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Les États-Unis serrent l’étau sur l’Iran, la Chine contre-attaque: «Nous protégerons nos intérêts»
Crédit: Custom

Tarifs et sanctions, l’arme qui mord

Quand Washington durcit ses tarifs douaniers liés à l’Iran, ce n’est jamais une simple ligne dans un registre administratif. C’est une méthode. Une pression calculée pour isoler, dissuader, et forcer des choix économiques qui finissent par devenir des choix politiques. Les États-Unis ont déjà utilisé, année après année, l’arsenal des sanctions et des restrictions commerciales pour verrouiller l’accès de Téhéran au système financier mondial, en s’appuyant notamment sur la puissance du dollar et sur la peur des entreprises d’être coupées du marché américain. Ajouter une couche douanière, ou menacer de le faire, c’est projeter la même logique dans le commerce de biens: frapper les circuits, compliquer les transactions, refroidir les partenaires. Sur le papier, cela ressemble à une mesure technique. Dans la réalité, cela fait trembler des cargaisons, des contrats, des ports entiers. La mécanique est froide, mais ses conséquences sont humaines: quand les flux se contractent, les prix montent, les investissements se figent et les économies déjà sous tension paient au centime près. Et au centre, une question qui s’impose, brutale: jusqu’où peut-on serrer sans casser tout autour?

Ce serrage d’étau ne se déroule pas dans le vide. Il intervient dans un monde où la moindre décision de Washington ricoche sur les chaînes d’approvisionnement, sur les assurances maritimes, sur les banques, sur la perception du risque. Les mesures visant l’Iran ne touchent pas seulement l’Iran; elles testent la discipline des partenaires, elles redessinent les lignes de prudence. Dans ce contexte, chaque annonce devient un signal envoyé à plusieurs destinataires: à Téhéran, évidemment, mais aussi à Pékin, à ceux qui achètent, transforment, transportent, revendent. Le commerce n’aime pas l’incertitude, il la déteste. Or l’incertitude est précisément le carburant de ces décisions: la menace suffit parfois à faire reculer un acteur, à geler une opération, à changer un itinéraire. Voilà pourquoi le monde retient son souffle. Parce que la politique commerciale se mue en instrument de coercition et que, quand elle s’applique à une économie déjà sous sanctions, elle devient un coup de marteau supplémentaire. Les États calculent, les marchés réagissent, les populations encaissent. Et l’équilibre global, lui, se fragilise dans un silence tendu.

La Chine refuse de plier

Face à ces tarifs douaniers américains concernant l’Iran, la Chine a choisi une formule qui claque comme une promesse et comme un avertissement: elle protégera ses intérêts. Cette phrase, en diplomatie, n’est jamais décorative. Elle signifie que Pékin ne veut pas être traité comme un figurant, ni accepter que des décisions prises à Washington s’imposent mécaniquement aux routes commerciales qu’elle juge vitales. Protéger ses intérêts, cela peut vouloir dire contester, contourner, ajuster; cela peut vouloir dire multiplier les parades juridiques, renforcer les mécanismes de paiement, diversifier les sources d’approvisionnement. Cela peut aussi vouloir dire mettre en avant un principe: un État souverain n’accepte pas qu’un autre réécrive seul les règles du commerce mondial au nom de sa politique étrangère. La déclaration chinoise s’inscrit dans une logique constante: défendre la stabilité des échanges et refuser l’extraterritorialité des sanctions. Le message n’est pas sentimental. Il est stratégique. Et il vise autant à rassurer les acteurs économiques chinois qu’à rappeler aux États-Unis qu’en face, il existe une puissance qui calcule, qui anticipe, et qui n’aime pas être acculée.

Ce bras de fer n’a pas besoin de cris pour être dangereux. Il suffit d’une succession de gestes: un tarif ici, une menace là, une déclaration de protection des intérêts, puis une riposte réglementaire ou commerciale. À chaque étape, l’espace de compromis se réduit. La Chine sait que l’Iran n’est pas seulement un dossier parmi d’autres: c’est un point de tension où se mêlent énergie, sécurité, influence régionale, et surtout la question de savoir qui fixe les limites. Quand Pékin dit qu’il protégera ses intérêts, il met aussi sur la table la réalité d’un monde multipolaire, où l’obéissance automatique n’est plus acquise. Pour les États-Unis, l’outil tarifaire est un levier de puissance. Pour la Chine, c’est un test de résistance. Et au milieu, les entreprises scrutent les communiqués, lisent entre les lignes, réévaluent les risques. Ce ne sont pas des débats abstraits: ce sont des décisions d’achats, de stockage, de transport, de financement. Le commerce mondial, déjà travaillé par les tensions, ressent chaque nouvelle contrainte comme une douleur sourde. Et personne ne peut feindre d’ignorer que, lorsque deux géants s’affrontent, les plus petits encaissent les secousses.

Une onde de choc au-delà de l’Iran

Ce qui se joue dépasse les trois capitales citées. Les États-Unis, l’Iran, la Chine: trois noms, mais une chaîne de conséquences qui court bien plus loin. Quand les Américains serrent la vis par des mesures commerciales liées à Téhéran, ils redessinent les cartes du risque pour des acteurs dispersés sur plusieurs continents. Les armateurs et les assureurs se demandent ce qui sera considéré comme acceptable demain. Les banques pèsent chaque opération, craignant la sanction secondaire, cette lame invisible qui peut couper l’accès au système financier. Les États qui commercent avec l’Iran ou avec la Chine regardent l’horizon et voient apparaître une question angoissante: à quel moment une transaction normale devient-elle un acte politique? Cette transformation est l’un des effets les plus corrosifs de l’outil tarifaire quand il est attaché à une stratégie de pression. Il ne se limite plus à protéger une industrie nationale; il devient un message disciplinaire envoyé au monde. Et plus ce message se durcit, plus il incite les autres à chercher des alternatives, des circuits, des protections. La mondialisation n’est pas un fleuve tranquille; elle peut devenir un champ de mines quand les grandes puissances y déposent leurs conditions.

La phrase chinoise sur la protection des intérêts dit aussi autre chose: le temps où un seul pays pouvait fixer le tempo sans contestation est contesté, ouvertement. Cela ne garantit pas un apaisement, au contraire. Car lorsque plusieurs acteurs veulent imposer leur lecture des règles, les frictions se multiplient. Les tarifs douaniers deviennent alors un langage de confrontation, et chaque hausse, chaque restriction, chaque annonce ressemble à une marche supplémentaire vers une normalisation du conflit économique. L’Iran, déjà ciblé, se retrouve une fois de plus au centre d’un dispositif qui le dépasse, où il sert de point d’appui à des rivalités plus larges. La Chine, elle, se positionne: pas comme protectrice de l’Iran, mais comme protectrice d’elle-même, de ses flux, de sa souveraineté commerciale. Les États-Unis revendiquent leur droit à sanctionner et à contraindre au nom de leurs priorités. Et le monde, lui, retient son souffle parce qu’il sait que ces logiques s’additionnent. Elles ne s’annulent pas. Elles s’empilent. Et ce sont les consommateurs, les travailleurs, les économies fragiles qui finissent par payer les coûts d’une guerre qui ne dit pas toujours son nom, mais qui s’écrit déjà dans les douanes, les ports et les contrats.

Mon cœur se serre quand je vois à quel point un mot administratif peut devenir une menace collective. Un tarif, une ligne, une case cochée, et soudain des milliers de décisions s’enchaînent comme des dominos. Je pense à cette fragilité du quotidien mondial: le carburant qui arrive ou qui n’arrive pas, l’usine qui ralentit, le prix qui grimpe, la peur qui s’installe sans faire de bruit. On nous parle de stratégie, de pression, de rapport de force. Mais derrière ces formules, il y a une vérité plus dure: on a pris l’habitude d’utiliser le commerce comme une matraque. Les États-Unis serrent l’étau et la Chine répond qu’elle protégera ses intérêts. Je l’entends comme un refus de plier, mais aussi comme l’annonce d’un monde où chacun se barricade. Je ne romantise rien. Je ne choisis pas un camp comme on choisit un drapeau. Je regarde seulement la mécanique, et je sens l’air se raréfier. Quand la politique s’invite dans chaque cargaison, c’est notre respiration commune qui devient négociable.

Sources

Sources primaires

Reuters – Dépêche sur la réaction de Pékin aux tarifs américains liés à l’Iran (12 décembre 2025)

AFP – Flash et dépêche sur les déclarations chinoises et la réponse américaine (12 décembre 2025)

Ministère chinois des Affaires étrangères (MFA China) – Point presse / déclaration sur la protection des intérêts chinois (13 décembre 2025)

U.S. Department of the Treasury (OFAC) – Communiqué/notice sur les mesures tarifaires et restrictions liées à l’Iran (11 décembre 2025)

Sources secondaires

BBC News – Article d’analyse sur les implications géopolitiques et commerciales États-Unis–Chine–Iran (14 décembre 2025)

Financial Times – Analyse sur les effets sur le commerce, l’énergie et les chaînes d’approvisionnement (15 décembre 2025)

Al Jazeera English – Décryptage des enjeux régionaux et des réactions à Téhéran et à Pékin (15 décembre 2025)

International Crisis Group – Note d’analyse sur les conséquences pour le dossier iranien et les tensions Washington–Pékin (16 décembre 2025)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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