Une ville qui ne connaît plus la paix
Kharkiv, la seconde plus grande ville d’Ukraine, a encore été frappée aujourd’hui. Quatre morts, six blessés. Les chiffres sont tombés froids, précis, dévastateurs. Oleh Syniehubov, le gouverneur de la région, a communiqué les informations sur Telegram, comme il le fait désormais presque chaque jour. Les attaques russes se poursuivent sans relâche, ses mots habituels, son rôle devenu celui d’un chroniqueur de l’horreur, annonçant les morts comme d’autres annoncent la météo. Kharkiv est une ville qui ne connaît plus la paix. Une ville où le son des sirènes est devenu le bruit de fond, où les explosions sont devenues normales, où la peur s’est installée comme une mauvaise habitude qu’on ne peut plus perdre. Les habitants sortent moins. Les rues se vident davantage chaque jour. La ville est en train de mourir à petit feu, frappée par projectile après projectile, jour après jour, semaine après semaine.
La Russie utilise une tactique terrifiante : le double strike. Les frappes aériennes successives. La première bombe tombe, les gens sortent pour aider les victimes, les secouristes arrivent, et une seconde bombe frappe. C’est ce qui s’est passé à Kharkiv aujourd’hui. Des travailleurs logistiques ont été tués alors qu’ils déchargeaient un véhicule près d’un centre commercial. Des hommes qui travaillaient, qui gagnaient leur vie, qui pensaient probablement à ce qu’ils allaient manger ce soir. Des hommes qui n’ont jamais vu venir la fin. La guerre ne discrimine pas. Elle frappe les soldats et les civils, les militaires et les livreurs, les fronts arrière et les lignes de front. À Kharkiv, comme ailleurs, personne n’est vraiment en sécurité. Le ciel est devenu un ennemi.
Les visages derrière les chiffres
Mais derrière ces chiffres froids, il y a des visages. Des noms. Des histoires. Quatre morts aujourd’hui à Kharkiv. Quatre vies interrompues brutalement. Peut-être qu’un d’entre eux s’appelait Oleksandr. Trente-cinq ans, marié, deux enfants. Il était sorti pour acheter du pain. Il n’est jamais rentré. Peut-être qu’une autre s’appelait Olena. Soixante-douze ans, veuve, elle vivait seule depuis le décès de son mari il y a trois ans. Elle attendait son fils qui devait lui rendre visite ce soir. Il ne trouvera qu’un appartement vide, un téléphone qui ne répondra plus jamais. Chaque victime a une histoire. Chaque mort laisse un vide immense que personne ne peut combler. Et pour chaque victime, il y a des dizaines de personnes touchées. Des parents, des amis, des voisins, des collègues. La guerre ne tue pas seulement les individus. Elle déchire les familles. Elle brise les communautés. Elle laisse des cicatrices qui ne guériront jamais.
Et les six blessés ? Six vies changées à jamais. Peut-être qu’un d’entre eux perdra une jambe. Un autre restera aveugle. Un troisième souffrira de traumatismes psychologiques pour le reste de ses jours. La guerre ne se contente pas de tuer. Elle mutile. Elle marque. Elle laisse des traces indélébiles sur les corps et dans les âmes. Les blessures physiques finissent par guérir, parfois. Mais les blessures psychologiques ? Les cauchemars qui reviennent chaque nuit ? La peur des bruits forts ? La terreur chaque fois qu’un avion passe dans le ciel ? Ça, ça ne s’efface jamais. Les victimes survivent, mais elles ne vivent plus vraiment. Elles existent dans un état de peur constante, attendant la prochaine attaque, la prochaine explosion, la prochaine urgence. La guerre vole le futur autant que le présent.
Vous savez ce qui me révolte le plus ? C’est cette normalisation de l’horreur. On regarde les nouvelles, on voit « 4 morts à Kharkiv », et on hoche la tête. On continue notre journée. On va au travail. On fait nos courses. On vit notre vie. Mais là-bas, là-haut, ce n’est pas normal. Ce n’est pas acceptable. Ce n’est pas humain. Quatre personnes sont mortes aujourd’hui. Quatre familles sont détruites. Quatre centaines de personnes sont en deuil. Et ce n’est qu’un jour. Une seule journée parmi mille quatre cent dix-neuf. Comment on peut s’habituer à ça ? Comment on peut accepter ça ? Moi, je refuse. Je refuse de devenir insensible. Je refuse d’accepter que la mort de civils devienne « l’actualité ». Chaque vie compte. Chaque mort est une tragédie. Chaque blessure est un scandale. Et ça doit rester un scandale. Toujours.
Section 3 : Kyiv dans le noir, dans le froid, dans la peur
L’hiver comme arme de guerre
Pendant que Kharkiv saignait, Kyiv luttait contre un autre ennemi : le froid. Près de huit cents bâtiments résidentiels restent sans chauffage dans la capitale ukrainienne, trois jours après que les Russes aient frappé l’infrastructure énergétique de la ville. Vitali Klitschko, le maire de Kyiv, a confirmé les chiffres avec une lourdeur dans la voix qui en dit long. La guerre a transformé l’hiver en arme. Les missiles et les drones ne visent plus seulement les cibles militaires. Ils visent les systèmes qui maintiennent les gens en vie. Les centrales électriques. Les réseaux de chauffage. Les transformateurs. Les Russes ciblent délibérément les civils, une forme de torture collective, une punition infligée à une population entière pour la crime d’exister, de résister, de refuser de se rendre.
La température à Kyiv en janvier ? Moins dix degrés la nuit. Moins cinq le jour. Un froid qui pénétre les os. Un froid qui tue. Les familles sans chauffage dorment toutes serrées dans une seule pièce, emmitouflées dans tous les vêtements qu’elles possèdent. Les enfants ne peuvent plus dormir normalement. Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables. DTEK, la plus grande entreprise d’énergie privée d’Ukraine, a décrit les dégâts comme « significatifs ». Ce qui, en langage diplomate, signifie catastrophique. Dans la région d’Odesa, au sud, trente-trois mille cinq cents familles ont été plongées dans le noir. Pas de lumière. Pas de chauffage. Pas d’eau courante parfois. La guerre a réduit les villes ukrainiennes à l’âge de pierre, forçant les gens à survivre comme le faisaient leurs arrière-grands-parents, avec des bougies, des poêles à bois, de la patience et beaucoup, beaucoup de peur.
Le contraste brutal de l’hiver
Mais il y a un contraste qui brise le cœur. À Kyiv, dans certains quartiers, la vie continue presque normalement. Les cafés sont ouverts. Les magasins vendent des produits de luxe. Les gens sortent dîner. Et à quelques kilomètres de là, dans d’autres quartiers, des familles grelottent dans leurs appartements, enveloppées dans des couvertures, attendant l’arrivée des techniciens qui pourraient ou non rétablir le chauffage aujourd’hui. La guerre a créé des mondes parallèles. Ceux qui ont encore de l’électricité et ceux qui n’en ont plus. Ceux qui peuvent se chauffer et ceux qui meurent de froid. Ceux qui vivent et ceux qui survivent. Le contraste est brutal. Injuste. Insupportable. C’est comme si la ville avait été coupée en deux, avec la chance d’un côté, le malheur de l’autre. Et la frontière entre les deux ? Un missile. Une bombe. Une décision prise par quelqu’un à des milliers de kilomètres de là.
Pourtant, les Ukrainiens ne se plaignent pas vraiment. Ils endurent. Ils s’adaptent. Ils trouvent des solutions. Les voisins s’entraident. Ceux qui ont encore du chauffage accueillent ceux qui n’en ont plus. Les gens partagent ce qu’ils ont. La solidarité est devenue une arme. Face à l’adversité, face à l’inhumanité de l’agresseur, les Ukrainiens ont trouvé une force collective qui défie toute logique. Ils continuent de vivre. Ils continuent de travailler. Ils continuent d’espérer, même quand tout semble perdu. C’est cette résilience qui fascine le monde. Cette capacité à trouver de la lumière dans l’obscurité, de la chaleur dans le froid, de l’espoir dans le désespoir. Mais cette résilience a un prix. Elle use les âmes. Elle fatigue les corps. Elle épuise les cœurs. Jusqu’où peuvent-ils encore tenir ?
Je pense à ces familles à Kyiv. Je pense à cette mère qui essaie de réchauffer son bébé avec son propre corps parce qu’il n’y a plus de chauffage. Je pense à cette grand-mère qui tremble sous ses couvertures, seule dans son appartement glacé. Et je me demande : comment peut-on faire ça à des gens innocents ? Comment peut-on utiliser l’hiver comme arme ? Comment peut-on viser délibérément les systèmes qui gardent les gens en vie ? C’est cruel. C’est inhumain. C’est lâche. Et ça me révolte jusqu’à la moelle. Les généraux russes qui planifient ces attaques, est-ce qu’ils pensent aux enfants ? Aux personnes âgées ? Aux familles ? Ou est-ce qu’ils ne voient que des cibles ? Des statistiques ? Comment on peut dormir la nuit après avoir ordonné de laisser des civils mourir de froid ? Je ne comprends pas. Je ne veux pas comprendre.
Section 4 : Le ciel ennemi - drones et missiles hypersoniques
Les Shahed, ces oiseaux de mort
Le son caractéristique des drones Shahed. Un vrombissement grave, comme celui d’un scooter qui approcherait, qui s’éloignerait, qui reviendrait. Un bruit qui hante les nuits ukrainiennes. Les Ukrainiens l’ont surnommé le « tracteur volant » ou le « moped de la mort ». Des surnoms sarcastiques pour une réalité terrifiante. Ces drones kamikazes, bon marché mais efficaces, circulent dans le ciel ukrainien, cherchant leurs cibles, attendant le moment propice pour plonger et exploser. Parfois ils visent des installations militaires. Souvent ils frappent des immeubles résidentiels. Des quartiers paisibles. Des endroits où les gens vivent, travaillent, dorment. Les drones ont transformé le ciel en ennemi. Ce qui était autrefois un symbole de liberté, d’espace, d’ouverture, est devenu une menace constante. Les enfants ukrainiens ne regardent plus les nuages avec émerveillement. Ils les scrutent avec peur, cherchant les points noirs qui pourraient leur tomber dessus.
L’impact de ces drones va bien au-delà des dégâts physiques. Ils créent une terreur psychologique permanente. Personne ne sait quand le prochain drone va frapper. Personne ne sait où. Personne ne sait si son quartier sera touché. L’incertitude est une forme de torture. L’ONU l’a confirmé dans son rapport : l’utilisation accrue de drones à courte portée a rendu de nombreuses zones près du front « pratiquement inhabitable ». Danielle Bell, chef de la mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine, l’a dit clairement : « En 2025, de nombreuses personnes qui avaient enduré des années d’hostilités ont finalement été contraintes de quitter leur domicile ». Imaginez. Vous avez vécu dans votre maison toute votre vie. Vos parents y ont vécu. Vos enfants y sont nés. Et puis soudain, vous devez partir. Parce que le ciel au-dessus de chez vous est devenu trop dangereux. Parce que chaque drone qui passe pourrait être le dernier que vous verriez. La guerre vole pas seulement des vies. Elle vole des maisons, des souvenirs, des racines.
L’Oreshnik : l’escalade qui fait trembler
Et puis il y a l’Oreshnik. Le missile hypersonique nucléaire que la Russie a utilisé pour la première fois la semaine dernière. Une arme capable de transporter une ogive nucléaire. Une arme qui peut atteindre des vitesses supersoniques. Une arme qui défie la plupart des systèmes de défense. La Russie a frappé une usine de réparation aéronautique à Lviv, près de la frontière polonaise, près de l’OTAN. Un message menaçant. Une démonstration de force. Un avertissement aux Occidentaux qui soutiennent l’Ukraine. « Nous avons le feu nucléaire, et nous n’hésiterons pas à l’utiliser », semble dire le Kremlin. Les États-Unis ont dénoncé ce qui ils appellent une « escalade inexplicable » lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Mais les mots n’arrêtent pas les missiles. Les condamnations ne protègent pas les civils.
L’Oreshnik représente une nouvelle étape dans cette guerre. Une étape terrifiante. Si la Russie commence à utiliser des missiles hypersoniques régulièrement, l’Ukraine sera encore plus vulnérable. Les villes qui se croyaient relativement sûres, comme Lviv à l’ouest, ne le seront plus. Aucun endroit en Ukraine n’est vraiment à l’abri. Et si l’Oreshnik peut transporter une ogive nucléaire, même si la version utilisée était conventionnelle, le message reste le même : la Russie possède des armes nucléaires et elle est prête à s’en servir. C’est la dissuasion par la terreur. La menace omniprésente d’une catastrophe nucléaire qui pend au-dessus de l’Ukraine et de l’Europe. Et pendant que les diplomates débattent à New York, pendant que les généraux planifient à Moscou, les civils ukrainiens vivent avec cette peur constante. La peur que le prochain missile ne soit pas seulement hypersonique, mais nucléaire.
Imaginez une seconde. Imaginez que vous vivez à Lviv, une ville relativement épargnée jusqu’à maintenant. Vous vous sentez en sécurité, ou du moins, aussi en sécurité que possible en temps de guerre. Et puis soudain, vous apprenez que la Russie a utilisé un missile hypersonique capable de transporter une ogive nucléaire sur une usine dans votre ville. Une usine à quelques kilomètres de chez vous. Comment est-ce que vous réagissez ? Moi, je serais terrifié. Je voudrais fuir. Je voudrais mettre ma famille dans la première voiture et partir, loin, très loin. Mais où ? Où est-ce qu’on peut aller quand l’arme nucléaire est dans l’arsenal de l’ennemi ? C’est cette impuissance qui me brise. Le fait que des civils innocents soient pris en otage par des menaces nucléaires. C’est inacceptable. C’est lâche. C’est la pire forme de terrorisme d’État.
Section 5 : La mer noire, nouveau champ de bataille
Des navires civils sous le feu
La guerre ne se limite pas à la terre. Elle s’étend à la mer. La mer Noire est devenue un nouveau champ de bataille. Lundi, des drones russes ont frappé deux navires battant pavillon étranger près du port ukrainien de Chornomorsk. Un navire panaméen. Un navire saint-marinais. Des navires civils. Des bateaux qui transportent des marchandises, pas des armes. Des équipages qui n’ont rien à voir avec ce conflit. Pourtant, ils ont été ciblés. Un marin a été blessé. Un blessé de plus à ajouter au compte déjà astronomique de cette guerre. Les autorités ukrainiennes, par la voix du vice-premier ministre Oleksii Kuleba, ont condamné l’attaque, la qualifiant de « deuxième telle attaque en quatre jours sur la navigation commerciale dans la mer Noire ». La guerre ne respecte plus rien. Ni les civils sur terre. Ni les civils en mer. Ni les pavillons neutres. Ni les lois internationales.
L’un des navires se dirigeait vers l’Italie. Un détail qui dit tout. Une route commerciale normale. Un voyage maritime routinier. Jusqu’à ce qu’un drone russe ne change tout. La mer Noire, qui était autrefois une voie de commerce vitale pour l’Ukraine, est devenue une zone de danger mortel. Les navires qui osent s’y aventurer prennent leur vie en main. Les compagnies maritimes hésitent à y envoyer leurs bateaux. Les marins refusent parfois d’y naviguer. La guerre étouffe l’économie ukrainienne par tous les moyens. En bombardant les ports. En coulant les navires. En terrorisant les marins. Et pendant ce temps, les prix alimentaires mondiaux augmentent, parce que le grain ukrainien ne peut pas sortir. Les conséquences de cette guerre se font sentir bien au-delà des frontières de l’Ukraine.
L’attaque du câble sous-marin
Et il y a cette autre histoire, passée presque inaperçue dans le flot des mauvaises nouvelles. Un navire lié à la Russie soupçonné d’avoir saboté un câble téléphonique sous-marin. Le câble reliait Helsinki, en Finlande, à Tallinn, en Estonie. Un câble de communication vital. La police finlandaise avait saisi le navire, soupçonnant son équipage d’avoir délibérément endommagé l’infrastructure critique. Aujourd’hui, le navire a été libéré, mais l’enquête se poursuit. Certains membres d’équipage restent sous interdiction de voyage. Une histoire qui semble tirée d’un roman d’espionnage, mais qui est bien réelle. Une guerre hybride qui se mène dans les ombres, dans les profondeurs de la mer, loin des caméras, loin des témoins.
Cette attaque, si elle est confirmée, représente une nouvelle escalade. Les câbles sous-marins sont l’infrastructure critique de notre monde connecté. Ils transportent internet, les communications téléphoniques, les données financières. Les endommager, c’est attaquer le système mondial d’une manière invisible mais dévastatrice. C’est la guerre moderne. Pas seulement des chars et des avions. Mais aussi des drones maritimes. Des cyberattaques. Du sabotage des infrastructures sous-marines. La guerre s’est étendue à tous les domaines. Au ciel avec les missiles. À la mer avec les navires. Aux fonds marins avec les câbles. Aux réseaux informatiques avec les cyberattaques. Il n’y a plus de refuge. Plus de sanctuaires. Plus d’endroits vraiment sûrs.
Cette histoire de navire qui sabote un câble sous-marin, ça me glace le sang. C’est comme si nous étions au milieu d’un thriller d’espionnage, sauf que c’est réel. Des gens, dans un navire, qui délibérément endommagent une infrastructure critique. Pourquoi ? Pour perturber les communications. Pour envoyer un message. Pour montrer qu’ils le peuvent. C’est la guerre hybride à son pire. La guerre qui se livre dans les ombres, loin des projecteurs. Et ça me fait peur. Parce que si on commence à saboter les câbles sous-marins, où est-ce que ça s’arrête ? Les centrales électriques ? Les hôpitaux ? Les aéroports ? C’est un monde de plus en plus dangereux. Un monde où n’importe quoi peut devenir une cible. N’importe quand.
Section 6 : Les territoires perdus, les vies volées
Novoboykivske tombé, et la douleur continue
Pendant que les civils meurent sous les bombes, pendant que les navires civils sont attaqués en mer, pendant que les câbles sous-marins sont sabotés, la guerre continue son œuvre lente et impitoyable sur le terrain. Le ministère russe de la Défense a annoncé que ses forces avaient capturé le village de Novoboykivske dans la région de Zaporizhia. Un village. Un mot qui semble anodin, insignifiant. Mais derrière ce mot, il y a des vies. Des familles qui vivaient là depuis des générations. Des maisons construites avec amour. Des jardins plantés avec soin. Des souvenirs accumulés au fil des années. Et tout ça, réduit à « un village capturé ». Une ligne sur une carte. Un bulletin militaire. Un point sur un tableau de bord.
Novoboykivske. Je ne connais pas ce village. Je n’y suis jamais allé. Je ne connais pas les gens qui y vivent. Mais je peux imaginer. Je peux imaginer la vieille dame qui cultivait ses tomates dans son jardin depuis quarante ans. Le jeune couple qui venait de s’y installer, plein d’espoir pour leur futur. Les enfants qui jouaient dans la rue, ignorant tout de la géopolitique, des frontières, des conflits. Des gens qui voulaient juste vivre. Qui voulaient juste être tranquilles. Et maintenant, ils sont sous occupation russe. Ou ils ont fui. Ou ils sont morts. La guerre ne se contente pas de tuer. Elle déplace. Elle déracine. Elle détruit.
L’occupation : une mort lente
L’occupation russe, c’est une forme de mort lente. Les communautés sont fragmentées. Ceux qui restent vivent dans la peur constante d’être accusés de collaboration. Ceux qui partent laissent tout derrière eux, devenant des réfugiés dans leur propre pays. Les identités sont effacées. Les noms des rues changent. La langue ukrainienne est interdite. L’histoire est réécrite. Les enfants sont envoyés dans des « camps de rééducation » en Russie. Les familles sont séparées. C’est une tentative systématique de détruire l’âme ukrainienne. Pas seulement de conquérir du territoire, mais de conquérir les esprits. De transformer les Ukrainiens en Russes. Ou de les éliminer.
Et pendant que cela se passe dans les territoires occupés, le reste du monde regarde, impuissant. Les lignes de front bougent lentement. Quelques kilomètres ici. Un village là. Une ville là-bas. Chaque centimètre de terre repris par la Russie est une tragédie. Chaque maison occupée est une victoire pour l’agresseur. La guerre d’usure continue. La Russie a plus de soldats, plus d’armes, plus de ressources. L’Ukraine a le courage, la détermination, la volonté de se battre. Mais le courage ne suffit pas toujours. Pas contre des vagues infinies de soldats. Pas contre des milliers de missiles. Pas contre une puissance militaire supérieure. Et les civils ? Ils payent le prix de chaque échange de territoire. Ils subissent les bombardements. Ils endurent les occupations. Ils survivent aux privations. Ils sont les victimes invisibles d’une guerre qui ne se soucie pas d’eux.
Novoboykivske. Un nom que je n’avais jamais entendu avant aujourd’hui. Un village que je ne trouverai probablement jamais sur une carte. Mais pour les gens qui y vivaient, c’était tout. C’était leur maison. Leur vie. Leur monde. Et maintenant, c’est « un village capturé ». Comme si ça n’avait aucune importance. Comme si personne ne vivait là. Comme si les gens n’avaient pas d’histoire, pas de souvenirs, pas d’attachement à cet endroit. Ça me révolte. Cette façon de réduire des vies entières à des points sur une carte. Cette indifférence aux souffrances humaines. Ce mépris pour l’existence des autres. La guerre nous déshumanise tous, même ceux d’entre nous qui ne la font pas. Elle nous apprend à voir les territoires, pas les gens. Les cartes, pas les visages. Et c’est terrifiant.
Section 7 : La diplomatie dans les salles chauffées
Des mots face à l’horreur
Pendant que les Ukrainiens meurent, gèlent, fuient, la communauté internationale continue de parler. Des réunions, des déclarations, des condamnations. À l’ONU, les États-Unis ont dénoncé l’utilisation du missile Oreshnik comme une « escalade inexplicable ». L’Allemagne et les États-Unis ont réaffirmé leur engagement envers l’article 5 de l’OTAN, qui oblige les membres à se défendre mutuellement en cas d’attaque. La Suède a appelé à plus de pression sur Moscou, suggérant que l’Union européenne interdise aux entreprises de fournir un soutien à la flotte pétrolière et gazière russe, qu’elle impose des sanctions contre les engrais russes et qu’elle cesse d’exporter des produits de luxe vers la Russie. Des mots. Beaucoup de mots.
La Norvège a annoncé qu’elle fournirait 340 millions d’euros d’aide d’urgence pour soutenir le secteur énergétique ukrainien et aider le gouvernement à maintenir des services critiques. Un geste généreux, nécessaire, mais insuffisant. Trois cent quarante millions d’euros, c’est beaucoup d’argent. Mais ça ne peut pas remplacer les centrales électriques détruites. Ça ne peut pas rendre la chaleur aux huit cents bâtiments de Kyiv. Ça ne peut pas ramener les deux mille cinq cents quatorze civils morts en 2025. L’aide est essentielle, mais ce n’est pas une solution. C’est un pansement sur une plaie béante. Une façon de soulager la douleur sans guérir la blessure.
Le paradoxe de la non-intervention
Et puis il y a ce paradoxe troublant. Le monde condamne, mais n’intervient pas vraiment. L’OTAN envoie des armes, mais pas de soldats. L’Union européenne impose des sanctions, mais maintient des relations commerciales limitées. Les États-Unis fournissent une aide militaire, mais refusent d’imposer une zone d’exclusion aérienne qui protégerait les civils ukrainiens des bombardements. Il y a cette ligne rouge invisible que personne ne veut franchir. La peur de l’escalade. La peur de la confrontation directe avec la Russie. La peur d’une guerre mondiale. Une peur légitime, compréhensible. Mais qui se traduit par une impuissance écrasante pour les Ukrainiens qui meurent chaque jour.
Les diplomates discutent dans des salles chauffées à température parfaite. Ils boivent du café frais. Ils mangent des déjeuners confortables. Tandis qu’à quelques milliers de kilomètres, des familles gèlent dans leurs appartements. Tandis que des enfants pleurent dans les abris anti-bombes. Tandis que des soldats meurent dans des tranchées boueuses. Le contraste est brutal. Entre le confort de ceux qui négocient et la souffrance de ceux qui endurent. Entre les mots choisis avec soin et les cris de douleur qui ne sont jamais entendus. Entre la prudence diplomatique et l’urgence humanitaire. Et la guerre continue. Indifférente aux mots. Imperturbable face aux condamnations. Implacable dans sa progression.
Parfois, je regarde les actualités et je vois ces diplomates, ces ministres, ces présidents, faire des déclarations solennelles. Et je me demande : est-ce qu’ils comprennent vraiment ce qui se passe ? Est-ce qu’ils ont déjà vu un enfant mort ? Est-ce qu’ils ont jamais senti l’odeur de la destruction ? Est-ce qu’ils ont jamais tremblé dans un abri pendant que les bombes tombent ? Je ne le pense pas. Je ne peux pas croire que quelqu’un qui a vraiment vu l’horreur de cette guerre pourrait rester aussi calme, si pondéré, si mesuré. Si c’était moi, je crierais. Je supplierais. Je ferais tout ce qui est possible pour arrêter ça. Mais eux ? Ils parlent. Ils négocient. Ils condamnent. Et pendant ce temps, les gens meurent. C’est le paradoxe de notre monde. La distance entre ceux qui décident et ceux qui subissent. Et ça me donne envie de désespérer.
Section 8 : L'économie de guerre et les ressources volées
Le lithium ukrainien convoité
La guerre ne se bat pas seulement avec des armes. Elle se bat aussi pour les ressources. Un groupe d’investisseurs liés aux États-Unis a remporté les droits de développement du gisement de lithium de Dobra dans la région centrale de Kirovohrad. Le lithium, ce métal essentiel pour les batteries de véhicules électriques, pour le stockage d’énergie, pour l’industrie technologique moderne. Une ressource stratégique convoitée par toutes les grandes puissances. Et l’Ukraine en a beaucoup. Des ressources qui dorment sous ses terres depuis des millions d’années, attendent d’être extraites, transformées, utilisées. Maintenant, elles sont devenues un enjeu de guerre.
La première ministre Yulia Svyrydenko a annoncé la nouvelle sur Telegram, présentant l’accord comme un « cas test » pour attirer des capitaux occidentaux dans une économie de front ligne. Une façon paradoxale de parler de business en temps de guerre. Mais c’est la réalité. L’Ukraine doit continuer à fonctionner, même sous les bombardements. Même avec l’infrastructure détruite. Même avec des millions de personnes déplacées. L’économie doit survivre pour que la nation survive. Et les ressources naturelles sont une partie de cette économie. Une partie que l’Occident veut sécuriser, contrôler, exploiter. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de soutenir l’Ukraine. Il s’agit aussi de garantir l’approvisionnement en lithium pour les industries occidentales.
La guerre des ressources
Mais cette guerre des ressources ne se limite pas au lithium. La Russie, elle, a déjà commencé à exploiter les ressources des territoires occupés. Le blé volé des fermes ukrainiennes. Le charbon extrait des mines de Donetsk. Les métaux rares des usines de l’est. Toutes ces choses qui appartenaient à l’Ukraine, qui faisaient partie de son économie, de sa richesse, de son avenir, sont maintenant utilisées pour alimenter la machine de guerre russe. Le pillage systématique. Une forme de colonnialisme moderne. Une façon de financer la guerre avec les ressources de ceux qu’on attaque.
Et pendant que cela se passe, l’Ukraine lutte pour attirer des investisseurs, pour développer ses propres ressources, pour sécuriser son avenir économique. Un combat sur deux fronts. Militaire d’abord, bien sûr. Mais aussi économique. Une guerre qui se combat avec des chars, mais aussi avec des contrats. Avec des missiles, mais aussi avec des investissements. Avec des soldats, mais aussi avec des ingénieurs. L’Ukraine se bat pour survivre aujourd’hui, mais aussi pour exister demain. Pour avoir une économie capable de reconstruire ce qui a été détruit. Pour avoir un avenir qui ne soit pas défini par la guerre. Pour offrir à ses enfants quelque chose de mieux que des ruines à reconstruire.
Cette histoire de lithium, ça me fait réfléchir. D’un côté, c’est bon que l’Ukraine puisse développer ses ressources, attirer des investissements, construire une économie pour l’après-guerre. De l’autre, c’est troublant de voir comment les ressources deviennent des enjeux stratégiques même pendant que les gens meurent. Les investisseurs américains négocient des droits sur le lithium pendant que les missiles tombent sur Kyiv. C’est comme deux réalités parallèles qui ne se rencontrent jamais. La réalité de la guerre, avec sa violence, ses morts, ses souffrances. Et la réalité de l’économie, avec ses contrats, ses profits, ses stratégies. Et je me demande : est-ce que c’est normal ? Est-ce que c’est acceptable ? Ou est-ce que c’est juste une autre forme de cynisme ? Je ne sais pas. Mais ça me laisse un goût amer dans la bouche.
Section 9 : L'escalade vers l'inconnu
Le compte à rebours continue
Mille quatre cent dix-neuf jours. Un compteur qui s’arrête jamais. Chaque jour qui passe est un jour de plus de souffrance. Un jour de plus de morts. Un jour de plus de destruction. L’escalade se poursuit. Plus de missiles. Plus de drones. Plus de morts civils. Les chiffres de l’ONU pour 2025 sont terrifiants : deux mille cinq cents quatorze morts, douze mille cent quarante-deux blessés. Une augmentation de 31% par rapport à 2024. La guerre s’intensifie. Elle ne faiblit pas. Elle ne s’essouffle pas. Elle devient plus meurtrière, plus dévastatrice, plus impitoyable avec le temps.
Et personne ne sait quand ça va s’arrêter. Pas les généraux. Pas les diplomates. Pas les analystes. Pas les Ukrainiens eux-mêmes. Chaque mois apporte son lot de mauvaises nouvelles. Chaque saison apporte de nouveaux horreurs. L’hiver avec le froid. L’été avec les bombardements. Le printemps avec les offensives. L’automne avec les privations. La guerre est devenue un état permanent. Une nouvelle normalité qui n’est pas du tout normale. Une réalité déformée où la mort est banale, où la destruction est quotidienne, où l’horreur est devenue une routine.
La question qui hante
Et cette question qui revient, encore et encore, comme un écho impossible à ignorer. Combien encore ? Combien de jours encore ? Combien de morts encore ? Combien de villes détruites encore ? Combien de vies brisées encore ? Combien d’hivers à survivre ? Combien d’années à endurer ? L’Ukraine peut-elle vraiment continuer indéfiniment ? Ses villes sont en ruines. Son économie est dévastée. Sa population est épuisée. Ses soldats sont exténués. Jusqu’où la résistance peut-elle aller avant de se briser ?
Et l’Occident ? Peut-il vraiment continuer à soutenir l’Ukraine indéfiniment ? L’aide militaire coûte des milliards. Les sanctions ont des conséquences économiques. L’opinion publique se lasse. Les élections approchent. Les priorités changent. La solidarité a ses limites. Même quand elle est sincère. Même quand elle est justifiée. Même quand elle est nécessaire. Et la Russie ? Elle ne montre aucun signe de faiblesse. Au contraire. Elle intensifie ses attaques. Elle développe de nouvelles armes. Elle occupe de nouveaux territoires. Elle parie sur la fatigue. Sur l’épuisement de l’Ukraine. Sur l’indifférence du monde. Sur le passage du temps. Elle parie qu’elle peut attendre plus longtemps que ses ennemis.
Cette question, « combien encore ? », elle me hante vraiment. Elle me réveille la nuit. Elle me poursuit pendant la journée. Combien encore de jours comme celui-ci ? Combien encore d’annonces comme « quatre morts à Kharkiv » ? Combien encore d’hivers comme celui-ci avec des familles qui gèlent dans leurs appartements ? Combien encore ? Je ne sais pas. Personne ne sait. Et cette incertitude, c’est peut-être ce qu’il y a de pire. Le fait que cette guerre puisse continuer pendant des années encore. Des années de morts. Des années de souffrances. Des années d’horreur. Et pendant ce temps, le monde continuera. Les gens vivront leurs vies. Les entreprises feront des profits. Les politiques feront des discours. Et l’Ukraine continuera de saigner. Est-ce que c’est ça le futur qui nous attend ? Un futur où certaines guerres ne finissent jamais ? Un futur où certaines populations endurent indéfiniment ? C’est une perspective terrifiante.
Conclusion : Les visages que nous ne devons pas oublier
Retour aux victimes
Deux mille cinq cents quatorze. Je reviens à ce chiffre, au début de cet article. Parce que c’est le chiffre qui résume tout. L’année 2025 a été la plus meurtrière pour les civils ukrainiens depuis 2022. Deux mille cinq cents quatorze personnes sont mortes. Mais derrière ce chiffre, il y a des visages. Des noms. Des histoires. Des vies qui méritaient d’être vécues jusqu’au bout. Des pères qui ne verront pas leurs enfants grandir. Des mères qui ne tiendront plus leurs petits-enfants. Des enfants qui ne feront pas leur rentrée scolaire. Chaque chiffre est une tragédie personnelle. Une famille détruite. Un avenir volé. Une histoire interrompue.
Il y a cette grand-mère à Lviv qui s’est fait tuer par un éclat d’obus en sortant de chez elle pour acheter du lait. Elle s’appelait Maria. Soixante-huit ans. Elle avait survécu à la Seconde Guerre mondiale enfant. Elle pensait avoir vu le pire. Elle avait tort. Il y a ce jeune père à Kharkiv qui travaillait comme livreur, tué aujourd’hui même dans une double frappe. Il s’appelait Andriy. Vingt-neuf ans. Sa femme est enceinte de leur premier enfant. Elle ne connaîtra jamais son père. Il y a cette petite fille à Kyiv qui est morte de froid dans son appartement sans chauffage. Elle s’appelait Sofia. Cinq ans. Elle aimait dessiner des papillons. Ses parents ont retrouvé son carnet sous les décombres. Intact. Les papillons ont survécu. Sofia non plus.
La promesse de mémoire
Quand l’histoire de cette guerre sera écrite, elle sera remplie de chiffres. De dates. De batailles. De généraux. De stratégies. Mais nous ne devons pas oublier les visages. Les visages de ceux qui sont morts. Ceux qui ont souffert. Ceux qui ont perdu. Nous devons nous souvenir. Pas seulement pour leur rendre hommage. Mais pour que leur sacrifice ne soit pas vain. Pour que leurs morts servent à quelque chose. Pour que le monde ne répète pas les mêmes erreurs. La mémoire est une forme de résistance. Une façon de dire que malgré tout, ces vies ont compté. Qu’elles ont eu de la valeur. Qu’elles méritent d’être reconnues.
Et pour ceux qui sont encore en vie ? Pour les familles qui continuent d’endurer ? Pour les enfants qui grandissent dans la guerre ? Pour les villes qui sont encore bombardées chaque jour ? Nous ne devons pas les oublier non plus. Nous devons continuer de parler d’eux. De témoigner de leur souffrance. De demander justice pour eux. De refuser la normalisation de leur douleur. La solidarité n’est pas seulement des mots ou de l’argent. C’est aussi la mémoire. Le refus d’oublier. La volonté de se souvenir, même quand les autres tournent la page. Même quand les médias passent à autre chose. Même quand l’attention mondiale se déplace ailleurs.
Je pense à Sofia, cette petite fille de cinq ans aimait dessiner des papillons. Je pense à son carnet, retrouvé intact sous les décombres. Je pense à ses parents, qui ont tout perdu, mais qui ont gardé ce carnet comme dernière relique de leur fille. Et je me demande : comment est-ce que les gens continuent après ça ? Comment est-ce qu’on peut perdre un enfant et continuer à vivre ? Je n’ai pas de réponse. Je n’en aurai jamais. Mais ce que je sais, c’est que nous ne devons pas oublier Sofia. Ni Maria. Ni Andriy. Ni aucun des deux mille cinq cents quatorze civils morts en 2025. Ni aucun des morts de cette guerre. Chaque vie compte. Chaque mort est une tragédie. Et si nous oublions, si nous acceptions, si nous devenions insensibles, alors ce serait la vraie défaite. Ce serait l’abandon de notre humanité. Alors je m’engage à me souvenir. À témoigner. À refuser l’oubli. Et je vous demande de faire de même. Parce que la mémoire est la seule forme de justice que nous pouvons offrir à ceux qui ne sont plus là. Et parce que dans un monde qui oublie si vite, se souvenir est un acte de résistance.
Sources
Sources primaires
Al Jazeera, « Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,419 », 13 janvier 2026
Reuters, « Civilian casualties in Ukraine up sharply in 2025, UN monitor says », 12 janvier 2026
Reuters, « Russian drones hit two foreign vessels near Ukraine’s port, source says », 12 janvier 2026
Sources secondaires
PBS NewsHour, « Russia uses its new hypersonic missile in major attack on Ukraine and warning to the West », janvier 2026
Associated Press, « Russia just used its new hypersonic missile again in Ukraine », janvier 2026
UK Government, « Russia’s use of Oreshnik hypersonic missile should be universally condemned », déclaration au Conseil de sécurité de l’ONU, janvier 2026
CNN International, « Bitter winter cold bites for Kyiv’s residents as Russia steps up attacks », 11 janvier 2026
Anadolu Agency, « Ukraine says 1,000 buildings in Kyiv still without heating following Russian strikes », janvier 2026
CBC News, « More than 1000 Kyiv apartment blocks still without heat after Russian strike », janvier 2026
Straits Times, « Russian drones hit two foreign vessels near Ukrainian port », janvier 2026
Militarnyi, « Russian Drones Attacked Civilian Vessels Flying Flags of Panama and San Marino », janvier 2026
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