Un missile hypersonique aux portes de l’Europe
Le missile Orechnik n’est pas un missile comme les autres. C’est l’aboutissement de décennies de recherche militaire russe, la réponse du Kremlin aux boucliers antimissiles occidentaux. Sa vitesse? Plus de 13 000 km/h. Sa trajectoire? Imprévisible, capable de manœuvres en vol que les systèmes de défense actuels ne peuvent anticiper. Sa capacité? Nucléaire. Ce qui signifie que ce projectile qui a frappé Lviv vendredi aurait pu, s’il avait été équipé différemment, réduire une ville entière en cendres radioactives. Et Moscou le sait. Et l’OTAN le sait. Et tout le monde sait que ce tir n’était pas seulement une frappe militaire — c’était un message adressé à l’Occident tout entier.
C’est la deuxième fois que la Russie utilise l’Orechnik contre l’Ukraine. La première, c’était en novembre 2024, contre Dnipro. Cette fois, la cible était une usine de réparation aéronautique dans l’ouest du pays, une installation que Moscou accuse de réparer les avions de combat ukrainiens. « L’usine a été mise hors service », a fanfaronné le ministère russe de la Défense. Mais au-delà des dégâts matériels, c’est la localisation de la frappe qui glace le sang : Lviv est à 80 kilomètres de la Pologne, membre de l’OTAN. Un écart de quelques degrés dans la trajectoire, et ce missile à capacité nucléaire aurait pu tomber sur le territoire de l’Alliance. Et alors?
Washington sort de ses gonds
Pour une fois, l’administration Trump n’a pas mâché ses mots. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, convoqué en urgence à la demande de l’Ukraine, l’ambassadrice adjointe américaine Tammy Bruce a qualifié le tir d’« escalade dangereuse et inexplicable ». Les mots sont lourds, venant d’une administration qui s’était plutôt montrée conciliante envers Moscou ces derniers mois. « Grâce au leadership du président Trump, nous sommes plus près d’un accord que jamais depuis le début de la guerre », a-t-elle rappelé. « Malgré cela, la Russie a lancé plus d’attaques sur l’Ukraine, y compris le lancement de son missile balistique Orechnik à capacité nucléaire, qui a frappé une zone proche de la frontière avec la Pologne et l’OTAN. »
La réaction européenne a été tout aussi virulente. Berlin, Paris, Londres — tous ont dénoncé une « escalade » de Moscou. Tous ont condamné. Tous ont exprimé leur « préoccupation ». Mais au-delà des mots, qu’est-ce qui va changer? L’ambassadrice Bruce a posé la question qui fâche : « Les deux parties devraient chercher des voies vers la désescalade, mais les actions de la Russie menacent d’étendre et d’intensifier la guerre. » Elle a accusé Moscou de « tourner la cause de la paix en ridicule ». Et elle a raison. Mais la question demeure : que va faire l’Occident face à cette provocation?
Vous savez ce qui me frappe dans cette histoire? C’est le timing. Au moment même où Trump négocie avec Poutine, au moment où les « garanties de sécurité » pour l’Ukraine semblent enfin se concrétiser, au moment où l’espoir renaît — Moscou tire un missile capable de porter une charge nucléaire à quelques kilomètres de l’OTAN. C’est une gifle. Une provocation délibérée. Un crachat au visage de tous ceux qui croient encore à la diplomatie avec le Kremlin. Et moi, je me demande : combien de gifles l’Occident est-il prêt à encaisser avant de répondre?
La nuit de l'enfer : bombardements massifs sur l'Ukraine
Des centaines de drones, des dizaines de missiles, des millions de vies bouleversées
Le tir de l’Orechnik n’était pas isolé. Il s’inscrivait dans une nuit de bombardements massifs — la plus violente depuis des mois. Centaines de drones Shahed lancés en essaims. Dizaines de missiles de tous types. Une pluie de feu et d’acier sur un pays qui grelotte déjà sous des températures polaires. Le bilan officiel : quatre morts, 25 blessés. Mais les chiffres ne disent pas tout. Ils ne parlent pas des 6 000 immeubles de Kiev privés de chauffage en plein hiver. Ils ne racontent pas les familles entassées dans des abris souterrains, enveloppées dans des couvertures, attendant que le cauchemar se termine.
À Kiev, les autorités ont appelé les habitants à évacuer « temporairement » la capitale. Temporairement. Comme si ce mot avait encore un sens après quatre ans de guerre. Les températures oscillent entre -7°C et -15°C. Sans chauffage, sans électricité, les appartements deviennent des tombeaux de glace. Les canalisations gèlent. Les vieux, les malades, les enfants — les plus vulnérables paient le prix fort. Et Poutine regarde, satisfait. Parce que c’est ça, sa stratégie : pas seulement tuer des soldats, mais faire souffrir tout un peuple. Transformer l’hiver en arme de guerre. Faire plier l’Ukraine par le froid et la misère.
Lviv, Kharkiv, Kiev : aucune ville n’est épargnée
L’usine aéronautique de Lviv n’était qu’une cible parmi d’autres. À Kharkiv, la deuxième ville du pays, des frappes ont touché un sanatorium pour enfants. Un sanatorium. Pour enfants. Il faut laisser ces mots résonner pour comprendre ce que signifie cette guerre. À Kiev, l’ambassade du Qatar a été endommagée par les explosions. « Aucun diplomate ni membre du personnel n’a été blessé », a précisé le ministère qatari des Affaires étrangères. Mais le message est clair : même les ambassades ne sont plus à l’abri. Même le droit international n’est plus qu’un souvenir.
À Zaporijjia, dans le sud-est, de nouvelles explosions ont été signalées. L’ombre de la centrale nucléaire occupée par les Russes plane sur la région comme une menace permanente. Et partout, la même scène se répète : des immeubles éventrés, des vitres soufflées, des habitants hagards qui fouillent les décombres à la recherche de survivants. Quatre ans. Quatre ans que ça dure. Et le monde continue de regarder, de condamner, de s’indigner — et de ne rien faire de concret pour arrêter ce massacre.
Un sanatorium pour enfants. Je n’arrive pas à sortir ces mots de ma tête. Un endroit où des gamins malades viennent se reposer, récupérer, guérir. Et les Russes l’ont bombardé. Qu’est-ce qu’il y avait dans ce sanatorium qui menaçait la sécurité de la Russie? Quels « nazis » y étaient cachés, pour reprendre la propagande du Kremlin? Des enfants. Des enfants malades. Et on les bombarde. À quel moment un être humain décide-t-il de faire ÇA? À quel moment on accepte d’appuyer sur le bouton qui va détruire un lieu où des enfants dorment?
La mer Noire en feu : quand les cargos deviennent des cibles
Deux cargos civils frappés par des drones russes
Pendant que l’Orechnik illuminait le ciel de l’ouest ukrainien, une autre guerre se livrait en silence sur les eaux sombres de la mer Noire. Le 12 janvier 2026, l’Ukraine a accusé la Russie d’avoir attaqué avec des drones deux cargos civils battant pavillon du Panama et de Saint-Marin. Leur crime? Se trouver à proximité d’un port ukrainien. Leur cargaison? De l’huile végétale pour l’un, du maïs pour l’autre. Des produits alimentaires. Des denrées qui devaient nourrir des gens quelque part dans le monde. Et Moscou les a frappés.
« La Russie attaque à nouveau des navires civils », a dénoncé le vice-Premier ministre ukrainien Oleksiï Kouleba sur Telegram. « Malheureusement, un membre d’équipage a été blessé. Il reçoit actuellement les soins nécessaires. » Un blessé cette fois. Un mort syrien lors d’une attaque similaire quelques jours plus tôt. La mer Noire, autrefois corridor vital pour les exportations agricoles ukrainiennes, est devenue un champ de bataille où plus aucun navire commercial n’est en sécurité. Les assureurs augmentent leurs primes. Les armateurs hésitent. Et c’est exactement ce que veut Moscou : asphyxier économiquement l’Ukraine en fermant sa porte sur la mer.
La riposte ukrainienne : des pétroliers russes en flammes
Mais l’Ukraine ne reste pas les bras croisés. Ces dernières semaines, les drones navals Sea Baby — ces petits engins autonomes qui ressemblent à des jouets mais peuvent couler des navires de plusieurs milliers de tonnes — ont multiplié les frappes contre des pétroliers liés à la Russie. Le 13 janvier, deux pétroliers grecs affrétés par le Kazakhstan, le Matilda et le Delta Harmony, ont été touchés près du port russe de Novorossiysk. Explosions. Pas d’incendie majeur cette fois. Mais le message est clair : si la Russie attaque les navires ukrainiens, l’Ukraine répondra en frappant les artères économiques de Moscou.
Et ça marche. Depuis des mois, l’Ukraine a réussi l’impensable : sans marine traditionnelle, avec des drones bricolés et de l’ingéniosité, elle a repoussé la flotte russe de la mer Noire loin de ses côtes. Le croiseur Moskva? Coulé. Des dizaines de navires? Détruits ou endommagés. La flotte russe, autrefois maîtresse de ces eaux, se cache maintenant dans ses ports, terrifiée par ces petits engins qui surgissent de nulle part et frappent avec une précision chirurgicale. C’est David contre Goliath, version 2026. Et pour l’instant, David gagne.
Imaginez la scène. Vous êtes marin sur un cargo. Vous transportez du maïs. Du maïs, pour nourrir des gens à l’autre bout du monde. Et soudain, un drone surgit de l’obscurité. L’explosion. Le feu. La panique. Et vous réalisez que vous êtes devenu une cible dans une guerre qui n’est pas la vôtre. C’est ça, la mer Noire aujourd’hui. Un endroit où des marins innocents meurent parce qu’ils ont eu le malheur de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Et moi, je me demande : combien de morts faudra-t-il avant que le monde réalise que cette guerre ne concerne pas seulement l’Ukraine?
La réponse russe : cynisme et mensonges
Nebenzia accuse l’Ukraine, le monde hausse les épaules
Au Conseil de sécurité de l’ONU, la réponse russe a été prévisible. L’ambassadeur Vassily Nebenzia a rejeté toute responsabilité sur l’Ukraine, accusant le président Zelensky de refuser des « conditions réalistes » de négociation. « Tant que Zelensky ne retrouvera pas ses esprits et n’acceptera pas des conditions réalistes pour les négociations, Moscou continuera sa guerre », a-t-il déclaré. En d’autres termes : capitule, ou nous continuerons à te bombarder. C’est ça, la « diplomatie » russe. C’est ça, l’offre de « paix » du Kremlin.
Mais l’Ukraine refuse de céder. L’ambassadeur ukrainien Andriy Melnyk a répondu avec une lucidité tranchante : « La Russie veut vendre à ce conseil et à toute la famille de l’ONU l’impression qu’elle est invincible, mais c’est une autre illusion. » Il a rappelé que l’économie russe ralentit, que les revenus pétroliers baissent, que le pays est plus vulnérable qu’il ne l’a jamais été depuis le début de l’invasion. Et il a raison. Derrière la façade de puissance, la Russie s’épuise. Mais elle continue de frapper. Elle continue de tuer. Parce que Poutine préfère ruiner son pays plutôt que d’admettre l’échec.
Les « cibles légitimes » : la menace qui plane
Et pour couronner le tout, Moscou a réitéré ses menaces contre tout déploiement de troupes occidentales en Ukraine. Le ministère des Affaires étrangères a prévenu que les forces étrangères et leurs infrastructures seraient considérées comme des « cibles de combat légitimes ». Cette déclaration fait suite au sommet de Paris du 6 janvier, où la France et le Royaume-Uni ont signé une déclaration d’intention prévoyant le déploiement de soldats en Ukraine après un éventuel cessez-le-feu. La réponse de Moscou est sans ambiguïté : venez, et nous vous tuerons.
C’est le paradoxe de cette guerre. L’Occident parle de « garanties de sécurité ». La Russie répond par des missiles à capacité nucléaire. L’Europe promet des troupes. Moscou promet de les bombarder. Et au milieu, l’Ukraine survit, résiste, s’accroche à l’espoir que quelque chose, quelque part, finira par changer. Que le monde finira par se réveiller. Que les promesses se transformeront en action. Mais quand? Comment? Et à quel prix?
« Cibles légitimes. » Deux mots. Deux mots qui résument toute l’arrogance du Kremlin. Des soldats français, britanniques, européens — des êtres humains avec des familles, des rêves, des vies — réduits à des « cibles légitimes ». C’est ça, le langage de Poutine. C’est ça, sa vision du monde. Vous n’êtes pas des personnes. Vous êtes des cibles. Et je me demande : est-ce que l’Europe entend? Est-ce que les dirigeants comprennent ce que signifient ces mots? Ou est-ce qu’ils vont continuer à parler de « dialogue » et de « désescalade » pendant que Moscou prépare ses missiles?
Trump et la paix impossible : le rêve qui s'éloigne
90% d’accord, 100% de blocage
Il y a deux semaines, l’optimisme était de mise. Le président Zelensky, après sa rencontre avec Donald Trump à Mar-a-Lago, avait annoncé que le plan de paix en 20 points était « à 90% prêt ». Les « garanties de sécurité » américaines? « 100% convenues. » L’adhésion de l’Ukraine à l’UE? En discussion. Le sommet de Paris du 6 janvier avait rassemblé 35 pays autour de l’Ukraine. Tout semblait avancer. Tout semblait possible. Et puis, le 9 janvier, l’Orechnik a frappé. Et tout s’est effondré.
Parce que la question centrale demeure : la question territoriale. La Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien et exige le contrôle total du Donbas. L’Ukraine refuse de céder du terrain. Et entre ces deux positions, il n’y a pas de compromis possible. Pas de « juste milieu ». Pas de solution magique que Trump pourrait imposer par sa seule volonté. L’ambassadrice Bruce l’a dit clairement : les négociations sont au point mort parce que « Moscou ne montre aucun signe de flexibilité sur ses demandes maximales ».
La paix, à quel prix?
Et c’est là que réside le dilemme tragique de cette guerre. Pour avoir la paix, il faudrait que l’Ukraine accepte de céder une partie de son territoire — ce qu’elle refuse catégoriquement, et à juste titre. Ou il faudrait que la Russie accepte de se retirer — ce qu’elle n’a aucune intention de faire. Ou il faudrait que l’Occident intervienne militairement — ce qu’il n’osera jamais. Alors les négociations piétinent. Les bombes tombent. Les gens meurent. Et le monde continue de parler de « désescalade » comme si ce mot avait encore un sens face à un régime qui tire des missiles nucléaires sur des usines à 80 kilomètres de l’OTAN.
Trump a dit vouloir mettre fin à cette guerre « en 24 heures ». On en est à plusieurs semaines de négociations, et le seul résultat tangible est une intensification des bombardements russes. Peut-être que le président américain réalisera — s’il ne l’a pas déjà fait — que Poutine ne respecte pas les règles du « deal ». Que pour le maître du Kremlin, négocier, c’est un signe de faiblesse. Que la seule langue qu’il comprend, c’est celle de la force. Et tant que l’Occident parlera de diplomatie pendant que Moscou parle de missiles, cette guerre ne se terminera pas.
Vous voulez la vérité? La paix avec Poutine, ça n’existe pas. Pas tant qu’il sera au pouvoir. Pas tant que le Kremlin considérera l’Ukraine comme un territoire à conquérir, pas un pays à respecter. Toutes ces négociations, tous ces pourparlers, tous ces « plans en 20 points » — ce ne sont que des écrans de fumée. Pendant qu’on parle, Poutine continue de tirer. Et moi, je me demande : combien de temps encore va-t-on jouer ce jeu? Combien de vies ukrainiennes va-t-on sacrifier sur l’autel d’une « paix » qui ne viendra jamais?
L'hiver de tous les dangers : quand le froid tue autant que les bombes
Kiev sous zéro, Kiev sans chauffage
Il fait -15°C à Kiev. Dans les appartements sans chauffage, l’eau gèle dans les tuyaux. Les vieux se blottissent sous des couvertures empilées, incapables de se réchauffer. Les parents regardent leurs enfants grelotter et se demandent comment ils vont survivre à la nuit. C’est ça, la réalité de l’Ukraine en janvier 2026. Une réalité que les bombardements russes ont créée délibérément, méthodiquement, cruellement. 6 000 immeubles sans chauffage après les frappes du 9 janvier. Des milliers de familles jetées dans le froid polaire.
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a appelé les habitants à évacuer « temporairement » la capitale. Mais où aller? Vers l’ouest, où les missiles tombent aussi? Vers l’Europe, déjà saturée de réfugiés? Ou rester, et espérer que les équipes de réparation arriveront à temps, que l’électricité reviendra, que le cauchemar se terminera? Les Ukrainiens connaissent ces choix impossibles depuis quatre ans. Ils les font chaque jour, chaque nuit, chaque instant. Et le monde continue de regarder, impuissant ou indifférent.
La stratégie du froid : l’arme de Poutine
Ce n’est pas un hasard si les bombardements les plus massifs ont lieu en plein hiver. Poutine a compris que les missiles ne suffisent pas à faire plier l’Ukraine. Alors il utilise une autre arme : le froid. Détruire les centrales électriques. Couper le chauffage. Transformer chaque appartement en piège mortel. Forcer les gens à choisir entre mourir de froid chez eux ou fuir vers l’inconnu. C’est une stratégie de terreur, de souffrance délibérée, de déshumanisation systématique. Et c’est parfaitement conforme au mode opératoire du Kremlin depuis le début de cette guerre.
Les « points d’invincibilité » — ces centres de réchauffement où les Ukrainiens peuvent trouver un peu de chaleur et d’électricité — fonctionnent à plein régime. Mais ils ne suffisent pas. Ils ne peuvent pas réchauffer un pays entier. Ils ne peuvent pas remplacer un système énergétique systématiquement détruit par les bombes russes. Et chaque jour qui passe, chaque nuit glaciale qui s’écoule, c’est un peu plus de l’Ukraine qui meurt. Pas sous les missiles. Pas sous les drones. Mais sous le froid impitoyable d’un hiver que Poutine a transformé en arme de guerre.
Il y a quelque chose de particulièrement cruel dans cette stratégie. Quelque chose qui dépasse la simple logique militaire. Bombarder des usines, des dépôts de munitions, des bases militaires — on peut comprendre, dans la logique froide de la guerre. Mais couper le chauffage à des millions de civils en plein hiver? Regarder des vieux mourir de froid dans leurs appartements? C’est autre chose. C’est de la barbarie pure. Et chaque fois qu’un Européen bien au chaud se demande pourquoi on doit « encore » aider l’Ukraine, j’ai envie de lui montrer ces images. Ces familles qui grelottent. Ces enfants qui toussent. Cette souffrance que nous pourrions arrêter, si seulement nous en avions le courage.
David contre Goliath : comment l'Ukraine gagne la guerre de la mer Noire
Une flotte en lambeaux, des amiraux en panique
C’est l’une des ironies les plus savoureuses de cette guerre : l’Ukraine, un pays sans marine traditionnelle, est en train de gagner la bataille navale contre la Russie. Depuis le début du conflit, les forces ukrainiennes ont coulé ou endommagé plus de vingt navires de la flotte russe de la mer Noire. Le croiseur Moskva, fierté de la marine russe? Au fond de l’eau. Le Novocherkassk, navire de débarquement? Détruit en plein port russe de Féodossia. La flotte qui devait dominer la mer Noire se cache maintenant dans ses ports, terrifiée par ces petits drones qui surgissent de nulle part.
Comment l’Ukraine a-t-elle réussi cet exploit? Avec de l’ingéniosité, de l’audace, et des drones navals Sea Baby. Ces engins, développés localement, coûtent une fraction du prix d’un missile anti-navire traditionnel, mais peuvent causer des dégâts équivalents. Rapides, difficiles à détecter, mortels — ils ont révolutionné la guerre navale. Et ils ont démontré quelque chose que les amiraux du monde entier commencent à comprendre : l’ère des grandes flottes de surface touche peut-être à sa fin. Face à des essaims de drones bon marché, les cuirassés les plus puissants deviennent des cibles vulnérables.
La guerre économique sur les flots
Mais l’Ukraine ne se contente pas de couler des navires de guerre. Elle frappe aussi là où ça fait mal économiquement : les pétroliers. En décembre et janvier, plusieurs tankers liés à la Russie ont été touchés en mer Noire et en Méditerranée. Le port de Novorossiysk — dernier refuge de la flotte russe et point de départ des exportations pétrolières — est devenu une zone à risque. Les assureurs augmentent leurs primes. Les armateurs hésitent. Et les revenus pétroliers russes — le nerf de la guerre pour Moscou — commencent à souffrir.
C’est une stratégie intelligente, efficace, et parfaitement adaptée aux moyens de l’Ukraine. Pourquoi perdre des soldats à essayer de reprendre des territoires quand on peut saigner l’économie russe depuis la mer? Pourquoi affronter l’armée russe au sol quand on peut couler ses tankers avec des drones? L’Ukraine a compris que cette guerre ne se gagnera pas seulement sur les lignes de front, mais aussi dans les ports, sur les routes commerciales, dans les flux financiers qui alimentent la machine de guerre du Kremlin. Et pour l’instant, ça marche.
Vous voulez savoir ce qui m’impressionne le plus dans cette guerre? C’est ça. L’Ukraine, un pays qu’on donnait perdant en quelques semaines, qui humilie la marine russe avec des drones bricolés. David contre Goliath, version 2026. Et David gagne. Parce qu’il est plus intelligent. Plus agile. Plus audacieux. Parce qu’il se bat pour sa survie tandis que Goliath se bat pour l’ego d’un dictateur. Chaque pétrolier en flammes, chaque navire coulé, c’est une victoire pour l’Ukraine. Et c’est une gifle pour Poutine. Une gifle qui fait plus mal que tous les discours de l’ONU réunis.
Et maintenant? L'avenir incertain d'une guerre sans fin
Les garanties de sécurité : promesses ou illusions?
Le sommet de Paris du 6 janvier avait suscité l’espoir. 35 pays réunis. Des déclarations solennelles. Des engagements à déployer des troupes après un cessez-le-feu. Mais une semaine plus tard, que reste-t-il de cet espoir? L’Orechnik a frappé. Les cargos brûlent. Moscou continue de bombarder. Et les « garanties de sécurité » promises par l’Occident semblent bien fragiles face à un régime qui tire des missiles à capacité nucléaire à quelques kilomètres de l’OTAN sans que personne ne réagisse vraiment.
Le problème, c’est que les mots ne suffisent pas. Les déclarations ne suffisent pas. Les « préoccupations » ne suffisent pas. Ce qui manque à l’Ukraine, ce n’est pas des promesses — c’est des actes. Des systèmes de défense aérienne capables d’intercepter les Orechnik. Des sanctions qui font vraiment mal à l’économie russe. Des armes qui permettent de frapper les bases d’où partent ces missiles. Tant que l’Occident se contentera de condamner sans agir, Poutine continuera de tester les limites. Missile après missile. Mort après mort.
L’Ukraine tient, mais jusqu’à quand?
Après quatre ans de guerre, l’Ukraine tient encore. C’est un miracle. C’est un exploit. C’est la preuve que la détermination d’un peuple peut résister à la brutalité d’un empire. Mais la fatigue s’accumule. Les ressources s’épuisent. Les soldats meurent. Et chaque hiver qui passe, chaque bombardement qui détruit un peu plus d’infrastructures, c’est un peu de résilience en moins. L’Ukraine a besoin de plus qu’un soutien moral. Elle a besoin d’une aide concrète, massive, immédiate. Pas demain. Pas dans six mois. Maintenant.
Car le temps joue contre elle. Poutine le sait. Il mise sur l’usure, sur la lassitude de l’Occident, sur le désintérêt progressif des opinions publiques occidentales. Il parie que les Européens finiront par se fatiguer de cette guerre qui ne les concerne pas directement. Qu’ils trouveront des excuses pour réduire leur aide. Qu’ils laisseront l’Ukraine s’effondrer lentement, puis négocieront un « accord » qui consacrera la victoire russe. Et chaque jour qui passe sans action décisive de l’Occident, c’est un jour de plus vers ce scénario catastrophe.
Quatre ans. Quatre ans de guerre. Quatre ans de bombardements, de morts, de souffrance. Et on en est encore à se demander si l’Occident va « vraiment » aider l’Ukraine. On en est encore à débattre de « lignes rouges » et de « désescalade » pendant que Moscou tire des missiles nucléaires. C’est révoltant. C’est désespérant. Et c’est exactement ce que Poutine espère : que nous nous fatiguions avant lui. Que nous abandonnions. Que nous trahissions. La question n’est plus de savoir si l’Ukraine peut tenir. La question est de savoir si nous, l’Occident, sommes encore capables de tenir nos promesses.
Conclusion : Le moment de vérité pour l'Europe et le monde
Ce que cette semaine révèle sur nous-mêmes
En une semaine, la guerre d’Ukraine nous a rappelé ce qu’elle est vraiment : pas un conflit lointain, pas une « crise régionale », mais une menace existentielle pour l’ordre international. Un missile à capacité nucléaire tiré à 80 kilomètres de l’OTAN. Des navires civils attaqués en mer Noire. Des millions de civils privés de chauffage en plein hiver. Et face à tout ça, des « condamnations » occidentales et des « préoccupations profondes ». Comme si les mots pouvaient arrêter les bombes. Comme si la diplomatie pouvait convaincre un tyran.
Ce qui se joue en Ukraine, ce n’est pas seulement l’avenir d’un pays. C’est l’avenir de l’Europe. C’est la crédibilité de l’Occident. C’est la question de savoir si nous sommes encore capables de défendre les valeurs que nous proclamons — la liberté, la démocratie, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Chaque missile qui tombe sur Kiev, chaque cargo qui brûle en mer Noire, chaque famille qui gèle dans un appartement sans chauffage, c’est un test. Un test de notre volonté. Un test de notre courage. Un test de notre humanité.
Je reviens à cette image du missile Orechnik fendant le ciel ukrainien. Cette trajectoire de feu dans la nuit glaciale. Cette arme capable de porter une charge nucléaire, tirée à quelques kilomètres de nos frontières. Et je me demande : est-ce que nous réalisons vraiment ce qui se passe? Est-ce que nous comprenons que cette guerre n’est pas le problème de l’Ukraine, mais le nôtre? Quelque part à Kiev ce soir, une mère serre son enfant contre elle en attendant la prochaine alerte. Elle ne sait pas si le chauffage reviendra. Elle ne sait pas si les bombes tomberont. Elle ne sait pas si elle survivra à cette nuit. Et nous, bien au chaud dans nos maisons confortables, nous regardons les nouvelles et nous passons à autre chose. Jusqu’à quand? Jusqu’à ce que les missiles tombent chez nous? Jusqu’à ce qu’il soit trop tard? L’histoire nous jugera. Et j’ai peur de ce qu’elle dira de nous.
Sources
Sources primaires
AFP – « L’Ukraine accuse la Russie d’avoir attaqué deux cargos en mer Noire », 12 janvier 2026. Euronews – « US accuses Russia of ‘dangerous escalation’ over Oreshnik launch on Ukraine », 13 janvier 2026. France 24 – « Ukraine : la Russie dit avoir lancé un missile Orechnik sur une usine de Lviv », 12 janvier 2026. La Presse – « Les États-Unis accusent la Russie d’une escalade dangereuse et inexplicable », 12 janvier 2026.
Sources secondaires
Le Temps – « En direct, guerre en Ukraine », 13 janvier 2026. 20 Minutes – « Missile Orechnik : les États-Unis dénoncent une escalade russe », 13 janvier 2026. Yahoo Actualités – « Guerre en Ukraine : un missile russe à capacité nucléaire provoque la colère des États-Unis », 13 janvier 2026. CNEWS – « Guerre en Ukraine : les États-Unis dénoncent une escalade russe dangereuse et inexplicable », 12 janvier 2026. Marine & Océans – « Deux pétroliers grecs touchés par des drones en mer Noire », 13 janvier 2026. La Nouvelle Tribune – « USA : quand le missile russe Orechnik met en colère l’administration Trump », 13 janvier 2026.
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