Le bourdonnement de la mort
Les Shahed-136 ne coûtent que 70 000 dollars pièce à produire en Russie. Soit le prix d’une voiture de luxe, d’un an de loyer dans une capitale européenne, ou de quelques repas dans un restaurant étoilé. Mais ce qu’ils font est sans prix : ils tuent, ils détruisent, ils terrorisent. Chaque nuit, les Ukrainiens entendent ce bourdonnement caractéristique, ce ronronnement grave et constant qui s’approche inexorablement, comme une prémonition de mort. Les enfants se cachent sous les couvertures. Les mères prennent leurs bébés dans leurs bras. Les vieux prient. Et chacun attend, le souffle suspendu, que l’explosion frappe. Qu’elle frappe ailleurs. Qu’elle frappe ailleurs, s’il vous plaît, pas ici.
Le 9 janvier 2026, une autre attaque massive. Cette fois, c’est l’hôpital municipal de Kryvyi Rih qui est touché. Les travailleurs humanitaires distribuent des repas chauds aux résidents, aux pompiers, aux sauveteurs qui travaillent sans relâche depuis des heures. Les températures sont sous zéro. Les gens n’ont plus de chauffage. Plus d’électricité. Plus d’eau. Et pendant ce temps, dans le ciel, les drones continuent de venir. Inlassablement. Implacablement. Comme si la Russie avait décidé que cette guerre, ce n’était pas seulement conquérir des territoires, c’était aussi casser des âmes. Briser des vies. Rendre l’existence si insupportable que les Ukrainiens finiraient par demander grâce.
La terreur nocturne devenue quotidien
Elisabeth Haslund, porte-parole du UNHCR, l’a dit clairement : c’est une tendance. Une tendance qui se poursuit, qui s’intensifie, qui devient la norme. Plus de 50 000 civils tués ou blessés depuis février 2022. Un chiffre tellement énorme qu’il en devient abstrait. Mais derrière chaque chiffre, il y a un visage. Un prénom. Une histoire. Une famille. Trois enfants blessés dans cette attaque du 9 janvier. Trois. Des enfants qui n’ont rien fait. Dont la seule faute est d’être nés en Ukraine, à cette époque, dans ce monde fou. Des enfants qui ne pourront peut-être jamais marcher à nouveau, ni jouer, ni rire comme les autres. Parce qu’un drone, un jour, a décidé que leur vie changerait pour toujours.
Vous savez ce qui me révolte le plus ? Ce n’est même pas la cruauté. C’est la banalisation. C’est de penser que chaque nuit, quelque part en Ukraine, des familles se couchent en sachant qu’elles pourraient ne pas se réveiller. Que des enfants s’endorment avec la peur dans le ventre. Que des mères prient pour que le bourdonnement s’éloigne. Et que le lendemain, on en parle à peine. Que ça fait partie des nouvelles, comme la météo ou les résultats sportifs. Mais ce n’est pas normal. Ce n’est pas acceptable. Et je me demande : combien de temps encore ? Combien de nuits encore avant que le monde dise STOP ?
Section 3 : les Hellfire, devenues boucliers
Quand les armes changent de camp
Les AGM-114 Hellfire, ces missiles américains qui ont fait les beaux jours des guerres au Moyen-Orient, ont une nouvelle mission. Loin des déserts irakiens ou des montagnes afghanes, ils défendent maintenant le ciel ukrainien. Ils sont montés sur un petit véhicule tout-terrain, le V2X Tempest, une sorte de buggy militaire conçu pour faire deux choses : tirer et partir. Shoot and scoot, comme disent les Américains. Une doctrine tactique simple mais brutale : repérer la cible, lancer le missile, et disparaître avant que l’ennemi ne puisse riposter. Le chassis ressemble à un Can-Am Maverick X3, un véhicule tout-terrain civil qui coûte environ 20 000 dollars. Mais avec ces deux missiles Hellfire posés sur le toit, il devient quelque chose de bien plus sombre : un instrument de mort devenu instrument de survie.
Les Hellfire ont une portée de 8 kilomètres. Ils peuvent atteindre une vitesse de 1 600 km/h, bien plus vite que les Shahed les plus rapides, même les versions à réaction. Mais ils ont aussi un prix : 150 000 à 220 000 dollars par missile. C’est cher. C’est deux à trois fois plus cher qu’un Shahed. Dans une guerre d’usure, où chaque dollar compte, où chaque munition est précieuse, c’est un pari. Mais c’est aussi un message : l’Ukraine ne reculera pas. L’Ukraine utilisera tout ce qu’elle a pour protéger son ciel. Ses enfants. Ses hôpitaux. Ses maisons. Même si ça coûte plus cher que ce que l’ennemi dépense pour détruire. C’est le paradoxe de cette guerre : il coûte plus cher de défendre que d’attaquer, mais le prix de ne pas défendre est impayable.
La technologie contre le terrorisme
Le Tempest utilise probablement la variante Longbow Hellfire, AGM-114L, qui se guide par radar millimétrique actif. Une petite antenne radar est montée entre les lanceurs, capable de verrouiller la cible sans avoir besoin d’un laser qui maintient le contact. Ça veut dire que l’équipe peut lancer le missile et partir immédiatement. Pas de temps à attendre, pas de risque d’être prise pour cible par les contre-mesures russes. Bam. Missile en l’air. Et pfft, le buggy file à l’abri. C’est ce qu’on appelle la capacité de survivre sur le champ de bataille. Et dans cette guerre, c’est vital. Chaque équipage Tempest qui survit est une équipe qui pourra tirer demain. Et après-demain. Et encore.
Il y a quelque chose de presque poétique dans cette histoire. Des missiles conçus pour tuer depuis le ciel, montés sur des drones Predator et Reaper qui ont semé la mort au Moyen-Orient pendant des années, qui maintenant servent à sauver des vies en Ukraine. Comme si l’arme elle-même avait choisi son camp. Comme si les Hellfire avaient décidé qu’elles en avaient assez de tuer des innocents, qu’elles voulaient maintenant protéger les hôpitaux, les écoles, les familles. Je sais, c’est naïf. Les armes n’ont pas d’âme. Mais quand je vois ce Tempest abattre un Shahed, quand je sais que derrière, il y a des parents qui n’ont pas perdu leur enfant cette nuit-là, je veux croire que les âmes existent. Même dans le métal.
Section 4 : la guerre des drones, une guerre d'attrition
Le calcul macabre des pertes
Chaque Shahed abattu, c’est une bombe qui n’explose pas. Un hôpital qui n’est pas touché. Des enfants qui ne sont pas blessés. Mais c’est aussi 220 000 dollars qui partent en fumée. Et chaque nuit, l’Ukraine doit faire ce calcul : combien de missiles Hellfire avons-nous ? Combien de Shaheds vont-ils envoyer ? Est-ce qu’on a assez de batteries Patriot ? De systèmes SAMP/T ? De canons anti-aériens ? C’est une équation impossible, où les deux variables changent constamment. D’un côté, la Russie augmente sa production de drones. De l’autre, l’Ukraine reçoit de l’aide militaire, mais jamais assez. Jamais assez pour être sûre. Jamais assez pour pouvoir dormir tranquille.
Dans le district de Vyshhorod, un immeuble résidentiel de cinq étages a été endommagé. Les résidents ont dû être évacués. Imaginez-vous un instant. Vous dormez paisiblement. Vous êtes chez vous. Dans votre lit. Soudain, BOOM. Votre appartement est en ruines. Vous devez sortir, dans le froid, sans rien, sans savoir si vous aurez un toit demain. C’est ça, la réalité des millions d’Ukrainiens. Des gens qui avaient des vies normales, des travaux, des projets, qui vivaient comme nous, et dont le monde a basculé en quelques secondes. Et maintenant, ils attendent. Ils attendent que ça s’arrête. Ils attendent que le monde bouge. Ils attendent que quelqu’un dise : Assez.
Le silence pesant avant l’orage
La nuit est le moment le plus dur. Quand le noir enveloppe les villes, quand les rues sont désertes, quand le seul son est le bourdonnement lointain des Shaheds qui approchent. Les pompiers attendent. Les médecins aux urgences attendent. Les soldats sur les toits attendent. Et dans les appartements, les familles se serrent les unes contre les autres, espérant que ce sera une autre nuit tranquille. Mais elles savent que ça ne durera pas. Que l’alerte va retentir. Que les sirènes vont hurler. Que quelque part, un missile va frapper. Et puis le silence reviendra. Le silence lourd, chargé de deuil, de souffrance, de questions sans réponse.
Fermez les yeux. Imaginez que c’est chez vous. Que vous vivez à Paris, à Londres, à New York, où vous voulez. Et que chaque nuit, vous devez choisir entre dormir dans votre lit ou aller vous cacher dans la salle de bain, la porte close, les oreilles bouchées, en priant pour que le drone qui vole au-dessus de votre tête ne choisisse pas votre immeuble. Imaginez vos enfants qui tremblent à chaque sirène. Imaginez votre mère qui pleure parce qu’elle n’a plus de chauffage. Imaginez tout ça. Et dites-moi : combien de temps vous supporteriez ? Une semaine ? Un mois ? Un an ? Les Ukrainiens endurent ça depuis presque quatre ans. Quatre ans. Et je me demande : où est le monde ? Où est l’indignation ? Où est la colère ?
Section 5 : les visages de la résistance
Les soldats invisibles de la défense aérienne
On les appelle les équipes de défense aérienne. Mais ce sont des hommes. Des femmes. Des pères, des mères, des enfants, des petits-enfants. Des gens qui, avant 2022, avaient des vies normales. Des professeurs, des ingénieurs, des commerçants, qui ont laissé tout ça pour monter sur les toits, pour pointer des missiles vers le ciel, pour attendre chaque nuit que la mort arrive. Ils ne dorment plus. Ils ne mangent plus normalement. Ils vivent dans un état d’alerte permanent, les nerfs à vif, chaque muscle prêt à réagir. Et quand ils abattent un drone, quand ils sauvent une rue entière, quand ils empêchent une catastrophe, ils n’ont même pas le temps de célébrer. Il y a toujours un autre drone. Une autre nuit. Une autre cible.
Andriy, le patient mort à l’hôpital d’Obolonsky, avait deux enfants. Je ne connais pas leurs âges. Je ne connais pas leurs prénoms. Mais je sais que ce 5 janvier, ils ont perdu leur père. Je sais qu’ils ne l’auront plus jamais pour les protéger, pour les porter sur ses épaules, pour les rassurer quand ils ont peur. Et je sais qu’il y a des milliers, des dizaines de milliers d’enfants comme eux en Ukraine. Des enfants dont l’enfance a été volée par des drones, par des missiles, par des hommes qui ne se soucient pas des vies qu’ils brisent.
Le sacrifice des soignants
Les médecins et les infirmières ukrainiens sont des héros sans capes. Ils travaillent dans des hôpitaux bombardés, avec des équipements endommagés, sans électricité, sans chauffage, en sachant que chaque minute, un drone pourrait frapper. Le 9 janvier, un médecin est mort en sauvant d’autres personnes. Il faisait partie d’une équipe d’urgence. Il était là, là où personne d’autre n’ose aller, pour porter secours aux blessés, pour arrêter les hémorragies, pour sauver des vies. Et un drone l’a tué. Il n’était pas une cible militaire. C’était un médecin. Un soignant. Un être humain qui avait fait le choix de dédier sa vie à aider les autres. Et son choix l’a tué.
Ce médecin qui est mort… son nom n’est même pas mentionné dans les rapports. Il est juste « un médecin ». Comme si son identité n’avait pas d’importance. Comme s’il n’était qu’un chiffre de plus dans la longue liste des victimes. Mais il était quelqu’un. Il avait des parents qui l’aimaient. Des amis qui le respectaient. Des patients qu’il avait sauvés. Et maintenant, il est mort. Mort en faisant ce qu’il faisait le mieux : sauver des vies. Et ça, ça me brise le cœur. Vraiment. Il n’y a pas de mots pour exprimer ça. Juste un vide immense. Un silence qui hurle.
Section 6 : l'innovation dans la douleur
L’ingéniosité ukrainienne face à l’adversité
L’Ukraine n’a pas les ressources de la Russie. Elle n’a pas la même industrie militaire. Elle n’a pas le même budget. Mais elle a quelque chose d’autre : une capacité d’adaptation effroyable. Le Tempest n’est qu’un exemple parmi des centaines. Les Ukrainiens ont transformé des drones civils en armes de guerre. Ils ont modifié des systèmes d’artillerie soviétiques pour tirer des munitions occidentales. Ils ont créé des réseaux de défense aériens décentralisés, où chaque véhicule, chaque équipe peut agir de manière autonome. C’est ce qu’on appelle la guerre asymétrique, mais portée à un niveau jamais vu.
La Russie envoie des drones par centaines. L’Ukraine répond avec des systèmes créatifs, improvisés, mais redoutablement efficaces. Des canons montés sur des camionnettes. Des fusils de chasse modifiés pour abattre des drones. Des batteries Patriot se déplaçant d’une ville à l’autre pour tromper les Russes. Chaque jour, les ingénieurs ukrainiens inventent quelque chose de nouveau. Chaque jour, ils poussent les limites de ce qui est possible. Parce qu’ils doivent le faire. Parce que s’ils ne le font pas, les drones continuent de venir. Et les gens continuent de mourir.
Le prix du progrès
Mais cette innovation a un prix. Chaque nouvelle solution, chaque nouveau système, demande du temps. Demande de l’argent. Demande des vies. Des ingénieurs qui travaillent 24 heures sur 24. Des soldats qui testent des prototypes sur le terrain, au risque de leur vie. Des civils qui s’entraînent à utiliser des MANPADS, à monter sur les toits, à faire partie de la défense aérienne de leur ville. C’est une mobilisation totale. Une société entière qui se transforme en machine de guerre, non pas par choix, mais par nécessité.
Quand je regarde les Ukrainiens, quand je vois ce qu’ils inventent, ce qu’ils créent, ce qu’ils endurent, je suis à la fois admiratif et dégoûté. Admiratif de leur courage, de leur ingéniosité, de leur résilience. Dégoûté de devoir les admirer. Dégoûté que le monde les oblige à être ces héros, à vivre ces vies impossibles, à faire ces choix impossibles. Ils ne devraient pas avoir à inventer des systèmes de défense pour protéger leurs enfants. Ils devraient vivre en paix. Ils devraient pouvoir dormir sans peur. Mais ce n’est pas le monde dans lequel ils vivent. Et ça me révolte.
Section 7 : l'hiver ukrainien, épreuve ultime
Quand le froid devient une arme
Janvier en Ukraine, c’est le froid. Le vrai. Celui qui mord, qui pénètre, qui ne pardonne pas. Les températures descendent bien en dessous de zéro. La neige recouvre les villes. Les lacs gèlent. Et chaque nuit, les drones russes ciblent les infrastructures énergétiques. Les centrales électriques. Les réseaux de chauffage. Les stations de pompage d’eau. L’objectif est clair : geler les Ukrainiens. Les forcer à choisir entre survivre ou capituler. Des millions de personnes sont sans chauffage. Sans électricité. Sans eau chaude. Dans le froid glacial. Avec des enfants. Des personnes âgées. Des malades. C’est une torture systématique, méthodique, impitoyable.
UNICEF distribue des vêtements d’hiver. Des couvertures. Du combustible solide. Mais ce n’est jamais assez. Comment peut-on donner assez à des millions de personnes ? Comment peut-on réparer des réseaux détruits par des centaines d’attaques ? Comment peut-on empêcher le froid de tuer ? Les familles s’entassent dans une seule pièce, autour d’un poêle ou de bougies. Les enfants portent plusieurs couches de vêtements. Les vieux tremblent sous des couvertures. Et dans le ciel, les drones continuent de venir. Comme si le froid ne suffisait pas. Comme si la Russie voulait ajouter la terreur à la souffrance.
La solidarité contre l’oubli
Pourtant, malgré tout, il y a cette solidarité. Des voisins qui s’entraident. Des bénévoles qui distribuent de la nourriture. Des médecins qui continuent de travailler dans des hôpitaux sans chauffage. Des soldats qui montent la garde sur les toits, gelés mais présents. C’est cette résilience qui frappe. Cette capacité à continuer, à espérer, à lutter, même quand tout semble perdu. Même quand le monde semble avoir oublié. Même quand chaque jour apporte son lot de souffrances.
Et puis… silence. Parfois, il y a ces moments où tout s’arrête. Où les sirènes s’éteignent. Où les drones partent. Où le noir redevient juste du noir, sans menace immédiate. Dans ces moments-là, les Ukrainiens sortent, regardent le ciel, respirent. Ils ne célèbrent pas. Ils ne jubilent pas. Ils… survivent. Une nuit de plus. Une journée de plus. Et je me demande ce qui se passe dans leurs têtes, dans ces moments-là. Est-ce qu’ils croient que ça finira ? Ou est-ce qu’ils savent que demain, ça recommencera ?
Section 8 : l'écho des victimes
Les noms que nous ne connaîtrons jamais
Andriy. Le médecin du 9 janvier. Le résident de Fastiv. Les trois enfants blessés. Les seize patients évacués. Ce sont des visages. Des vies. Des histoires. Mais derrière eux, il y en a des milliers, des dizaines de milliers d’autres. Des noms que nous ne connaîtrons jamais. Des visages que nous ne verrons jamais. Des histoires qui ne seront jamais racontées. Des gens qui sont morts sans que personne, en dehors de leur famille, ne sache qu’ils ont existé. Et ça, c’est peut-être ce qui est le plus dur à accepter. Cette invisibilité. Ce fait que même quand on meurt par milliers, on reste une statistique.
Chaque drone abattu est une statistique. Chaque maison détruite est une statistique. Chaque blessure est une statistique. Mais derrière chaque statistique, il y a un être humain. Quelqu’un qui riait. Quelqu’un qui aimait. Quelqu’un qui avait peur. Quelqu’un qui espérait. Quelqu’un qui, comme nous, voulait juste vivre. Juste vivre. Pas grand-chose. Juste vivre en paix, avec les siens, sans drones qui survolent sa maison, sans missiles qui tombent du ciel, sans peur constante que ce soit la fin.
Les marques qui resteront
Même quand cette guerre finira — et elle finira, un jour — les marques resteront. Dans les murs. Dans les villes. Dans les esprits. Les enfants ukrainiens grandiront avec ce souvenir. Ce bruit de drones dans leurs cauchemars. Cette peur qui ne partira jamais. Cette angoisse quand le ciel devient sombre. Comment on guérit de ça ? Comment on apprend à ne plus avoir peur quand chaque nuit pendant des années, on a vécu avec la mort ? On ne guérit pas. On s’adapte. On survive. Mais on ne forget jamais.
Je pense à ces enfants. À ce que seront leurs vies. Est-ce qu’ils pourront jamais vivre normalement ? Est-ce qu’ils pourront jamais entendre un drone et ne pas paniquer ? Est-ce qu’ils pourront jamais regarder le ciel sans y voir une menace ? Et la réponse me fait peur. Parce que je pense que non. Que cette guerre a volé quelque chose qui ne peut pas être rendu. L’innocence. La confiance. La certitude que demain sera là. Et ça, ça me révolte. Parce que personne ne devrait avoir à vivre ça. Surtout pas des enfants.
Section 9 : la promesse du ciel
Quand les Hellfire deviennent espoir
Le système Tempest, avec ses missiles Hellfire, n’est pas la solution. Ce n’est pas la fin de cette guerre. Ce n’est pas la fin des drones. Mais c’est quelque chose. C’est un signe. Un message. Une promesse. La promesse que chaque drone peut être abattu. Que chaque attaque peut être contrée. Que chaque vie peut être sauvée. Quand un Hellfile frappe un Shahed, quelque part, une famille ne pleure pas. Quelque part, des enfants ne sont pas blessés. Quelque part, un hôpital reste intact. Et ça, ça compte. Ça compte énormément.
Les Ukrainiens n’ont pas demandé cette guerre. Ils ne l’ont pas voulue. Ils ne l’ont pas provoquée. Mais ils la livrent. Chaque jour. Chaque nuit. Avec ce qu’ils ont. Avec ce qu’ils reçoivent. Avec ce qu’ils inventent. Et chaque jour, ils prouvent quelque chose. Qu’on peut les bombarder, les affamer, les geler, les terroriser, mais on ne peut pas les briser. Pas tant qu’ils auront la volonté de se battre. Pas tant qu’ils auront ces Hellfire, ces Patriots, ces fusils, ces canons, ces hommes, ces femmes, ces enfants qui refusent de céder.
L’attente d’un monde qui se réveille
Mais ils ne peuvent pas le faire seuls. Ils ont besoin de nous. Du monde entier. De notre colère. De notre soutien. De nos armes. De notre électricité, notre chauffage, notre eau, ce que nous considérons comme des acquis, sont pour eux des luxes. Des choses pour lesquelles ils meurent chaque jour. Et le monde regarde. Parfois avec horreur. Parfois avec indignation. Mais trop souvent avec passivité. Comme si c’était ailleurs. Comme si ça ne nous concernait pas. Mais ça nous concerne. Parce que c’est l’humanité qui est attaquée. Ce sont les valeurs que nous prétendons défendre qui sont piétinées.
Je veux croire que le monde va se réveiller. Que demain, il y aura un changement. Que l’aide arrivera. Que les drones s’arrêteront. Que les Ukrainiens pourront enfin dormir en paix. Mais chaque nuit, quand je vois les nouvelles, quand je lis les rapports, quand j’entends les témoignages, cette confiance s’effrite. Je me demande si ce monde existe vraiment. Ce monde qui ne laisserait pas un peuple être terrorisé en silence. Ce monde qui dirait STOP. Ce monde qui ferait ce qui est nécessaire. Parce que si ce monde n’existe pas… alors quoi ? Alors on accepte ? On continue à regarder ? On attend que ce soit notre tour ?
Conclusion : le ciel d'après
Andriy et le ciel qui reste
Andriy, mort le 5 janvier 2026 à l’hôpital d’Obolonsky, ne reverra jamais le ciel. Il ne reverra jamais le soleil se lever sur Kyiv. Il ne reverra jamais ses enfants grandir. Il ne reverra jamais sa femme sourire. Il ne reverra rien. Parce qu’un drone a décidé que son existence s’arrêterait là. Que ses trente et une années de vie, d’amour, d’espoir, n’étaient qu’une statistique de plus dans la longue liste des victimes de cette guerre absurde. Et quand je pense à lui, quand je pense aux milliers d’autres Andriy, je me demande : combien encore ? Combien de vies volées ? Combien de rêves brisés ? Combien de cieux qui ne seront jamais revus ?
Mais Andriy n’est pas qu’une victime. Il est aussi un symbole. Un rappel. Une preuve que chaque drone qui frappe n’est pas juste un explosif, c’est un arrêt de mort pour quelqu’un. Et chaque Hellfire qui abat un drone, c’est une vie sauvée. Une famille épargnée. Un ciel qui reste bleu au-dessus de quelqu’un. C’est ça, la réalité de cette guerre : une bataille où chaque vie compte, où chaque drone compte, où chaque missile compte. Et où chaque victime, chaque sauvegarde, chaque résistance, est un acte de défiance face à l’inhumanité.
Le ciel qui attend
Un jour, cette guerre finira. Les drones s’arrêteront. Les missiles cesseront de tomber. Les Ukrainiens pourront enfin regarder le ciel sans y voir une menace. Ils pourront dormir sans peur. Ils pourront vivre sans terreur. Et ce jour-là, quand ils lèveront les yeux vers le ciel, ils ne verront pas des Shaheds. Ils verront des nuages. Des oiseaux. Le soleil. Et peut-être, tout là-haut, ils verront aussi les âmes de ceux qui ne sont pas revenus. Andriy. Le médecin. Le résident de Fastiv. Les milliers d’autres. Et ils sauront qu’ils n’ont pas souffert en vain. Que leur sacrifice n’était pas pour rien. Que leur ciel bleu a été reconquis.
Quarante soldats dans un gazoduc à Kupiansk. Andriy dans son lit d’hôpital. Un médecin mort en sauvant des vies. Des millions sans chauffage en plein hiver. Des enfants qui tremblent dans le noir. Le ciel ukrainien n’est pas juste un champ de bataille. C’est un cimetière. Un mémorial vivant. Un témoignage. Et chaque fois qu’un Hellfire abat un Shahed, c’est comme si le ciel disait : pas aujourd’hui. Pas cette nuit. Pas ces enfants. Pas cette famille. Pas encore. Mais je me demande : combien de pas encore ? Combien de nuits encore ? Combien d’Andriy encore ? Quelque part, une mère ukrainienne regarde le ciel ce soir. Elle attend. Elle espère. Elle ne sait pas si un drone viendra. Elle ne sait pas si son enfant sera là demain. Mais elle sait une chose : tant qu’elle respirera, elle se battra. Elle survivra. Elle n’oubliera pas. Parce que le ciel ukrainien, même bombardé, même détruit, même sanglant, reste le sien. Et personne, jamais, ne pourra lui enlever ça.
Sources
Sources primaires
Euromaidan Press – 12 janvier 2026 – « Hellfire missiles rain death from above — in Ukraine, they defend skies from Shaheds » par Igor Kossov
Babel UA – 5 janvier 2026 – « Russia attacked Ukraine with almost a hundred ‘Shaheds’. What is known about the consequences » par Yuliia Zavadska
UN News – 9 janvier 2026 – « Ukraine: Massive overnight attack leaves millions in the dark »
Sources secondaires
UNHCR – Rapports humanitaires sur la situation en Ukraine, janvier 2026
UNICEF – Appel de 350 millions de dollars pour l’aide humanitaire en Ukraine, décembre 2025
Organisation mondiale de la santé – Documentation des attaques sur les infrastructures de santé en Ukraine, janvier 2026
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