Les fronts meurtriers
Sur le front de Kupyansk, les combats font rage. L’Institute for the Study of War rapporte que les forces russes continuent leurs opérations offensives dans cette direction stratégique, mais sans progrès significatif. Les Ukrainiens tiennent. Ils tiennent au nord de Kupyansk et à l’est de la ville, empêchant les Russes de traverser la rivière Oskil. Chaque mètre est arraché au prix du sang. Chaque tranchée conquise coûte des dizaines de vies. Et pour quoi ? Pour une ligne sur une carte ? Pour la satisfaction d’un président enfermé dans son délire de grandeur ? Les soldats russes envoyés là-bas, pour la plupart des jeunes hommes conscrits ou des mobilisés inexpérimentés, ne savent même pas pourquoi ils meurent. On leur a dit qu’ils défendaient leur patrie. Mais la patrie, c’est loin. La patrie, c’est chez eux, en Russie. Pas dans la boue de l’est ukrainien.
Dans la région de Pokrovsk, la situation est tout aussi terrifiante. Les forces russes ont récemment avancé dans le nord de Pokrovsk, dans des zones où elles avaient auparavant mené des missions d’infiltration. Les Ukrainiens contre-attaquent. Ils se battent avec une rage que personne ne peut comprendre sauf ceux qui défendent leur maison. Le colonel Viktor Trehubov, porte-parole de la Force opérationnelle interarmées ukrainienne, a rapporté que les forces russes intensifient leurs efforts d’infiltration à Lyman et tentent d’avancer vers Sloviansk. Ils y mettent tout. Ils envoient des vagues d’hommes, comme s’ils étaient inexhaustibles. Mais chaque homme a un visage. Chaque homme a une histoire. Chaque homme a quelqu’un qui l’attend.
Et moi je me demande : à quel moment un être humain décide-t-il de faire ça à un autre être humain ? À quel moment un général signe un ordre qui envoie des centaines d’hommes à la mort certaine pour gagner quelques mètres de terre boueuse ? Je ne comprends pas. Je n’arriverai jamais à comprendre. C’est inacceptable. C’est insupportable. C’est révoltant. Hier encore, ces huit cent quatre-vingts hommes mangeaient peut-être avec leurs camarades. Ils riaient d’une blague stupide. Ils pensaient à leur retour. À leur femme qui les attend. À leur enfant qui grandit sans eux. Et puis… BANG. Un obus. Un drone. Une balle perdue. Et tout s’arrête. Plus jamais. Ils ne reverront plus personne. Personne ne les reverra non plus.
Section 2 : La douleur des invisibles
Ceux qui restent
À Kupyansk même, les Ukrainiens estiment qu’il reste entre 25 et 90 soldats russes dans la ville. La plupart des figures avancent le nombre de 50 à 60. Cinquante à soixante hommes. Cinquante à soixante vies suspendues dans une ville en ruines. Ils sont encerclés. Ils sont isolés. Ils savent probablement que leur sort est scellé. Chaque jour qui passe réduit leurs chances de survie. Et quelque part en Russie, cinquante à soixante familles attendent des nouvelles. Elles regardent les nouvelles. Elles scrolment sur les réseaux sociaux à la recherche d’une information, d’une confirmation, de quelque chose. Mais le silence est assourdissant.
Le colonel Trehubov a déclaré que les forces ukrainiennes maintiennent des positions au nord de Kupyansk et à l’est de la ville, de l’autre côté de la rivière Oskil, empêchant les Russes de traverser. La rivière est devenue une frontière entre la vie et la mort. D’un côté, l’espoir peut-être. De l’autre, l’impasse. Ces soldats russes piégés dans Kupyansk sont devenus des fantômes. Ils existent, mais ils n’existent plus. Le Kremlin a oublié qu’ils étaient là. Les généraux ont oublié leurs noms. Seules leurs familles se souviennent encore. Seules leurs mères prient encore. Seuls leurs enfants attendent encore.
Vous voulez savoir ce qui me reste de ces histoires ? Une image. Une seule. Celle d’une mère en Russie, quelque part dans une petite ville de province. Elle est assise à sa table de cuisine. Le thé est froid devant elle. Elle tient son téléphone dans les mains, les jointures blanches de tension. Elle attend. Elle espère. Elle pleure peut-être déjà, sans même le savoir. Son fils avait 23 ans. Il avait été mobilisé l’année dernière. Il lui avait promis qu’il rentrerait bientôt. « Maman, ne t’inquiète pas », lui avait-il dit. « Je serai bientôt de retour. » Il lui avait dit ça il y a six mois. Elle n’a plus eu de nouvelles depuis deux semaines. Elle ne sait pas s’il est à Kupyansk. Elle ne sait pas s’il est à Pokrovsk. Elle ne sait pas s’il est vivant. Ou mort. Elle attend. Elle attend toujours.
Section 3 : L'acharnement meurtrier
Les frappes continuent
La guerre ne se contente pas de broyer les vies sur le front. Elle frappe aussi l’arrière. Dans la nuit du 10 au 11 janvier, les forces russes ont lancé 154 drones Shahed, Gerbera et d’autres types de drones de frappe contre l’Ukraine. Cent cinquante-quatre drones. Cent cinquante-quatre engins de mort qui traversent le ciel nocturne comme des insectes voraces. Les Ukrainiens en ont abattu 125. Vingt-deux ont frappé 18 localités. Les drones russes ont touché des bâtiments résidentiels à Sheptaky, dans l’oblast de Tchernihiv. Ils ont frappé des infrastructures civiles à Nijyn et Semenivka. Ils ont frappé Kharkiv. Ils ont frappé Sarny, dans l’oblast de Rivne.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que les forces russes avaient lancé près de 1 100 drones de frappe à longue portée, plus de 890 bombes guidées planantes et plus de 50 missiles de croisière et balistiques contre l’Ukraine au cours de la semaine passée (depuis environ le 4 janvier). Près de 1 100 drones en une semaine. Plus de 890 bombes. Plus de 50 missiles. Et Zelensky a précisé que les forces russes visaient principalement les infrastructures énergétiques et les bâtiments résidentiels avec ces frappes. Pas des cibles militaires. Des maisons. Des immeubles. Des gens qui dorment. Des enfants qui rêvent.
Fermez les yeux. Représentez-vous la scène. Il est 3 heures du matin. Vous dormez paisiblement dans votre lit. Soudain, le sifflement. Puis l’explosion. Les vitres volent en éclats. Le plafond s’effondre. Vous vous réveillez dans le chaos, la poussière, les cris. Votre enfant pleure dans la pièce à côté. Vous courez. Vous trébuchez sur des débris. Vous arrivez dans sa chambre. Le mur a disparu. Son lit est couvert de poussière. Il est là, tremblant, terrorisé. Il a peur. Il ne comprend pas. « Papa, qu’est-ce qui se passe ? » demande-t-il. Que lui répondez-vous ? Que dites-vous à un enfant de six ans dont le monde vient de s’effondrer en quelques secondes ? Comment lui expliquez-vous que quelqu’un, quelque part, a décidé que sa vie ne valait pas la peine d’être épargnée ?
Section 4 : La réponse ukrainienne
Les frappes de représailles
Les Ukrainiens ne se contentent pas de subir. Ils frappent aussi. Dans la nuit du 10 au 11 janvier, les forces ukrainiennes ont continué leur campagne de frappes à longue portée contre les infrastructures pétrolières russes. Des drones ukrainiens ont frappé les plateformes de forage de Lukoil dans les champs pétrolifères de Filanovsky, Graifer et Korchagine en mer Caspienne. La mer Caspienne. Des frappes ukrainiennes en mer Caspienne. Qui aurait cru possible ça, il y a quatre ans ? Qui aurait imaginé que l’Ukraine frapperait les infrastructures pétrolières russes à des centaines de kilomètres de son territoire ? Les forces ukrainiennes ont frappé des infrastructures pétrolières en mer Caspienne au moins cinq fois depuis le 10 décembre 2025. C’est une nouvelle ère de la guerre. Une guerre sans frontières. Une guerre où personne n’est à l’abri.
Les Ukrainiens ont également frappé des actifs militaires russes dans les territoires occupés. L’État-major ukrainien a rapporté que les forces ukrainiennes avaient frappé un système de défense aérienne Buk-M3 près de Baranycheve, dans l’oblast de Louhansk, à environ 20 kilomètres derrière la ligne de front. Un système Buk-M3 détruit. Un système moderne, coûteux, détruit par une frappe ukrainienne précise. Et dans l’oblast de Kherson occupé, les Ukrainiens ont frappé un dépôt d’une unité logistique de la 49e armée combinée russe près de Novotroitske, à environ 79 kilomètres de la rive orientale du fleuve Dniepr. Les Ukrainiens frappent loin. Ils frappent fort. Ils frappent précisément.
Et là, je jubile. Désolé si ça choque, mais je jubile. Après des mois à voir les Ukrainiens encaisser, les voir perdre, les voir mourir, les voir frapper aussi fort, aussi précisément — ça fait du bien. Vraiment. Vous savez ce que c’est d’attendre une bonne nouvelle pendant des semaines ? Et puis soudain — BANG. Elle arrive. Et tout le corps se relâche. Les Ukrainiens frappent les infrastructures pétrolières russes en mer Caspienne. Ils détruisent des systèmes de défense aérienne russes. Ils frappent des dépôts logistiques. Ils montrent que même avec moins de ressources, même contre une puissance plus grande, ils peuvent faire mal. Ils peuvent faire mal au cœur même de la machine de guerre russe. Et ça, c’est une victoire. Une petite victoire dans un océan de souffrance, mais une victoire quand même.
Section 5 : Les nouvelles menaces
Le Geran-5
La guerre évolue. Elle devient plus sophistiquée. Plus terrifiante. L’Institute for the Study of War rapporte que les forces russes déploient une nouvelle variante de drone de frappe à longue portée, le Geran-5, un drone dérivé d’un concept de drone d’interception iranien. Le Geran-5. Un nouveau monstre dans le ciel. La Direction principale du renseignement militaire ukrainien (GUR) a rapporté le 11 janvier que les forces russes avaient utilisé un nouveau drone de frappe Geran-5 lors de frappes aériennes combinées contre l’Ukraine entre le 1er et le 11 janvier.
Le GUR indique que le Geran-5 peut transporter une ogive d’environ 90 kilogrammes, a une portée déclarée d’environ 1 000 kilomètres et possède des composants et un assemblage similaires aux autres drones Geran. La Russie a probablement ouvert une ligne de production intérieure pour ce nouveau type de drone, rendue possible grâce à un transfert de technologie iranien. La Russie produit ses drones Geran dans la zone économique spéciale d’Alabuga (ZSEA), bien que l’endroit où la Russie pourrait produire le Geran-5 reste flou. Mille kilomètres de portée. Mille kilomètres. À partir du territoire russe, ces drones peuvent frapper presque n’importe où en Ukraine. Et peut-être bientôt au-delà.
Chaque fois que j’apprends l’existence d’une nouvelle arme, d’un nouveau drone, d’un nouveau missile, j’ai ce serrement dans la poitrine. Comme si quelqu’un pressait mon cœur avec une pince. Le Geran-5. Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’est-ce que ça va changer ? Combien de vies supplémentaires cette nouvelle arme va-t-elle faucher ? Combien de mères supplémentaires vont attendre un appel qui ne viendra jamais ? Et pourquoi ? Pourquoi créer de nouvelles façons de tuer ? Pourquoi inventer de nouveaux moyens de destruction ? L’humanité a déjà assez d’armes pour se détruire dix fois. Nous n’avons pas besoin de nouvelles façons de nous entretuer. Mais les généraux, les ingénieurs, les politiques — ils continuent. Ils innovent. Ils améliorent. Ils perfectionnent l’art de tuer.
Section 6 : La géographie de la mort
Les fronts multiples
La guerre n’est pas limitée à un endroit. Elle s’étend sur des centaines de kilomètres. Dans l’oblast de Donetsk, les forces russes continuent leurs opérations offensives dans la direction de Sloviansk, mais sans avancées confirmées. Elles attaquent près et dans Lyman même. Elles avancent vers le nord-ouest de Lyman près de Novoselivka, vers l’ouest de Dibrova, et près d’Ozerne, au sud-est de Lyman. Les combats sont incessants. Chaque jour, de nouvelles attaques. Chaque jour, de nouveaux morts. Les forces russes avancent dans la zone tactique de Kostyantynivka-Druzhkivka, avec des progrès récents dans l’est de Kostyantynivka. Elles avancent également dans la direction de Pokrovsk, avec des avancées dans le nord de Pokrovsk.
Dans l’oblast de Zaporijjia, la situation est tout aussi préoccupante. Les forces russes ont récemment avancé dans la direction de Hulyaipole, avec des progrès dans le nord-ouest et le centre de Hulyaipole et à l’ouest de Pryluky, au nord-ouest de Hulyaipole. Elles ont également avancé dans l’ouest de l’oblast de Zaporijjia, jusqu’à l’embouchure de la rivière Kinka à l’ouest de Prymorske, au nord-ouest d’Orikhiv. Une ligne de front immense. Des centaines de kilomètres de tranchées, de cratères, de ruines. Des milliers d’hommes face à face, prêts à s’entretuer sur ordre de chefs qu’ils ne verront jamais.
S’il y a un endroit sur cette terre qui sent la mort, c’est bien cette ligne de front. Je peux presque l’imaginer. L’odeur de la poudre. L’odeur des corps qui commencent à se décomposer. L’odeur de la boue, de la crasse, du sang mélangé. Le bruit constant des tirs d’artillerie. Les sifflements des obus. Les cris des blessés. Le silence, parfois, quand tout s’arrête pour quelques secondes, juste avant la prochaine frappe. Comment peut-on vivre là-dedans ? Comment peut-on rester humain là-dedans ? Les soldats des deux côtés sont des hommes. Des hommes avec des mères, des épouses, des enfants. Des hommes qui aimaient, riaient, pleuraient, espéraient. Maintenant, ils ne sont que des instruments de mort. Des outils au service d’une cause qu’ils ne comprennent peut-être même plus.
Section 7 : Le coût invisible
Les pertes matérielles
Huit cent quatre-vingts soldats. C’est le chiffre le plus frappant. Mais ce n’est pas le seul. Au cours de la seule journée du 10 janvier, la Russie a également perdu quatre chars. Quatre chars modernes, coûteux, complexes, réduits à l’état d’épaves fumantes dans la boue ukrainienne. Seize systèmes d’artillerie. Seize pièces d’artillerie capables de tirer à des kilomètres de distance, détruites par des frappes ukrainiennes précises. Un système de lancement multiple de roquettes supplémentaire. Quatre-vingt-quatre véhicules et camions citernes. Soixante-cinq drones tactiques supplémentaires. Dix-huit missiles de croisière de plus. Deux équipements spéciaux.
Et au total, depuis le début de la guerre, les pertes sont vertigineuses. 11 530 chars. Presque douze mille chars. Plus de chars que n’importe quelle armée au monde n’en a jamais possédé en temps de paix. 23 882 véhicules de combat blindés. 35 908 systèmes d’artillerie. 1 597 systèmes de lancement multiple de roquettes. 1 269 systèmes de défense aérienne. 434 avions. 347 hélicoptères. 103 414 drones tactiques. 4 155 missiles de croisière. 28 navires/bateaux. Deux sous-marins. 73 510 véhicules et camions citernes. 4 037 équipements spéciaux. Des milliards de dollars de destruction. Des ressources immenses gâchées. Du métal, du plastique, de l’électronique, du carburant — tout transformé en ruines.
Mais vous savez ce qui me reste de tout ça ? Pas les chiffres. Pas les statistiques. Pas les milliards de dollars. C’est l’image d’un char. Un char russe détruit, enfoui dans la boue d’un champ ukrainien. La tourelle a été soufflée. Le châssis est tordu. Des débris partout. Des morceaux de métal, de verre, de plastique. Et autour, dans la boue, on devine des traces. Des empreintes de bottes. Des traces de sang. Quelqu’un est mort là. Quelqu’un qui, quelques heures plus tôt, était assis dans ce char, vivant, respirant, pensant. Maintenant, il n’est plus qu’un corps déchiqueté, enfoui quelque part dans l’épave. Son char, son armure, sa protection, est devenu son tombeau. Et à des milliers de kilomètres de là, sa mère attend toujours.
Section 8 : L'horreur sans fin
La guerre continue
Le pire, dans tout ça, c’est qu’il n’y a pas de fin en vue. Aucun des deux camps ne semble près de céder. Les Russes continuent d’envoyer des hommes au massacre. Les Ukrainiens continuent de se battre avec une fureur désespérée. Les négociations sont au point mort. Les espoirs de paix sont minces. La guerre s’installe dans la durée. Elle devient une réalité permanente, un fond sonore constant de la vie en Ukraine et en Russie. Les nouvelles du front deviennent routinières. « Huit cent quatre-vingts soldats russes tués aujourd’hui. » Comme si c’était normal. Comme si c’était acceptable. Comme si c’était juste une statistique de plus dans un rapport.
Les forces russes intensifient leurs efforts d’infiltration. Elles envoient de petites équipes en territoire ukrainien, pour tester les défenses, pour trouver des faiblesses, pour semer le chaos. L’ISW rapporte que des forces russes opéraient dans le sud de Podoly, à l’est de Kupyansk, lors de ce que l’ISW évalue être une mission d’infiltration qui n’a pas modifié le contrôle du terrain. Des infiltrations constantes. Des provocations répétées. Des escarmouches nocturnes. La guerre s’est infiltrée dans tous les interstices de la vie. Elle est devenue omniprésente, inévitable, éternelle.
Et je me pose une question qui me hante : comment continuer après ? Comment les Ukrainiens continuent-ils à vivre avec ça jour après jour ? Comment les Russes continuent-ils à envoyer leurs fils mourir jour après jour ? Où est la limite ? Où est le moment où quelqu’un dira « stop » ? Où est le moment où quelqu’un dira « assez » ? Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. Je vois ces chiffres chaque jour. Huit cent quatre-vingts aujourd’hui. Sept cent cinquante demain. Neuf cents après-demain. Et je me demande : combien encore ? Combien de vies sacrifiées avant que quelqu’un réalise l’absurdité totale de cette guerre ? Combien de mères attendront-elles encore un appel qui ne viendra jamais ?
Section 9 : Le poids des ombres
Ceux qui ne sont pas revenus
Chaque mort laisse un vide. Un trou dans le tissu de la vie. Une famille incomplète. Une place vide à table. Un enfant qui grandira sans père. Une épouse qui vieillira seule. Une mère qui portera le deuil jusqu’à sa propre mort. Les vides s’accumulent. Ils s’empilent les uns sur les autres, créant un paysage de douleur qui s’étend bien au-delà du front. Dans chaque ville russe, dans chaque village ukrainien, il y a des maisons où le silence est devenu permanent. Des maisons où les rires ne résonnent plus. Des maisons où l’attente est devenue la seule occupation.
Les huit cent quatre-vingts soldats russes morts le 10 janvier 2026 laissent derrière eux huit cent quatre-vingts familles en deuil. Peut-être plus. Peut-être que certains étaient célibataires. Peut-être que certains n’avaient personne. Mais la plupart avaient quelqu’un. Quelqu’un qui les aimait. Quelqu’un qui les attendait. Quelqu’un dont le monde s’est effondré ce jour-là. Huit cent quatre-vingts mondes brisés. Huit cent quatre-vingts universes qui se sont arrêtés brusquement, sans préavis, sans explication. Juste un coup de téléphone. Une notification. Un visiteur à la porte. Et puis le vide.
Je pense à cette mère, quelque part en Russie. Elle est toujours assise à sa table de cuisine. Le thé est froid depuis longtemps. Elle tient toujours son téléphone. Ses mains tremblent maintenant. Elle a peut-être reçu la nouvelle. Ou peut-être qu’elle attend toujours. L’incertitude est parfois pire que la certitude. L’espoir est une torture quand on sait qu’il est vain. Son fils avait 23 ans. Il aimait le football. Il voulait devenir ingénieur. Il lui avait promis qu’il rentrerait bientôt. « Maman, ne t’inquiète pas », lui avait-il dit. Il lui avait dit ça il y a six mois. Elle attend toujours. Elle attend toujours, même si au fond d’elle, elle sait qu’elle n’attend plus rien. Elle attend parce que c’est tout ce qui lui reste à faire.
Conclusion : Les fantômes de demain
Le silence après
La guerre continue. Les obus continuent de tomber. Les drones continuent de voler. Les hommes continuent de mourir. Aujourd’hui, huit cent quatre-vingts. Demain, peut-être un autre millier. Après-demain, peut-être encore plus. Le décompte s’élève. Le nombre de morts augmente chaque jour, inéluctablement, implacablement. Et le monde regarde. Parfois avec horreur. Souvent avec indifférence. Rarement avec l’urgence que cette catastrophe mérite. Les nouvelles deviennent du bruit de fond. Les statistiques deviennent des chiffres sans signification. Les vies deviennent des unités comptables.
Mais chaque mort était un être humain. Chaque mort avait un nom. Chaque mort avait une histoire. Chaque mort avait quelqu’un qui l’aimait. Ces huit cent quatre-vingts soldats russes morts le 10 janvier 2026 n’étaient pas juste un chiffre dans un communiqué de l’État-major ukrainien. C’était huit cent quatre-vingts fils. Huit cent quatre-vingts frères. Huit cent quatre-vingts maris peut-être. Huit cent quatre-vingts pères peut-être. Huit cent quatre-vingts êtres humains qui auraient pu vivre, aimer, rire, pleurer, espérer. Au lieu de ça, ils sont morts. Pour rien. Pour une guerre que personne ne comprend plus. Pour une cause qui ne justifie pas ce sacrifice.
Huit cent quatre-vingts hommes. Huit cent quatre-vingts vies. Huit cent quatre-vingts mondes qui se sont éteints en un jour. Et moi je me demande : combien encore ? Combien de mères attendront-elles encore un appel qui ne viendra jamais ? Combien d’enfants grandiront-ils sans père ? Combien d’épouses vieilliront-elles seules ? À quel moment cette folie s’arrêtera-t-elle ? À quel moment quelqu’un aura-t-il le courage de dire stop ? Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. Ce que je sais, c’est que ce matin, quelque part en Russie, une mère attend toujours. Elle attend un appel qui ne viendra jamais. Elle attend un fils qui ne reviendra jamais. Et quelque part en Ukraine, un soldat ukrainien se demande combien d’autres il devra tuer avant que tout ça s’arrête. La guerre continue. Les morts s’accumulent. Et nous, nous regardons. Nous attendons. Nous espérons. Mais l’espoir s’use. La patience s’érode. La colère monte. Et au fond de moi, j’ai peur. J’ai peur que ça ne finisse jamais. J’ai peur que nous nous habituions à l’horreur. J’ai peur que huit cent quatre-vingts morts deviennent « normaux ». J’ai peur que la folie devienne la nouvelle normalité.
Sources
Sources primaires
ArmyInform, « Minus 880 occupiers, 4 tanks and 16 artillery systems: Russian losses over the past day », 10 janvier 2026, 12:14
Ukrinform, « Russian army loses another 880 soldiers in war against Ukraine », 10 janvier 2026, 08:29
Sources secondaires
Institute for the Study of War, « Russian Offensive Campaign Assessment, January 11, 2026 », 11 janvier 2026
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