Le non-sens absolu d’un tir hypersonique
Tous les experts militaires interrogés par France 24, Euronews et d’autres médias internationaux sont d’accord sur un point : l’utilisation d’un missile Orechnik contre un dépôt de gaz n’a aucun sens sur le plan militaire. Gustav Gressel, analyste militaire à l’Académie nationale de défense autrichienne, est formel : « Cette utilisation n’a pas de sens sur le plan militaire ». Erik Stijnman, spécialiste des questions de sécurité militaire à l’Institut néerlandais des relations internationales Clingendael, abonde : « Les Russes auraient très bien pu viser une telle infrastructure avec des missiles plus conventionnels ou même des drones ». Matthew Powell, spécialiste de la guerre aérienne à l’université de Portsmouth, confirme : « Pour le même prix, la Russie aurait pu construire peut-être 10 ou 20 missiles balistiques conventionnels ». Donc pourquoi ? Pourquoi dépenser 10 millions de dollars pour tirer une seule frappe qui aurait pu être accomplie avec une arme coûtant mille fois moins cher ? La réponse réside dans la psychologie, pas dans la stratégie militaire.
L’Orechnik, dont le nom signifie « noisetier » en russe, n’est pas une arme comme les autres. Il se déplace à 10 fois la vitesse du son, soit environ 13 000 km/h. Il est quasiment impossible à intercepter avec les systèmes de défense anti-aérienne actuels, même les plus sophistiqués. Il dispose de six têtes qui se détachent en vol, ce qui lui permet de frapper six cibles différentes en même temps, rendant les contre-mesures pratiquement inutiles. Sa portée est d’environ 5 000 km, ce qui lui donne la capacité de frapper n’importe quel point en Europe. Mais ce qui rend l’Orechnik vraiment terrifiant, c’est son autre capacité : il peut transporter plusieurs ogives nucléaires. C’est là que réside le message de Poutine. Ce n’est pas un missile conventionnel que la Russie a utilisé. C’est un missile nucléaire tiré à charge conventionnelle. Et ce choix n’est pas accidentel. C’est calculé.
L’arme psychologique du Kremlin
Huseyn Aliyev, spécialiste de la guerre en Ukraine à l’université de Glasgow, résume parfaitement la situation : « La Russie utilise l’Orechnik comme une arme psychologique plutôt que militaire ». Le premier tir de ce missile, en novembre 2024 à Dnipro, avait déjà cette même fonction : faire la première démonstration de cette arme considérée comme « expérimentale ». Cette fois-ci, l’objectif est différent mais l’approche est identique. « La raison principale semble être d’impressionner les Russes en leur démontrant que la Russie dispose de cette arme très efficace et qui fait trembler l’Otan », explique Aliyev. Le tir d’un missile à capacité nucléaire à 70 kilomètres de la frontière polonaise, donc à 70 kilomètres du territoire de l’OTAN, n’est pas un hasard. C’est un message direct aux dirigeants européens : regardez ce que je peux faire. Regardez que je peux le faire juste à côté de chez vous. Et imaginez ce qui se passerait si je décidais de charger ce missile avec des têtes nucléaires.
Le mot « psychologique » me glace le sang. Une arme « psychologique », c’est un missile de 10 millions de dollars qui sert à faire peur. C’est un missile capable de transporter des têtes nucléaires utilisé pour « impressionner ». Et ça me révolte. Parce que quand j’entends « arme psychologique », je ne pense pas aux généraux russes. Je pense à ce secouriste mort à Kiev. Je pense aux familles qui attendent des appels qui ne viendront jamais. Je pense aux enfants qui n’auront plus de chauffage par -15°C. Je pense aux vies brisées. Est-ce que Poutine pense à eux quand il parle de « message à l’OTAN » ? Est-ce qu’il se souvient que derrière chaque déclaration, il y a des humains ? Est-ce qu’il réalise que son « arme psychologique » a tué quelqu’un qui sauvait des vies ? Le coût de cette démonstration de force, ce n’est pas 10 millions de dollars. C’est une vie. C’est des familles détruites. C’est le silence d’un téléphone qui ne sonne jamais.
Section 3 : Le prétexte qui n'existe pas
Une attaque ukrainienne imaginaire
La justification officielle du Kremlin pour ce tir est limpide : il s’agissait d’une « réponse à l’attaque de Kyiv contre la résidence de Poutine ». Le ministère russe de la Défense a déclaré que les troupes russes avaient lancé une « frappe massive, notamment avec des missiles Orechnik, contre des cibles critiques en Ukraine » en « réponse à l’attaque de Kyiv contre la résidence de Poutine ». Vladimir Poutine lui-même a qualifié cette attaque supposée d' »acte terroriste » visant non seulement lui-même, mais aussi Donald Trump. Le Kremlin a promis une riposte militaire « à la hauteur ». Il y a un seul problème : cette attaque n’a probablement jamais eu lieu. L’Ukraine a toujours nié avoir mené une telle attaque. L’Union européenne a immédiatement rejeté les affirmations russes. Les services de renseignement occidentaux, y compris américains, remettent en cause la réalité de cet événement. Et Donald Trump lui-même a déclaré : « Je ne crois pas que cette attaque ait eu lieu. Il s’est passé quelque chose à proximité de la résidence, mais cela n’a rien à voir avec cela ».
Cette attaque ukrainienne « très probablement imaginaire » sert ici de prétexte à une démonstration de force, souligne Huseyn Aliyev. La présidence russe « était bien obligée de faire une démonstration de force, même si l’attaque ukrainienne était inventée, vu qu’elle s’y était engagée auprès de l’opinion publique », explique-t-il. Le Kremlin avait publiquement annoncé que l’Ukraine avait attaqué la résidence de Vladimir Poutine à Valdaï fin décembre 2025. Il avait qualifié cet acte d' »acte terroriste ». Il avait promis une réponse. Il s’était engagé auprès de l’opinion publique russe. Donc même si l’attaque n’avait jamais eu lieu, il devait quand même y répondre. C’est là la logique du Kremlin : mentir, puis punir pour le mensonge. Créer une fausse réalité, puis utiliser cette fausse réalité pour justifier la violence réelle. C’est ce qu’a fait Poutine. Il a inventé une attaque. Il a promis une riposte. Il a tenu sa promesse. Et des gens sont morts.
Je me demande comment on vit avec ça. Comment on décide, dans un bureau doré du Kremlin, d’inventer une attaque qui n’a jamais eu lieu ? Comment on signe l’ordre de tirer un missile nucléaire pour une vengeance imaginaire ? Comment on dort la nuit ensuite ? Et surtout : comment peut-on croire que le monde ne le verra pas ? Les services de renseignement occidentaux savent que l’attaque contre la résidence de Poutine n’a probablement jamais eu lieu. Les services ukrainiens le savent. Même Donald Trump le sait. Et pourtant Poutine continue. Il invente. Il ment. Il tire. Il tue. Et il se sent justifié. C’est ça qui me fait le plus peur : pas le missile. Pas la capacité nucléaire. Mais l’indifférence totale à la vérité. La capacité à créer une réalité alternative et à en punir le monde entier.
Section 4 : La paralysie du monde face à l'escalade
Les réactions occidentales : des mots, pas d’actes
La réaction des États-Unis devant le Conseil de sécurité de l’ONU a été ferme mais sans surprise. Tammy Bruce, ambassadrice américaine adjointe à l’ONU, a qualifié ce tir d' »escalade dangereuse et inexplicable ». Elle a accusé la Russie de « tourner la cause de la paix en ridicule ». « Les actions de la Russie menacent d’étendre et d’intensifier la guerre », a-t-elle ajouté. James Kariuki, ambassadeur britannique par intérim, a renchéri : cette frappe est « dangereuse, elle menace la sécurité régionale et internationale et pose un risque grave d’escalade et d’erreur de calcul ». Et pourtant, qu’est-ce que ces mots changent vraiment ? Le missile a été tiré. Le secouriste est mort. Les 6 000 bâtiments de Kiev sont sans chauffage. La réalité est là, indifférente aux déclarations officielles. Les mots ne réchauffent pas les familles qui grelottent par -15°C. Les mots ne ramènent pas les morts à la vie. Les mots n’arrêtent pas le prochain missile.
Kaja Kallas, cheffe de la politique étrangère de l’Union européenne, a été encore plus directe : « Le président russe Vladimir Poutine ne veut pas la paix, la réponse de la Russie à la diplomatie est davantage de missiles et de destruction ». « L’utilisation présumée par la Russie d’un missile Orechnik constitue une escalade manifeste contre l’Ukraine et vise à servir d’avertissement à l’Europe et aux États-Unis », a-t-elle écrit sur X. L’Allemagne a également condamné la Russie, accusant Moscou de chercher à « semer la peur ». Steffen Meyer, porte-parole du gouvernement allemand, a déclaré : « Il s’agit de gestes symboliques d’intimidation destinés à semer la peur, mais ils ne sont pas efficaces ». Mais est-ce vrai ? Est-ce que ces gestes ne sont pas efficaces ? Quand un missile à capacité nucléaire tombe à 70 kilomètres de votre frontière, est-ce que vous n’avez pas peur ? Quand vous savez que ce missile peut frapper n’importe quelle ville européenne en quelques minutes, est-ce que vous ne ressentez rien ? Les déclarations officielles parlent de fermeté. La réalité est faite de peur.
Fermeté ? Quelle fermeté ? Je lis les déclarations occidentales et je n’y vois que des mots. Des mots qui ne changent rien. Des mots qui ne sauvent personne. La Russie tire un missile nucléaire à 70 km de l’OTAN et l’Occident répond par une « condamnation ferme ». Un secouriste meurt à Kiev et les diplomates « dénoncent l’escalade dangereuse ». 6 000 bâtiments perdent leur chauffage par grand froid et l’Europe « exige des réponses fermes ». Mais où sont les réponses ? Où sont les actes ? Où est la ligne qui ne sera pas franchie ? Parce que la Russie ne cesse de franchir des lignes. Et le monde ne fait rien. Il condamne. Il dénonce. Il exige. Mais il ne fait rien. Et à chaque fois qu’il ne fait rien, la Russie va un peu plus loin. Elle tire un autre missile. Elle tue d’autres gens. Elle invente d’autres attaques imaginaires. Et le monde continue de condamner. Jusqu’à quand ?
Section 5 : La réalité sur le terrain
Kiev sous le feu, le froid et les ténèbres
La nuit de l’attaque sur Lviv, la Russie a également mené une frappe massive contre Kiev. 36 missiles et 242 drones de différents types ont été lancés. Les systèmes de défense aérienne ukrainiens ont réussi à abattre 226 drones et 18 missiles, mais ce qui restait était suffisant pour dévaster. Au moins quatre personnes ont été tuées et 26 blessées. Vitali Klitschko, le maire de Kiev, a annoncé qu’un secouriste figurait parmi les victimes d’une double frappe. « Un secouriste est mort et quatre autres ont été blessés alors qu’ils portaient assistance à des personnes dans le district de Darnytskyi », a-t-il déclaré. Plusieurs quartiers de la capitale ukrainienne ont été touchés. Dans le district de Desnyanskyi, un drone s’est écrasé sur le toit d’un immeuble de plusieurs étages. Les deux premiers étages d’un immeuble résidentiel dans le même district ont également été endommagés. Dans le district de Dnipro, des pièces de drone ont endommagé un bâtiment de plusieurs étages et un incendie s’est déclaré.
Mais le plus dévastateur n’était pas les bâtiments endommagés ou les victimes directes. C’étaient les conséquences indirectes. Les frappes russes ont coupé le chauffage dans la moitié de la capitale ukrainienne. Le maire de Kiev a lancé un appel exceptionnel aux habitants pour qu’ils quittent temporairement la ville, alors que les températures atteignaient -8°C et devaient encore baisser. Imaginez cette scène. Vous êtes chez vous, dans votre appartement. Il fait -8°C dehors. Soudain, les radiateurs s’arrêtent. Les tuyaux se refroidissent. La température intérieure commence à descendre. Vous regardez vos enfants. Vous regardez le téléphone pour vérifier s’il y a des nouvelles sur quand le chauffage reviendra. Il n’y a pas de nouvelles. Vous allumez des bougies. Vous vous enveloppez dans des couvertures. Et vous attendez. Dans l’obscurité. Dans le froid. En vous demandant si le prochain missile va frapper votre immeuble. C’est la réalité de Kiev ce soir-là. La réalité de 6 000 bâtiments. La réalité de dizaines de milliers de personnes.
Le silence des téléphones
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que cette frappe constituait une menace pour l’Europe et un « test » pour les alliés de Kyiv. « Une telle frappe à proximité des frontières de l’UE et de l’OTAN constitue une grave menace pour la sécurité du continent européen et un test pour la communauté transatlantique », a écrit le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha. « Nous exigeons des réponses fermes aux actions irresponsables de la Russie ». Et Zelensky a ajouté : « La Russie doit recevoir des signaux lui indiquant qu’il est de son devoir de se concentrer sur la diplomatie, et elle doit en subir les conséquences chaque fois qu’elle se concentre à nouveau sur les meurtres et la destruction des infrastructures ». Mais là encore, ce sont des mots. Des mots qui ne réchauffent pas les familles de Kiev. Des mots qui ne ramènent pas le secouriste à la vie. Des mots qui ne reconnectent pas le chauffage.
Je pense à ce secouriste mort ce soir-là. Je pense à sa famille. Je pense à ce moment où ils ont appris la nouvelle. Le téléphone qui sonne. La voix à l’autre bout. Le silence qui suit. Ce silence qui dure et dure et ne finit jamais. Je pense à cet instant précis où le monde bascule. Avant, il y avait un avenir. Après, il n’y a que le vide. Et je me demande : comment peut-on envoyer un missile à 10 millions de dollars knowing qu’il peut tuer des gens comme ça ? Comment peut-on décider que ça vaut le coup ? Comment peut-on dormir la nuit après ? Et je ne comprends pas. Je ne comprendrai jamais. Le coût de ce missile, ce n’est pas 10 millions de dollars. C’est la vie d’un secouriste. C’est le silence d’une famille. C’est l’effondrement d’un monde. Et ça n’a aucun prix. Ça ne peut pas se mesurer. Ça ne peut pas se remplacer.
Section 6 : La menace invisible qui plane
L’Orechnik, épée de Damoclès sur l’Europe
Matthew Powell, spécialiste de la guerre aérienne, résume la situation de manière terrifiante : « La Russie a choisi de viser une infrastructure civile non loin de la frontière polonaise avec l’Orechnik, l’un de ses missiles les plus avancés, capable de transporter plusieurs bombes atomiques. Le choix d’une cible d’importance relativement modeste pour une telle arme peut surprendre, mais il en dit long sur la volonté du Kremlin de faire passer certains avertissements ». Et c’est là que réside le véritable danger. Ce n’est pas le missile lui-même. C’est ce qu’il représente. L’Orechnik est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de l’Europe. Chaque tir, même à charge conventionnelle, est un rappel : nous avons cette capacité. Nous pouvons l’utiliser. Et nous le ferons si vous nous poussez trop loin.
L’ambassadeur ukrainien Andriï Melnyk a fustigé des méthodes dignes des sièges de l’époque « médiévale ». Il n’a pas tort. Pendant des siècles, les assiégeants ont utilisé la terreur pour briser la résistance de leurs ennemis. Ils ont tué des civils. Ils ont détruit des infrastructures. Ils ont créé la famine. Ils ont répandu la maladie. Et maintenant, au 21e siècle, la Russie utilise exactement les mêmes méthodes. Seule la technologie a changé. Au lieu de catapultes, il y a des missiles hypersoniques. Au lieu de flèches, il y a des ogives nucléaires. Au lieu de sièges qui durent des années, il y a des frappes qui durent des secondes. Mais le résultat est le même : la terreur. La terreur de ne pas savoir quand le prochain missile va tomber. La terreur de ne pas savoir si vos enfants vont survivre. La terreur de ne pas savoir si votre chauffage va revenir. La terreur pure et simple.
Le prix d’un message
La Russie n’a pas révélé le coût exact d’un Orechnik, mais les experts interrogés par France 24 estiment qu’il doit s’élever à plus de 10 millions de dollars. Il faut ajouter à cela le fait qu’un tir coûte des centaines de milliers de dollars. Donc ce missile tiré près de Lviv a coûté environ 10,5 millions de dollars au total. « Pour le même prix, la Russie aurait pu construire peut-être 10 ou 20 missiles balistiques conventionnels », note Huseyn Aliyev. « C’est dire à quel point le Kremlin voulait que le message soit reçu 5/5 en Occident ». Et quel était ce message exactement ? Que la Russie peut frapper n’importe où en Europe ? Qu’elle peut le faire avec des missiles impossibles à intercepter ? Qu’elle peut le faire avec des missiles capables de transporter des charges nucléaires ? Ou peut-être le message était-il encore plus simple : nous n’avons peur de rien. Pas de l’OTAN. Pas des États-Unis. Pas des sanctions. Pas des condamnations. Nous ferons ce que nous voulons.
10 millions de dollars. Je répète ce chiffre et je le laisse résonner. 10 millions de dollars pour un tir. 10 millions de dollars pour tuer un secouriste. 10 millions de dollars pour couper le chauffage de 6 000 bâtiments. 10 millions de dollars pour semer la terreur. Et je me demande : combien de vies cela pourrait-il sauver ? Combien de maisons cela pourrait-il construire ? Combien d’hôpitaux cela pourrait-il équiper ? Combien d’écoles cela pourrait-il financer ? Mais non. L’argent va dans un missile. Dans une arme qui existe seulement pour faire peur. Dans un outil de terreur qui ne sert à rien d’autre qu’à prouver qu’on peut détruire. Et ça me révolte. Ça me rend malade. 10 millions de dollars pour la mort. C’est ça, la folie de cette guerre. L’absurdité absolue de dépenser autant pour détruire alors qu’il y a tant à construire.
Section 7 : Le silence de la communauté internationale
L’inaction face à l’intolérable
L’Union européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne — tous ont condamné ce tir. Tous ont dénoncé l’escalade. Tous ont exigé des réponses. Et pourtant, qu’est-ce qui a changé ? La Russie continue à tirer des missiles. L’Ukraine continue à subir les frappes. Les civils continuent à mourir. Le chauffage continue à être coupé. Les mots n’arrêtent pas les missiles. Les condamnations ne réchauffent pas les familles. Les déclarations ne ramènent pas les morts à la vie. Et là réside le véritable problème : le monde sait que c’est intolérable. Le monde sait que quelque chose doit être fait. Mais le monde ne fait rien. Il parle. Il condamne. Il exige. Mais il ne fait rien.
Andriy Sybiha, ministre ukrainien des Affaires étrangères, a écrit : « Une réaction claire de la part du monde entier est nécessaire. Surtout de la part des États-Unis, dont la Russie tient vraiment compte des signaux ». Volodymyr Zelensky a ajouté : « La Russie doit recevoir des signaux lui indiquant qu’il est de son devoir de se concentrer sur la diplomatie, et elle doit en subir les conséquences chaque fois qu’elle se concentre à nouveau sur les meurtres et la destruction des infrastructures ». Mais quels sont ces signaux ? Quelles sont ces conséquences ? Jusqu’à présent, les « signaux » ont été des condamnations verbales. Les « conséquences » ont été des déclarations officielles. Et ça n’a marché. La Russie n’a pas « concentré sur la diplomatie ». Elle a concentré sur les missiles. Elle n’a pas « subi les conséquences ». Elle a continué à tuer. Elle a continué à détruire. Elle a continué à faire peur.
J’ai l’impression de lire la même déclaration encore et encore. « Nous condamnons fermement ». « Nous exigeons des réponses ». « C’est une escalade dangereuse ». Et puis ? Et puis rien. Le silence reprend. Les missiles repartent. Les gens meurent encore. Et le monde condamne encore. Je ne comprends pas cette paralysie. Cette incapacité à agir. Cette répugnance à faire quelque chose de concret. Parce que chaque fois que nous ne faisons rien, la Russie va un peu plus loin. Elle teste une limite. Elle dépasse une ligne. Elle pousse un peu plus le curseur. Et encore, nous ne faisons rien. Jusqu’où peut-elle aller avant que nous fassions quelque chose ? Jusqu’où peut-elle pousser avant que nous disions « ça suffit » ? Est-ce qu’elle doit utiliser une vraie charge nucléaire ? Est-ce qu’elle doit détruire une ville européenne ? Est-ce qu’elle doit tuer des milliers de gens avant que nous agissions ? Je ne veux pas attendre ce moment-là.
Section 8 : L'avenir qui nous guette
La normalisation de l’inacceptable
Chaque tir de missile, chaque frappe, chaque mort, chaque phrase des responsables russes — tout cela contribue à quelque chose de terrifiant : la normalisation de l’inacceptable. Il y a trois ans, l’idée qu’un pays puisse tirer un missile à capacité nucléaire contre un autre pays européen aurait semblé impossible. Aujourd’hui, c’est une nouvelle de troisième page. Il y a trois ans, l’idée qu’un pays puisse couper le chauffage de dizaines de milliers de civils en plein hiver aurait paru impensable. Aujourd’hui, c’est une statistique dans un rapport. Il y a trois ans, l’idée qu’un secouriste puisse mourir en portant assistance à des victimes d’une frappe aurait été insupportable. Aujourd’hui, c’est une note de bas de page.
Et c’est là que réside le véritable danger de cette guerre. Pas dans les missiles eux-mêmes. Pas dans les capacités nucléaires. Mais dans cette lente, progressive, inexorable descente vers l’horreur ordinaire. Chaque étape franchie semble acceptable au moment où elle se produit. Chaque nouvelle atrocité semble « normale » comparée à la précédente. Chaque nouvelle escalade semble « justifiée » par ce qui est venu avant. Et petit à petit, sans que nous nous en rendions compte, nous nous habituons à l’inacceptable. Nous nous habituons à ce que les missiles nucléaires soient tirés. Nous nous habituons à ce que les civils meurent. Nous nous habituons à ce que le chauffage soit coupé par grand froid. Nous nous habituons à ce que les secouristes meurent en portant assistance. Et c’est ça, la vraie victoire de Poutine : nous ne sommes plus choqués.
Je lis les nouvelles ce matin et je réalise quelque chose qui me fait peur : je ne suis pas choqué. Je ne suis pas horrifié. Je ne suis pas outré. Je suis… fatigué. Fatigué de lire les mêmes chiffres. Fatigué de voir les mêmes images. Fatigué d’entendre les mêmes condamnations. Et ça me terrifie. Parce que si moi, qui ne vis pas cette guerre, je suis fatigué, comment doivent se sentir ceux qui la vivent ? Comment doivent se sentir les Ukrainiens qui subissent ces frappes nuit après nuit ? Comment doivent se sentir les familles qui attendent des appels qui ne viennent jamais ? Et pourtant, c’est ça que la Russie veut. Elle veut que nous soyons fatigués. Elle veut que nous ne soyons plus choqués. Elle veut que l’inacceptable devienne acceptable. Elle veut que l’horreur devienne banale. Et je sens que ça marche. Et ça me brise le cœur.
Section 9 : La ligne rouge invisible
Où est la limite ?
Pendant des années, les dirigeants occidentaux ont parlé de « lignes rouges » que la Russie ne devait pas franchir. L’utilisation d’armes chimiques. L’utilisation d’armes biologiques. L’utilisation d’armes nucléaires. L’attaque directe d’un pays de l’OTAN. Mais ces lignes rouges sont de plus en plus floues. L’Orechnik est-il une arme nucléaire ? Techniquement, il peut l’être. Mais ce tir précis ne l’était pas. Donc la ligne rouge n’est pas franchie ? Ou si ? Une frappe à 70 kilomètres de la frontière polonaise est-elle une attaque contre l’OTAN ? Techniquement, non. Le missile n’a pas traversé la frontière. Donc la ligne rouge n’est pas franchie ? Ou si ? Et si elle ne l’est pas, où est-elle exactement ? À 50 kilomètres de la frontière ? À 10 kilomètres ? Sur la frontière ? De l’autre côté de la frontière ?
Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a averti que les troupes occidentales qui seraient déployées en Ukraine seraient « considérées comme des cibles militaires légitimes ». Elle a qualifié l’Ukraine et ses alliés américains et européens d' »axe de guerre ». Et là encore, une ligne rouge est tracée. Mais est-ce vraiment une ligne rouge ? Ou est-ce simplement une nouvelle étape dans l’escalade ? La Russie a déjà tué des Ukrainiens. Elle a déjà détruit des infrastructures ukrainiennes. Elle a déjà fait souffrir des civils ukrainiens. Elle a déjà violé des traités internationaux. Elle a déjà ignoré des condamnations. Elle a déjà bravé les sanctions. Qu’est-ce qui l’empêcherait de cibler des troupes occidentales si elles étaient déployées en Ukraine ? Qu’est-ce qui l’empêcherait de tirer un missile avec une vraie charge nucléaire ? Qu’est-ce qui l’empêcherait d’aller encore plus loin ?
Je pense à cette question encore et encore : où est la ligne ? Où est le moment où nous disons « ça suffit, c’est fini, nous n’accepterons plus ça » ? Est-ce que cette ligne existe vraiment ? Ou est-ce que nous la reculons à chaque fois que la Russie avance un pas ? Est-ce que nous nous disons « ce n’est pas assez grave encore » ? Est-ce que nous nous disons « nous pouvons encore tolérer ça » ? Et pendant que nous reculons notre ligne rouge encore et encore, la Russie continue à avancer. Elle teste. Elle pousse. Elle va plus loin. Et nous reculons encore. Et encore. Et encore. Jusqu’à quand ? Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de ligne du tout ? Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de limite ? Jusqu’à ce que tout soit permis ? J’ai peur. J’ai vraiment peur que cette ligne n’existe pas. Que nous ne ferons jamais ce qu’il faut. Que nous laisserons tout arriver. Que nous regarderons sans bouger pendant que l’horreur devient normale.
Conclusion : Le prix du silence
Les vies que nous avons oubliées
Je pense à ce secouriste mort à Kiev. Je pense à sa famille. Je pense à ce moment précis où ils ont appris la nouvelle. Le téléphone qui sonne. La voix à l’autre bout. Les mots qui détruisent un monde. Et le silence qui suit. Ce silence qui dure et dure et ne finit jamais. Je pense aux 6 000 bâtiments de Kiev sans chauffage. Je pense aux familles qui grelottent par -15°C. Je pense aux enfants qui ne comprennent pas pourquoi il fait si froid dans leur maison. Je pense aux vieillards qui n’ont pas les moyens de s’enfuir. Je pense aux milliers, des dizaines de milliers de personnes dont les vies ont été détruites cette nuit-là. Dont les téléphones ont sonné avec des nouvelles impossibles. Dont les mondes se sont effondrés.
Et je pense à la Russie. À Poutine. À ces hommes dans leurs bureaux dorés du Kremlin. Je pense à ces hommes qui ont appuyé sur le bouton. Qui ont ordonné le tir. Qui ont dépensé 10 millions de dollars pour tuer ce secouriste. Je me demande s’ils pensent à lui. S’ils pensent à sa famille. S’ils pensent aux 6 000 bâtiments sans chauffage. S’ils pensent au froid. S’ils pensent à la souffrance. Ou s’ils pensent seulement à leur « message à l’OTAN ». S’ils pensent seulement à leur « démonstration de force ». S’ils pensent seulement à leur « grande stratégie ». Je me demande s’ils dorment la nuit. S’ils rêvent des vies qu’ils ont brisées. S’ils entendent les cris des familles qui attendent des appels qui ne viennent jamais. Ou s’ils dorment paisiblement, indifférents à tout.
Dans quelques jours, cet article sera oublié. Dans quelques semaines, ce secouriste sera oublié. Dans quelques mois, cette frappe sera oubliée. Il y aura d’autres missiles. D’autres morts. D’autres familles brisées. D’autres téléphones silencieux. Et le monde continuera. Le monde lira les nouvelles, hochera la tête, dira « c’est terrible », et continuera à vivre. Le monde s’habituera encore un peu plus à l’inacceptable. Le monde reculera encore un peu plus sa ligne rouge. Le monde tolérera encore un peu plus l’intolérable. Et ce qui me fait le plus peur, ce n’est pas le missile. Ce n’est pas la capacité nucléaire. Ce n’est pas Poutine. C’est nous. C’est notre silence. C’est notre inaction. C’est notre capacité à accepter l’inacceptable. C’est notre aptitude à oublier les vies que nous avons perdues. C’est notre talent à ignorer les téléphones silencieux. Parce que tant que nous ferons ça, la Russie continuera. Elle continuera à tirer. Elle continuera à tuer. Elle continuera à faire peur. Elle continuera à franchir des lignes. Et nous ? Nous continuerons à condamner. À exiger. À attendre. À ne rien faire. Et les téléphones resteront silencieux. Et les familles pleureront seules. Et le monde ira de l’avant. Et je me demande : à quel moment nous réveillerons-nous ? À quel moment nous dirons-nous « ça suffit » ? À quel moment nous ferons quelque chose ? Ou est-ce que ce moment n’arrivera jamais ? Est-ce que nous regarderons simplement le monde brûler sans bouger, jusqu’à ce qu’il ne reste rien ?
Sources
Sources primaires
20 Minutes – « Un missile russe à capacité nucléaire provoque la colère des Etats-Unis » – Publié le 13/01/2026 – https://www.20minutes.fr/monde/ukraine/4195722-20260113-guerre-ukraine-missile-russe-capacite-nucleaire-provoque-colere-etats-unis
Sources secondaires
Euronews – « La Russie frappe l’Ukraine avec le missile hypersonique Orechnik, l’UE condamne » – Publié le 09/01/2026 – https://fr.euronews.com/2026/01/09/la-russie-utilise-le-missile-balistique-hypersonique-avance-orechnik-pour-frapper-lukraine
France 24 – « Russie : quand l’Orechnik, missile balistique nucléaire, devient une ‘arme psychologique' » – Publié le 09/01/2026 – https://www.france24.com/fr/europe/20260109-orechnik-missile-russie-ukraine-lviv-nucleaire-bombe
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