Deux annonces, zéro vérité
Vladimir Poutine a une fâcheuse habitude : annoncer des victoires qui n’existent pas. Kupiansk en est l’exemple parfait. Le 2 décembre 2025, le Kremlin a déclaré que la ville était sous contrôle russe. Poutine a même invité des journalistes étrangers à venir constater cette « libération » de leurs propres yeux. Dix jours plus tard, le 12 décembre, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy s’est rendu à Kupiansk — pas dans une ville occupée par les Russes, mais dans une ville défendue par les Ukrainiens. Il s’est filmé devant le panneau d’entrée à moitié détruit de la ville, a rencontré les soldats sur place, et a félicité les Forces terrestres ukrainiennes pour leur journée spéciale. Ce n’était pas une visite clandestine. C’était un pied de nez public aux mensonges russes.
Mais Moscou n’a pas lâché l’affaire. Le 18 décembre 2025, alors que les forces ukrainiennes reprenaient quartier après quartier, le ministre de la Défense russe Andrei Belousov a répété devant Poutine que la Russie contrôlait Kupiansk. « Les unités du groupe d’armées Zapad exercent un contrôle fiable sur tous les districts de Kupiansk libérée », a-t-il déclaré. Le même jour, le commandant ukrainien Syrskii informait les alliés de l’Ukraine que ses forces contrôlaient 90% de la ville. Deux versions contradictoires. Une seule vérité. Et la vérité, c’est que les Russes mentaient. Des correspondants militaires russes l’ont même admis sur Telegram : « La seule chose qu’on peut dire avec certitude, c’est que les forces armées russes tiennent encore une partie du centre et du nord de Kupiansk, mais la majeure partie est déjà soit en zone grise, soit sous contrôle ukrainien. »
Pokrovsk : le même scénario, les mêmes mensonges
Kupiansk n’est pas un cas isolé. Le même jour où Belousov mentait sur Kupiansk, il mentait aussi sur Pokrovsk, une ville stratégique de la région de Donetsk. Selon lui, la Russie avait pris Pokrovsk (qu’ils appellent Krasnoarmeysk) et était sur le point de capturer la ville voisine de Myrnohrad (qu’ils appellent Dimitrov). « Les soldats russes continuent d’infliger des dégâts de feu aux troupes ukrainiennes à Dimitrov, le dernier bastion des forces armées ukrainiennes dans l’agglomération de Krasnoarmeysk », a-t-il déclaré à Poutine. Encore une fois, la réalité sur le terrain racontait une histoire différente.
Le commandant Syrskii a révélé que les forces ukrainiennes avaient en fait repris environ 16 kilomètres carrés dans la partie nord de Pokrovsk et 56 kilomètres carrés à l’ouest de la ville. « La logistique à Myrnohrad est complexe, mais les opérations se poursuivent », a-t-il écrit. Les Ukrainiens ne se contentaient pas de tenir — ils contre-attaquaient et reprenaient du terrain. Mais pour Moscou, admettre la vérité serait admettre l’échec. Alors ils mentent. Ils mentent à leurs citoyens. Ils mentent à leurs alliés. Ils mentent même à leur propre président, si l’on en croit les analystes ukrainiens. Andrii Kovalenko, chef du Centre ukrainien de lutte contre la désinformation, a écrit sur Telegram : « Le ministre de la Défense russe, Belousov, continue de mentir en disant que la Russie contrôle Kupiansk. En réalité, la majeure partie de la ville est contrôlée par les forces de défense ukrainiennes. Mais tous les officiels de Poutine, de Gerasimov qui a été le premier à mentir sur le contrôle de la ville, à Belousov, continuent de mentir en présence de Poutine lui-même. »
Il y a quelque chose de profondément pathétique dans ces mensonges russes. Pas juste moralement répugnant — pathétique. Imaginez être Belousov, debout devant Poutine, en train de raconter que vous contrôlez une ville que vous ne contrôlez pas, pendant que le monde entier regarde des vidéos de soldats ukrainiens hisser leur drapeau sur la mairie de cette même ville. C’est du déni à un niveau presque comique. Sauf que ce n’est pas drôle. Parce que derrière ces mensonges, il y a des soldats russes qui meurent pour rien, envoyés dans des opérations vouées à l’échec pour sauver la face d’un régime qui ne peut pas admettre ses échecs. C’est tragique. Et révoltant.
L'opération Kupiansk : anatomie d'une libération
Encerclement et isolement : la première phase
L’opération de libération de Kupiansk n’a pas commencé le 12 janvier avec le lever du drapeau. Elle a commencé des semaines plus tôt, avec une stratégie d’encerclement méthodique. Les forces russes avaient réussi à infiltrer environ 200 soldats dans le centre de Kupiansk, pensant pouvoir tenir la ville et couper les lignes de communication ukrainiennes. Mais les Ukrainiens ont rapidement compris la situation et ont réagi avec précision. Au lieu de lancer un assaut frontal coûteux, ils ont choisi d’isoler les forces russes, de couper leurs lignes de ravitaillement, et de les affaiblir progressivement.
Le 12 décembre 2025, les forces ukrainiennes ont annoncé avoir complètement coupé les lignes logistiques russes vers Kupiansk. Les soldats russes à l’intérieur de la ville étaient encerclés. Ils ne pouvaient plus recevoir de renforts par les routes terrestres. Ils ne pouvaient plus être ravitaillés normalement. Leur seule option était de recevoir des fournitures par drone — une méthode inefficace et limitée pour soutenir 200 hommes en zone de combat. Les Ukrainiens ont également nettoyé les forêts au nord de la ville, éliminant les positions russes qui auraient pu servir de points d’appui pour une contre-offensive. Progressivement, l’étau se resserrait.
Le piège du gazoduc : quand l’ingéniosité russe se retourne contre elle
Face à l’encerclement, les Russes ont tenté une manœuvre audacieuse : faire passer des renforts par un gazoduc désaffecté. Cette tactique avait déjà été utilisée avec un certain succès lors du siège de Chasiv Yar, où des soldats russes avaient rampé dans des pipelines pour contourner les défenses ukrainiennes. À Kupiansk, ils ont essayé la même chose. Des dizaines de soldats russes se sont glissés dans le pipeline, pensant pouvoir rejoindre leurs camarades encerclés dans le centre-ville. Mais les Ukrainiens avaient anticipé cette manœuvre.
Les forces ukrainiennes ont bloqué le pipeline, empêchant les renforts russes d’atteindre leur destination. Certains rapports suggèrent que des soldats russes sont morts dans ce pipeline, piégés dans l’obscurité sans possibilité de retraite. C’est une mort horrible — étouffante, claustrophobe, inutile. Et c’est exactement le genre de tactique désespérée que la Russie emploie quand ses plans échouent. Au lieu d’admettre que l’opération était compromise et de retirer ses troupes, le commandement russe a continué d’envoyer des hommes dans ce piège mortel. Le résultat ? Les 200 soldats russes à Kupiansk sont restés isolés, affaiblis, et vulnérables à l’assaut final ukrainien.
Quand je lis ces histoires de soldats russes rampant dans des pipelines, je ne peux pas m’empêcher de penser à l’absurdité totale de cette guerre. Des hommes envoyés ramper dans des tuyaux comme des rats, dans le noir, sans savoir s’ils vont sortir vivants. Et pour quoi ? Pour tenir une ville que leur propre commandement prétend déjà contrôler ? Pour sauver la face de généraux qui mentent à leur président ? C’est du gâchis humain à l’état pur. Et le pire, c’est que ça continue. Encore et encore. Des vies sacrifiées pour des mensonges.
La Brigade Khartia : l'élite qui fait la différence
Qui sont les soldats de Khartia ?
La Brigade Khartia n’est pas une unité ordinaire. C’est une formation d’élite du 2e Corps de la Garde nationale d’Ukraine, spécialisée dans les opérations de reconnaissance et de frappe. Commandée par le colonel Ihor Obolienskyi, cette brigade a développé une réputation de professionnalisme et d’efficacité sur le champ de bataille. Leur approche — qu’ils appellent la « méthode Khartia » — repose sur trois piliers : planification rigoureuse, formation intensive des commandants et des états-majors, et préparation de haute qualité des unités de combat. Ce n’est pas de la théorie militaire abstraite. C’est une doctrine opérationnelle qui produit des résultats concrets.
À Kupiansk, ce sont les soldats du 4e Bataillon de la Brigade Khartia qui ont mené l’assaut final sur la mairie. Ces hommes font partie du Groupe de reconnaissance et de frappe, une unité spécialisée dans les opérations à haut risque en territoire contesté. Ils ont filmé leur assaut avec des caméras GoPro, capturant des images dramatiques de l’opération — des soldats progressant dans les rues dévastées de Kupiansk, sécurisant le bâtiment de la mairie, et finalement hissant le drapeau ukrainien au sommet. Ces images ne sont pas de la propagande. Ce sont des documents bruts, non édités, montrant la réalité du combat urbain moderne. Et elles prouvent sans équivoque que les Ukrainiens contrôlent le centre de Kupiansk.
La méthode Khartia en action
Ce qui distingue la Brigade Khartia, c’est son approche méthodique du combat. Contrairement aux assauts russes souvent désorganisés et coûteux en vies humaines, les opérations de Khartia sont planifiées avec soin et exécutées avec précision. Le colonel Obolienskyi l’a expliqué clairement : « L’opération de Kupiansk prouve qu’avec une planification appropriée, des commandants et des états-majors formés, et des unités bien préparées — tout ce que nous appelons la ‘méthode Khartia’ — nous pouvons efficacement arrêter et éliminer l’ennemi. » Cette déclaration résume la philosophie de la brigade : le succès militaire n’est pas une question de chance ou de supériorité numérique, mais de préparation et de compétence.
À Kupiansk, cette méthode s’est manifestée à chaque étape de l’opération. D’abord, l’encerclement méthodique des forces russes, coupant leurs lignes de ravitaillement sans engagement direct coûteux. Ensuite, le nettoyage des positions russes dans les forêts environnantes, éliminant les menaces périphériques avant l’assaut principal. Puis, le blocage du gazoduc pour empêcher les renforts russes d’atteindre la ville. Et finalement, l’assaut coordonné sur le centre-ville et la mairie, mené par des unités spécialisées avec un soutien approprié. Chaque phase était planifiée. Chaque mouvement était calculé. Et le résultat ? Une victoire décisive avec un minimum de pertes ukrainiennes et un maximum d’impact stratégique.
Il y a quelque chose de profondément satisfaisant à voir des professionnels au travail. Ces soldats de Khartia ne sont pas des héros de cinéma qui foncent tête baissée dans le danger. Ce sont des militaires compétents qui planifient, s’entraînent, et exécutent. Et ça marche. Pendant que les Russes envoient des vagues d’hommes mal préparés se faire massacrer pour des gains minimes, les Ukrainiens utilisent leur cerveau autant que leurs armes. C’est la différence entre une armée moderne et une machine à broyer de la chair humaine. Et c’est pour ça que l’Ukraine gagne des batailles comme Kupiansk.
Zelenskyy à Kupiansk : le président qui défie les mensonges
Une visite qui vaut mille démentis
Le 12 décembre 2025, dix jours après que Poutine ait déclaré Kupiansk « libérée » par les forces russes, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy s’est rendu dans la ville. Pas en secret. Pas en catimini. En plein jour, devant les caméras, entouré de soldats ukrainiens. Il s’est filmé devant le panneau d’entrée de Kupiansk — à moitié détruit par les bombardements russes, mais toujours debout. Il a rencontré les troupes sur place. Il a félicité les Forces terrestres ukrainiennes pour leur journée spéciale. Et il a envoyé un message clair au Kremlin : vos mensonges ne tiennent pas face à la réalité.
Cette visite n’était pas qu’un coup de communication. C’était une démonstration de force politique et militaire. En se rendant à Kupiansk alors que Moscou prétendait contrôler la ville, Zelenskyy prouvait non seulement que les Russes mentaient, mais aussi que l’Ukraine avait la capacité de défendre ses villes et de repousser les assauts russes. C’était un pied de nez direct à Poutine, qui avait invité des journalistes étrangers à venir constater la « libération » de Kupiansk par les forces russes. Eh bien, les journalistes sont venus — et ils ont vu Zelenskyy, pas Poutine. Ils ont vu des soldats ukrainiens, pas des soldats russes. Ils ont vu une ville défendue, pas une ville occupée.
Le contraste entre deux leaders
Le contraste entre Zelenskyy et Poutine ne pourrait pas être plus frappant. D’un côté, un président qui se rend régulièrement sur le front, qui rencontre ses soldats, qui partage leurs risques. De l’autre, un dirigeant qui reste cloîtré dans son bunker à Moscou, recevant des rapports mensongers de généraux qui n’osent pas lui dire la vérité. Zelenskyy montre Kupiansk au monde entier. Poutine prétend la contrôler depuis son bureau. Zelenskyy prouve ses affirmations avec des images et des visites. Poutine s’appuie sur des déclarations officielles que personne ne croit plus.
Cette différence de style reflète une différence plus profonde dans la nature de leurs régimes. L’Ukraine, malgré toutes ses difficultés, reste une démocratie où les leaders doivent rendre des comptes. La Russie est une autocratie où la vérité est ce que le Kremlin décide qu’elle est. Mais la réalité a une fâcheuse tendance à s’imposer, peu importe ce que disent les propagandistes. Et la réalité à Kupiansk, c’est que les Ukrainiens tiennent la ville, que les Russes ont échoué à la prendre, et que tous les mensonges de Moscou ne changeront pas ces faits. La visite de Zelenskyy l’a prouvé de la manière la plus éclatante possible.
J’admire le culot de Zelenskyy. Se pointer à Kupiansk dix jours après que Poutine ait déclaré la ville russe, c’est du niveau trolling présidentiel de classe mondiale. Mais au-delà du symbole, c’est aussi du courage. Kupiansk est une ville de première ligne, sous bombardement constant. Zelenskyy aurait pu rester à Kiev et publier un communiqué. Au lieu de ça, il est allé sur place, il a rencontré ses soldats, il a montré au monde que l’Ukraine ne recule pas. Pendant ce temps, Poutine reste planqué à Moscou, entouré de lèche-bottes qui lui racontent ce qu’il veut entendre. Lequel de ces deux hommes mérite le respect ? La réponse est évidente.
Les pertes russes : une hémorragie insoutenable
30 000 morts par mois : les chiffres qui font froid dans le dos
Pendant que Moscou ment sur ses victoires imaginaires, les pertes russes continuent de s’accumuler à un rythme effroyable. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, la Russie perd environ 30 000 soldats tués chaque mois sur le front ukrainien. Pas blessés — tués. « Poutine dépense environ 30 000 vies de soldats sur le front chaque mois. Pas des blessés — 30 000 tués chaque mois », a-t-il déclaré aux parlementaires néerlandais. « Nous avons des images de drones confirmant ces morts. » Ces chiffres sont stupéfiants. Pour mettre les choses en perspective, les États-Unis ont perdu environ 58 000 soldats pendant toute la guerre du Vietnam, qui a duré près de vingt ans. La Russie perd presque autant en deux mois de combat en Ukraine.
Le commandant en chef ukrainien Oleksandr Syrskii a confirmé ces estimations, notant que les forces ukrainiennes « réduisent » le nombre d’occupants russes d’environ 1 000 par jour à travers des morts et des blessures. « Le nombre de troupes russes est depuis longtemps d’environ 710 000 », a-t-il écrit sur Telegram. « Cependant, l’ennemi n’a pas été capable d’augmenter ce chiffre, malgré un recrutement actif en Russie, parce que nos soldats ‘réduisent’ le nombre d’occupants de mille chaque jour. » Ces pertes sont insoutenables à long terme, même pour un pays de la taille de la Russie. Et elles expliquent pourquoi Moscou a tant de mal à maintenir ses offensives malgré sa supériorité numérique théorique.
Le recrutement ne suit pas les pertes
Face à ces pertes catastrophiques, la Russie tente désespérément de recruter de nouveaux soldats. Le ministre de la Défense Andrei Belousov a annoncé que près de 410 000 Russes s’étaient portés volontaires pour le service militaire en 2025, dépassant les objectifs de recrutement. Cela représente environ 32 800 recrues par mois. Mais comme l’a noté l’Institute for the Study of War, un think tank basé à Washington, ce chiffre ne suffit pas à remplacer les pertes russes. « Les données de l’état-major ukrainien sur les pertes russes indiquent que les forces russes ont subi en moyenne 34 600 pertes par mois entre janvier et novembre 2025 — ce qui suggère que les chiffres de recrutement de Belousov ne remplacent pas tout à fait les pertes russes. »
En d’autres termes, la Russie perd plus d’hommes qu’elle n’en recrute. C’est une équation mathématique simple avec des implications terrifiantes. Si cette tendance se poursuit, l’armée russe va progressivement s’affaiblir, peu importe combien de mensonges Moscou raconte sur ses victoires. Les soldats morts ne peuvent pas être remplacés par de la propagande. Les unités décimées ne peuvent pas être reconstituées avec des communiqués de presse. Et tôt ou tard, cette hémorragie de vies humaines va avoir des conséquences stratégiques que même le Kremlin ne pourra pas ignorer. Kupiansk en est un exemple parfait : malgré des semaines d’efforts et des centaines de pertes, les Russes n’ont pas réussi à prendre la ville. Et maintenant, ils l’ont perdue.
30 000 morts par mois. Laissez ce chiffre vous pénétrer. 30 000 familles russes qui reçoivent un cercueil. 30 000 vies gâchées pour une guerre d’agression que la Russie ne peut pas gagner. Et le pire ? Poutine s’en fout. Belousov s’en fout. Ils continuent d’envoyer des hommes au massacre, de mentir sur les résultats, et de prétendre que tout va bien. C’est criminel. C’est monstrueux. Et ça continue, mois après mois, parce que personne en Russie n’a le courage de dire stop. Combien encore ? Combien de morts avant que quelqu’un à Moscou se réveille et réalise que cette guerre est une catastrophe ?
La stratégie russe : l'échec déguisé en succès
Des objectifs impossibles et des tactiques suicidaires
La stratégie militaire russe en Ukraine repose sur une prémisse simple mais fatalement défectueuse : compenser l’incompétence par le nombre. Moscou envoie vague après vague de soldats contre les positions ukrainiennes, espérant que la supériorité numérique finira par submerger les défenseurs. Cette approche a fonctionné dans certains cas — la Russie a réussi à prendre des villes comme Bakhmut et Avdiivka, bien qu’au prix de pertes catastrophiques. Mais à Kupiansk, cette stratégie a échoué. Les Ukrainiens ont refusé de jouer le jeu russe. Au lieu de se laisser submerger par des assauts frontaux, ils ont utilisé des tactiques d’encerclement, de harcèlement, et de contre-attaque qui ont neutralisé l’avantage numérique russe.
Selon Viktor Trehubov, chef du département des communications du Groupement de forces conjointes ukrainien, le commandement russe avait ordonné à ses troupes de prendre Kupiansk « à tout prix ». C’est exactement le genre d’ordre qui mène au désastre militaire. Quand un commandant dit « à tout prix », il dit essentiellement à ses soldats : « Je me fiche de combien d’entre vous meurent, je veux cette ville. » Le résultat ? Des tactiques désespérées comme l’infiltration par gazoduc, des assauts mal coordonnés, et finalement, l’échec total de l’opération. Les Russes n’ont pas pris Kupiansk. Ils ont perdu des centaines d’hommes en essayant. Et maintenant, ils doivent prétendre que tout s’est passé comme prévu.
Le coût stratégique des mensonges
Les mensonges de Moscou sur Kupiansk ne sont pas qu’un problème de relations publiques. Ils ont des conséquences stratégiques réelles. Quand le ministre de la Défense ment au président sur la situation sur le terrain, le président prend des décisions basées sur des informations fausses. Quand les généraux mentent sur leurs succès, ils ne reçoivent pas les ressources ou les renforts dont ils ont réellement besoin. Quand la propagande d’État raconte que tout va bien, la population russe ne comprend pas l’ampleur des sacrifices qu’on lui demande. C’est un cercle vicieux de désinformation qui mine l’effort de guerre russe de l’intérieur.
À Kupiansk, ce cercle vicieux est particulièrement visible. Poutine a été informé que la ville était prise. Il l’a annoncé publiquement. Puis Zelenskyy s’est rendu sur place, prouvant que c’était faux. Puis les Ukrainiens ont repris le contrôle de la ville, hissant leur drapeau sur la mairie. Et pendant tout ce temps, Belousov continuait de dire à Poutine que tout allait bien. Comment la Russie peut-elle gagner une guerre quand ses propres leaders ne savent pas ce qui se passe réellement sur le terrain ? La réponse est simple : elle ne peut pas. Et Kupiansk en est la preuve.
Il y a une ironie tragique dans la façon dont la Russie se ment à elle-même. Poutine a construit un système où personne n’ose lui dire la vérité. Ses généraux lui racontent ce qu’il veut entendre. Ses ministres embellissent les échecs. Ses propagandistes transforment les défaites en victoires. Et au final, tout le monde croit ses propres mensonges. Sauf que la réalité, elle, ne ment pas. Les soldats morts ne ressuscitent pas parce qu’un ministre a menti. Les villes perdues ne redeviennent pas russes parce qu’un communiqué de presse le dit. Et Kupiansk reste ukrainienne, peu importe combien de fois Moscou prétend le contraire.
Le sous-marin de Novorossiysk : quand la technologie ukrainienne frappe
Une première historique : l’attaque par drone sous-marin
Pendant que les combats faisaient rage à Kupiansk, l’Ukraine a réalisé une autre prouesse militaire remarquable : la première attaque réussie par véhicule sous-marin non habité (UUV) contre un sous-marin en service. Le 15 décembre 2025, un drone sous-marin ukrainien a frappé un sous-marin de classe Kilo de la flotte russe de la mer Noire, ancré dans le port de Novorossiysk. Des vidéos de l’attaque montrent une explosion massive à l’arrière du sous-marin, causant des dégâts importants. C’est une première dans l’histoire militaire moderne — jamais auparavant un drone sous-marin n’avait été utilisé avec succès pour attaquer un sous-marin ennemi.
Le Service de sécurité d’État ukrainien a revendiqué l’attaque, confirmant que le sous-marin avait été gravement endommagé. Mais comme pour Kupiansk, la Russie a immédiatement nié les faits. Le ministère de la Défense russe a déclaré : « Aucun navire ou sous-marin, ainsi que les équipages de la flotte de la mer Noire stationnés dans la baie de la base navale de Novorossiysk, n’ont été endommagés à la suite du sabotage. » Moscou a même publié une vidéo du sous-marin prétendument intact, mais la vidéo ne montrait pas la section arrière — exactement la partie qui avait été frappée. Encore une fois, les Russes mentaient face à des preuves vidéo accablantes.
L’innovation ukrainienne face à la supériorité numérique russe
L’attaque de Novorossiysk illustre une tendance plus large dans cette guerre : l’Ukraine compense son infériorité numérique par l’innovation technologique et tactique. Les Ukrainiens ne peuvent pas rivaliser avec la Russie en termes de nombre de soldats, de chars, ou de navires. Mais ils peuvent développer des technologies nouvelles — drones aériens, drones maritimes, drones sous-marins — qui leur donnent un avantage asymétrique. Ces innovations permettent à l’Ukraine de frapper des cibles russes profondément à l’intérieur du territoire ennemi, de perturber les lignes de ravitaillement, et de maintenir la pression sur Moscou malgré des ressources limitées.
Au-delà du sous-marin, l’Ukraine a également frappé plusieurs cibles stratégiques en Russie pendant cette période. Le 12 décembre, des drones ukrainiens ont attaqué la raffinerie de pétrole de Yaroslavl, au nord-est de Moscou. Le 15 décembre, ils ont frappé la raffinerie d’Afipsky dans le Krai de Krasnodar et le dépôt pétrolier d’Uryupinsk dans la région de Volgograd, causant des explosions dans les deux sites. Ils ont également attaqué la centrale électrique de Dorogobuzhskaya dans la région de Smolensk. Ces frappes montrent que l’Ukraine a la capacité de projeter sa puissance loin derrière les lignes russes, perturbant l’infrastructure énergétique et logistique dont dépend l’effort de guerre russe.
Il y a quelque chose de profondément satisfaisant à voir l’Ukraine innover et s’adapter pendant que la Russie s’accroche à des tactiques du XXe siècle. Les Russes envoient des vagues d’infanterie se faire massacrer. Les Ukrainiens développent des drones sous-marins qui coulent des sous-marins. Les Russes bombardent des civils. Les Ukrainiens frappent des raffineries et des dépôts militaires. C’est la différence entre une armée moderne qui pense et une machine de guerre archaïque qui broie. Et c’est pour ça que l’Ukraine tient, malgré tout. Parce qu’ils sont plus intelligents, plus créatifs, et plus déterminés que leurs adversaires.
Les négociations de paix : entre espoir et cynisme
Berlin, décembre 2025 : des pourparlers dans l’ombre
Pendant que les combats continuaient à Kupiansk et ailleurs, des équipes de négociation américaines et ukrainiennes se sont rencontrées pendant deux jours à Berlin les 15 et 16 décembre 2025. Ces discussions visaient à explorer les possibilités d’un cessez-le-feu ou d’un accord de paix. Des responsables russes ont déclaré qu’ils seraient informés la semaine suivante des résultats de ces pourparlers. Mais même pendant que ces discussions avaient lieu, Moscou envoyait des signaux contradictoires sur ses véritables intentions. D’un côté, la Russie prétendait être intéressée par des négociations de paix. De l’autre, elle annonçait publiquement son intention de poursuivre et d’intensifier ses opérations militaires.
Le 18 décembre, lors d’une réunion élargie du conseil du ministère de la Défense, le ministre Belousov a déclaré devant Poutine : « La tâche clé pour l’année prochaine est de maintenir et d’augmenter le rythme de l’offensive. » Ce n’est pas exactement le langage de quelqu’un qui cherche sérieusement la paix. Poutine lui-même a renforcé ce message, affirmant : « Ce n’est pas nous qui avons commencé la guerre en 2022 ; ce sont les forces destructrices en Ukraine, avec le soutien de l’Occident — essentiellement l’Occident lui-même qui a déclenché cette guerre. Nous essayons seulement d’y mettre fin, d’y mettre un terme. » Cette rhétorique révisionniste ignore complètement le fait que c’est la Russie qui a envahi l’Ukraine, pas l’inverse.
Les conditions russes : capitulation déguisée en paix
Poutine a également clarifié ce qu’il entendait par « paix » : « Les objectifs de l’opération militaire spéciale seront certainement atteints, et la Russie réalisera la libération de ses terres historiques par des moyens militaires. » En d’autres termes, la Russie ne négociera pas sur les territoires ukrainiens qu’elle occupe actuellement. Le vice-ministre des Affaires étrangères russe Sergey Ryabkov a confirmé cette position dans une interview avec ABC : « Nous ne sommes pas en mesure, sous quelque forme que ce soit, de faire des compromis sur ce point, car ce serait, à notre avis, une révision d’un élément très fondamental de notre souveraineté, énoncé dans notre constitution. »
Cette position rend toute négociation de paix pratiquement impossible. L’Ukraine ne va pas accepter de céder définitivement des territoires occupés par la force. L’Occident ne va pas reconnaître l’annexion illégale de terres ukrainiennes. Et la Russie refuse de discuter de tout accord qui ne validerait pas ses conquêtes territoriales. C’est une impasse. Et pendant que les diplomates parlent, les soldats meurent. À Kupiansk, à Pokrovsk, à Bakhmut, et sur des dizaines d’autres fronts à travers l’Ukraine. Les négociations de Berlin n’étaient peut-être qu’un spectacle — une façon pour toutes les parties de montrer qu’elles sont « ouvertes au dialogue » tout en sachant que rien ne changera fondamentalement sur le terrain.
Je suis cynique sur ces négociations de paix. Pas parce que je ne veux pas la paix — je la veux désespérément. Mais parce que je ne crois pas que Poutine la veuille vraiment. Il veut la capitulation de l’Ukraine. Il veut garder les territoires qu’il a volés. Il veut que l’Occident reconnaisse ses conquêtes et lève les sanctions. Et il appelle ça « la paix ». Mais ce n’est pas la paix. C’est la victoire de l’agresseur. Et tant que Poutine pensera qu’il peut gagner militairement, il ne négociera pas sérieusement. Kupiansk le prouve. Même après avoir perdu la ville, même après que ses mensonges aient été exposés, Moscou continue de parler d’augmenter le rythme de l’offensive. Ça ne ressemble pas à un régime prêt pour la paix.
Conclusion : la vérité finit toujours par émerger
Kupiansk, symbole d’une résistance qui ne plie pas
Le drapeau ukrainien qui flotte au-dessus de la mairie de Kupiansk n’est pas qu’un symbole. C’est une déclaration. Une déclaration que les mensonges russes ne peuvent pas changer la réalité. Une déclaration que l’Ukraine ne se rendra pas, peu importe combien de fois Moscou annonce des victoires imaginaires. Une déclaration que la vérité, aussi longtemps qu’elle puisse être supprimée, finit toujours par émerger. Poutine a déclaré Kupiansk « libérée » deux fois. Belousov a menti à son président sur le contrôle de la ville. Les médias d’État russes ont célébré une victoire qui n’existait pas. Et pendant tout ce temps, les soldats ukrainiens tenaient la ligne, repoussaient les assauts, et préparaient leur contre-offensive.
Le 12 janvier 2026, quand ces soldats du 4e Bataillon de la Brigade Khartia ont hissé leur drapeau au sommet de la mairie, ils ont fait plus que reprendre un bâtiment. Ils ont prouvé que la méthode ukrainienne — planification, professionnalisme, et détermination — peut vaincre la brutalité russe. Ils ont montré que l’innovation et l’intelligence tactique peuvent compenser l’infériorité numérique. Ils ont démontré que les mensonges de Moscou ne tiennent pas face aux faits sur le terrain. Et ils ont envoyé un message au monde entier : l’Ukraine se bat, l’Ukraine résiste, et l’Ukraine gagne des batailles que beaucoup pensaient perdues d’avance.
Le coût humain d’une guerre de mensonges
Mais derrière cette victoire, il y a un coût terrible. Des centaines de soldats russes sont morts à Kupiansk pour rien — envoyés dans une opération vouée à l’échec par des généraux qui mentaient à leur président. Des civils ukrainiens ont vu leur ville détruite par des bombardements russes. Des familles des deux côtés pleurent des fils, des pères, des frères qui ne reviendront jamais. Et pour quoi ? Pour que Poutine puisse prétendre avoir « libéré » une ville qu’il n’a jamais contrôlée ? Pour que Belousov puisse mentir sur des victoires imaginaires ? Pour que la propagande russe puisse raconter une histoire qui ne correspond pas à la réalité ?
Cette guerre continue parce que Moscou refuse d’admettre ses échecs. Elle continue parce que Poutine préfère sacrifier des dizaines de milliers de vies plutôt que de reconnaître que son « opération militaire spéciale » est un désastre. Elle continue parce qu’un système politique basé sur le mensonge ne peut pas s’arrêter sans s’effondrer. Et pendant ce temps, des villes comme Kupiansk sont détruites, des soldats meurent dans des pipelines, et des familles sont brisées. Le drapeau ukrainien sur la mairie de Kupiansk est un symbole de victoire. Mais c’est aussi un rappel du prix terrible de cette guerre — un prix payé en vies humaines, en souffrance, et en destruction.
Je regarde ces images de Kupiansk — les bâtiments détruits, les rues dévastées, le drapeau ukrainien flottant au-dessus des ruines — et je ressens un mélange d’émotions contradictoires. De la fierté pour ces soldats ukrainiens qui ont tenu bon contre toute attente. De la colère contre les menteurs russes qui envoient des hommes mourir pour sauver leur face. De la tristesse pour toutes les vies perdues, ukrainiennes et russes, dans cette guerre absurde. Et de l’espoir — un espoir têtu, peut-être naïf — que la vérité finira par l’emporter. Que les mensonges de Moscou s’effondreront sous le poids de la réalité. Que cette guerre prendra fin, pas par la capitulation de l’Ukraine, mais par la reconnaissance que l’agression ne paie pas. Kupiansk est un pas dans cette direction. Un petit pas, peut-être. Mais un pas quand même. Et parfois, c’est tout ce qu’on a.
Sources
Sources primaires
UNITED24 Media – « Ukrainian Forces Raise Flag Over Kupiansk City Hall After Liberation Operation » – 13 janvier 2026 – https://united24media.com/latest-news/ukrainian-forces-raise-flag-over-kupiansk-city-hall-after-liberation-operation-14950
Ukrinform – « Ukrainian National Guard raises flag over Kupiansk city hall » – 12 janvier 2026 – https://www.ukrinform.net/rubric-ato/4079590-ukrainian-national-guard-raises-flag-over-kupiansk-city-hall.html
Ukrainska Pravda – « Ukrainian forces re-establish control over Kupiansk City Council building – video » – 12 janvier 2026 – https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/01/12/8015789/
Sources secondaires
Al Jazeera – « Moscow’s narrative wobbles as Ukraine takes back Kupiansk » – 19 décembre 2025 – https://www.aljazeera.com/features/2025/12/19/moscows-narrative-wobbles-as-ukraine-takes-back-kupiansk
Brigade Khartia (Telegram) – Communications officielles du 2e Corps de la Garde nationale d’Ukraine – 12 janvier 2026
Institute for the Study of War – Analyses des pertes russes et du recrutement – Décembre 2025
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.