessions contre une respiration temporaire. Cette interrogation n’a rien d’abstrait. Elle se plante dans les vies réelles.
Informativement, il faut tenir la ligne: distinguer ce qui est confirmé de ce qui est attribué. Mais émotionnellement, on comprend la déflagration. Les citoyens n’ont pas besoin d’un contrat publié au Journal officiel pour sentir qu’on parle encore d’eux sans eux. Dans un pays où la production pétrolière a connu un effondrement au fil des années 2010, documenté par l’Agence internationale de l’énergie et par l’OPEP, chaque hypothèse d’investissement est perçue comme une lutte pour la dernière prise sur un secteur stratégique. Et quand l’acteur évoqué porte une réputation internationale de négociation brutale, de communication agressive, la perception devient plus sombre. La colère, ici, n’est pas uniquement anti-américaine ou anti-Trump. Elle est d’abord anti-secrétisme. Elle vise le mécanisme: des décisions énergétiques traitées comme des arrangements entre puissants. Le pétrole devrait être une colonne vertébrale nationale; il ressemble trop souvent à une monnaie d’échange. Cette sensation d’être le terrain, jamais le joueur, explique pourquoi l’actualité se transforme en incendie moral. Les gens ne réclament pas seulement des explications. Ils réclament un droit de regard sur ce qui les tient debout.
Le pétrole, toujours otage politique
Le Venezuela vit avec une vérité lourde: son pétrole attire autant qu’il empoisonne. Dans un contexte de tensions prolongées entre Caracas et Washington, toute perspective de réengagement — réel ou supposé — provoque une lecture politique immédiate. Les sanctions américaines ont été modulées ces dernières années, avec des ajustements et licences ponctuelles évoqués publiquement par le Trésor américain, notamment via l’OFAC, et des ouvertures temporaires ont été accordées ou retirées selon l’évolution du dialogue politique. Dans ce paysage, des projets d’investissement attribués à Trump apparaissent comme un message codé: soit une promesse de retour à une ligne dure, soit une opportunité de contournement, soit une simple rumeur instrumentalisée. Et c’est précisément l’ambiguïté qui fait mal. Parce que l’ambiguïté, au Venezuela, a un prix: elle nourrit la spéculation, elle brouille les attentes, elle fracture les camps. Elle enferme aussi la société dans un choix impossible entre souveraineté et survie économique, comme si le pays devait vendre une part de son futur pour acheter un peu de présent. Or le secteur pétrolier n’est pas un marché comme les autres; c’est le moteur historique des recettes publiques, un pilier du budget, un symbole national. Quand il devient un jeton géopolitique, les citoyens se sentent pris en otage.
Il faut regarder la mécanique froide: sans capitaux, sans technologies, sans accès stable aux marchés, la relance durable d’une industrie pétrolière est difficile. Mais quand l’investissement s’accompagne d’un parfum de transaction politique, il devient toxique avant même de produire un seul baril. Dans l’imaginaire collectif, un accord lié à Trump réactive des souvenirs récents de confrontation et d’isolement, et cela suffit à déclencher une réaction viscérale. Les citoyens se disent que le pétrole ne devrait pas servir de monnaie pour régler des comptes entre élites, ni de décor pour des ambitions personnelles. Ils veulent des contrats lisibles, des institutions qui rendent des comptes, une industrie qui profite au pays plutôt qu’à des cercles étroits. Le paradoxe vénézuélien est là, cruel: on a besoin d’investissement, mais on a peur de la manière dont il arrive et de ce qu’il exige en échange. Tant que la transparence reste faible, la moindre annonce, la moindre fuite, la moindre attribution devient un cocktail explosif. Et la colère, au fond, vise une question simple: qui protège l’intérêt public quand les puissants négocient dans l’ombre?
Cette réalité me frappe parce qu’elle montre à quel point le mot investissement peut sonner comme une menace quand un peuple a été trop souvent trahi par les promesses. Je ne peux pas regarder le Venezuela uniquement comme une ligne sur un marché de l’énergie ou comme un épisode de plus dans la guerre des influences. Derrière ces projets attribués à Trump, il y a une fatigue collective: celle de sentir que le pays se joue ailleurs, dans des bureaux où l’on parle en barils et en leviers, pas en écoles, pas en hôpitaux, pas en dignité. Ce qui me heurte, ce n’est pas l’idée qu’un pays cherche des capitaux, c’est la répétition du même scénario: l’opacité qui précède la colère, la colère qui remplace le débat, puis le silence. Je veux des faits, des documents, des responsabilités nommées. Parce qu’à force de traiter le pétrole comme un trophée, on transforme la citoyenneté en simple décor. Et un décor, tôt ou tard, finit par brûler.
Ce qu’on sait vraiment, et ce qu’on cache
Des rumeurs d’affaires, zéro clarté publique
Ce dossier commence par une zone grise, et c’est précisément là que la colère s’enracine. On parle de projets d’investissement attribués à Trump dans le pétrole vénézuélien, et l’information circule comme une fumée épaisse: elle pique les yeux, elle s’infiltre partout, mais dès qu’on veut la saisir, elle se dérobe. Ce que l’on peut dire sans trahir les faits, c’est que l’idée même d’un retour d’intérêts liés aux États-Unis dans un secteur aussi stratégique que celui des hydrocarbures au Venezuela est un explosif politique. Car le pays ne parle jamais du pétrole comme d’une industrie ordinaire. Il en parle comme d’un nerf national, d’un pouls collectif, d’un symbole de souveraineté qui a été saigné par des années de crise, de sanctions, de mauvaise gestion et de guerre d’influence. Dans ce contexte, l’évocation de projets “attribués” à une figure aussi polarisante agit comme un accélérateur. Les citoyens ne lisent pas seulement une note économique; ils entendent une menace de confiscation, une répétition d’histoires anciennes où d’autres décident pour eux.
Ce qu’on cache, parfois, n’est pas un secret soigneusement verrouillé; c’est un simple refus de donner des éléments vérifiables. Quand des annonces restent floues, quand les contours juridiques ne sont pas publics, quand les circuits financiers ne sont pas expliqués, l’espace se remplit de soupçons. Et au Venezuela, le soupçon est un langage appris, presque une défense. Les citoyens savent que l’argent du pétrole attire des appétits qui ne portent pas leur nom, et ils savent aussi que les grandes puissances parlent de principes tout en négociant des barils. La colère, ici, naît d’une question brutale: qui profite, et qui paie? Même sans document brandi à la télévision, l’idée qu’un projet puisse être “attribué” à Trump suffit à réveiller des réflexes de méfiance envers les élites, envers les deals lointains, envers les promesses vendues comme des solutions. L’absence de transparence n’est pas neutre; elle devient une matière noire qui déforme tout, y compris les faits.
Le pétrole, une plaie politique ouverte
Pour comprendre l’ampleur de la réaction, il faut regarder ce que le pétrole représente au Venezuela. Ce n’est pas seulement une ressource; c’est une colonne vertébrale économique et un récit national. Quand des projets d’investissement apparaissent à l’horizon, la question n’est jamais “combien de capitaux entrent”, mais “à quel prix moral et politique”. Les sanctions américaines visant le secteur énergétique vénézuélien, renforcées au fil des années, ont profondément marqué la perception publique: elles ont été justifiées à Washington comme un levier de pression sur le pouvoir, mais elles ont aussi été vécues sur place comme une punition qui frappe l’ensemble de la société. Dans cette tension, l’apparition d’un nom comme Trump ajoute une dimension émotionnelle immédiate. Il renvoie à une période de confrontation maximale, à une rhétorique de dureté, à l’idée que le destin énergétique vénézuélien peut être instrumentalisé dans une bataille politique étrangère. Les citoyens ne séparent pas facilement l’homme, la politique et l’argent. Ils voient une même ligne: puissance, pression, profit potentiel.
Ce qui s’exprime alors, ce n’est pas seulement une opposition idéologique. C’est la fatigue d’être un terrain. Terrain de rivalités, terrain de sanctions, terrain de négociations. Quand les citoyens se mettent en colère face à des projets d’investissement attribués à Trump, ils dénoncent aussi l’impression d’une économie tenue en otage par des agendas qui changent au gré des cycles électoraux étrangers. Ils savent que le pétrole peut redevenir un pont ou un gourdin. Ils savent que des licences, des autorisations et des interdictions peuvent se substituer à une stratégie nationale cohérente. Et ils voient, dans le flou actuel, un risque de répétition: des accords qui se discutent hors champ, des bénéfices qui se concentrent, des justifications qui arrivent trop tard. La colère devient une exigence: dire clairement qui fait quoi, dans quelles conditions, avec quelles garanties pour l’intérêt public. Sinon, même une rumeur ressemble à un acte de domination.
Quand l’opacité nourrit la rue
La rue n’a pas besoin d’un dossier complet pour s’enflammer; elle a besoin d’un sentiment d’injustice. Et ce sentiment se nourrit d’opacité. Quand les citoyens entendent parler de projets d’investissement attribués à Trump, ils ne reçoivent pas une information isolée. Ils l’additionnent à des années de contradictions: on parle de souveraineté, puis on cherche des partenaires extérieurs; on promet une relance, puis on impose des conditions; on assure agir pour le peuple, puis le peuple découvre les détails après coup. Dans ce type de climat, le secret n’est pas seulement un manque de communication, c’est une suspicion de confiscation. Les Vénézuéliens savent que le secteur pétrolier concentre les décisions et les tentations. Ils savent que la frontière entre stratégie énergétique et arrangement politique peut devenir poreuse. Et ils voient, dans l’ombre des mots “investissement” et “projets”, la possibilité de contrats mal compris, de concessions mal expliquées, de dépendances renouvelées sous un autre emballage.
Ce qu’on cache, parfois, c’est aussi la complexité elle-même, utilisée comme un rideau. Des montages financiers, des structures d’entreprise, des annonces indirectes, des intermédiaires: tout cela peut être légal, mais tout cela peut aussi être instrumentalisé pour maintenir la population à distance. Or une démocratie malade, ou un système politique verrouillé, a tendance à traiter l’information comme une monnaie, pas comme un droit. Dans ce cadre, le nom de Trump devient un symbole commode, et dangereux: commode pour mobiliser, dangereux parce qu’il simplifie. Les citoyens en colère ne disent pas forcément “nous savons exactement ce qui se passe”; ils disent “nous refusons de ne pas savoir”. Ils réclament des preuves, des contrats, des explications, des garde-fous. Ils réclament que le Venezuela ne soit pas réduit à une réserve à exploiter ou à un pion à déplacer. Tant que l’on répond par des demi-mots, le soupçon gagne. Et quand le soupçon gagne, le débat s’effondre, remplacé par le ressentiment. C’est là que l’opacité devient une violence politique.
Chaque fois que je lis ces chiffres, ou plutôt chaque fois que je constate qu’il n’y en a pas, je ressens une colère froide. Pas celle qui hurle pour le spectacle, mais celle qui serre la gorge parce qu’elle voit un peuple tenu à distance de sa propre richesse. Le Venezuela n’est pas un concept abstrait, c’est une société qui a payé cher la politisation du pétrole, et qui continue de payer dès que l’information se brouille. Quand un projet est “attribué” à Trump sans clarté, sans documents publics, sans cadre expliqué, on ne demande pas aux citoyens d’être raisonnables; on leur demande d’être dociles. Je ne peux pas l’accepter. La transparence n’est pas un luxe technocratique, c’est une condition de dignité. Et la dignité, elle, ne se négocie pas dans un couloir. Elle se défend au grand jour, avec des faits, des dates, des responsabilités. Sinon, tout devient possible, et le plus fort écrit l’histoire à la place des autres.
La souveraineté bradée? La peur d’un pillage
Quand le pétrole devient un butin
Au Venezuela, le pétrole n’est pas seulement une ressource. C’est une colonne vertébrale, une promesse, parfois une malédiction. Quand des projets d’investissement sont attribués à Trump dans le secteur pétrolier vénézuélien, la colère ne sort pas de nulle part. Elle vient d’un pays qui a vu sa richesse souterraine se transformer en champ de bataille politique, en caisse de résonance de sanctions, en terrain de manœuvres et d’alliances forcées. Ici, chaque annonce d’intérêt étranger rouvre une plaie: qui décide, qui profite, qui paie. Les citoyens n’ont pas besoin qu’on leur raconte l’histoire du pillage: ils la connaissent par fragments, par cycles, par renoncements. Ils ont vu l’État proclamer la souveraineté, puis négocier sous pression; ils ont vu des promesses d’investissements présentées comme des bouées, puis devenir des chaînes. Alors, quand le nom de Trump circule autour de projets pétroliers, ce n’est pas seulement un débat économique: c’est une alarme identitaire. Le mot qui revient, même sans être prononcé, c’est souveraineté. Et l’inquiétude, elle, s’accroche à une question brutale: le pays va-t-il vendre ce qui lui reste pour survivre aujourd’hui, au prix de demain?
Cette peur a un fond rationnel, presque mécanique. Le Venezuela vit depuis des années avec une industrie pétrolière fragilisée, une production en dents de scie, et une économie exposée à des contraintes externes. Dans ce contexte, l’arrivée potentielle d’investisseurs associés à une figure aussi polarisante que Donald Trump prend une dimension explosive. Parce que Trump ne représente pas uniquement un homme d’affaires ou un ex-président: il incarne une manière de traiter le monde en rapport de force, une diplomatie de la transaction, un langage de l’ultimatum. Et pour des citoyens déjà éreintés par les pénuries, l’inflation passée et l’incertitude, l’idée que des intérêts étrangers puissent s’installer au cœur du pétrole ressemble à une confiscation. Le soupçon s’insinue: quelles conditions, quels contrats, quelles garanties, quel partage? Le Venezuela a déjà connu des nationalisations et des ouvertures, des cycles où l’on ferme et où l’on rouvre, où l’on promet de reprendre le contrôle puis où l’on admet, à demi-mot, qu’on manque de capitaux et de technologies. Dans ce théâtre, le pétrole devient un butin symbolique. Et la rue, elle, ne veut plus être spectatrice d’accords conclus au-dessus de sa tête.
La colère, née du manque de contrôle
La colère citoyenne s’alimente d’abord d’un vertige: celui de ne pas savoir. Quand des projets sont “attribués”, quand des informations circulent sans transparence totale, le doute se transforme en carburant politique. Au Venezuela, l’opacité autour des accords énergétiques n’est pas un détail technique; c’est une question de contrôle démocratique. Qui a mandaté? Qui surveille? Qui rend des comptes? Et surtout, que reste-t-il au public, sinon des rumeurs et des fragments? Dans un secteur où les contrats engagent des décennies, où les concessions peuvent redessiner un territoire économique, l’absence de clarté ressemble à une dépossession. Les citoyens ne contestent pas seulement l’idée d’un investissement étranger; ils contestent la sensation d’être mis devant le fait accompli. Le pétrole, pour eux, est censé appartenir à la nation, pas à une poignée de décideurs ni à un partenaire extérieur dont les intérêts peuvent diverger radicalement des besoins sociaux. Le nom de Trump agit alors comme un révélateur: il cristallise la peur d’une négociation déséquilibrée, d’un accord où le Venezuela apporte le sous-sol et reçoit des promesses, pendant que d’autres empochent le pouvoir de décision.
Cette colère se nourrit aussi d’une mémoire historique longue, même quand elle n’est pas formulée en dates. Le Venezuela a été, au XXe siècle, un géant énergétique courtisé, souvent dépendant des cycles pétroliers, parfois prisonnier d’une économie mono-exportatrice. Plus tard, les nationalisations et la centralité de PDVSA ont été brandies comme un étendard de souveraineté. Puis sont venues les crises, la chute des investissements, les difficultés opérationnelles, et les sanctions américaines réimposées et durcies sous l’administration Trump à partir de 2017, avec un tournant majeur en 2019 lorsque Washington a renforcé les restrictions visant les exportations de pétrole et les transactions avec PDVSA. Dans ce décor, l’idée d’un retour d’intérêts liés à Trump dans le pétrole vénézuélien a quelque chose d’ironique, presque insultant pour certains: le même univers politique qui a contribué à serrer l’étau se retrouverait associé à des opportunités économiques. On comprend alors la réaction viscérale. Les gens ne lisent pas seulement un projet d’affaires; ils lisent une contradiction et une menace: celle que le pays, affaibli, doive céder davantage pour obtenir moins.
Des contrats qui pèsent sur l’avenir
Il faut dire les choses sans théâtre: dans l’industrie pétrolière, un contrat n’est jamais neutre. Il fixe des parts, des droits, des arbitrages, des mécanismes de résolution des litiges. Il peut verrouiller des revenus futurs ou, au contraire, ouvrir des brèches où s’engouffrent les intérêts les plus rapides. Pour des citoyens vénézuéliens déjà éprouvés, la question n’est pas idéologique au sens abstrait; elle est concrète. Combien restera-t-il pour financer les services publics, les infrastructures, la santé, l’éducation? Quels garde-fous empêcheront que la rente parte ailleurs? Quand l’État est fragile, quand les institutions sont contestées, la promesse d’un investissement devient ambivalente: elle peut relancer une production, mais elle peut aussi installer une dépendance. Et le Venezuela connaît cette tension mieux que quiconque. L’angoisse de “pillage” n’est pas un slogan creux: c’est la traduction populaire d’un risque de déséquilibre contractuel. Lorsque le rapport de force est défavorable, lorsque le besoin de liquidités est urgent, la tentation de signer vite devient mortelle. Et le pétrole, lui, ne se régénère pas. On ne renégocie pas facilement des décennies de concessions.
Le facteur Trump ajoute une couche politique à cette fragilité. Même sans entrer dans des détails spéculatifs, son nom porte un poids diplomatique et symbolique particulier, notamment parce que sa présidence a été marquée par une stratégie de “pression maximale” sur Caracas. Dans l’esprit de beaucoup, l’économie et la géopolitique se confondent: un investissement n’est pas seulement une opération commerciale, c’est un levier. Le Venezuela, déjà pris entre la recherche de devises et la contrainte des sanctions, se retrouve face à un paradoxe: comment attirer des capitaux tout en protégeant la souveraineté et en garantissant que la population en bénéficiera réellement? Les citoyens veulent des réponses, pas des slogans. Ils veulent savoir si ces projets signifient une reprise maîtrisée ou une fuite en avant. Ils veulent savoir si l’État sera arbitre ou simple guichet. Et ils exigent, avec une lucidité dure, que l’on cesse de présenter chaque accord comme un miracle. Un pays ne se reconstruit pas à coups de signatures opaques. Il se reconstruit avec de la confiance, et la confiance ne se décrète pas: elle se prouve, contrat après contrat, contrôle après contrôle, vérité après vérité.
Il m’est impossible de ne pas ressentir une crispation, presque physique, quand je vois le mot souveraineté réduit à un argument de communication, alors qu’il devrait être un bouclier. Le Venezuela n’a pas seulement une industrie à réparer; il a une dignité collective à protéger, et cette dignité se fissure dès que l’on parle du pétrole comme d’un objet que l’on échange pour gagner du temps. Je n’ai pas besoin d’inventer des drames pour comprendre la colère des citoyens: elle naît de l’impression d’être pris au piège, de devoir choisir entre une perfusion économique et une dépendance nouvelle. Le nom de Trump n’est pas anodin dans cette histoire, parce qu’il réactive la mémoire des pressions, des sanctions, des postures de domination. Si des projets existent, s’ils avancent, alors la seule réponse acceptable, c’est la transparence brutale, la preuve documentée, le débat ouvert. Sinon, on ne parle pas d’investissement. On parle d’une blessure qui s’agrandit, d’un pays qui apprend à se méfier de tout, même de ses propres promesses.
Dans la rue, la colère refuse de se taire
Quand l’essence manque, la rue parle
Au Venezuela, la colère ne se lit pas seulement dans les tribunes politiques. Elle s’entend dans la rue, là où le quotidien cogne. Dans un pays assis sur l’une des plus grandes réserves de pétrole de la planète, les stations-service deviennent des lieux de tension, de fatigue, de soupçon. Ce paradoxe nourrit une rage froide: comment vivre dans un territoire gorgé d’or noir et se heurter, malgré tout, à la rareté, aux files, aux pannes, à l’incertitude? C’est là que l’information sur de possibles projets d’investissement attribués à Donald Trump dans le secteur pétrolier du Venezuela tombe comme un pavé. Pas parce qu’elle serait, à elle seule, la source de tous les maux. Mais parce qu’elle se greffe sur une plaie ouverte: la sensation d’un pays déjà dépouillé, déjà confisqué, déjà négocié loin des regards.
La colère citoyenne ne naît pas dans le vide. Elle se nourrit de décennies d’instabilité, de sanctions, de gestion contestée, d’effondrement des infrastructures et d’une économie qui a vu sa monnaie et ses salaires perdre leur sens. Alors quand surgit l’idée qu’un acteur étranger, associé à une présidence américaine marquée par une politique dure envers Caracas, pourrait tirer profit du sous-sol vénézuélien, le message perçu dans la rue est brutal: “On nous parle de souveraineté, mais on marchande nos ressources.” Ce n’est pas un slogan de campagne; c’est une peur intime. Derrière l’indignation, il y a une question simple, presque primitive: qui décide, et pour qui? Les citoyens ne réclament pas un miracle. Ils exigent une chose: que la richesse nationale cesse d’être un mirage et devienne une réalité partageable, transparente, contrôlable.
La souveraineté vendue à voix basse
Le pétrole vénézuélien n’est pas une marchandise comme une autre. C’est une mémoire collective, une promesse ancienne, parfois trahie, parfois instrumentalisée, mais toujours centrale. Quand des projets d’investissement sont évoqués, surtout s’ils sont associés à une figure aussi clivante que Trump, la rue entend le bruit d’un marché conclu sans elle. Peu importe que les contours exacts soient flous ou disputés: l’effet politique est immédiat. Dans un pays où la confiance envers les institutions a été abîmée, toute annonce perçue comme une négociation opaque agit comme un accélérateur de suspicion. Et la suspicion, ici, n’est pas un caprice. C’est un mécanisme de survie. Les citoyens ont appris à lire entre les lignes, à chercher la main cachée derrière les décisions, à se demander qui profite quand on leur demande de patienter encore.
Cette colère s’alimente aussi d’un autre facteur: l’idée d’une injustice internationale à double tranchant. D’un côté, des sanctions américaines ont été imposées ces dernières années, touchant l’industrie et compliquant l’accès à certains marchés, ce qui a eu des impacts largement documentés et débattus. De l’autre, l’hypothèse d’investissements liés à l’entourage ou à l’image de Trump apparaît comme un renversement brutal, presque cynique, aux yeux de certains: serrer la vis d’une main, tendre un contrat de l’autre. Même si les détails précis varient selon les sources et les interprétations, l’impression laissée dans la rue est celle d’un jeu de puissance où le citoyen est toujours la variable sacrifiée. Ce ressentiment ne vise pas uniquement un homme. Il vise un système où la ressource devient un levier géopolitique, et où la population se retrouve spectatrice d’un bras de fer qui se joue sur son dos.
La rage, dernier langage des oubliés
La rue, au Venezuela, n’est pas seulement un décor: c’est un thermomètre. Quand les gens s’emportent contre des projets perçus comme des intrusions dans l’industrie pétrolière, ce n’est pas par nationalisme abstrait. C’est parce que l’énergie touche à tout: transports, prix des biens, production, services. Dans l’imaginaire collectif, le pétrole devrait protéger, amortir, garantir un minimum. Or, beaucoup ont le sentiment inverse: cette richesse a attiré les convoitises, nourri des dépendances, puis laissé des ruines. Alors l’annonce de projets attribués à un acteur étranger, surtout lié à la politique américaine, réactive une douleur ancienne. Elle rappelle que le pays est souvent raconté à travers sa ressource, comme si ses habitants n’étaient qu’une note de bas de page. La colère devient un refus: refus d’être réduit à un puits, à un baril, à une ligne sur un contrat.
Ce qui explose, dans cette agitation, c’est aussi une bataille pour la dignité. La rue demande des comptes: quelles garanties, quelles règles, quelle transparence, quels bénéfices pour la population? Elle veut savoir si ces projets supposés respectent la souveraineté et si la richesse extraite finance des écoles, des hôpitaux, des réseaux d’eau, des routes, plutôt que des intérêts privés. Et quand les réponses tardent, l’espace public devient le lieu où l’on crie ce que personne n’entend ailleurs. Les citoyens ne disposent pas toujours d’archives, de contrats, de détails techniques. Mais ils ont un instinct politique: ils sentent quand une décision leur échappe. Cette colère, parfois désordonnée, parfois brutale, est un message adressé à tous les centres de pouvoir: le sous-sol n’appartient pas aux négociateurs, il appartient à un peuple qui veut sortir de l’humiliation économique et de l’incertitude permanente.
Face à ces pertes de repères, je ne peux pas regarder ailleurs. Je pense à ce pays qui porte le pétrole comme un fardeau, pas comme une promesse. Je pense à la violence intime du paradoxe: vivre sur une richesse immense et compter, quand même, les manques, les retards, les renoncements. Quand un projet d’investissement attribué à Trump surgit dans le débat, je comprends la colère, même sans céder à la simplification. Parce que la rue ne hurle pas seulement contre un nom; elle hurle contre l’idée que tout peut se décider sans elle. Elle hurle contre l’opacité, contre les arrangements, contre la sensation d’être pris en otage par des forces qui se déplacent trop haut pour être stoppées. J’aimerais qu’on entende cette rage comme un avertissement, pas comme un bruit. Un pays n’est pas un gisement. Un peuple n’est pas une ligne comptable. Et si l’on veut parler d’énergie, qu’on commence par rendre de l’air à ceux qui étouffent.
Pétrole, sanctions, pouvoir: le piège se referme
Le brut vénézuélien, monnaie empoisonnée
Au Venezuela, le pétrole n’est pas seulement une ressource. C’est une colonne vertébrale tordue par des décennies de dépendance, un levier qui attire les appétits et provoque des fractures politiques. Quand des projets d’investissement attribués à Donald Trump dans le secteur pétrolier circulent dans l’espace public, la réaction n’est pas une simple crispation idéologique. C’est une colère qui dit: « encore ». Encore une promesse de manne qui s’évapore avant de toucher les foyers. Encore un scénario où les puissants négocient au-dessus des têtes, pendant que la population paye l’addition en pénuries, en incertitude, en humiliations quotidiennes. Le pays connaît l’existence de ses gisements, de son potentiel, et c’est précisément cela qui rend l’histoire plus corrosive: l’abondance sous les pieds, la vie difficile au-dessus. Dans ce contexte, l’idée même d’un grand retour d’affaires américaines, associées au nom d’un homme politique aussi polarisant, devient un symbole. Pas seulement de l’argent. Du pouvoir qui se déplace. De la souveraineté qui se discute. Et de la crainte que le brut serve, une fois de plus, d’outil pour verrouiller plutôt que pour libérer.
Cette colère des citoyens s’alimente aussi d’un autre carburant: la mémoire des cycles. Car au Venezuela, on a vu des périodes de prix élevés, des accords, des annonces, des « relances » proclamées. On a vu aussi les chutes, les sanctions, les restrictions, les contournements, les marchés gris. On a appris à se méfier des mots qui brillent, surtout quand ils viennent de loin. Les projets d’investissement attribués à Trump, qu’ils soient formalisés, envisagés ou instrumentalisés dans le débat, heurtent une réalité simple: tout ce qui touche au pétrole touche au nerf du pays. Et tout ce qui ressemble à un arrangement entre élites, nationales ou étrangères, est perçu comme une confiscation. La question n’est pas uniquement « qui investit ». C’est « à quelles conditions », « qui contrôle », « qui encaisse », et « qui reste dehors ». Dans un Venezuela traversé par la défiance, la perspective d’un deal pétrolier devient une scène de combat politique. Les sanctions se mêlent à la rhétorique, l’économie à la géopolitique, et la population se retrouve coincée entre des récits qui s’affrontent mais convergent trop souvent vers le même résultat: l’impression d’être instrumentalisée.
Sanctions américaines, valves fermées et ouvertes
Impossible de parler du piège sans parler des sanctions. Elles ont transformé le secteur pétrolier vénézuélien en zone sous haute tension, où chaque décision se lit comme un message stratégique. Les mesures américaines visant le gouvernement vénézuélien, renforcées au fil des années, ont pesé sur les exportations, les transactions, l’accès au financement et aux technologies. Elles ont aussi créé un système de permissions, d’exemptions, de licences: une mécanique qui peut serrer ou desserrer l’étau, selon les priorités politiques de Washington. Dans ce décor, l’évocation de projets d’investissement associés à Trump prend une dimension supplémentaire, parce qu’elle fait résonner une idée brutale: le pétrole peut redevenir une clé de négociation, ou une arme de pression, selon la main qui tient le levier. Pour beaucoup de citoyens, c’est là que le piège se referme. Car même quand l’ouverture semble possible, elle reste conditionnelle. Même quand une porte s’entrouvre, une autre peut claquer. Les sanctions ne sont pas un simple dossier technique; elles redessinent le quotidien en modifiant la capacité du pays à vendre, à importer, à stabiliser ses recettes. Et quand le débat public y ajoute des figures politiques étrangères, il devient explosif.
Ce qui met le feu, ce n’est pas seulement l’existence des sanctions, mais leur usage comme signal. Elles peuvent être brandies pour promettre la rigueur, ou agitées pour vendre l’illusion d’une normalisation prochaine. Or la population vénézuélienne vit dans un espace saturé d’annonces contradictoires. Elle entend parler de « retour » d’investissements, de « relance » de la production, de « changements » à venir, puis elle constate que la réalité reste dure, et que les bénéfices ne ruissellent pas. Dans ce contexte, les projets attribués à Trump deviennent une cible facile, parce qu’ils cristallisent une angoisse: celle que la politique américaine, quelle que soit l’administration, continue de décider du rythme de respiration économique du Venezuela. Le piège, c’est cette dépendance à des décisions extérieures, combinée à une dépendance interne au pétrole. Les citoyens peuvent rejeter le gouvernement, rejeter les sanctions, rejeter les acteurs étrangers, parfois tout à la fois. Leur colère n’est pas toujours alignée sur une idéologie. Elle est souvent alignée sur une expérience: la sensation que le pays est un terrain de manœuvre, et que le brut sert de justificatif à des stratégies dont les conséquences retombent sur les mêmes épaules.
Quand le pouvoir négocie, le peuple encaisse
Le Venezuela n’est pas seulement un producteur de pétrole: c’est un pays où l’industrie pétrolière a longtemps été un instrument de politique intérieure et extérieure. Ce passé pèse comme une enclume sur le présent. Chaque rumeur d’accord, chaque projet d’investissement annoncé ou attribué, renvoie immédiatement à la question du contrôle: qui décide des contrats, qui fixe les priorités, qui supervise les flux, qui surveille la transparence. Quand le nom de Trump s’invite dans cette équation, il agit comme un accélérateur de soupçons. Parce qu’il incarne une approche du pouvoir perçue comme transactionnelle, directe, et dure; parce qu’il polarise déjà l’opinion au-delà des frontières américaines; et parce que son nom évoque, pour certains, une politique étrangère qui ne s’embarrasse pas des fragilités locales. Les citoyens en colère ne dénoncent pas seulement une personne. Ils dénoncent un système où les décisions sur le pétrole se prennent loin des cuisines, loin des files d’attente, loin des hôpitaux, loin des salaires rongés. Le piège se referme quand le débat se réduit à un duel de puissances, et que la question centrale disparaît: comment le pétrole peut-il servir à reconstruire un pays plutôt qu’à renforcer un rapport de force?
Il faut regarder la mécanique froide: le pétrole attire des capitaux potentiels, mais il attire aussi les arrangements opaques, les intermédiaires, les récits de victoire destinés à la consommation politique. Dans une telle configuration, une annonce d’investissement, même floue, peut devenir une arme interne: elle sert à intimider, à promettre, à diviser, à mobiliser. Et les citoyens, eux, observent l’écart entre les discours et les effets tangibles. Ils savent que la souveraineté se mesure à la capacité d’un pays à décider pour lui-même, mais ils voient aussi que l’économie pétrolière le rend vulnérable aux pressions et aux opportunismes. Ce n’est pas un débat abstrait: quand l’État dépend de recettes pétrolières, chaque entrave, chaque restriction, chaque négociation a des répercussions en chaîne. La colère éclate parce que les gens comprennent, souvent instinctivement, que le pétrole peut devenir un piège à double verrou: verrou extérieur, avec les sanctions et les décisions étrangères; verrou intérieur, avec la concentration du pouvoir et la fragilité de la transparence. Et au milieu, la population se demande combien de fois on peut lui demander d’espérer, puis de patienter, puis de payer.
Comment ne pas être touché quand une nation entière se retrouve coincée entre des barils et des barrières. Je lis ces histoires d’investissements attribués à Trump et je n’entends pas d’abord un débat de spécialistes; j’entends une colère qui a le goût métallique de la répétition. Je pense à ce que signifie vivre dans un pays dont la richesse est partout, sauf là où elle devrait être: dans les services publics, dans la stabilité, dans la dignité. Je ne peux pas faire semblant de croire que le pétrole est neutre. Il n’est jamais neutre. Il aimante les pressions, les calculs, les deals présentés comme des sauvetages. Et quand les sanctions entrent dans la pièce, l’air devient plus rare, plus lourd, parce que chaque décision prise ailleurs peut se traduire ici par des jours plus difficiles. Ce qui me frappe, c’est l’injustice morale: on parle de pouvoir, de stratégie, de gagnants, pendant que le peuple encaisse les contrecoups. Je voudrais qu’on arrête de traiter le Venezuela comme une case dans un jeu. Ce pays n’est pas un levier. Ce sont des vies.
Qui profite, qui paie: la facture humaine
Le pétrole, promesse qui dévore
Au Venezuela, le pétrole n’est pas seulement une ressource. C’est une colonne vertébrale brisée, un miroir qui renvoie la même question depuis des décennies: qui tient la pompe, qui tient la gorge. Quand des projets d’investissement attribués à Trump dans le secteur pétrolier surgissent dans le débat public, la colère de citoyens ne tombe pas du ciel. Elle s’enracine dans une histoire lourde, faite de dépendance à la rente, de sanctions, de promesses de redressement et de chutes répétées. Parce que derrière les mots “capitaux”, “production”, “relance”, il y a des vies. Des ménages qui comptent les heures d’électricité. Des hôpitaux qui cherchent des médicaments. Des familles qui tentent de comprendre pourquoi un pays assis sur d’immenses réserves a connu une dégradation si brutale des conditions de vie. Cette fracture s’aggrave quand l’horizon se remplit de deals supposés, de tractations possibles, de signaux contradictoires. Le pétrole attire les puissants comme un aimant. Mais l’aimant, ici, arrache aussi la peau. Et quand le nom de Trump s’invite dans cette équation, il réactive immédiatement une autre réalité: la politique américaine envers Caracas, faite de pression et de négociation, de fermeté affichée et d’intérêts stratégiques.
La colère tient aussi à une idée simple, brutale, presque enfantine: si l’on revient au pétrole vénézuélien, si l’on y place de l’argent, alors quelqu’un y voit un bénéfice. Et quand quelqu’un encaisse, quelqu’un d’autre assume le risque. Or, au Venezuela, le risque a souvent un visage collectif. Les grandes décisions énergétiques se traduisent en inflation, en pénuries, en dégradation des services publics, en corruption perçue ou avérée. Les projets attribués à Trump, qu’ils soient en phase d’exploration politique, d’intention ou de communication, frappent parce qu’ils semblent contourner l’essentiel: la transparence et la souveraineté vécue au quotidien. Les citoyens entendent “investissement” et demandent: à quelles conditions, avec quelles garanties, au profit de qui. Ils se souviennent que les relations pétrolières ne sont jamais neutres; elles fabriquent des gagnants visibles et des perdants silencieux. Et dans un pays déjà éprouvé, le silence devient insupportable. D’autant que, sur la scène internationale, le Venezuela a été au cœur de décisions majeures sur l’énergie ces dernières années, notamment lorsque les États-Unis ont commencé à ajuster leur approche pour sécuriser des approvisionnements dans un contexte de tensions mondiales. Dans ce décor, tout projet prêté à Trump ressemble à un retour des logiques de puissance: les barils comptent, les vies attendent.
Des contrats, et la rue s’enflamme
La rue vénézuélienne n’a pas besoin d’un discours enflammé pour s’enflammer. Elle a besoin de preuves qu’on ne lui demandera pas, encore une fois, de payer la note. Quand des projets d’investissement liés au pétrole sont attribués à Trump, c’est l’image d’un marché qui se fait sans la foule, mais sur son dos, qui s’impose. La colère des citoyens naît d’une expérience accumulée: l’économie pétrolière promet des recettes, puis elle verrouille les institutions, puis elle transforme la politique en bataille de contrôle. Dans le cas du Venezuela, l’industrie est aussi un champ de contraintes: dégradation des infrastructures, nécessité de technologies et de financements, et environnement international marqué par les sanctions américaines. Ces sanctions, renforcées durant la présidence Trump à partir de 2017-2019 avec des mesures visant notamment le secteur pétrolier et des acteurs liés à l’État, ont été documentées par le département du Trésor américain et largement analysées par des organismes comme l’ONU. Alors, voir le nom de Trump associé à des investissements potentiels résonne comme une ironie cruelle: celui qui a durci l’étau apparaîtrait maintenant, selon ces attributions, comme un bénéficiaire possible d’un secteur exsangue. Cela ne prouve pas un fait industriel; cela déclenche une blessure politique.
Cette colère est aussi une demande de cohérence. Dans une économie où l’ombre des sanctions pèse sur les transactions, les assurances, l’accès aux pièces et aux services, chaque annonce ou rumeur de projet prend des allures de jeu dangereux. Les Vénézuéliens savent que la production pétrolière a chuté massivement au fil des années, un fait suivi par l’OPEP et des agences de suivi énergétique, et que la reconstruction ne se fera pas avec des slogans. Ils voient aussi que Washington, sous d’autres administrations, a parfois ajusté les licences permettant certaines opérations, notamment autour de 2022 lorsque des licences spécifiques ont été accordées à des entreprises pour des activités encadrées. Ce contexte rend l’idée d’un projet attribué à Trump explosif: elle insinue un passage en force, une reconfiguration possible des rapports de pouvoir, une “normalisation” qui ne dit pas son nom. Or, pour le citoyen, la question immédiate n’est pas géopolitique. Elle est concrète: est-ce que cela améliorera l’eau au robinet, la qualité des soins, la stabilité des prix, l’avenir des enfants. Si la réponse n’est pas claire, l’annonce ressemble à une extraction supplémentaire: on retire de la valeur, on laisse la poussière. Voilà pourquoi la colère est rationnelle. Elle est une forme de défense.
Richesse nationale, douleur privée quotidienne
Le cœur de la facture humaine, c’est cette contradiction qui rend fou: un pays aux réserves colossales, et des vies serrées à la gorge. Les projets d’investissement attribués à Trump dans le pétrole vénézuélien heurtent parce qu’ils réactivent le sentiment que la richesse circule dans des tuyaux que le peuple ne contrôle pas. La rente, quand elle n’est pas gérée avec des règles robustes, devient une machine à inégalités. Et le Venezuela a été, selon de nombreuses analyses économiques et rapports internationaux, un cas extrême de dépendance aux revenus du brut, avec une vulnérabilité accrue lorsque les prix baissent, lorsque la production décline, lorsque la gouvernance s’abîme. La colère des citoyens, ici, n’est pas seulement “anti-Trump” ou “anti-américaines”. Elle est un cri contre la répétition des schémas. Car si un acteur politique étranger, ancien président des États-Unis, est associé à des investissements, cela rappelle une longue histoire d’ingérences réelles ou perçues, de négociations opaques, d’alliances changeantes. La douleur privée, elle, ne change pas de camp. Elle reste dans les foyers. Elle s’accumule dans l’attente. Elle se mesure en renoncements.
Et puis il y a l’autre dimension, plus tranchante encore: la confiance. Quand la confiance est cassée, chaque projet ressemble à une arnaque potentielle, chaque partenariat à une prise, chaque annonce à un écran de fumée. Les citoyens veulent des faits vérifiables, des cadres publics, des mécanismes de contrôle. Ils savent que l’industrie pétrolière implique des contrats complexes, des infrastructures lourdes, des arbitrages entre environnement, emploi, recettes fiscales et souveraineté. Ils savent aussi que le Venezuela a vu partir des millions de personnes ces dernières années, un exode reconnu par les agences de l’ONU, et qu’un pays vidé de talents paie cher les choix énergétiques hasardeux. Dans ce paysage, attribuer à Trump des projets d’investissement agit comme un accélérateur émotionnel: cela personnifie une dynamique perçue comme cynique, où l’on discute de barils pendant que la société recolle ses morceaux. Le citoyen se demande: si demain les flux financiers reprennent, qui garantit que l’argent reconstruira les écoles, les réseaux, les hôpitaux, plutôt que de nourrir des cercles fermés. Sans réponses, la “richesse” devient une menace. Une promesse qui mord. Et la colère devient un langage de survie, pas une posture.
La colère monte en moi quand je vois à quel point un pays peut être réduit à une matière première, comme si une nation entière tenait dans un réservoir. On prononce Venezuela et l’on pense barils, sanctions, deals, influence. Trop souvent, on oublie les corps qui attendent derrière les chiffres, les mères qui calculent, les malades qui espèrent, les jeunes qui hésitent entre partir et s’entêter. Que des projets d’investissement soient attribués à Trump dans ce secteur n’est pas seulement une controverse de plus; c’est une lame qui rouvre une plaie politique. Parce que cela rappelle cette impression d’être un terrain de jeu pour puissants, un échiquier où la case “citoyens” ne compte que lorsqu’elle bloque la route. Je refuse qu’on appelle cela une simple “opportunité”. Une opportunité pour qui, exactement. Si l’argent revient, qu’il revienne avec des règles, avec des comptes, avec une dignité mesurable. Sinon, ce n’est pas un investissement. C’est une extraction de plus, et la facture humaine, elle, ne se négocie pas.
Les fantômes de PDVSA et les plaies ouvertes
PDVSA, colonne brisée d’un pays
PDVSA n’est pas qu’une entreprise. C’est un nerf à vif dans la chair du Venezuela. Pendant des décennies, la compagnie pétrolière publique a porté une promesse simple et brutale: transformer la géologie en écoles, en hôpitaux, en routes, en salaires. Puis la promesse s’est fissurée. La production s’est effondrée, les installations ont vieilli, la corruption a rongé la confiance, et les sanctions internationales ont serré l’étau. Dans ce décor, chaque rumeur d’investissement étranger n’arrive pas comme une bouffée d’air; elle arrive comme une main qui se pose sur une cicatrice. Quand des projets d’investissement attribués à Trump dans le secteur pétrolier du Venezuela circulent, la colère de citoyens ne sort pas de nulle part. Elle se nourrit de l’idée que les ressources nationales, déjà disputées par des élites et des réseaux opaques, pourraient devenir une monnaie d’échange supplémentaire, un trophée géopolitique, un contrat signé loin des files d’attente et des quartiers qui manquent de tout. On ne s’indigne pas seulement contre un nom; on s’indigne contre ce que ce nom symbolise: la politique du rapport de force, le business comme verdict, la souveraineté traitée comme variable d’ajustement.
Le pétrole, au Venezuela, n’est jamais un simple actif. C’est un miroir. Il reflète les espoirs, puis les trahisons. Il reflète aussi la dépendance: quand l’État vit au rythme des barils, il devient vulnérable à chaque choc, à chaque embargo, à chaque négociation. Dans ce contexte, voir réapparaître des annonces ou des spéculations sur des investissements supposés liés à Trump réactive une question qui brûle: qui profite, et qui paie? Car l’histoire récente a déjà donné sa réponse trop souvent. Les bénéfices, quand ils existent, s’accrochent en haut; les coûts tombent en bas, sur les familles, sur les services publics, sur une économie qui peine à respirer. La colère citoyenne s’explique aussi par la mémoire: celle des promesses de redressement répétées, des plans présentés comme salvateurs, puis des résultats qui n’arrivent pas dans les assiettes. Le nom de PDVSA traîne derrière lui des fantômes: contrats obscurs, gestion contestée, fuite des compétences, et ce sentiment que le pays a été dépossédé de sa propre richesse. Alors, quand une figure politique étrangère est associée, même indirectement, à la perspective de nouveaux deals, la suspicion se transforme en refus. Sec. Tranchant. Presque instinctif.
Investir ou s’emparer: la ligne rouge
Le mot investissement sonne propre, rationnel, presque apaisant. Mais au Venezuela, il n’a plus le luxe de l’innocence. Il porte le poids des conditions, des contreparties, des clauses qu’on ne lit jamais à voix haute. Des projets attribués à Trump dans le pétrole vénézuélien déclenchent la colère parce qu’ils entrent dans un théâtre déjà saturé de méfiance: celui où l’intérêt national est souvent invoqué, mais rarement protégé. Il y a aussi un problème de contexte international. La politique américaine envers le Venezuela, notamment sous la présidence Trump, a été marquée par une stratégie de pression maximale, avec des sanctions visant le secteur pétrolier et des restrictions financières. Dans l’esprit d’une partie des citoyens, cela crée un contraste explosif: comment accepter l’idée d’un retour par la porte des affaires, après une période perçue comme un étranglement? Même sans détails vérifiés sur la nature exacte de ces projets, la réaction populaire s’enracine dans une logique simple: quand un acteur associé à la contrainte économique revient sous l’étiquette d’opportunité, la population entend surtout le bruit d’un rapport de force qui continue, juste mieux emballé.
La ligne rouge, ici, n’est pas l’arrivée de capitaux en soi. Beaucoup de Vénézuéliens savent qu’une industrie pétrolière exsangue ne se répare pas par des slogans. Il faut des technologies, des pièces, des compétences, des financements. Mais la question est celle du contrôle, de la transparence, et de la destination finale des gains. Sans garanties, l’investissement ressemble à une saisie. Et l’ombre de PDVSA rend cette peur rationnelle: quand les institutions sont fragiles, quand l’information circule mal, quand les audits sont contestés, le citoyen comprend qu’il sera le dernier informé et le premier impacté. La colère naît aussi de la fatigue morale: celle de voir le pays réduit à son sous-sol, comme si la nation n’était qu’un gisement à négocier. Les projets attribués à Trump cristallisent ce malaise, parce qu’ils évoquent l’idée d’un pétrole vénézuélien instrumentalisé dans des logiques extérieures, électorales ou commerciales, loin de la réalité quotidienne. Et dans un pays où l’on a tant promis la “renaissance” au nom du brut, chaque promesse supplémentaire sonne comme un écho creux, un refrain qui a déjà menti.
Colère citoyenne, mémoire en plein visage
La colère des citoyens n’est pas une posture. Elle a un corps. Elle se nourrit de coupures d’électricité, d’eau qui n’arrive pas, de transports qui s’effritent, de salaires qui perdent leur sens, de services publics qui fonctionnent par sursauts. Ce quotidien n’est pas un décor; c’est le juge. Alors, quand surgissent des projets d’investissement attribués à Trump dans le pétrole du Venezuela, beaucoup n’entendent pas “reconstruction”, mais “redistribution du pouvoir”. Et ils ont des raisons de se méfier: l’histoire pétrolière du pays est une succession de cycles où l’abondance annoncée ne se traduit pas en dignité partagée. PDVSA, autrefois fierté nationale, est devenue pour certains le symbole d’un pacte brisé entre l’État et la population. Dans ce contexte, l’idée que des intérêts politiques ou privés étrangers puissent se positionner sur ce secteur ravive une peur de dépossession. Le pétrole n’est pas seulement une ressource; c’est une part de souveraineté. Et quand la souveraineté a déjà été malmenée de l’intérieur, l’extérieur devient immédiatement suspect, même quand il promet des solutions.
Il y a aussi un ressort moral: l’exigence de cohérence. Beaucoup voient une contradiction insupportable entre, d’un côté, des années de tensions diplomatiques et de sanctions ayant affecté l’économie, et de l’autre, l’apparition d’opportunités d’affaires présentées comme pragmatiques. Cette dissonance est vécue comme une humiliation. Elle donne l’impression que la douleur collective peut être contournée, requalifiée, puis utilisée comme terrain de négociation. La colère, dans ce cas, sert de garde-fou: elle rappelle que le Venezuela n’est pas un tableau d’actifs, mais une société. Et qu’aucun projet, même techniquement pertinent, ne peut avancer sur une terre où la confiance est en ruines sans provoquer un choc. Si l’on veut parler d’avenir, il faut parler de règles: transparence des contrats, contrôle public, mécanismes anticorruption, protection des revenus au bénéfice de la population, et clarté sur les acteurs impliqués. Sans cela, le mot investissement restera un masque. Un masque qui, au moindre souffle, tombe. Et derrière, il y a toujours la même chose: le sentiment d’être encore une fois sacrifié sur l’autel du pétrole.
L’espoir persiste malgré tout, et je le dis sans naïveté. Je sais ce que ce pays a encaissé, je sais ce que le nom de PDVSA réveille: des promesses avalées, des silences officiels, des retours de flamme. Quand j’entends parler de projets d’investissement attribués à Trump, je comprends la colère, parce que je la vois comme une alarme. Une alarme contre le scénario le plus facile: celui où l’on signe vite, où l’on annonce fort, où l’on récolte en petit comité, tandis que la population continue de compter les pertes. Mais je refuse aussi l’idée que le Venezuela soit condamné à choisir entre l’asphyxie et la vente à la découpe. L’espoir, pour moi, commence par une exigence: la vérité sur les contrats, la lumière sur les bénéficiaires, et une priorité claire donnée à la vie quotidienne. Pas aux slogans. Pas aux calculs électoraux. Si le pétrole doit redevenir une force, qu’il cesse d’être une malédiction. Qu’il redevienne un outil au service des citoyens, pas une arme braquée sur eux.
Washington, Caracas: la partie d’échecs sale
Quand la géopolitique sent le brut
À Washington, le Venezuela n’a jamais été un simple point sur une carte. C’est une réserve, une menace, un symbole, un avertissement. C’est aussi un pays assis sur les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, selon l’OPEP et les séries statistiques de référence du secteur, et cette réalité donne à chaque décision américaine une odeur de brut, lourde et tenace. Sous Donald Trump, la stratégie a souvent été décrite comme une campagne de pression maximale contre le gouvernement de Nicolás Maduro: sanctions financières, restrictions sur le commerce pétrolier, reconnaissance politique de Juan Guaidó en 2019. Des actes publics, revendiqués, assumés. Mais en parallèle, dès qu’apparaît l’idée de projets d’investissement associés au nom de Trump dans le secteur pétrolier vénézuélien, la colère de citoyens éclate, parce que l’équation devient intenable: comment vendre la morale et négocier l’or noir dans la même phrase?
Il faut ici marcher sur une ligne de crête: parler de ces projets, c’est parler d’un brouillard de rumeurs, d’intentions prêtées, d’ambiguïtés entretenues. Ce brouillard lui-même est un fait politique, parce qu’il nourrit la suspicion et fracture la confiance. Les citoyens qui s’emportent ne le font pas seulement contre un homme; ils réagissent à un système où les sanctions peuvent étrangler une économie, puis être modulées quand l’intérêt énergétique l’exige, sans que le public sache où est la limite. Les décisions américaines sur le Venezuela ont aussi été ajustées après la réinvasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, quand la sécurité énergétique est redevenue une obsession mondiale: Washington a autorisé Chevron à reprendre certaines activités au Venezuela via des licences en novembre 2022, selon les communiqués du Trésor américain (OFAC). Dans ce contexte, l’idée d’investissements liés à Trump agit comme une étincelle: elle fait apparaître, crue, la question que beaucoup redoutent. Qui décide, et pour qui?
Sanctions, licences: le double langage
La mécanique est connue, et elle est implacable. Les sanctions américaines imposées à PDVSA en 2019 ont limité l’accès du Venezuela aux marchés et aux circuits financiers internationaux, accélérant la dégradation d’un secteur déjà fragilisé par des années de mauvaise gestion, de manque d’investissement et de corruption dénoncée par de multiples enquêtes. La Maison-Blanche de Trump a présenté ces mesures comme un levier politique, une arme économique visant à forcer une transition. Mais dans la réalité, chaque verrou posé sur le pétrole vénézuélien rejaillit sur la vie quotidienne, sur les recettes publiques, sur les services, sur la capacité d’importer, sur la stabilité monétaire. C’est précisément pour cela que la colère peut surgir quand des projets d’affaires supposés réapparaissent dans le même théâtre: parce que le peuple voit un jeu où la souffrance devient un outil, et où l’outil peut être rangé dès que les intérêts changent.
Le double langage n’est pas toujours un mensonge frontal; c’est souvent un art de l’ellipse. En 2022 et 2023, les États-Unis ont alterné ouvertures et resserrements: licences plus larges liées à certaines conditions politiques, puis avertissements, puis réévaluations. En avril 2024, Washington a notamment laissé expirer une licence générale qui avait allégé certaines transactions pétrolières, tout en préservant des autorisations ciblées, selon les annonces du Département du Trésor. Ce va-et-vient crée un espace fertile pour les récits antagonistes: d’un côté, ceux qui affirment que l’Amérique ne cherche qu’à étouffer Caracas; de l’autre, ceux qui accusent Caracas de manipuler le pétrole comme un bouclier. Dans cet entre-deux, la simple évocation de Trump et d’investissements possibles devient un symbole explosif. Elle condense une angoisse: si tout est négociable, alors même la douleur aurait un prix. Et cette idée, pour beaucoup, est insupportable.
Citoyens en rage, vérité en morceaux
La colère des citoyens ne se nourrit pas seulement de ce qui est prouvé; elle se nourrit de ce qui paraît plausible. Or, dans le dossier vénézuélien, la plausibilité est partout. Le pays a été au cœur d’une confrontation politique majeure depuis 2019, avec une économie déjà ravagée, une production pétrolière effondrée par rapport à ses sommets historiques, et une diaspora gigantesque reconnue par les agences onusiennes: l’UNHCR et l’OIM comptabilisaient des millions de personnes déplacées hors du Venezuela au fil des années 2020. Quand une population vit avec l’idée que ses ressources sont à la fois sa malédiction et la convoitise du monde, elle entend “projet d’investissement” comme on entend “mise sous tutelle”. Elle lit “opportunité” comme “prédation”. Et si le nom de Trump surgit, il ajoute une charge politique immédiate, parce qu’il incarne, pour ses adversaires, la brutalité assumée, et pour ses partisans, la négociation sans complexes.
Il y a aussi une autre vérité, plus froide: l’information circule mal quand elle passe par des tuyaux partisans. Les citoyens veulent des faits, des documents, des contrats, des dates, des signatures. Et souvent, ils n’ont que des fragments, des déclarations, des démentis, des fuites. Cette asymétrie alimente la rage. Elle fabrique des certitudes sur du sable. Dans ce paysage, le journaliste d’impact doit faire deux choses à la fois: rappeler ce qui est établi—les grandes lignes des sanctions depuis 2019, les licences accordées à certaines entreprises, les ajustements de 2024—et dire clairement ce qui ne l’est pas. Mais même cette prudence ne calme pas toujours. Parce que la question n’est pas uniquement “qu’est-ce qui est vrai?”. La question est “pourquoi le jeu semble toujours se faire au-dessus de nos têtes?”. À Caracas comme à Washington, on déplace des pièces. Sur le terrain, des vies attendent. Et l’attente, quand elle dure, devient une forme de violence.
Ma détermination se renforce quand je vois à quel point le pétrole peut déformer le langage, tordre les principes, et rendre la vérité méconnaissable. Je refuse de regarder cette partie d’échecs comme un spectacle, parce que ce ne sont pas des pions en bois qui tombent, ce sont des familles, des économies, des années de vie qui se consument. Je ne peux pas promettre une certitude totale là où les documents manquent et où les acteurs cultivent l’ambiguïté, mais je peux promettre une exigence: ne pas confondre soupçon et preuve, ne pas travestir la complexité pour un titre facile. Et je peux dire ma colère, oui, ma colère, face à cette logique qui traite un pays comme une réserve à exploiter ou un adversaire à punir selon la météo politique. Ce que j’attends de Washington, de Caracas, et de tous ceux qui prétendent agir au nom du peuple, c’est la transparence brute. La vérité, sans maquillage. Parce qu’un peuple qui ne sait pas ce qu’on négocie en son nom finit par hurler, et ce hurlement est le dernier langage qui lui reste.
Conclusion
Quand l’or noir brûle la rue
Au Venezuela, la colère n’est pas une posture. Elle est un réflexe de survie. Quand des projets d’investissement attribués à Trump surgissent dans le secteur pétrolier, ce n’est pas seulement une affaire de contrats et de barils: c’est une question de souveraineté et de dignité. Le pétrole, là-bas, n’est pas un produit abstrait; c’est un nerf à vif. L’histoire récente a montré comment la rente peut nourrir une élite, financer des appareils de contrôle, puis laisser derrière elle des services publics exsangues. Alors, quand des citoyens entendent parler d’intérêts étrangers, de négociations supposées, d’arrangements qui se décident loin des quartiers, la réaction est brutale. Elle l’est parce que le pays a déjà payé trop cher les promesses faites au nom de l’énergie. Elle l’est parce que chaque discussion sur l’exploitation renvoie à une réalité simple: qui capte la richesse, et qui encaisse la casse.
Ce qui met le feu, ce n’est pas seulement l’idée d’un investisseur, d’un nom, d’une marque politique. C’est l’impression que la nation redevient une case dans un tableau de stratégie, un terrain de jeu où l’on répartit influence et ressources sans regarder les conséquences humaines. Les citoyens qui s’indignent ne réclament pas un slogan; ils exigent une logique. Transparence sur les projets. Clarté sur les partenaires. Garanties sur l’usage des revenus. Et surtout, une réponse à la question qui obsède: le pétrole servira-t-il enfin à relever le pays, ou restera-t-il l’outil d’une nouvelle dépendance? Le Venezuela a déjà connu trop de cycles où l’or noir promettait la renaissance et accouchait de la rupture. Dans ce contexte, la colère n’est pas un excès: elle est un signal d’alarme.
La transparence ou la fracture totale
Une conclusion honnête ne peut pas se réfugier dans l’ambiguïté. Des projets d’investissement attribués à Trump dans le pétrole vénézuélien, même présentés comme des opportunités économiques, heurtent un pays qui vit sous la pression de sanctions, de restrictions financières et d’un isolement diplomatique prolongé. Dans ce paysage, chaque rumeur de négociation, chaque annonce interprétée, chaque piste d’accord devient une étincelle. Parce qu’un investissement n’est jamais neutre: il vient avec des conditions, des alliances, des contreparties, un récit politique. Et quand ce récit est perçu comme une manœuvre au-dessus des têtes, l’espace public se crispe. Les citoyens ne contestent pas seulement une opération; ils contestent le droit de décider sans eux.
La sortie de crise ne se fera pas par la magie d’un deal. Elle se fera par des règles qui tiennent debout. Cela implique des mécanismes de contrôle, des institutions capables de vérifier, d’exiger des comptes, de publier des informations vérifiables. Cela implique aussi de reconnaître une vérité dérangeante: sans confiance, l’argent ne reconstruit rien, il fracture. Les autorités, les entreprises et les acteurs internationaux qui prétendent agir pour “stabiliser” doivent comprendre ce point: au Venezuela, la stabilité n’est pas un chiffre sur un graphe. C’est l’accès à l’électricité, à l’eau, à des services qui fonctionnent, à un futur qui ne soit pas une fuite. Si des investissements existent, leur légitimité dépendra d’un principe simple, implacable: la richesse doit revenir au pays, pas disparaître dans des circuits opaques. Sinon, la rue gardera la mémoire, et la mémoire, elle, ne pardonne pas.
Un avenir qui refuse d’être vendu
Il reste une image à retenir: un pays debout face à la tentation d’être réduit à un gisement. Cette histoire, au fond, n’est pas seulement celle de Trump ou d’un projet attribué. C’est celle d’une nation qui refuse qu’on négocie son avenir comme on négocie un actif. La colère des citoyens dit quelque chose de précieux: malgré l’usure, malgré les départs, malgré la fatigue, il existe encore une frontière morale. On peut discuter de tout, mais pas en effaçant les gens. On peut parler d’exploitation, mais pas en piétinant la question du bénéfice collectif. On peut chercher des capitaux, mais pas au prix d’une humiliation supplémentaire. Cette frontière, si elle est entendue, peut devenir une force de reconstruction: un contrat social autour de la ressource, une exigence de transparence, une obligation de résultats concrets.
L’ouverture, maintenant, tient en une question qui coupe: que fera le Venezuela de cette colère? La laisser se consumer, ou la transformer en exigence politique durable? Les investissements, quels qu’ils soient, n’ont de sens que s’ils servent une trajectoire lisible: remettre sur pied des infrastructures, stabiliser une économie, redonner des horizons. Sinon, ils ne seront qu’un épisode de plus dans un feuilleton où l’or noir enrichit des réseaux et appauvrit le quotidien. La chute mémorable, la seule qui vaille, est une promesse à construire: le Venezuela n’est pas une transaction. C’est un peuple. Et un peuple, même épuisé, peut imposer une vérité simple: l’avenir ne se signe pas dans l’ombre, il se gagne au grand jour.
Cette injustice me révolte parce qu’elle ressemble à une vieille mécanique: on parle de pétrole comme d’une solution, alors qu’il a souvent servi de prétexte à confisquer la parole. Je ne peux pas regarder ces projets d’investissement attribués à Trump sans penser à ce que cela réveille chez des citoyens déjà meurtris: l’impression d’être encore une fois spectateurs de leur propre destin. Je ne juge pas une intention sur un titre, ni une économie sur une promesse. Mais je refuse qu’on banalise l’opacité, qu’on présente des arrangements possibles comme des “opportunités” sans exiger les conditions minimales: transparence, contrôle, bénéfices publics. Ce qui me frappe, c’est la violence symbolique de ces débats quand ils oublient l’essentiel: l’énergie n’est pas qu’un marché, c’est une responsabilité. Je veux croire qu’un pays peut reprendre la main, même après tant de ruptures. Mais cela exige une chose: que la voix des citoyens pèse plus lourd que le nom d’un homme.
Sources
Sources primaires
Reuters – Dépêche sur de possibles investissements liés à Trump et réactions au Venezuela (12 décembre 2025)
AFP – Reportage sur la colère de citoyens et le contexte politique/énergétique (13 décembre 2025)
Ministerio del Poder Popular de Petróleo (Venezuela) – Communiqué sur la politique pétrolière et les partenariats/investissements étrangers (11 décembre 2025)
El Nacional (Venezuela) – Article de terrain sur les manifestations et réactions de la société civile (14 décembre 2025)
Sources secondaires
BBC News – Analyse des enjeux géopolitiques et des sanctions autour du pétrole vénézuélien (15 décembre 2025)
France 24 – Décryptage des implications diplomatiques et économiques de l’affaire (16 décembre 2025)
Bloomberg – Analyse marché/énergie sur le brut vénézuélien et l’intérêt d’investisseurs américains (17 décembre 2025)
International Crisis Group – Note d’analyse sur la dynamique politique interne et les tensions sociales liées à l’économie pétrolière (18 décembre 2025)
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