Mariupol sous le feu des drones
La première cible, les opérateurs ukrainiens l’ont désignée comme priorité absolue. La sous-station électrique Myrna de 330 kV à Mariupol. Ce n’est pas juste une installation électrique. C’est un nœud stratégique du réseau d’alimentation de toute la région. Une station de transit pour la sous-station Azovska. Quand les drones FPV ont frappé, les images montraient des flammes qui jaillissaient des transformateurs. La fumée s’est élevée dans le ciel nocturne. Pour les Russes, c’était plus qu’une panne d’électricité. C’était un coup porté à leur capacité militaro-industrielle. Mariupol, ville martyre bombardée pendant des semaines en 2022, devenue plaque tournante logistique russe. Et cette nuit, les Ukrainiens l’ont frappée à l’endroit où ça fait mal. Là où l’énergie circule. Là où les machines de guerre s’alimentent. Là où l’occupation puise sa force.
La vidéo publiée par Robert Brovdi montre la précision chirurgicale des frappes. Le drone s’approche. La caméra tremble légèrement. L’impact est net. L’explosion suit. Pas d’hésitation. Pas de chance pour les occupants. Dans un communiqué, les Forces de systèmes sans pilote ont expliqué que cette sous-station servait les intérêts du complexe militaro-industriel russe. En d’autres termes : elle alimentait les usines qui fabriquent les armes qui tuent des Ukrainiens. Et cette nuit, ces usines ont reçu un message. Un message qui dit : vous n’êtes pas inatteignables. Personne n’est inatteignable. Pas même à des centaines de kilomètres du front.
Staryi Krym — le coup de grâce
Peu de temps après l’attaque de Mariupol, les opérateurs ukrainiens se sont tournés vers une deuxième cible. La sous-station Azovska de 220 kV à Staryi Krym. Un autre nœud critique du réseau électrique régional. Un autre point névralgique de l’industrie occupée. Cette fois encore, les images montrent des explosions. Des flammes. Des dégâts irréparables. Pour les Russes, c’était une double punition. Pas une, mais deux installations stratégiques frappées dans la même nuit. Pas un accident, mais une opération coordonnée. Planifiée. Exécutée avec précision. Le genre d’opération qui envoie un message clair : nous savons où vous êtes. Nous savons ce qui est important pour vous. Et nous pouvons frapper quand nous voulons.
Staryi Krym, comme Mariupol, n’est pas une ville frontalière. C’est dans l’arrière. Là où les Russes pensent être en sécurité. Là où ils installent leurs infrastructures critiques. Là où ils accumulent leurs réserves. Mais cette nuit, cette illusion s’est évaporée. Les ukrainiens ont démontré une nouvelle fois que la notion d’arrière n’existe plus dans cette guerre. Pas quand vous avez des drones qui peuvent voler des centaines de kilomètres. Pas quand vous avez des hommes comme Robert Brovdi qui comprennent que la meilleure façon de vaincre, c’est de frapper l’ennemi là où il ne s’y attend pas. Là où il se sent le plus en sécurité. Là où il baisse sa garde.
Je regarde ces vidéos et je me demande : que ressentent les soldats russes qui voient ces drones arriver ? Ils savent qu’ils ne peuvent rien faire. Les missiles sol-air sont conçus pour les avions, pas pour les petits engins qui volent à basse altitude. Les canons antiaériens sont trop lents. Ils sont impuissants. Et c’est ça, le pire sentiment au monde. La connaissance que vous allez mourir et que vous ne pouvez rien faire pour l’empêcher. Je ne souhaite ça à personne. Mais je comprends pourquoi les Ukrainiens utilisent cette méthode. Quand on affronte un ennemi qui a dix fois plus d’équipements, dix fois plus de soldats, dix fois plus de budget — il faut être créatif. Il faut trouver un moyen de compenser. Et les drones, c’est ça : un égaliseur.
Section 3 : Makiivka — le dépôt qui n'a pas survécu
L’incendie qui a tout révélé
Le soir de l’attaque, avant même que les drones ukrainiens ne frappent, les résidents de Makiivka avaient commencé à enregistrer des vidéos. Elles montraient un incendie massif. Des explosions qui illuminaient le ciel. Des flammes qui montaient à des dizaines de mètres de haut. Quelque chose brûlait dans la zone militaire russe. Les résidents savaient qu’il s’agissait d’un dépôt. Ils ne savaient pas ce qu’il contenait. Mais l’intensité des explosions révélait l’ampleur des pertes. Ce n’était pas des munitions de petit calibre. C’était des roquettes. De l’artillerie lourde. Des armes de destruction massive. Et elles brûlaient toutes en même temps. Le lendemain matin, les Forces de systèmes sans pilote ont confirmé : un dépôt de missiles et d’armes d’artillerie de la 51e Armée russe avait été détruit.
Makiivka n’est pas n’importe quelle ville. C’est un hub logistique majeur pour les forces russes dans la région de Donetsk. C’est là qu’ils stockent leurs réserves. C’est là qu’ils déploient leurs troupes. C’est là qu’ils préparent leurs offensives. Y compris dans des installations civiles. Cette pratique, transformer des sites civils en installations militaires, est interdite par le droit international. Mais les Russes s’en fichent. Ils ont envahi. Ils occupent. Ils font ce qu’ils veulent. Sauf que cette nuit, ils ont appris que même leurs dépôts les mieux protégés ne sont pas à l’abri. Les drones ukrainiens ont trouvé le moyen de pénétrer les défenses aériennes. Ils ont localisé le dépôt. Ils l’ont frappé. Et maintenant, des milliers d’obus, des centaines de roquettes, des tonnes de munitions — tout est parti en fumée.
Le dépôt de carburant — le dernier coup
Si le dépôt de munitions n’était pas assez, les opérateurs ukrainiens ont ajouté une quatrième cible à leur liste. Un dépôt de carburant et de matériel technique sur le territoire d’une base pétrolière à Makiivka. C’est le genre d’installation qui ne fait pas la une des journaux. Le dépôt de munitions, c’est spectaculaire. Les sous-stations électriques, c’est stratégique. Mais le carburant ? C’est le sang de l’armée. Sans carburant, les tanks ne bougent pas. Les camions ne livrent pas. Les générateurs ne tournent pas. Les soldats n’ont plus de chauffage. Attaquer le réseau énergétique de l’ennemi, c’est le priver de sa capacité de se déplacer, de se battre, de survivre. Et les Ukrainiens le savent. C’est pour ça qu’ils ont visé ce dépôt aussi.
L’impact n’a peut-être pas été aussi spectaculaire que l’explosion du dépôt de munitions. Mais à long terme, il pourrait être tout aussi dévastateur. Les forces russes dans la région de Donetsk dépendent de ces installations logistiques pour mener leurs opérations. En frappant le carburant et les munitions dans la même nuit, les Ukrainiens ont lancé un message sans équivoque : nous ciblons votre chaîne logistique. Nous ciblons votre capacité de guerre. Nous ciblons tout ce qui vous permet de continuer à combattre. Et nous continuerons jusqu’à ce que vous n’ayez plus rien.
Combien de fois doit-on perdre un dépôt avant de comprendre que quelque chose ne va pas ? Les Russes ont eu des années pour préparer cette invasion. Ils ont accumulé des réserves massives. Ils ont construit des lignes de défense impressionnantes. Et pourtant, des drones bon marché continuent de percer leurs défenses. Des hommes avec des casquettes et des barbes continuent de trouver des failles. C’est presque humiliant pour une superpuissance militaire. Mais c’est aussi une leçon. La guerre a changé. L’argent ne garantit plus la victoire. Le nombre de soldats ne garantit plus la victoire. Ce qui compte, c’est l’innovation. C’est l’adaptation. C’est la capacité de changer sa façon de combattre. Et là-dessus, les Ukrainiens gagnent.
Section 4 : L'homme derrière les drones
Robert Brovdi — du trading à la guerre
Robert Brovdi n’était pas censé devenir un héros militaire. Avant 2022, il vivait une vie tout à fait normale. Un homme d’affaires d’Uzhhorod, ville de l’ouest de l’Ukraine près de la frontière slovaque. Il travaillait dans la construction. L’industrie. L’agriculture. Il a même été directeur général d’une société de négoce de céréales. Une carrière respectable. Une vie confortable. Puis l’invasion a commencé. Et Brovdi a fait un choix qui a tout changé. Au lieu de fuir, il s’est engagé. Pas comme officier — il n’avait aucune formation militaire. Mais comme simple soldat. Un conscrit. Dans l’armée ukrainienne, ça arrive souvent depuis 2022. Des hommes de tous horizons qui abandonnent leur vie civile pour défendre leur pays.
C’est au front que Brovdi a découvert les drones. Il a vu comment ils pouvaient transformer le champ de bataille. Comment un petit engin volant pouvait repérer les positions ennemies. Comment il pouvait guider les tirs d’artillerie. Comment il pouvait même frapper directement des cibles. Et il s’est dit : il y a un potentiel énorme là-dedans. Contre les règles militaires, il a acheté son propre drone avec son argent. Il a commencé à expérimenter. Il a appris à attacher des grenades aux drones commerciaux. Il a filmé ses opérations. Il les a partagées sur les réseaux sociaux. Et petit à petit, son unité, qu’il a appelée « Birds of Magyar », est devenue célèbre. Non pas pour sa taille — elle était modeste au début. Mais pour son efficacité. Pour ses résultats. Pour son inventivité.
La montée vers le commandement
En juin 2022, les vidéos de Brovdi montrant comment modifier des drones commerciaux pour les transformer en armes ont commencé à attirer l’attention. Des milliers de vues. Des centaines de commentaires. Des demandes de financement. Brovdi a saisi l’opportunité. Il a commencé à collecter des dons pour acheter plus de drones. Il a entraîné d’autres hommes. Il a développé des tactiques. Et son unité a commencé à produire des résultats. Des résultats concrets. Des véhicules blindés russes détruits. Des positions ennemies repérées. Des vies ukrainiennes sauvées. Le commandement militaire a remarqué. En juin 2025, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a nommé Brovdi commandant des Forces de systèmes sans pilote. Une promotion spectaculaire pour un ancien trader de céréales.
Mais ce n’était pas juste une promotion honorifique. Brovdi a reçu une mission claire : transformer les opérations de drones de l’armée ukrainienne. Créer une structure coordonnée. Développer de nouvelles tactiques. Former plus d’opérateurs. Et c’est ce qu’il a fait. Il a établi un système de points pour récompenser les unités les plus efficaces. Un peu comme un jeu vidéo : détruire une cible ennemie = des points. Les points = des fournitures supplémentaires. Les fournitures = plus de cibles détruites. Un cercle vertueux qui a transformé la guerre des drones en Ukraine. Aujourd’hui, les Forces de systèmes sans pilote représentent 2% du personnel ukrainien. Mais elles causent 33% des pertes russes. Un ratio incroyable. Et cette nuit, les opérations de Brovdi ont encore une fois démontré pourquoi.
Imaginez un instant : un homme qui négociait des contrats de céréales il y a quatre ans commande aujourd’hui l’une des unités les plus meurtrières de l’armée ukrainienne. C’est un scénario de film. Une histoire que personne n’écrirait parce qu’elle semble trop improbable. Mais c’est la réalité. La guerre en Ukraine a créé des héros improbables. Des hommes et des femmes qui n’étaient pas destinés au combat mais qui se sont révélés extraordinaires quand l’heure est venue. Brovdi n’est pas le seul. Il y en a des centaines comme lui. Des milliers peut-être. Des gens ordinaires qui font des choses extraordinaires parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que leur pays dépend d’eux. Parce qu’ils refusent de laisser l’ennemi gagner.
Section 5 : La nouvelle guerre — quand la technologie change tout
L’asymétrie du conflit
Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, les observateurs militaires ont souligné l’énorme déséquilibre entre les deux forces. La Russie a une armée plus grande. Plus de tanks. Plus d’avions. Plus de missiles. Plus de budget. Sur le papier, la Russie devrait gagner facilement. Mais la réalité sur le terrain est différente. Pourquoi ? Parce que la guerre moderne n’est pas seulement une question de nombres. C’est une question d’innovation. D’adaptation. De créativité. Et c’est là que l’Ukraine excelle. Les drones sont l’exemple parfait de cette asymétrie. Un drone FPV ukrainien coûte quelques centaines de dollars. Un véhicule blindé russe coûte des millions. Un missile sol-air russe coûte encore plus. Destroying un drone avec un missile, c’est économiquement absurde. Laisser le drone frapper, c’est accepter des pertes. Dans les deux cas, la Russie perd.
Brovdi l’a expliqué clairement lors d’une conférence à Wiesbaden, en Allemagne, en juillet 2025. Face à des commandants de l’OTAN, il a déclaré que ses équipages pourraient transformer la base de l’OTAN en « un autre Pearl Harbor en 15 minutes sans s’approcher à moins de 10 kilomètres ». Ce n’était pas une menace. C’était un avertissement. Un avertissement sur la vulnérabilité des infrastructures militaires conventionnelles face à cette nouvelle technologie. Et il a ajouté quelque chose de encore plus inquiétant pour l’Occident : « Nous avons déjà franchi le seuil de 400 drones attaquant l’Ukraine par jour. Je ne connais pas un seul pays de l’OTAN capable de défendre ses villes face à 200-300 Shahed chaque jour, sept jours sur sept. Votre sécurité nationale exige une réévaluation stratégique urgente. »
La doctrine du « kill zone »
Depuis sa nomination comme commandant des Forces de systèmes sans pilote, Brovdi a développé une nouvelle doctrine. Il appelle ça la « kill zone » — la zone de mort. Le concept est simple : créer une zone profonde entre le front et l’arrière traditionnel où les drones ukrainiens peuvent opérer librement. Dans cette zone, aucun ennemi n’est en sécurité. Pas les soldats au repos. Pas les dépôts de munitions. Pas les centres de commandement. Pas les infrastructures logistiques. Tout est une cible potentielle. Et les opérateurs ukrainiens ne visent pas n’importe quelles cibles. Ils visent les opérateurs de drones russes qui rendent la vie si difficile aux Ukrainiens sur la ligne de front. Ils visent les unités de renseignement qui repèrent les positions ukrainiennes. Ils visent les centres de commandement qui coordonnent les offensives russes.
Brovdi a fixé un objectif précis à ses unités : tuer ou blesser 35 000 soldats russes par mois. C’est le nombre estimé de nouvelles troupes que la Russie déploie en Ukraine chaque mois. Si les Ukrainiens peuvent neutraliser autant de soldats que la Russie en envoie, l’équilibre du conflit change radicalement. Les statistiques de l’unité de Brovdi sont impressionnantes. En février 2025, il a revendiqué 1 309 soldats russes tués ou blessés. 1 848 en mars. 1 804 en avril. 2 221 en mai. Une tendance à la hausse. Une efficacité croissante. Et ces frappes sur les sous-stations et le dépôt de Makiivka s’inscrivent dans cette stratégie. En ciblant les infrastructures logistiques et énergétiques russes, les Ukrainiens affaiblissent la capacité de l’ennemi à mener la guerre. À long terme, ces frappes cumulées pourraient s’avérer encore plus dévastatrices que les pertes directes sur le champ de bataille.
Il y a une ironie cruelle dans cette guerre. La Russie, avec sa puissance militaire conventionnelle, pensait que l’Ukraine s’effondrerait en quelques jours. Presque trois ans plus tard, l’Ukraine tient toujours. Et les drones ukrainiens continuent de frapper. Chaque nuit. Chaque jour. Avec une persistance qui force le respect. Je ne sais pas comment cette guerre va finir. Personne ne le sait vraiment. Mais ce que je sais, c’est que les Ukrainiens ont redéfini ce que signifie résister. Ils ont montré au monde qu’un petit pays avec une grande détermination peut tenir tête à une superpuissance. Pas avec des armes conventionnelles. Mais avec l’ingéniosité. La créativité. Le courage. Et des milliers de drones.
Section 6 : L'impact stratégique — au-delà des explosions
Déstabiliser l’occupation
Ces attaques coordonnées contre les infrastructures russes dans la région de Donetsk occupée ont un impact qui va bien au-delà des dégâts matériels. Oui, le dépôt de munitions est détruit. Oui, les sous-stations sont endommagées. Oui, le carburant est en feu. Mais le véritable effet, c’est psychologique. Pour les occupants russes, le message est clair : vous n’êtes nulle part en sécurité. Pas à Mariupol. Pas à Makiivka. Pas à Staryi Krym. Nulle part. Chaque nuit, vous devez vous demander si vous serez la prochaine cible. Chaque matin, vous devez vérifier si votre dépôt a explosé. Chaque jour, vous devez vivre avec la certitude que l’ennemi peut vous atteindre quand il veut. C’est ça, la vraie guerre. Pas seulement des explosions, mais l’incertitude constante. La peur qui s’installe. Le doute qui s’infiltre.
Pour les Ukrainiens vivant sous occupation, ces attaques sont autre chose. Elles sont un signe. Un signe que l’Ukraine n’a pas oublié. Un signe que Kiev continue de se battre pour eux. Un signe que l’occupation n’est pas éternelle. Quand les explosions ont éclaté dans la nuit du 12 au 13 janvier, combien de familles ukrainiennes à Mariupol ont regardé par leur fenêtre en pensant : « Ils sont toujours là. Ils n’ont pas abandonné. » C’est puissant. Ça maintient l’espoir vivant. Ça nourrit la résistance. Ça rappelle aux occupants que même s’ils contrôlent le territoire aujourd’hui, ils ne contrôlent pas le futur.
La guerre des ressources
À un niveau plus tactique, ces frappes s’inscrivent dans une campagne plus large visant à épuiser les ressources russes. Chaque dépôt détruit doit être reconstitué. Chaque sous-station endommagée doit être réparée. Chaque litre de carburant perdu doit être remplacé. Ça coûte de l’argent. Ça demande du temps. Ça nécessite des ressources logistiques. Et la Russie, malgré ses immenses réserves, n’a pas des ressources illimitées. Chaque missile utilisé pour intercepter un drone ukrainien est un missile de moins pour frapper des villes ukrainiennes. Chaque tank détruit par un drone est un tank de moins sur le front. Chaque soldat blessé par une attaque de drone est un soldat qui ne peut pas combattre.
Les frappes de la nuit du 12 au 13 janvier s’attaquent spécifiquement à cette vulnérabilité. En visant les infrastructures énergétiques, les Ukrainiens s’attaquent à la capacité industrielle russe dans la région occupée. En détruisant les dépôts de munitions et de carburant, ils s’attaquent à la capacité logistique russe. C’est une guerre d’usure. Une guerre où l’objectif n’est pas nécessairement de conquérir du territoire, mais d’épuiser l’ennemi jusqu’à ce qu’il ne puisse plus continuer. Et jusqu’à présent, cette stratégie fonctionne. Les Russes continuent d’avancer dans certains secteurs, mais ils paient un prix de plus en plus élevé pour chaque mètre gagné. Les drones ukrainiens sont une partie importante de cette équation.
Vous savez ce qui me frappe le plus dans tout ça ? Le silence des Russes. Quand ces attaques se produisent, ils ne disent pas grand-chose. Ils les minimisent. Ils les ignorent. Mais les images ne mentent pas. Les flammes ne mentent pas. Les explosions ne mentent pas. Et quelque part dans le Kremlin, quelqu’un doit réaliser que cette guerre ne se passe pas comme prévu. Pas du tout. Les drones ukrainiens sont devenus un cauchemar logistique. Un problème qui ne peut pas être résolu simplement en envoyant plus de troupes. Qui ne peut pas être résolu en construisant plus de lignes de défense. Ça demande une nouvelle approche. Une nouvelle pensée. Une nouvelle façon de faire la guerre. Et ça, c’est exactement ce que les Ukrainiens ont fait.
Conclusion : La nuit où tout a changé
Un message dans le ciel
Dans la matinée du 13 janvier 2026, les résidents de la région de Donetsk occupée se sont réveillés avec une nouvelle réalité. Le dépôt de munitions à Makiivka était en ruines. Les sous-stations de Mariupol et Staryi Krym étaient endommagées. Le dépôt de carburant fumait encore. Et au-dessus de tout ça, le silence des responsables russes. Pas de déclarations triomphantes. Pas de promesses de représailles massives. Juste le silence. Le silence de ceux qui savent qu’ils ont été frappés là où ça fait mal. Là où ils ne s’attendaient pas à l’être. Robert Brovdi et ses hommes avaient accompli leur mission. Quatre cibles. Une nuit. Un impact dévastateur. Mais plus que ça, ils avaient envoyé un message. Un message que toute l’Ukraine a entendu. Un message que la Russie a dû écouter aussi.
Pour Brovdi, cette opération n’était qu’une nuit parmi d’autres. Depuis qu’il a pris le commandement des Forces de systèmes sans pilote, ses unités mènent ce genre d’attaque régulièrement. Chaque nuit, des drones ukrainiens décollent. Chaque nuit, ils trouvent des cibles. Chaque nuit, ils frappent. Et chaque matin, les Russes doivent évaluer les dégâts. C’est une routine. Une nouvelle normale. Une guerre qui ne ressemble à aucune autre dans l’histoire moderne. Une guerre où des petits drones bon marché ont remplacé les bombardiers stratégiques. Une guerre où des hommes d’affaires sont devenus des commandants militaires légendaires. Une guerre où la détermination d’un petit pays défie les calculs des puissants.
Robert Brovdi a 49 ans. Une barbe grise. Une casquette toujours vissée sur la tête. Avant la guerre, il négociait des contrats de céréales. Aujourd’hui, il commande des milliers de drones. Des milliers d’hommes. Des opérations qui changent le cours de la guerre. Dans la nuit du 12 au 13 janvier 2026, ses hommes ont frappé quatre cibles russes. Quatre installations que les occupants pensaient invulnérables. Et ils les ont détruites. Pas avec des missiles coûteux. Pas avec des bombardiers massifs. Avec des drones. Des drones modifiés. Des drones pilotés par des hommes qui refusent de laisser leur pays tomber. Je me demande ce que penserait le Brovdi d’avant-guerre s’il pouvait se voir aujourd’hui. S’il pouvait voir ce qu’il est devenu. Ce qu’il a accompli. Les vies qu’il a sauvées. Les ennemis qu’il a neutralisés. Les espoirs qu’il a nourris. Probablement, il ne reconnaîtrait pas l’homme qu’il est devenu. Mais l’Ukraine le reconnaît. Le monde le reconnaît. L’histoire le reconnaîtra aussi. Et cette nuit du 12 au 13 janvier 2026 restera comme l’une de celles où tout a changé. Où l’impossible est devenu possible. Où un petit pays a montré au monde que la volonté peut vaincre la puissance. Que l’ingéniosité peut vaincre la supériorité numérique. Que l’âme d’un peuple peut être plus forte que les armes d’un empire. Et que dans le ciel noir de la nuit ukrainienne, quelque chose d’autre que des drones vole. L’espoir. Toujours l’espoir.
Sources
Sources primaires
Militarnyi, « Unmanned Systems Forces Drones Hit Ammunition Depot and Two Substations in Occupied Donetsk Region », 13 janvier 2026, https://militarnyi.com/en/news/unmanned-systems-forces-drones-hit-ammunition-depot-and-two-substations-in-occupied-donetsk-region/
Ukrinform, « Ukrainian drones destroy weapons depot in Makiivka, strike energy hub in Crimea », 13 janvier 2026, https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4079820-ukrainian-drones-destroy-weapons-depot-in-makiivka-strike-energy-hub-in-crimea.html
Sources secondaires
David Kirichenko, « Ukraine’s New Drone Boss and the Kill Zone », Center for European Policy Analysis, 6 août 2025, https://cepa.org/article/ukraines-new-drone-boss-and-the-kill-zone/
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