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La Chine pulvérise la menace Trump: tarifs de 25 % sur l’Iran, une extorsion déguisée en politique
Crédit: Adobe Stock

Une taxe pour punir les tiers

La menace est simple, presque brutale dans sa mécanique: une surtaxe de 25 % brandie comme une massue contre les pays qui commercent avec l’Iran. Dans l’histoire du commerce international, ce genre de geste porte un nom que les diplomates prononcent avec prudence mais que les juristes reconnaissent vite: une mesure extraterritoriale. Elle ne vise pas seulement Téhéran; elle vise aussi ceux qui gardent des relations économiques avec lui, qu’il s’agisse d’acheter du pétrole, de vendre des biens industriels ou de financer des transactions autorisées par leur propre droit national. Ce n’est plus un face-à-face. C’est une punition en ricochet, qui transforme des partenaires commerciaux en otages d’une stratégie intérieure américaine.

La Chine, elle, n’a pas pris de gants. Pékin a dénoncé des « sanctions unilatérales illicites », rappelant une ligne constante: les différends internationaux ne devraient pas être réglés par des pressions économiques décidées par un seul État, au mépris des cadres multilatéraux. Derrière la formule, il y a une bataille sur le droit et sur la puissance. Car si un pays peut dicter aux autres avec qui ils ont le droit d’échanger, alors la notion même de souveraineté commerciale se fissure. Et quand cette fissure s’élargit, ce sont les règles du jeu mondial qui se transforment en champ de mines.

Le commerce mondial sous menace directe

Une telle surtaxe ne se contente pas de faire grimper des prix. Elle injecte de la peur dans les chaînes d’approvisionnement, de l’incertitude dans les contrats, du soupçon dans chaque virement bancaire. Les entreprises ne lisent pas seulement les lois; elles lisent les signaux politiques, parce qu’un signal peut suffire à bloquer une cargaison, à retarder une assurance, à faire fuir une banque correspondante. Le résultat, c’est que l’économie devient un théâtre de dissuasion. Les pays « tiers » se retrouvent sommés de choisir, non pas entre deux produits ou deux fournisseurs, mais entre deux risques: perdre l’accès au marché américain ou maintenir un commerce avec l’Iran. Dans cet espace comprimé, la rationalité économique recule, remplacée par la gestion de crise permanente.

La réaction chinoise s’inscrit dans un bras de fer plus large: la défense d’un ordre commercial moins dépendant de menaces tarifaires et de sanctions décidées en dehors des enceintes multilatérales. Pékin sait qu’un précédent compte autant qu’une mesure. Aujourd’hui, l’Iran. Demain, un autre pays. Après-demain, un autre secteur. Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement la relation Chine–Iran, mais la capacité des États à maintenir des échanges sans être contraints par une politique de coercition économique. Quand une menace tarifaire devient un outil pour « discipliner » les partenaires, la règle n’est plus la concurrence; c’est l’alignement. Et l’alignement, dans l’histoire, finit toujours par coûter cher.

Sanctions unilatérales, droit et puissance

Le mot « illicite » lâché par la Chine n’est pas une simple posture. Il renvoie à une controverse juridique et politique ancienne: jusqu’où un État peut-il étendre ses mesures coercitives au-delà de ses frontières? Les sanctions unilatérales, par définition, ne sont pas adoptées collectivement. Elles reposent sur une décision nationale, souvent justifiée par la sécurité, la lutte contre le terrorisme ou la non-prolifération. Mais lorsqu’elles ciblent des acteurs étrangers qui opèrent hors du territoire national, elles se heurtent à l’idée que le commerce international est régi par des règles partagées, pas par le droit du plus fort. La Chine, en dénonçant ces pratiques, cherche aussi à protéger un principe: les différends doivent être réglés par la négociation, pas par la strangulation économique.

Ce débat a une portée concrète. Une surtaxe de cette nature, appliquée aux pays qui commercent avec l’Iran, revient à transformer le tarif douanier en arme diplomatique contre des gouvernements et des entreprises qui n’ont pas violé leurs propres lois. Elle crée une géographie de la peur: les routes commerciales se redessinent non selon l’efficacité, mais selon l’exposition au risque américain. Et dans cette géographie, certains États peuvent être poussés à rompre des relations économiques qu’ils jugent légitimes, simplement pour éviter la sanction. C’est une manière de gouverner à distance. Une manière de dire: « vos choix ne vous appartiennent pas ». La Chine refuse ce principe, parce qu’il menace, à terme, la stabilité du système qu’elle utilise aussi pour commercer et projeter sa puissance.

Mon cœur se serre quand je vois à quel point un chiffre peut devenir une menace, une frontière mentale, un verrou posé sur la gorge du commerce mondial. Une taxe annoncée, et soudain des gouvernements doivent recalculer leur courage, des entreprises doivent réécrire leurs plans, des familles peuvent payer plus cher ce qui voyage d’un port à l’autre. On parle de pourcentages comme on parle d’armes propres. Mais rien n’est propre dans une politique qui exige l’obéissance des autres sous peine de punition. Je ne romantise pas l’Iran, je ne blanchis aucune responsabilité. Je regarde seulement la méthode: la pression extraterritoriale, l’intimidation économique, l’idée qu’un pays peut dicter aux autres avec qui ils ont le droit de commercer. Et je me demande ce qu’il restera, demain, de la souveraineté si l’on accepte ce chantage comme une normalité. À force de plier le monde, on finit par le casser.

Sources

Sources primaires

Reuters – Dépêche sur la réaction de Pékin aux menaces de tarifs de Trump liées au commerce avec l’Iran (12 décembre 2025)

AFP – Dépêche sur la position chinoise dénonçant des « sanctions unilatérales » et les enjeux commerciaux avec l’Iran (12 décembre 2025)

Ministère chinois des Affaires étrangères (MFA) – Point presse / déclaration du porte-parole sur les « sanctions unilatérales illicites » (13 décembre 2025)

Ministère iranien des Affaires étrangères – Communiqué / réaction officielle sur les menaces de tarifs et la coopération économique avec les partenaires (13 décembre 2025)

Sources secondaires

BBC News – Analyse des implications diplomatiques et commerciales d’une escalade tarifaire liée à l’Iran (14 décembre 2025)

France 24 – Décryptage des rapports Chine–Iran et des risques de tensions avec Washington (14 décembre 2025)

The Economist – Analyse des effets potentiels sur les chaînes d’approvisionnement et la politique de sanctions (15 décembre 2025)

International Crisis Group – Note d’analyse sur la dynamique des sanctions, le nucléaire iranien et les positions des grandes puissances (16 décembre 2025)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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