L’arme du froid
La guerre en Ukraine entre dans son quatrième hiver, et avec elle vient une nouvelle forme de barbarie : l’utilisation du froid comme arme de guerre. La Russie a lancé une campagne systématique de bombardements contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes dès 2022, mais cette année, l’intensité a atteint des niveaux sans précédent. Pendant sept jours consécutifs, début janvier 2026, les forces russes ont ciblé quotidiennement les installations de production et de distribution d’énergie, transformant le réseau électrique national en un champ de ruines fumant sous la neige. Yulia Svyrydenko, la première ministre ukrainienne, a affirmé que « l’ennemi a délibérément ciblé des installations de production de chaleur avec des missiles balistiques », précisant que « la situation a été encore compliquée par des conditions météorologiques difficiles et une baisse significative de la température ».
Les chiffres donnent le vertige. En décembre 2025, en moyenne, les résidents de Kyiv ont vécu sans électricité pendant 9,5 heures par jour, alors que le réseau électrique luttait désespérément pour faire face à la demande hivernale. Les ascenseurs des immeubles se sont arrêtés, piégeant les personnes âgées à leur domicile, transformant chaque descente d’escalier en une épreuve d’endurance. Les ronronnements des générateurs sont devenus la bande-son de l’existence quotidienne, une présence constante qui rappelle à chacun que la normalité reste un luxe inaccessible. Et ce n’est pas seulement Kyiv. Dnipropetrovsk et Zaporizhzhia ont également subi des frappes qui ont laissé plus de 13 000 personnes sans approvisionnement dès le dimanche matin. Au total, près de 700 000 consommateurs ont perdu l’électricité pendant la semaine de bombardements avant que le service ne soit rétabli.
Je me demande parfois si ceux qui planifient ces attaques ont une famille. S’ils ont déjà eu froid, vraiment froid, ce froid qui serre la poitrine et empêche de respirer. S’ils ont déjà vu un enfant trembler parce que le radiateur est mort. Parce que si c’est le cas, comment peuvent-ils faire ça ? Comment peuvent-ils dormir la nuit en sachant qu’au même moment, à des milliers de kilomètres, une grand-mère s’effondre parce qu’elle n’a plus la force de lutter contre le froid qui l’envahit ? C’est cette question qui me hante, plus que toutes les analyses stratégiques et géopolitiques du monde.
Une ville dans les ténèbres
Kyiv, la capitale ukrainienne, est devenue le symbole de cette résilience confrontée à l’adversité absolue. Samedi 10 janvier 2026, la ville entière a sombré dans l’obscurité. Pas seulement des pannes localisées, mais une coupure totale. Vitali Klitschko, le maire de la ville, a annoncé que le chauffage avait été rétabli dans environ 85 % des immeubles d’habitation dès le lendemain, mais que plus de 1 000 bâtiments restaient sans chauffage alors que les températures diurnes descendaient à moins dix degrés. Imaginez un instant. Mille bâtiments. Des milliers de familles. Des personnes âgées, des enfants, des malades. Tous dans le froid, tous dans l’incertitude, tous en train de se demander combien de temps ils pourront tenir avant que le froid ne les emporte.
Le Service d’urgence de l’État ukrainien a installé des abris mobiles dans la capitale, offrant des espaces où les habitants peuvent se réchauffer, recharger leurs téléphones et autres appareils, et boire du thé chaud. Ces tentes sont des oasis de chaleur et de solidarité dans un désert de glace et de désespoir. Mais elles ne suffisent pas. Halyna Turchyn a réussi à se procurer des bonbonnes de gaz pour cuisiner pour la première fois depuis qu’elle a perdu l’électricité. « Aujourd’hui, nous allons cuisiner quelque chose à manger, parce que nous n’avons rien cuisiné depuis deux jours », a-t-elle raconté à CNN dans sa cuisine de Kyiv. Galina Turchin, une retraitée de 71 ans, s’est enveloppée de couches de pulls pour essayer de rester au chaud dans son appartement, où une fenêtre a été récemment brisée par des débris d’un drone russe et n’est couverte que par une feuille de plastique. « Nous espérons qu’ils nous donneront du chauffage. Sinon de l’électricité, au moins du chauffage », a-t-elle confié à Reuters, ajoutant qu’elle n’avait pas cuisiné de nourriture depuis deux jours et ne mangeait que des restes de sa cuisine.
Section 3 : La stratégie de l'asphyxie
Une tactique calculée
Les attaques contre les infrastructures énergétiques ne sont pas des accidents de parcours ni des dommages collatéraux. Elles sont le fruit d’une stratégie délibérée, calculée, conçue pour briser la volonté d’un peuple en le plongeant dans la misère la plus totale. La Russie a « de manière répétée ciblé l’infrastructure énergétique de l’Ukraine depuis le lancement de son invasion à grande échelle en 2022, utilisant des vagues de missiles et de drones pour paralyser la production d’énergie dans un effort apparent pour éroder le moral et toucher l’économie », comme le rapporte CNN. Ce n’est pas nouveau. C’est une tactique qui a été utilisée tout au long de l’histoire de la guerre moderne, mais rarement avec une telle intensité et une telle persistance.
La logique est implacablement simple : détruire la capacité d’un pays à fonctionner, à se défendre, à vivre. En coupant l’électricité, on paralyse les hôpitaux. En coupant le chauffage, on menace les vies les plus vulnérables. En coupant l’eau, on crée une crise humanitaire qui force les populations à choisir entre fuir ou mourir. C’est une guerre non pas contre une armée, mais contre une population civile, contre les fondements mêmes de la vie moderne. Et c’est là que réside l’horreur fondamentale de cette tactique : elle ne vise pas à gagner une bataille sur le terrain, mais à briser l’âme d’une nation en faisant souffrir ses habitants. Oleksiy Kuleba, vice-premier ministre pour la restauration de l’Ukraine, a déclaré que « c’était l’une des attaques les plus massives sur l’infrastructure énergétique de la capitale, se produisant précisément pendant une période de détérioration des conditions météorologiques ». Le timing n’est pas un hasard. C’est un choix.
C’est cette froideur calculée qui me glace le sang plus que le froid ukrainien. Ce n’est pas la chaleur de la colère, c’est le glace de l’indifférence méthodique. Quelqu’un, quelque part, a regardé une carte, identifié les cibles, calculé les trajectoires, donné l’ordre de tirer. Tout en sachant. Sachant exactement ce qui allait arriver. Sachant qui allait souffrir. Sachant qui allait mourir peut-être. Et a appuyé sur le bouton quand même. C’est ça, la vraie horreur de la guerre moderne. La distance entre celui qui donne l’ordre et celui qui en subit les conséquences est devenue si grande qu’elle permet à la conscience de s’endormir.
L’érosion du moral
La guerre use tout : les armes, les hommes, les ressources, mais aussi les esprits. Après plus de trois années de conflit, après quatre hivers passés à vivre sous la menace constante des bombardements, après des milliers de morts et des millions de déplacés, il est naturel que la fatigue s’installe. Les attaques contre les infrastructures énergétiques visent précisément ce point faible : la capacité d’une population à supporter l’insupportable indéfiniment. Chaque nuit sans chauffage, chaque jour sans électricité, chaque heure passée à se demander si le prochain missile frappera chez soi ou chez le voisin, c’est une érosion progressive de la résilience qui a fait l’admiration du monde entier.
Mais l’Ukraine ne s’est pas effondrée. Au contraire, face à l’adversité, elle a développé des mécanismes de défense, de survie, de solidarité qui défient l’entendement. Les coupures de courant programmées qui durent environ huit heures à Kyiv sont devenues une nouvelle normalité, une routine que chacun a appris à gérer. Les générateurs se sont multipliés, les stocks de nourriture et d’eau ont été constitués, les réseaux d’entraide se sont renforcés. Klitschko a averti que le système d’approvisionnement en énergie de la capitale ukrainienne reste « très difficile » malgré les travaux de restauration, et que certaines banlieues sont sans électricité depuis quatre jours, les gens descendant dans la rue pour bloquer les routes en signe de protestation. Mais même la protestation est une forme de résistance, un refus d’accepter l’inacceptable comme normal.
Section 4 : La réponse du monde
Le silence complice
Pendant que l’Ukraine brûle, littéralement et figurativement, le monde observe. Et parfois, pire encore, il se tait. Les déclarations de condamnation fusent de toutes parts, mais les missiles continuent de tomber. Les promesses d’aide sont faites, mais l’approvisionnement en armements reste insuffisant. Les appels à la paix sont lancés, mais les pourparlers n’avancent pas. Le pape Léon XIV a réitéré sa demande d’un « cessez-le-feu immédiat » en Ukraine, un appel qu’il a déjà lancé à plusieurs reprises. Récemment, il a également exprimé la disposition du Saint-Siège à soutenir toute initiative susceptible de favoriser la paix. Mais les mots, même les plus sincères, ne suffisent pas.
La réalité est que cette guerre est devenue une réalité télévisée, un spectacle que l’on regarde depuis le confort de son salon, en se disant que c’est terrible, oui, mais qu’il y a tellement d’autres problèmes dans le monde. La fatigue compassionnelle s’est installée, cette capacité humaine à s’habituer à l’horreur quand elle devient permanente, à ce point que chaque nouvelle nouvelle de bombardements suscite de moins en moins d’émotion, de moins en moins d’indignation. C’est peut-être le plus grand danger : non pas que l’Ukraine perde la guerre, mais que le monde oublie qu’elle est en train de se battre pour sa survie. Le pape Léon XIV a le mérite de rappeler, à chaque occasion, que derrière les chiffres et les cartes géographiques, il y a des êtres humains qui souffrent.
Ce qui me révolte, c’est cette capacité que nous avons développée à normaliser l’anormal. Il y a trois ans, l’invasion de l’Ukraine était un choc mondial. Aujourd’hui, c’est une ligne dans le bulletin d’informations, entre la météo et les résultats sportifs. Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment avons-nous pu laisser l’horreur devenir banale ? Je me demande ce que diraient nos descendants s’ils pouvaient nous voir aujourd’hui, assis confortablement devant nos écrans, en train de scroller sur nos téléphones pendant que des gens meurent de froid à des milliers de kilomètres. Je ne veux pas imaginer leur jugement.
Les lueurs d’espoir
Pourtant, tout n’est pas noir. Il y a des lueurs d’espoir, des gestes de solidarité, des moments où l’humanité l’emporte sur l’inhumanité. Le Vatican ne se contente pas de paroles : il se prépare à envoyer trois camions d’aide humanitaire en Ukraine, contenant 100 000 portions de soupe instantanée pour les populations les plus touchées. C’est peu, diront certains. Mais pour la personne qui reçoit cette portion de soupe, qui peut enfin se réchauffer un peu, qui sent que le monde ne l’a pas complètement oubliée, ce n’est pas peu. C’est tout. Les abris mobiles installés par le Service d’urgence de l’État ukrainien sont d’autres signes que la résilience reste vivace, que la solidarité continue d’agir même dans les circonstances les plus difficiles.
Et puis il y a ces histoires individuelles, ces moments de grâce qui émergent des ténèbres. Halyna Turchyn, qui a réussi à cuisiner pour la première fois depuis deux jours. Galina Turchin, qui, malgré son âge et le froid, continue de se battre pour survivre. Les milliers de bénévoles qui travaillent sans relâche pour réparer les infrastructures, distribuer l’aide, soutenir les plus vulnérables. C’est ça, la vraie force de l’Ukraine. Pas seulement ses armes, pas seulement ses soldats, mais cette capacité extraordinaire à continuer d’être humaine dans des conditions qui ont tout pour transformer les hommes en bêtes. Le pape Léon XIV a dit qu’il priait « pour tous ceux qui souffrent ». Mais il y a aussi lieu de prier, et d’admirer, tous ceux qui, malgré la souffrance, continuent de donner, d’aider, de soutenir.
Section 5 : Le poids de l'histoire
Une guerre qui traverse les âges
La guerre en Ukraine n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une histoire longue, complexe, faite d’invasions, d’occupations, de résistances. Les terres ukrainiennes ont vu passer les armées des Mongols, des Polonais, des Autrichiens, des Russes, des Allemands, et bien d’autres encore. Chaque génération a eu à se battre pour son indépendance, son identité, son droit à exister en tant que nation distincte. Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas nouveau. C’est le dernier chapitre d’une longue saga de lutte contre la domination étrangère, une lutte qui a marqué l’ADN même du peuple ukrainien.
Le pape Léon XIV, en tant que chef d’une institution qui traverse les siècles, comprend probablement mieux que quiconque cette dimension historique. L’Église catholique a vu des guerres, des invasions, des effondrements d’empires. Elle sait que les conflits ne sont jamais seulement des événements de l’instant présent, mais qu’ils portent en eux les poids du passé et les germes de l’avenir. En appelant à la fin des attaques contre les infrastructures énergétiques, il ne parle pas seulement de la situation actuelle. Il parle aussi de la nécessité de briser ce cycle de violence qui se répète à travers les âges, de trouver un moyen de construire une paix durable, une paix qui ne soit pas simplement une pause entre deux guerres, mais un véritable arrêt de la folie.
Je pense souvent à cette histoire, à ce que cela doit représenter pour chaque Ukrainien de savoir que ses ancêtres ont vécu la même chose, que ses enfants vivront peut-être la même chose si la paix ne vient pas. C’est un fardeau que je ne peux pas concevoir, un mélange de fierté et de désespoir qui doit peser sur chaque cœur. Comment trouver la force de continuer quand l’histoire semble nous répéter que la violence est la seule constante ? C’est la question qui me tourmente, et dont je n’ai pas la réponse.
La responsabilité de la mémoire
La mémoire est une chose étrange. Elle peut être une force, un moteur de résistance, une source d’inspiration. Mais elle peut aussi être un fardeau, une prison qui empêche de regarder vers l’avenir. Les guerres du passé nourrissent les guerres du présent, les blessures qui ne cicatrisent jamais deviennent les raisons de nouvelles violences, les anciennes injustices justifient les nouvelles cruautés. C’est ce piège que l’Ukraine doit éviter, et que le monde doit l’aider à éviter. La paix ne peut pas être construite sur la vengeance, pas plus qu’elle ne peut être imposée par la force.
Le pape Léon XIV a appelé à la « reprise des efforts en vue de parvenir à la paix », une formulation qui implique que la paix est un processus, un travail continu, pas simplement un événement qui se produit naturellement quand les armes se taisent. La paix exige des concessions, des compromis, la volonté de pardonner, ou du moins de coexister. Elle exige surtout que les leçons du passé soient apprises, pas seulement mémorisées. Chaque missile qui tombe sur une centrale électrique ukrainienne aujourd’hui est un échec de la mémoire collective, un rappel que nous n’avons pas réussi à briser le cycle de la violence, que l’histoire continue de se répéter parce que nous refusons d’apprendre.
Section 6 : La géopolitique de l'hiver
Le calcul froid
La guerre n’est jamais seulement une question de géographie et de stratégie militaire. Elle est aussi, et peut-être surtout, une question de calcul politique, de manœuvres diplomatiques, d’équilibres de pouvoir. Les attaques contre les infrastructures énergétiques de l’Ukraine ne sont pas seulement des actes de guerre ; elles sont des déclarations politiques, des messages envoyés non seulement à Kyiv mais aussi à Moscou, à Bruxelles, à Washington, à Pékin, à toutes les capitales du monde. Le message est simple : la Russie peut encore faire souffrir l’Europe, encore perturber les marchés énergétiques, encore influencer le cours des événements.
L’Union européenne, qui a imposé des sanctions sans précédent contre la Russie, se retrouve confrontée à un dilemme complexe. Comment répondre à ces nouvelles attaques sans risquer une escalade qui pourrait mener à un conflit plus large ? Comment continuer à soutenir l’Ukraine sans s’engager directement dans la guerre ? Comment maintenir l’unité politique face aux pressions économiques et aux divisions internes ? Les réponses ne sont pas simples, et l’hiver ne rend pas les choses plus faciles. Pendant que les Ukrainiens luttent contre le froid, les Européens se demandent combien de temps ils pourront continuer à payer le prix de leur soutien, combien de temps les sanctions resteront en place, combien de temps l’opinion publique acceptera les conséquences économiques d’un conflit qui ne semble jamais devoir finir.
C’est ce cynisme géopolitique qui me révulse le plus. La façon dont les vies humaines sont transformées en pions sur un échiquier, en variables dans des équations politiques dont les termes sont le pouvoir, l’influence, les ressources. Je regarde les négociations, les déclarations, les menaces, et je vois des hommes en costumes discuter du sort de millions de personnes comme s’il s’agissait d’un problème théorique. Et pendant ce temps, à Kyiv, une grand-mère tremble dans son appartement sans chauffage. C’est cette déconnexion entre la réalité vécue et les décisions prises qui me fait perdre foi en l’humanité.
La Chine et le grand jeu
La Chine occupe une place particulière dans cette équation complexe. Partenaire économique de la Russie, partenaire commercial important de l’Ukraine et de l’Europe, Pékin navigue entre ses intérêts divergents avec une habileté qui est sa marque de fabrique. Officiellement neutre, la Chine continue de maintenir des relations avec les deux camps, de vendre des biens, d’acheter des ressources, de préserver ses options ouvertes. Mais chaque jour qui passe renforce l’impression que la Chine attend, observe, calcule, se préparant à profiter de l’issue du conflit, quelle qu’elle soit.
Ce silence, cette absence de condamnation claire et ferme de la Russie, cette réticence à utiliser son influence pour pousser vers une paix équitable, tout cela en dit long sur la nature de la nouvelle géopolitique mondiale. Nous sommes passés d’un monde où les valeurs, même imparfaitement respectées, pouvaient servir de base commune, à un monde où les intérêts sont les seuls arbres qui comptent. Le pape Léon XIV appelle à la fin des attaques contre les civils, à la protection des populations, à la recherche de la paix. Ces appels résonnent-ils à Pékin ? À Moscou ? À Bruxelles ? Ou sont-ils devenus des voix dans le désert, des cris lancés dans un vide géopolitique qui n’a plus de place pour la morale ?
Section 7 : L'économie de la survie
Le coût de la guerre
La guerre coûte cher. Pas seulement en vies humaines, bien sûr, mais aussi en argent, en ressources, en opportunités perdues. L’Ukraine a déjà perdu une part énorme de son infrastructure productive, ses usines, ses ports, ses terres agricoles bombardées, ses villes détruites. Mais ce qui se passe aujourd’hui avec les attaques contre les infrastructures énergétiques ajoute une nouvelle dimension à cette économie de la destruction : le coût de la survie elle-même. Comment une économie peut-elle fonctionner sans électricité ? Comment les entreprises peuvent-elles produire ? Comment les travailleurs peuvent-ils se rendre au travail ? Comment les services essentiels peuvent-ils être maintenus ?
Les réponses sont discourantes. L’économie ukrainienne se contracte année après année, réduite à une économie de survie où chaque jour est un combat pour maintenir un minimum de fonctionnement normal. Le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, l’Union européenne, tous fournissent une aide financière massive, mais même cette aide ne suffit pas à compenser les pertes. Et puis il y a la question de la reconstruction future. Combien cela coûtera-t-il de rebâtir ce qui est en train d’être détruit ? Des centaines de milliards, certainement. Des milliers de milliards peut-être. Qui paiera ? Qui en bénéficiera ? Et surtout, quand cela se fera-t-il ? Tant que la guerre continue, la reconstruction reste un rêve lointain.
Je pense parfois à ces chiffres, ces milliards, ces calculs économiques. Et puis je pense à Galina Turchin, à sa fenêtre brisée couverte de plastique, à ses restes de cuisine. Comment peut-on mettre un prix sur ça ? Comment peut-on calculer le coût de ce qu’elle a perdu, de ce qu’elle endure chaque jour ? C’est là que l’économie atteint ses limites, là où les chiffres ne peuvent plus rien dire. La vraie richesse, le vrai coût de la guerre, se mesurent dans les cœurs brisés, les espoirs détruits, les vies transformées à jamais.
La dépendance énergétique
Les attaques contre les infrastructures énergétiques mettent en lumière une réalité brutale : la dépendance absolue des sociétés modernes à l’énergie. Sans électricité, pas de chauffage, pas de communication, pas de transports, pas de santé, pas d’éducation, pas de vie moderne. C’est une vulnérabilité que la Russie a identifiée et exploitée avec une efficacité terrifiante. Mais c’est aussi une vulnérabilité que nous avons tous, en Europe, en Amérique, partout dans le monde développé. Nous vivons dans des sociétés qui fonctionnent grâce à un réseau énergétique complexe et fragile, et nous avons oublié à quel point nous en dépendons.
Cette guerre nous force à réfléchir à notre propre dépendance énergétique, à notre vulnérabilité face à des acteurs hostiles qui pourraient, un jour, menacer nos propres infrastructures. Les discussions sur la transition énergétique, sur les énergies renouvelables, sur l’indépendance énergétique prennent une nouvelle urgence quand on regarde ce qui se passe en Ukraine. Mais ces discussions risquent de rester théoriques si nous ne comprenons pas la réalité vécue par ceux qui, aujourd’hui, font l’expérience concrète de ce que signifie vivre sans énergie. Le pape Léon XIV a appelé à la fin des attaques contre les infrastructures énergétiques de l’Ukraine. Nous devrions tous écouter cet appel, non seulement par solidarité avec les Ukrainiens, mais aussi pour nous rappeler notre propre vulnérabilité.
Section 8 : La foi dans l'épreuve
L’Église face à la guerre
L’Église catholique a une longue histoire d’engagement pour la paix, de médiation dans les conflits, de soutien aux victimes de la violence. Le pape Léon XIV s’inscrit dans cette tradition, mais il le fait à sa manière, avec sa voix, son style, son approche personnelle. Ses appels à la fin des attaques contre les civils ukrainiens ne sont pas des déclarations politiques anonymes, mais des messages chargés d’émotion et de compassion qui reflètent sa propre sensibilité. En parlant des souffrances de la population civile, en appelant à la cessation de la violence, en soulignant la nécessité de parvenir à la paix, il exerce un rôle que l’Église a toujours occupé : celui de voix de la conscience dans un monde qui a tendance à l’oublier.
Mais l’Église n’est pas seulement une voix qui s’élève du Vatican. Elle est aussi présente sur le terrain, en Ukraine, à travers ses prêtres, ses religieux, ses organisations caritatives qui travaillent directement avec les populations touchées par la guerre. Le Saint-Siège prépare l’envoi de trois camions d’aide humanitaire contenant 100 000 portions de soupe instantanée, mais c’est seulement une partie d’un effort beaucoup plus large. Les paroisses locales, les communautés religieuses, les organisations catholiques de toute l’Europe collectent des fonds, organisent le transport, distribuent l’aide, offrent un soutien spirituel et matériel à ceux qui en ont besoin. C’est cette Église du terrain, cette Église qui est au contact de la réalité, qui donne peut-être le vrai sens à la vocation chrétienne de solidarité.
Je ne suis pas particulièrement religieux, mais je ne peux m’empêcher d’être touché par cette capacité de l’Église à être présente là où la douleur est la plus grande. Pas seulement à travers des déclarations, mais à travers des gestes concrets, des visages qui écoutent, des mains qui aident. Dans un monde où tant d’institutions semblent déconnectées de la réalité, où tant de leaders semblent avoir oublié ce que signifie servir, l’Église, à sa manière, continue d’essayer d’être fidèle à sa mission. Ça ne résout pas tout, ça ne met pas fin à la guerre, mais ça change quelque chose pour celui qui reçoit cette aide, cette écoute, cette présence.
La prière comme résistance
La prière peut sembler futile face aux missiles et aux bombardements. Pourtant, pour beaucoup d’Ukrainiens, elle est devenue une forme de résistance, un moyen de ne pas laisser la guerre détruire leur âme même si elle détruit leurs maisons. Dans les églises de Kyiv, de Lviv, de Odessa, les fidèles se réunissent pour prier non seulement pour leur survie, mais pour la survie de leur nation, pour la paix, pour la fin de la violence. La prière ne remplace pas l’action, mais elle la complète, lui donne un sens, la relie à quelque chose de plus grand que l’immédiat.
Le pape Léon XIV a déclaré qu’il priait « pour tous ceux qui souffrent ». Ces mots ne sont pas vides. Ils expriment une solidarité spirituelle qui transcende les frontières, les nationalités, les religions. En priant pour les Ukrainiens, le pape ne fait pas seulement un geste religieux, il fait un geste politique, il dit au monde que ces souffrances ne sont pas ignorées, qu’elles sont vues, qu’elles comptent. Dans un monde où l’indifférence est devenue la norme, cette capacité à se souvenir, à prier, à se souvenir de ceux qui souffrent, c’est peut-être la plus grande forme de résistance.
Section 9 : Vers demain
Après la guerre
Un jour, la guerre finira. C’est une certitude. Les guerres finissent toujours, tôt ou tard, par épuisement, par victoire, par défaite, par négociation. Mais ce qui est moins certain, c’est ce qu’il restera de l’Ukraine quand les armes se tairont. Les villes seront en ruines, les infrastructures détruites, l’économie exsangue, mais pire encore, les cœurs brisés, les esprits traumatisés, les familles déchirées. La reconstruction physique prendra des décennies et des milliards. La reconstruction morale, spirituelle, psychologique prendra peut-être encore plus longtemps.
C’est pour cela que les appels du pape Léon XIV à la fin des attaques contre les infrastructures énergétiques, à la protection des civils, à la recherche de la paix, sont si importants. Pas seulement parce qu’ils peuvent sauver des vies aujourd’hui, mais parce qu’ils posent les fondations de l’après-guerre. Chaque missile qui ne tombe pas, chaque jour sans bombardement, chaque enfant qui ne grandit pas dans la terreur, c’est un espoir de demain. La paix ne commence pas quand les armes se taisent. Elle commence maintenant, dans chaque geste de solidarité, chaque appel à l’humanité, chaque refus de laisser la barbarie triompher.
Je pense souvent à ce que sera l’Ukraine après la guerre. J’imagine les villes reconstruites, les infrastructures réparées, l’économie relancée. Mais je pense aussi aux cicatrices invisibles, celles qui ne se voient pas sur les bâtiments mais qui sont gravées dans les âmes. Comment guérir de trois ans de terreur ? Comment apprendre à nouveau à faire confiance, à espérer, à aimer après avoir vu le pire de ce que l’humanité peut faire ? Je n’ai pas la réponse, mais je sais que ce sera le véritable défi de l’après-guerre, le test qui déterminera si l’Ukraine survivra non seulement comme nation, mais comme communauté humaine.
Le devoir de mémoire
La mémoire est la seule arme que nous ayons contre l’oubli, et l’oubli est la première étape vers la répétition. Ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine doit être documenté, raconté, enseigné, partagé. Chaque victime, chaque acte de courage, chaque moment d’humanité dans les ténèbres doit être préservé, pas pour nourrir la vengeance, mais pour nourrir la compréhension, la compassion, la volonté de ne jamais laisser cela se reproduire. Le pape Léon XIV a parlé des souffrances de la population civile. Nous devons tous nous faire les témoins de ces souffrances, les porter avec nous, les raconter à nos enfants, nos petits-enfants, aux générations futures.
Car la vérité est que l’histoire ne se répète pas exactement, mais elle rime. Ce qui arrive en Ukraine aujourd’hui pourrait arriver ailleurs demain. Les leçons que nous tirons de cette guerre, ou que nous refusons de tirer, détermineront ce que le monde deviendra. Si nous laissons l’indifférence l’emporter, si nous acceptons que la souffrance des uns soit le prix de la sécurité des autres, si nous oublions que chaque victime est une personne avec un nom, une histoire, des êtres aimés, alors nous préparons le terrain pour les guerres futures. Mais si nous nous souvenons, si nous témoignons, si nous nous engageons à ne jamais accepter l’inacceptable, alors il y a de l’espoir. Pas beaucoup, peut-être, mais suffisamment pour continuer.
Conclusion : La dernière lueur
L’appel qui résonne
Le pape Léon XIV a appelé à mettre fin aux frappes contre les infrastructures énergétiques de l’Ukraine. Il a évoqué les souffrances de la population civile causées par les attaques russes. Il a lancé un appel à la cessation de la violence et à la reprise des efforts en vue de parvenir à la paix. Des mots. Juste des mots. Mais des mots qui ont le pouvoir de réveiller les consciences, de rappeler l’humanité, de pointer le doigt vers l’inhumanité. Des mots qui, même s’ils ne stoppent pas les missiles, marquent quelque chose. Ils disent que le monde ne regarde pas en silence. Ils disent que les souffrances sont vues. Ils disent que l’espoir, même ténu, reste vivant.
Dans les ténèbres de l’hiver ukrainien, dans le froid qui transforme chaque souffle en nuage de vapeur, dans l’obscurité qui engloutit les villes et les villages, il y a encore des lueurs. Les lueurs des bougies dans les églises. Les lueurs des abris mobiles où les gens peuvent se réchauffer. Les lueurs des yeux qui refusent de s’éteindre. Le pape Léon XIV a ajouté sa voix à ces lueurs, et même si elle ne réchauffe pas les corps, elle réchauffe peut-être les cœurs, elle rappelle que personne n’est oublié, elle dit que l’humanité existe encore, quelque part, malgré tout.
La résistance de l’espoir
Je regarde Galina Turchin, cette femme de 71 ans qui s’enroule dans des pulls pour survivre dans son appartement froid, et je vois l’incarnation de la résilience ukrainienne. Je regarde Halyna Turchyn, qui a réussi à cuisiner pour la première fois depuis deux jours, et je vois la victoire de la vie sur la mort. Je regarde les milliers de bénévoles, de travailleurs humanitaires, de simples citoyens qui aident, soutiennent, partagent, et je vois que même dans les ténèbres les plus profondes, l’humanité peut encore briller. La guerre peut détruire les bâtiments, mais elle ne peut pas détruire cette capacité à continuer d’être humain, à continuer de croire, à continuer d’espérer.
Alors oui, le pape a appelé à la fin des attaques. Et oui, la guerre continue. Et oui, les innocents souffrent. Mais nous ne pouvons pas nous résigner. Nous ne pouvons pas accepter. Nous ne pouvons pas oublier. Parce que le moment où nous acceptons l’inacceptable, c’est le moment où nous perdons notre humanité. Alors continuez à prier, si vous croyez. Continuez à espérer, même si c’est difficile. Continuez à témoigner, même si personne n’écoute. Continuez à être humain, surtout quand tout autour de vous pousse à devenir autre chose. C’est ça, la véritable résistance. C’est ça, le seul espoir. Et c’est ça, ce que je retiendrai de ce jour où le pape a parlé et que le monde a continué de tourner comme si de rien n’était.
Sources
Sources primaires
Ukrinform, 12 janvier 2026 : « Le pape Léon XIV appelle à mettre fin aux frappes contre les infrastructures énergétiques de l’Ukraine »
Euromaidan Press, 12 janvier 2026 : « Pope Leo calls for end to violence as Ukraine faces attacks on power infrastructure during harsh weather »
Odessa Journal, 12 janvier 2026 : « The Pope has called for an end to attacks on Ukraine’s energy infrastructure »
Sources secondaires
CNN, 11 janvier 2026 : « ‘We hope they will give us heat’: Bitter winter cold bites for Kyiv’s residents as Russia steps up attacks »
Compte officiel du pape Léon XIV sur X, 11 janvier 2026
Site officiel du Vatican, transcript de l’Angelus du 11 janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.